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    L'utopie

    Message par bye

    L'utopie par son contenu novateur, révolutionnaire, rejetant les racines du vieux monde, fascine toujours autant les rêveurs éveillés. L'idéal à portée de bras, de courage, où la misère est éradiquée, la culture, l'émancipation pour tous, sont déjà mises en pratique, partiellement ou intégralement, dans des entreprises de type autogéré comme les SCOP, dans des initiatives d'entraide gratuites comme les SEL,..
    Souvent, nos rêves les plus fous, parce que généreux, très éloignés de la réalité, sont tournés en dérision par les "assis", les blasés, nous renvoyant à nos songes jugés inaccessibles.
    Cette figuration d'une société presqu'idéale semble tellement improbable, impossible à connaître de notre vivant, que nous sommes souvent figés debout dans notre rêve, dans nos étoiles, comme des "marcheurs aux semelles de plomp".Et pourtant..


    Dernière édition par bye le Sam 28 Nov - 1:28, édité 2 fois
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    Message le Sam 28 Nov - 1:15 par bye

    Et pourtant, au Pays de Galles, des mineurs avec leurs indemnités de licenciement, ont racheté la mine en fin d'exploitation, et poursuivi cette activité, sous une forme autogérée. Depuis peu, ils y ont adjoint un parc d'animation culturelle.
    http://www.fichesducinema.com/spip/article.php3?id_article=1501


    Dernière édition par bye le Sam 28 Nov - 1:23, édité 1 fois
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    Message le Sam 28 Nov - 1:16 par bye

    Et pourtant, en Amérique du Sud, beaucoup de réalisations basées sur le partage, le non-pouvoir, ont pris une place de choix dans la progression vers une humanité plus juste.
    http://wiki.france5.fr/index.php/VILLA_EL_SALVADOR_-_LES_BATISSEURS_DU_DESERT
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    Message le Sam 28 Nov - 1:58 par yunolo

    bye a écrit:L'utopie par son contenu novateur, révolutionnaire, rejetant les racines du vieux monde, fascine toujours autant les rêveurs éveillés. L'idéal à portée de bras, de courage, où la misère est éradiquée, la culture, l'émancipation pour tous, sont déjà mises en pratique, partiellement ou intégralement, dans des entreprises de type autogéré comme les SCOP, dans des initiatives d'entraide gratuites comme les SEL,..
    Souvent, nos rêves les plus fous, parce que généreux, très éloignés de la réalité, sont tournés en dérision par les "assis", les blasés, nous renvoyant à nos songes jugés inaccessibles.
    Cette figuration d'une société presqu'idéale semble tellement improbable, impossible à connaître de notre vivant, que nous sommes souvent figés debout dans notre rêve, dans nos étoiles, comme des "marcheurs aux semelles de plomp".Et pourtant..
    L'UTOPIE BYE! TOUJOURS CETTE UTOPIE!
    C'est sans doute ce qui te fait avancer! Donc, c'est bon qu'elle existe!
    Tes semelles sont gonfflées à l'Hélium! Tellement d'ailleurs! Que tu ne touches plus terre!
    Un peu dommage parfois quand tu oublies ton pays et ses habitants premiers!
    avatar

    Message le Lun 15 Fév - 15:23 par abeau

    Je suis d'accord bye, il ne peut y avoir processus révolutionnaire sans utopie comme il ne peut être d'homme sans ses rêves. Et des utopies sont issues toutes les idées politiques généreuses de notre temps (humanisme, socialisme, anarchie, même le marxisme qui se veut scientifique a sa part d'utopie dans sa démarche escatologique) mais aussi de profondes réformes sociales comme l'égalité hommes/femmes par exemples
    Mais attention bye ! la société idéale qu'ont imaginée les grands utopistes, de Platon à Proudhon en passant par Thomas More et tous les utopistes socialistes : Saint-Simon, Cabet, Fourier..., la cité idéale qu'ils imaginaient, était parfois inquiétante, parce que très structurée, hiérarchisée, l'inverse du projet libertaire dont tu rêves.
    Ainsi Utopia, la ville de Thomas More est gouvernée par une morale très exigeante. Les Phalanstères de Fourier sont ordonnés selon l'utilité, l'Icarie de Cabet est une ville à architecture géométrique où la recherche de l'égalité absolue aboutit à l'identité absolue de tous dans la recherche du bien collectif et à la négation de la liberté individuelle...
    Toute une pensée de droite a d'ailleurs utilisé l'argument du totalitarisme pour déconsidérer la pensée utopiste.
    avatar

    Message le Mar 16 Fév - 0:21 par bye

    Bien sûr, Abeau, mais ce n'est pas ce qui nous pousse, nous donne faim: j'ai déjà écrit là-dessus. L'anarchisme auquel je crois, et je ne suis pas le seul, se fonde sur un projet social où " de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins " puisse être mis en pratique, mais tout en respectant la liberté individuelle, en la développant d'ailleurs.
    En fait, il s'agit ( en dehors des contingences quotidiennes auxquelles on est tous rompus ), de faire rupture, non pas de manière gratuite ( la rupture pour la rupture ), mais de mettre en pensée, en pratique, en nos sens, une autre façon de voir, d'appréhender, de toucher, de voir, concevoir.
    Celà peut ressembler à du verbiage, mais les situations, rapports aux autres,.. sont souvent réduits à des relations communément vécues, sans effort, imagination. En dehors de moments agités, cadencés ( par le temps qui court ), nous avons des moments à récréer, rendre vivants.
    Et cette façon de déstabiliser les choses, rapports inscrits, concourt à enrichir, décupler notre intérieur, comme les axes, arc-en-ciel qui nous relient au commun matériel, notamment.
    Je veux dire que le travail sur soi-même, permet avec d'autres, prêts à la même révolution sur soi, de gripper les fonctionnements humains ( autorité, hiérarchie,pouvoir,..) "tentateurs", parce que faciles, connus.
    La révolution libertaire se fera à la mesure de ce que nous aurons fait craquer en nous, en un mouvement non-figé, mais permanent!Et j'y crois!
    avatar

