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    Poèmes de la liberté

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    Poèmes de la liberté

    Message par bye le Jeu 24 Fév - 19:09

    En hommage aux peuples qui se battent si vaillamment pour leur liberté, voici un florilège de poèmes écrits, à travers les siècles, contre l'oppression.

    Donnez l'aumosne aux prisonniers,
    Réconfort et Espoir aussy;
    Tant feray au jaulier Soussy
    Qu'il leur portera voulentiers.

    Ilz n'ont ne vivres, ne deniers,
    Crians de fain : il est ainsy.
    Donnez l'aumosne aux prisonniers,
    Réconfort et Espoir aussy.

    Meschans ont esté mesnagiers
    Tenuz pour debte jusques cy:
    Faictes les euvres de mercy,
    Comme vous estes coustumiers:
    Donnez l'aumosne aux prisonniers!

    Charles d'Orléans
    né et mort à Paris, 1391 - 1461
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    Rabasse du sud

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Rabasse du sud le Jeu 24 Fév - 21:34

    Liberté

    Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable de neige
    J’écris ton nom

    Sur les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

    Sur chaque bouffées d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes raisons réunies
    J’écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attendries
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

    Liberté

    Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942


    un grand "classique".......

    à côté du radiateur, l'hiver
    à la même place, au printemps
    par delà la fenêtre, l'été
    je regardais l'automne arrivé.
    au fil des saisons, sur mon banc
    de la terre au nuage
    c'est en Paul Eluard
    que le saut me fut rage,
    alors

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom
    liberté



    merci bye


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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Ven 25 Fév - 19:52

    merci à toi, cher Rabasse du Sud

    Princes, qui tenez les tresgrans Estatz
    Sans regarder la façon et maniere
    Vous courroucez tant de gens en ung tas
    Que par vous va ce que devant derrière.
    Pource maintenez par raison droicturiere,

    Car en ce printemps et nouvelle saison
    Les vers manteaulx en feront la raison.
    Que pensés vous ? Prenés vous voz esbatz
    A mettre sus une telle matière ?

    Par ce moyen vous forgez grans debatz
    Qui dureront au moins l'annee entire.
    Et vous dis bien, se ce temps dure guere
    Et Dieu recoipt de chascun l'oraison,
    Les vers manteaulx en feront la raison.

    Vous faites tant de gens crier helas,
    En haulte voix faisant a Dieu priere,
    Qu'ensemble vous puissiez dsecendre en bas
    Au puis d'enfer, la teste la premiere!
    Car aussi bien, s'on met aux champs baniere
    Ce temps d'iver, vous verrés qu'a saison
    Les vers manteaulx en feront la raison.

    Prince, regarde a qui baillié tu as
    Toute la charge de ta noble maison,
    En pense bien comment garder te pourras;
    Les vers manteaulx en feront la raison.

    Balade contre les princes

    Guillaume Coquillart
    né à reims en 1421, mort en 1490
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Sam 26 Fév - 16:40

    Freres humains qui après nous vivez,
    N'ayez les cuers contre nous endurcis,
    Car, se pitié de nius povres avez,
    Dieu en aura plus tost de vous mercis.
    Vous nous voiez cy attachez cinq, six :
    Quant de la chair, que trop avons nourrie,
    Elle est pieça devorée et pourrie,
    Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
    De nostre mal personne ne s'en rie :
    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

    Se freres vous clamons, pas n'en devez
    Avoir desdaing, quoy que fusmes occis
    Par justice. Toutesfois, vous sçavez
    Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis ;
    Excusez nous, puis que sommes transsis,
    Envers le fils de la Vierge Marie,
    Que sa grace ne soit pour nous tarie,
    Nous preservant de l'infernale fouldre.
    Nous sommes mors, ame ne nous harie ;
    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

    La pluye nous a debuez et lavez,
    Et le soleil dessechiez et noircis ;
    Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,
    Et arrachié la barbe et les sourcis.
    Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
    Puis ça, puis la, comme le temps varie,
    A son plaisir sans cesser nous charie,
    Plus becquetez d'oiseaulx que dez a couldre.
    Ne soiez donc de nostre confrerie ;
    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

    Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
    Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
    A luy n'ayons que faire ne que souldre.
    Hommes, icy n'a point de mocquerie ;
    Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

    Ballade des pendus

    François Villon
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Dim 27 Fév - 8:58

    Avec le pied marchait ma fantaisie
    Où je voulais, sans peur ne jalousie,
    Seigneur de mon plaisir.

