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    Birmanie

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    Birmanie

    Message par bye le Jeu 19 Mar - 6:14

    Figure de proue du mouvement pro-démocratie birman et lauréate du Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi a été détenue pendant treize années par la junte militaire birmane.
    À l’instar de milliers de moines et d’étudiants, elle a été emprisonnée
    pour avoir courageusement défié ce régime brutal et pour avoir milité
    en faveur de la démocratie. Cette semaine, de nouveaux espoirs
    concernant leur libération sont apparus et il est maintenant temps pour
    nous de leur accorder notre appui.

    Bravant le danger en se portant à la défense de leurs amis incarcérés, des
    activistes birmans ont demandé cette semaine la libération de Aung San
    Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques. Ils ont aussi réclamé
    l’aide de la planète.
    En cette période de crise économique, l’aide internationale est
    plus vitale que jamais et les généraux birmans sont de plus en plus
    vulnérables aux pressions internationales. Or, nous avons besoin
    de récolter des tas de signatures pour convaincre le secrétaire général
    des Nations unies, Ban Ki-moon, de faire de ce dossier une de ses
    principales priorités.
    Cliquez sur le lien ci-dessous, signez la
    pétition et diffusez ce email pour vous assurer de faire libérer Aung
    San Suu Kyi et les autres prisonniers politiques birmans.

    http://www.avaaz.org/fr/free_burma_political_prisoners

    Les organisateurs birmans se sont fixés l’objectif de récolter 888 888 signatures.
    Le chiffre 8 est très important dans la culture birmane et la junte au
    pouvoir est extrêmement superstitieuse. Aussi, nous croyons que cet
    objectif pourrait exercer une influence toute particulière sur les
    généraux, tant par sa symbolique que par son importance. Pour ce faire,
    il faut aller au-delà de la rhétorique et passer à l’action en faisant
    circuler ce message et en persuadant nos amis de contribuer à la cause.


    Aung San Suu Kyi est la figure emblématique de la lutte pour
    l’avènement de la démocratie en Birmanie. Détenue à maintes reprises
    depuis 1988, elle est actuellement en résidence surveillée et privée de
    tout contact avec l’extérieur.

    Les pressions internationales croissantes ont fait leurs preuves
    -- En décembre, 112 anciens présidents et premiers ministres de 50 pays
    ont envoyé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, une lettre dans
    laquelle ils le pressaient d’agir en faveur de la libération de tous
    les prisonniers politiques birmans. En février, 20 de ceux-ci étaient
    libérés après qu’un envoyé de l’ONU eut visité le pays.

    Nos
    sources nous informent que le régime militaire craint désormais le
    regroupement massif et unifié d’internautes se faisant le relais de ces
    revendications à l’ONU.
    -- plus de 160 exilés birmans et groupes
    de solidarité basés dans 24 pays participent à la campagne. Mais il
    faudra que nous tous, de même que tous nos amis, signons cette pétition
    pour attirer l’attention de M. Ban. Les campagnes d’Avaaz ont déjà
    obtenu des résultats concrets en Birmanie – nous pouvons y arriver de
    nouveau. Cliquez ici pour mettre fin aux arrestations et à la brutalité
    :

    http://www.avaaz.org/fr/free_burma_political_prisoners

    Il s’agit d’une de ces situations où, si nous sommes suffisamment
    nombreux à agir, nous pourrons véritablement faire changer les choses.
    Joignons-nous aux courageux militants pro-démocratie emprisonnés ou
    reclus en Birmanie et contribuons à mettre fin à cette répression
    violente.

    Dans l’espoir et la solidarité,
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Jeu 14 Mai - 19:11

    L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a été inculpée de jeudi pour
    avoir contrevenu aux termes de son assignation à résidence en laissant un
    Américain s'introduire à son domicile de Rangoun, a annoncé son avocat.


    http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=409

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    Re: Birmanie

    Message par admin le Jeu 14 Mai - 20:27

    manoeuvre pour prolongée sa peine... dictature... dictature... monde cruel !
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Ven 29 Oct - 11:21

    Pétition : Crimes et impunité en Birmanie

    Demandons la mise en place d'une commission d'enquête pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

    Cyberacteurs le 18 octobre

    http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=171
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Jeu 25 Nov - 19:08

    L'admirable leçon d'espoir d'Aung San Suu Kyi

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/16/l-admirable-lecon-d-espoir-d-aung-san-suu-kyi_1440677_3232.html
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Jeu 25 Nov - 19:09

    Monde 19/11/2010 à 00h00
    «Je sens que la Birmanie a besoin de moi»

    http://www.liberation.fr/monde/01012303140-je-sens-que-la-birmanie-a-besoin-de-moi
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Sam 18 Juin - 12:01

    Birmanie, l’Internet dangereusement civilisé

    En Birmanie, le salaire moyen mensuel est de 30 dollars. Pour bénéficier de l’ADSL, il faut en débourser 120. Dans un pays où la majorité des habitants se connecte au réseau dans des cybercafés faute d’un équipement domestique, l’état de l’infrastructure nous ramène aux années 90, quand le haut débit n’existait pas, que la fibre optique était une utopie pas encore réalisée, et que le consommateur lambda s’accrochait à un forfait de 20 heures en mesurant sa chance.

    Mais la vétusté du Myanmar ne fait pas tout : il faut également compter sur une censure extrêmement efficace, qui vaut au pays d’être classé dans la liste peu reluisante des “ennemis de l’Internet”, établie par Reporters Sans Frontières. Sur plus de 12 000 adresses IP distribuées aux fournisseurs d’accès locaux, tous inféodés au régime, seule une grosse centaine répond, une situation inique que le hacker et militant Jacob Appelbaum résume en ces termes :

    Cela veut dire que tous les réseaux birmans, à l’exception de cette centaine, sont coupés du monde extérieur.

    En tout et pour tout, le pays ne dispose que de trois fournisseurs d’accès, dont le plus important est représenté par le Ministry of Post and Telecommunications (MPT), donc l’Etat, qui garde la haute main sur le bouton d’alimentation du réseau.

    Alors que l’Iran songe sérieusement à se doter d’un intranet national qui faciliterait encore un peu plus le travail des censeurs, le modèle birman s’affiche comme l’un des plus coercitifs au monde, sévèrement encadré par un arsenal de lois peu respectueuses des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Et c’est une entreprise française, Alcatel-Lucent, qui fournit l’infrastructure de contrôle.

    Alors qu’il tournait un documentaire sur place, le journaliste français Paul Moreira a découvert que le géant des télécommunications avait vendu sa technologie d’”interception légale” en partenariat avec la Chine. Dans le jargon, ce matériel de pointe porte un autre nom poli, le “Deep Packet Inspection” (DPI). Concrètement, il permet à un Etat de filtrer et lire l’intégralité des échanges électroniques de sa population, soit une arme redoutable pour tracer les dissidents. Pour se défausser de l’implication d’Alcatel, un de ses responsables propose cette pirouette rhétorique : “Qu’est-ce qu’il vaut mieux ? Des communications restreintes ou pas de communications du tout ?”

    Ce n’est probablement pas l’avis de Zarganar, Nay Phone Latt et “Nat Soe”, trois blogueurs emprisonnés pour avoir exprimé un peu trop publiquement leurs opinions. Ils purgent actuellement des peines comprises entre 10 et 35 ans. En 2007 puis 2010, la junte a affiné son appareil répressif, en rationnant par exemple l’utilisation du Net à des tranches de six heures. Ce n’est pas un hasard si certains parlent de “Myanmar Wide Web” – une référence ironique au World Wide Web – pour évoquer le verrou birman.

    Pour essayer de contourner ce pare-feu, des initiatives se développent, comme les Barcamps, dont la première mouture birmane a été organisée à Rangoun les 23 et 24 janvier 2010, rassemblant pas moins de 2 700 participants. Leur objectif ? Sensibiliser la population aux questions numériques, par l’éducation et la pédagogie. Pour l’édition 2011, pas moins de 4 000 personnes se sont rassemblées à Info-Tech, un quartier dédié aux nouvelles technologies, afin d’y parler de Facebook et de Twitter. Un tour de force dans un pays où le débit du réseau wifi affiche des performances à peine meilleures que celles d’un modem 56K souffreteux. Et surtout, un formidable pied de nez aux autorités.

    http://owni.fr/2011/06/17/birmanie-l’internet-dangereusement-civilise/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Sam 25 Juin - 6:05

    Le parti d'Aung San Suu Kyi lance une pétition pour la libération des prisonniers politiques

    http://infobirmanie.wufoo.com/forms/libarez-les-prisonniers-politiques-de-birmanie/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Ven 13 Jan - 21:38

    Communiqué d’Info Birmanie – 13 janvier 2012

    Libération des prisonniers politiques : une étape majeure vers la réconciliation

    Nous accueillons avec beaucoup d’intérêt et de joie la décision des autorités birmanes de libérer un grand nombre de prisonniers politiques incarcérés dans le pays. Les chiffres ne sont pas encore définitifs, car aucune liste officielle n’a été publiée, mais il semblerait que l’ensemble des prisonniers politiques répertoriés par la Ligue Nationale pour la Démocratie aient été libérés. D’après les chiffres fournis par les médias birmans, le nombre de libération s’élève à 691, dont environ 600 prisonniers politiques.

