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    Bahreïn, “printemps arabe” oublié

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    Bahreïn, “printemps arabe” oublié

    Message par bye le Dim 27 Jan - 8:43

    Bahreïn, “printemps arabe” oublié
    | LDH-TOULON.NET | VENDREDI 25 JANVIER 2013
    vendredi 25 janvier 2013


    Bahreïn, “printemps arabe” oublié
    | ldh-toulon.net | vendredi 25 janvier 2013


    A Bahreïn, petit archipel du Golfe, la dynastie régnante des Al-Khalifa est sunnite, alors que la population autochtone est en majorité chiite En février-mars 2011, un soulèvement populaire animé par des chiites réclamant une monarchie constitutionnelle a été réprimé par les autorités, avec le soutien de troupes venues des pays voisins du Golfe.

    Depuis lors, le petit royaume reste secoué par des troubles : des Bahreinis manifestent pour demander la démocratie et la liberté. La répression est dure – des condamnations, des morts par dizaines ... Des organisations de défense des droits de l’Homme, les Nations unies ..., dénoncent, mais peu d’informations parviennent à l’extérieur : Bahrein ne délivre pas de visas aux journalistes.

    A voir : une émission de LCP consacrée à Bahreïn.


    A Bahreïn une dizaine de défenseurs des droits de l’Homme sont derrière les barreaux pour avoir osé s’exprimer en faveur du respect des droits fondamentaux et de réformes démocratiques dans leur pays :

    Le 16 août 2012, Nabeel Rajab, président du Centre bahreini des droits de l’Homme (Bahraïn Center for Human Rights-BCHR) et du Centre du Golfe des droits de l’Homme (Gulf Centre for Human Rights - GCHR), et secrétaire général adjoint de la FIDH, a été condamné à trois ans de prison ferme. Abdulhadi Al Khawaja, ancien directeur du BCHR, purge quant à lui une peine de prison à vie [1].

    Le 2 août 2012, six organisations ont rendu publique une lettre ouverte adressée au président de la République, François Hollande, qui avait reçu le roi de Bahreïn quelques jours auparavant. Elles y rappelaient les revendications des Bahreinis : « la libération des personnes emprisonnées pour l’unique exercice de leurs droits à la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, et la traduction en justice des hauts responsables impliqués dans des cas de torture et autres graves violations des droits humains » [2].

    Elles dénonçaient la « poursuite de la répression menée par la famille régnante au Bahreïn, dont les forces de sécurité ont bénéficié par le passé de formations et d’assistance de la part de la France ».

    La France, un des cinq premiers exportateurs mondiaux, a vendu pour plus de 26 M€ d’armes au Bahreïn en 2011, dont 16 M€ de "bombes, torpilles, grenades, pots fumigènes, mines, missiles, produits "pyrotechniques" militaires (et) cartouches", et 421 000 € d’"agents chimiques ou biologiques toxiques, “ agents antiémeutes”, substances radioactives, matériel, composants et substances connexes".

    A Bahrein, les policiers anti-émeutes utilisent la technologie française contre les manifestants – voir le blog BugBrother ...







    Il existe même un ...

    Accord relatif à la coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme entre la France et le Bahrein [3]

    Extrait du compte rendu du Conseil des ministres du 1er avril 2009

    La France a noué une coopération multiforme en matière de sécurité intérieure avec de nombreux pays. Elle s’efforce depuis quelques années d’harmoniser et de rendre cohérente cette coopération en négociant des accords élaborés selon un modèle unifié dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale. Cette démarche permet à la fois de donner une base juridique solide à notre coopération opérationnelle et technique et de renforcer son intensité pour les pays considérés comme importants dans ce dispositif, avec des impacts positifs accrus pour notre sécurité intérieure.

    C’est dans cette optique que s’inscrivent les accords entre le Gouvernement de la République française et les Gouvernements de l’Albanie, de l’Arabie Saoudite, du Bahreïn, de la Grèce, de la Libye et de Maurice, relatifs à la coopération en matière de sécurité intérieure, signés au cours des deux dernières années.

