LIBRE DISCUSSION DANS LES COULISSES DE DEMAIN

Débattons en toute liberté, dans le respect de l’autre, sur tous les sujets qui composent notre société : politique, économie, environnement, religion, philosophie, paranormal, sciences, famille, santé, mode, sexualité, loisirs, sports, divertissements…

Derniers sujets

» Dossier : de l’École capitaliste à l’éducation émancipatrice
par bye Mer 13 Sep - 19:07

» Education : le « désastre » d’un enseignement tiré vers le bas...
par bye Lun 4 Sep - 12:13

» Offre de prêt entre particuliers rapide en 72h
par BastienL Dim 13 Aoû - 19:49

» Jean Gadrey, économiste : “Il faut remettre la réduction du temps de travail au cœur du débat public”
par bye Mar 8 Aoû - 19:04

» Le « chavo-madurisme » n’est rien moins qu’une dictature pure et simple
par bye Dim 6 Aoû - 18:52

» Gel des postes et du budget de l’éducation nationale : non, cette école ne nous convient pas !
par bye Mer 12 Juil - 13:56

» G 20 Hambourg
par bye Lun 10 Juil - 11:51

» Handicapée, je ne peux continuer à enseigner dans mon académie
par bye Mer 5 Juil - 6:21

» Pour une éducation populaire féministe
par bye Lun 12 Juin - 18:20

» La CNT a écrit aux Éditions Belin
par bye Mar 6 Juin - 10:20

» Blanquer ministre de l’Education nationale : au secours, Sarkozy revient !
par bye Jeu 25 Mai - 11:08

» L'accaparement des terres en Birmanie
par bye Mer 17 Mai - 18:42

» Un enseignant kurde témoigne...
par bye Lun 15 Mai - 17:50

» La métamatière et le Roi de la Terre
par De Bortoli Claude Mar 2 Mai - 9:52

» Au-delà des élections
par bye Mer 26 Avr - 17:26

» Les Etats-Unis ont utilisé leur plus puissante bombe non-nucléaire en Afghanistan, une première
par bye Dim 23 Avr - 18:35

» « Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël »
par bye Dim 23 Avr - 18:31

» « Enculé, ordure ! ». Philippe Poutou insulté par les flics
par bye Dim 23 Avr - 18:25

» La Sécurité sociale, une assistance ou un droit ?
par bye Dim 23 Avr - 18:22

» Birmanie: pour établir un mécanisme indépendant de réexamen de tous les cas de prisonniers politiques
par bye Ven 21 Avr - 6:02

» Gatti est mort. A la Parole Errante ses mots résonnent encore !
par bye Mer 12 Avr - 18:21

» Turquie : appel urgent au monde enseignant, aux associations et syndicats…
par bye Lun 3 Avr - 18:21

» APPEL À LA MOBILISATION CONTRE LE PROCHAIN SOMMET DE L’OTAN !
par bye Sam 1 Avr - 5:30

» Communiqué de presse de SUD éducation Guyane du 28 mars
par bye Jeu 30 Mar - 10:16

» Qu’est-ce qui ne va pas avec l’arabe à l’école ?
par bye Ven 24 Mar - 12:03

» Libérons l'oisiveté !
par bye Ven 17 Mar - 19:05

» Quand Espérance banlieues bat la campagne
par bye Ven 17 Mar - 19:00

» 8 mars : luttons toutes et tous pour l’égalité des droits !
par bye Mer 8 Mar - 11:01

» Désarmer la police, la proposition pas si saugrenue du NPA
par bye Mar 7 Mar - 12:50

» Fin du dispositif des Caomi: quelle orientation pour les mineurs isolés de Calais ?
par bye Sam 4 Mar - 9:58

» Les fonctionnaires répondent aux "menaces" de Marine Le Pen
par bye Sam 4 Mar - 6:25

» Réduction des indemnités et contrôles drastiques : Macron s’attaque aux chômeurs
par bye Sam 4 Mar - 6:22

» L'avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes doit être débaptisée !
par bye Sam 4 Mar - 6:20

» Nouvelle révélation du Canard Enchainé : les copinages de Hamon et LVMH
par bye Sam 4 Mar - 6:18

» Une nouvelle menace pour les étrangers
par bye Mar 21 Fév - 12:02

» "Vous êtes la candidate du nanti-système", lance Charline Vanhoenacker à Marine Le Pen
par bye Lun 20 Fév - 20:30

» Vaccins : Marisol Touraine va-t-elle faire respecter la loi ou satisfaire les labos ?
par bye Lun 20 Fév - 20:26

» La tension monte d’un cran entre les Etats-Unis et le Venezuela
par bye Lun 20 Fév - 20:23

» Vandana Shiva : « Gandhi est plus pertinent qu’il ne l’a jamais été »
par bye Lun 20 Fév - 20:16

» Vague de froid en Europe : les migrants vulnérables
par bye Mar 7 Fév - 17:59

» Le centre pour les femmes et les familles migrantes a ouvert ses portes à Paris
par bye Mar 7 Fév - 17:56

» Des incidents éclatent à Aulnay-sous-Bois après les soupçons de viol de policiers
par bye Lun 6 Fév - 18:23

» Le maire rejette l'étude d'UFC-Que choisir sur l'eau potable
par bye Lun 6 Fév - 18:20

» DOCUMENT. Voici le contrat de travail de Penelope Fillon
par bye Lun 6 Fév - 18:17

» Le Hezbollah scrute avec inquiétude la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient
par bye Lun 6 Fév - 18:14

» Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale
par bye Mer 18 Jan - 20:06

» Délinquants solidaires : Pour en finir avec le délit de solidarité
par bye Mer 18 Jan - 13:29

» ACTUALITÉ SOCIÉTÉ ET POLITIQUE
par gramophone Sam 14 Jan - 11:34

» votre permis de conduire à portée de main
par neil89 Ven 13 Jan - 23:51

» Poursuivre la mobilisation pour une carte élargie des lycées de l’Education Prioritaire, en grève le 10 janvier !
par bye Mar 10 Jan - 11:50

» Grenade de désencerclement : un CRS mis en examen
par bye Sam 7 Jan - 20:59

» Les trois visages du vote FN
par bye Sam 7 Jan - 20:46

» Les deux jambes du militantisme
par bye Sam 7 Jan - 20:37

» Condamnés aujourd’hui pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe
par bye Sam 31 Déc - 10:17

» Échapper au chaos
par bye Jeu 22 Déc - 17:53

» Le sénateur Carle coupable de détournement de fonds publics ? SUD éducation le dit depuis 2009 !
par bye Jeu 22 Déc - 15:06

» Maths : résoudre un problème
par bye Lun 12 Déc - 13:25

» Journée Internationale des droits de l'Homme: une situation inquiétante en Birmanie
par bye Dim 11 Déc - 11:17

» Comment les services de renseignement font la chasse aux employés des télécoms
par bye Sam 10 Déc - 18:54

» ET SI LE MASCULIN NE L’EMPORTAIT PAS SUR LE FEMININ ?
par bye Sam 10 Déc - 18:49

» Un document interne provoque un malaise à la SNCF
par bye Sam 10 Déc - 18:38

» Le gouvernement repousse l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
par bye Sam 10 Déc - 18:29

