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    Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

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    Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Sam 28 Juin - 12:29

    Paris, 23 juin 2014 (AFP) - Des produits phytosanitaires parmi les plus utilisés dans le monde ont des effets néfastes sur la biodiversité qui ne se limitent pas aux abeilles, mais nuisent aussi aux papillons, vers de terre, oiseaux et poissons, selon une évaluation scientifique internationale présentée mardi.

    Après avoir examiné les conclusions de quelque 800 études parues depuis une vingtaine d'années, les auteurs de cette évaluation plaident pour « durcir encore la réglementation sur les néonicotinoïdes et le fipronil », les deux types de substances chimiques étudiées, et de « commencer à planifier leur suppression progressive à l'échelle mondiale ou, du moins, à formuler des plans visant à réduire fortement leur utilisation dans le monde ».

    « Les preuves sont très claires. Nous sommes face à une menace qui pèse sur la productivité de notre milieu naturel et agricole », indique dans un communiqué le Dr Jean-Marc Bonmatin (Cnrs), l'un des principaux auteurs de cette analyse menée sur les quatre dernières années. L'évaluation a été conduite par un panel de 29 chercheurs internationaux dans le cadre d'un groupe de travail spécialisé sur les pesticides systémiques (conçus pour être absorbés par les plantes). Ce groupe conseille notamment l'Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), l'organisme qui rend compte de l'état de santé de la biodiversité mondiale à travers sa « Liste rouge » des espèces menacées. Les conclusions doivent être publiées en huit articles pendant l'été dans la revue Environmental Science ans Pollution Research, précise ce groupe de travail.

    Les produits étudiés sont « aujourd'hui les plus utilisés dans le monde, avec une part de marché estimée à quelque 40 % » et sont aussi « communément utilisés dans les traitements domestiques pour la prévention des puces chez les chats et chiens et la lutte contre les termites dans les structures en bois ». Les effets liés à l'exposition à ces pesticides « peuvent être immédiats et fatals mais également chroniques », soulignent les chercheurs, avec des effets comme la perte d'odorat ou de mémoire, une perte de fécondité, une diminution de l'apport alimentaire, comme un butinage amoindri chez les abeilles, ou encore une capacité altérée du ver de terre à creuser des tunnels.

    Ces produits sont notamment pointés du doigt depuis quelques années comme l'une des causes expliquant le déclin des populations d'abeilles. L'Union européenne a par exemple déjà suspendu en 2013 l'usage du fipronil et de trois néonicotinoïdes en raison de leurs effets sur les pollinisateurs.

    Mais cette interdiction est partielle et ne porte que sur certains usages des pesticides incriminés, « qui restent largement utilisés, par exemple pour la culture du blé, provoquant les mêmes inquiétudes pour l'environnement », a souligné l'un des chercheurs, le britannique Dave Goulson, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. « C'est à leur usage préventif généralisé qu'il faut mettre fin, ils ne devraient être qu'un dernier recours, actuellement, on les utilise comme si l'on prenait des antibiotiques sans être malades », a-t-il ajouté.

    La nouvelle analyse montre que bien d'autres espèces que les abeilles sont également touchées, au premier rang desquelles les invertébrés terrestres, comme les vers de terre, indispensables maillons de la vie des sous-sols. Suivent les pollinisateurs - abeilles et papillons - puis les invertébrés aquatiques, comme les gastéropodes d'eau douce et les puces d'eau, les oiseaux, les poissons et les amphibiens. Les chercheurs précisent ne pas avoir de données suffisantes pour déterminer leur impact sur les mammifères et les reptiles, même si un « impact est probable » sur ces derniers.

    En dépit du peu d'études disponibles dans l'immédiat, un groupe de travail du panel planche sur une évaluation des effets sur l'être humain, a précisé un autre de ses membres, Jeroen Van der Sluijs. « Il y a des preuves préliminaires que le développement du cerveau, mais aussi le système immunitaire, peuvent être affectés », a-t-il affirmé.

    « Toute la biodiversité est involontairement affectée par ces produits », a réagi l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) qui considère que les « pouvoirs publics français et européens » ne doivent « plus tergiverser » et appelle à un « moratoire total sur ces dangereux pesticides ».