    Mais aussitôt que, par mauvais désastre,
    Je vis ton sein blanchissant comme albastre,
    Et tes yeux, deux soleils,
    Tes beaux cheveux épanchés par ondées,
    Et les beaux lis de tes lèvres bordées
    De cent oeillets vermeils,

    Incontinent j'appris que c'est service.
    La liberté, de mon âme nourrice,
    S'échappa loin de moi :
    Dedans tes rets ma première franchise,
    Pour obéir à ton bel oeil, fut prise
    Esclave sous ta loi.

    Tu mis, cruelle, en signe de conquête,
    Comme vainqueur tes deux pieds sur ma tête,
    Et du front m'as ôté
    L'honneur, la honte et l'audace première,
    Accouardant mon âme prisonnière,
    Serve à ta volonté.

    Vengeant d'un coup mille fautes commises,
    Et les beautés qu'à grand tort j'avais mises
    Paravant à mépris,
    Qui me priaient en lieu que je te prie ;
    Mais d'autant plus que merci je te crie,
    Tu es sourde à mes cris,

    Et ne réponds non plus que la fontaine
    Qui de Narcis mira la forme vaine,
    En vengeant à son bord
    Mille beautés des Nymphes amoureuses,
    Que cet enfant par mines dédaigneuses
    Avait mises à mort.

    Pierre de Ronsard
    Né à la Poissonnière ( Vendômois ) en 1524.
    Mort au Prieuré Saint-Côme en 1585.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Lun 28 Fév - 6:19

    Liberté douce et gratieuse,
    Des petis animaux le plus riche tresor,
    Ha liberté, combien es tu plus precieuse
    Ni que les perles ni que l'or !
    Suivant par les bois à la chasse
    Les escureux sautans, moy qui estois captif,
    Envieux de leur bien, leur malheur je prochasse,
    Et en pris un entier et vif.
    J'en fis present à ma mignonne
    Qui luy tressa de soie un cordon pour prison ;
    Mais les frians apas du sucre qu'on lui donne
    Luy sont plus mortelz que poison.
    Les mains de neige qui le lient,
    Lse attraians regars qui le vont decepvant
    Plutot obstinement à la mort le convient
    Qu'estre prisonnier et vivant.

    Las! commant ne suis je semblable
    Au petit escurieu qui estant arresté
    Meurt de regrets sasn fin et n'a si agreable
    Sa vie que sa liberté.

    O douce fin de triste vie
    De ce cueur qui choisist sa mort pour les malheurs,
    Qui pour els surmonter sacrifie sa vie
    Au regret des champs et dse fleurs !
    Ainsi après mille batailles,
    Vengeans leur liberté on a veu les Romains
    Planter leurs chauds poignards en leurs vives entrailles,
    Se guerir pour estre inhumains,
    Mais tant s'en fault que je ruine
    Ma vie et ma prison qu'elle me plaist si fort,
    Qu'en riant je gazouille, ainsiq eu fait le cigne,
    Les douces chansons de ma mort.

    Le printemps du sieur Aubigné.

    Aggrippa d'Aubigné
    Né à Pons ( Saintonge ) en 1552, mort à Genève en 1630.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mar 1 Mar - 7:06

    Le roi notre sire
    Pour bonnes raisons
    Que l'on n'ose dire,
    Et que nous taisons,
    Nous a fait défense
    De plus chanter lanturlu,
    Lanturlu, lanturlu, lanturlu, lanturlu.

    La reine sa mère
    Reviendra bientôt,
    Et monsieur son frère,
    Ne dira plus mot.
    Il sera paisible,
    Pourvu qu'on ne chante plus
    Lanturlu, lanturlu, lanturlu, lanturlu.

    De la Grand'Bretagne
    Les ambassadeurs
    Ceux du roi d'Espagne,
    Et des électeurs,
    Se sont venus plaindre
    D'avoir partout entendu,
    Lanturlu, lanturlu, lanturlu, lanturlu.

    Ils ont fait leur plainte
    Fort éloquemment
    Et parlé sans crainte
    Du gouvernement :
    Pour les satisfaire,
    Le roi leur a répondu,
    Lanturlu, lanturlu,lanturlu, lanturlu.

    Dans cette querelle
    le bon cardinal,
    Dont l'âme fidèle
    Ne pense à nul mal,
    A promis merveilles,
    Et puis a dit à ( Bautru ):
    Lanturlu, lanturlu,lanturlu, lanturlu.

    Dessus cette affaire
    Le nonce parla,
    Et notre ( Saint-Père )
    Entendant cela,
    Au milieu de Rome,
    S'écria comme un perdu,
    Lanturlu, lanturlu,lanturlu, lanturlu.