    Message le Mar 16 Fév - 18:46 par bye

    Message le Mer 17 Fév - 2:55 par CHARPAL

    Bye, dans tout ce que tu as écrit sur ce thème, il ya de belles choses et j'aime ton approche "décloisonnée" où sont mêlées la littérature, notamment la poësie, la philosophie, la politique ...
    J'essaie d'en connaître un peu plus sur l'anarchie surtout celle de Proudhon, qui me paraît la plus sérieuse et la plus structurée.Bien des aspects me séduisent, d'autres me plaisent sans me convaincre, d'autres me laissent dubitatifs .
    Proudhon a compris avant Marx la problèmatique de la plus value et l'intérêt (au sens intellectuel du terme) de laisser les produits du travail... aux travailleurs. D' où le développement des mutuelles et des coopératives.Ce fut un progrès incontestable.J' adhère aussi à son aversion pour l'oppression, notamment de la religion.
    Par contre, j'ai du mal à comprendre son quasi rejet de l'intérêt général et de l' Etat. Ne pousse t-il pas trop loin son amour de la liberté ? Un individu ne doit-il pas en société accepter de respecter quelques contraintes ? Pour moi l'intérêt général existe, y compris au niveau de l'Humanité : manger à sa faim, boire une eau potable, maitriser la démographie, vivre dans un monde sans guerre, respecter la dignité des personnes, accéder à l'éducation et à la culture, bénéficier de soins médicaux corrects.
    C' est pourquoi je trouverais positif qu'un échelon universel de gouvernement , à la place de l'ONU et qui aurait comme seul idéal la réalisation de ces objectifs, soit instauré.Proudhon n'en voudrait pas, je sais et même s'y opposerait fermement... Mais il faut dire et je crois que ça compte dans sa vision des choses,que, né en 1809 et mort en 1865, il n'a eu quasiment toute sa vie sous les yeux que des gouvernements despotiques.De même que Marx n'a pas connu les adaptations ultérieures du capitalisme qui , grâce d'ailleurs aux "stimulations" de ses opposants -socialistes, anarchistes, communistes - a, longtemps après sa mort, présenté un visage moins odieux .
    D'ailleurs, dans mon utopie personnelle, j'instille une "dose d'anarchie" : le rassemblement universel des démocrates, chargé en permanence de critiquer les pouvoirs ( locaux, nationaux et universel) et de faire des propositions. D' intervenir aussi : manifestations, grêves, pétitions ...
    Un petit exemple, pour illustrer tout ça. Les baleines sont gravement menacées par les japonais qui vont toutes les éliminer si on les laisse faire.Greenpeace et je les approuve, fait ( ou plutôt essaie... avec beaucoup de mal) le boulot d'une puissance publique universelle inexistante en empêchant les massacreurs de baleines de faire leur sale besogne.
    Dans mon utopie, Greenpeace qui travaillerait avec le rassemblement universel des démocrates, signalerait le problème à l'échelon universel de gouvernement qui interviendrait avec les moyens idoines "manu militari" j'en conviens, mais efficacement. Alors que greenpeace "galère grave" c'est bien le cas de le dire.
    Tu me diras bye, que les anarchistes redoutent que ce pouvoir n'abuse de sa force. Eh bien les anarchistes auront comme depuis qu'ils existent, la tâche de veiller au grain et de dénoncer les éventuelles dérives.
    Mais sutout, l'anarchie pourra avoir en tout ou en partie le dernier mot, mais à très long terme : dans un monde plus juste où tout le monde aurait accès à l' instruction et à la culture, les hommes auront progressé moralement dans de telles proportions que les pouvoirs, sans disparaître, perdraient de l'importance. Chaque homme ayant acquis un tel niveau de maturité qu'il aurait une conscience de l'intérêt général "naturelle" dispensant les pouvoirs d'une présence pesante et constante.
    Cela peut prendre des siècles, ou bien ne jamais voir le jour hélas. L'utopie est un pari, un saut dans l'inconnu.
    avatar

    Message le Mer 17 Fév - 3:04 par abeau

    Chaque homme ayant acquis un tel niveau de maturité qu'il aurait une conscience de l'intérêt général "naturelle"
    Désolée bye, je m'insère dans une réponse qui t'était destinée mais j'ai juste une petite question pour Charpal (et pour toi si tu as une idée sur la question) : c'est quoi pour toi l'intérêt général ?
    (attention ! question piège !)

    Message le Mer 17 Fév - 3:31 par CHARPAL

    Abeau : ça n'est pas parce que je m'adresse à bye que tu n'as pas le droit d'intervenir... L'intérêt général est du "pain béni" en tant que sujet de discussion, pour un anarchiste, je dis ça sans polémique ni agressivité. Dans la philosophie anarchiste, c'est une cause d'oppression : l' intérêt général est défini par une majorité et celui qui n'est pas d'accord n'a pas à se plier au diktat de cette majorité qui,de plus, peut se planter. Exemple : l'élection de Sarkozy ...
    Pour un simple démocrate tout bête (ton serviteur) , l'intérêt général est arbitré par les élections, considérées comme le moins mauvais système pour sortir de l'inertie et de la paralysie.Il considère qu'il vaut mieux qu'une majorité décide plutôt qu'une minorité.
    Sauf que dans le monde actuel les principes démocratiques sont complètement détournés par une minorité de privilégiés qui avec son fric a tout acheté et tout perverti.On se retrouve à la case départ...
    Je dirais que l"intérêt général ne se détermine pas "in abstracto": ta question est "inrépondable" abeau ...
    C'est face à un problème au coup par coup, qu"il sera défini. Selon quels critères? Ceux qu'on aura choisi comme dirait Monsieur de La Palice. Personnellement mes critères (bye je parie, a les mêmes, mais c'est à lui de le dire...) sont les valeurs humanistes, universelles, qui mettent l'homme au centre de tout type d'organisation, avec comme clef de voûte, sacrée, la dignité de l'être humain.
    Pour moi l'intérêt général c'est ce qui concourt à assurer la dignité, inaliénable et sacrée de l'être humain.
    avatar

    Message le Mer 17 Fév - 7:39 par bye

    Chers vous 2, Charpal et Abeau, cette question, qui en recouvrent bien d'autres, est très intéressante.Je vais tenter d'y apporter quelques approches de réponse.
    Tout d'abord, l'action, la réflexion politique et sociale, s'appuient sur ce que nous ont légués nos aînés ( au titre de l'expérience, notamment: réalisations en Espagne,..) et surtout transposées, réactualisées en 2010.
    Les 2 pieds, les 2 mains dans la réalité, avec une part de rêve, d'utopie, qui concourt à traverser cette réalité, et la rendre plus juste, humaine. Tout à fait d'accord.
    Sur les principes à faire vivre, respecter, aujourd'hui ( les miens, les vôtres,..) , quelques-uns sont inaliénables, vivants et partie intégrante de la dignité ( l'ndignité pouvant être perçue comme atteinte à l'être: celui qui souffre, et celui qui commet la soufrance, ou en est témoin ).Les accès pour la réduire, l'éradiquer passent par la revendication, la lutte, la conscientisation,..
    Pour être concret, aujourd'hui, en France, dans un des pays les plus riches du monde, des millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté, sont mal logés ( ou pas logés du tout ): celà, c'est un constat basique.
    L'intérêt général peut être ( il l'est pour moi et quelques autres ), de ne pas l'admettre, d'affirmer comme droit de l'homme, celui de pouvoir manger, dormir sous un toit,..et aucune compromission, aucune compréhension d'un "contexte particulier" ne doit l'empêcher. Concrètement, là où je vis, avec des copains, nous nous sommes investis ( et nous continuons ) sur l'application, par les "pouvoirs publics" de ce droit élémentaire: le droit de se nourrir. C'est une priorité absolue ( des enfants n'ont parfois que le repas de la cantine scolaire, quand on ne leur a pas supprimé,..). Difficile d'être plus concret! Je veux dire par là, que des assos ( Secours Populaire,..) servent d'alibi, de rustine ( très généreusement, avec dévouement ), mais les fameux responsables se défaussent sur elles, de leurs plus élémentaires devoirs!

