LIBRE DISCUSSION DANS LES COULISSES DE DEMAIN

Débattons en toute liberté, dans le respect de l’autre, sur tous les sujets qui composent notre société : politique, économie, environnement, religion, philosophie, paranormal, sciences, famille, santé, mode, sexualité, loisirs, sports, divertissements…

Derniers sujets

» Stop Autisme Virtuel L’autisme provoqué par les écrans, ça n’existe pas ! Halte aux théories infondées !
par bye Mar 9 Oct - 12:24

» Rapport des enquêteurs de l’ONU sur la Birmanie : crimes de masse, impunité et transition démocratique à l’arrêt
par bye Mar 2 Oct - 14:36

» Service national universel : surveiller et soumettre
par bye Mar 25 Sep - 10:57

» Un peu moins pauvre ?
par bye Mar 18 Sep - 11:21

» Clément Méric, ni oubli ni pardon
par bye Lun 10 Sep - 12:52

» Liberté de la presse en Birmanie : deux pas en avant, trois en arrière
par bye Mer 5 Sep - 8:49

» Rohingya : un an après... si peu d'avancées 
par bye Ven 24 Aoû - 18:59

» Le Festival de Douarnenez consacre deux journées à la Fédération de la Syrie du nord
par bye Mar 3 Juil - 14:19

» Pour une autre formation professionnelle
par bye Mer 27 Juin - 14:07

» Violences policières, violences d’Etat
par bye Mer 27 Juin - 13:56

» migration internationale
par bye Mar 26 Juin - 19:25

» Guyane : non à la Montagne d’or !
par bye Mar 12 Juin - 18:05

» Crime raciste en Calabre
par bye Ven 8 Juin - 12:17

» Les premiers chiffres de PARCOURSUP : une génération sacrifiée ?
par bye Lun 4 Juin - 17:42

» LES ONG DÉVOILENT LEUR PROJET DE LOI D’AVENIR POUR LES TRANSPORTS ET LA MOBILITÉ
par bye Mar 29 Mai - 18:01

» NE JAMAIS RECHERCHER D’ADHÉSION
par bye Mar 22 Mai - 14:38

» Kanaky, quand le peuple voulait s’éduquer lui-même...
par bye Lun 14 Mai - 10:04

» Anarchisme, éducation et pédagogie
par bye Lun 7 Mai - 13:15

» Cours libres - Debout ! Debout ! C’est maintenant que ça se passe...
par bye Dim 15 Avr - 9:08

» fascisme pas mort, hélas!
par bye Ven 6 Avr - 11:52

» Notre Dame des Landes ou l’art des grands projets inutiles
par bye Mar 3 Avr - 19:20

» MÉDECINS ET ASSOCIATIONS UNISSENT LEURS VOIX POUR RAPPELER L’URGENCE D’AGIR FACE À LA POLLUTION DE L’AIR
par bye Mer 28 Mar - 18:19

» BOMBARDEMENTS AU PROCHE ET MOYEN ORIENT : EXIGEONS LE RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL PAR TOUS
par bye Jeu 22 Mar - 18:08

» Manifestation kurde anti-Erdogan à Bruxelles
par bye Mar 20 Mar - 7:23

» Les cigarettes électroniques, plus dangereuses que bénéfiques ?
par bye Mar 20 Mar - 7:13

» La métamatière et les créations
par Claude De Bortoli Jeu 15 Mar - 11:43

» Scandale sexuel : Oxfam présente ses excuses aux autorités haïtiennes
par bye Ven 9 Mar - 18:50

» SDF, il avait volé des sandwiches dans la poubelle d’Atac
par bye Ven 9 Mar - 18:40

» Malgré l’austérité, la France va dépenser 37 milliards pour son réarmement nucléaire
par bye Ven 9 Mar - 18:31

» La pauvreté s’installe...
par bye Mar 6 Mar - 10:58

» large victoire des grévistes d’HEMERA - HOLIDAY INN
par bye Ven 16 Fév - 10:40

» jeunes à la rue dans le grand froid : faire connaitre est déjà un combat
par bye Mer 14 Fév - 18:07

» National ou civique ou militaire : en arrière-plan du service obligatoire, la militarisation des élèves
par bye Lun 5 Fév - 13:03