    Cet événement est important non seulement au vu du nombre de prisonniers libérés mais aussi de par leur rôle politique majeur, puisque toutes les grandes figures de l’opposition au régime, tant des journalistes, des moines, des activistes de la société civile et des hommes et femmes politiques ont été libérées. Malgré leurs profils variés, ce qui unit ces prisonniers politiques est le rôle de première importance qu’ils ont joué et pourront à nouveau jouer au niveau politique ou social.

    Citons quelques noms, les plus emblématiques :

    Min Ko Naing, Ko Ko Gyi et Nilar Thein, du mouvement Génération 88,
    Le moine U Gambira incarcéré depuis 2008,
    Le grand leader shan Khun Tun Oo, qui avait été condamné à 93 ans de prison,
    Ngwe Soe Linn, Sithu Zeya, U Maung Zeya et Hla Hla Win, tous reporters de la Democratic Voice of Burma (DVB), le journaliste Zaw Thet Htwe, le jeune bloggeur Nay Phone Latt
    Il est à noter que ce même jour, l’ancien chef des services de renseignements Khin Nyunt (assigné à résidence depuis 2004), plus de 60 anciens agents des services de renseignements (victimes de purges successives) et la famille de Ne Win (l’ancien dictateur dont la famille est assignée à résidence depuis plusieurs années), ont aussi bénéficié de cette amnistie.

    Cette annonce constitue une réponse très attendue aux appels répétés des familles des prisonniers de conscience, de l’ensemble du mouvement pour la démocratie et de la communauté internationale depuis plus de 20 ans. Mais loin des effusions de joie, les premières réactions des prisonniers libérés au cours de la journée sont plutôt mitigées, rappelant l’injustice de leur incarcération, ainsi que leurs camarades toujours emprisonnés. Depuis mai dernier, les amnisties s’étaient multipliées mais avaient été décevantes, le gouvernement ayant par ailleurs indiqué qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Birmanie.

    Suite au soulèvement populaire de 1988 et de 2007, environ 2000 prisonniers politiques ont été incarcérés en Birmanie. Pendant plus de 20 ans et malgré les appels incessants de la communauté internationale, les autorités birmanes ont nié leur existence. Emprisonnés dans les conditions les plus abominables, ils ont subi des actes de torture physique et psychologique, ont souvent été placés en isolement total, dans des prisons loin de leurs familles et n’ont pas eu un accès à l’assistance médicale dont ils ont besoin pour survivre. Nombre d’entre eux ont péri du fait de mauvais traitements ou d’un manque de soins adaptés à leurs problèmes de santé.

    « Nos pensées vont aux personnes qui viennent de recouvrer leur liberté et à leurs familles. Nous espérons vivement que les autorités birmanes sauront respecter leurs engagements nouvellement proclamés pour la réconciliation nationale et la démocratie en garantissant les libertés civiles et politiques de ces personnes, pour qu’elles n’aient plus jamais à subir d’incarcération infondée et qu’elles puissent, si elles le souhaitent, participer librement et sans crainte à l’avenir politique de leur pays. Si le gouvernement désire véritablement voir se mettre en place une transition démocratique, cette garantie doit s’appliquer à l’ensemble des citoyens de Birmanie », a déclaré Isabelle Dubuis, coordinatrice de l’association Info Birmanie.

    Si cette libération constitue indéniablement un geste de bonne volonté sans précédent de la part des autorités birmanes, Info Birmanie appelle la communauté internationale à une grande prudence : si la LND a pu faire état d’environ 600 prisonniers politiques, elle reconnaît cependant qu’il pourrait en avoir bien plus, comme le proclame l’Association d’Assistance aux Prisonniers politiques Birmans (AAPPB). Avant l’amnistie du 13 janvier, l’AAPPB comptabilisait environ 1500 prisonniers de conscience derrière les barreaux.

    Il incombe donc à la communauté internationale de s’assurer que le nombre exact de prisonniers qui demeurent incarcérés injustement soit déterminé et d’exiger que tous ceux qui viennent d’être libérés puissent jouir pleinement de leurs libertés civiles et politiques.


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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 18 Jan - 6:10

    Libération de 272 prisonniers politiques birmans de premier plan


    C’est avec beaucoup de joie et de soulagement qu’Info Birmanie vous fait part de la décision des autorités birmanes de libérer 272 prisonniers politiques, dont la plupart des leaders emblématiques du mouvement d’opposition :
    Min Ko Naing, Ko Ko Gyi et Nilar Thein, du mouvement Génération 88,
    le moine U Gambira incarcéré depuis 2008,
    Le grand leader shan Khun Tun Oo, qui avait été condamné à 93 ans de prison,
    Ngwe Soe Linn, Sithu Zeya, U Maung Zeya et Hla Hla Win, tous reporters de la Democratic Voice of Burma (DVB), le journaliste Zaw Thet Htwe, le jeune bloggeur Nay Phone Latt
    Nous tenions à vous remercier du soutien que vous avez apporté au mouvement pour la démocratie et à leur demande de libération des prisonniers politiques injustement incarcérés. Chacune de vos signatures a permis de faire un pas de plus vers la libération de ces personnes.

    Bien qu’incomplète et insuffisante, cette annonce constitue une étape majeure vers la réconciliation nationale. Elle est aussi une réponse très attendue aux appels répétés des familles des prisonniers de conscience, de l’ensemble du mouvement pour la démocratie et de la communauté internationale depuis plus de 20 ans.

    Mais loin des effusions de joie, les premières réactions des prisonniers libérés au cours de la journée sont plutôt mitigées, rappelant l’injustice de leur incarcération, ainsi que leurs camarades toujours emprisonnés :

    Ashin Gambira, moine éminent engagé dans la lutte pour la démocratie, condamné à 32 ans de prison en 2008 : « Je pense que [la Birmanie] a encore un long chemin à parcourir. Bien que le gouvernement soit en train de libérer des prisonniers, il a encore les caractéristiques d'une dictature. Quel genre de démocratie est-ce? Ils ont dû attendre jusqu'à aujourd'hui pour nous libérer. » (http://www.dvb.no/news/burma-frees-top-dissidents-feelings-mixed/19718)


    Nilar Thein, activiste du mouvement Génération 88, condamné à 65 ans de prison en 2008: « Les réformes introduites par le président Thein Sein et Tante Suu [Aung San Suu Kyi] représentent ce que nous avons si longtemps attendu. Mais nous devons travailler plus dur en faveur de nos collègues qui sont toujours en prison. S’ils sont tous libérés, ce sera un grand moment pour nous tous.» (http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=22828)

    Selon les données collectées par l’Association d’Assistance aux Prisonniers Politiques Birmans (AAPPB)[1], sur les 651 prisonniers libérés lors de l’amnistie présidentielle annoncée le 12 janvier dernier, seuls 272 seraient des prisonniers politiques.

    Par ailleurs, cette amnistie a eu lieu en vertu de l’article 401 (1) du code de procédure pénale, qui implique que ces libérations sont sous conditions. Selon cet article, les peines des prisonniers sont suspendues mais pas annulées. Ils peuvent donc à tout moment être arrêtés de nouveau et forcés à purger le reste de leur peine initiale.

    Le Ministre birman de l’intérieur, le Lieutenant Général Ko Ko, a déclaré lors d’une conférence de presse la 14 janvier, que le gouvernement avait été en mesure d’identifier 430 des 604 prisonniers politiques listés par la Ligue Nationale pour la Démocratie. Sur ces 430 prisonniers, 302 ont été libérés lors de l’amnistie du 13 janvier et 128 restent en détention car ils auraient enfreint des lois de nature strictement criminelle.

    Lors de cette même conférence de presse, le Ministre de l’intérieur a déclaré que le gouvernement ne répondrait plus à aucune demande concernant les prisonniers politiques.

    Selon les estimations de l’AAPP, il resterait pourtant 1000 prisonniers politiques derrière les barreaux. Cependant, le nombre de prisonniers politiques actuellement incarcérés en Birmanie fait débat, les chiffres avancés par le gouvernement et par certains groupes de l’opposition présentant des différences notables.

    L’aide des Nations unies est demandée par de nombreuses organisations afin de convoquer une commission chargée de concilier les écarts en termes de chiffres et de définitions.

    Sans la reconnaissance du statut de prisonnier politique et sans accord clair sur la définition de ce terme, tous les citoyens birmans sont susceptibles d’être arrêtés et incarcérés de façon complètement arbitraire.