    Politiquement, le système est confié à des spécialistes, des élus, garants de l'ordre républicain, de ses valeurs,..soi-disant.
    Cette conception les arrange bien , car elle pérennise et justifie leur goût immodéré pour le pouvoir. Elle arrange bien également, la faculté que nous avons tous et toutes pour déléguer, laisser à d'autres, le soin de traiter les problèmes; il y a conjonction, rencontre entre la volonté, l'ambition de quelques-uns de dominer, d'asseoir leur désir de commander ( de trancher ), et celui de la majorité de "laisser faire", de voter pour ceux " qui sont payés pour ça", qui ont l'usage de la parole,..
    Il faut mettre en parallèle, cette domination politique avec la domination économique: il y a reproduction ( à quelques exceptions près ) de la caste politique et de la caste écomomique ( dynasties peugeot, Dassault, Wendel,..) auxquels se joignent parfois de petits nouveaux, qui s'adaptent très vite au jeu: rares sont les traîtres!
    Autrement dit, ces 2 constructions ( pour ne parler que de ces 2 pyramides ) se recouvrent, s'alimentent, ne rentrent jamais en conflit. Adhérer à un système politique, conduit à adhérer à un système économqiue, et vice-versa; on peut en déplorer les excès, les injustices, mais il y a cohérence entre ces 2 dominations.
    L'approche contestataire, révolutionnaire, que nous pouvons en avoir, c'est de proposer d'autres conceptions: à l'échelon de la commune, sans nier forcément les capacités des uns et des autres ( même des élus, sauf que leur compétence ne vaudrait que pour une voix, non prépondérante ), communiquer à l'ensemble de la population les dossiers, provoquer des érunions décisionnelles avec celle-ci sur la base de l'accès égal pour tous aux droits élémentaires notamment,..La satisfaction sociale, économique est étroitement liée à la satisfaction politique: droits égaux à la parole, à la décision entraînent droits sociaux égaux,..Et s'il faut prendre une décision, peut-être qu'une majorité devra l'emporter, mais c'est l'ensemble de la population qui décide, et ça fait une énome différence à l'arrivée; d'autre part, il existe des moyens autres: en cas d'opposition ( même minoritaire ), le projet est "gelé".
    C'est beaucoup plus astreignant, mais surtout plus riche, moteur que de s'en remettre à une poignée de "décideurs".
    Aux membres élus ( NPA, Alternatifs,..)de la commune où nous vivons, nous avons fait la propostion minimale de faire un retour public ( réunion ) des propositions,.. en un aller-retour population-élus: il nous a été répondu que c'était trop compliqué,..
    Cette approche s'alimente également aux réflexions traitant du municipalisme, c'est-à-dire intégrables dans notre système, dans un 1° temps; pour le rejeter ensuite, dans un pojet plus global, du fédéralisme libertaire ( avec subsidiarité, suivant notre conception ).
    Je n'ai pris référence à aucun des théoriciens libertaires connus, tout en m'inspirant de certains ( Gaston Leval et la révolution espagnole ), de façon à être en prise avec la société où nous sommes aujourd'hui.
    avatar

    Message le Mer 17 Fév - 14:56 par abeau

    mes salutations les plus cordiales à vous deux et un grand merci de m'avoir répondu!
    J'ai beaucoup en effet beaucoup travaillé cette notion et tout particulier la différence de la conception de l'intérêt général dans la pensée française (ou pour faire court, chez Rousseau) et dans la pensée anglo-saxonne (Hobbes, Locke) et vu comment c'est cette dernière conception qui, pour notre plus grand malheur est en train de triompher sous la pression du pouvoir capitaliste néo-libéral...
    je vous colle un article que j'avais posté, il y a un déjà un bon moment sur le sujet ...

    Notre conception française de l’intérêt général est très différente de ce qu’elle peut être dans les pays anglo-saxons où il se conçoit comme l’addition des intérêts particuliers , l’intérêt de la nation n’est que l’addition des intérêts de ses citoyens (d’ou l’acceptation dans le système de pratiques telles que le lobbying ou le communautarisme).
    En France, c’est la conception rousseauiste qui a marqué notre droit : l’intérêt général se définit de manière autonome, il est l’expression d’une vérité universelle que le bon gouvernement se doit de rechercher. Cet intérêt est supérieur aux intérêts privés. Chaque citoyen doit avoir la certitude que les règles qui le gouvernent n'ont pas été adoptées dans l'intérêt de quelques-uns – les plus riches ou les plus habiles (Discours sur l'inégalité, II, 177) –, mais dans l'intérêt de tous.
    Selon Rousseau, lorsque plus personne n'est capable de prendre au sérieux la notion même d'intérêt général, car chacun ne voit plus que son intérêt propre ou celui de sa corporation, de sa famille ou de sa religion, il n'y a plus de peuple, mais une agrégation d'individus

    Dans les pays anglo-saxons, le rôle de l’opposition sera la négociation afin de faire émerger un compromis politique
    Le compromis est chargé d'une valeur positive parce qu'il traduit l'aptitude de chacune des parties à faire le sacrifice d'une part de ses intérêts et ce pour un bénéfice mutuel. En effet, dès lors qu'on a la conscience de défendre certains intérêts particuliers (et non pas un intérêt général idéal), on peut reconnaître que les adversaires ont également des intérêts à faire valoir, tout aussi respectables. Les dirigeant auront un rôle d’arbitre dans ces négociations
    Dans notre système français où l’intérêt général est considéré comme la recherche d’une vérité supérieure, les dirigeants rechercheront donc le consensus , voire l’union nationale, ce qui est très différent du compromis car il suppose la réunion de tous autour d'une idée ou d'un principe nécessaire et idéal ou tout au moins que les intérêts particuliers acceptent de céder devant la supériorité de l'intérêt général.

    Il est facile à partir de cette différence de comprendre l’incapacité actuelle de l’opposition française à critiquer efficacement les actions du gouvernement en place.
    Sarkozy et son gouvernement ont totalement adopté la vision anglo-saxonne de l’intérêt général . Bien plus, le président ne se définit pas comme l’arbitre entre ces intérêts mais bien comme le représentant de certains intérêts particuliers : ses actes depuis son élections le démontrent tous les uns après les autres : les intérêts des « plus riches » (loi TEPA), des communautés religieuses (juives puis catholiques puis musulmanes) des patrons et de la grande distribution (loi sur « la modernisation de l’économie ») voire l’intérêt de ses relations personnelles (loi sur l’audiovisuel etc…)
    En France où toute notre classe politique est marquée par l’analyse rousseauiste, l’opposition n’a pas encore analysé cette transformation majeure des fondements de notre système politique : nous évoluons non pas dans un « programme » différent mais dans un « système » différent.
    Par défaut de cette analyse, elle ne trouve pas les mots pour dénoncer cette déviation profonde : d’où le sentiment des français que leur malaise par rapport à la pratique politique n’est pas relié par l’opposition. Il est urgent que des réflexions sereines et constructives soient menées au sein de cette opposition pour élaborer une dénonciation cohérente, non de l’homme, ni même de ses idées mais bien de cette dérive mortifère de nos valeurs nationales. Sinon, ce malaise pourrait bien prendre la forme d’une violence nationale.

    Etes-vous d'accord avec cette analyse ?