» ARRIVÉES ET DEMANDES D'ASILE EN BAISSE EN 2017 EN EUROPE
par bye Mar 30 Jan - 18:29

» Les véritables enjeux des réformes éducatives de Jean-Michel Blanquer
par bye Mar 30 Jan - 15:00

» Contre la sélection à l’université : "On veut de l’inattendu !"
par bye Mar 23 Jan - 19:19

» Les policiers français ont abattu 18 personnes en 2017
par bye Ven 19 Jan - 7:43

» Acheter permis de conduire français
par Pipoinzaghi Mar 16 Jan - 16:02

» Journée internationale des droits de l’Homme : en Birmanie des espoirs déçus
par bye Sam 6 Jan - 7:52

» Tapis dans le bocage : la vérité sur les armes secrètes des "zadistes"
par bye Ven 29 Déc - 14:32

» Victoire du Secours populaire contre le maire F.N. d’Hayange
par bye Mer 20 Déc - 21:28

» Peut-on renvoyer les demandeurs d’asile vers des « pays tiers sûrs » ?
par bye Mar 19 Déc - 19:52

» Une montée des violences envers les migrants à travers l'Europe :
par bye Ven 15 Déc - 18:54

» Défendre et renforcer les CHSCT !
par bye Mar 5 Déc - 12:59

» Nuage de Ruthénium-106 sur l’Europe : que s’est-il réellement passé ?
par bye Mar 28 Nov - 12:35

» Dossier sur "l’affaire du stage de Sud éduc 93"
par bye Lun 27 Nov - 12:34

» Appel de Raymond Millot : Un projet émancipateur face aux dangers de l’anthropocène
par bye Mar 21 Nov - 12:54

» Les émissions de CO2 repartent à la hausse
par bye Ven 17 Nov - 17:05

» l’idéologie du consentement, outil d’émancipation ou d’isolement individuel ?
par bye Lun 13 Nov - 12:21

» Droit au logement opposable : le bilan chiffré 2008-2016
par bye Jeu 9 Nov - 20:02

» La rétention des « dublinés », dans l’attente d’un transfert, est contraire au règlement Dublin
par bye Lun 6 Nov - 18:33

» Face à la situation en Catalogne
par bye Mer 1 Nov - 11:33

» ACTUALITÉ SOCIÉTÉ ET POLITIQUE
par bye Sam 21 Oct - 10:37

» Offre de Prêt Entre Particulier Sérieux en 72H
par gramophone Ven 20 Oct - 9:32

» Offre de Prêt Entre Particulier Sérieux en 72H
par gramophone Ven 20 Oct - 9:32

» Offre de Prêt Entre Particulier Sérieux en 72H
par gramophone Ven 20 Oct - 9:31

» Offre de Prêt Entre Particulier Sérieux en 72H
par gramophone Ven 20 Oct - 9:31

» Bus de la honte : ne laissons pas l’avenir aux réactionnaires
par bye Sam 14 Oct - 12:44

» La métamatière et le peuple
par Claude De Bortoli Ven 6 Oct - 9:27

» Vers un retour du délit de solidarité ?
par bye Sam 30 Sep - 6:45

» Dossier : de l’École capitaliste à l’éducation émancipatrice
par bye Mer 13 Sep - 19:07

» Education : le « désastre » d’un enseignement tiré vers le bas...
par bye Lun 4 Sep - 12:13

» Offre de prêt entre particuliers rapide en 72h
par BastienL Dim 13 Aoû - 19:49

» Jean Gadrey, économiste : “Il faut remettre la réduction du temps de travail au cœur du débat public”
par bye Mar 8 Aoû - 19:04

» Le « chavo-madurisme » n’est rien moins qu’une dictature pure et simple
par bye Dim 6 Aoû - 18:52

» Gel des postes et du budget de l’éducation nationale : non, cette école ne nous convient pas !
par bye Mer 12 Juil - 13:56

» G 20 Hambourg
par bye Lun 10 Juil - 11:51

» Handicapée, je ne peux continuer à enseigner dans mon académie
par bye Mer 5 Juil - 6:21