    --------------------------------------------------------------------------------

    [1] L’APPB est la principale organisation birmane en charge de collecter des informations sur les prisonniers politiques de Birmanie et d’alerter l’opinion publique et la communauté internationale sur leur sort. Pour plus d’information, rendez-vous sur leur site internet : http://www.aappb.org/index.html
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Ven 3 Fév - 19:32

    Le 16 janvier, Thein Sein a pris la décision la plus significative depuis le début de son mandat : il a accordé une amnistie à environ 600 prisonniers, dont près de 300 étaient des opposants. Ce geste inédit constitue une réponse très attendue aux appels répétés des familles des prisonniers de conscience, de l’ensemble du mouvement pour la démocratie et de la communauté internationale depuis plus de 20 ans.
    Cependant, l’avancée la plus importante reste encore à accomplir : les lois qui ont permis ces incarcérations et qui sous-tendent le système de répression qui subsiste en Birmanie doivent être abolies. Sans une réforme législative de grande ampleur, tous les citoyens birmans restent susceptibles d’être injustement arrêtés et incarcérés.
    De plus, il y aurait encore entre 300 et 1000 prisonniers politiques derrière les barreaux, ce que ne mentionnent ni le gouvernement, ni la Commission Nationale des Droits de l’Homme qui en dépend. Il est urgent qu’une enquête internationale indépendante soit menée dans les prisons birmanes afin de déterminer le nombre et le statut des prisonniers politiques qui n’ont pas encore été libérés. C’est ce que réclament les anciens prisonniers politiques, qui ne supportent pas l’idée que plusieurs de leurs camarades continuent de croupir dans les geôles birmanes.
    http://www.info-birmanie.org/web/images/stories/NDB_JAN_2012.pdf
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mar 18 Sep - 18:42

    Amnistie : plus de 80 prisonniers politiques libérés, des centaines toujours derrière les barreaux



    Le Lundi 17 septembre, le gouvernement birman a accordé une amnistie à 514 de détenus, parmi eux figureraient plus de 80 prisonniers politiques.

    Cette nouvelle libération de prisonniers politiques est la bienvenue, mais depuis le mois de novembre 2012, ces libérations se font au compte-goutte. Selon les données collectées par l’Association d’Assistance aux Prisonniers Politiques Birmans (AAPPB) il resterait environ 300 prisonniers politiques derrière les barreaux

    Pour s’assurer de la libération de tous les prisonniers politiques, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme approprié tel que la formation d’une commission mixte nationale et internationale, en partenariat avec les Nations Unies, pour enquêter sur le nombre de prisonniers politiques restant dans les prisons de Birmanie et obtenir leur libération le plus tôt possible.


    Info Birmanie exhorte le gouvernement birman à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques toujours incarcérés et à lever les restrictions qui pèsent sur ceux qui ont été libérés, notamment sur leur liberté de mouvement.

    Le gouvernement birman a ainsi refusé de délivrer des passeports à de nombreux prisonniers politiques, notamment des activistes, des avocats des droits de l’homme et des journalistes. L’activiste Min Ko Naing, leader du mouvement « Generation 88 » libéré de prison cette année, a annulé un voyage aux Etats-Unis en solidarité pour une douzaine d’autres activistes à qui le gouvernement a refusé de délivrer un passeport.

    Cette nouvelle vague de libération intervient alors que le Président Thein Sein s’apprête à se rendre aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies. Aung San Suu Kyi est quant à elle déjà arrivée à Washington le 17 septembre pour une visite historique de trois semaines, lors de laquelle elle doit rencontrer la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et le Président Barack Obama







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    Re: Birmanie

    Message par bye le Lun 13 Mai - 15:40

    La Birmanie accusée de nettoyage ethnique contre les Royingyas

    À l'heure de la transition démocratique en Birmanie, les Rohingyas, une des minorités les plus persécutées de la planète selon les Nations-Unies, continuent de subir un drame à huis clos : exil forcé, xénophobie, meurtres. La communauté internationale peut-elle encore fermer les yeux face à cette tragédie humaine?

    http://www.france-terre-asile.org/toute-lactualite-choisie/item/8511
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 12 Juin - 16:42

    À l'heure de la transition démocratique en Birmanie, les Rohingyas, une des minorités les plus persécutées de la planète selon les Nations-Unies, continuent de subir un drame à huis clos : exil forcé, xénophobie, meurtres. La communauté internationale peut-elle encore fermer les yeux face à cette tragédie humaine?

    http://www.france-terre-asile.org/toute-lactualite-choisie/item/8511
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 25 Sep - 17:15

    La Birmanie refuse de s’engager à mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits


    Le 24 septembre s'est ouverte à New York l'Assemblée Générale des Nations Unies, qui constitue tous les ans le plus vaste rassemblement de dirigeants du monde entier.

    Une nouvelle Déclaration d'engagement à mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits a été présentée à cette occasion, notamment par William Hague, Ministre des affaires étrangères britannique. Elle a été rédigée avec la représentante spéciale du Secrétaire Général de l'ONU pour les violences sexuelles.

    Si 115 pays se sont engagés à mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits   en signant la déclaration,  la Birmanie a refusé de le faire.

    La déclaration contient des engagements pratiques et politiques visant à mettre fin à l'impunité, à promouvoir la responsabilisation et assurer la justice et la sécurité des victimes de violences sexuelles dans les conflits.

    Ce refus du Président Thein Sein de soutenir cette déclaration démontre clairement un manque de volonté d'aborder la question de la violence sexuelle dans les conflits en Birmanie. Pourtant, depuis que Thein Sein est devenu président, les combats ont repris de plus belle l'état Kachin et dans le Nord de l’état Shan, et des associations de défenses du droit des femmes ont rapporté une augmentation de l'utilisation du viol et d'autres formes de violences sexuelles contre les femmes par les troupes de l’armée birmane[1]. Un exemple terrible de l’utilisation continue du viol par l’armée birmane dans les zones de conflit est celui d’une une grand-mère de 12 enfants, Ngwa Mi, battue à coups de crosse et de couteau, déshabillée et violée sur une période de trois jours dans une église par deux bataillons de l’armée birmane, en mai 2012.[2]

    Aucune mesure n'a été prise pour mettre fin à l'impunité pour les viols commis par l'armée birmane, et Thein Sein et son gouvernement refusent de reconnaître que de tels abus se produisent encore.

    Les femmes en Birmanie, et en particulier dans les zones peuplées par les minorités ethniques, sont les victimes de violences sexuelles, d’exploitations sexuelles, de la traite des êtres humains et de discriminations. En outre, dans les situations de conflit armé et de pauvreté extrême, elles figurent parmi les populations les plus vulnérables et subissent le fardeau de la guerre et des déplacements.[3]

    En dépit des accords de cessez-le-feu conclus dans certaines régions ethniques, comme dans l’état Karen, la présence de l’armée birmane demeure une menace constante pour la sécurité des communautés ethniques, en particulier des femmes. Au mois de mars dernier, une femme Karen a déclaré avoir été « battue, droguée et agressée sexuellement par deux hommes vêtus de treillis militaires »[4].

    Les projets de développement sont également un autre facteur influant sur les violences et les cas d’exploitation sexuelle des femmes dans les zones ethniques. « L’enfer des pipelines[5] », rapport publié récemment par une organisation de défense de l’ethnie Ta’ang (Ta’ang Students and Youth Organization), étudie l’impact de Projet de pipelines «Shwe»[6] sur les personnes issues de la minorité Ta’ang dans le nord de l’État de Shan. Le rapport conclut qu’à partir du moment où le projet a commencé il y a eu de nombreux cas de harcèlement sexuel et d’intimidation envers les femmes, venant non seulement de l’armée birmane, mais aussi des ouvriers chinois travaillant sur le projet.

    De très jeunes femmes et jeunes filles en provenance de Birmanie sont également victimes de la traite des femmes et d’esclavage sexuel, et sont forcées à se marier en Thaïlande,  Chine,  Malaisie, Bangladesh et Corée du Sud.

    Selon Info Birmanie « L'utilisation du viol et les violences sexuelles contre les femmes en toutes circonstances est tout simplement inacceptable. Les violences sexuelles commises par les forces armées birmanes sont alarmantes et ne doivent pas être ignorées par la communauté internationale. Les pays membres des Nations Unies doivent s'assurer que la Birmanie est entièrement inclue dans la prévention de la violence sexuelle en temps de conflit ».


