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    Au Mali, une intervention française aux contours incertains

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    Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Ven 18 Jan - 19:13


    Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    jeudi 17 janvier 2013


    Pour quels objectifs la France s’est-elle engagée militairement au Mali ? Pour empêcher des « terroristes islamistes » de prendre Bamako ? Pour reconquérir le Nord du pays ? Pour rétablir une légalité démocratique, ébranlée par une tentative de coup d’Etat ? Pour contribuer à « la guerre contre le terrorisme » et éviter la création d’un « Sahelistan » aux portes de l’Europe ?

    Alors qu’en représailles à cette intervention, des djihadistes ont organisé une prise d’otages en Algérie qui semble s’acheminer vers un désastre, ce sont autant de questions auxquelles il n’est pas facile d’apporter des réponses, tant les déclarations officielles à Paris restent floues. Décidée dans l’urgence à l’appel d’un gouvernement à la légitimité ébranlée, cette expédition prend une ampleur inattendue, alors même que les pays africains tardent à s’engager et que les partenaires européens et américain se contentent de promettre un appui logistique. Sans buts clairs, le risque est grand d’assister à un enlisement et à faire ainsi le jeu des groupes les plus radicaux qui veulent « attirer » les Occidentaux dans des conflits sans fin : les guerres d’Irak et d’Afghanistan ont-elles réduit la menace terroriste ou l’ont-elles, au contraire, alimentée ?

    L’expédition au Mali repose aussi la question des relations de la France avec le continent africain, de ses responsabilités, de ses méthodes d’action. Le temps de la Françafrique est, paraît-il, terminé. Pourtant, si les ressources de l’Afrique suscitent encore bien des convoitises, la volonté de contribuer à un développement économique, social et politique du continent semble absente des préoccupations européennes ou des organisations financières internationales. Mais seul ce développement peut garantir, à long terme, la stabilité et la prospérité.

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-01-17-Interventions
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 19 Jan - 6:09

    voilà l'article de l'ancienne ministre du Mali , un autre son de
    cloche ds le silence assourdissant et le notre.


    http://fr.saharamedias.net/m/Aminata-Traore-Le-Mali-chronique-d-une-recoloni
    sation-programmee_a3762.html/

    « Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à
    l’intermédiation de l’hyène».
    Proverbe bamanan.

    Le Mali dans l’ordre cynique du monde.

    Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup
    d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême
    vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se
    voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la
    mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du
    pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui
    obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.
    L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les
    rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment
    d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La
    revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National
    de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité
    de la «communauté internationale».
    L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de
    mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer
    les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes
    sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.
    Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril
    2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc
    pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir
    fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité
    territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré
    qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont
    demandé de « cesser » les opérations militaires. Les enjeux énergétiques,
    sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent
    leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques
    maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours
    d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et
    démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré
    (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement
    stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte
    contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI). Plus ou
    moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la
    rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après
    avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette
    recolonisation du Mali.
    La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali.
    Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne
    de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes
    les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent
    le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté
    Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
    C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan
    (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision
    d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au
    Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de
    restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du
    rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie
    formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est
    à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux
    nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au
    risque de voir le Mali subir un embargo.
    Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors
    qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation
    du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur,
    le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre
    constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des
    Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la
    CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s’agit se
    traduisent en autres par :

    - la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,

    - le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation,

    - la fermeture des frontières,

    - le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de
    l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,

    - la suspension des programmes d’aide au développement.

    Le levier militaire pourra se traduire par « la montée en puissance de la
    Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… »

    Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient,
    les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money
    Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens. La cherté de la vie
    qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion
    et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où
    les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui
    commencent à manquer.

    Le sens du coup de force du 22 mars 2012.

    Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui
    montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières
    à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président
    Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La
    dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations
    portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à
    l’ethnie Touareg.
    Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou
    Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars
    2012. La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des
    atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de
    l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est
    immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge
    d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la
    démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT
    n’était pas candidat.
    Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui
    se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie
    exemplaire. Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la
    démocratie est superbement ignoré voire méprisé.
    Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent.
    « Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf » scandaient les
    manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour
    traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable.
    Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique
    fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la
    démocratie et la justice. Il n’en a rien été. En vingt ans de « transition
    démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale »,
    la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible.
    Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection
    présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel. Totalement dévoyée,
    la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :

    - Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser
    le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations
    politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre
    dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de
    leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à
    plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au
    développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral
    offre.

    - Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en
    « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en
    achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des
    électeurs/trices.

    - « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu
    politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont
    le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité
    démocratique.

    - Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à
    l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de
    qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur
    chance ailleurs.

    - Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base
    électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de
    manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les
    contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont
    contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des
    candidats toujours prêts à payer leurs voix.

    - La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et
    d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions.
    C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des
    financements des partenaires techniques et financiers (PTF).

    - La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les
    médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique
    dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la
    société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision
    nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».

    - Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont
    envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration
    corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve
    pas son compte.

    Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande
    Sahélo-saharienne.

    Le Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire » mettant en
    péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la
    démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques
    dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée.
    Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous
    ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957
    créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait
    « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la
    République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la
    Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ».
    Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :

    - mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et
    le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous
    sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants
    démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse
    sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de
    leurs intérêts que du sort du peuple malien ;

    - repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde
    libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique,
    monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche
    est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports
    totalement asymétriques ;

    - privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique
    et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les
    jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante
    millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire appel à la force
    d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans
    fin ;

    - gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les «
    émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de
    démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre
    continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils
    planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que
    les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur
    pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il
    nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports
    de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne
    sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus
    légitimés par des élections frauduleuses ;

    - faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans
    leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent
    surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs
    certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve
    est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial
    déloyal ;

    - rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques
    d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration «
    clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de
    terroristes.

    Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas aux
    Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de
    la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.
    La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la
    convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont
    les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se
    sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs
    électeurs.
    Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles,
    commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la
    reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la
    CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.

    Fait à Bamako, le 4 Avril 2012

    SIGNATAIRES

    Aminata d. Traoré (animatrice du Foram, essayiste) ; Seydou Badian Kouyaté
    (écrivain) ; Assetou Foune Samaké (enseignante) ; Karamoko Bamba (mouvement
    Nko) ; Ismael Diabaté (Artiste peintre) ; Doumbi Fakoly (écrivain) ; Jean
    Bosco Konaré (Historien) ; mandé Alpha Diarra (écrivain) ; Madani Koumaré (
    économiste) ; Boris Boubacar Diop (Ecrivain) ; Abdoulaye Niang (économiste)
    ;
    Boubacar Coulibaly (Expert comptable) ; Ndo Cissé (Université des Lettres) ;
    Nathalie Mdela Mounier (écrivain) ; Aissata Cissé (communicatrice) ; Mariam
    Kanakomo (communicatrice) ; Safi Sy (Educatrice) ; Sylvie Sanogo
    (Educatrice) ; Haoua Keita ; Abdoulaye Sangare (Avocat)...
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 19 Jan - 12:46



    Condamnations de l’intervention française au Mali...

    Survie - Le Mouvement de la Paix | mvtpaix.org - survie.org | dimanche 13 & lundi 14 janvier 2013

    mercredi 16 janvier 2013





    - La France intervient au Mali et réaffirme son rôle de gendarme en Afrique
    Survie | survie.org | lundi 14 janvier 2013
    - Condamnons l’état de guerre, exigeons l’état de Paix !
    Le Mouvement de la Paix | mvtpaix.org | dimanche 13 janvier 2013
    - Guerres humanitaires occidentales : interrogations d’un âne qui doute…
    Paul Monmaur | http://www.europalestine.com/spip.p... | janvier 2013



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    La France intervient au Mali et réaffirme son rôle de gendarme en Afrique
    Survie | survie.org | lundi 14 janvier 2013




    C’est finalement le 10 janvier 2013 que la France est entrée en guerre au Mali. La communication du gouvernement français, reprise sans questionnement par les principaux médias, tend aujourd’hui à légitimer par tous les moyens et tous les arguments cette nouvelle intervention militaire française sur le sol africain et son rôle de "gendarme de l’Afrique". Pour Survie, association qui dénonce depuis longtemps l’ingérence et la domination de la France envers ses anciennes colonies africaines, il est important de rappeler quelques éléments de contexte et d’analyse critique sur cette intervention française, sans minimiser l’ampleur de la crise que connait le Mali.