» Pour une éducation populaire féministe
par bye Lun 12 Juin - 18:20

» La CNT a écrit aux Éditions Belin
par bye Mar 6 Juin - 10:20

» Blanquer ministre de l’Education nationale : au secours, Sarkozy revient !
par bye Jeu 25 Mai - 11:08

» L'accaparement des terres en Birmanie
par bye Mer 17 Mai - 18:42

» Un enseignant kurde témoigne...
par bye Lun 15 Mai - 17:50

» La métamatière et le Roi de la Terre
par De Bortoli Claude Mar 2 Mai - 9:52

» Au-delà des élections
par bye Mer 26 Avr - 17:26

» Les Etats-Unis ont utilisé leur plus puissante bombe non-nucléaire en Afghanistan, une première
par bye Dim 23 Avr - 18:35

» « Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël »
par bye Dim 23 Avr - 18:31

» « Enculé, ordure ! ». Philippe Poutou insulté par les flics
par bye Dim 23 Avr - 18:25

» La Sécurité sociale, une assistance ou un droit ?
par bye Dim 23 Avr - 18:22

» Birmanie: pour établir un mécanisme indépendant de réexamen de tous les cas de prisonniers politiques
par bye Ven 21 Avr - 6:02

» Gatti est mort. A la Parole Errante ses mots résonnent encore !
par bye Mer 12 Avr - 18:21

» Turquie : appel urgent au monde enseignant, aux associations et syndicats…
par bye Lun 3 Avr - 18:21

» APPEL À LA MOBILISATION CONTRE LE PROCHAIN SOMMET DE L’OTAN !
par bye Sam 1 Avr - 5:30

» Communiqué de presse de SUD éducation Guyane du 28 mars
par bye Jeu 30 Mar - 10:16

» Qu’est-ce qui ne va pas avec l’arabe à l’école ?
par bye Ven 24 Mar - 12:03

» Libérons l'oisiveté !
par bye Ven 17 Mar - 19:05

» Quand Espérance banlieues bat la campagne
par bye Ven 17 Mar - 19:00

» 8 mars : luttons toutes et tous pour l’égalité des droits !
par bye Mer 8 Mar - 11:01

» Désarmer la police, la proposition pas si saugrenue du NPA
par bye Mar 7 Mar - 12:50

» Fin du dispositif des Caomi: quelle orientation pour les mineurs isolés de Calais ?
par bye Sam 4 Mar - 9:58

» Les fonctionnaires répondent aux "menaces" de Marine Le Pen
par bye Sam 4 Mar - 6:25

» Réduction des indemnités et contrôles drastiques : Macron s’attaque aux chômeurs
par bye Sam 4 Mar - 6:22

» L'avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes doit être débaptisée !
par bye Sam 4 Mar - 6:20

» Nouvelle révélation du Canard Enchainé : les copinages de Hamon et LVMH
par bye Sam 4 Mar - 6:18

LE SITE

Dans Les Coulisses de Demain

FORUMS & SITES AMIS

FORUM EST INSCRIT SUR


    La corruption en France

    Partagez
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8809
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    La corruption en France

    Message par bye le Dim 3 Avr - 19:10

    La corruption et ses représentations en France
    Laurent Mucchielli | insecurite.blog.lemonde.fr | 24 mars 2011

    samedi 26 mars 2011

    Entretien avec Pierre LASCOUMES

    Cher(e)s lecteurs, je vous propose aujourd’hui de lire une interview de mon collègue Pierre Lascoumes, directeur de recherches au CNRS (Centre d’études européennes, Sciences-Po Paris), spécialiste connu et reconnu de la délinquance des élites, à l’occasion de la parution de son nouveau livre : Une démocratie corruptible. Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêt (éditions du Seuil, février 2011). Cette interview a été réalisée en compagnie d’un autre collègue chercheur au CNRS : Grégory Salle (Clersé, Lille). Bonne lecture ! Laurent Mucchielli.

    LM et GS : Les chercheurs qui travaillent sur les délinquances des élites se comptent sur les doigts d’une main, alors qu’on en trouve des dizaines voire des centaines qui travaillent sur les délinquances des pauvres. Comment expliquez-vous cette situation générale ?