    Source: AFP
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    Re: Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Dim 22 Mar - 17:43

    La production de miel au plus bas en 20 ans
    http://www.boursorama.com/actualites/la-production-de-miel-au-plus-bas-en-20-ans-68031086f7e415009b193bfb07e404c9

    Boursorama avec AFP le 19/03/2015 à 13:57
    La production de miel en France en 2014 a baissé d'un tiers en un an. Les pesticides et les insecticides sont une nouvelle fois pointés du doigt.

    32.000 tonnes de miel étaient produites en France en 1995. 20 ans plus tard ce chiffre est tombé à 10.000 tonnes (illustration). ( AFP / )
    Selon les chiffres de l'Union nationale des apiculteurs français (Unif) publiés ce jeudi 19 mars, la production de miel en France est tombée à 10.000 tonnes en 2014. C'est le niveau le plus depuis 20 ans. En 1995, plus de 32.000 tonnes avaient été récoltées mais depuis la production annuelle ne cesse de baisser.
    Les colonies enregistrant des mortalités très élevées causées par certains pesticides et parasites comme le frelon asiatique, ainsi que par la perte d'une partie de leur habitat provoquée par la monoculture intensive. En 2014, des conditions météorologiques "catastrophiques pour les abeilles" ont également aggravé la mortalité qui a atteint 50 à 80% dans les grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
    Cette baisse de la production en 2014 a paradoxalement été accompagnée par un regain d'intérêt pour l'apiculture, qui se traduit par une hausse du nombre d'apiculteurs, plutôt amateurs, et de ruches, évaluées désormais entre 1,25 et 1,3 million.
    L'Unaf, la plus importante association de professionnels du secteur, estime que le plan de soutien à l'apiculture, lancé en 2013, "parait bien dérisoire et ne répond en aucune manière aux préoccupations urgentes des apiculteurs qui luttent pour leur survie".
    L'organisation demande des "aides financières exceptionnelles". Les apiculteurs réclament, eux, une interdiction plus large de certains insecticides mis en cause dans le dépérissement des colonies, ainsi que des mesures renforcées contre des parasites.
    Les insecticides néonicotinoïdes sont particulièrement visés. Depuis 2013, 4 molécules de cette classe font l'objet d'une interdiction temporaire dans l'UE pour l'enrobage des semences, le traitement de sol et en pulvérisation sur certaines cultures.
    "Cette décision est non négligeable mais elle n’est malheureusement pas suffisante", plaide l'Unaf car "ni les céréales à paille semées en hiver, ni les betteraves, ni les traitements en forêt ne sont concernés par cette interdiction". "En France, environ un tiers des céréales à paille est traité avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisées en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles", explique l'Unaf.
    Par ailleurs, "d’autres substances très dangereuses pour les abeilles restent sur le marché, telles le thiaclopride ou l’acétamipride, toutes deux de la famille des néonicotinoïdes", souligne-t-elle.
    Par ailleurs, la lutte contre le frelon asiatique est jugée insuffisante et les professionnels s'inquiètent de la présence sur le sol français d'un autre parasite, le Cynips du châtaignier, venu de Chine et de plus en plus répandu.
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    Re: Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Dim 22 Mar - 17:45

    Miel : chute vertigineuse de la production en France
    http://www.lepoint.fr/environnement/miel-chute-vertigineuse-de-la-production-en-france-19-03-2015-1914147_1927.php

    Le Point - Publié le 19/03/2015 à 13:38 - Modifié le 19/03/2015 à 14:07

    Les récoltes sont au plus bas depuis 20 ans, passant de 32 000 à 10 000 tonnes. L'Union nationale des apiculteurs français accuse les insecticides.



    La production de miel en France en 2014 a baissé d'un tiers par rapport à l'année précédente. Elle tombe à environ 10 000 tonnes, soit le niveau le plus bas depuis 20 ans, informe jeudi l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) qui pointe de nouveau du doigt les insecticides. Une chute vertigineuse alors qu'en 1995, les récoltes atteignaient plus de 32 000 tonnes.
    Depuis, la production annuelle ne cesse de baisser, les colonies enregistrant des mortalités très élevées causées par certains pesticides et parasites comme le frelon asiatique, ainsi que par la perte d'une partie de leur habitat provoquée par la monoculture intensive. En 2014, des conditions météorologiques "catastrophiques pour les abeilles", selon l'Unaf, ont encore aggravé leur mortalité. Celle-ci a atteint 50 à 80 % dans les grandes régions de production comme Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.