    --------------------------------------------------------------------------------

    [1] KWAT, From persecution to deprivation, octobre 2012
    [2] Burma Partnership, Gang-rape in Church Highlights Burma Army Impunity for Sexual Violence in Kachin Conflict, 18 mai 2012
    [3] Palaung Women Organization, The Burden of War - Women bear burden of displacement, Octobre 2012
    [4] Women under siege, License to rape: How Burma’s military employs systematic sexualized violence, mars 2012        
    [5] Ta’ang Students and Youth Organization, Pipeline Nightmare, novembre 2012

    [6] Une fois achevé ce pipeline, qui traverse la  Birmanie, augmentera l’accès de la Chine en pétrole brut provenant d’Afrique et du Moyen Orient, en fournissant une route alternative pour l’acheminement d’énergie, réduisant la dépendance de la Chine au détroit de Malacca, théâtre de nombreux conflits et d’actes de piraterie. Ce pipeline fera aussi de la Chine le premier bénéficiaire  du gaz naturel provenant du chantier du Shwe Gas

    http://www.info-birmanie.org/la-birmanie-refuse-de-sengager-a-mettre-fin-aux-violences-sexuelles-dans-les-conflits/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Sam 21 Déc - 18:52

    Il est temps de libérer tous les prisonniers politiques et de cesser les arrestations arbitraires !
    Publié le 21 décembre 2013

    Communiqué d’Info Birmanie – 21 décembre 2013

    Lors de sa visite en Europe en juillet 2013, le président Thein Sein s’était engagé devant François Hollande à libérer tous les prisonniers politiques.

    Si de nombreux prisonniers politiques ont été libérés depuis, Info Birmanie reste vivement préoccupée par le nombre alarmant de nouvelles arrestations de paysans, activistes, défenseurs des droits de l’homme et membres des minorités ethniques. Le gouvernement birman continue de condamner les personnes qui exercent leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion en totale contradiction avec ses promesses.

    Le gouvernement birman applique une stratégie qui consiste à libérer les prisonniers politiques et à les arrêter de nouveau. Les militants Htin Kyaw et Thein Aye, amnistiés le 11 Décembre 2013, ont été de nouveau arrêtés quelques heures après leur libération. Ce harcèlement judiciaire est destiné à faire taire les voix dissidentes.

    « La France doit veiller à ce que le gouvernement birman libère tous les prisonniers politiques de façon inconditionnelle et cesse les arrestations arbitraires », a déclaré Info Birmanie. « Tant que les lois répressives ne sont pas abrogées, tous les défenseurs des droits de l’homme se trouvent constamment sous la menace d’une nouvelle arrestation ».

    Tout au long de l’année écoulée, le gouvernement birman a ciblé spécifiquement les personnes s’élevant contre les violations des droits de l’homme résultant de projets industriels menés par le gouvernement birman et soutenus par des entreprises étrangères.

    Naw Ohn Hla est une militante birmane arrêtée à plusieurs reprises pour avoir participé à une manifestation pacifique contre un projet de mine controversé. La mine de Letpadaung est exploitée par une entreprise chinoise et un groupe contrôlé par l’armée birmane. Le projet a eu pour conséquences directes la confiscation de terres et des dégradations environnementales

    Le gouvernement birman a également arrêté des centaines d’individus issus des minorités ethniques pour des raisons politiques. Brang Yung Lahpai Gam sont deux paysans issus de la minorité kachin, arrêtés en juin 2012 aux alentours du camp de déplacés internes où ils vivaient, ils ont été brutalement torturés et forcés à faire de faux aveux sur leurs liens avec l’Armée d’indépendance kachin et leur implication dans différents attentats dans la région

    Ils ont été inculpés en vertu de l’article 17/1 de la Loi sur les associations illégales. Détenus pendant plus d’un an, ils ont été condamnés en novembre dernier à 2 ans de prison. Le 19 décembre, ils se sont vus attribuer une peine supplémentaire de 5 ans de prison.

    Environ mille Rohingyas ont aussi été détenus illégalement dans l’État d’Arakan après les violences de juin 2012. La plupart restent en prison, et au moins 68 sont morts en détention avant le mois décembre 2012. Les centaines de détenus Rohingyas qui ont été accusés et condamnés ont été discriminés et privés de leurs droits à une représentation juridique et au droit d’être jugé de façon équitable.

    « L’Union européenne a levé les sanctions économiques notamment en raison des efforts du gouvernement birman pour libérer de centaines de prisonniers politiques, elle ne doit pas fermer les yeux sur l’arrestation de centaines d’autres », a déclaré Info Birmanie.

    Le gouvernement français doit empêcher toutes nouvelles relations économiques ou investissements supplémentaires en Birmanie tant que les lois birmanes ne sont pas modifiées, afin de fournir une protection adéquate aux travailleurs, aux agriculteurs, aux militants et aux minorités ethniques les plus vulnérables.

    http://www.info-birmanie.org/il-est-temps-de-liberer-tous-les-prisonniers-politiques-et-de-cesser-les-arrestations-arbitraires/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mar 14 Jan - 7:14

    Les paysans : les grands perdants d’une Birmanie en transition
    Publié le 30 décembre 2013
    À la rencontre des villageois de Letpdaung, symbole de l’opposition aux projets d’investissements en Birmanie

    L’équipe d’Info Birmanie est allée à la rencontre des habitants de deux villages situés autour de la mine de cuivre de Letpadaung, près de Monywa, au centre Ouest du Pays. Ce projet a eu pour conséquences directes des confiscations de terres et des dégradations environnementales catastrophiques.

    Les villageois s’élèvent contre le projet et tentent de s’organiser pour protester contre la pollution générée et les faibles indemnisations reçues en compensation de la saisie de leurs terres par les autorités. Mais ils peinent à faire entendre leur voix face à la répression, au harcèlement, aux menaces et à l’intimidation des autorités…

    Pour arriver à Letpadaung, il faut emprunter une longue route goudronnée, qui contrairement à la majorité des routes du pays est en excellent état. Bien que déserte, elle est parsemée de check-points que notre voiture passe sans encombre, mais à l’aller comme au retour, il faut payer pour passer et notre plaque d’immatriculation est soigneusement annotée aux registres.

    Sur la route on longe une première montagne, Kyae Sin, ou plutôt ce qu’il en reste : un désert de petit monticules étalés sur des centaines de mètres, avec en toile de fond, un bloc aplati sur lequel se pressent des dizaines de camions qui s’activent dans la poussière. Sa bal, la deuxième montagne, a déjà totalement disparue depuis quelques mois.

    En continuant, nous croisons une cinquantaine d’ouvriers courbés au milieu de cailloux rangés par petits tas. Ils élargissent la route pour que les camions, de plus en plus nombreux, qui travaillent sur le projet d’extraction de cuivre puissent passer facilement avec leur précieux chargement. Juste derrière, on aperçoit la troisième montagne : Letpadaung.

    Ce projet massif d’extraction minière est mené par l’entreprise chinoise Wanbao et un conglomérat économique contrôlé par l’armée, en collaboration avec le gouvernement birman qui reçoit 51% des profits de l’activité.

    La mine de cuivre de Letpadaung illustre le désastre écologique des projets d’extraction minière, leur impact économique et social sur les communautés locales. Elle est aussi le symbole d’un régime qui réprime brutalement des manifestations pacifiques seulement pour protéger ses intérêts économiques.

    Les communautés locales n’ont jamais été consultées par les entreprises et n’ont jamais eu l’opportunité d’échanger avec elles. Les autorités se chargent directement de récupérer les terres jugées nécessaires au projet d’extraction, de déplacer les villages, d’encaisser et de gérer les compensations.

    Chaque jour l’activité des camions s’intensifie et se rapproche du village provoquant bruit et poussière. Les dégâts environnementaux sont colossaux : l’utilisation de produits chimiques, comme l’acide, pollue l’eau, l’air et la terre affectant directement la santé des villageois. Des problèmes respiratoires, des tumeurs et d’autres problèmes de santé ont été détectés sur un grands nombre de villageois, sans qu’aucune mesure de dépistage n’ait été mise en place, ni aucun soin apporté. Sans parler de la déforestation et de la destruction de la faune et de la flore locale.

    Arrivés au premier village, deux motards nous suivent déjà. Ont-ils déjà été prévenus de notre visite? Les autorités nous laissent nous déplacer librement, mais non sans épier tous nos faits et gestes. Les deux hommes nous suivront tout la matinée, y compris dans les monastères dans lesquels nous échangeons avec les villageois. Ceux-ci habitués aux policiers, ne leur prêtent pas attention et parlent ouvertement des violations des droits de l’homme qu’ils subissent ainsi que de ce qu’ils reprochent aux autorités.

    Les paysans nous font découvrir les alentours de leur village, Watt Hmey. Une impression de malaise en ressort : la moitié des maisons ont déjà été détruites.

    En poursuivant notre chemin à pieds pour aller à la rencontre des villageois partis travailler leurs terres, nous découvrons un aperçu de ce qu’était Letpadaung avant les bulldozers et la poussière : des rizières, des palmiers, des montagnes et une végétation luxuriante à perte de vue.