    Pour bannir de France
    Ces troubles nouveaux,
    Avec grand'prudence,
    Le garde des sceaux
    A scellé des lettres,
    Dont voici le contenu,
    Lanturlu, lanturlu,lanturlu, lanturlu.

    Vincent Voiture
    né à Amiens en 1597, mort en 1648.




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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mer 2 Mar - 6:17

    Ode à Régnier sur ses Satyres

    Qui de nous se pourroit vanter
    De n'estre point en servitude ?
    Si l'heur, le courage et l'estude
    Ne nous en sçauroient exempter,
    Si chacun languit abbatu,
    Serf de l'espoir qui l'importune,
    Et si mesme on voit la vertu
    Estre esclave de la fortune.

    L'un se rend aux plus grands subject,
    Les grands le sont à la contrainte,
    L'autre aux douleurs, l'autre à la crainte,
    Et l'autre à l'amoureux object ;
    Le monde est en captivité,
    Nous sommes tous serfs de nature,
    Ou vifs de nostre volupté,
    Ou morts de nostre sepulture.

    Mais en ce temps de fiction
    Et que ses humeurs on déguise,
    Temps où la servile feintise
    Se fait nommer discretion ;
    Chacun faisant le reservé,
    Et de son plaisir son Idole,
    REGNIER, tu t'es bien conservé
    La liberté de la parole.

    Ta libre et veritable voix
    Monstre si bien l'erreur des hommes,
    Le vice du temps où nous sommes,
    Et le mespris qu'on fait des loix,
    Que ceux qu'il te plaist de toucher
    Des poignards traits de ta Satyre,
    S'ils n'avoient honte de pecher,
    En auroient de te l'ouïr dire.

    Pleust à Dieu que tes vers si doux,
    Contraires à ceux de Tyrtée,
    Flechissent l'audace indontée
    Qui met nos guerriers en couroux,
    Alors que la jeune chaleur
    Ardeurs au duel les fait estre,
    Exposant leur forte valeur,
    Dont ils debvroient servir leur maistre.

    Flatte leurs coeurs trop valeureux
    Et d'autres desseins leur imprimes ;
    Laisses là les faiseurs de rymes
    Qui ne sont jamais malheureux
    Sinon quand leur temerité
    Se feint un merite si rare
    Que leur espoir precipité
    A la fin devient un Icare.

    Si l'un d'eux te vouloit blasmer
    Par coustume ou par ignorance,
    Ce ne seroit qu'en esperance
    De s'en faire plus estimer ;
    Mais alors d'un vers menaçant,
    Tu luy ferois voir que ta plume
    Est celle d'un aigle puissant
    Qui celles dse autres consume.

    Romprois-tu pour eux l'union
    De la muse et de ton genie,
    Asservy soubs la tyrannie
    De leur commune opinion ?
    Croy plustost que jamais les Cieux
    Ne regarderent favorables
    L'envie, et que les envieux
    Sont tousjours les plus miserables.

    N'escry point pour un foible honneur,
    Tasche seulement de te plaire,
    On est moins prisé du vulgaire
    Par merite que par bonheur
    Mais garde que le jugement
    D'un insolent te fasse blesme,
    Ou tu deviendras autrement
    Le propre tyran de toy mesme.

    REGNIER, la louange n'est rien ;
    Des faveurs elle a sa naissance ;
    N'estant point en nostre puissance,
    Je ne la puis nommer un bien.
    Fuy donc la gloire qui deçoit
    La vaine et credule personne
    Et ce n'est pas à qui la reçoit :
    Elle est à celuy qui la donne.

    Pierre Motin
    né à Bourges, mort en 1615.

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Jeu 3 Mar - 6:43

    Le loup et le chien

    Un loup n'avoit que les os et la peau,
    Tant les chiens faisoient bonne garde.
    Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
    Gras, poli, qui s'étoit fourvoyé par mégarde.
    L'attaquer, le mettre en quartiers,
    Sire Loup l'eût fait volontiers ;
    Mais il falloit livrer bataille ;
    Et le mâtin étoit de taille
    A se défendre hardiment.
    Le Loup donc l'aborde humblement,
    Entre en propos, et lui fait compliment
    Sur son embonpoint, qu'il admire.
    " Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
    D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
    Quittez les bois, vous ferez bien :
    Vos pareils y sont misérables,
    Cancres, hères, et pauvres diables,
    Dont la condition est de mourir de faim.
    Car, quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
    Tout à la pointe de l'épée.
    Suivez-moi, vous aurez un bien meilleur destin."
    Le Loup reprit : " Que me faufra-t-il faire ?
    - Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
    Portant bâtons, et mendiants ;
    Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
    Moyennant quoi votre salaire
    Sera force reliefs de toutes les façons,
    Os de poulets, os de pigeons ;
    Sans parler de mainte caresse. "
    Le Loup déjà se forge une félicité
    Qui le fait pleurer de tendresse.
    Chemin faisant, il vit le cou du Chien pelé.
    " Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ! rien ?
    - Peu de chose.
    - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
    Dont ce que vous voyez est peut-être la cause.
    - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
    Où vous voulez ? - Pas toujours : mais qu'importe ?
    - Il importe si bien, que de tous vos repas
    Je ne veux en aucune sorte,
    Et ne voudrois pas même à ce prix un trésor."
    Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