» Légitime défense des policiers : faut-il tordre le droit ?
par bye Ven 9 Déc - 19:29

» Cadeau de fin d’année, un casier scolaire pour tous les marmots
par bye Mar 6 Déc - 13:59

» Violences policières, violences d’Etat
par bye Mar 6 Déc - 13:54

» La métamatière, les élites et les gouvernants
par De Bortoli Claude Ven 2 Déc - 9:54

» Comment les stups ont enfumé la justice
par bye Jeu 1 Déc - 12:26

» Quel opérateur
par bye Jeu 1 Déc - 12:24

» Fillon président ? Un coup de massue pour l’école
par bye Mer 30 Nov - 17:54

» « Pourquoi j’ai secouru des réfugiés. » Monument en l'honneur de Pierre-Alain Mannoni
par bye Mar 29 Nov - 13:06

» Jean-Luc Mélenchon ne passera pas au second tour de la présidentielle s'il ne se décide pas à parler au peuple
par bye Mar 29 Nov - 13:03

» Graeme Allwright : il t'a laissé la carte qui est si délirante qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
par bye Mar 29 Nov - 13:00

» Mort de Fidel Castro : bilan de santé de la révolution castriste
par bye Mar 29 Nov - 12:57

» Vinci, piraté par des hacktivistes
par bye Ven 25 Nov - 18:38

» Le Mouvement de la Paix solidaire de la lutte des infirmières et infirmiers
par bye Ven 25 Nov - 18:35

» presentation de moi
par bye Ven 25 Nov - 18:30

» tests
par Matteo13 Mer 23 Nov - 7:48

» Un système d'accueil italien saturé face au nombre toujours aussi important d'arrivées
par bye Lun 21 Nov - 19:08

» Comment fonctionnera le « centre humanitaire » de Paris ?
par bye Lun 21 Nov - 19:06

» Un quart des enfants européens est menacé par la pauvreté
par bye Lun 21 Nov - 19:02

» Cuba : Le Conseil d’État décrète l’amnistie de 787 condamnés
par bye Sam 19 Nov - 11:11

» TURQUIE : Cesser la « chasse aux sorcières » à l’encontre des employé(e)s de l’éducation
par bye Jeu 17 Nov - 18:57

» Ces magnats français qui contrôlent les médias
par bye Dim 13 Nov - 12:23

» Chômage, retraites et revenu universel : et si un cocktail était la bonne solution ?
par bye Dim 13 Nov - 12:20

» L'ANTIRACISME ET LA GAUCHE RADICALE SONT-ILS IRRÉCONCILIABLES?
par bye Dim 13 Nov - 12:16

» L'Amérique de Donald Trump
par bye Dim 13 Nov - 12:09

» Un an après les élections en Birmanie ...
par bye Mar 8 Nov - 18:59

» Fichier des Français : les oublis et les erreurs de Cazeneuve et Urvoas
par bye Mar 8 Nov - 11:54

» Burkina Fasso : Grève dans l’éducation les 3 et 4 novembre
par bye Mar 8 Nov - 11:49

» "Ni rire, ni pleurer, ni haïr. Comprendre"
par bye Mar 1 Nov - 11:58

» Besoin de crédit personnel
par filhastreanne Lun 31 Oct - 2:32

» L’usage informationnel acritique d’Internet à l’école primaire
par gramophone Dim 30 Oct - 10:06

» Un maire serbe à Srebrenica, tout un symbole, 21 ans après le massacre
par bye Lun 24 Oct - 12:39

» L'Arctique : eldorado ou mirage?
par bye Lun 24 Oct - 12:36

LE SITE

Dans Les Coulisses de Demain

FORUMS & SITES AMIS

FORUM EST INSCRIT SUR


    TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Partagez

    admin
    Administratrice

    Féminin
    Nombre de messages : 2788
    Date d'inscription : 23/11/2007

    TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par admin le Lun 1 Fév - 19:29

    Monsieur le Président, devenez camusien !
    par Michel Onfray

    Monsieur le Président,

    Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".

    Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son œuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

    De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes.

    De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

    Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées.

    Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.

    Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ?

    Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entrele bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé."

    Dès lors, c'est à La Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible. De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux États-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

    Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un anti-marxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un anti-américain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains.

    Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus humbles d'entre nous" (Œuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome II, p. 517) ?

    Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ?

    Car, dans L'Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p. 317).

    Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ?

    Car ce Camus libertaire de 1952 n'est pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruire, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui le détient" (t. IV, p. 660).

    Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

    De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'État qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ?

    En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité. Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors.

    Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme.

    Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

    Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et sœurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne.

    Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ? Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ?

    Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate... Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.

    Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle "réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien...

    Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.

    Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin...

    Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

    Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...

    A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image.

    Camus ne mérite pas ça.

    Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter une autre.

    Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.
    Michel Onfray, philosophe

    admin
    Administratrice

    Féminin
    Nombre de messages : 2788
    Date d'inscription : 23/11/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par admin le Lun 1 Fév - 19:31

    Ce texte magnifique m'a été transmis par Charpal dont la volonté était de le partager avec nous.
    avatar
    Ego autem semper

    Masculin
    Nombre de messages : 1161
    Age : 56
    Localisation : joigny france
    Emploi/loisirs : soudure / sociologie, économomie, philosophie
    Humeur : acide
    Date d'inscription : 01/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par Ego autem semper le Lun 1 Fév - 19:56

    Je ne vois pas comment échapperait monsieur N.Z. à l'image que tant des gens commencent à lui découvrir. 


    C'est l'image d'un caméléon, qui cherche pas touts les moyens à prononcer les mots que les gens veulent entendre.

    J'avais me semble-t-il touché deux mots sur Camus, je ne sais pas eu, puis j'ai même croqué un portrait en acrylique "monochrome" de ce grand homme.  Oui vous pouvez messieurs, dames, par le geste de N.Z. continuer à démasquer l'individu qu'il y a derrière.  Le temps et l'histoire jugerons, en fin j'espère en utopiste que cela advienne vite, vite avant les commisses électoraux, les régionales, mais si non avant ceux de 2012.

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Mar 2 Fév - 0:49

    Voilà un texte fort, beau et émouvant dont j'ai souhaité vous faire part (merci Bettina ). Il ne manque pas de panache non plus dans l'art de remettre celui qui fait fonction de président à sa place!
    Camus était un pur! Je ne veux pas m'acharner contre Sartre, mais celui-ci a commis d'énormes erreurs ou fautes que Camus a su éviter. Sartre n'a accompli aucun fait de résistance, sinon faire jouer ses pièces sous l'occcupation avec la bénédiction de la censure nazie ( le fait est historique et vérifiable), il a soutenu le stalinisme avec un aveuglement pitoyable, puis s'est jeté dans les bras de Mao, dictateur aussi sanguinaire que Staline. Se tromper est devenu pour lui quasiment une occupation à plein temps !
    Camus a défini le stalinisme (véritable "fascisme rouge") de façon cinglante mais juste, qui a fortement déplu à "Jean-Paul" : " L' étendard de la Liberté flottant sur des camps d'esclaves !".
    Quant au transfert de ses cendres au Panthéon par "qui vous savez" j'espère qu'il ne se fera pas ! Ca serait la manipulation de trop ! Quelle manie de s' emparer de la vie des autres, de la récupérer pour sa propre popularité !
    Je vois d'ici, ou plutôt je n'ose imaginer, NS lisant un discours fait par un autre devant toutes les TV de la planète pour se rendre intéressant. Ca serait profaner la mémoire de Camus, j'espère qu'on ne le laissera pas commettre une telle infâmie !