    PL : Je vois trois raisons principales. Tout d’abord, les dossiers concernant les élites dirigeantes (politiques et économiques) sont le plus souvent traités sur le mode de la dénonciation d’un scandale. Cette dramatisation, ces montées « en affaires » font obstacle à la compréhension sociologique des situations. Ensuite, le coût d’entrée sur ce domaine est important, tant pour l’accès aux données que par la complexité (juridique, organisationnelle, économique) des dossiers. Enfin, il y a peut-être une crainte révérencielle et un obstacle idéologique à aborder la question des transgressions des élites.

    LM et GS : Ce livre constitue une nouvelle étape dans un cycle de recherche d’environ trois décennies, ponctué par plusieurs ouvrages. Qu’est-ce qui a changé dans votre analyse de la corruption en France depuis vos livres Les affaires ou l’art de l’ombre (1986) et Élites irrégulières (1997)

    PL : Dans les années 80 la question des différentes formes de « corruption » étaient surtout perçue comme une dimension latérale de la délinquance économique. Dans la recherche anglo-saxonne, c’est le Watergate (1972-74), c’est-à-dire la mise à jour d’abus de pouvoirs majeurs de l’exécutif, qui a fortement dynamisé la recherche sur les transgressions commises par les élites politiques. En France, ce sont surtout les historiens qui ont les premiers investi ce domaine (J-N Jeanneney, J. Garrigue, E. Monier). Dans les années 90, ce sont principalement les problèmes de financement illicites des partis qui focalisaient l’attention, mais la recherche en science sociale s’y est peu risquée. Les seules exceptions sont les travaux sur le clientélisme et sur les critiques de la politique à l’occasion des mises en cause judiciaires (J.L. Briquet, F. Sawicki, Ph. Garraud, V. Roussel). Pour ma part, il m’a fallu du temps pour définir un angle d’approche tenable. J’ai finalement retenu celui des perceptions et des représentations sociales des rôles politiques par les citoyens. L’hypothèse est que les jugements portés sur les formes et le degré de corruption dépendent fondamentalement de la façon dont les citoyens envisagent la fonction politique. Les transgressions peuvent ainsi être appréhendées comme des sorties de rôle ou des abus de fonction.

    J’ai eu la chance de pouvoir constituer une équipe pluridisciplinaire d’une quinzaine de personnes, ce qui nous a permis de développer véritablement une approche « multi-méthode » avec deux phases qualitatives (monographies de 3 municipalités, focus-groups socialement contrastés) et d’une enquête quantitative (échantillon représentatif de plus de 2 000 personnes interrogées en face à face). L’entrecroisement des questionnements et des résultats de ces trois entrées a été particulièrement stimulant.

    LM et GS : Quel était le problème de départ dans votre enquête ? Et au final, quels sont les résultats qui vous ont surpris et dans quelle mesure ? Y a-t-il une partie du “mystère” qui reste à vos yeux non résolue ?

    PL : L’énigme de départ est simple : pourquoi une partie importante des citoyens continue t-elle à accorder sa confiance et ses suffrages à des élus mis en cause, voire condamnés pour des faits relevant des atteintes à la probité ? J’avance trois éléments de réponse.

    Tout d’abord, il ne faut pas se laisser séduire par les jugements de surface et l’indignation morale que suscitent souvent ces pratiques transgressives. Au premier abord, « tout le monde » juge négativement la corruption et les abus de fonction. En fait, il y a un écart considérable entre l’énoncé de positions de principe « politiquement correctes », et les jugements concrets et casuistiques que chacun porte quand il s’agit d’apprécier un candidat précis que l’on connaît et dont a pu évaluer les actions. Dans ce dernier cas, la mise en balance des arguments favorables et défavorables est décisive et le résultat est très indéterminé.

    Ensuite, j’ai montré la richesse du répertoire de justifications qui viennent excuser les conduites déviantes des dirigeants (et par là même justifier la confiance qu’on lui maintient malgré tout) : le pragmatisme (des résultats positifs justifient les moyens utilisés), le sentiment de proximité avec l’élu mis en cause (identification à celui qui nous ressemble) et le fait de voir en lui une victime (de campagnes médiatiques, de règlement de compte politique). Enfin, et ce fut ma principale surprise sociologique, une part importante des citoyens considère que les transgressions sont une composante du rôle politique. Elles en constitueraient une inévitable face noire. La tolérance de la « corruption » est souvent partie intégrante de la conception de la fonction politique.