    Nous apprenons que toutes les terres qui nous entourent, appartenant depuis des générations aux paysans, sont devenues « illégales » depuis le début de projet car elles ont été réquisitionnées par les autorités locales. Les paysans vivent donc dans un village fantôme et les terres sur lesquelles ils travaillent peuvent leur être retirées à tout moment.

    En Birmanie il n’y a ni cadastre délimitant les parcelles de terre, ni titres de propriété : cela laisse le champ libre aux confiscations de terres. La constitution du pays permet à l’armée de réquisitionner des terres « pour l’intérêt de la Nation », mais le gouvernement confisque les terres des paysans pour les attribuer à des entreprises.

    Harcelés et sous pression les paysans sont poussés à bout. Les autorités sont allés jusqu’à fermer le monastère et l’école du village tout en interdisant aux enfants d’aller étudier dans les écoles des villages voisins.

    À peine arrivés dans un deuxième village, Moe Gyoe Pyin, une trentaine de personnes de tous âges se pressent dans la maison où nous avons été accueillis.

    Tous veulent nous raconter ce qu’il se passe depuis deux ans et témoigner des violations dont ils ont été victimes. Ils veulent à tout prix que le monde connaisse leur sort, laissés pour compte au profit d’intérêts économiques.

    Le chef du village est un homme de 40 ans, il a une déformation au niveau de la gorge, très probablement liées à la pollution de l’eau et de la terre. Il nous parle des injustices, mais aussi du manque total d’information auquel ils sont confrontés.

    Il nous raconte ensuite les événements récents du mois de novembre 2013. Du jour au lendemain et sans les consulter, les militaires ont entourés de clôtures la terre d’un des villageois qui avait refusé les compensations, puis ils ont construit un bâtiment surveillé par des gardes armés.

    Cette décision soudaine est stratégique. C’est sur ce lopin de terre que passe le chemin qui permet aux villageois d’accéder à leurs champs et aux animaux d’aller paitre. Les autorités usent de tous les moyens de pression possibles pour que les villageois abandonnent leurs revendications et quittent leurs terres.

    Excédés et pensant ne plus rien avoir à perdre, une centaine d’habitants du village de Moe Gyoe Pyin, se sont allongés sur la route face au bâtiment des militaires, en déclarant « vous n’avez qu’à nous tirer directement dessus car privés de nos moyens de subsistance, nous mourrons de toute façon ».

    La réponse des autorités a été immédiate et fidèle aux vieilles habitudes répressives : une dizaine de camions ont été appelés en renfort et la police a tiré avec des balles en caoutchouc sur la petite foule de paysans non armés. Onze villageois ont été blessés, mais seulement sept se sont plaints aux autorités, cinq craignant les représailles.

    Deux des protestataires montrent fièrement les cicatrices des balles qui les ont atteintes au bras et au pied. Les images prises par quelques villageois pendant la répression de la protestation ont été confisquées par les autorités : leurs blessures constituent donc leurs uniques preuves.

    Ce n’est pas la première fois que les autorités ont recours à la violence pour mettre un terme à un mouvement de protestation qui s’amplifie. En 2012, La police anti-émeute a attaqué des camps des manifestants situés autour de la mine de Letpadaung, utilisant des canons à eau et des bombes fumigènes contenant du phosphore. Une centaine de blessés – majoritairement des moines – ont dû chercher des soins médicaux dans des hôpitaux de fortune.

    Nous rencontrons ensuite Ma La Mia, 47 ans. Elle refuse depuis des mois les compensations qu’on lui offre contre sa terre, et subit sans cesse les pressions des autorités. Elle nous raconte comment les policiers jouent avec le manque d’information et de connaissance que les paysans ont de leurs droits. Des policiers ont par exemple offert à Ma La Mia une somme d’argent importante si elle les suivait au poste de police pour signer un « contrat ». Craignant d’être arrêtée, elle a refusé de les suivre, sachant aussi pertinemment qu’il s’agissait d’une proposition malhonnête et qu’elle ne toucherait jamais rien. La corruption des autorités locales dans ce type de contexte est répandue, subtilisant souvent l‘argent allouée aux compensations des villageois.

    À force d’opposer de la résistance, la terre de Ma La Mia a été détruite le 27 octobre dernier par un bulldozer. Lorsqu’elle a demandé au conducteur de l’engin pourquoi ils réduisaient en miette ses haricots prêts à être récoltés, il a répondu « j’obéis aux ordres » et a menacé de lui tirer dessus. Ma La Mia nous raconte fièrement avoir répondu « Allez-y, tirez-moi dessus ! ».

    Le message est sans équivoque : quoi qu’il advienne, tous les villageois seront chassés de leur village et de leurs terres.

    Ces derniers mois, la pression des autorités s’est accentuée. En novembre, de nouvelles clôtures ont été installées autour des terres de paysans. Malgré leurs protestations elles n’ont pas été retirées et ils ont reçu l’ordre de quitter leurs maisons.

    Si des centaines de villageois se sont résignés à céder leurs terres, d’autres, comme les habitants des villages de Watt Hmey et de Moe Gyoe Pyin ont choisi de résister contre cette situation injuste où leur gouvernement protège les intérêts des entreprises étrangères plutôt que ceux de sa population.

    La mine de Letpadaung est devenue le symbole de la résistance des populations locales contre des projets industriels gigantesques dans un pays où les nouveaux investisseurs affluent. Le nombre de terres confisquées a augmenté depuis l’ouverture de la Birmanie au monde.

    Il semble que le gouvernement accepte de réformer tant que cela sert ses intérêts et que cela ne contrecarre pas ses perspectives économiques et sa main mise politique et judiciaire. La protection des intérêts du gouvernement semble outrepasser ce qui devrait constituer les éléments fondamentaux de la transition birmane, notamment le respect des droits des populations de Birmanie.

    http://www.info-birmanie.org/une-journee-a-letpadaung/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mar 14 Jan - 7:15

    Le président Thein Sein n’a pas honoré sa promesse de libérer tous les prisonniers avant la fin de l’année 2013
    Publié le 2 janvier 2014
    Lors de sa visite en Europe en juillet 2013, le président Thein Sein s’était engagé devant François Hollande à libérer tous les prisonniers politiques. Thein SEIN hollande

    Pourtant tout au long de l’année écoulée le gouvernement birman a continué de harceler les voix dissidentes. Il a ciblé spécifiquement les personnes s’élevant contre les violations des droits de l’homme résultant de projets industriels menés par le gouvernement birman et soutenus par des entreprises étrangères. Il a également arrêté des centaines d’individus issus des minorités ethniques pour des raisons politiques.

    Le 11 décembre – jour de l’ouverture des 27ème jeux d’Asie du Sud Est en Birmanie – Il a ordonné la libération de 41 prisonniers politiques. Parmi eux, les militants Htin Kyaw et Thein Aye, relâchés puis de nouveau arrêtés quelques heures après leur libération. Cette stratégie du gouvernement qui consiste à libérer les prisonniers politiques et à les arrêter de nouveau a largement été utilisée cette année pour faire taire les militants.

    Le 30 décembre Thein Sein a ordonné la libération de tous les détenus condamnés ou en attente d’être jugé pour trahison, sédition, manifestation illégale et d’autres lois utilisées par la junte contre ses opposants. Il n’a toutefois pas précisé combien de prisonniers étaient concernés ni quand ils seraient libérés. Suite à cette seconde amnistie, son porte-parole, Ye Htut, a déclaré que la promesse du Président avait été tenue et qu’ « il n’y avait plus de prisonniers politiques » en Birmanie.

    Pourtant, personne n’a eu accès à la liste des prisonniers libérés et selon l’Association pour les Prisonniers Politiques en Birmanie (AAPPB), au moins une trentaine de prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux. Ils seraient bien plus nombreux en réalité : un nombre inconnu de membre de la minorité Kachin est en prison et le gouvernement refuse d’inclure les Rohingyas à la liste des prisonniers politiques. Enfin, une centaine d’activistes sont toujours dans l’attente de leur procès.

    Les autorités ne permettent pas qu’une investigation libre soit menée pour vérifier le nombre réel de prisonniers politiques encore enfermés. Enfin, les lois répressives sont toujours en place et les récentes amnisties ne concernent pas les personnes qui seront arrêtées et jugées après le 1er janvier 2014…

    Au mois de décembre 2013, 12 personnes ont déjà été arrêtées et/ou inculpées et 15 ont été jugées en raison de leur activité politique (dont 9 à des peines de prison ferme).

    L’engagement de Thein Sein auprès du Président français n’a donc pas été respecté.