    Charpal , dans ta réponse on sent bien la définition Rousseauiste de l'intérêt général, mais aussi un peu la définition anglo-saxonne quand tu parles de discussion, de majorité... j'ai l'impression que pour toi l'intérêt général se rapproche d'un "droit de l'hommisme" ou seront accordés tous les droits qui n'empiètent pas sur les droits d'autrui...Je me trompe ?

    Bye, je suppute qu'en tant qu'anarchiste, tu ne peux aussi raisonner autrement, dans la mesure où ta croyance met en avant l'individu. C'est (mais j'aimerais bien revenir plus profondément sur ce sujet avec toi) la raison pour laquelle je ne peux adhérer totalement à cette pensée : l'individu y est vu que dans sa pleine autonomie, avec sa souveraineté de jugement, sa possibilité de développement, sa liberté de pensée, d'expression, d'association. Mais à ce "je" il manque cruellement dans l'analyse anarchiste le "nous" : les structures de cohésion sociale, les croyances, le groupe..
    Ce combat que vous menez depuis l'origine, ça y est il est définitivement gagné !!! mais pas par votre idéologie mais par la révolution néo-libérale : l'homme moderne est bien devenu individu avec toutes ses libertés, mais un individu asocial, apolitique privé de ses racines, de son sol ,de sa culture, de son histoire... Cette individualisation était nécessaire pour que la loi du marché puisse s'épanouir et tout conquérir, il fallait abattre les résistances collectives politiques, culturelle, et même familiales pour que l'ordre marchand et son acolyte, la consommation puissent enfin régner en maitres absolus... Et orphelin de ses attaches que reste-t'il à l'homme moderne comme combat ? rechercher la satisfaction de ses pulsions d'avidité et de jouissance...triste combat, car désir toujours inaccompli
    Donc-désolée de cette longue parenthèse- pour en revenir à l'intérêt général, combattant en tant qu'anarchiste tout ce qui est "valeur" supérieure, tu ne parles que "de principes" individuels (les miens, les vôtres).
    A l'inverse je crois moi en quelques principes supérieurs : la liberté comme toi, mais aussi l'égalité, la solidarité. Pour ces deux derniers ils ne peuvent pas être inscrits dans des déclarations ou des lois, ils sont à construire jour après jour car quotidiennement remis en cause par les pratiques individuelles. Ils ne peuvent à mon sens résulter que d'un processus politique très volontariste... et c'est ma conception de l'intérêt général tels que devraient le pratiquer nos politiques : veiller à ce que les intérêts particuliers ne mettent pas en cause ces grandes valeurs républicaines....
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    Message le Mer 17 Fév - 19:59 par bye

    Mais, Abeau, après t'avoir lu et relu, ce n'est pas de celà dont il s'agit.

    Tout d'abord, je n'ai pas de croyance, au sens de foi, mais plutôt un engagement, c'est bien différent.
    Bien au contraire, le collectif, l'entraide ( fameux livre de Kroptkine ), la solidarité sont des ressorts, des leviers que les anarchistes , notamment, revendiquent, défendent ( c'est le thème d'une revue anarchiste "Réfractions" du dernier trimestre 2009 ). Il me semble que tu mélanges un peu les concepts politiques, philosophiques et économiques.
    L'individu vu uniquement dans son autonomie ? Où as-tu vu celà ?
    L'approche contestataire, révolutionnaire, que nous pouvons en avoir, c'est de proposer d'autres conceptions: à l'échelon de la commune, sans nier forcément les capacités des uns et des autres ( même des élus, sauf que leur compétence ne vaudrait que pour une voix, non prépondérante ), communiquer à l'ensemble de la population les dossiers, provoquer des érunions décisionnelles avec celle-ci sur la base de l'accès égal pour tous aux droits élémentaires notamment,..La satisfaction sociale, économique est étroitement liée à la satisfaction politique: droits égaux à la parole, à la décision entraînent droits sociaux égaux,..Et s'il faut prendre une décision, peut-être qu'une majorité devra l'emporter, mais c'est l'ensemble de la population qui décide, et ça fait une énome différence à l'arrivée; d'autre part, il existe des moyens autres: en cas d'opposition ( même minoritaire ), le projet est "gelé".
    C'est beaucoup plus astreignant, mais surtout plus riche, moteur que de s'en remettre à une poignée de "décideurs".
    Pas là, quand même!
    Pour être concret, aujourd'hui, en France, dans un des pays les plus riches du monde, des millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté, sont mal logés ( ou pas logés du tout ): celà, c'est un constat basique.
    L'intérêt général peut être ( il l'est pour moi et quelques autres ), de ne pas l'admettre, d'affirmer comme droit de l'homme, celui de pouvoir manger, dormir sous un toit,..et aucune compromission, aucune compréhension d'un "contexte particulier" ne doit l'empêcher. Concrètement, là où je vis, avec des copains, nous nous sommes investis ( et nous continuons ) sur l'application, par les "pouvoirs publics" de ce droit élémentaire: le droit de se nourrir. C'est une priorité absolue ( des enfants n'ont parfois que le repas de la cantine scolaire, quand on ne leur a pas supprimé,..). Difficile d'être plus concret! Je veux dire par là, que des assos ( Secours Populaire,..) servent d'alibi, de rustine ( très généreusement, avec dévouement ), mais les fameux responsables se défaussent sur elles, de leurs plus élémentaires devoirs!
    Là non plus, sans doute!



    Lorsque je mets en avant l'intégrité de l'individu, c'est surtout pour le défendre, l"armer" contre le pouvoir ( de la démocratie, par exemple ).Ce n'est pas pour exacerber un quelconque égo, un égoïsme, une individualisation sociale, ou autre,..A une force qui entend défendre l'individu contre une volonté du dehors, ou du dessus, tu confonds ce concept avec celui de l'homme déraciné, asocial,..celà n'a absolument rien à voir.
    Justement, toutes les décisions sont communes, contrairement à celles de l'intérêt général, prises par ( et pour )quelques-uns. La notion de groupe ? C'est un comble!
    Le mouvement anarchiste est organisé en groupes ( la Fédération Anarchiste, notamment, comprend plus de 55 groupes et liaisons ) qui fonctionnent sur la base de décisions prises en commun, de l'unaninisme ( où personne n'est minoré, c'est vrai, mais c'est justement la vérification de l'expression commune, et non pas le contraire ).
    Je crois aussi à l'égalité ( la vraie ) et c'est le combat des anarchistes, de tous temps: égalité économique et sociale. Et à la solidarité effective envers les sans-pap', les sans-droits,..
    Ce combat que nous menons depuis l'origine, il n'est pas gagné, ni sur le fond, ni sur la forme. Tu fais erreur, Abeau.Me suis-je mal exprimé à ce point ? Les liens que tu pointes : syndicats,..tu devrais savoir que que ce sont les anarchistes qui sont à l'origine de leur création ( et qui y militent toujours ), notamment.
    Valeur supérieure, de quoi parles-tu ? De la libre association, du mutuellisme de Fourier et quelques-autres ? Ou des "valeurs" républicaines de la hiérarchie, de la réussite, de l'élite républicaine, de l'expression du peuple bafouée par une poignée de despotes ?
    La solidarité n'a jamais été portée et appliquée que par les militants anarcho-syndicalites, communistes,..et incantée par les parlementaires de gauche et de droite, tout en sabrant tous les acquis conquis par loes révolutionnaires ( tu connais l'histoire de Jules Durand au Havre ? ).
    "La liberté comme base, légalité comme moyen, la fraternité comme but". Voilà l'déal anarchiste.
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    Message le Mer 17 Fév - 21:15 par abeau