    Dernière édition par CHARPAL le Jeu 4 Fév - 16:55, édité 1 fois
    avatar
    Ego autem semper

    Masculin
    Nombre de messages : 1161
    Age : 56
    Localisation : joigny france
    Emploi/loisirs : soudure / sociologie, économomie, philosophie
    Humeur : acide
    Date d'inscription : 01/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par Ego autem semper le Mar 2 Fév - 1:53

    Merci Charpal pour cette excellente vision d'un monde ou le paraitre semble si important pour ce Monsieur la, au point de commettre des gaffes tant palpables
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Lun 8 Fév - 7:55

    Camus était un philosophe, un visionnaire humain.
    "L'homme révolté" notamment, est un engagement contre le despotisme, mais aussi contre tous les pouvoirs.
    Il a été très proche des anarchistes, pour leur obstination à ne pas fléchir, mais aussi pour poser l'acte révolutionnaire dans toute sa globalité, y compris dans son impact, son reflet sur notre manière de voir, de sentir le véritable progrès.
    Sa fameuse déclaration " je préfère ma mère à la justice" justifie et pérenne la réflexion, la remise en question.
    Là encore, il était de beaucoup en avance sur son temps: même si la libération, la lutte contre le colonialisme est une priorité absolue, en quelques mots, Camus insiste sur la nécessité de se préserver des actes barbares, des crimes contre la population,..se défie de tout pouvoir, révolutionnaire ou non.
    La révolution doit être complète, dans le mouvement économique, le système de production, mais aussi dans notre propre fonctionnement intérieur, notre façon d'envisager le rapport à l'autre, de l'entendre, le respecter dans son intégrité morale et physique.
    A mon sens, Camus a été le seul penseur de cette époque à poser le dilemme révolutionnaire: aucune fin ne justifie les moyens et donc c'est par les moyens utilisés que l'on pervertit ou non la fin, le but.
    Quant à Michel Onfray, son texte est fort. Je n'en dirai pas plus.Mais j'ai tellement de réserve contre ce "penseur" qu'il aurait été malhonnête de ma part, de ne pas le signifier.

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Lun 8 Fév - 13:00

    Bye,
    Je partage ton point de vue sur Camus, et je viens de découvrir qu'il avait des "penchants anarchistes", même si par définition il y a autant de conceptions de l'anarchie que d'anarchistes,( mais on pourrait dire la même chose des démocrates, marxistes, socialistes etc...).
    La fin de ton intervention m'intrigue... Je connais mal Michel Onfray, mais j'ai plutôt un à priori favorable à son égard. Je trouve positive la création d'une université populaire ( initiative qui rappelle celle de Francisco Ferrer), il paraît avoir été un très bon prof, il vient d'un milieu hyper défavorisé et doit à l'école de la république d' avoir accompli un tel parcours.De plus il se dit anarchiste ...
    Il a tout pour te plaire , vu de loin ... Maintenant , je respecte bien sûr ton point de vue, mais par curiosité intellectuelle, et sauf si tu as des raisons personnelles qui ne me regardent pas de lui en vouloir, j'aimerais en savoir plus par souci de rechercher la vérité et pour le plaisir de l'échange ...
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Lun 8 Fév - 14:15

    Michel Onfray possède des qualités indéniables de vulgarisateur des concepts philosophiques et la création de l'Université populaire de Caen est à louer. Aucun souci là-dessus.

    Ce qui devient plus aléatoire, c'est sa posture de penseur "hors clivage ".
    Il se dit anarchiste, mais simultanément, appelle à voter à certaines échéances, ou bien soutient des mouvements révolutionnaires, se situant dans la stratégie électoraliste: du NPA à Alternative Libertaire.
    Dans son désir de rester libre ( ce qui en soi est parfaitement honorable ), il qualifie le mouvement anarchiste ( dont il se réclame ), d'"auberge espagnole de la révolution ( université populaire de Caen, diffusée été 2009 sur France-Culture ); tout simplement parce que les anarchistes lui reprochent son manque de rigueur dans l'analyse.
    Personne ne lui demande d'être un penseur anarchiste, mais il y a des principes de base, une rigueur intellectuelle ( que possédait Camus par exemple ), qui évitent d'utiliser des formules du genre " socialisme libertaire " ( pure invention d'Onfray ) ou pire " capitalisme libertaire ".
    Extrait du Monde Libertaire Hors-série 38 24/12/09-22/2/2010:
    " Le capitalisme est aussi vieux que le monde et durera autant que lui: nous ne sommes pas tenus de souscrire à la seule définition marxiste qui confine le mot et la chose dans une fourchette historique avec date de naissance dans la période industrielle et date de décès prévue le jour de la révolution prolétarienne../..
    Un capitalisme libertaire est donc possible. Il suffit qu'on pense de façon dialectique en effectuant un droit d'inventaire sur la belle tradition anarchsite européenne ."
    " La perspective du "devenir révolutionnaire des individus "- pour citer Gilles Deleuze - trouve ici sa vérité. En politique, l'hédonisme se résume à la vieille proposition utilitariste des lumières : il faut vouloir le plus grand bonheur du plus grand nombre. Non pas demain, trop facile, trop simple, trop confortable, mais ici et maintenant, tout de suite. Cet impératif présente l'avantage de permettre un tri redoutable dans la masse des rhéteurs. A cette aune, nombre de héros révolutionnaires de papier fondent comme neige au soleil..Restent les subjectivités dignes de considération."

    C'est un réglement de compte aux "orthodoxes" du mouvement anarchiste, qui lui reprochent, non pas d'être réformiste, mais de faire un amalgame entre le projet révolutionnaire ( pour demain) et les avancées ( quand elles existent ) du quotidien, qui pour M.O., sont porteuses de cet élan.
    Pour lui, il n'est pas possible d'être un "rhèteur", et de participer à la lutte quotidienne.
    Je n'ose même pas reprendre son expression ' capitalisme libertaire".