    Pour en savoir plus:

    - Lire le communiqué du 21 décembre: « Il est temps de libérer tous les prisonniers politiques et de cesser les arrestations arbitraires ! »

    http://www.info-birmanie.org/le-president-thein-sein-na-pas-honore-sa-promesse-de-liberer-tous-les-prisonniers-avant-la-fin-de-lannee-2013/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mar 14 Jan - 7:17

    Idées reçue n°1: L’ouverture de la Birmanie aux marchés extérieurs profite aux paysans!
    Publié le 13 janvier 2014

    En Birmanie, toutes les terres appartiennent théoriquement à l’État, laissant les petits agriculteurs sans titres fonciers légaux. Au fil des ans, les entreprises ayant des liens avec le gouvernement militaire du pays ont été en mesure de saisir les terres des paysans et des villageois, la plupart du temps pour construire des projets industriels ou agricoles très lucratifs.

    Les nouvelles lois du gouvernement Thein Sein au pouvoir depuis 2011, ont légalisé la confiscation de terres par les autorités pour tout projet considéré d’«intérêt national», permettant au gouvernement d’utiliser tout terrain désigné comme «vacant». Les activistes parlent de 3,6 millions d’hectares déjà saisis par le gouvernement, les entreprises privées et l’armée. Il est donc à craindre, que l’ouverture de la Birmanie aux capitaux étrangers, n’accentue le phénomène.[1]

    Enfin, les paysans qui se sont organisés pour protester pacifiquement contre la confiscation de leur terre, ont été les cibles de violences, d’arrestations et de harcèlement judiciaire. Plusieurs centaines d’entre eux sont en prison ou attendent toujours leur procès. Selon le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les droits de l’homme, rien qu’au mois de juin 2013 des poursuites pénales auraient été engagées à l’encontre de 149 paysans et militants.

    Le développement rural et la protection de paysans devraient pourtant être prioritaires dans un pays où 40 millions de personnes (70 % de la population) vivent dans les zones rurales et sont dépendantes de leurs terres agricoles et des forêts.

    EXEMPLE CONCRET : DAWEI

    Dawei est un projet industriel gigantesque dans le sud de la Birmanie qui implique le déplacement de 30 000 personnes appartenant à 19 villages de la région de Nebule. Pour le gouvernement birman ce projet est crucial, en ce qu’il permettrait d’attirer des investisseurs étrangers, alors qu’il offrirait à la Thaïlande un accès direct vers l’Océan indien et les marchés économiques occidentaux.

    Pour les populations locales, Dawei symbolise au contraire le début d’un long cauchemar. Il implique la perte de leur terre, de leurs moyens de subsistance, de gros dégâts environnementaux et la mise en péril de leur héritage culturel, sans avoir même été consultés.

    Les compensations prévues pour leur terres, ne compensent ni la perte de leur maison, ni de leurs moyens de subsistance, ni leur préjudice moral. Enfin,  personne ne sait quand elles seront versées. Certains habitants ayant déjà été expulsés attendent toujours les sommes promises. En outre, le projet de Dawei a fait exploser le prix de la terre et créer des divisions au sein des communautés. Une villageoise dénonce les menaces dont les populations sont victimes : « ils ont dit que si on ne quittait pas nos terres, ils les détruiraient tout de même et qu’on aurait de gros problèmes »[2]

    « Dans le village de Mudu, on peut vivre des produits de la forêt et des récoltes de nos plantations. On ne peut pas quitter nos plantations et partir. Même si on ne peut pas avoir de revenus grâce à d’autres activités, en une journée on peut toujours gagner au moins 5000 kyats en vendant des feuilles de bétel et c’est suffisant pour nourrir ma famille. Après qu’on soit parti, qu’est-ce qu’on va manger ? L’argent qu’ils veulent nous donner ne sera pas suffisant. Ici toute ma vie, j’ai toujours eu de quoi manger, c’est pour ça que je ne veux pas partir. »[3]

    Pour en savoir plus :

    - Une journée à Letpadaung (lire)
    - DAWEI : un projet autant inéquitable qu’irresponsable (lire)
    - Une augmentation des cas de confiscation de terres directement liée à l’afflux d’investissements (lire)
    - Terres confisquées sous la junte et sous le gouvernement de Thein Sein (lire)
    - La Mine de cuivre de Monywa (lire)


    [1] http://www.voanews.com/content/burmese-investment-boom-fuels-worries-over-land-grabs/1530884.html

    [2] Tavoyan Women’s Union, DDSP Project and Local Villagers’ Desire, vidéo, septembre 2013

    [3] idem

    http://www.info-birmanie.org/idees-recue-n1-louverture-de-la-birmanie-aux-marches-exterieurs-profite-aux-paysans/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Ven 24 Jan - 19:59

    Birmanie: un nouvel eldorado économique?
    10 idées reçues sur l'investissement!





    Depuis la libération d’Aung San Suu Kyi et l’avènement d’un gouvernement soi-disant civil beaucoup pensent que la situation s’est réellement améliorée et que la Birmanie est un eldorado à conquérir.

    La Birmanie connait en effet un processus de démocratisation initié en mars 2011 par le Président birman Thein Sein. Salué par la communauté internationale pour ses réformes démocratiques, le régime birman a décidé d’attirer les capitaux étrangers en libéralisant ses règles d’investissement et en accordant des avantages fiscaux aux investisseurs étrangers.

    Cette ouverture politique du régime birman a conduit de nombreux gouvernements occidentaux à réviser leurs positions à l’égard du pays et à lever la quasi-totalité des sanctions qui lui avaient été imposées.

    Pourtant, derrière les avancées démocratiques et économiques affichées, la Birmanie n’est pas un État de droit : l’impunité, la corruption et les violations des droits de l’homme sont toujours monnaie courante.

    La Birmanie ne saurait être considérée simplement comme un pays où l’on peut exploiter à bas coût la main d’œuvre et piller ses ressources naturelles.

    Par cette campagne, nous souhaitons combattre l’idée reçue qu’aujourd’hui tout va bien en Birmanie et que l’on peut investir sans se soucier du contexte.

    http://www.info-birmanie.org/10-idees-recues-sur-les-investissements-en-birmanie/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 5 Mar - 12:08

    Le gouvernement birman ordonne à Médecins Sans Frontières de quitter l’État d’Arakan

    Au début du mois de février, des bouddhistes de l’État d’Arakan ont accusé Médecins Sans Frontières (MSF) d’accorder un traitement préférentiel aux musulmans Rohingyas de la région. Suite aux violences du mois de janvier dans le village de Du Chee Yar Ta, l’organisation humanitaire a confirmé avoir soigné 22 personnes. Cette déclaration a accentué le mécontentement des activistes bouddhistes qui ont organisé des manifestations et demandé le départ de l’ONG.

    Les bouddhistes Arakanais reprochent à MSF de ne pas avoir communiqué clairement sur les événements et d’être à l’origine de « mauvaises informations ». Ces accusations sont directement liées aux déclarations du Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies qui a indiqué avoir reçu des « informations crédibles » sur la mort d’au moins 48 Rohingyas suite aux violences du mois de janvier. MSF serait, aux yeux des bouddhistes Arakanais, cette source, et aurait menti.

    Malgré les invitations de MSF à dialoguer, les manifestants ont refusé de s’entretenir avec l’organisation et ont manifesté pendant plusieurs jours. « Nous attendons seulement de voir si le Président Thein Sein va écouter les demandes de notre peuple ou non » a déclaré une des activistes Arakanaises.

    Le gouvernement birman qui insistait également sur le fait qu’un seul policier avait trouvé la mort pendant les violences du mois de janvier, a finalement déclaré le 28 février que l’ONG internationale Médecins Sans Frontières devait quitter l’État.

    Ye Htut, le porte-parole du président aurait déclaré que l’ONG employait des « Bengalis » (terme péjoratif utilisé à la place de « Rohingyas »), il a également critiqué la qualité des informations relayées suite aux violences du mois de janvier et le manque de transparence de MSF dans un État déchiré par les violences sectaires.

    Présente en Birmanie depuis 1992, MSF s’est attaché à rester indépendante de la politique et des conflits pour être autorisée à soigner les populations les plus vulnérables sans distinctions ethniques ni religieuses. Depuis le regain des violences à l’encontre des musulmans en 2012, l’organisation a travaillé dans 15 camps de déplacés de l’État d’Arakan. Son contrat ne sera pas renouvelé et elle risque d’être interdite dans l’ensemble du pays alors que l’ONG constitue très souvent le seul recours des populations pour accéder aux soins. En effet, ces personnes, en grande majorité musulmane, n’ont souvent ni le droit de circuler en dehors des camps, ni les moyens d’accéder aux hôpitaux bouddhistes.

    http://www.info-birmanie.org/le-gouvernement-birman-ordonne-a-medecins-sans-frontieres-de-quitter-letat-darakan/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 5 Mar - 12:09

    Le recensement de la population birmane doit être repoussé pour ne pas exacerber les tensions ethniques et religieuses dans le pays
    Publié le 20 février 2014
    La Birmanie prépare le recensement national qui doit se dérouler du 30 mars au 10 avril 2014, il s’agit du premier recensement depuis 1983. Avant cela, les seules statistiques crédibles dataient de l’époque de la colonisation britannique.