    Abeilles en danger
    La baisse de la production en 2014 a paradoxalement été accompagnée par un regain d'intérêt pour l'apiculture, qui se traduit par une hausse du nombre d'apiculteurs, plutôt amateurs, et de ruches, évaluées désormais entre 1,25 et 1,3 million. L'Unaf, la plus importante association de professionnels du secteur, estime que le plan de soutien à l'apiculture, lancé en 2013, "paraît bien dérisoire et ne répond en aucune manière aux préoccupations urgentes des apiculteurs qui luttent pour leur survie".
    L'organisation demande des "aides financières exceptionnelles". Les apiculteurs réclament une interdiction plus large de certains insecticides mis en cause dans le dépérissement des colonies, ainsi que des mesures renforcées contre des parasites. Les insecticides néonicotinoïdes sont particulièrement visés. Quatre molécules de cette classe font l'objet d'une interdiction temporaire dans l'Union européenne depuis juillet 2013 pour l'enrobage des semences, le traitement de sol et en pulvérisation sur certaines cultures.
    Frelon asiatique
    "Cette décision est non négligeable, mais elle n'est malheureusement pas suffisante", dit l'Unaf, car "ni les céréales à paille semées en hiver, ni les betteraves, ni les traitements en forêt ne sont concernés par cette interdiction". "En France, environ un tiers des céréales à paille est traité avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisées en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles", explique l'Unaf.
    Par ailleurs, "d'autres substances très dangereuses pour les abeilles restent sur le marché, telles le thiaclopride ou l'acétamipride, toutes deux de la famille des néonicotinoïdes", souligne-t-elle. La lutte contre le frelon asiatique est jugée insuffisante et les professionnels s'inquiètent de la présence sur le sol français d'un autre parasite, le cynips du châtaignier, venu de Chine, de plus en plus répandu.
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    Re: Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Dim 22 Mar - 17:47

    En France, la production de miel est en chute libre
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/13/en-france-la-production-de-miel-est-en-chute-libre_4365160_3244.html

    Le Monde.fr | 13.02.2014 à 16h18 • Mis à jour le 17.02.2014 à 16h21 | Par Martine Valo