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Lun 8 Fév - 16:50

    Merci bye pour ta réponse, que j'ai lue et relue, pour essayer de bien comprendre ton point de vue. Ca demande pour moi des efforts car je ne suis pas anarchiste, mais désireux de voir la contribution que peut apporter l'anarchie à l' Humanité qui "cherche" ...
    Je suis d'avis qu'on peut effectivement militer au quotidien, au besoin aux côtés de personnes d' horizons philosophiques différents, pour améliorer les choses, tout en gardant l'espoir de voir un jour son idéal mis en mouvement du moins en partie.
    Le "capitalisme libertaire" ne m'inspire pas ... peut-être faudrait-il qu'il précise sa pensée ...
    Concernant ma modeste personne, je me considère comme cherchant la vérité,( que je ne trouverai jamais), en toute liberté et indépendance d'esprit. Je ne veux être lié par aucun dogme, aucun préjugé, aucune famille de pensée, pas même par l'anarchie, tout en respectant ceux qui ont choisi cette option.
    J' aurais tendance, sans vouloir offusquer personne, à prendre dans chaque théorie ce qui me paraît bon au titre de la conception que je me fais des valeurs humanistes qui sont les miennes. Ca fait un peu dilettante, c'est vrai, ou un peu "coucou" idéologique,mais je pense que les démocraties progressistes des années soixante (avec leurs imperfections), le socialisme et l'anarchie peuvent nous apporter bon nombre d'enseignements et des pistes de réflexion.
    Pour l'instant, l'anarchie m' apporte la connaissance d'hommes remarquables, avec au premier chef Proudhon et Francisco Ferrer. Une prise de conscience des oppressions de toutes sortes qu'il faut combattre, la nécessité, comme le faisait Socrate, de toujours interroger et interpeller les pouvoirs sur leurs fins et leurs moyens véritables. L' utilité aussi d'agir sur le terrain concrètement : ce fut tout le mouvement de proximité des coopératives, mutuelles, associations...
    Pour le reste, j'emprunte au socialisme l'appropriation collective des moyens de production, mais uniquement pour certaines activités : l' énergie, les transports et les banques.
    Et à la démocratie progressiste de type suédois (des années soixante) une certaine qualité de vie : libertés individuelles assez grandes, plein emploi, inégalités sociales limitées.
    Je sais que ce "joyeux mélange" très prosaïque, ne saurait en aucun cas remplir "les fissures de ton âme", mais je sais pouvoir compter sur ta très grande indulgence à mon égard, pour ne pas m'envoyer méchamment "promener" ...
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Lun 8 Fév - 17:43

    Tout d'abord, mille excuses de m'insérer ainsi dans ce débat !
    D'accord avec Bye : Onfray, c'est loin d'être ma tasse de thé.....

    Non pas pour ses opinions, Saperlipouille, chacun croit ce qu'il veut ! Nan c'est la personne que je supporte mal : ce côté professoral pédant et vaniteux, ce manque d'humour incommensurable, ce sentiment de supériorité qui exsude de chaque pore de sa peau....
    Son souci aussi d'être reconnu par l'intelligentsia de ce pays pose aussi question : il y a chez lui comme un complexe, le même que celui que l'on peut deviner chez Valls : m'étonnerait pas qu'il vire prochainement façon Glucksmann.

    J'ai écouté une émission qui a été faite sur lui, sur je ne sais plus quelle chaîne de télé ou radio, j'étais constamment partagée entre l'envie d'éclater de rire (« le capitalisme de droite c'est pas bien , le capitalisme de gauche c'est bien ») et l'agacement que produit le personnage (la description qu'il fait de sa jeunesse "martyr" est un modèle de suffisance égocentrique)

    Ses prises de position récentes au sujet de l'affaire de Tarnac m'ont posé question : cet homme n'a pas fait preuve en cette histoire d'un courage remarquable, c'est le moins que l'on puisse en dire....
    voir le jubilatoire laminage fait par Claude Guillon sur celui qu'il appelle "le libertaire d'opérette" : Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire
    http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=243&var


    Cet article pondu par Onfray me laisse un sentiment étrange, dérangeant... : il est bien troussé et montre bien l'horreur de cette tentative de récupération idéolologique et l'antinomie entre la pensée (si on peut appeler « pensée » le sarkozysme) de l'écrivain et du nabot, Onfray sait écrire et synthétiser, c'est clair...
    Mais dès la première phrase j'ai sursauté : de quel droit Onfray reprend-il le texte de Boris Vian sans le moindre guillemet ? mais ce n'est qu'un détail
    Par dessus tout, en le lisant, je n'ai pas reconnu la pensée politique de l'écrivain de "L'homme révolté", magnifique livre, dans laquelle je puise les fondements d'un véritable humanisme, un pensée trop complexe, trop riche pour être enfermée dans une école, une doctrine politique, et surtout dans aucune récupération idéologique comme le fait ici Onfray
    Si vous voulez lire une excellente synthèse de la pensée politique de Camus, je vous conseille la lecture de cet article issu d'une revue anarcho-syndicaliste, article très fouillé, plus objectif et moins récupérateur : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1232

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Lun 8 Fév - 19:18

    abeau : tu n'as pas à t'excuser d'intervenir dans un débat. Tout forumeur peut le faire...
    Quant à Onfray, je te trouve assez sévère, mais c' est ton droit ... Personnellement, s'agissant d'un philosophe, je considère que les idées doivent prendre le pas sur l' impression faite par la personne. Socrate était paraît-il très laid, ça n' a rien empêché quant à la pertinence de sa démarche.
    Concernant son enfance, peut-être en tire t-il une trop grande gloire, mais j' avoue avoir été bouleversé à l'évocation qu'il en a faite pour Siné Hebdo. Cette enfance fut, objectivement, extrêmement difficile, et je trouve plutôt bien qu'il ne renie pas son milieu social . Que ne dirait-on pas, si à l'inverse, il taisait ses origines ? Je crois qu'en fait, il est très difficile de gérer son image quand on est connu. Je suis un illustre inconnu et espère bien le rester, je ne supporterais pas d'être jugé en permanence, d' être trop ceci ou trop cela ...
    Mais ce qu'il y a d'intéressant dans son parcours, c'est que l'école de la république et elle seule, lui a permis de devenir un homme au plein sens du terme et ça je trouve que c'est formidable.
    J' ai infiniment plus d'estime pour un homme comme lui, fils du peuple, cela dit sans démagogie,que pour certains "fils à papa", milliardaires réactionnaires qui ne se sont donné que le mal de naître ...
    Je me rend compte qu'après avoir dit que les idées passent avant l'homme, j'ai fait exactement l'inverse de ce que je préconisais. Ce qui prouve que je ne suis pas parfait ( ce qui n'est pas un scoop! ) et que nous avons tous nos contradictions ...
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Lun 8 Fév - 20:36

    Lis, si tu le veux bien, charpal, cette page : http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_onfray5.htm
    A mon humble avis cela relève plus du psychanaliste que de la littérature ou de la philosophe.
    Onfray n'a pas réglé son problème avec sa mère : on sent dans ce texte une explosion de haine vis à vis de celle-ci (et en fin de texte de jalousie vis à vis de son frère) : pas un seul moment nous ressentons dans ce texte la compréhension ou le pardon de celle-ci...
    Si on enlève les fioritures littéraires de ce texte (où j'ai repéré un plagiat sartien évident) on arrive à cette phrase toute simple : je hais ma mère parce que mal-aimée elle même, elle n'a pas su m'aimer comme je le désirais... point barre
    Or la haine est exterminatrice : elle nie la personnalité de l'autre, elle est un déni de l'autre. Qui me dit que la personne que décrit Onfray est cette mère inhumaine ? qui est ce père dont il parle si peu ?
    Cela me dit seulement que le Onfray adulte n'a pas pu se mettre en paix avec ses problèmes d'enfance (et tous les enfants ont leurs frustrations) : de son avidité d'amour et de reconnaissance et que son oeuvre repose sur ce clivage non digéré et cela me fait douter de sa capacité de raisonner sur la condition humaine.
    Quant à son internat dans "l'orphelinat de Giel" cela me fait bien marrer...quelle dramatisation ! il n'a jamais été "abandonné" mais mis en pension chez les salésiens (en fait "d'école de la république" on trouve mieux ) . Des tas de gamins ont été en pension chez les jèses, les salésiens ou dans le public et n'ont pas ainsi fait pleurer dans les chaumières !
    Excuse ce jugement un peu tranchant, mais quant aux souvenirs d'enfance, je préfère à l'acrimonie d'Onfray la gaité de Pagnol...