    La menace que font peser ces groupes armés sur la population et l’intégrité du Mali est indéniable. Leurs exactions sont connues et ont provoqué la fuite de centaines de milliers de personnes. Après le calvaire vécu par les populations dans le Nord, le soulagement des Maliens en ce moment est compréhensible. Si l’intervention française semble effectivement avoir mis un coup d’arrêt à l’offensive vers le sud du pays de mouvements armés qui se revendiquent d’un islam radical, il existe cependant d’autres motifs, militaires et politiques, à l’opération Serval rendant la conduite française des opérations critiquable.

    Le camouflage multilatéral d’une opération française

    Cette intervention ne s’inscrit pas dans le cadre des résolutions de l’ONU. Des mois de négociations ont permis de faire voter trois résolutions du Conseil de Sécurité, ouvrant la voie à une intervention internationale sous responsabilité africaine et pouvant faire usage de la force, mais officiellement sans implication directe des militaires français. En informant simplement le Conseil de Sécurité sur le fait que son intervention urgente "s’inscrit dans le cadre de la légalité internationale" eu égard aux dispositions de la Charte de l’ONU, elle a finalement pu justifier une décision bilatérale. Ce changement majeur, qui met ses « partenaires » devant le fait accompli, est complaisamment occulté afin de laisser à nouveau croire que la France met en œuvre une volonté multilatérale actée au sein de l’ONU. Il est donc nécessaire qu’elle respecte au plus vite les résolutions de l’ONU.

    Une fois de plus, la France joue le rôle de gendarme de l’Afrique, en appuyant sa stratégie sur ses relations bilatérales avec des "régimes amis" africains, sur la présence permanente de son armée dans la région et sur sa capacité de projection de forces. Ainsi, les hélicoptères utilisés pour stopper l’offensive adverse sont ceux des forces spéciales françaises de l’opération Sabre, présentes au Burkina Faso voisin (et en Mauritanie) depuis deux ans et renforcées au mois de septembre. C’est surtout le dispositif Epervier, en place au Tchad depuis 1986 alors qu’il était supposé provisoire, qui est mobilisé. À travers l’opération baptisée Serval, ce sont donc les liens que Paris entretient avec des régimes totalement infréquentables, ceux d’Idriss Déby et de Blaise Compaoré, qui se trouvent une nouvelle fois renforcés. Le rôle phare de la France est reconnu par la plupart de ses partenaires occidentaux qui lui emboitent le pas timidement dans cette intervention (Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne) sans pour autant engager de troupes combattantes, tandis que d’autres restent en retrait.

    Une intervention directe décidée dans l’ombre

    Ce scénario rentre dans la logique développée par le nouvel exécutif français, prônant l’intervention militaire comme un "préalable" à la restauration de la paix dans le pays (également en proie à une crise institutionnelle grave). Ces derniers mois, la France n’avait en rien contribué à l’émergence d’une solution collective discutée par l’ensemble des Maliens et de nature à favoriser un consensus politique, préalable à une réorganisation rapide des forces de sécurité. Aujourd’hui, la présence de soldats français jusque dans Bamako - sous couvert de protection des ressortissants - représente une pression importante sur les autorités maliennes en état de grande faiblesse.

    L’option d’une intervention directe et rapide des forces françaises était déjà prévue, au vu de la rapidité de mise en œuvre, et ce bien avant que l’offensive ne se rapproche de Sévaré-Mopti. L’aval du Parlement n’est pas nécessaire à l’Élysée pour déclencher une opération extérieure, ce qui marque l’insuffisance de la modification constitutionnelle de juillet 2008 relative au contrôle parlementaire des opérations extérieures. De rares réactions critiques dans la classe politique soulignent cette absence de concertation. La nature préméditée de cette intervention armée aurait indiscutablement dû susciter une prise de décision parlementaire.

    Dans l’immédiat, l’opération Serval a déjà basculé dans une phase offensive et semble devoir se prolonger dans la durée. Cette logique occulte délibérément les risques pour la population malienne et les Etats de la région, de même que les perspectives politiques et la période post-conflit. Le bilan accablant des récents antécédents français en Afrique montre pourtant que ces risques sont bien réels. Les interventions de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye ont en effet débouché sur des situations internes explosives, passées sous silence.

    En conclusion, la crise malienne et cette nouvelle intervention militaire française en Afrique révèlent l’échec de 50 années de "coopération" avec l’Afrique : armées incapables de protéger leurs populations, chefs d’Etat médiateurs de crises eux-mêmes putschistes, accords de défense et bases militaires qui ont perpétué le rôle de gendarme de l’Afrique que la France s’est historiquement octroyé. On ne peut que constater l’incapacité des institutions africaines et multilatérales à organiser la moindre opération de sécurisation dans la région sans avoir recours au poids lourd français, qui a tout fait pour se rendre incontournable. Ces événements appellent une fois de plus à une remise en cause de l’ensemble du cadre des relations franco-africaines.

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    Survie est une association française créée en 1984, elle a été présidée notamment par François-Xavier Verschave, Odile Tobner et aujourd’hui par Fabrice Tarrit. À l’origine composée d’une association unique, on distingue aujourd’hui Survie France des différentes associations locales (régionales ou départementales) telles que Survie Rhône, Survie Isère, Survie Paris-Île de France, Survie Bas-Rhin, etc.

    Le thème privilégié de Survie est la « Françafrique », terme tiré du titre d’un des livres de François-Xavier Verschave, La Françafrique, le plus long scandale de la République, paru en 1998. Mais, s’il l’a popularisée sous forme d’un jeu de mot (la France à fric), François-Xavier Verschave a repris cette expression de Félix Houphouët-Boigny, qui désignait alors dans sa bouche les relations cordiales entre la France et ses anciennes colonies[1].

    Survie est membre fondateur de plusieurs associations : Biens Publics à l’Échelle Mondiale et l’Observatoire de la coopération française (groupe de recherche qui n’a plus d’activité), d’>ATTAC notamment. Elle est aussi membre d’autres associations comme le Centre de recherche et d’information pour le développement, de plusieurs collectifs ayant des objectifs politiques, comme la commission d’enquête citoyenne sur l’implication de la France au Rwanda ou la coalition des ONG pour la Cour pénale internationale.

    L’association déclare 1 750 adhérents et quatre salariés.




    source wikipedia.org

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    Condamnons l’état de guerre, exigeons l’état de Paix !
    Le Mouvement de la Paix | mvtpaix.org | dimanche 13 janvier 2013





    Le plan Vigipirate, un climat de peur permanente



    Le gouvernement français a décidé une intervention militaire au Mali ce vendredi 11 janvier, sans consultation du Parlement.


    Le Mouvement de la Paix refuse l’argumentaire permanent du caractère inéluctable des interventions militaires. Celui-ci place les citoyens devant une politique du fait accompli, induit par l’urgence d’une situation pour laquelle la communauté internationale ne s’est pas dotée des moyens de prévention nécessaires.

    Le Mouvement de la Paix exprime toute sa solidarité avec le peuple malien qui souffre depuis plusieurs mois d’inacceptables violences perpétrées par des groupes armés se réclamant de l’islam radical.

    L’histoire récente démontre clairement que rajouter la guerre à la guerre n’apporte aucune solution à un quelconque conflit. L’exemple libyen, grandement responsable de l’actuelle situation au Mali, oblige la France et la communauté internationale à repenser leurs stratégies, en vue de réellement protéger les populations.

    Les interventions militaires extérieures ont des effets directs sur la population française, prise en otage par l’instauration d’un climat de peur permanente de l’ennemi invisible, et donnant lieu au maintien et au renforcement du plan Vigipirate avec le dévoiement continuel de la présence de l’armée sur le territoire impliquant une situation de guerre sans fin.

    Pour le Mouvement de la Paix, l’urgence absolue est de permettre le déploiement d’une force d’interposition internationale mandatée par les Nations unies pour mettre fin aux conquêtes des groupes armés et protéger les populations civiles en proie à la terreur des combats.