    Jean De La Fontaine
    né à Château-Thierry en 1621, mort à Paris en 1695.



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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Ven 4 Mar - 8:17

    Noble ami ! Où s'ouvre aujourd'hui à la paix,
    Où s'ouvre à la Liberté un lieu de refuge ?
    Le siècle s'en est allé dans la tempête,
    Le siècle nouveau s'ouvre par le meurtre.

    Et le lien des nations est supprimé,
    Et les formes anciennes s'effondrent !
    Ni l'océan ne met un frein au déchaînement de la guerre,
    Ni le dieu du Nil, ni l'antique Rhin.

    Deux nations puissantes se disputent
    L'exclusive possession du monde.
    Pour dévorer la liberté de tous les peuples
    Elles brandissent le trident et l'éclair.

    Chaque pays doit leur peser son tribut d'or,
    Et comme Brennus dans les temps barbares,
    Le Franc met son glaive d'airain
    Dans la balance de la Justice.

    Le Britannique étend ses flottes de commerce
    Avidement comme des bras de polype,
    Et le royaume de la libre Amphitrite
    Il entend le clore comme sa propre maison.

    Jusqu'aux astres jamais contemplés du pôle astral
    S'étend sa course infatigable que rien n'entrave,
    Il découvre toutes les îles, il découvre toutes les lointaines
    Rives...il n'est que le paradis qu'il ne découvre pas.

    Ah ! c'est en vain que sur toutes les cartes des nations
    Ton regard cherche le domaine bienheureux
    Où fleurit le jardin éternellement vert de la Liberté,
    Où fleurit la belle jeunesse de l'humanité.

    Le monde infini s'étend devant ton regard,
    Et la navigation elle-même le mesure à peine.
    Cependant sur son dos sans limites
    Il n'y a point place pour dix heureux.

    C'est dans le silence sacré des demeures du coeur
    Qu'il faut fuir hors de la poursuite harcelante de la vie :
    La Liberté n'existe que dans le royaume dse rêves,
    Et le Beau ne fleurit que dasn le chant du poète.

    Friedrich Schiller Début du nouveau siècle.
    Né à Marbach ( Wurtemberg ) en 1759.
    mort à Weimar en 1805.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par ecotone le Ven 4 Mar - 18:05

    Ah! Mon cher Bye,

    Quelles belles poésies, triste sujet, et si ancien...

    La Migration, une aventure qui a construit notre Humanité, et qui à coup de lois sécuritaires et liberticides tentent de détruire notre humanité... et depuis tant de siècles...

    Finalement, nous y résistons bien, ils ne réussiront pas à supprimer tout le lien social. Les délits de solidarité n'y suffiront pas, notre liberté est là, elle nous relie toujours, et a plus de pouvoir que leur domination.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Sam 5 Mar - 7:00

    Oui, chère Ecotone, la domination n'est pas inhérente, contrairement à ce que l'on s'obstine à nous faire croire, à l'être humain, et ne conditionne pas ses relations à autrui, même si parfois le scepticisme nous guette..

    J'ai pris goût à la république,
    Depuis que j'ai vu tant de rois.
    Je m'en fais une, et je m'applique
    A lui donner de bonnes lois.

    On n'y commerce que pour boire,
    On n'y juge qu'avec gaîté ;
    Ma table est tout son territoire ;
    Sa devise est la liberté.

    Amis, prenons tous notre verre :
    Le sénat s'assemble aujourd'hui.
    D'abord par un arrêt sévère,
    A jamais proscrivons l'ennui.
    Quoi ! proscrire ? Ah ! ce mot doit être
    Inconnu dans notre cité.
    Chez nous l'ennui ne pourra naître.
    Le plaisir suit la liberté.

    Du luxe, dont elle est blessée,
    La joie ici défend l'abus :
    Point d'entraves à la pensée,
    Par ordonnance de Bacchus.
    A son gré que chacun professe
    Le culte de la déité ;
    Qu'on puisse aller même à la messe :
    Ainsi le veut la liberté.