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Mar 9 Fév - 4:46

    Je crois, abeau, qu'il faut essayer tout de même de distinguer Onfray qui manie les idées, plutôt bien et même très bien (j'ai personnellement beaucoup apprécié son traité d'athéologie) et l'homme avec son passé, ses points forts et ses faiblesses.Mais je crois que je vais avoir du mal à vous réconcilier tous les deux...
    C'est drôle que tu parles de Pagnol, car avant de te lire, j'y ai pensé aussi mais pour en tirer des conclusions contraires aux tiennes ...Quand j'ai lu dans Siné hebdo l'enfance d' Onfray j'ai été bouleversé de voir à quel point il a eu une enfance difficile et j' ai fait la comparaison avec l'enfance heureuse ô combien du petit Marcel, en me disant que la vie pouvait être extrêmement injuste : deux enfants aussi innocents l'un que l'autre au départ, mais l' un ayant vécu dans un quasi paradis, très aimé par son père et sa mère et l'autre dans, non pas un enfer, mais un monde effroyablement triste, sans amour et sans espoir.
    J'ai énormément aimé la trilogie de l'enfance de Pagnol, qui sont des chefs d'oeuvre ( "la gloire de mon père", "le château de ma mère" et" le temps des secrets" ), mais il serait injuste d'exiger qu'Onfray, à partir de l'enfance qu'il a eue et dont il n'est en rien responsable, en parle avec l'émotion reconnaissante de Pagnol.
    J' ai lu comme tu me l'as suggéré, le texte où Onfray relate ses relations avec sa mère. J' y trouve matière à le comprendre. La haine ne se décrète pas, elles s'éprouve et on n' est pas obligé de pardonner tout et toujours. Il n'y a pas de jalousie vis à vis de son frère, mais un sentiment d'injustice que je comprends tout à fait. Je ne supporte pas l'injustice et je considère lamentable de faire de telles différences entre deux enfants. Il n'y a aucune honte, lorsqu'on en est passé par là, à avoir besoin d'une psychanalyse ou d'exorciser ou sublimer son passé par l'écriture. Et si Pagnol avait vécu une enfance comme celle d'Onfray, il aurait été un autre homme et ses souvenirs d'enfance auraient été tout autres et sûrement pas très drôles...
    C' est un lieu commun de dire que les goûts et les couleurs ne se discutent pas... C 'est vrai, mais si on ne peut utilement les discuter, on peut "en" discuter, car se faisant ( et je ne voudrais pas paraître trop sentencieux ) on apprend quand même des choses, sur les autres et sur soi même, tout en gardant son point de vue...
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Mar 9 Fév - 7:54

    Abeau et Charpal, merci pour cet échange de qualité.
    Je vous exprime tout mon plaisir à vous lire, dans votre argumentation, les liens. Bravo!
    Je comprends, cher Charpal, ta démarche et l'apprécie au plus haut point. Celà n'a rien à voir avec celle d'un "coucou", de celui qui picore, mais plus certainement celle de quelqu'un (comme nous tous et toutes ) qui cherchent, dans l'échange, dans la mise "à plat", voire la remise en question de nos certitudes, à solidifier nos connaissances, nos argumentations.
    Abeau, merci pour ta juste intervention, qui enrichit et élargit le sujet posé initialement.

    J'ai lu avec intérêt la synthèse de la pensée politique de Camus , et l'accompagne, la partage sur bien des points.
    Notamment, sur la nécessité de débarrasser les êtres des entraves matérielles ( en les satisfaisant, non pas au son du "mérite", mais comme une étape de la "justice" ), afin de les exposer face à leur destin: quoi faire de sa peau.
    Même si la révolte personnelle doit ( ou devrait ) conduire l'individu ( y compris dans une société avancée, émancipée ), l'homme , débarrassé des contingences matérielles ( car satisfaites ), est face à son positionnement dans le temps, face à sa vie, ce qu'il compte y introduire comme véritable nouriture, aspirations,..
    2° réflexion suite à votre échange: même si l'enfance ( malheureuse ou pas ) porte ses conséquences, marque la suite du trajet de chacun, en quoi lui sommes-nous redevables ?Où intervient, sans la doser bien sûr, la part de choix ?
    Pour 2 individus ayant vécu la même enfance difficile, les trajets pourront être diamétralement opposés; même si en creusant la surface, nous retrouverons des galeries à effets contraires.
    Et donc, c'est aussi un aspect de notre richesse, s'opposant à la marche mécanique des jouets, pantins ( auxquels nous ressemblons parfois ), la liberté relative dans nos choix quotidiens, ou de vie, peut être déviée par concours de circonstance certes, mais s'alimente par notre combat, notre exigence.
    En celà également se sont opposés Sartre et Camus: Sartre brandissant et "mettant en pratique" l'aspiration de "l'homme libre": le philosophe reconnu et "installé", bourgeois ( pour reprendre ses propres termes ), qui stoppe ce trajet royal, pour aller vendre la Cause du Peuple à la sortie des usines.
    Camus, fidèle à lui-même, est "resté" plus humain, à hauteur d'homme ( et ce n'est pas une ambition mineure ), et a constamment tenu compte du déterminisme, des freins culturels, économiques,... qui font qu'on ne peut demander, voire culpabiliser , aux OS de Renault ( sonnés, dévitalisés, par des cadences inhumaines ) de se retrouver tous en meetings, de vendre tel journal à la criée, coller des affiches,.. Même si cet engagement est incontournable.
    Camus ou la révolution à hauteur d'homme, n'en finit pas de nous parler.
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Mar 9 Fév - 19:07

    @charpal
    merci de ta réponse : je crois en effet que chacun voit dans la confession d'Onfray ce qu'il a envie de voir : tu y lis le récit d'une enfance particulièrement malheureuse et tu y vois l'exemple d'un homme qui a su se sortir de cet environnement difficile, moi j'y lis le témoignage d'un homme qui n'a pas encore su devenir adulte, ie qui n'a pas su renoncer à son désir d'approbation (ou d'opposition) pour accepter en tout plénitude ce qu'il est devenu : il ne peut faire le deuil de son enfance.
    C'est aussi l'idée de résilience (merci Cyrulnik !) à savoir la capacité de rebondir, de surmonter un passé difficile ou même délabrant ce fut le cas de Maria Callas, de Georges Brassens, de Jules Renard, de Charles Dickens, de Barbara, de Cyrulnik lui -même, enfant orphelin de déportés et de tant d'autres...
    Onfray s'appitoie et essayer de nous appitoyer sur son enfance : se ment-il ? nous ment-il ? je ne sais pas, tout ce que je vois, c'est qu'il est incapable de surmonter cette frustration et que cela imprègne l'ensemble de son oeuvre.. peut-être son traité d'athéologie est-il issu tout droit de sa rage d'avoir été placé dans ce pensionnat religieux et qu'il a transposé cette frustration sur le clergé puis vers l'idée même de Dieu ?
    Tu compares l'enfance "heureuse" de Pagnol à la "malheureuse" d'Onfray. Qui nous le prouve à part ce qu'ils en disent eux-même ?. Pas si sûre que cela que celle de Pagnol ait été le petit paradis que tu décris : c'est dans "le temps des secrets" je crois qu'il décrit en des termes très pudiques, la découverte de la relation entre son père et la boulangère. Ne penses-tu pas qu'il y a de quoi chambouler la vision de la famille d'un gamin de 10 ou 12 ans ? Puis à quinze ans il perd sa mère et son père se remarie...Et pourtant l'homme Pagnol nous offre une fresque colorée, vivante, vibrante chaleureuse et chaude de celle-ci ..
    Juste une comparaison : la trilogie de Pagnol commence par ces mots "je suis né sous le Garlaban" le livre d'Onfray par "je suis mort"...