    Parmi les « énigmes » à élucider demeure la compréhension de ces moments et des facteurs de rupture où la confiance et la crédibilité politique s’effondrent et où l’élu perd sa légitimité. Ces situations sont d’autant plus intéressantes à analyser qu’en général ce n’est pas le degré de transgression légale ou le montant de la fraude qui sont en cause, mais plutôt des fautes éthiques (mensonge répété) qui ont parfois des effets puissants.

    LM et GS : “Peu importent les noms, ce sont les mécanismes qu’il faut étudier“. Est-ce la condition nécessaire pour rompre avec le sens commun, ou la dénonciation étroite ? Quels sont les pièges à éviter pour le chercheur ?

    PL : Je n’en fais pas une loi générale, mais je me suis appuyé sur la tradition de sociologues nord américains qui ont estimé que la personnalisation et une contextualisation trop précises de l’analyse pouvaient occulter la compréhension des mécanismes sociaux par une subjectivation envahissante et ouvrait la porte à des polémiques secondaires. Dans un domaine où domine la scandalisation, cela me semble une posture méthodologique prudente.

    LM et GS : “Les systèmes d’alerte et les contre-pouvoirs démocratiques sont faibles“. Pourquoi ? Qu’elles en sont les raisons ? Peut-on déceler des changements sur ce plan ? La France se distingue-t-elle en la matière ?

    PL : Tous ceux qui trouvent que l’on parle trop de la « corruption » et que cela contribue à fragiliser à la démocratie, oublient de dire que si les médias sont aujourd’hui sur les questions de défense de l’éthique publique les principaux « lanceurs d’alerte », c’est qu’aucun autre contre-pouvoir ne fonctionne vraiment. Les avis de la Cour des comptes et des chambres régionales sont les seules alertes véritables, elles n’en sont pas moins d’une prudence exemplaire et leurs effets sont incertains. Quant au respect de l’article 40 de code de procédure pénale qui fait une obligation à tout agent public de signaler au parquet des faits infractionnels, il reste purement formel. Et il le restera tant qu’il ne sera pas accompagné de sanctions effectives pour non-révélation. Enfin, la France est spécialiste des « institutions molles » c’est-à-dire d’organismes censés effectuer des contrôles mais auquel les autorités politique se gardent bien de donner des moyens et des pouvoirs. C’est ainsi le cas de la Commission pour la transparence financière de la vie politique (CTFVP), de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), du Service central de prévention de la corruption (SCPC) ou de la Commission de déontologie de la fonction publique (rendant des avis sur de possibles pantouflages). Chacun de leur rapport est révélateur de leur faiblesse. Leurs demandes répétées ne sont pas suivies d’effets. Il sera donc très intéressant d’observer sur quelles règles, garanties par quel organisme (doté de quels pouvoirs et de quels moyens) déboucheront les intéressantes propositions de la Commission Sauvé en matière de régulation des conflits d’intérêts.

    LM et GS : Vous soulignez l’importance d’avoir une approche relationnelle de la corruption, pour terminer par cette idée : “La corruption est une relation à trois“. Quelles perspectives s’ouvrent sur cette base pour la recherche ?

    PL : En effet, le projecteur et la stigmatisation sociale se portent prioritairement sur le « corrompu » (en fait, le décideur, celui qui dispose du pouvoir d’attribuer des ressources). Je rappelle simplement qu’il existe aussi des corrupteurs qui sont toujours intéressés à obtenir des passe-droits, à gagner inéquitablement des marchés contre leurs concurrents, etc. Là s’observe la pression constante des intérêts privés sur la décision publique. Enfin, j’attribue aussi une certaine responsabilité à l’audience, à la société civile, qui n’est le plus souvent qu’un observateur passif. Pourtant, en tant que contribuables et plus fondamentalement en tant que citoyens nous sommes tous directement concernés par ces transgressions qui ne sont en rien une « tragique fatalité ».

    Voir en ligne : La corruption et ses représentations en France
    http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/03/24/une-democratie-corruptible-et-des-francais-ambivalents/




      La date/heure actuelle est Mer 17 Oct - 20:11