    Le Mouvement de la Paix
    Saint-Ouen, le 13 janvier 2013




    Contact presse :
    catherine.rio@mvtpaix.org - 01 40 12 72 35




    LE MOUVEMENT DE LA PAIX
    MAISON DE LA PAIX, 9 rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen
    Tel : 01 40 12 09 12 - Fax : 01 40 11 57 87
    Site web : www.mvtpaix.org - mail : national@mvtpaix.org
    Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire

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    Guerres humanitaires occidentales : interrogations d’un âne qui doute…
    Paul Monmaur | http://www.europalestine.com/spip.p... | janvier 2013


    « L’ humanitaire » a été invoqué avec plus ou moins d’insistance lors de l’intervention militaire occidentale contre l’Irak, l’Afghanistan et la Libye, trois pays aujourd’hui dévastés, aux économies ruinées, avec un bilan humain désastreux : des centaines de milliers de morts, de blessés, de handicapés, d’orphelins, de malnutris, de non scolarisés, de pauvres, etc. Et maintenant c’est au tour du Mali sous la houlette d’Hollande, l’euro-atlantiste, qui bombarde à tout va sans consultation du parlement ni du peuple français et sans mandat explicite du conseil de sécurité de l’ONU ?







    Mais pourquoi donc ? Parce que l’impérialisme occidental se moque de la démocratie, du droit international, des droits de l’Homme, des islamistes et non islamistes, des extrémistes et non extrémistes ainsi que des otages ; en revanche, il convoite les matières premières africaines tout comme les ressources énergétiques moyen-orientales qu’il veut à tout prix contrôler au détriment des puissances économiques montantes, notamment la Chine.







    Le colonialisme n’a jamais cessé ; il change simplement de forme et surtout de discours au gré des conditions politico-économiques locales et/ou internationales. Depuis l’émergence d’un monde militaro-industriel unipolaire, en 1989, il est devenu arrogant et de plus en plus violent. L’écrasement en cours de la Syrie ouvrira, sans aucun doute, la voie à l’agression contre l’Iran qui résiste aux diktats de l’Empire. Côté africain, la Libye ne fut que le début de ce qui sera une longue suite d’agressions contre les états africains indociles ou instables qui regorgent de nouvelles matières premières industrielles de première nécessité si les peuples des pays occidentaux impérialistes continuent à se laisser tromper par les propagandes médiatiques mensongères aux ordres, du genre " choc des civilisations, droit et/ou devoir d’ingérence, états voyous, terroristes, extrémistes, etc." Car, dotés d’une longue et solide expérience colonialiste, les états voyous et terroristes ne sont-ils pas les nôtres ?







    Au fait, pourquoi n’y a-t-il pas d’intervention humanitaire occidentale décisive à Gaza qui se meurt sous la botte israélienne, et en Cisjordanie phagocytée par l’entité sioniste qui ne fait pas mystère de sa nature théocratique extrémiste, raciste et fasciste ? Pourquoi n’y en a-t-il pas en faveur des réfugiés palestiniens maintenus dispersés dans des camps sordides aux conditions inhumaines et qui aspirent à retrouver leurs droits inaliénables dont ils sont privés depuis plus de 60 ans ? Pourquoi l’Occident réputé civilisé protège, arme, finance leur bourreau alors qu’il est si prompt aux pilonnages dits humanitaires seulement là où il a des intérêts économiques et stratégiques certains ?







    paul monmaur


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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par CHARPAL le Dim 20 Jan - 13:02

    Pourquoi y a t-il des islamistes ?

    Parce que le système économique actuel est mondial et et s’applique partout.

    Il s’appelle « ultra libéralisme » produit une misère galopante, à côté de fortunes colossales injustifiées.

    Les inégalités abyssales qui gangrènent des populations souvent illéttrées ou peu instruites sont le terreau idéal de l’extrêmisme.

    En Europe, c’est un basculement dans le fascisme qui menace tous les pays, car l’austérité, la récession, le chômage de masse incontrôlable, jettent les populations déboussolées dans cette direction.

    Or, Hollandréou approuve sans réserve ce système. Il est , comme l’Europe actuelle, le caniche de la sauvagerie économique et sociale mondialisée.

    Il est aussi le caniche des USA et de l’OTAN.

    L’ Arabie Saoudite, pour ne citer qu’un exemple, va connaitre en 2013, comme bye nous en a informé, un excédent budgétaire de 102 milliards de dollars. Elle trône sur un tas d’or et laisse crever de faim les populations arabes autour d’elle.

    Si tous les pays arabes richissimes soulagaient la misère ambiante et éduquaient les populations, l’islamisme serait quantité négligeable.

    Au lieu de ça, ces pays maintiennent les gens dans l’ignorance et l’obscurantisme religieux et fournissent des armes à des fanatiques.

    Hollandréou acepte sans réserve ce monde là.

    Plutôt que jouer les Tartarin, il ferait mieux de s’attaquer au système profondément inégalitaire de partage des richesses. Car là est la cause de tout !

    Il est plus facile de faire des moulinets dans le vide, qui ne servent strictement à rien, que de s’attaquer à la dictature des marchés.

    Il n’y a rien à attendre de quelqu’un qui a eu le culot de dire à Londres aux spéculateurs qui oppriment, aliènent et affament l’humanité: « I am not dangerous ! »
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Dim 27 Jan - 7:52

    Comme Eva Joly et Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon apporte à propos des événements du Mali une voix qui tranche avec le consensus national, vanté pourtant sans distinction en une de tous les médias. Selon le leader du Front de Gauche, l’intervention de l’armée française au Mali est tout simplement « discutable ».

    En un communiqué et une chronique explicative, Jean-Luc Mélenchon affiche ses réticences et détaille ses quatre objections.

    1
    L’intervention s’est faite sans mandat de l’ONU
    « Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (Cédéao, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité “avant le lancement des offensives”. »

    Le mandat de l’ONU était de fait attribué à la seule Mission internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous conduite africaine. Et non directement à l’ancienne puissance coloniale.

    2
    L’appel à l’aide directe du pouvoir malien actuel n’a aucune légitimité
    Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat français ne peut se prévaloir de la demande d’aide d’un « gouvernement ami » (article 51 de la Charte des Nations Unies) pour la bonne raison que le pouvoir malien est exercé depuis le coup d’Etat de mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo, sans qu’aucune date pour une élection promise ne soit toujours indiquée.

    3
    Les intérêts de la France n’étaient pas en cause
    Jean-Luc Mélenchon affirme encore que la France ne pouvait justifier son engagement par la menace de ses intérêt fondamentaux (à moins de penser que les gisements miniers du Mali et des pays limitrophes constituent des intérêts propres à la France).

    4


    Une décision prise sans consultation du Parlement

    Enfin, il apparaît que la décision d’intervention a été prise par le seul président Hollande, non seulement sans consultation préalable du Parlement, mais même sans que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en ait été officiellement saisi.

    Principal risque : l’enlisement

    Il ressort de l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon que le principe d’un soutien aux populations africaines sous la férule d’islamistes fous furieux ne saurait être remis en cause.

    Mais un vrai soutien, oui, pas ce qui paraît avoir toutes les chances de passer pour une nouvelle guerre d’occupation. Un soutien mené avec un peu plus de préparation, de doigté diplomatique, un peu moins de naïveté politique et surtout sans cette arrogance balourde et précipitée qui fait si souvent de nous la risée de nos voisins.

    Car le principal risque est celui de l’enlisement, comme en Afghanistan ou en Libye. Voilà pourquoi la France de François Hollande se retrouve aujourd’hui isolée en première ligne, mal préparée aux évènements qu’elle affronte, avec pour toute aide le seul soutien moral de ses prudents alliés.

    Le soutien de l’ONU est tout aussi ambigu. Convoqué par l’ambassadeur français Gérard Araud, le Conseil de sécurité a pris acte des intentions de la France de faire appliquer la résolution 2085, mais a assorti son avis de ses doutes quant à la capacité des forces africaines de la Misma à intervenir avant plusieurs mois. On ne saurait donner plus de crédit à l’analyse de Jean-Luc Mélenchon.

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    A propos de l’intervention au Mali
    Qui | jean-luc-melenchon.fr | vendredi 11 janvier 2013


    Communiqué du 11 janvier 2013

    L’intérêt d’une intervention militaire extérieure pour régler le problème posé au nord du Mali est discutable.

    En décider alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause, selon le chef de l’Etat lui-même, et alors que les troupes africaines sont engagées, est discutable.

    En décider seul, sans en saisir préalablement ni le gouvernement, ni le Parlement, est condamnable.

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    Penser pendant la guerre
    Jean-Luc Mélenchon | jean-luc-melenchon.fr | samedi 19 janvier 2013


    Le jour de la guerre juste, urgente et bienfaisante.