    @bye, merci aussi de votre réponse...
    j'aurais beaucoup à vous répondre sur Camus... mais il me faudrait du temps et celui-ci me manque, j'ai une petite qui est cette semaine en vacances...
    à plus !

    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Mer 10 Fév - 3:35

    Tu ne manques pas d'arguments, abeau ! Mais je crois qu'on peut encore approfondir ... Pagnol c'est vrai a perdu sa mère à 15 ans et il avait à consoler son petit frère, plus jeune.Mais à 15 ans il avait dejà un beau "bagage affectif" et il lui restait son père qui, malgré peut-être quelques faux pas, était un père aimant et exemplaire au plan psychologique pour cette époque.Sur ce plan là et sur celui de l'estime de soi qu'avait Onfray au même âge ? Rien !
    Quant à son traité d'athéologie, là, abeau je ne te suis pas. Nous sommes sur le terrain des idées, des concepts philosophiques: peu importe le pourquoi de ce traité.La question n'est plus de savoir qui il est, mais de savoir si ce qu'il avance a de la valeur et un intérêt, qu'on partage ou non ses convictions.S'attarder sur sa personne c'est faire du "psychologisme" et non de la philosophie...
    Quant à la résilience, j'émettrais des réserves. Tout le monde n'en est pas capable. Sommer tout un chacun sur le mode: "je ne veux voir qu'une tête" ne me séduit pas du tout. Pour moi chaque être est unique. Après l'épreuve des camps, ceux qui en sont ressortis n'ont pas réagi de la la même façon.Certains ont surmonté l'épreuve comme si de rien n'était. D'autres sont restés traumatisés à vie et d'autres enfin se sont suicidés, tel l' écrivain italien Primo Lévi dont le récit sur la déportation ,remarquable, fait référence en ce domaine. Je me vois mal le mépriser au prétexte que contrairement à d'autres, il n'a pas su se reconstruire comme s'il était allé au club méditerranée ...
    Donc, personnellement, "j'acquitte" Onfray et pense qu'il mérite d'être pris en considération pour ce qu'il fait sans qu'on lui oppose ce qu'il est...
    T 'ai je un peu ou pas du tout convaincue ? Suspense ...
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Mer 10 Fév - 13:52

    Salut cher Charpal !
    T 'ai je un peu ou pas du tout convaincue ? Suspense ...



    Hé, hé, tu dois bien te douter de la réponse : non je ne suis pas convaincue comme je sais que moi aussi n'arriverai pas à te convaincre et c'est bien comme cela car cela démontre la complexité et la richesse de la pensée humaine..

    Nous avons deux lectures différentes d'Onfray : tu interprètes ses mots comme « LA » vérité, pour moi ils sont « SA » vérité.

    Pourquoi ces différences d'interprétation ???

    peut-être parce que tu es homme et que je suis femme (et mère) et donc que je ressens peut-être un peu plus fort l'environnement psychologique d'un témoignage

    peut-être aussi parce que ma formation de juriste et d'historienne m'ont appris que la découverte de la vérité est un long chemin parsemé d'impasses : à un procès, les deux parties ont souvent parfaitement raison et des arguments tout aussi recevables. La recherche historique est une longue enquête parmi des témoignages contradictoires, faussés, pleins de préjugés.. un tri difficile entre la réalité et sa représentation..

    En fait ce débat que nous menons se rapproche de celui bien classique en littérature : une oeuvre littéraire doit être lue intrinsèquement ou doit-elle être subjectivée en fonction de la personnalité de l'auteur et de l'environnement historique ? Pour reprendre un exemple maintenant bateau, doit-on lire « voyage au bout de la nuit » sans tenir compte de l'engagement antisémite et collaborationniste de Céline ? Vaste débat..




    Par contre, et cela me ramène au débat camusien (ouf !) , le procédé d'Onfray de récupération des cendres de Camus au profit de sa petite église anarcho-libertaire me gêne profondément :

    Camus est un homme de son temps, du temps de la montée du fascisme, de la guerre, de la résistance...
    on peut le relire à la lumière des événements d'aujourd'hui mais chercher à lui faire dire sur ce qui se passe actuellement ce qu'il n'a jamais dit me dérange...Comme de ne faire de lui qu'un libertaire : il était bien plus que cela !

    PS: ne fait pas dire à Cyrulnik ce qu'il n'a jamais dit : il a toujours affirmé que les capacités de résilience n'étaient pas également réparties en chacun et a toujours alerté contre les risques d'une utilisation trop large et abusive de ce concept
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Mer 10 Fév - 17:20

    Je pense que c'est le contraire, Abeau.

    C'est contre une récupération des cendres de Camus par Sarkozy, qu'Onfray a publié cet article de défense de l'oeuvre, de la pensée de Camus qui reste vivante et peut tout à fait être de notre temps; elle se situe aux antipodes du pouvoir personnel de Sarkozy, de sa politique raciste, d'exclusion sous toutes ses formes.
    De plus, Onfray "n'appartient " pas à la petite église anarcho-libertaire ( il n'y a que lui qui le sait, dans ce cas ); et le mouvement anarchiste actuel ( qui n'a rien d'une église avec écrasement de l'homme,dogme, rituel,..) comprenant peu de militants ( mais la force et la pérennisation de la pensée ne se mesure pas forcément au nombre d'adeptes; dans ce cas, les 53 % qui ont voté Sarkozy auraient vu juste ? ), bouillonne de créativité, d'animations, de participation à tous ( ou presque ) tous les combats, actions, grèves,..propres à miner ce système, avant d'en finir une fois pour toutes.
    Onfray a écrit ( et écrira ) beaucoup d'âneries, mais c'est une expression que je rangerais , avec des nuances tout de même, aux côtés de tout ce qui a été écrit récemment dans la presse anarchiste.
    Camus était un philosophe, un dramaturge ( " la chute" notamment! quel choc..) et également un compagnon de route du mouvement anarchiste. Et même s'il n'était que celà ( un libertaire ), j'estime que ce serait pas mal..
    http://raforum.info/spip.php?article1921


    Dernière édition par bye le Mer 10 Fév - 17:37, édité 1 fois
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Mer 10 Fév - 17:36


    CHARPAL

    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par CHARPAL le Mer 10 Fév - 18:33