    Presque pas d’acacia, de thym ni de romarin, à peine un peu de colza, de sapin, de châtaignier : la récolte de miel est en chute libre en France. Elle n’atteint même pas 15 000 tonnes pour 2013, moins qu’en 2012 (16 000 t) et loin derrière les 33 000 t par an que l’apiculture enregistrait jusqu’en 1995. Compte tenu de l’engouement actuel pour cette activité professionnelle ou amateur, le nombre de ruches est resté stable, aux alentours de 1,3 million. Mais la mortalité des colonies ne cesse de grimper : de 15 % à 30 % en moyenne selon les régions, voire 100% par endroit. Et la situation se dégrade pareillement dans de nombreux pays.
    Lire aussi : L'Europe en grave déficit d'abeilles pour polliniser ses cultures
    Le constat ne constitue pas seulement une mauvaise nouvelle pour les gourmands, c’est aussi un mauvais signe pour la santé des abeilles, pour l’environnement en général et singulièrement pour l’agriculture, dont des pans entiers dépendent des insectes butineurs. « 35 % des ressources alimentaires dans le monde dépendent de la pollinisation, à 80 % des abeilles », a rappelé Henri Clément, porte-parole de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) à l’occasion du bilan annuel de cette organisation syndicale.
    ABRICOTS, TOMATES, FIGUES, CORNICHONS
    Pourtant, au-delà des périls nombreux et variés, qui menacent les abeilles − conditions climatiques défavorables, varroa et nosema (un acarien et un champignon qui les parasitent), frelon asiatique entre autres −, les membres de l’Unaf ont une fois encore dénoncé leurs principaux ennemis : les pesticides et plus précisément les néonicotinoïdes.
    Pour ceux qui élèvent les abeilles, il y a un avant et un après 1994, date d’arrivée sur le marché de cette famille d’insecticides organochlorés neurotoxiques. Après des années d’effort, leur cri d’alerte a fini par être entendu. Un moratoire interdisant l’usage de trois néonicotinoïdes pendant deux ans sur certaines cultures vient d’être adopté dans l’Union européenne, mais il donne lieu à des recours juridiques de la part de plusieurs firmes agrochimiques.
    Pendant ce temps-là, d’autres produits utilisant ce type de molécules conquièrent les campagnes à leur tour. Les apiculteurs mettent en cause le thiaclopride et l’acétamipride que l’on retrouve notamment dans différentes préparations sous les noms de Proteus et Biscaya du groupe Bayer pour le premier ; Suprême, Horeme, Bambi, Cazogaze, Equinoxe et Insyst de la marque Certis Europe BV (groupe Nisso Chemical Europe GMBH), pour le second.
    Des abricots aux tomates, en passant par les cornichons, les figues, les framboises et les melons, de nombreuses cultures sont traitées de façon préventive avec ces pesticides systémiques, c’est-à-dire présents dans toutes les parties de la plante. Pire, ces substances sont utilisées en toute confiance puisque qu’elles portent toutes deux la mention « abeille » : leur pulvérisation est donc autorisée y compris en période de floraison.
    40 ANS D'OBSERVATIONS APICOLES
    Jacques Freney, par exemple, produit du miel depuis 1963 dans les monts du Lyonnais (Rhône), une zone d’arbres fruitiers. Voilà donc quarante ans qu’il note avec rigueur tous les faits et gestes de ses colonies d’abeilles, poids du nectar rapporté et taux de mortalité. Celui-ci était de 6 % en hiver jusqu’en 2000, avant de passer à 11 % en 2006. Il s’élève désormais à 29 % de perte toute l’année. « L’an dernier, sur un site, il m’est resté 22 ruches productives sur 122, témoigne-t-il. Elles ne sont pas pleines d’abeilles moribondes, elles sont vides : cela signifie qu’elles n’ont pas été en état de rejoindre la colonie.»
    Ses observations lui ont permis de relativiser l'impact des parasites sur ses abeilles, mais sutout de mesurer celui des néonicotinoïdes. L’apiculteur a prélevé du nectar auprès de ses butineuses pendant la période de floraison des pêchers alentour et l’a confié à Jean-Marc Bonmatin, chargé de recherche au CNRS (Centre de biophysique moléculaire, Orléans, Loiret).
    « L’acétamipride agit sur le système nerveux central comme un psychotrope, expose ce spécialiste. Ce composé crée une hyperexcitation qui entraîne la mort de l’insecte. » Or le chercheur est formel : l’envoi de M.Freynet en contenait 2,3 nanogrammes par gramme de pollen. Déceler la présence de substance à cette échelle relève « du défi scientifique », reconnaît Jean-Marc Bonmatin, mais conduit forcément à la question de l’exposition répétée à de faibles doses qui n’est pas prise en compte dans le processus d’autorisation de mise sur le marché.
    Avec une organisation italienne et une allemande, l’Unaf s’apprête à lancer le label européen Bee Friendly (ami des abeilles) qui distingue les pratiques agricoles respectueuses des insectes pollinisateurs. L’organisation en appelle par ailleurs au ministre de l’agriculture. Dans une lettre ouverte en date du 10 février, elle demande à Stéphane Le Foll « d’interdire totalement l’usage de tous les néonicotinoïdes, y compris l’acétamipride et le thiaclopride ». Et de réviser sérieusement le processus d’attribution de la mention « abeille »… en premier lieu pour les « produits reconnus comme dangereux pour les abeilles ».
    • Martine Valo
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    Re: Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Dim 22 Mar - 17:48

    Récolte de miel 2014 en baisse de 50 à 80%
    http://www.natura-sciences.com/agriculture/recolte-miel-abeilles-en-baisse730.html

    4 septembre 2014 - 12:20 3

    L’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) dresse un bilan catastrophique et alarmant des récoltes de miel pour 2014, après une large consultation parmi ses 20 000 apiculteurs adhérents répartis sur l’ensemble du territoire national. L’UNAF appelle le gouvernement à soutenir d’urgence les producteurs et contrer le déclin des abeilles.