    Si l’actualisation des statistiques d‘une population est essentielle car elle permet d’anticiper les perspectives ainsi que les besoins économiques et sociaux d’un pays, un tel recensement dans le contexte actuel constituerait une véritable menace pour les minorités ethniques et la stabilité du pays

    Il risquerait d’impacter tout particulièrement les populations musulmanes. Depuis 2012, les regains de violences à l’encontre des musulmans, et tout particulièrement de la minorité Rohingya, ont été largement motivés par des campagnes de haine qui surfent sur la peur d’une « islamisation de la Birmanie ». Sachant que les résultats du recensement indiqueront probablement une augmentation forte du nombre de musulman en Birmanie (selon les chiffres actuels il y aurait 4% de musulmans), ils donneront donc plus de crédit aux discours haineux des leaders des mouvements racistes.

    Plus largement, toutes les minorités ethniques de Birmanie seraient également impactées, ce recensement ayant de forts risques d’attiser les tensions. Initialement, certains leaders ethniques pensaient que le recensement permettrait enfin une reconnaissance de leur identité ethnique. Cependant, le manque de consultations, la complexité pour récolter des données, les doutes quant à leur exactitude, les problèmes de classification et de codification des différents groupes ethniques, ont causé de nombreuses controverses. La plupart des organisations ethniques demandent aujourd’hui un changement dans le processus du recensement et son report.

    Cette situation pourrait aussi directement affecter le processus de paix et, dans la mesure où les résultats seront publiés peu de temps avant les élections présidentielles, perturber leur tenue.

    Par conséquent, ce recensement devrait être reporté, jusqu’à ce qu’un accord politique global soit conclu avec tous les groupes armés ethniques, que des réformes politiques durables soient mises en place et institutionnalisées, et que les violences intercommunautaires soient abordées par le gouvernement.

    Pour Célestine Foucher, coordinatrice d’Info Birmanie, « un recensement dans ce contexte, mettrait des centaines de milliers de personnes dans une situation de grande vulnérabilité. La communauté internationale ne peut encourager un tel désastre annoncé ! », «Le gouvernement birman doit stabiliser la situation, et notamment les tensions religieuses et ethniques avant de lancer une démarche si sensible ».

    Ce recensement, mené avec l’aide du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), n’aurait pas pu être organisé sans le soutien logistique et financier de la communauté internationale. Info Birmanie appelle la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement birman pour qu’il reporte le recensement de la population prévu à la fin du mois de mars et assure la sécurité de sa population.

    Pour savoir plus :

    - Burma’s Census: Not Worth Dying For, Burma Campaign UK
    - Myanmar Conflict Alert: A Risky Census, International Crisis Group

    http://www.info-birmanie.org/le-recensement-de-la-population-birmane-doit-etre-repousse-pour-ne-pas-exacerber-les-tensions-ethniques-et-religieuses-dans-le-pays/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 5 Mar - 12:11

    La Birmanie accusée de crime contre l’humanité à l’encontre des Rohingyas
    Publié le 26 février 2014
    L’ONG internationale de défense des droits de l’homme, Fortify Rights a publié le 25 février, un rapport qui dénonce les restrictions mises en place par le gouvernement pour limiter les libertés fondamentales des Rohingyas de l’État d’Arakan. Ce rapport s’appuie sur des documents officiels datant des années 1990 et 2000, pour révéler l’implication de l’État et des autorités régionales dans les violations des droits de l’homme commises à l’encontre des Rohingyas. Il qualifie ces violations de crimes contre l’humanité.

    Le rapport est intitulé, « Politiques de persécution : mettre fin aux politiques abusives du gouvernement à l’encontre des musulmans Rohingyas de Birmanie « ( « Policies of Persecution: Ending Abusive State Policies Against Rohingya Muslims in Myanmar »).

    Les politiques visant à restreindre les libertés fondamentales des Rohingyas sont connues depuis longtemps mais c’est la première fois que des documents officiels permettent d’en témoigner publiquement.

    Le déni de citoyenneté :
    Le gouvernement birman renie ouvertement l’existence d’une ethnie Rohingya en Birmanie. La loi sur la citoyenneté de 1982 fait des Rohingyas birmans, des apatrides. Dans les documents officiels, ils sont qualifiés de « bengalis » par les autorités qui les considèrent comme des « immigrants illégaux » venus du Bengladesh. Les Rohingyas vivent pourtant sur le sol birman depuis des générations.

    Le droit au mariage :
    Des restrictions concernant le mariage et les relations privées sont imposées depuis longtemps par le gouvernement aux Rohingyas de l’État d’Arakan. Il s’agit de limiter leur droit de se marier librement.

    Une note additionnelle à l’ordonnance régionale intitulée « Exigences pour les Bengalis sollicitant l’autorisation de se marier », impose 10 conditions aux mariages entre Rohingyas. Les conjoints doivent notamment se présenter à plusieurs reprises devant les autorités, accompagnés de leurs parents et d’autres témoins. Pour que la photographie du couple soit valable, l’homme doit être rasé et la femme non-voilée. Ces exigences humiliantes et abusives vont également à l’encontre des traditions religieuses musulmanes.

    En pratique, pour l’octroi des permissions de mariage, les autorités locales demandent en supplément, le paiement d’honoraires informels. Leur coût qui peut aller jusqu’à 100$, est prohibitif pour la plupart des Rohingyas. En outre, lorsqu’un Rohingya souhaite épouser une personne d’un autre canton, une autorisation supplémentaire est nécessaire et de nouvelles taxes doivent être acquittées.

    Enfin, l’ordonnance régionale 1/2009 prévoit que les « relations illicites, les divorces sans permission, les remariages des veufs et des veuves » et tout contournement de ces dispositions sont passibles d’amendes et de peines de prison pouvant aller jusqu’à plus de 10 ans de prison.

    La violation du droit à former une famille
    Depuis 2005, la Birmanie a imposé aux Rohingyas des cantons de Maungdaw et Buthidaung, dans le Nord de l’État d’Arakan, une politique limitant à deux le nombre d’enfant par couple marié. Les enfants hors mariage sont quant à eux totalement interdits. Ces restrictions, qui violent le droit international, sont à l’origine de problèmes de santé important chez les femmes contraintes aux avortements illégaux dans des conditions dangereuses

    Un document contient les instructions adressées aux fonctionnaires « en cas de suspicion ». Ils doivent forcer les femmes Rohingyas à allaiter leurs enfants en présence de militaires pour vérifier que l’enfant leur appartient bien et contrôler le nombre d’enfant par famille.

    La liberté de circulation:
    Les Rohingyas de l’État d’Arakan ne peuvent pas circuler sans autorisation. Des conditions précises sont exigées par ordonnance pour tout déplacement à l’intérieur d’un canton, entre différents cantons et à l’extérieur de l’État. Ces restrictions, contraires aux standards internationaux entravent la liberté de travailler et limitent l’accès aux soins et à l’éducation des Rohingyas. Plusieurs documents prévoient explicitement des sanctions pénales pour les Rohingyas qui ne respecteraient pas ces restrictions. Les peines peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison.

    Depuis juin 2012, des restrictions de circulation ont également été imposées aux musulmans Kaman, l’une des minorités birmane pourtant reconnue par la constitution.

    Ces politiques qui ne ciblent que les musulmans de Birmanie, semblent avoir été mises en place pour rendre leur vie tellement insupportable, qu’ils décident de quitter le pays. Des centaines de milliers de Rohingyas ont en effet déjà fui au Bengladesh, en Thaïlande, en Malaisie ou ailleurs ces vingt dernières années, au risque de mourir en mer ou d‘être victime des réseaux de trafiquants.

    L’ensemble de ces restrictions sont encore en pratique dans l’État d’Arakan et risquent de s’accentuer. Le 31 juillet 2012, le Lieutenant Général Ko Ko, Ministre de l’Intérieur a déclaré au Parlement que les autorités étaient en train de « renforcer les régulations [à l’encontre des Rohingyas] afin de gérer les déplacements, les naissances, les décès, les migrations, les mariages, la construction de nouveaux bâtiments religieux, la propriété et les autorisations de constructions des Bengalis [Rohingyas] en renforçant la loi ».