    Quand la guerre commence, amis lecteurs, sortons notre barda de combat. Je ne parle ni d’armes ni d’aucune des impédimentas d’une armée en campagne. Je parle de notre modeste cerveau et de nos capacités d’analyse et de mémoire. Et aussi de nos capacités d’empathie.


    Hollande "en aucun cas la France n... par lepartidegauche

    Oui, j’ai bien écrit « empathie ». Les dévastations de la guerre, les ruines et les plaies, les morts et les blessés, sont davantage que des quantités que les nombres résument. Dans la guerre davantage que dans n’importe quelle autre calamité tout est humain. De tout cela, des êtres humains sont responsables, ce sont eux qui commencent la scène, qui la finissent, eux qui sont les causes et vivent les effets. Nous, qui ne sommes pas sur le front, ni sous le feu des combats mortels, nous sommes pourtant pilonnés là où nous sommes disponibles. C’est-à-dire dans notre imaginaire et dans notre capacité à comprendre ce qui se passe. Car c’est bien là que tout se joue pour nous si nous voulons y trouver notre place et notre accomplir nos devoirs de citoyen que tout concerne. Quand la guerre commence les étiquettes volent dans l’air et se collent comme des mouches sur les points de vue qui s’expriment. Le paysage est construit au premier coup de feu. D’un côté les « pour » de l’autre les « contre ». D’un côté les patriotes de l’autre les tireurs dans le dos. Les guerriers et les défaitistes. Et ainsi de suite. Le paysage de l’esprit en temps de guerre semble contraint au noir et blanc.

    La première fois j’en fus tout culbuté. Penser de façon autonome exigea un énorme effort de contrôle de soi et une obsession de la documentation qui confinait au bachotage. Ce fut pour la première guerre d’Iraq. Je m’y opposais. J’avais du cran. D’abord parce que le président Mitterrand en était. Ensuite parce que les bienfaits attendus de la guerre était très évidents. Non seulement l’odieux Saddam Hussein allait devoir évacuer le pauvre petit Koweït mais en plus les monarchies du golfe, à commencer par celle du Koweït, allaient ensuite se tourner vers la démocratie et le respect du droits des femmes en particulier. Mais j’y ai pris le goût de penser tout seul et de tenir tête de tous côtés. Ce fut bien utile quand je me suis ensuite opposé à la guerre en Somalie contre « l’ennemi public numéro un » des Etats unis et de l’occident, le général Aïdid, épisode et ennemi dont malheureusement personne ne se souvient. Là encore il fallait de l’audace car il s’agissait de sauver les somaliens de la famine, rétablir l’état et la démocratie. Puis ce fut guerre d’Afghanistan contre le mollah Omar et les odieux talibans de ce temps-là. Mon incroyable refus à cette occasion montre bien que je suis « toujours contre tout », même le meilleur, puisqu’il s’agissait quand même de sauver la démocratie, de rétablir les droits des femmes et je ne sais plus quoi d’autre encore très bon et très juste. Du coup à la deuxième guerre d’Iraq je fus tout surpris de voir que je n’aurais pas à résister tout seul contre le rétablissement de la démocratie, de la paix civile et contre les armes de destruction massive alors que chacune de ces raisons avait paru suffisante, la fois d’avant, pour me faire peindre en munichois avec du goudron et des plumes. Au moment de la guerre de Libye, j’eus droit au goudron et aux plumes de nouveau, mais des deux côtés de la dispute. Après avoir voté au parlement européen un vœu comportant mention d’une zone d’exclusion de l’espace aérien sur décision de l’ONU, je me vis peint en suppôt de l’impérialisme. Mais je fus vite repeint, moins d’une semaine plus tard par le point de vue adverse, en grossier anti-américain et munichois viscéral pour avoir condamné l’entrée en guerre, les bombardements et l’arrivée de l’Otan. Il est vrai qu’il était question de rétablir la démocratie, la paix civile et encore bien d’autres choses excellentes que seul un esprit butté comme moi ne pouvait accepter de soutenir. J’ai dû oublier une guerre où l’autre dans ce petit récit. Il me sert de mise en garde : je suis entraîné, cultivé et sachant. Le son du clairon n’arrive pas à m’empêcher de penser ni à me faire oublier ce que je sais. Et ce n’est pas parce que la guerre est en noir et blanc que l’intelligence doit s’y conformer. Le bilan des précédentes excellentes guerres à mener d’urgence et sans débat possible est disponible aux yeux de tous. Le souvenir est encore frais de la clameur des louanges précédentes pour les stratèges, héros et grands penseurs des glorieux épisodes précédents. Impossible d’oublier ces civils ampoulés que les mots de la guerre virilisaient jusqu’à l’épectase, ces militaires à la retraite se disputant les plateaux de télé, bref de toute cette faune qui nous accablaient de sa suffisance et de ses certitudes et leur refrain de trompettes ! Leurs clones sont de retour. Allons de notre côté. Continuons à penser. Pour tenir bon il faut comme toujours avoir des principes. Quelle est la légitimité de l’action ? Qui agit, et décide, et de quel droit ? Quels sont les buts de guerre ? Ça aide pour commencer.

    La guerre du Mali est d’abord une guerre. Ce qui se déroule et ce qui se prépare soulève des problèmes techniques et politiques souvent liés -mais pas toujours- et engendre des situations qui ont leur autonomie. De plus, cela va de soi, ce qui se déroule modifie de fond en comble toutes les données politique et les rapports de force antérieurs. Et chaque étape de son déroulement, la guerre réorganise le futur lointain qui lui restera lié. Dans la vie des êtres humains, la guerre est comme un seuil entre deux moments qui obéissent à des lois différentes. Jamais autant qu’après l’enclenchement d’une guerre il n’y a autant un avant et un après. La guerre génère une illusion d’optique extrêmement dangereuse. Elle fait croire que les problèmes sont assez simples pour se régler par la force. Ici vaincre les bandits peints en islamistes ne doit pas faire perdre de vue que la sécession du nord du pays est antérieure à leur arrivée. Quelle a une base très ancienne et que cette affaire implique plusieurs pays de la zone contenant une population Touareg. Je n’ose écrire berbère pour ne pas compliquer l’analyse. Stopper une colonne de pick-ups est une chose. Reconquérir le nord du pays une tout autre affaire. Le reconquérir contre qui ? Les islamistes ou les Touaregs ? Et pour rendre le terrain repris à qui ? Les putschistes au pouvoir ? Des élus ? Donc nous allons organiser les élections ? La définition des buts de guerre est un commencement indispensable.

    Hollande avait à peine fini de parler quand j’ai écrit mon communiqué à propos de l’intervention au Mali. On devine que j’ai pesé mes mots. On comprend aussi après ce que je viens de raconter ce que sont devenues toutes les nuances de ce que j’ai écrit : une transcription en noir et blanc. Qui n’est pas « pour », sans condition, sans réserve, sans question, sans mémoire et sans prédiction défavorable est donc « contre ». C’est-à-dire pour « laisser faire ». Donc pour la prise de Bamako par les terroristes, pour la charia, les supplices publics et l’asservissement des femmes. A moins qu’étant opposé à tout cela, mais sans me mettre au garde à vous, je sois seulement un inconscient des réalités de notre temps « dans-le-monde-qui-change-et-où-il-faut-defendre-les-frontières-de-la-démocratie-et-des-droits-de-l’homme-et-surtout-ceux-des-femmes » devant chaque pick-up rempli de barbus. Amen !

    Ceci étant mis en facteur commun contre tout ce que je vais écrire à présent, voyons ce que j’ai osé dire, dix minutes après que Hollande ait parlé. J’ai affirmé que l’intérêt d’une telle intervention pour régler le problème posé au nord de ce pays était discutable. Puis j’ai ajouté que l’intérêt de mener cette opération, alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause selon le président lui-même, est très discutable à moins de se proclamer Zorro de la planète. D’autant plus discutable qu’il y a des armées africaines très professionnelles dans le secteur. Puis j’ai conclu en notant que le fait de décider cela tout seul sans saisir le gouvernement ni le parlement est condamnable. Ce sera mon plan pour poser ici quelques arguments qui valent la peine de marquer une pause dans la marche au pas des esprits et des commentaires.