    La noblesse est trop abusive :
    Ne parlons point de nos aïeux.
    Point de titre, même au convive
    Qui rit le plus ou boit le mieux.
    Et si quelqu'un, d'humeur traîtresse,
    Aspirait à la royauté,
    Plongeons ce César dans l'ivresse,
    Nous sauverons la liberté.

    Trinquons à notre république,
    Pour voir son destin affermi.
    Mais ce peuple si pacifique

    Déjà redoute un ennemi :
    C'est Lisette qui nous rappelle
    Sous les lois de la volupté.
    Elle veut régner, elle est belle ;
    C'est en fait de la liberté.

    Pierre Jean de Béranger
    né et mort à Paris, 1780-1857


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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Dim 6 Mar - 8:29

    Liberté !

    De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
    De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages ,
    Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
    De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
    Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
    L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?
    Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
    Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
    Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?

    Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle ?
    Qui sait si le verdier qu'on dérobe aux rameaux,
    Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux
    Et la servitude inutile des bêtes
    Ne se résolvent pas en Nérons sur nos têtes ?
    Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ?
    Oh! de nos actions qui sait les contrecoups,
    Et quels noirs croisements ont au fond du mystère
    Tant de choses qu'on fait en riant sur la terre ?
    Quand vous cadenassez sous un réseau de fer
    Tous ces buveurs d'azur faits pour s'enivrer d'air,
    Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue,
    Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue,
    Croyez-vous que le bec sanglant dse passereaux
    Ne touche pas l'homme en heurtant ces barreaux ?
    Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde !
    Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde.

    Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchants ?
    A tous ces enfermés donnez la clé des champs !
    Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles !
    Les âmes expieront tout ce qu'on fait aux ailes.
    La balance invisible a deux plateaux obscurs.
    Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs !
    Du treillage aux fils d'or naissent les noirse grilles ;
    La voilière sinistre est mère des bastilles.
    Respect aux doux passants des airs, des prés, dse eaux !
    Toute la liberté qu'on prend à des oiseaux
    Le destin juste et dur la reprend à dse hommes.
    Nous avons des tyrans parce que nous en sommes.
    Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant
    Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ?

    Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre.
    Toute l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre
    Se penche, et te dévoue à l'expiation.
    Je t'admire, oppresseur, criant : oppression !
    Le sort te tient pendant que ta démence brave
    Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave ;
    Et la cage qui pend au seuil de ta maison
    Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.

    Victor Hugo
    né à Besançon en 1802
    mort à Paris en 1885
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Lun 7 Mar - 7:02

    C'est que la liberté n'est pas une comtesse
    Du noble faubourg Saint-Germain,
    Une femme qu'un cri fait tomber en faiblesse,
    Qui met du blanc et du carmin :
    C'est une forte femme aux puissantes mamelles,
    A la voix rauque, aux durs appas,
    Qui, du brun sur la peau, du feu dans les prunelles,
    Agile et marchant à grands pas,
    Se plaît aux cris du peuple, aux sanglantes mêlées,
    Aux longs roulements de tambours,
    A l'odeur de la poudre, aux lointaines volées
    Des cloches et des canons sourds ;
    Qui ne prend ses amours que dans la populace ;
    Qui ne prête son large flanc
    Qu'à des gens forts comme elle, et qui veut qu'on l'embrasse
    Avec des bras rouges de sang.

    C'est la vierge fougueuse, enfant de la Bastille,
    Qui jadis, lorsqu'elle apparut
    Avec son air hardi, lorsqu'elle apparut
    Cinq ans mit tout le peuple en rut ;
    Qui, plus tard, entonnant une marche guerrière,
    Lasse de ses premiers amants,
    Jeta là son bonnet, et devint vivandière
    D'un capitaine de vingt ans :
    C'est cette femme, enfin, qui, toujours belle et nue
    Avec l'écharpe aux trois couleurs,
    Dans nos murs mitraillés tout à coup reparue,
    Vient de sécher nos yeux en pleurs,
    De remettre en trois jours une haute couronne
    Aux mains des Français soulevés,
    D'écraser une armée et de broyer un trône
    Avec quelques tas de pavés.