    ________________

    La loi n° 2010-382 du 16 avril 2010 a autorisé l’approbation de l’accord entre la France et le Bahreïn relatif à la coopération en matière de sécurité intérieure et de défense civile [4].






    Le Bahreïn sur la défensive après les remontrances de l’ONU

    par Benjamin Barthe, Le Monde.fr, le 26 septembre 2012

    "C’était comme si les autorités du Bahreïn passaient en procès. Elles ont été mises sur le gril." A l’évocation de la session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU consacrée à l’archipel du golfe Persique, qui s’est déroulée mercredi 19 septembre au Palais des nations, à Genève, Abdel Nabi Al-Ekry ne peut réprimer un large sourire. Pour ce vétéran de la gauche bahreinie, la réunion des Nations unies, qui a mis en lumière le peu d’empressement de la monarchie sunnite des Khalifa à se réformer en dépit de la révolte à dominante chiite qui la secoue depuis un an et demi, pourrait amorcer un tournant.

    "Nous sommes en train de voir l’impact de Genève sur les chancelleries occidentales, affirme Abdel Nabi Al-Ekry, de passage à Paris, mardi 25 septembre, avec quelques autres membres de l’opposition. Elles ont compris qu’il ne sert à rien d’appeler à un "dialogue" entre le pouvoir et l’opposition, car c’est un terme trop vague, qui permet au gouvernement de gagner du temps. Elles parlent désormais de "négociations", ce qui sous-entend un cadre de référence beaucoup plus clair."

    La session du Conseil des droits de l’homme sur le Bahreïn s’est tenue dans le cadre de la procédure dite d’"Examen périodique universel", à travers laquelle les pratiques de chacun des pays membres de l’ONU sont passées en revue, une fois tous les quatre ans. A cette occasion, les autorités de Manama ont annoncé qu’elles acceptaient "90 %" des recommandations élaborées en mai par le Conseil des droits de l’homme.

    "D’IMPORTANTS DÉFIS PERSISTENT"

    Par la bouche de son ministre des affaires étrangères, Khaled Ben Ahmed Al-Khalifa, le Bahreïn s’est engagé à mettre en œuvre 145 d’entre elles, sur un total de 176 dispositions. Treize autres recommandations ont été acceptées sous conditions et vingt ont été rejetées. "Nous avons entrepris des réformes sans précédent", a assuré le chef de la diplomatie bahreinie, qui a notamment évoqué l’instauration d’une unité spéciale, chargée d’enquêter sur les abus perpétrés par les forces de sécurité. "D’importants défis persistent", a-t-il reconnu, tout en déplorant que "certains alimentent les flammes de l’extrémisme et de la violence".

    Une allusion au Wifaq, le mouvement islamiste chiite, à la pointe de l’opposition, qui organise chaque vendredi des marches dans les villages en lisière de Manama, la capitale, pour réclamer l’instauration d’une monarchie parlementaire. Au motif que ces manifestations ne sont pas autorisées, la police bahreinie les disperse souvent violemment, à coups de gaz lacrymogène et de décharges de chevrotine. Cette répression a fait 80 morts, selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) depuis le 14 février 2011, date du début de la révolte, dont 34 depuis la publication du rapport de la commission Bassiouni, le 23 novembre 2011, qui avait dénoncé un "usage excessif et disproportionné de la force".

    La série de recommandations que ce comité d’enquête indépendant avait alors énoncé avait été officiellement acceptée par le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa. Mais le bilan très critique, dressé tant par le Conseil des droits de l’homme que par les principales ONG internationales comme Human Rights Watch et la FIDH (rapport intégral, en anglais) atteste du fait que la mise en œuvre du rapport Bassiouni reste très partiel.