    On a vu pourquoi est discutable l’idée de penser régler par la force et comme une seule question l’agression islamiste et la sécession du nord du Mali. Mais la légalité internationale de l’intervention elle-même n’est pas aussi assurée que le gouvernement veut bien le dire. Contrairement à ce qu’affirment nombre de médias sans l’avoir vérifié, cette intervention n’a été ni autorisée a priori, ni validée a posteriori par l’ONU. Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (CDEAO, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité « avant le lancement des offensives ». Or cela n’a pas été fait. C’est même l’ambassadeur de France auprès des Nations Unies, Gérard Arnaud, qui l’a avoué. Il admet lundi 14 janvier que l’intervention est une « opération française d’urgence » et pas encore une mise en œuvre de la Résolution 2085. Et il ajoute que la question de savoir comment passer de l’une à l’autre est « une vraie question ». En effet, c’est problème sérieux de savoir comment mettre en conformité une opération militaire française avec une mission internationale dont le nom même induit un commandement africain. La seule intervention pour laquelle l’ONU a clairement donné un mandat est celle d’une mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, dite MISMA. Pourtant, de l’aveu même de l’ambassadeur français à l’ONU après la réunion qui s’est tenue à huis clos lundi 14 janvier et qui n’a donné lieu à aucune nouvelle résolution, les contingents africains n’étaient toujours pas arrivés à Bamako trois jours après le début de l’intervention. Notons que, dans les premières heures, l’orchestre médiatique affirma pourtant en boucle que l’intervention se faisait avec la participation de troupes africaines. Notez : en temps de guerre les informations pipeautées circulent vite et beaucoup par le biais des réseaux d’intoxication communicationnels, de la flemme, du panurgisme et de « l’ubris militaris » des médias.

    Les inconditionnels de l’opération « Serval » invoquent l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit un droit de défense légitime en cas d’attaque armée d’un pays membre. Or la légitimité de l’appel des autorités provisoires du Mali à une intervention française est aussi discutable : l’actuel gouvernement du pays n’est pas un gouvernement démocratique mais le résultat d’un coup d’état mené en mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo. Ce dernier impose maintenant ses décisions au président par intérim Dioncounda Traoré. Pour l’heure, aucune date n’est fixée pour la tenue des élections qui devaient avoir lieu en 2012. Il nous est donc non seulement permis d’affirmer que la légalité internationale de cette intervention est discutable mais aussi que la légitimité de l’appel à l’aide du gouvernement Malien fait problème. Même si cela n’enlève rien à la nécessité de stopper l’agression vers Bamako, cela montre que de toute façon le problème de départ reste entier. On ne peut commencer sans finir. Et pour finir il faut chasser ceux qui nous ont appelés. Dans son principe même l’intervention contient une logique de substitution de l’autorité au Mali. C’est l’aventure assurée.

    Mon communiqué affirmait ensuite que la décision d’intervenir alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause est discutable. C’est le Chef de l’Etat lui-même qui l’a dit dans son allocution en affirmant que « la France sera toujours là lorsqu’il s’agit, non pas de ses intérêts fondamentaux, mais des droits d’une population ». J’espère bien que ce n’est pas la nouvelle doctrine diplomatique de notre pays. Et encore moins sa nouvelle doctrine militaire ! Car sinon la France n’a pas fini d’intervenir partout. De plus, de quel droit s’agit-il ? Et de quelle population ? La phrase de Hollande n’a aucun sens concret. Pourquoi l’a-t-il prononcée ?

    Pour finir, mon communiqué condamnait une décision prise par le seul Chef de l’Etat sans consultation préalable du Parlement et sans réunion du Gouvernement. Plus qu’ailleurs, ces instances doivent avoir leur mot à dire dans le domaine des interventions des forces armées à l’étranger. Nul besoin de revenir je crois sur la démonstration. Si le chef des armées est le président de la république, c’est aussi d’après l’idée que cela évite que les seuls paramètres des militaires comptent dans la décision de guerre à prendre. Il fut un temps récent où les socialistes le savaient. C’est d’ailleurs la substance d’un amendement (n°292) qu’avaient soumis les membres du groupe socialiste (signés par deux ministres actuels, Montebourg et Valls, et par l’actuel président du groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale, Bruno Le Roux) au moment de la révision constitutionnelle de juillet 2008. Ils souhaitaient alors que « le Gouvernement informe le Parlement des interventions des forces armées à l’étranger dans les trois jours qui suivent le début de celles-ci », qu’il « précise les objectifs poursuivis et les effectifs engagés » et enfin qu’il soumette « ses propositions au vote des deux assemblées dans les deux semaines qui suivent leur information ». Ils motivaient cet amendement en expliquant que « dans une logique démocratique avancée, il est nécessaire que le Parlement se prononce par un vote ». Le PS a peut-être changé d’avis, moi pas.



    L’égalité est une et indivisible

    Je veux revenir sur la manifestation du 27 en soutien au « mariage pour tous ». Mes lignes sont destinées à aider à argumenter pour convaincre de faire l’effort de se mobiliser pour la manifestation du 27.

    Lire la suite »

    Je déplore l’inertie du PS qui se contente de parler alors qu’il dispose de tous les moyens lui permettant d’agir pour réussir une mobilisation de masse. Je le déplore d’autant plus qu’il a déclenché la bataille en sachant que le choc serait rude et qu’il y aurait une forte mobilisation des opposants au projet de loi. Rien n’a été pensé ni organisé de façon globale et cohérente. Tout est à la va comme je te pousse. Que ce soit pour la bataille d’influence dans la rue ou pour la bataille parlementaire où les amendements sur la PMA déposés et retirés aggravent l’impression désastreuse de marche à reculons.

    Tous les êtres humains sont semblables par des besoins qui fondent des droits universels. De là nous tirons notre adhésion à l’idée de l’égalité absolue en droits des êtres humains. Dès lors nous considérons que la bataille qui se livre dans l’arène sociale à propos des droits des travailleurs est la même que celle qui se mène à propos du mariage et de l’adoption. Dans cette bataille, qui veut l’égalité à un endroit la veut toujours à l’autre. Inversement, qui ne veut pas l’égalité des droits civiques finit toujours par s’opposer aussi à l’égalité des droits sociaux. La bataille pour l’égalité des droits est une et indivisible.

    On peut expliquer historiquement cette indivisibilité, en revenant au point nodal que fût la Révolution Française de 1789 : c’est là que s’est noué le rapport nécessaire qui existe aujourd’hui entre la lutte pour l’égalité des droits sociaux et celle pour l’égalité des droits civiques. La Révolution fût la première révolution menée par une nation au nom de principe et d’objectifs universels et pas nationaux. Une opposition brutale s’est alors manifestée entre des républicains libéraux qui se battaient pour l’avènement d’une société civile égalitaire conforme à leur conception universaliste de l’humanité et les conservateurs qui souhaitaient le maintien de l’ordre inégalitaire de l’Ancien Régime au prétexte théorique que l’inégalité naturelle avait permis l’établissement de cet ordre.

    C’est cette opposition qui sous-tend aujourd’hui encore la lutte que nous devons mener. La droite et l’extrême-droite considèrent l’inégalité comme l’état de nature et bien sûr, la nature elle-même comme essentiellement inégalitaire. De Maurras qui affirmait que « l’égalité ne peut régner qu’en nivelant les libertés, inégales de leur nature » à Copé qui reproche à la gauche de « travestir la devise de la République » en se méprenant sur le sens de l’Egalité que nous entendrions comme « égalitarisme » (Discours du 31 janvier 2012), la droite et l’extrême droite ont toujours pensé que l’égalité n’était qu’une pondération nécessaire des libertés, non leur condition première. Dès lors, pour elles, toute lutte pour l’égalité des droits est une lutte contre-nature, qu’elle soit sociale ou civique. La conception naturaliste de la famille et la vision figée du couple ont cet arrière-plan philosophique et politique. Les adversaires de la liberté du mariage des homosexuels, tels que la droite et l’extrême droite, sont descendus dans la rue dimanche parce qu’ils pensent qu’un ordre naturel va être violé. Comme chaque fois que l’égalité est établie ils concluent que c’est au prix d’une violence contre nature.