    Auguste Barbier
    La Curée ( lambes III et IV )
    né à Paris en 1805, mort à Nice en 1882.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mar 8 Mar - 6:43

    Rencontrant la chaîne des bagnes,
    Le plus grand héros des Espagnes,
    Don Quichotte , accourt, lance au poing !
    Sancho voudrait n'en être point !
    L'argousin fuit ; le fou sublime
    Des fers arrache une victime.
    " - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    - Ami Sancho, je fais mon oeuvre,
    Ce vieux forçat, c'est le manoeuvre,
    Outil dans sa rouille ébréché
    L'argent, ce maître sans entrailles,
    L'use, puis le jette aux ferrailles.
    - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    - Sancho, je délivre et protège
    Ce petit forçat du collège,
    Nourri d'un savoir recraché
    Par les pédants qui l'ont mâché.
    Cet esprit dont ils font un cancre
    N'est qu'un cahier barbouillé d'encre...
    - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    Sors aussi, forçat de caserne,
    Ta cervelle est une giberne,
    Ta conscience, un mousqueton ;
    Tu n'es plus qu'un homme à piston.
    Pour ce métier de cannibales
    On vous fond dans un moule à balles...
    - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    Et toi, forçat des sacristies,
    Jette la soutane aux orties,
    Le cloître a fait pousser en toi
    Les moisissures de la Foi.
    Rome lymphatique propage
    Les scrofules du moyen âge...
    - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    Toi, surtout, femme infortunée,
    Incomparable Dulcinée,
    Qui gémit aux mains des géants
    Et des enchanteurs mécréants,
    Du coeur la loi rompt l'équilibre,
    Il demande l'union libre.
    - Monsieur, disait Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !

    O fleur de la chevalerie !
    Dis-je alors dans ma rêverie,
    Attaque ces géants de front
    Malgré ton écuyer poltron.
    Car, jusqu'au jour où ton épée
    Aura clos la grande Epopée,
    - Monsieur, dira Sancho Pança,
    Laissez donc la chaîne au forçat !"

    Eugène Pottier
    Don Quichotte- Paris, 1869 -
    né et mort à Paris, 1810-1888.






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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Mar 8 Mar - 18:43

    Malgre quelques mots que je dois trouver au dictionnaire il y a deux beautés

    La qualité du texte mais aussi et surtout la qualité sociale, une sorte de parabole du misérable

    Nous rentrons dans l'ame de l'ecrivaint dans une époque, une ambiance, alors le plaisir est plus grand que de samplement admirer la qualité poétique déjà phénoménale

    Merci monsieur
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mer 9 Mar - 7:25

    Je suis heureux que ces poèmes te plaisent, cher Grammophone. Les poètes ont été, et restent, les pourfendeurs de la servitude.

    La mort d'un lion

    Etant un vieux chasseur altéré de grand air
    Et du sang noir des boeufs, il avait l'habitude
    De contempler de haut les plaines et la mer
    Et de rugir en paix, libre en sa solitude.

    Aussi, comme un damné qui rôde dans l'enfer,
    Pour l'inepte plaisir de cette multitude
    Il allait et venait dans sa cage de fer,
    Heurtant les deux cloisons avec sa tête rude.

    L'horrible sort, enfin, ne devant plus changer,
    Il cessa brusquement de boire et de manger,
    Et la mort emporta son âme vagabonde.

    O coeur toujours en proie à la rébellion,
    Qui tournes, haletant, dans la cage du monde,
    Lâche, que ne fais-tu comme a fait ce lion ?

    Leconte de L'Isle
    né à Saint-Paul- de-la-Réunion en 1818,
    mort en 1894 à Louveciennes.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Mer 9 Mar - 7:47

    entre nous, que personne le sache LOL

    Bien que j'aime la poésie, et que pour chaque femme que j'aurais aime j'ai sans doute fabriqué des poèmes; j'aimais pas la poésie, courante, c'est à dire romantique, dans un hélant d'hypocrisie d'adolescent sans doute.

    C'est après les 22 ans que j'ai commencé à force, à m'intéresser, puis a mon arrivée en France, des journées au Centre Pompidou, quelle joie, d'ailleurs j'avais l'obligation pour apprendre la langue d'y aller au laboratoire de langues, il faut arriver au moins une heure avant, pour avoir une bonne place.

    mais comment au laboratoire il y a des règles une heure puis, une fois de plus refaire la queue, en fait j'ai eus pendant au moins deux mois un quotidien monotone, mais venant de la colombie, ou la bibliothèque de la u ne pouvais faire la moitié du centre Pompidou, puis, aussi je dois avouer, la profusion de nationalités, pour moi toute une nouveauté

    quand j'ai quitté les béquilles, des fondements, alors j'allais, lire, en français pour mettre en pratique mes acquis. avec mon petit dictionnaire bilingue toujours à la main. J'ai lu plutôt dans l'étage des sciences sociales, j'ai dois admettre que la littérature en tant que telle, m'intéressais moins, par contre j'ai du lire pas mal dans la partie sémiotique, et linguistique. La poésie reste pour moi secondaire, j'avais soif de comprendre la culture, ses racines, son histoire... Mais j'aime bien sur aujourd'hui Verlaine parmi les autres, reste un modèle.

    j'ai fréquenté cette merveilleuse bibliothèque entre novembre 88 et avril 89, il y avais me semble un visage sculpté avec des tubes fins d'une taille géante dans le hall d'entrée, j'ai reste des jours entiers là dedans. les jours de fermeture je me sentais comment un fumeur sans cigarettes.