    Désolée bye si je t'ai fait un procès d'intention !
    Il est vrai que lorsque je t'ai écrit cette réponse, j'avais présents à l'esprit plus les échanges que j'avais eus antérieurement avec des anarchistes que ta pensée propre que je connais encore mal.
    Ceux-ci étaient situationniste (je crois mais je n'en jurerais pas) mais en tout cas libertaires absolus et plus déconstructionnistes qu'organisateurs
    Et donc l'idée que tous les anarchistes étaient de farouches défenseurs de l'autonomie et donc ennemis jurés de tout système d'organisation collectif....
    J'avoue aussi que je suis un peu perdue dans toutes ces mouvances de la pensée anarchiste !
    désolée de ce jugement hâtif : plus tard dans la soirée, je relirai ta réponse pour bien comprendre ce que tu voulais dire et y répondrai de façon plus adéquate
    Bien cordialement

    Message le Jeu 18 Fév - 2:46 par CHARPAL

    Je suis un peu déçu, non pas dans mon "ego" mais pour l'intérêt du débat, qu'on n' ait retenu que deux mots ("intérêt général") de mon intervention, tout le reste étant passé à la trappe ...Même si tout ce qui a été dit sur l'intérêt général est très intéressant, je partais du texte de départ de bye sur l'utopie et sachant que son idéal est un idéal anarchiste, et qu'il y a dans ma vision personnelle des choses (je n'ose pas dire du monde, pour ne pas paraître mégalo ...) une part d' utopie, je souhaitais explorer ce qui pouvait paraître compatible, complémentaire ou incompatible entre nos deux approches.
    Au vu des précisions de bye, je comprends l'importance de tout ce qui peut être fait sur le terrain, localement , au niveau notamment communal (la Commune de Paris est un grand moment qui m'émeut sincèrement, fait d'utopie et de désespoir).Le problème pour moi étant que la voie choisie, très exigeante, globale, est lente. On laboure "profond" les possibilités de l'être humain, mais on avance pas à pas.
    C' est pourquoi on est en présence d'une utopie qui paraît ne pouvoir tranformer la société que lentement tout en obtenant chemin faisant des succès non négligeables ( mutuelles, coopératives, syndicalisme, luttes pour les libertés ...).
    Or , personnellement, je suis révolté quand j'ouvre les yeux sur la situation actuelle de l'Humanité toute entière où on ne voit que misère, aliénations, injustices, atteintes épouvantables à la dignité de l'être humain. Il me paraît donc possible et même nécessaire, voire urgent de mettre en place des mesures "macro politiques" et "macro économiques". Je rêve, par exemple, mais peut-être suis je complètement "givré", d'une grêve générale universelle pour anéantir la sauvagerie économique néo libérale.
    Ma question : des mesures "macro" qui contribueraient à améliorer la situation matérielle et morale de l' Humanité sont elles complémentaires avec les mesures "micro" ( le terme n' est pas péjoratif ) des anarchistes ou les deux démarches ont-elles vocation à continuer à s'ignorer ?


    Dernière édition par CHARPAL le Jeu 18 Fév - 16:52, édité 1 fois
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    Message le Jeu 18 Fév - 3:03 par abeau

    excuses charpal, c'est ma faute si le débat a déraillé....
    je n'interviens plus, promis ! (mais n'empêche que l'intérêt général est un notion fondamentale... na !)
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    Message le Jeu 18 Fév - 4:40 par bye

    Les 2 démarches( a minima ) n'ont pas vocation à s'ignorer, Charpal.
    D'ailleurs, une des voies sociales fortement réclamées, est la grève générale, ne serait-ce qu'à l'échelon d'un pays: et même dans ce cas, c'est ô combien compliqué.Non pas que ce cri soit illégitime, mais que le levier principal qui pourrait arriver à cette fin, est dans la main d'organisations syndicales, peu convaincues de cette nécessité.
    Nous repartons pour des grève d'1 journée,( 24 mars), comme l'an passé. Et ce n'est pas faute de répéter que ces journées traînes-savates ne servent pas à grand chose. Celà permet de lâcher de la fumée, et de reprendre le train-train du travail le lendemain.
    Des structures plus amples ( CES) "s'activent", avec des moyens et effectifs bien différents. la CES ( confédération européenne des syndicats ) regroupe des millions d'adhérents, via les organisations syndicales adhérentes à la CES, et n'a trouvé jusqu'alors qu'1 journée par an: la journée de mobilisation pour un travail décent de début octobre.
    D'autres comme l'IFA ( Internationale des Fédérations Anarchistes ) essaient de fédérer des luttes, mais disposent de peu de moyens ,de militants.
    Inutile de te dire que si l'IFA possédait le potentiel de la CES, elle en ferait tout autre chose..
    Donc, pour revenir à ta question, je ne vois pas d'incompatibilité sur le fonds: sauf que sur la forme, et ce n'est pas mince, un gouvernement universel ne me semble pas être le bon échelon, la bonne structure.
    Un petit mot sur l'organisation: pour avancer un schéma politique, économique, l'organisation est nécessaire. La part de manipulation consiste à faire croire, boire, que l'Etat notamment, ou le gouvernement ( un peu différent dans sa conception mais nourrissant l'Etat ) sont des formes d'organisation incontournables . L'Etat, d'après moi, est, même dans une forme politique néo-libérale, oppresseur. Il met en avant ses fonctions de redistributeur ( de moins en moins, d'ailleurs ), mais masque sa fonction essentielle, de faire régner l'ordre, l'exploitation, le droit de propriété économique : par exemple, lors d'occupations d'usines, ou d'interventions sur le réseau électrique, l'Etat apparaît ( gendarmes mobiles ) et défend le propriétaire.
    C'est sa manière visible: son autre aspect, moins visible, mais ô combien perceptible, est de veiller au maintien des couches ( classes ) sociales, et interdire l'émancipation économique, mais pas seulement, d'une classe par rapport à une autre.
    Par exemple, si de fortes augmentations de bas salaire venaient à poindre ( réduisant un peu l'écart avec la couche située au-dessus ), assez rapidement, des demandes viendraient à surgir, non pas sur un principe d'égalité, d'équité, mais pour maintenir l'écart ( et l'Etat obéirait à cette injonction, par la voix du gouvernement,..). C'est le principe de distinction, d'identification des classes( que l'on retrouve sur un plan culturel, dixit Baudrillard et Bourdieu, notamment ).
    Tout celà pour dire que l'organisation est utile, nécessaire, mais que sous ce vocable, les décideurs font avaler bien autre chose.