    Pour en savoir plus :

    - Lire le Rapport de Fortify Rights (en anglais) : Lire
    - Le recensement de la population birmane doit être repoussé pour ne pas exacerber les tensions ethniques et religieuses dans le pays – Lire
    - Focus sur la situation des Rohingyas – Lire

    http://www.info-birmanie.org/deni-des-libertes-fondamentales-pratiques-abusives-et-restrictions-contre-les-rohingyas/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 5 Mar - 12:12

    Invisibles et silencieux – Etat des lieux sur les droits des enfants en Birmanie
    Publié le 12 février 2014
    Avec 55 millions d’habitants, dont près de la moitié ont moins de 25 ans, la Birmanie est un pays jeune. Avec l’esquisse de réformes politiques et l’ouverture du pays aux investissements étrangers, leur destin semble assuré grâce aux promesses de développement socio-économique. Pourtant, leur situation est loin de satisfaire aux attentes placées sur les autorités de Naypyidaw. Opportunités éducatives peu nombreuses et de mauvaise qualité, système de soins défaillant, fléaux persistants du travail et de la guerre : les enfants sont les victimes invisibles et silencieuses de la Birmanie. En cause : le lourd héritage de la dictature militaire, dont l’effacement requiert une réelle volonté politique qui aille au-delà des discours officiels.

    enfants soldatsLe Rapport « Invisibles et silencieux – État des lieux sur les droits des enfants en Birmanie » réalisé par Martin Albert pour Info Birmanie, aborde la situation des enfants de Birmanie sous différents thèmes:

    SANTÉ ET ÉDUCATION : DES DROITS INEXISTANTS

    Les nombreuses décennies de dictature militaire ont profondément grevé le développement socio-économique de la Birmanie. En 2012, la richesse par habitant plaçait le pays parmi les plus pauvres de la planète, au 155e rang mondial avec moins de 870 dollars par individu et par an. Il en résulte un sous-investissement chronique dans les infrastructures nécessaires au progrès des conditions de vie.

    Les jeunes birmans sont les premières victimes de l’absence de développement. Le système de soins défaillant et les performances du système éducatif ne sont pas meilleures.

    LE TRAVAIL DES ENFANTS, UN FLÉAU CHRONIQUE

    Le droit birman réglementant le travail des enfants est parcellaire et inadapté. Les régulations varient selon les secteurs économiques mais, dans la plupart des cas, les jeunes de treize ans et plus sont autorisés à exercer un emploi – des dispositions qui sont loin de satisfaire aux conventions mondiales adoptées en particulier par l’Organisation internationale du travail (OIT). Il importe ici de distinguer les emplois à temps-plein ou qui présentent un risque pour la santé, l’éducation ou le développement des enfants, de l’assistance qui est souvent apportée aux parents en-dehors des heures d’études. C’est bien la première catégorie qui pose de nombreux problèmes en Birmanie.

    LES ENFANTS ET LES ARMES

    Le recrutement forcé, a fortiori lorsqu’il s’agit d’enfants, fait l’objet d’interdictions multiples reconnues par Naypyidaw. La réalité est pourtant toute autre. Bien que le nombre d’enfants-soldats soit impossible à établir avec certitude, de nombreuses enquêtes menées par des associations indépendantes comme par les Nations unies attestent de ce phénomène.

    Aucun garde-fou contre la présence d’enfants dans les rangs de l’armée n’a été instauré et, malgré la signature d’accords de cessez-le-feu, une pression continue est exercée sur les officiers subalternes afin de maintenir ou d’augmenter le volume de l’armée. Plus répandu encore que l’enrôlement à la Tatmadaw (armée birmane), le recrutement des enfants au sein des « milices villageoises » présente également des risques plus insidieux.

    Pour consulter le Rapport dans son intégralité: cliquer ici

    http://www.info-birmanie.org/invisibles-et-silencieux-etat-des-lieux-sur-les-droits-des-enfants-en-birmanie/
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    Re: Birmanie

    Message par bye le Mer 5 Mar - 12:13

    Malgré les promesses du gouvernement, l’armée birmane continue d’attaquer et de torturer les populations civiles dans l’État Kachin
    Publié le 5 février 2014

    conflit kachinLe CCFD – Terre Solidaire et Info Birmanie dénoncent les attaques et l’usage de la torture à l’encontre des populations civiles, perpétrés par l’armée birmane dans l’Etat Kachin et expriment leur vive inquiétude quant à l’intensification du conflit.

    Alors que le président Thein Sein, avait promis la paix dans tout le pays et s’était engagé pendant l’été 2013 à y parvenir « dans les prochaines semaines », les combats ne font que s’intensifier, tandis que la zone de conflit s’est encore étendue au nord (district de Putao). Même en pleines négociations de paix, l’armée birmane continue d’attaquer des groupes ethniques, en ciblant notamment les populations civiles.

    Pour rappel, la guerre civile qui sévit dans cette province du nord de la Birmanie depuis juin 2011 a déjà entrainé le déplacement de 100.000 civils.

    Le 30 janvier 2014, dans le village de Nam Gau (district de Mansi), les soldats de l’armée birmane ont tiré sur les villageois qui s’enfuyaient et capturé 18 d’entre eux.

    Le 31 janvier, le village de Nam San, situé un peu plus au sud, a également été la cible de tirs d’obus de mortier et de mitrailleuse. Un soldat de l’Armée indépendante Kachin (KIA) qui était sur place pour défendre le village, a été tué. La plupart des habitants de ces villages avaient déjà fui en raison de précédentes attaques, mais ce second assaut a entraîné la fuite de l’ensemble des villageois.

    L’organisation Free Burma Rangers, sur place pour une mission médicale, a également découvert les corps de 3 personnes présentant des marques évidentes de torture. Ils auraient été tués suite aux affrontements de novembre 2013 dans le village Nam Lim Pa qui ont fait au moins 7 morts et ont forcé plus de 2000 personnes à rejoindre des camps de fortune gérés par les associations locales. D’autres témoignages récents de torture par les soldats de l’armée birmane ont également été collectés par Free Burma Rangers et des organisations locales.

    Les accords de cessez-le-feu conclus par le gouvernement de Thein Sein avec plusieurs groupes ethniques armés ont été salués par la communauté internationale comme l’un de ses plus grands succès. Et pourtant, depuis que Thein Sein est président (août 2012), plusieurs conflits se sont intensifiés : plus de 250 000 personnes ont fui leurs villages à cause des attaques et des violations des droits de l’Homme. Les exactions commises dans les États Shan et Kachin sont récurrentes : viols, tortures, exécutions, incendies criminels, pillages, travail forcé, passages à tabac, utilisation d’enfants soldats etc.

    Enfin, la répartition du budget gouvernemental en dit long sur les intentions du gouvernement alors que les dépenses militaires augmentent chaque année et constituent le premier poste de dépense de l’État.

    « Le CCFD-Terre Solidaire dénonce les exactions perpétrées à l’encontre des populations civiles. Nos 4 partenaires et alliés kachins sont chaque jour témoins des conséquences de ces graves violations. Ainsi depuis le début du conflit, l’association locale Kachin Women Association in Thailand (KWAT) a répertorié 59 cas de violences sexuelles commises par les soldats de l’armée Birmanie à l’encontre de femmes kachins », déclare Juliette Louis-Servais, chargée de mission Birmanie au CCFD-Terre Solidaire.

    « Il y a peu de progrès de la part du gouvernement pour s’engager vers un véritable cessez-le-feu. Tandis que le peuple Kachin et les autres minorités souffrent, la communauté internationale continue d’ignorer en grande partie ces terribles atteintes aux droits de l’Homme et, au contraire, récompense le gouvernement en privilégiant les intérêts économiques », indique Célestine Foucher, coordinatrice d’Info Birmanie

    Info Birmanie et le CCFD-Terre Solidaire appellent la France et l’Union Européenne, à adopter une position ferme afin de persuader le président Thein Sein, son gouvernement et l’armée birmane de mettre fin aux violences contre la population Kachin et permettre un libre accès à l’aide humanitaire dans les zones touchées.

    Contacts presse:
    Info Birmanie: Célestine Foucher, 06 62 80 61 33
    CCFD-Terre Solidaire : Karine Appy, 01 44 82 80 67 / 06 66 12 33 02

    En savoir plus :

    - Des milliers de villageois pris au piège par les combats dans l’État Kachin – Novembre 2013 – (Lire)
    - En Birmanie, le viol est toujours utilisé comme une arme de guerre – Janvier 2014 - (Lire)
    - Malgré le cessez-le-feu, les affrontements et les violations des droits de l’homme contre l’ethnie Shan continuent – Novembre 2013 – (Lire)
    - Birmanie, lettre ouverte à François Hollande, à la veille de la visite en France du Président birman Thein Sein (Lire)
    - Pour la mise en place d’une Commission d’enquête pour crimes de guerre en Birmanie (Lire)
    - Dernier rapport de la KWAT “Burmese Army atrocities against civilians in Putao, northern Kachin State” (Lire)

    http://www.info-birmanie.org/malgre-les-promesses-du-gouvernement-larmee-birmane-continue-dattaquer-et-de-torturer-les-populations-civiles-dans-letat-kachin/

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