    "Plus de 85 % des recommandations de ce rapport n’ont pas été appliquées, affirme Radhi Al-Moussaoui, vice-secrétaire général du Wa’ad, un petit mouvement d’opposition, de tendance libérale. L’appel à traduire en justice les responsables de la torture n’a pas été suivi d’effet. Le gouvernement s’est contenté d’inculper quelques lampistes, qu’il n’a même pas jugé bon d’incarcérer. En revanche, notre secrétaire général, Ibrahim Cherif, a été condamné à 5 ans de prison, alors même que les autorités disent avoir renoncé à toutes les poursuites qui s’apparentent à une violation de la liberté d’expression."

    Une vingtaine de responsables politiques sont toujours incarcérés, dont Abdel Hadi Al-Khawaja et Nabil Rajab, deux figures de la communauté chiite, condamnés respectivement à la réclusion à perpétuité et à trois ans de prison.

    MANAMA DURCIT SA POSITION EN INTERNE

    Lors de la session de Genève, le secrétaire d’Etat adjoint pour les droits de l’homme des Etats-Unis, Michael Posner, a formulé d’inhabituelles critiques à l’encontre de Manama, pourtant un allié, qui héberge la Ve flotte américaine. "Bien plus doit être fait. Le Bahreïn est aujourd’hui à la croisée des chemins", a-t-il avancé, expliquant que le "progrès" dans la mise en œuvre des réformes "ralentit, et c’est une préoccupation". "Si le Bahreïn avait respecté le rapport Bassiouni, il ne serait pas fait remonter les bretelles à Genève", ajoute Radhi Moussaoui. "A moins de véritables pressions internationales", cet opposant laïc s’attend à ce que la monarchie Khalifa, au pouvoir depuis deux siècles, ne respecte pas plus les recommandations du Conseil des droits de l’homme.

    Sur la défensive, Manama soigne son profil à l’extérieur mais durcit sa position en interne. Début septembre, le ministère de l’intérieur a menacé de poursuivre en justice le Wifaq, qu’il accuse de subversion, en collaboration avec l’Iran.

    Sur Twitter, le ministre des affaires étrangères avait laissé libre cours à son aversion pour le parti chiite. "Al-Wifaq doit respecter les lois du royaume de Bahreïn. A défaut, il devra emporter son sectarisme et son arrogance sur une autre planète", écrivait-il le 8 septembre. "Al-Wifaq veut ramener la nation toute entière au point de départ. Nous avons été patients mais il y a des limites à la patience", affirmait-il le même jour, dans un autre tweet. "Nous appelons à la réforme, pas à la révolution, précise Radhi Moussaoui. Mais au lieu de nous écouter, le gouvernement perd son sang-froid et ne cesse de nous attaquer. C’est lui qui est en train de couler le pays."

    Benjamin Barthe

    <

    Notes
    [1] http://www.fidh.org/Les-defenseurs-...

    [2] La lettre signée par la LDH, FIDH, Amnesty International, Acat, Human Rights Watch et Reporters sans frontières : http://www.ldh-france.org/Lettre-ou....

    [3] http://www.assemblee-nationale.fr/1...

    [4] Référence : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspa...

    Voir en ligne : Bahreïn, “printemps arabe” oublié

    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5300

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    Re: Bahreïn, “printemps arabe” oublié

    Message par bye le Dim 1 Mar - 17:47

    Comment la France contribue à la répression à Bahreïn

    Des photos prises par des militants des droits humains prouvent que des grenades lacrymogènes françaises fabriquées en 2012 ont été récemment utilisées à Bahreïn. Depuis février 2011 pourtant, face à la violence de la répression, la France s’est engagée à ne plus fournir ces armes à la police de ce pays. Enquête.

    Des rues de Manama noyées dans des nuages de gaz lacrymogène. Des policiers qui tirent ces mêmes grenades à travers les fenêtres des maisons ou dans des voitures de manifestants. Ces scènes sont massivement documentées sur YouTube et largement consignées dans des rapports d’ONG, à tel point que l’usage massif — et parfois mortel — de gaz lacrymogène contre les manifestants est devenu la macabre signature de la répression à Bahreïn.

