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    le management

    Message par bye le Sam 26 Déc - 19:30

    http://www.lavie.fr/l-hebdo/le-grand-temoin/article/0801-michela-marzano/retour/11/hash/e6f0e332f5.html

    Un livre: « Extension du domaine de la manipulation »

    « Il y eut le temps des Églises, puis celui des Nations. Nous entrons désormais dans celui des Entreprises… »
    Michela Marzano :

    Résistons aux mensonges du management
    C’est un livre à double détente. Dans la première partie d’ Extension du domaine de la manipulation,Michela Marzano se plonge dans la littérature du management contemporain.La philosophe y révèle comment les entreprises imposent à leurs salariés des injonctions contradictoires, exigeant d’eux qu’ils soient à la fois autonomes et conformes, engagés et flexibles, performants et épanouis. Mais quand les tensions s’accumulent et que l’armure commence à craquer, la dépression, voire le suicide, ne sont pas loin. La seconde partie de l’ouvrage évoque l’extension de cette manipulation au domaine de la vie privée : ici, les coachs, prenant le relais des managers, dispensent des recettes pour apprendre à mieux « gérer » son stress, sa vie amoureuse, ses relations familiales, ses émotions. Ce qui fait le lien entre les deux ? La place centrale qu’a prise le travail dans nos vies. Pour Michela Marzano, ces deux évolutions, conjuguées, fabriquent une « cage dorée », dans laquelle chacun, tout en se croyant libre, ne fait que donner son consentement à ce qu’on attend de lui.
    À ses fortes convictions, l’auteur ajoute la rigueur de l’enquête et de la réflexion philosophique. Face au « renversement des valeurs », elle appelle chacun d’entre nous à mieux exercer son esprit critique. Salutaire.
    Extraits :


    À l’époque du puritanisme triomphant, les gardiens de la morale et de la religion faisaient du travail le moyen pour obtenir le Salut. Mais la sphère de l’intime, du religieux primait, bien entendu, celle de l’activité. Ensuite, avec la révolution industrielle, le travail est devenu
    un instrument par lequel jouir des produits de consommation. Mais il n’était encore qu’un moyen. Aujourd’hui, il est devenu une fin. Le travail – chose encore inouïe jusqu’à une dizaine d’années – se présente comme le but de la réalisation de soi, au plus intime de son être. La valorisation du travail entre à l’intérieur de la valorisation de l’individu et de sa quête du bonheur. La preuve en est que le leader d’aujourd’hui est tout d’abord celui qui réussit dans son travail. La réussite dans la vie en est la conséquence directe. (…)

    Entendons-nous bien. (…) On le sait bien au moins depuis Freud : travailler et aimer sont les objectifs de civilisation les plus importants auxquels la psychanalyse apporte son concours. C’est pourquoi son absence (chômage, emplois précaires) peut être vécue comme un échec. Mais c’est une chose de dire que, par le travail et sa reconnaissance sociale, on contribue au maintien, voire même à l’accroissement, de son identité personnelle ; c’en est une autre de transformer le travail en un objet investi de « qualités magiques », comme s’il s’agissait de ce qui, seul, pouvait donner du « sens » à la vie. L’individu devient alors esclave de son activité et aucun autre espace de liberté ne lui est plus accessible – est-ce un hasard si on commence aujourd’hui à parler d’une nouvelle forme de pathologie, l’addiction au travail ? (…) Cette idéologie nouvelle, qui s’appuie sur la rhétorique « managériale », renverse l’ordre des valeurs et consacre l’entreprise, pourvoyeuse de travail, au rang d’« institution totale » capable de redonner du sens à notre société. En témoigne ce lieu commun répandu dans les écoles de commerce des années 1990 : « Il y eut le temps des Églises, puis celui des Nations. Nous entrons désormais dans celui des Entreprises… » (…)

    La sophistique managériale

    Le discours de la plupart des gourous du management est manipulateur, car il est à la fois séduisant et mensonger. Il est mensonger à plusieurs titres. Tout d’abord, il se construit systématiquement sur des injonctions inconciliables (phénomène de double bind), ce qui veut dire qu’il demande aux individus une chose et son contraire. (…) Prenons un exemple. Dans le cas du discours sur l’autonomie au travail, l’entreprise propose, voire exige de ses salariés, de plus en plus d’autonomie, mais en même temps elle leur fixe des objectifs et des calendriers qui ne sont pas discutables ; les salariés sont dits « autonomes » dans la mesure où ils organisent leur travail comme ils le veulent pour parvenir aux résultats attendus. Mais l’autonomie dont on parle n’est alors qu’un faux-semblant. Les seules marges de liberté que l’entreprise laisse à ses salariés concernent les moyens à mettre en œuvre, ce qui ne leur permet pas, évidemment, d’exercer une autonomie réelle. Car on n’est pas autonome quand on n’a pas la possibilité de déterminer par soi-même sa propre conduite. Pourquoi parler alors d’autonomie ? Cette belle affirmation ne servira au final qu’à une chose : rendre les salariés intégralement responsables de leurs échecs éventuels. (…)