    En 2014, la production française de miel est la plus faible de ces dernières années. Une chute de production de 50 à 80%
    Nous savons que les abeilles meurent dans toute l’Europe. La production de miel s’en fait forcément ressentir et chute depuis quelques années. Mais 2014 bat tous les records : selon l’UNAF, la production française est cette année la plus faible de notre histoire. « A l’exception de l’Ouest et de la Bretagne qui semblent quelque peu épargnés, dans toutes les régions de France et en particulier dans les grandes régions de production comme Provence Alpes Côte-d’Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon… les récoltes sont en baisse de 50 à 80%. », précise le représentant des apiculteurs dans un communiqué. Et ce par rapport aux récoltes de 2013, qui étaient déjà mauvaises !
    En 1995, la production nationale était d’environ 32 000 tonnes. Elle atteignait 20 000 tonnes en 2011, moins de 15 000 tonnes en 2013. Pour 2014, la production sera en-dessous de 10 000 tonnes. La consommation française de miel s’élevant à environ 40 000 tonnes, cela signifie qu’il va falloir importer plus de 30 000 tonnes de miel. Mais des baisses comparables sont observées dans d’autres pays d’Europe…
    La survie de la filière apicole française menacée?
    Cette chute de la production de miel est due à de nombreuses raisons : il y a évidemment les effondrements traditionnels des colonies d’abeilles dus aux agents pathogènes, aux pesticides, aux médicaments vétérinaires… Mais cette année, les conditions météorologiques ont été particulièrement mauvaises pour les abeilles et l’activité apicole, tout au long du printemps et de l’été. « Les grandes périodes de vents du Nord, de pluies et de froid ont asséché les fleurs et ont empêché les abeilles de trouver du nectar. Le nombre de jours où les abeilles ont pu travailler ont été très rares, ce qui n’a pas permis de produire du miel dans les quantités habituelles », explique Henri Clément, Apiculteur professionnel et Porte-parole de l’UNAF.
    Le manque de miel est sans précédent et met en difficulté les exploitations apicoles. L’UNAF interpelle donc le ministère de l’Agriculture « pour qu’une aide exceptionnelle au nom de la solidarité nationale soit accordée aux apiculteurs », explique Henri Clément.« Il en va de la survie de la filière », insiste le syndicat apicole. Cette aide concernerait les 2 000 apiculteurs professionnels et les 3000 pluriactifs. A savoir que la France compte environ 70 000 apiculteurs lorsque l’on y ajoute les apiculteurs de loisir.
    Un plan de développement durable de l’apiculture a été mis en place par Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, en 2013. Mais ce plan « parait bien dérisoire et ne répond en aucune manière aux préoccupations urgentes des apiculteurs qui luttent pour leur survie », regrette le syndicat. « On ne voit pas de vraies mesures sur le terrain », précise Henri Clément.
    Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com
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    Re: Une menace pour les oiseaux et les vers de terre autant que pour les abeilles

    Message par bye le Dim 22 Mar - 17:49

    Dans le Sichuan, des « hommes-abeilles » pollinisent à la main les vergers
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/23/dans-les-vergers-du-sichuan-les-hommes-font-le-travail-des-abeilles_4405686_3244.html

    LE MONDE | 23.04.2014 à 11h43 • Mis à jour le 24.04.2014 à 12h02 | Harold Thibault (Nanxin, Sichuan, envoyé spécial)