    Message le Jeu 18 Fév - 13:39 par CHARPAL

    Bye,
    Merci pour ces éclaircissements. Je constate qu'au delà de divergences bien naturelles dans un monde aussi complexe et pétri de contradictions, nos approches sont "philo-compatibles", dans le respect des choix fondamentaux de chacun.
    Reste et je suis bien d'accord avec toi, que la mobilisation de gens qui y auraient pourtant tout intérêt n'est pas facile. Ce qui n'est pas une raison pour ne plus persévérer.
    Abeau : ces précisions étant apportées, tu as tout loisir, cela va de soi, de t'exprimer en toute liberté ...

    Message le Sam 6 Mar - 19:59 par CHARPAL

    Je ressens tout à coup, un "besoin d'utopie" ... Je viens de lire dans le Monde Diplomatique de ce mois (excellent et très intéressant d'ailleurs), un article sur le Paraguay. Ce pauvre pays a été pendant des décennies humilié et martyrisé de façon qui dépasse l'imaginable. Un ignoble dictateur,une infâme ordure, n' ayant rien à envier aux pires crapules nazies de la SS ou de la Gestapo, Stroessner, choyé et protégé par les Etats-Unis ( dont j'ai toujours dit que c'était qualitativement une démocratie "minuscule") a torturé et assassiné des dizaines de milliers d' opposants dans des conditions si atroces que je n'ai même pas envie d'en parler ... Ce qui ne l'a pas empêché de mourir dans son lit au Brésil.
    Le pire c'est que le responsable du gouvernement actuel, un démocrate honnête et progressiste, à la tête d'une coalition hétéroclite, est de plus en plus menacé par tous les anciens partisans de Stroessner, car le "ménage" n' a pas été fait. En tête, le petit fils de l'ancien dictateur ...
    Alors devant une telle absurdité, je me réfugie dans le rêve d 'un monde où de telles horreurs seraient impossibles, où les êtres humains s' entraideraient sans frontières, seraient solidaires pour empêcher l'émergeance des dictatures et où si, par extraordinaire, des tortionnaires réussissaient quand même à perpétrer leurs crimes, ils seraient vite mis hors d'état de nuire et forcés de rendre des comptes à l'Humanité toute entière, car s' en prendre de façon aussi horrible à des innocents sans défense, c'est attenter à la dignité de tous les êtres humains.
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    Message le Sam 6 Mar - 22:15 par bye

    Tout à fait d'accord, Charpal. J'ai lu cet article et nul doute que le président actuel, Fernando Lugo, a face à lui une collision haineuse, qui n'admettra aucune des réformes, agraire notamment, pourtant tant souhaitées et attendues par le peuple paragayen.
    Je pense que le combat, la lutte pour plus de dignité, sera toujours d'actualité, toujours à mettre en chantier.Même dans une société évoluée, il restera toujours une marge de dépassement, de grandeur de l'être, là où il fait reculer les limites, les barrières. Bien sûr, il me faut relativiser cette afirmation, surtout lorsque je la mets en perspective face à des horreurs comme cette terrible dictature de Strossner, mais je crois que l'homme social n'est pas "tranquille"; il se bat, avance!
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    Message le Lun 15 Mar - 14:42 par bye

    UTOPIONS ENSEMBLE !

    Le monde et son système capitaliste nous ennuie ! Pire, il nous
    contraint à vivre dans des conditions de plus en plus difficiles.
    Le chômage, la précarité, la misère... renforcent l'insécurité sociale
    inhérente au capitalisme. De plus en plus de gens sont ainsi contraints
    de vivre au jour le jour. Les lendemains ne chantent vraiment pas !
    Pire, nous sommes de plus en plus dépossédés de notre vie. Les
    contraintes du salariat, du conditionnement médiatique et publicitaire
    sont les seuls horizons que nous impose le capitalisme. La liberté est
    réduite à celle de consommer et d'organiser notre vie en fonction des
    besoins du capital. Ainsi, nous sommes « libres » de pouvoir choisir ce
    que les capitalistes nous proposent dans les rayons des supermarchés
    afin qu'ils augmentent leurs profits. L'exploitation dépasse la sphère
    du travail salarié. Il faut que nous soyons « employables » : chaque
    individu devient une entreprise la plus performante possible pour qu'il
    puisse trouver acquéreur de sa force de travail. Nos relations, notre
    subjectivité, nos désirs sont marchandisés pour « valoriser notre
    capital humain » et ainsi être le plus compétitif possible sur le marché
    du travail.

    Nous en avons assez d'être exploités, marchandisés. Nous ne sommes pas
    des « variables d'ajustement » à partir desquelles les capitalistes
    renforcent l'exploitation !

    Comment peut-on accepter d'être sans papiers, précaires, chômeurs, SDF,
    mal logés, salariés, retraités... Il y en a assez de ces catégories
    définies et construites par l'Etat ! Nous sommes des êtres humains
    composant la classe des exploités et des dominés.

    Le collectif SOIF D'UTOPIES agit pour construire des convergences
    concrètes de luttes. Notre but est de favoriser la conscience et la
    lutte de classe des dominés et des exploités. Nous essayons donc de
    créer des transversalités entre différents groupes sociaux. Ainsi, nous
    luttons pour la régularisation de tous les sans papiers, l'accueil digne
    des demandeurs d'asile, des logements pour tous, l'égalité des droits...
    Bien souvent, ces luttes sont dissociées, restant dans leurs champs
    spécifiques. La régularisation des sans papiers passe inévitablement par
    l'ouverture des frontières, la fermeture et la disparition des camps de
    rétention... Remettre en cause l'existence des frontières contribue à la
    lutte contre le nationalisme qui a été cause de tant de guerres avec
    leurs ravages et leurs morts. C'est construire des solidarités
    transnationales porteuses d'internationalisme. Pour l'instant les camps
    de rétention n'enferment que des personnes d'origine étrangère. Mais
    qu'en sera-t-il demain ? On sait toujours où commence un outil de
    répression, on ne sait jamais où il se termine ! L'histoire des camps de
    Vichy est là pour nous le rappeler !

    « Des logements pour tous » est une revendication concrète, remettant en
    cause la propriété privée qui concentre l'ensemble des moyens servant à
    exploiter autrui, par exemple en faisant payer des loyers ou en détenant
    des moyens de production pour imposer le travail salarié. On ne peut
    vivre sans un toit quelle que soit sa nationalité. De même un accueil
    digne et décent pour les demandeurs d'asile, par exemple, s'inscrit dans
    la lutte de classe portant sur un partage égalitaire des richesses,
    comme toutes les initiatives pour l'obtention de la gratuité de tous les
    services publics et un revenu décent.

    Le collectif SOIF D'UTOPIES a donc pour objectif de participer à ces
    luttes, en contribuant à la construction d'une conscience de classe.
    Nous sommes révolutionnaires dans la mesure où nous voulons contribuer à
    la mise en place d'utopies concrètes afin que les rapports sociaux et la
    multidimentionnalité qui les sous-tend soient au centre des relations
    humaines et non plus la recherche sans fin de profits pour les seuls
    intérêts des capitalistes. Nous sommes anarchistes car l'Etat agit
    uniquement pour préserver la société capitaliste et selon les intérêts
    de classe de la bourgeoisie : maintenir son hégémonie. Comme il n y a
    jamais eu et il n'y aura jamais d'Etat émancipateur, il n'y aura jamais
    de capitalisme à visage humain, à moins d'admettre que l'exploitation,
    la domination, la misère et la barbarie puissent devenir un jour humaines !