    La domination charismatique

    Avec la chute du mur de Berlin, l’ouverture des frontières et la mondialisation (…), la concurrence prend une ampleur majeure, entraînant la nécessité d’une capacité d’évolution et de flexibilité permanentes. D’où l’idée que le principe clé de la réussite pour les dirigeants d’entreprise est de surfer sur toutes les « vagues », en s’appuyant à la fois sur un personnel au fait des connaissances les plus récentes et sur des leaders capables d’avoir toujours de nouvelles idées, voire même une vision du monde. Il faut lire certains textes qui exaltent alors cette conception du leadership pour voir à quel point le nouvel ordre prôné relève du « religieux », voire de l’« idolâtrie » : « La vision confère du sens ; elle pointe l’avenir du doigt ; elle transcende les objectifs à court terme en les insérant dans un tout. Enthousiasmante, la vision est non seulement une mission, mais aussi un puissant aimant. Comme les grands défis, la vision réveille la capacité collective. » Quand on sait que Jeff Skilling, le PDG d’Enron – qui engendra la plus retentissante faillite de l’histoire du capitalisme américain –, était surtout réputé pour sa vision du monde, on ne peut que rester songeur. Que signifie ce discours prophétique sur la vision ? Ne sommes-nous pas face à une forme de « domination charismatique » ? (…)
    Le héros classique était désireux d’acquérir de la gloire, mais il était aussi prêt à se sacrifier au service de sa cause. (…) Le nouveau héros – nous expliquent les manuels de management – est toujours prêt à prendre des risques. Mais est-il pour autant prêt au sacrifice de soi ? Rien n’est moins sûr. Qui le lui reprocherait d’ailleurs ? (…) Par exemple, lorsque Carlos Ghosn lançait, en 1999, son « Nissan Revival Plan », il avait annoncé la nécessité de « redonner une âme à l’entreprise » et de lui insuffler « de la flamme, de l’intensité, de la lumière ». On aurait pu croire à l’archange Gabriel. Pourtant, alors que son plan de relance invoquait même la transparence, la réalité qu’il ne nommait pas était fort sombre. Il fallait faire de sérieuses économies, les « capacités de production » devaient être réduites, il s’apprêtait à licencier... Or, par un magnifique tour de passe-passe, le discours managérial est parvenu à faire croire que la charge sacrificielle pesait sur lui et non sur les cohortes de salariés allant perdre leur emploi. Dans la presse économique, et surtout financière, les jugements étaient élogieux. Il fallait du courage pour tailler aussi durement dans les effectifs... À la différence du preux, quand le nouveau héros managérial parle de sacrifice,
    ce n’est jamais le sien mais toujours celui des autres...

    Vous avez dit éthique ?
    L’année 2008 s’achève sur une série de dysfonctionnements économiques que la crise financière éclaire d’une lumière crue : crise de confiance dans la cohérence du système, désaffection des salariés pour l’entreprise, dispa-rités salariales criantes entre les dirigeants et leurs employés, contradiction entre la rémunération de certains grands patrons et les performances des entreprises ; sans parler de la crise des institutions financières ou des organismes de contrôle, etc. Face à cela, présenter l’entreprise comme un acteur « social » et « moral » capable de redonner du sens et de la valeur au monde, n’est-ce pas un moyen de détourner l’attention de l’opinion publique ? Les « valeurs » sont brandies fièrement par certaines entreprises comme un étendard à la croisade : on parle de développement durable ; on valorise la responsabilité sociale des entreprises et leur souci environnemental ; on insiste sur le rôle des salariés et sur leur autonomie ; on prétend assurer leur épanouissement personnel, etc. Mais que reste-t-il de l’éthique lorsqu’on l’instrumentalise pour court-circuiter le contrôle étatique et les -normes morales mises en place par
    la société civile ?
    Le cas d’Enron en est (…) un exemple particulièrement savoureux. Qui aurait imaginé que cette entreprise à l’origine, par ses malversations, de l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire du capitalisme, avait une très belle charte éthique ? Son légendaire patron, Kenneth Lay, avait l’habitude de fêter la réussite de ses employés les plus performants en leur remettant des galets sur lesquels étaient gravées les « valeurs » auxquelles Enron affirmait être parti-culièrement attachée : respect, intégrité, excellence... On sait aujourd’hui ce qu’il faut en penser.
    La rhétorique mise en place par l’éthique des affaires détourne l’attention d’une tâche bien plus importante : établir de nouvelles règles susceptibles de promouvoir le bien commun et empêcher le monde des entreprises de prendre la politique en otage. C’est là que réside d’ailleurs, nous l’avons dit, la spécificité du projet du néolibéralisme contemporain par rapport au libéralisme traditionnel : l’invasion de la morale par l’économie. L’« éthique des affaires » remplace l’« éthique dans les affaires ». Le but du management est ainsi atteint : débarrasser les acteurs économiques de la morale commune.