    Abeau, nous ne sommes pas sortis de l'auberge (un forum n'est-il pas d'ailleurs une auberge espagnole - républicaine évidemment ), car je suis juriste de formation et passionné d'histoire( même si je ne suis pas professionnel en ce domaine) et nous ne voyons pas les choses de la même façon, ce qui est très bien ainsi...
    Je préfère certes qu'il y ait adéquation entre l'oeuvre et l'homme ( c'est le cas de Camus), c'est plus confortable, mais je ne peux rejeter ne serait ce que par curiosité intellectuelle, une oeuvre géniale crée par un salaud. Céline n'est pas un exemple "bateau", mais un cas tout à fait intéressant à cet égard. Il y a deux écueils à mon avis à éviter ; ceux qui disent: Céline a été ignoble, donc je boycotte son oeuvre, et ceux qui disent : l'oeuvre de Céline est géniale donc ne soyons pas mesquins et passons sur son comportement pendant la guerre.
    Les deux ont tort à mon sens. Personnellement je dirais plutôt "Le voyage au bout de la nuit" et "Mort à crédit" sont des romans géniaux, Céline est un des plus grands romanciers du XXè siècle, mais en tant qu' homme et citoyen il a été un antisémite répugnant et un immonde collabo. Sartre, à un degré moindre j'en conviens, a été un stalinien pathétique et ensuite un maoïste improbable; il a fait de l'erreur en politique une activité à plein temps. Il n' en laisse pas moins une oeuvre littéraire et théatrale (pour la philo je suis plus réservé) tout à fait intéressante.
    Pour Onfray, je ferais la même démarche : écoutons le et lisons le, jugeons sur pièces et ne portons une appréciation sur l'homme qu' indépendemment, sans mélanger les deux, sauf à tomber dans le piège susdécrit...
    Quant au tranfert des cendres de Camus, je partage l'avis de bye : la démarche d'Onfray avait précisément pour but d'éviter une grossière manoeuvre de récupération de Sarkozy. De plus, et je le dis sincèrement et non pour t'énerver, je trouve sa lettre superbe et émouvante .
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Mer 10 Fév - 20:18

    Je suis désolée bye si j'ai heurté ta sensibilité anarchiste, que j'ai ressentie à la lecture de ta réponse..
    Bien sûr ! cela va sans dire, le premier à faire une récupération politique de Camus fut Sarkozy, mais aucune bassesse ne m'étonne plus de la part de nos dirigeants. Mais cela n'empêche pas chez Onfray, une certaine tentation de cuisiner Camus à sa propre sauce. Ainsi par quelques raccourcis historiques saisissants, il fait parler Camus sur le discours de Latran ou les ouvriers de Grandange. Ou mieux, il conseille au président de devenir camusien, ce qui est une véritable giffle pour la mémoire de l'écrivain (berk berk)
    Je me répète, je suis désolée, mais la pensée de l'écrivain, du philosophe me semble trop vaste, trop riche pour être enfermée dans une chapelle politique, et l'homme fut trop insoumis pour accepter les cages de fer d'une idéologie. Trop amoureux de la liberté pour suivre le parti communiste, trop amoureux de la justice pour adhérer totalement à la pensée anarchiste (voir sa condamnation du romantisme anarchiste
    « La liberté absolue raille la justice. La justice absolue nie la liberté » car, poursuit-il, « la liberté absolue c’est le droit pour le plus fort de dominer [tandis que...] la justice absolue passe par la suppression de toute contradiction : elle détruit la liberté ». Il s’agit donc de résoudre au mieux cette contradiction capitale : « Pour être fécondes, les deux notions doivent trouver, l’une dans l’autre, leur limite ».
    Ce débat me rappelle étrangement une discussion que j'ai eue avec un anarchiste à propos de l'étiquette anarchiste qu'il voulait coller à G. Orwell : la pensée de ces deux hommes emprunte beaucoup à la pensée libertaire mais elle n'est pas résumable à celle-ci seule...
    Pour finir, le terme "église anarcho-libertaire" était de ma part un clin d'oeil ironique vis à vis d'Onfray, cet homme aussi acharné à lutter contre toute idée de religion....à l'avenir, j'y réfléchirai à deux fois avant de poster mes blagues vaseuses, promis !
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Jeu 11 Fév - 8:15

    Je comprends ce que tu exprimes, Abeau, et le partage dans ses grandes lignes: en dehors des "penseurs officiels" ou "théoriciens du mouvement" ( quel qu'il soit d'ailleurs ), l'artiste conscientisé déborde, touche, appréhende de multiples voies émancipatrices. Rien à voir avec l'art ouvrier, ou l'artiste au service des masses .
    C'est vrai que j'ai été un peu "égratigné", mais j'apprécie ton argumentation, comme celle de Charpal; et celà ouvre d'autres champs de discussion. Merci encore.
    Par exemple, le "statut" de l'artiste: la richesse de l'individu est potentiellement présente, à découvrir, et chacun de nous déserte, pour la plupart, avec ses pépites enfouies. C'est souvent le hazard qui fait découvrir tel ou tels aspects , dons, prédispositions,..
    Je veux signifier que la complexité d'Orwell, de Camus, Courbet,..ne saurait entendre un "enfermement" de leur créativité, soit; mais il en est de même pour chacun de nous, pris sous l'angle de vue anarchiste.
    Celà détermine une grosse différence avec la plupart des mouvements politiques, a fortiori partis ( préconisant la prise du pouvoir ).La plupart des militants anarchistes actuels sont riches d'accès, de réflexions, embrasant l'art, la poésie, la musique,..et ne se "cantonnent" pas à tracter, differ, coller, hurler ( ce qui est déjà pas mal ).
    J'aborde ainsi une réflexion qui produit des débats toujours actuels: dans une société débarrassée de ses contingences ( car satisfaites, ou dépassées: quel intérêt de posséder, d'avoir de l'argent,..), l'accent sera porté non sur la suppression des têtes, mais sur leur accélération, l'activation de toutes.
    Sans prétendre à ce que chacun soit un artiste sans le savoir, il paraît évident que beaucoup de talents restent à jamais en friches.
    Et donc, l'artsite, sorte d'élite, serait ( je pense ) moins "coupé", donc moins hiérarchisé dans une société émancipée ( dû à la rencontre, à l'émergence de plusieurs mouvements ).
    Et même si l'écrit d'Onfray peut paraître comme une "adaptation" de la pensée de Camus, il répond à la bassesse de Sarkozy, avec un langage qu'il comprend ( peut-être ), celui d'un illettré, sachant à peine lire et écrire ( pardon pour les victimes de l'illettrisme, qui subissent les conséquences de la politique de ce"demeuré").