    Nous nous insurgeons contre ce monde qui nous arrache, jour après jour,
    à nos relations humaines, à leur chaleur et à leur densité, pour nous
    pulvériser en miettes dans l'univers de tous contre tous. Et ce monde de
    chaleur, d'enthousiasme et de solidarité, il n'est pas pour après le
    grand soir. C'est celui de la lutte, dès maintenant.

    LIBERTE, SOLIDARITE, EGALITE SOCIALE

    Ces valeurs sont au fondement de nos utopies afin de participer à la
    construction d'une nouvelle société où la domination, l'exploitation,
    le productivisme auront été éradiqués.
    Nous luttons pour une société dans laquelle les personnes, inscrites au
    sein de groupes sociaux (usines, quartiers, facs, lycées...), prendront
    leurs affaires en main et décideront de leur présent et de leur avenir.

    Tours, le 10/03/10
    COLLECTIF SOIF D'UTOPIES
    soifdutopies@yahoo.fr

    Message le Mer 12 Mai - 18:08 par CHARPAL

    A signaler dans Le Monde Diplomatique de ce mois, deux pages intéressantes ( pages 14 & 15 ) sur Noam CHOMSKY , citoyen américain, mais militant anti impérialiste et anti néo libéral. Il sera à Paris du 28 au 31 mai.
    Bien que n'étant pas un anarchiste de stricte obédience, mais curieux de certaines perspectives ouvertes par ce courant de pensée, et admiratif de PROUD'HON et de Francisco FERRER , j' apprécie cette citation de CHOMSKY , reprise par le DIPLO : " L' anarchisme, du moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaine qui cherche à identifier les structures d' autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu' elles en sont incapables ( ce qui arrive fréquemment ), à tenter de les dépasser ".
    Voilà qui me plait bien ! Face aux phénomènes de domination, écrasant actuellement du fait de la sauvagerie néo libérale totalitaire, une certaine culture de l'insoumission s'impose.
    " Ni Dieu, ni maîtres " ! Ca aussi ça me plait bien !
    avatar

    Message le Mer 12 Mai - 19:25 par bye

    très juste, Charpal, j'ai lu avec intérêt également cet article.Dans la même veine
    " si l'ordre social actuel est le seul qui soit compatible avec la nature humaine, alors comment expliquons-nous qu'il n'ait pas existé pendant la quasi-totalité de l'histoire de l'humanité, et n'ait été imposé que très récemment en Angleterre et ailleurs, et encore par la contrainte et la force ?
    Je pense que dse gens raisonnables peuvent s'entendre sur le fait que l'inégalité des capacités à résoudre des problèmes de mathématiques, ou à écraser la tête d'autrui d'un seul coup, ne mène à aucune conclusion précise quant à la manière dont il faudrait organiser la société..Il n'y a rien dans l'histoire, dans al science ou dans la logique qui suggère que els formes particulières d'organisation sociale à un moment ou à un autre de l'histoire soient le reflet de la nature humaine fondamentale - une telle croyance pourrait s'appliquer aux insectes, mais elle est certainement complètement dépourvue de sens en ce qui concerne les êtres humains".
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    Message le Lun 26 Juil - 12:25 par bye

    Besoin d’utopie
    http://www.monde-diplomatique.fr/mav/112/VIDAL/19513
    Stupéfiant paradoxe ! Le néolibéralisme étale tous les jours sa faillite : la suraccumulation des richesses s’accompagne d’un nombre croissant de pauvres et de chômeurs ; la spéculation provoque la crise la plus grave depuis 1929 ; la logique du profit menace jusqu’à la survie de l’espèce. Et pourtant le système tient bon.

    Cette contradiction s’explique — après les années Thatcher, Reagan et… Mitterrand — par l’événement qui, voici plus de vingt ans, bouleversa le cours de l’histoire : la chute du mur de Berlin. La victoire de l’Occident dans la guerre froide précipita la fin du camp socialiste, dont l’Union soviétique, forte de son rôle dans l’écrasement du nazisme, avait considérablement étendu l’empire. Mais elle porta aussi un coup sévère, peut-être mortel, à l’idéal communiste, perverti par des apparatchiks qui affectaient de s’en réclamer.

    Certains espéraient que la disparition du communisme soviétique lèverait une hypothèque. Depuis 1917, tout projet socialiste se voyait opposer le « socialisme réel ». Et l’horizon de l’URSS bornait l’élaboration d’une alternative radicale. On pouvait donc estimer que la chute de la « maison communiste » permettrait de repenser le socialisme dans la liberté. Que, loin d’annoncer la fin de l’histoire et la marginalisation de tout souffle révolutionnaire, elle libérerait au contraire pleinement l’utopie.

    Force est de reconnaître que, jusqu’ici, il n’en a pas été ainsi. Dans le Sud, les luttes pour la souveraineté politique et économique ont perdu le point d’appui que le camp socialiste représentait. Dans le Nord, les luttes sociales ne peuvent plus exploiter la pression que sa concurrence exerçait sur les pouvoirs occidentaux. Et surtout, partout, les peuples semblent orphelins d’un idéal.

    Or les deux décennies écoulées depuis l’ont démontré : sans l’horizon d’un idéal, les combats sociaux manquent d’âme. Ils se déroulent le plus souvent sur la défensive, avec pour objectif de défendre des acquis menacés. Car le grand capital et les hommes qui le servent profitent de la crise dont ils portent la responsabilité pour tenter de démanteler les conquêtes sociales accumulées au fil du XXe siècle.

    L’académicien Jean-Denis Bredin l’avait pressenti, quatre mois avant que le drapeau rouge ne disparaisse des tours du Kremlin : « Est-il possible d’avancer que le socialisme n’eût peut-être été, chez nous, qu’un radicalisme autrement dénommé, s’il n’y avait eu le communisme (...) qui l’empêchait de dériver trop vite, ou trop fort ? Est-il permis d’avancer que, tantôt dérangeant, tantôt épaulant le reste de la gauche, le communisme français, étrange gardien d’un catéchisme universel, porteur d’une terrible légitimité, a aidé le socialisme français à tenir son cap, que sans lui le Front populaire n’eût pas été un front populaire, que l’union de la gauche n’eût sans doute été qu’une union des centres, ou un rêve, et que beaucoup de lois sociales seraient encore attendues ? Est-il possible d’avancer que tous ces entêtés, ces sectaires, ces grévistes infatigables, ces envahisseurs de nos usines et de nos rues qui fichaient le désordre, ces obstinés qui ne cessaient de réclamer des réformes en rêvant de la révolution, ces marxistes, à contre-courant de l’histoire, qui empêchèrent le capitalisme de bien dormir, nous leur devons beaucoup (1) ? »

    Vingt ans plus tard, le mouvement social pâtit de l’absence d’alternative. M. Benyamin Netanyahou se serait-il lancé dans sa fuite en avant guerrière si un pôle à la fois social et pacifiste proposait un autre choix aux Israéliens ? La guerre de Tchétchénie aurait-elle duré aussi longtemps si M. Vladimir Poutine avait dû faire face à un rival populaire incarnant un autre choix pour la Russie ? Et M. Nicolas Sarkozy aurait-il été élu président si son challenger avait été porteur d’un autre choix pour la France ? Enfin, si une perspective de changement se dessinait, ceux qui nous gouvernent parviendraient-ils, sans rencontrer de résistance majeure, à serrer la ceinture de peuples entiers, à la grecque, après avoir distribué tant de milliards d’euros aux banques ? Sans oublier les retraites retardées, le travail du dimanche, les services publics privatisés, la santé et l’enseignement supérieur payants…

    En quoi se caractérise cette mortifère « crise d’alternative » ? Elle résulte bien sûr de la faiblesse des forces du changement, de la pauvreté de leurs propositions, de la tiédeur de leur programme. Mais elle naît avant tout de leur incapacité à incarner une utopie. Au singulier : car si les « grandes utopies » (économiques, sociales, politiques, culturelles, environnementales) se nourrissent des petites, celles-ci peuvent aussi les occulter.