    Guides de cuisine de vie
    Dans les rayonnages des librairies, une vaste littérature managériale, très prospère aujourd’hui, est le reflet tan-gible de ces mutations. (…) Son coup de génie consiste à mettre en place un télescopage entre le domaine du travail et le domaine de l’intime. Un vrai manager est aussi l’« entrepreneur » de sa vie. Et cette possibilité est offerte à tous. (…) Nous sommes tous capables de nous « accomplir », si nous le voulons bien, si nous le « valons bien ». Il suffit d’appliquer les bonnes recettes fournies par ces guides de cuisine de vie. (…)
    Ce n’est pas un hasard si le verbe « manager » se conjugue aujourd’hui à tous les temps et s’accorde à toutes les sauces : on nous apprend comment « manager » nos relations conjugales, nos conflits personnels, notre forme physique, notre stress. (…) Chacun est invité à devenir « sujet de son histoire » et à rentrer dans le cercle vertueux de « l’estime de soi ». Ne pas se plier au « développement personnel » finit même par être regardé aujourd’hui comme la preuve d’une inadaptation au monde et au bonheur. Prophétie ou piège ?

    Violence psychologique
    La fin du taylorisme devait signifier la fin des cadences infernales. Aujourd’hui, avec son consentement, le salarié se retrouve, 24 heures sur 24, à la disposition de son employeur, par mail ou portable interposés. À la violence de la vieille chaîne fordiste, on a substitué une logique.Le discours du management est là pour tenter de faire oublier cette ruse de l’Histoire et de convaincre les salariés qu’ils œuvrent pour leur bien-être, alors qu’ils intègrent entièrement les contraintes toujours plus implacables du marché. Ils en supportent les conséquences, tout en étant obligés de croire que c’est pour leur bonheur. (…)
    « Les mots, écrivait Victor Klemperer, peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. » Pour éviter que la dose de poison avalé aujourd’hui, dans notre vie professionnelle comme dans notre vie privée, ne devienne mortelle, il faut pouvoir mettre de l’ordre et « nommer » le sentiment de malaise qu’on éprouve face aux discours dominants qui nous entourent, sans parfois en connaître la signification. Il faut pouvoir rappeler, par exemple, qu’on n’est pas totalement responsable de sa propre réussite ou de son bonheur ; qu’on ne peut pas tout gérer et tout contrôler ; qu’on ne peut pas vouloir tout et son contraire.
    Il ne s’agit pas de nier la possibilité de changer des choses dans sa vie ou dans le monde, mais de savoir, comme le dit l’ancienne maxime stoïcienne, qu’il y a des choses qu’on peut changer, qu’il y en a d’autres qu’on ne peut pas changer et que la sagesse consiste à faire la différence entre les deux
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    Re: le management

    Message par yunolo le Sam 26 Déc - 21:26

    Je me suis permise de recopier ton texte pour en parler avec notre formatrice en "Management" et Coach privé aussi afin d'en discuter avec elle à l'occasion.
    Je ne maîtrise pas le sujet et je vois beaucoup de nos stagiaires sortir un peu décontenancés aux pauses café.
    C'est une formatrice jeune, bouillonnante, gaie, et que nous apprécions beaucoup en tant que femme. Mais il est vrai que les évaluations de stages sont relativement nuancées!
    Elle rentre dans le "lard"! Elle fait des jeux de rôle! Elle bouscule! Etc! Certains repartent ravis après les 3+2 jours (et commanderont à n'en pas douter! Comment je ne sais pas!!!!!!)! D'autres repartent dépités parce qu'ils n'ont pas cette fibre du commandement à tout prix!
    C'est très difficile pour moi d'évaluer en fin de stage même si je passe 1/2 heure avec les stagiaires. Je ne peux jamais être certaine qu'ils auront écrit ou qu'ils se seront exprimés librement! C'est une de nos formations les plus difficiles à cerner! Que la formatrice soit avec nous ou que je la fasse sortir!

      La date/heure actuelle est Jeu 27 Juil - 3:48