    Dernière édition par gramophone le Mer 9 Mar - 7:53, édité 1 fois (Raison : Centre Pompidou, gramophone, poésie, autobiographie.)
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Jeu 10 Mar - 7:12

    C'est d'accord, Grammophone, personne ne le saura.Comme l'infini des territoires de poésie restant à découvrir, un peu comme le trajet humain, immense et nous interrogeant sans cesse.

    Roulements de tambour

    O Liberté, tourne-toi, car la guerre est finie,
    D'elle et tout désormais, t'épandant, sans plus douter, résolue, embrassant le monde,
    Détourne-toi des pays restés face en arrière à recueillir les témoignages du passé,
    Des chanteurs qui chantent dans le sillage des gloires du passé,
    Des poèmes du monde féodal, triomphes des rois, servitudes, castes,
    Tourne-toi vers le monde dse triomphes en réserve et à venir
    - laisse-là ce monde arriéré,
    Abandonne-le aux chanteurs d'hier, donne-leur le sillage du passé,
    Mais ce qui reste, reste pour ceux qui chanteront pour toi
    - les guerres à venir seront pour toi,
    ( Vois, comme les guerres du passé t'ont dûment profité et les guerres du présent également te profiteront );
    Ainsi tourne-toi, et sois sns alarmes, ô Liberté
    - tourne ton immortel visage,
    Vers ce monde où le futur, plus grand que tout le passé,
    Prompt et sûr, se prépare pour toi.

    Walt Whitman
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Ven 11 Mar - 7:44

    Pour Grammophone

    Des morts

    O cloître Saint-Merry funèbre ! sombres nues !
    Je ne foule jamais votre morne pavé
    Sans frissonner devant les affres apparues.

    Toujours ton mur en vain recrépit et lavé,
    O maison Transnonnain, coin maudit, angle infâme,
    Saignera, monstrueux, dans mon coeur soulevé.

    Quelques-uns d'entre ceux de Juillet que le blâme
    De leurs frères repus ne décourage point,
    Trouvent bon de montrer la candeur de leur âme.

    Alors dupes ? - eh bien ! ils l'étaient à ce point
    De mourir pour leur oeuvre incomplète et trahie.
    Ils moururent contents le drapeau rouge au poing.

    Mort grotesque d'ailleurs, car la tourbe ébahie
    Et pâle des bourgeois, leurs vainqueurs étonnés,
    Ne comprit rien du tout à leur cause haïe.

    C'était des jeunes gens francs qui riaient au nez
    De tout intrigant comme au nez de tout despote,
    Et de tout compromis désillusionnés.

    Ils ne redoutaient pas pour la France la botte
    Et l'éperon d'un Czar absolu beaucoup plus
    Que la molette d'un monarque en redingote.

    Ils voulaient le devoir et le droit absolus,
    Ils voulaient "la cavale indomptée et rebelle",
    Le soleil sans couchant, l'Océan sans reflux.

    La République, ils la voulaient terrible et belle,
    Rouge et non tricolore, et devenaient très froids
    Quant à la liberté conditionnelle...

    Ils étaient peu nombreux, tout au plus deux ou trois
    Centaines d'écoliers, ayant maîtresse et mère,
    Faits d'hommes par la haine et le dégoût des Rois.

    Ils savaient qu'isl allaient mourir pour leu chimère,
    Et n'avaient pas d'espoir de vaincre, c'est pourquoi
    Un orgueil douloureux crispait leur lèvre amère;

    Et c'est pourquoi leurs yeux réverbéraient la foi
    Calme ironiquement dse martyres stériles,
    Quand ils tombèrent sous les balles et la loi.

    Et tous, comme à Pharsale et comme aux Thermopyles,
    Vendirent cher leur vie et tinrent en échec
    Par deux fois les courroux dse généraux habiles.

    Aussi, quand sous le nombre ils fléchirent, avec
    Quelle rage les bons bourgeois de la milice
    Tuèrent les blessés indomptés à l'oeil sec.