    Oui, c’est d’abord d’une utopie que le monde a besoin. Le grand auteur uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait on ne peut mieux (2) : « Elle est à l’horizon, dit Fernando Birri. Je me rapproche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. Je chemine de dix pas et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. »
    Dominique Vidal.

    Capitalisme, Communisme, Économie, Idées, Politique, Socialisme, Marxisme, Néolibéralisme

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    (1) Jean-Denis Bredin, « Est-il permis ? », Le Monde, 31 août 1991, cité par Serge Halimi, Le Grand Bond en arrière, Fayard, Paris, 2004.

    (2) Eduardo Galeano, Las Palabras andantes, Siglo XXI, Madrid, 1993.
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    Message le Dim 13 Mar - 9:13 par bye

    Adieu Christiania

    La ville libre de Christiania, près de Copenhague, a perdu son statut. Après quarante ans, la dernière enclave hippie d’Europe est en train de se plier aux lois du marché, écrit la Gazeta Wyborcza. Jacek Pawlicki

    Fondée en 1971 par un groupe de hippies qui squattaient une base navale désaffectée de Copenhague, Christiania est devenue un phénomène mondial. Pour les experts, c’est une légende de la culture alternative, l’enclave la plus célèbre d’Europe et la dernière en activité. Après la Petite Sirène et le parc d’attractions de Tivoli, c’est aussi le troisième lieu le plus visité de la capitale danoise. Un million de touristes s’y rendent chaque année pour déambuler entre les baraquements ornés de fresques psychédéliques et se procurer illégalement du cannabis dans Pusher Street.

    Christiania, qui s’est autoproclamée ville libre, possède son propre hymne (I kan ikke slå os ihjel, qui signifie "vous ne pouvez pas nous tuer", une chanson engagée du groupe de rock Bifrost), son drapeau (trois ronds jaunes sur fond rouge), sa propre monnaie et ses propres règles et usages. Il est interdit d’y venir en voiture (les résidents garent leur véhicule à l’extérieur), d’y courir (si vous courez, vous êtes pris pour un voleur), d’y prendre des photographies et d’y porter des gilets pare-balles.

    Récemment, après quarante années d’existence, dont vingt-deux ans d’indépendance reconnue par la loi, Christiania a perdu son statut de ville libre. Le 18 février, la Cour suprême du Danemark a rejeté un appel des habitants de l’enclave contre un jugement de 2009 qui rendait à l’État le contrôle de l’ancienne base navale de 35 hectares. C’est donc une longue bataille juridique sur un statut obtenu en 1989 par les hippies et les squatteurs qui trouve son terme.

    Les autorités veulent laisser le champ libre aux promoteurs

    La lutte a commencé en 2004 lorsque le gouvernement conservateur de centre-droit d’Anders Fogh Rasmussen (aujourd’hui chef de l’OTAN) a révoqué une décision prise quinze années plus tôt par le gouvernement de gauche cédant le contrôle du territoire à ses habitants. En 2006, les avocats de Christiania ont fait appel de cette révocation, arguant qu’elle violait la Convention européenne des Droits de l’Homme. Mais la justice danoise a jugé qu’il n’y avait pas violation et que Christiania appartenait à l’État danois (plus précisément au ministère de la défense). Et que c’était de ce fait à l’État de statuer sur son avenir.

    "La procédure juridique est terminée. Désormais, il est temps de penser à l’avenir", confie Thomas Ertmann, porte-parole de la communauté. Il reconnaît que les avocats représentant les 850 habitants de l’enclave – des hippies, des artistes et toutes sortes de marginaux – vont désormais devoir s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement.

    "Nous avions besoin de ce jugement pour régler une fois pour toutes la question de savoir à qui appartient Christiania", commente Nils Vest, un réalisateur qui vit à Christiania depuis vingt ans et y dirige un studio de cinéma. "Une chose est sûre, Christiania survivra. Nous voulons rester dans les limites de la légalité, mais à nos conditions. Les conditions proposées jusque-là par le gouvernement sont inacceptables pour nous parce qu’elles déboucheraient certainement sur le démantèlement de Christiania".

    Pour Nils Vest, l’administration en place a tout fait pour que Christiania tombe en ruines pour ensuite, sous prétexte de rétablir l’ordre et la prospérité, remettre la main sur les précieux hectares. Ce jugement va permettre aux pouvoirs publics d’inviter les promoteurs immobiliers à tirer partie des possibilités du quartier en matière d’investissements. Mais d’abord, ils devront trouver un accord avec les habitants parce qu’une expulsion par la force est inenvisageable pour des raisons tant politiques que sociales.

    La métropole alternative de l’Europe

    Le projet du gouvernement prévoit un retour à la normale : raser les cabanes et les maisons construites illégalement, supprimer le commerce des drogues douces (les drogues dures sont bannies par les résidents eux-mêmes) et se débarrasser progressivement des squatteurs. Le problème est que, d’après les spécialistes, cela signerait la fin d’une expérience de société à l’échelle mondiale. Depuis des années, viennent ici des gens qui ne parviennent pas à trouver leur place dans la société et souhaitent renoncer aux acquis de la civilisation moderne au nom de leur utopie.

    "Nous somme la métropole alternative de l’Europe. La plus grande expérience de ce type", se flatte Nils Vest. "Quand vous avez la possibilité de vous gouverner vous-mêmes, vous prenez davantage soin de votre environnement", affirme-t-il. En dépit du jugement défavorable rendu par la justice danoise, Nils Vest est optimiste. Il pense que la coalition au pouvoir va perdre les prochaines élections et que les sociaux-démocrates, plus conciliants et plus favorables aux préceptes de la communauté de Christiania, vont leur succéder. Au cours des mois à venir, les habitants de l’enclave vont lever des fonds et souscrire des emprunts auprès des banques pour acheter le plus de propriétés "squattées" possible.

    "La grande question maintenant est de savoir comment Christiania va être gérée. Nous voulons avoir notre mot à dire sur son devenir, le type de gens qui vont venir habiter là. Il est hors de question que nous laissions des gens extérieurs à la communauté se livrer à la spéculation immobilière", martèle Nils Vest.

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