    Dans la question de la liberté du mariage homosexuel, il n’est donc pas question pour nous de faire preuve de « tolérance » ni même de bienveillance à l’égard des homosexuels mais bien de reconnaître un fait de la raison : tous les êtres humains sont égaux et doivent par conséquent avoir les mêmes droits. C’est aussi pour cette raison que nous ne saurions nous contenter de nous battre pour une loi qui serait vue comme une simple expérimentation. En tant qu’elle revendique et assume l’égalité absolue en droit des êtres humains, notre tâche est de convaincre la société que la lutte pour l’égalité des droits civiques est la même que la lutte pour l’égalité des droits sociaux. Plus forte sera l’adhésion de la société à cette égalité civile, plus forte sera la pression qui pèsera sur les conservateurs en matière sociale.

    http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2013/01/20/guerre-au-mali-la-voix-discordante-de-jean-luc-melenchon-229446
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Ven 1 Fév - 14:02

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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Ven 1 Fév - 14:05

    une guerre mensongère de plus
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 2 Fév - 8:22

    Quelques réflexions sur le Mali
    PIERRE STAMBUL | UJFP.ORG | MARDI 22 JANVIER 2013
    samedi 26 janvier 2013


    Quelques réflexions sur le Mali
    Pierre Stambul | ujfp.org | mardi 22 janvier 2013

    — Les interventions militaires occidentales se sont multipliées. En Afghanistan, en Irak, en Libye, le même prétexte a toujours été avancé : protéger la « civilisation », les femmes, la démocratie contre la barbarie. On a vu le résultat : des centaines de milliers de victimes « collatérales » (en grande majorité des civils), des sociétés désintégrées, des intégristes légitimés et armés. Et c’est le chaos produit par l’intervention impérialiste en Libye qui produit aujourd’hui le chaos au Mali ou dans le Sahara algérien.
    — La Françafrique est plus que jamais une réalité. L’armée française qui intervient est celle qui a soutenu le génocide rwandais. Les armées africaines qui interviennent ont installé des dictatures par coups d’Etat ou élections truquées et massacrent leurs peuples (Togo, Tchad ...). Les intérêts économiques français dans la région sont évidents : Areva et les mines d’uranium, le coton malien vendu à perte pour les Maliens ....
    — Les Touaregs (comme les Kurdes au Moyen-Orient) ont été les grands oubliés de la « décolonisation ». Ils se battent depuis 40 ans dans des mouvements laïques contre la pauvreté, le pillage de leur territoire et la destruction de leur culture. Pourquoi n’ont-ils jamais reçu aucun soutien international ? Seront-ils protégés contre les exactions à venir ?
    — La guerre au Mali est inséparable du racisme. Elle provoque en France une nette recrudescence de l’islamophobie. Souvenons-nous du charter expulsant 101 Maliens à l’époque de Pasqua. Comment imaginer que cette France-là qui traite ses immigrés et ses Sans Papiers comme des chiens puisse garantir la démocratie au Mali ?
    — Ecoutons les médias qui présentent cette guerre comme étant celle de la « civilisation » (blanche bien sûr) contre la barbarie terroriste.
    — Hollande a annoncé son intervention au Mali depuis les Emirats Arabes Unis. Comme si le modèle des pays du Golfe (ultralibéral, féodal, patriarcal et esclavagiste contre ses immigrés) était le modèle à soutenir face à l’islam radical.
    — Pendant la guerre civile algérienne, les Occidentaux ont soutenu des gouvernements algériens qui n’ont pas hésité à instrumentaliser des groupes djihadistes aujourd’hui à l’oeuvre au Sahara.

    Certes, les djihadistes qui s’attaquent aux mausolées de Tombouctou et multiplient les atrocités au Nord-Mali représentent une forme d’obscurantisme meurtrier inacceptable. On peut comprendre le soulagement de la population malienne face à l’intervention française. On peut comprendre qu’en Tunisie où d’autres apprentis djihadistes attaquent les syndicats, on se réjouisse aussi. A Benghazi aussi, la population s’était réjouie de l’intervention franco-anglaise. Pour quel résultat ? Cette joie est une illusion !

    Parce qu’en aucun cas un pyromane ne peut éteindre le feu qu’il a allumé, nous devons condamner l’intervention française au Mali.

    Pierre Stambul

    http://www.ujfp.org/spip.php?article2558
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 2 Fév - 8:27

    « La France a été un des piliers des différentes étapes du colonialisme »
    GUIDO AUDINO & MOHAMED EL-GHAZI | ALGERIEPATRIOTIQUE.COM | SAMEDI 26 JANVIER 2013
    samedi 26 janvier 2013


    Guido Audino à Algeriepatriotique : « La France a été un des piliers des différentes étapes du colonialisme »
    QUI | algeriepatriotique.com | samedi 26 janvier 2013




    La réconciliation est indubitable. D. R.

    http://www.colonialismreparation.org/fr/ Les quatre mots d’ordre de votre mouvement sont : condamnation, réconciliation, excuses et dédommagements. Quelles activités avez-vous menées jusqu’à présent ?
    La première activité que nous avons menée a consisté en la création d’archives historiques sur notre site (www.colonialismreparation.org) qui montre la situation actuelle concernant la condamnation, la réconciliation, les excuses et les dédommagements du colonialisme, avec des mises à jour permanentes. Nous ne prenons en compte que les situations qui ont vu la participation des autorités internationales ou nationales (lois, décrets, prises de position officielles). Une autre activité concerne les prises de position que nous diffusons, aussi, à travers des communiqués de presse et des newsletters. Enfin, la campagne Stop colonialisme-Haïti, une campagne visant à faire pression sur les gouvernements de France et des Etats-Unis pour qu’ils dédommagent Haïti, et sur le gouvernement d’Haïti pour qu’il demande des dédommagements à ses anciens colonisateurs. Notre analyse considère que le sujet du dédommagement est aujourd’hui négligé, compte tenu de l’importance historique du colonialisme.
    Qu’avez-vous obtenu ?
    L’activité de Colonialism Reparation est menée au niveau international. Nous sommes en réseau avec des organisations similaires en Allemagne, en Espagne, en Indonésie, en Italie, au Nigéria, aux Pays-Bas, au Sénégal et en Suisse. Nos prises de position sont en train d’attirer plus d’attention de la part des personnalités, des organisations et des médias. Ceci nous permet d’accentuer la pression sur les autorités concernées.
    Vous dites que le colonialisme devra être condamné par les pays qui en sont responsables eux-mêmes. Croyez-vous qu’une telle démarche est réellement réalisable ?
    Oui, nous croyons que l’histoire humaine va dans cette direction ; les peuples demandent justice. Il n’y aura pas d’évolution positive dans le relations internationales sans passer par la reconnaissance des erreurs du passé. Il s’agit d’un processus qui est déjà en place. L’esclavagisme est désormais condamné au niveau international, à savoir par les Nations unies et même par les pays qui l’ont largement pratiqué. Les Etats-Unis se sont excusés auprès des Noirs américains pour l’esclavagisme qu’ils leur ont fait subir, l’Afrique du Sud a mis en place un processus de réconciliation, l’Italie a dédommagé la Libye. Il faut tenir compte aussi du fait que, aujourd’hui, les équilibres internationaux sont en train de changer en faveur des ex-colonies, à l’exemple de l’Inde et de la Chine. Ces ex-colonies sont beaucoup plus nombreuses que les anciens pays colonisateurs.
    Pourquoi la France fait-elle exception et refuse de reconnaître ses crimes en Algérie ?
    Parce que la France a été un des piliers des différentes étapes du colonialisme : esclavagisme, impérialisme et néocolonialisme. Ce n’est pas un hasard si les organisations les plus actives en faveur des dédommagements se trouvent dans d’anciennes colonies ou d’anciennes puissances coloniales d’importance mineure.
    Pensez-vous qu’une réconciliation historique entre anciennes puissances colonisatrices et anciens pays colonisés conduirait à une meilleure coexistence entre les peuples et diminuerait les tentations bellicistes ?
    Oui, nous pensons qu’une telle réconciliaiton est indubitable. Mais celle-ci devra être réelle, pas seulement sur le papier ; elle devra impliquer aussi la societé civile à travers des campagnes d’information. Aujourd’hui, les citoyens des anciennes colonies vivent dans un climat de refoulement collectif du passé. Quand les peuples sont conscients, il sont aussi libres. Si cette réconciliation est fondamentale, elle doit être accompagnée, en tout cas, d’une condamnation au niveau juridique du colonialisme sur le plan international, afin d’éviter qu’il ne se reproduise à l’avenir. Cette condamnation doit être accompagnée aussi des excuses officielles et de dédommagements afin d’arriver à un accord commun et mutuellement satisfaisant. Il faut favoriser la suprématie de la « force du droit » sur le « droit de la force ».
    Vous avez demandé à Israël de restituer les colonies occupées. La communauté internationale a-t-elle les moyens d’obliger Tel-Aviv à reconnaître la spoliation de terres appartenant au peuple palestinien, connaissant l’arrogance de cet Etat ?
    La communauté international a les moyens d’obliger Israël à se plier aux lois internationales. En fait, les nombreuses resolutions de l’ONU contre Israël n’ont jamais été respectées à cause du veto des Etats-Unis. Si les Etats-Unis changent de position, cet objectif pourra être atteint.
    Pourquoi Israël jouit-il d’une telle impunité, selon vous ?
    Israël est toujours plus isolé au niveau international. Seuls neuf pays ont voté contre la résolution de l’ONU du 29 novembre 2012 qui a réaffirmé le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’indépendance. Le seul pays qui continue d’appuyer Israël, c’est les Etats-Unis. L’impunité cessera quand les Etats-Unis arrêteront leur aide militaire considérable à cette énorme base militaire appelée Israël. Il faut tenir compte, en outre, du fait que la politique israélienne est divisée et que, donc, il n’est pas dit que la pensée belliciste restera toujours majoritaire dans ce pays.
    Nous sommes au XXIe siècle, pourtant beaucoup de pays vivent encore sous le joug du colonialisme, et ce, bien que les résolutions des Nations unies accordent le droit aux peuples de disposer d’eux-mêmes. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
    Nous expliquons cela en disant, toujours, qu’il y a une inertie. La période historique précédente, à savoir l’impérialisme, continue de peser, mais moins qu’avant. La phase néocoloniale actuelle est caractérisée par l’exploitation économique, mais elle est en train d’évoluer parce que les équilibres internationaux se déplacent en faveur des pays anciennement colonisés. C’est ce qui a conduit à la crise que l’Occident est en train de vivre. Tout ceci laisse présager d’un avenir meilleur car les nouvelles puissances montantes n’ont pas les mêmes tendances bellicistes que les anciennes.
    Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi



    colonialismreparation.org

    http://algeriepatriotique.com/article/guido-audino-algeriepatriotique-la-france-ete-un-des-piliers-des-differentes-etapes-du-colon


    CHARPAL

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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par CHARPAL le Lun 4 Fév - 13:24

    Toutes les expéditions militaires actuelles, qu'on peut toujours justifier sur le moment, ne servent strictement à rien, à moyen et long terme, tant que les causes profondes des situations ne sont pas analysées et combattues efficacement.

    L'origine de tous les conflits actuels est le logiciel de partage des richesses.

    L'humanité produit assez de richesses pour que tous les êtres humains puissent vivre décemment ; manger à sa faim, boire une eau potable, être soigné et éduqué correctement.

    Dans une telle situation, les extrêmistes en tout genre seraient condamnés à la marginalisation perpétuelle.

    Actuellement, 1% de l' Humanité trône sur une montagne Himalayesque de fric, accumulée en clochardisant des populations entières, en pillant les ressources naturelles de pays sans défense et/ou corrompus et en massacrant la planète.

    On peut se renseigner auprès des ONG compétentes et de l' ONU pour connaître le nombre de victimes, rien qu'en Afrique ces 50 dernières années, des pratiques ignobles des multinationales sur ce Continent.

    Pillage des matières premières, corruption des politiciens, pollutions mortelles massives, esclavage et exploitation des travailleurs, massacre des agricultures locales.

    Le bilan doit s'établir à des dizaines de millions de morts !

    Toutes ces victimes ne risquent pas de "remercier" la France car celle-ci, qui se targue " d'aimer " l'Afrique, les a laissés crever !

    Il en sera du Mali comme des autres pays, tant que la feuille de route de l'ultra libéralisme sauvage n'aura pas été mise à la poubelle de l'Histoire.

    Dans quelques années la misère sera toujours là, voire aura augmenté et les oreilles se tendront à nouveau pour écouter les fanatique en tout genre.

    Mais cet épisode aura permis à Hollandréou de faire le Tartarin.

    Il est plus courageux devant quelques bandes armées éparses que devant la City, siège de " l'industrie financière " armada criminelle qui affame et esclavagise l'Humanité !
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Lun 4 Fév - 13:33

    oui, Charpal, et s'il veut protéger les populations, qu'il se préoccupe donc des Palestiniens qui se font spolier, tuer,..depuis des décennies par les Israéliens!
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 9 Fév - 9:35

    Mali : le point de vue de progressistes africains
    FERÑENT / MOUVEMENT DES TRAVAILLEURS PANAFRICAINS-SÉNÉGAL | LAUTJOURNAL.INFO | LUNDI 28 JANVIER 2013
    vendredi 1er février 2013


    Mali : le point de vue de progressistes africains
    Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal | lautjournal.info | lundi 28 janvier 2013

    Alors qu’officiellement on faisait croire que l’ONU avait été saisie d’une intervention militaire « africaine », voilà que soudain le président Français Hollande lance sa guerre sous le nom de Serval au Mali.

    Sarkozy avait fait exactement la même chose en Côte d’Ivoire, là aussi pendant qu’officiellement le mandat onusien et de la force française Licorne était d’empêcher les deux camps de se battre, brusquement le palais présidentiel est bombardé et le président L. Gbagbo est capturé.

    Le mandat onusien est encore détourné de « protection aérienne de la ville de Benghazi » en campagne militaire de l’OTAN et ses mercenaires (Aqmi et autres salafistes financés par les Emirs saoudiens, qataris, koweitiens et émiratis), puis assassinat en direct de Khadafi.

    Pour se débarrasser de la Jamahiriya Libyenne, l’OTAN et les monarchies intégristes fascistes du Golfe ont littéralement acheté les services d’une partie de l’armée nationale libyenne, formée de ressortissants Touaregs venant notamment du Mali.

    Une fois le sale boulot exécuté, les Touaregs armés de l’ex-armée libyenne sont alors revenus dans le nord-Mali avec la complicité de l’ex-président Amadou Toumani Touré (balayé par le coup d’état du 22 mars 2012 lors d’une rébellion populaire et de la base de l’armée malienne).

    Trahi par son propre président, le Mali va se retrouver divisé, avec une mainmise sur le nord du pays des groupes dits Touaregs des séparatistes du MNLA, d’Ansar Dine et des terroristes d’Aqmi, du Mujao, de Boko Haram.

    C’est alors que Sarkozy fait entrer en scène son valet Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) qu’il venait de hisser au pouvoir sur les chars français à Abidjan, nouveau président de la CEDEAO, cette communauté économique ouest-africaine dans laquelle les Etats de l’UEMOA et de la zone franc sont des semi-colonies de la Françafric.

    Cette entrée en scène de la CEDEAO s’est traduite par le blocage des armes commandées par l’armée malienne dans les ports de Dakar, Conakry, Abidjan, et par la nomination de Dioncounda comme président malien d’une transition imposée d’un an anticonstitutionnelle par la CEDEAO à l’instigation de l’impérialisme français.

    La ficelle trop grosse est démasquée ainsi par Aminata Traore, militante altermondialiste malienne : « La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime. Il n’est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclue par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Benghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer. La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA), de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen. Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste ? ».

    La situation de l’impérialisme français dont a hérité le président socialiste Hollande est la suivante :

    Défait en Afghanistan, les impérialistes occidentaux (USA, UE) sont en train de fuir le pays qu’ils ont mis à feu et à sang et cherchent à détruire la Syrie en y armant des mercenaires djihadistes financés par leurs alliés des théocraties fascistes des pétrodollars saoudiens, qataris, émiratis et koweitiens.

    Mais là aussi les choses semblent aller dans le sens de l’échec de la stratégie de libyannisation de la Syrie d’autant plus que la Russie et la Chine restent ferme au Conseil de Sécurité sur l’exigence du respect de la souveraineté nationale et de l’indépendance nationale des pays, nations et peuples conformément d’ailleurs à la charte de cette institution avec le soutien de la majorité de l’Assemblée Générale de l’ONU.

    La crise économique et la nécessité du profit maximum implique une politique d’austérité dont l’axe majeur est la baisse des salaires, des pensions et des prestations sociales des travailleurs de France.

    L’intégration de plus en plus grande en position subordonnée à l’impérialisme allemand à l’UE, à ses recettes libérales et à la division du travail au sein de cette prison des peuples européens.

    C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre que la guerre déclenchée par Hollande dans le Sahara malien, dans la droite ligne de Sarkozy, est une guerre sur commande de TOTAL et AREVA.

    Il s’agit d’accroître la mainmise de l’impérialisme Françafricain sur les richesses minérales et agricoles au profit de ses firmes transnationales en réactualisant un vieux projet du colonialisme français mis en échec dans les années 60 : l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), projet de colonie détachant et rassemblant les régions sahariennes des futurs Etats indépendants de l’Algérie, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie.