    La saison de la pollinisation bat son plein dans les vergers du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine. Perchés aux branches des pommiers, les agriculteurs du village de Nanxin se contorsionnent pour atteindre les fleurs les plus éloignées. Faire le travail réservé ailleurs sur la planète aux abeilles requiert une certaine agilité.
    A en croire Zhen Xiuqiong, 56 ans, tout est question d'habitude. Voilà plus de vingt ans qu'elle grimpe sur ses arbres et ceux de ses voisins dès l'apparition du printemps. S'il peut arriver qu'une branche casse, elle dit ne jamais avoir peur.
    Tous les habitants du village en âge de travailler sont mobilisés pour la pollinisation à la main. Cette année, elle a commencé mi-avril et devra être achevée avant le 27 ou 28 du même mois. Ce calendrier strict, fixé par la météo et le cycle de floraison, impose de faire vite. Les plus anciens de ces paysans acrobates sont adroits et arrivent à déposer le pollen sur toutes les fleurs d'un arbre en à peine une demi-heure ! Une performance nécessaire puisque chaque propriétaire possède de 100 à 200 pommiers.
    Zeng Zigao, 38 ans, explique que le système repose beaucoup sur l'entraide : les proches sont réquisitionnés le temps de l'opération. Mais les délais sont si resserrés qu'il doit aussi employer des saisonniers : cinq ou six personnes cette année, qu'il payera 80 yuans (9,2 euros) par jour, auxquels s'ajoutent leurs déjeuners et leurs dîners. « C'est un investissement mais, si je loupe la saison, je n'aurai pas assez de fruits, donc c'est une garantie de rendement », précise M. Zeng. Le paysan s'estime chanceux, car, dans d'autres vergers, les travailleurs exigent déjà 100 yuans par journée.
    BOÎTE À CHEWING-GUM EMPLIE DE POLLEN
    Le meilleur outil pour la pollinisation à la main est une tige au bout de laquelle est fixé soit un filtre de cigarette, soit une pointe d'effaceur scolaire. Autour du cou, les hommes ou les femmes-abeilles portent une petite boîte à chewing-gum emplie de pollen récolté des fleurs d'autres pommiers, séché au soleil et moulu. Dans d'autres régions de Chine, des intermédiaires vendent du pollen, mais, à Nanxin, on juge que leur poudre risque d'être de mauvaise qualité. Le pollen perd rapidement sa fertilité, parfois à peine passé le temps du transport routier.
    S'ils ne cachent rien de leurs techniques, ces cultivateurs sont plus flous sur les raisons qui les obligent à se substituer aux insectes. Kang Zhaogui, 49 ans, juge du haut de son arbre que la baisse de la population d'abeilles est évidente ici depuis les années 1990.

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    Perchés aux branches des pommiers, les agriculteurs du village de Nanxin se contorsionnent pour atteindre les fleurs les plus éloignées. Faire le travail réservé ailleurs sur la planète aux abeilles requiert une certaine agilité. Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE" facebook twitter google + linkedin pinterest