    Dès les premières manifestations pacifiques de février 2011, les forces de police vont choisir d’utiliser massivement cette arme « anti-émeute » et « non létale » utilisée par toutes les polices du monde. « Au tout début des manifestations, la police du Bahreïn a beaucoup utilisé les pistolets à grenaille », se souvient un Bahreïni présent dans les rues dès les premières manifestations de 2011. « Mais les photos horribles de manifestants criblés de plomb ont fait scandale à l’étranger. Alors, pour moins s’attirer les foudres de ses alliés occidentaux, le régime a décidé d’avoir largement recours au gaz lacrymogène. » Mais la police bahreïnie va utiliser les lacrymogènes comme aucune autre police du monde ; et en tirant régulièrement dans des habitations, elle va faire des dégâts.

    À l’intérieur des maisons, l’air rempli d’épais nuages de gaz lacrymogène devient irrespirable pour les victimes. Les nourrissons et les personnes âgées sont les plus touchées. Entre 2011 et 2013, selon un rapport de l’ONG Physicians for human rights (PHR)1, 39 personnes au moins sont mortes des suites d’une exposition prolongée à des gaz lacrymogènes. En utilisant les grenades lacrymogènes dans des endroits confinés comme des habitations, la police de Bahreïn viole même la Convention internationale contre l’utilisation des armes chimiques (CIAC). Car l’agent chimique des grenades lacrymogènes, le gaz CS, est classé officiellement comme arme chimique, sauf dans le cas d’une utilisation à des fins de maintien de l’ordre, à condition que ce gaz soit tiré à l’air libre et que ses effets se dissipent rapidement. Ce qui n’a pas été le cas au Bahreïn, manifestement.


    Des mercenaires tirent une grenade lacrymogène à l’intérieur d’une maison d’Aali — YouTube
    27 mai 2012
    VENTES SUSPENDUES ?

    Face à la violence de la répression contre les manifestants au Bahreïn, la France prend rapidement les devants. Un communiqué du ministère de la défense annonce que « notre pays a suspendu les livraisons de matériel pouvant être utilisé à des fins de répression depuis le 17 février 2011. »

    La France est en effet l’un des principaux fabricants de matériel anti-émeute et notamment de grenades lacrymogènes. Le leader tricolore du secteur s’appelle Alsetex, une société du groupe Lacroix spécialiste des feux d’artifices. La société se contente d’un site web minimaliste et cultive une légendaire discrétion envers les journalistes. Sur un ancien catalogue, on peut cependant découvrir le fleuron de la marque : la grenade lacrymogène GM2. Des grenades de ce type ont été vendues en toute légalité au royaume avant les événements de février 2011, mais elles ont été utilisées massivement après l’interdiction, entre 2011 et 2013, comme on peut le voir sur cette vidéo amateur postée sur YouTube en novembre 2011, où l’on reconnaît clairement sur le sol (à partir de 2 min 33) le modèle GM2 d’Alsetex :


    ‫إخراج النساء من المأتم بعد أن هاجمتهم المرتزقة — YouTube
    26 novembre 2011
    Pour autant, cela ne signifie pas automatiquement que l’interdiction d’exporter du matériel anti-émeute à Bahreïn n’était pas appliquée, car le régime disposait de stocks anciens de lacrymogènes Alsetex. Une explication confirmée par un officiel bon connaisseur du dossier qui répond sous couvert d’anonymat : « À partir du moment où le ministère interdit une livraison de grenades lacrymogènes, l’entreprise respecte l’interdiction et arrête de livrer. Si on en trouve sur place après l’interdiction c’est seulement parce que la police utilise ses stocks. Il n’y a pas eu de nouvelles livraisons. » Mais des informations obtenues par Orient XXI montrent que des grenades lacrymogènes exportées ultérieurement par Alsetex ont été utilisées par la police bahreinie, accréditant l’idée que la France aurait de nouveau pu fournir le Bahreïn.