    C’est en 1952 qu’une mission de l’Assemblée Nationale française avait formulé la nécessité de créer un tel « Territoire d’Outre-Mer » (TOM) dès que commencerait l’exploitation du pétrole à Edjélé et à Hassi Messaoud en Algérie.

    Le gouvernement français avait même déposé à l’époque un projet de loi faisant des régions sahariennes « un territoire autonome ».

    Le ministre Max Lejeune devait déclarer, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie, que « dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l’URSS la troisième puissance énergétique mondiale » (maliweb.net du 15/10/2012).

    Ce projet sécessionniste visant en particulier l’Algérie à l’époque avait échoué parce que le Mali progressiste de Modibo Keita avait tenu bon sur la solidarité panafricaine avec la lutte de libération armée du peuple algérien.

    Au lendemain de l’intervention militaire au Mali, la presse algérienne a été unanime pour s’inquiéter de ce retour colonial : « La France ne chercherait-elle pas à déstabiliser l’Algérie ? », « l’intervention militaire française au Mali est une des étapes d’un plan visant l’installation de forces étrangères dans la région du Sahel ».

    L’analyste Laid Seraghni va plus loin en écrivant que : « Derrière l’enjeu malien, la France coloniale cherche à punir l’Algérie... Cette crise n’est qu’une étape pour atteindre in fine l’Algérie, dont le Sud est cerné par l’armée française qui opère en Libye, en Côte d’Ivoire, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et au Mali... la France cherche par les armes à réaliser un ancien rêve colonial ».

    Ce rêve colonial, rappelons le, consistait pour la France à conserver toute une partie du Sahara algérien et le sahel, car, déjà à l’époque, elle était au fait des richesses et des potentialités de cette région. Cet enjeu était si énorme que la guerre d’Algérie, qui aurait pu s’arrêter en 1958 a été poursuivie, le FLN historique ne voulant pas entendre parler d’une indépendance partielle c’est-à-dire sans le Sahara.

    C’est cette même stratégie impérialiste qui avait pris la forme d’« autonomie » et de « régionalisation » suggérée et imposée au Mali par Edgar Pisani sous Mitterrand dans les années 80 et qui allait préparer à travers le tristement célèbre rallye « Paris-Dakar » et l’image touristique des « hommes bleus », la réémergence de la question des nationalités du nord Mali, et surtout de la minorité Touareg.

    Confronté à la double difficulté interne des effets sociaux de la crise, et externe avec la défaite en Afghanistan et celle qui semble se profiler en Syrie, Hollande en se mettant carrément en première ligne et en faisant appel, comme en Libye, à Cameron et à la logistique US ainsi qu’aux « tirailleurs » valets africains de la Françafric vient de lancer sa guerre françafricaine du Sahara.

    Hollande cherche là aussi à sauver son président-laquais « de transition » Dioncounda, imposé au peuple malien. Hollande fait d’une pierre trois coups : divertir le peuple Français, cacher les défaites en Afghanistan et en Syrie (en cours), tromper le peuple malien en offrant les richesses du sous sol de ce grand pays africain à Total (hydrocarbures) et Areva (uranium) et préparer la future agression revancharde contre l’Algérie.

    Non à L’embargo de la CEDEAO et de la Françafric sur les armes commandées par l’armée malienne ! Troupes Françaises hors du Mali ! Non à la guerre pour les intérêts de Total et d’Areva ! Solidarité panafricaine et internationalistes des peuples pour dire : Françafric, hors d’Afrique !

    Janvier 2013

    http://www.bbec.lautre.net/www/spip_truks-en-vrak/spip.php?article4128
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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

    Message par bye le Sam 16 Fév - 19:08

    Oumar Mariko, dirigeant de gauche arrêté au Mali...
    
ERIC PAUPORTÉ | MICHELCOLLON.INFO | MERCREDI 13 FÉVRIER 2013
    mercredi 13 février 2013


    Un dirigeant de gauche arrêté au Mali : le véritable objectif de l’intervention ?
    
Eric Pauporté | michelcollon.info | mercredi 13 février 2013


    Ce 11 férvier à Sangarebougou, dans la banlieue de Bamako, Oumar Mariko a été arrêté violemment à son ONG Médes Sapcom, par des hommes armés, cagoulés, tirant en l’air pour disperser les gens accourus : c’est le fait des services de la sécurité d’Etat.



    Mise à jour : Bonne nouvelle, le parti SADI a communiqué qu’Oumar Mariko avait été libéré le 12 février.

    Cela fait suite à une campagne d’ attaques calomnieuses dans les médias dirigées principalement contre Oumar Mariko, Aminata Traoré et les signataires de la déclaration du 22 mars pour un changement politique démocratique profond.

    Oumar Mariko est l’homme qui n’a cessé de dénoncer les manigances des gens au pouvoir depuis la conférence interrompue de 1992, alors qu’il était un des acteurs principaux de la chute de Moussa Traoré. Oumar Mariko est le représentant de l’opposition de gauche. Candidat aux élections présidentielles de 2007 il a été la principale victimes des fraudes électorales massives qui ont porté au pouvoir le gouvernement d’ATT, gouvernement dont l’actuel “président par intérim, Dioncounda Traoré, faisait partie . En avril 2012, Dioncounda Traoré avait été désigné président par intérim pour 40 jours, par la volonté de l’Elysée et des Etats marionnettes de la région ( la CEDEAO). Depuis, son mandat est prolongé sans aucune légitimité.

    Il nous appartient de diffuser l’information, de faire connaître les machinations des gouvernements français et africains vendus aux multinationales. Il nous appartient de dénoncer les menaces qui pèsent sur les porte-parole de la population malienne et de ses intérêts. Il nous appartient de dénoncer les objectifs colonialistes des pillages criminels qui sont en cours, et les prétextes hypocrites derrières lesquels ils se cachent. La France a doté des groupes mercenaires de son pouvoir impérial, donnant son aval à leur libre circulation dans le nord du Mali. Paris ne vise pas à prendre le contrôle des lieux mais bien à le céder à ces groupes de mercenaires. C’est à cela qu’ils servent. Et l’Eysée a une longue expérience en ce domaine avec toute la grande région de l’ancien Soudan français.

    Faut-il rappeler que les couches géologiques d’Afrique de l’Ouest sont les mêmes d’Ouest en Est de telle sorte que l’on trouve les ressources pétrolières, d’or et d’uranium sur les mêmes parallèles bien au-delà des zones d’exploitation actuellement réputées ? Et que les ressources d’eau du bassin du fleuve Niger sont nécessaires à l’exploitation des mines du nord saharien ?

    La Sécurité d’Etat malienne a annoncé que l’arrestation d’Oumar Mariko intervenait pour des raisons de sécurité dans le cadre de l’enquête ouverte sur la mutinerie des bérets rouges. Or, ces bérets formaient la garde rapprochée de l’ex-président ATT. Ils s’opposaient aux bérets verts du capitaine rebelle Sanogo qui eux, sont sur le front. L’idée qu’Oumar Mariko soit derrière la mutinerie des bérets rouges n’a pas beaucoup de sens. C’est un prétexte qui cache mal une répression.

    Le gouvernement Hollande prépare son intervention depuis le mois de mai. C’est-à-dire que depuis son investiture, il tient des discours contraires aux plans militaires et politiques dont l’élaboration est avérée. Depuis la fin octobre, 2000 soldats français rapatriés d’Afghanistan sont prêts pour l’intervention au Mali, des forces spéciales sont sur le terrain, les surveillances satellites et drônes se succèdent. A cela s’ajoute la lettre de demande d’aide militaire de Dioncounda Traoré écrite et réécrite par l’Elysée et qui ne prend même pas la peine de préciser l’intervention militaire au sol (voir l’enquête du Nouvel Observateur à ce sujet).

    Il y a urgence à se mobiliser pour éviter qu’à nouveau un dirigeant de gauche ne soit assassiné en Afrique.


    Signez la pétition adressée aux autorités maliennes


    Eric Pauporté a réalisé le film Mali D’Or qui, à travers le drame des mineurs maliens exploités et maltraités par les multinationales dont Bouygues, expose les mécanismes de la France – Afrique ou France à fric.
    Pour commander ou projeter ce film et inviter l’auteur à un débat : revemoteur@voila.fr

    Source : Investig’Action

    http://www.michelcollon.info/Un-dirigeant-de-gauche-arrete-au.html

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    Re: Au Mali, une intervention française aux contours incertains

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