    Enfin, juste 1 mot: l'anarchisme n'est pas une idéologie: s'appuyant sur un projet social,certes, il fourmille de maints apports. En dehors de quelques principes de base (renversement de l'Etat, abolition de tout pouvoir,..) , le mouvement anarchiste ne préconise aucun accés unique, aucun dogme.
    Encore mieux, l'anarchisme préconise, ou encourage la responsabilité de l'individu; celà entraîne qu'il ajoute la richesse des uns aux autres, contrairement aux marxistes, notamment, qui ne considèrent que "les masses".
    Même si le "rapport de forces" est souvent vital ( mouvements sociaux ), il n'est pas rare ( et même fréquent) qu'un seul individu puisse faire accepter sa voix, contre un Congrès entier; c'est la théorie de l'unaninisme, de l'opposition amicale,..
    Je voulais seulement ajouter, pardon pour ces détails techniques de fonctionnement, que le seul fait d'accepter ( et non pas d'adhérer à ) cette position, déborde et enrichit "diablement" la revendication sociale et politique.
    C'est la voix, l'expression de l'individu qui importe: dans la famille, au travail, au quotidien,.. Et le nombre ( symbole de la démocratie ) ne saurait avoir raison , imposer sa volonté à un individu, sur le simple constat de la force d'une idée partagée par tous, ou presque.
    En celà, il n'est pas fait réponse aux interrogations de Camus, que je partage, mais disons que ces réflexions "révolutionnaires", y concourent, non ?
    avatar
    Ego autem semper

    Masculin
    Nombre de messages : 1161
    Age : 56
    Localisation : joigny france
    Emploi/loisirs : soudure / sociologie, économomie, philosophie
    Humeur : acide
    Date d'inscription : 01/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par Ego autem semper le Jeu 11 Fév - 8:57

    Je trouve vos interventions sur Camus très interesantes
    avatar
    abeau

    Féminin
    Nombre de messages : 42
    Localisation : France le plus souvent, USA parfois....
    Emploi/loisirs : universitaire
    Humeur : révolutionnaire
    Date d'inscription : 07/02/2010

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par abeau le Jeu 11 Fév - 17:16

    @gramophone
    ravie de faire ta connaissance gramophone ! et merci de ton compliment, je suis heureuse que nous t'ayons transmis le plaisir et l'intérêt (enfin de ma part tout au moins) que nous avons pris à cet échange...


    @ bye
    Merci de tes explications. Tu sais je connais assez bien la pensée anarchiste, non seulement pour l'avoir étudiée en idées-po (ha l'anarcho-syndicalisme !) mais aussi parce qu'ayant beaucoup discuté avec des anarchistes, et quelquefois rudement, j'ai étudié profondément leur pensée pour me hisser à leur niveau de connaissance (et pouvoir aussi parfois batailler idéologiquement avec eux) : et c'est un régal de partager ainsi avec eux
    C'est une pensée que je respecte profondément, car elle est généreuse...et je sais bien que ce n'est pas une idéologie ni une simple doctrine politique mais une "morale" (ouhlàlà , je sens que tu vas détester ce mot... soit assuré que de ma part il n'en en aucune manière péjoratif) disons une éthique de vie et de relation.
    Je suis aussi de près beaucoup de sites anarchistes qui sont des trésors aussi bien d'information sur les faits sociaux actuels, que d'inspiration et de réflexion et toujours avec d'impressionnantes bibliographies...
    Il y a une chose que tu dis avec laquelle je ne peux être totalement d'accord : "nous n'avons aucun dogme"A priori oui, c'est ce qui constitue la base de votre vision du monde...
    mais si l'on raisonne à contrario on peut trouver un certain dogme dans votre affirmation de base "ni maitres ni Dieu".. Connais-tu Jacques Ellul ? ce fut un historien, philosophe, juriste, de toute première importance : travaillant avec Charbonneau, sur la société technicienne et son inhumanité, il a été le bâtisseur (entre les années 1950 et 70) d'une vision de l'avenir totalement prophétique, prédisant tout ce qui arrive maintenant mais surtout tentant de chercher les moyens d'échapper à cette toute puissance de la recherche de l'efficacité technicienne (et de ses moyens d'action la propagande) au détriment de l'humain. Le mouvement décroissant d'aujourd'hui se réclame totalement de sa pensée. Et bien, Jacques Ellul était tout cela mais aussi un grand théologien, croyant (et très contestataire contre le pouvoir de l'église car dans son libre "la subversion de l'Eglise", il démontre comment l'église totalement dénaturé, subverti le message original du Christ
    Il travailla longtemps avec Debord et les anarchistes : leurs idées étaient très proches (fondation de communautés auto-gérées etc...) , il fut rejeté par eux pour cette raison, parce qu'il était croyant... on n'est pas loin du rejet dogmatique non ?
    Qu'en penses-tu ? ne vois dans ma question aucune provocation, c'est juste une question (et l'envie aussi de vous faire connaître Jacques Ellul, un des plus grands penseurs humanistes de tous les temps...


    @ Charpal : amusant cette similarité d'intérêts et de formation. C'est sans doute pour cela que j'ai bien accroché à ton essai : quand les mots veulent dire les mêmes choses pour deux personnes, un grand bout du chemin menant à une communication de qualité est déjà franchi !
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8754
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par bye le Jeu 11 Fév - 19:53

    Tout d'abord, je te répondrai Abeau, que je ne connais que de nom ( en seulement quelques aspects ), Jacques Ellul.
    Concernant la défiance vis-à-vis de l'affirmation dogmatique, je préciserais qu'il ne faut pas la rapprocher, voire la confondre avec la nécessité, vérifiable à chaque instant, de principes de base politiques; on pourrait aussi, nier l'obligation de mettre à bas l'Etat, qui pourrait apparaître, comme un combat, un angle dogmatique.D'autes mouvements révolutionnaires s'en accomodent fort bien, même provisoirement ( selon eux )..
    En dehors de quelques obligations incontournables de militer pour une société sans classes ni Etat, débarrassée de toute forme d'oppression ( et l'Eglise ou toute religion en a revêtu et continue, les plus abjects habits,..), les chemins qui mènent vers cet affranchissement sont multiples, et ne répondent pas à un schéma figé.
    Des anarcho-syndicalites aux comunistes libertaires, en n'oubliant pas les individualistes,..la famille est vaste, avec ses théories, ses combats d'aujourd'hui et d'hier.
    Puisque toute forme oppression politique, armée, sociale,..doit disparaître, il est évident que le religieux ne devrait être conservé que comme une croyance individuelle, et non pas comme un pouvoir moral, voire politique et économique,.. encore bien présent aujourd'hui.
    Je reviens à J.Ellul: les quelques renseignements que j'ai sur lui, laissent apparaître qu'il a été tenté par la représentation politique ( il s'est même présenté aux élections à plusieurs reprises, je crois ), et était membre du Conseil de l'Eglise réformée de France. Je ne sais quels ont été ses rapports avec Debord, les situationnistes,..mais même s'il a écrit, oeuvré pour uen société débarrassée du joug des technicistes, ou des productivistes, je pense qu'il était difficile de cheminer plus avant.
    Il est énormément de personnes intéressantes, ayant des projets sérieux, mais de là à construire un projet révolutionnaire ensemble, c'est nettement plus problématique.
    L'histoire a souvent démontré, et elle le prouve encore, que lorsque ne sont pas articulées ensemble les bases incontournables de l'éradication de l'exploitation et de l'oppression, ou même pensées aujourd'hui, le réformisme s'installe.
    Pour terminer, j'ajouterais que la conception économique d'une pensée libertaire, crée d'intenses débats et illustrerait s'il le fallait, la non-fermeture, le non-dogme. En dehors de quelques grandes lignes de force, et tout en prenant en compte la complexité de notre société d'aujourd'hui, c'est "ouvert".
    La décroissance est bien sûr, un thème, une nécessité urgente; et ce ne sont pas les alarmes dûes aux dérèglements du climat, bien entendu, qui ont poussé les anarchistes à réfléchir sur cette "rupture" dans l'ordre de ce système marchand, et gaspilleur, notamment.

    Contenu sponsorisé

    Re: TRANSFERT DES CENDRES DE CAMUS AU PANTHEON

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Sam 23 Sep - 15:44