    Tous les habitants du village en âge de travailler sont mobilisés pour la pollinisation à la main. Cette année, elle a commencé mi-avril et devra être achevée avant le 27 ou 28 du même mois.
    Les plus anciens de ces paysans acrobates sont adroits et arrivent à déposer le pollen sur toutes les fleurs d'un arbre en à peine une demi-heure. Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE" facebook twitter google + linkedin pinterest
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    Des journalistes n'ont pas hésité à faire le lien avec le Grand Bond en avant, lancé en 1958 par Mao Zedong, qui se termina en famine. Les Chinois furent alors appelés à en finir avec les moineaux qui « volaient » le grain du peuple, ce qui, en retour, conduisit à la prolifération des insectes et donc à la pulvérisation massive d'insecticides. Mais aucun des chercheurs chinois qui se sont penchés sur la question de la pollinisation manuelle ne prête le moindre crédit à cette théorie.
    LA MAIN LOURDE SUR LES INSECTICIDES
    Que s'est-il donc passé ? Première explication : les forêts, habitat naturel des abeilles, ont perdu de leur superficie ces dernières décennies dans la région, au profit des champs. Mais ce déficit de territoire n'explique pas tout. En réalité, les cultivateurs, peu éduqués, utilisent largement les produits phytosanitaires pour éliminer les insectes qui menacent leurs fruits. Et préfèrent en répandre trop que pas assez, car leurs revenus dépendent largement de leur récolte. Avec 0,08 hectare de terre arable par habitant en Chine (contre 0,28 en France et 0,51 aux Etats-Unis, selon la Banque mondiale), « les paysans veulent exploiter leur champ de la manière la plus intense », constate Tang Ya, professeur à l'université du Sichuan.
    La pollinisation manuelle permet aussi d'assurer une fécondation croisée avec les variétés de pommes les plus populaires sur le marché. Traiter minutieusement chaque fleur assure que l'arbre sera surchargé de fruits lorsque viendra la récolte.
    An Jiandong, chercheur au département d'apiculture de l'Académie chinoise des sciences agricoles, constate qu'aucune étude sérieuse n'a jusqu'à présent été réalisée sur le déclin des pollinisateurs en Chine. « La pollinisation manuelle requiert beaucoup de main-d'oeuvre et les abeilles comprennent bien mieux les végétaux que les humains », estime M. An.
    L'ironie de la situation n'échappe pas à Zhen Xiuqiong, l'agricultrice perchée sur sa branche : son mari est apiculteur. S'il loue bien ses abeilles à certains vergers de la région, hors de question de les laisser butiner les arbres qui occupent tant son épouse, car elle a la main lourde sur les insecticides. « Si ses abeilles pollinisaient ici, elles mourraient », craint Mme Zhen.
    Son voisin, Kang Zhaogui, pense comme elle, d'autant qu'il convient de pulvériser les produits chimiques avant la floraison, de sorte qu'aucun loueur d'abeilles ne se risquerait dans sa plantation : « Les abeilles ne survivraient pas. »
    D'AUTRES FRUITS PLUS RENTABLES
    A l'heure où la mauvaise qualité des produits agroalimentaires est devenue une question politique majeure en Chine, les habitants de Nanxin admettent que les autorités se montrent désormais plus strictes lors des contrôles des fruits. Du coup, les paysans tendent à employer des insecticides moins puissants, même si certains d'entre eux reconnaissent qu'ils compensent en pulvérisant plus fréquemment…
    Selon le professeur Tang, qui se rend souvent à Nanxin, les changements socio-économiques que connaît aujourd'hui la Chine rendent la pollinisation à la main de plus en plus coûteuse, alors que la dépense semblait négligeable à la fin des années 1980, lorsque les paysans s'y convertirent.
    Déjà, la hausse du coût de la vie pousse les villageois à se tourner vers d'autres fruits plus rentables. Si leurs pommes ne sont vendues qu'un yuan la livre (12 centimes d'euro) au grossiste, les cerises peuvent atteindre vingt fois ce prix.
    Selon le scientifique, la rapide hausse des salaires pourrait décourager les agriculteurs de recourir à la pollinisation manuelle. La location par des apiculteurs itinérants de leurs abeilles pourrait se substituer aux « hommes-abeilles » à condition que les habitants se résignent à réduire leur usage d'agents toxiques.
    Mais M. Tang constate surtout que la jeune génération est davantage attirée par les lumières de la ville que par le métier d'apiculteur ambulant, qui transporte ses ruches de village en village. Tous ces éléments, espère l'expert en environnement, pourraient inciter les agriculteurs à adopter des pratiques « durables » susceptibles de permettre aux abeilles de reprendre du service.
    Des apiculteurs itinérants pour les arbres de Californie
    Le déclin des abeilles est un phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990. Globalement, la valeur économique du service de pollinisation assuré par les insectes est évalué à 153 milliards d’euros. En Europe, selon une étude publiée en janvier, il manque 13 millions de colonies d’abeilles domestiques pour polliniser les cultures.
    Aux Etats-Unis aussi, l’abeille se fait rare. Le département américain de l’agriculture recense en moyenne 30 % de pertes par an dans les ruches, mais ce taux grimpe parfois à 99 % chez certains apiculteurs. La Californie n’est pas épargnée. Chaque année, en février, des apiculteurs convergent vers l’Etat américain et louent leurs butineuses pour polliniser les arbres fruitiers. La Californie assure 80 % de la production mondiale d’amandes. Mais ce transport et les pesticides largement utilisés dans les vergers conduisent à des taux de mortalité énormes chez les abeilles, qu’il faut remplacer la saison suivante, ce qui devient de plus en plus difficile.


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