    DES PHOTOS COMPROMETTANTES

    Le 16 février 2015 en effet, nous nous sommes procuré des photos auprès de militants des droits humains sur place. Elles présentent des grenades ramassées sur le sol le 13 février 2015 après avoir été tirées par la police pendant les manifestations célébrant le quatrième anniversaire du soulèvement de 2011. Les inscriptions qui y figurent sont importantes. Les deux derniers chiffres « 12 » révèlent en effet l’année de production des grenades : 2012. Ces grenades Alsetex ont donc été produites bien après l’interdiction d’exporter vers le Bahreïn. La France a-t-elle violé l’interdiction qu’elle s’est appliquée à elle-même ?



    L’ONG Bahrain Watch, qui fait un minutieux travail de documentation sur les événements depuis 2011 a immédiatement réagi à ces informations : « L’usage excessif de grenades lacrymogènes par le Bahreïn a déjà causé la mort de dizaines de personnes depuis 2011 », rappelle-t-elle. « Les autorités françaises doivent empêcher l’exportation de grenades lacrymogènes vers Bahreïn et enquêter pour comprendre comment des grenades de la firme Alsetex continuent à être utilisées pour réprimer les revendications de démocratie ».

    Comment ces grenades lacrymogènes se sont-elles retrouvées sur place malgré l’interdiction du ministère de la défense ? La France a-t-elle délibérément enfreint l’interdiction de 2011 ? Les documents officiels à disposition ne permettent pas de répondre à cette question. Dans le rapport au Parlement sur les exportations d’armement pour l’année 2012, le ministère de la défense recense une vente à Bahreïn dans la catégorie « ML7 » qui comprend — entre autres matériels — les grenades lacrymogènes. Le tout pour un montant de 251 357 euros. Cette livraison était-elle une livraison de grenades lacrymogènes ? Interrogé la semaine dernière, le ministère de la défense assure que non. Par la voix de son porte-parole, Pierre Bayle, il assure même que ce « matériel anti-émeutes n’est pas du matériel de guerre, et n’est donc pas concerné par la réglementation en vigueur au ministère de la défense ». Étrange, car la liste commune des équipements militaires de l’Union européenne à laquelle la France doit se référer en matière d’exportations d’armement classe bel et bien les gaz lacrymogènes comme des « agents anti-émeute » regroupés sous la catégorie « ML7 ».

    CONTOURNEMENTS DE LA RÉGLEMENTATION

    Le ministère de la défense précise qu’il réitère également la réponse déjà faite à l’auteur de ces lignes dans un documentaire de Canal+. À l’époque, Bayle expliquait que du matériel de la catégorie ML7 était régulièrement livré à Bahreïn, mais qu’il s’agissait uniquement de « matériel de détection, et en aucun cas de matériel offensif ».

    Et pour cause : le Bahreïn peut utiliser bien d’autres voies pour se fournir en grenades lacrymogènes françaises. La première consiste à récupérer les grenades exportées par la France aux alliés de Bahreïn, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. En 2012, la France leur a vendu respectivement pour 2 838 675 euros et 397 577 euros d’équipements de la catégorie ML7, comprenant les grenades lacrymogènes. Le petit royaume de Bahreïn étant sous perfusion militaire de ses alliés, a-t-il obtenu d’eux de se faire envoyer du matériel anti-émeutes livré par la France ?

    Deuxième option : selon la loi française, il existe un autre mode d’exportation des grenades lacrymogènes. En plus de la catégorie militaire ML7, elles peuvent aussi être exportées sous la licence « AEPE » (autorisation d’exportation de produits explosifs) qui elle est accordée par les douanes, mais cela ne fait l’objet d’aucune communication publique.

    Le plus simple était encore de poser la question à la principale société concernée, Alsetex. Mais contactée, l’entreprise n’a fourni aucune réponse à ce jour.

    JEAN-BAPTISTE RENAUD

    http://orientxxi.info/magazine/comment-la-france-contribue-a-la,0820

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