    Et dans le sang sacré dse morts où le pied glisse,
    Barbottèrent, sauveurs tardifs et nasillards
    Du nouveau Capitole et du Roi, leur complice.

    - Jeunes morts, qui seriez aujourd'hui des vieillards,
    Nous envions, hélas! nous vos fils, nous la France,
    Jusqu'au deuil qui suivit vos humbles corbillards,

    Votre mort, en dépit des serments d'allégeance,
    Fut-elle pas pleurée, admirée et plus tard
    Vengée, et vos vengeurs sont-ils pas sans vengeance ?

    Ils gisent vos vengeurs à Montmartre, à Clamart,
    Ou sont devenus fous au soleil de Cayenne,
    Ou vivent affamés et pauvres, à l'écart.

    Oh! oui, nous envions la fin stoïcienne
    De ces calmes héros, et surtout jalousons
    Leurs yeux clos, à propos, en une époque ancienne.

    Car leurs yeux contemplant de lointains horizons
    Se fermèrent parmi des visions sublimes,
    Vierges de lâcheté comme de trahison,

    Et ne virent jamais, jamais, ce que nous vîmes.

    Paul Verlaine
    né à Metz en 1844, mort à paris en 1896.







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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Ven 11 Mar - 8:07

    Justement j'y pensé à lui dans un sujet hier soir, je vais laisser le lien:

    http://forums.lefigaro.fr/user/non-frames/message.asp?forumid=73&messageid=2025533&threadid=2025225&parentid=3

    C'est en réponse bien sur à un sujet...
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Ven 11 Mar - 8:13

    ..."Oh! oui, nous envions la fin stoïcienne
    De ces calmes héros, et surtout jalousons
    Leurs yeux clos, à propos, en une époque ancienne.

    Car leurs yeux contemplant de lointains horizons
    Se fermèrent parmi des visions sublimes,
    Vierges de lâcheté comme de trahison"...

    Voilà pour quoi j'insiste pour dire que nous sommes des miroirs de la société, j'ai note dans mon sujet:

    ..."Oû sont passé ces grands? Mon âme pleure leurs absence..."...

    C'est lorsque nous avons lu la poésie que notre conscience s'imprègne, je viens de relire cette belle poésie.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Ven 11 Mar - 8:15

    A quelques heures ( voir les heures de publication) nous abordons le même auteur et ses larmes, voyez vous?

    Toutes mes plus sincères félicitations, quelle coïncidence!

    Attention! Sauf que Verlaine est un géant de l'histoire de la France et le gramophone un petit immigré, sincèrement insignifiant a ses cotés.


    Dernière édition par gramophone le Ven 11 Mar - 8:19, édité 1 fois (Raison : Paul Verlaine, Bye, gramophone, Nestor Elias Ramirez)
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Sam 12 Mar - 9:27

    J'ai lu ton message , cher Grammophone, sur le forum du Figaro: tu es à la hauteur, et surtout à la profondeur de ce que tu admires.
    Voici, ci-dessous, un coup de tonnerre dans la poésie universelle, qui n'en finit pas de m'empêcher de dormir..

    Rages de Césars

    L'homme pâle, le long des pelouses fleuries,
    Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents :
    L'homme pâle repense aux fleurs des Tuileries
    - Et parfois son oeil terne a des regards ardents...

    Car l'Empereur est soûl de ses vingt ans d'orgie !
    Il s'était dit : "Je vais souffler la Liberté
    Bien délicatement, ainsi qu'une bougie ! "
    La Liberté revit ! Il se sent éreinté !

    Il est pris. - Oh ! quel nom sur ses lèvrse muettes
    Tressaille ? Quel regret implacable le mord ?
    On ne le saura pas. L'Empereur a l'oeil mort.

    Il repense peut-être au Compère en lunettes...
    - Et regarde filer de son cigare en feu,
    Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu.

    Arthur Rimbaud.
    né à Charleville en 1854, mort à Marseille en 1891.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Dim 13 Mar - 9:53

    L'habitude

    La goutte d'eau de l'Habitude
    Corrode notre liberté
    Et met sur notre volonté
    La rouille de la servitude.

    Elle infiltre une quiétude
    Pleine d'incuriosité :
    La goutte d'eau de l'Habitude
    Corrode notre liberté.

    Qui donc fertilise l'étude
    Et fait croupir l'oisiveté ?
    Qui donc endort l'adversité
    Et moisit la béatitude ?
    La goutte d'eau de l'habitude !

    Maurice Rollinat
    né à Châteauroux en 1846, mort à Ivry en 1903.

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    Re: Poèmes de la liberté

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