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    virus Ébola

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    virus Ébola

    Message par bye le Jeu 7 Aoû - 12:44

    Maladie à virus Ebola
    http://www.sante.gouv.fr/maladie-a-virus-ebola.html
    1er août 2014
    La maladie à virus Ébola est l’une des maladies virales les plus graves connues chez l’homme. Le taux de létalité peut atteindre 90%. Les flambées de fièvre hémorragique provoquées par le virus Ebola surviennent principalement en Afrique.

    Le virus Ébola se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine : par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets et animaux infectés. Il n’existe aucun traitement ni vaccin et la prise en charge repose généralement sur un traitement symptomatique.
    Actualités
    Les pays africains touchés par l’épidémie d’Ebola, en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de nombreux Etats, dont la France, sont mobilisés pour prévenir l’expansion du virus Ebola à d’autres pays.
    >> Le point sur les mesures des autorités sanitaires françaises
    Depuis le début de l’année 2014, des cas de maladie à virus Ebola ont été rapportés dans quatre pays d’Afrique : Guinée, Libéria, Sierra Léone et Nigeria. Les autorités sanitaires de ces pays, en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’ensemble des partenaires, sont mobilisées pour prévenir l’expansion du virus à d’autres pays.
    Selon l’évaluation de risque de l’European Centre for Disease Control (ECDC), le risque d’importation du virus Ebola par le biais des voyageurs au sein de l’Union Européenne est très faible mais ne peut être totalement exclu.
    L’OMS n’a pas, à ce jour, émis de restrictions de voyage à destination de ces pays.
    Les voyageurs à destination ou de retour de ces pays peuvent trouver des informations sur les recommandations sanitaires dans le présent dossier ainsi que des informations « voyageurs » sur le site du ministère des Affaires étrangères
    Les Français résidant dans ces pays doivent se conformer aux recommandations sanitaires locales ainsi qu’aux recommandations émises par les postes diplomatiques français sur place.
    Des informations actualisées sur le nombre de cas et la situation dans ces pays sont disponibles sur le site de l’Institut de veille sanitaire (InVS), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’ECDC|
    Informations à destination des voyageurs

    Informations à destination des professionnels de santé

    Qu’est-ce que le virus Ebola ?
    Le virus Ébola appartient à la famille des filovirus, à laquelle appartient également le virus Marburg. Il a été identifié pour la première fois en 1976 dans la province ouest-équatoriale du Soudan et dans une région voisine du nord du Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo).
    Il existe cinq espèces de virus Ébola : Bundibugyo, Côte d’Ivoire, Reston, Soudan et Zaïre. Les flambées de fièvre hémorragique provoquées par le virus Ebola surviennent principalement en Afrique avec un taux de létalité de 25% à 90%.
    Le virus Ébola se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine.
    Fiche synthétique sur la maladie à virus Ebola (PDF - 432.3 ko)
    Les symptômes de la maladie à virus Ebola
    La maladie à virus Ébola est une maladie virale aiguë se caractérisant souvent par : l’apparition brutale d’une forte fièvre supérieure à 38,5°, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes.

    La transmission de la maladie à virus Ebola
    Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets et animaux infectés, malades ou morts. Aucune transmission par voie aérienne n’a été reportée à ce jour.

    La durée d’incubation (le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours.
    Il n’y a pas de transmission lors de la période d’incubation. Une personne qui ne présente aucun symptôme n’est pas contagieuse. Le début de la contagiosité est lié à l’apparition des premiers symptômes. Le risque de transmission est faible dans les premières phases de la maladie. Il augmente lors de l’aggravation de la maladie.
    Les personnes atteintes peuvent transmettre l’infection aussi longtemps que leur sang et leurs sécrétions contiennent des virus.
    La prévention de la transmission du virus Ebola chez l’homme
    En l’absence de traitement efficace ou de vaccin pour l’homme, la mise en œuvre et le respect des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de prévenir l’infection.
    Dans les régions où circule le virus Ebola :
    Respecter les consignes des autorités locales ainsi que les règles d’hygiène de base ;
    (notamment se laver fréquemment les mains avec du savon ou une solution hydro-alcoolique) ;
    Éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant une forte fièvre ;
    Éviter tout contact avec des animaux sauvages (singes, chauves-souris…) vivants ou morts ;
    Ne pas consommer, ni manipuler de viande de brousse ;
    Les produits animaux (sang, viande, lait…) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés ;
    Le traitement de la maladie à virus Ebola
    Il n’existe encore aucun traitement ni vaccin spécifiques pour la maladie à virus Ébola. La prise en charge repose généralement sur un traitement symptomatique.
    Liens utiles
    Organisation mondiale de la santé (OMS)
    Ministère des Affaires étrangères/Conseils aux voyageurs
    Institut de veille sanitaire (InVS)- Fièvre hémorragique virale (FHV) à virus Ebola : point de situation au 29 juillet 2014
    European Centre for Disease Control (ECDC)
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    Re: virus Ébola

    Message par bye le Jeu 7 Aoû - 12:44

    Ebola : pour l'OMS, l'épidémie peut être contrôlée
    http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-ebola-oms-epidemie-peut-etre-controlee-54737/
    Le virus de la fièvre hémorragique Ébola a touché 1.323 personnes et en a tué 729, à ce jour, au cours de l’épidémie la plus importante jamais observée. Ces derniers chiffres ont été fournis par le docteur Margaret Chan, la directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans un discours adressé aux dirigeants africains concernés par la flambée. Objectif, stimuler la lutte contre l’épidémie. Dans ce but, elle a également invité le comité d’urgence de l’OMS à se réunir le 6 août prochain pour estimer le risque de propagation au niveau international.
    Le 04/08/2014 à 15:30 - Par Destination Santé
    Dans le centre de soins de MSF pour les malades d’Ébola de Kailahun, en Sierra Leone, les patients sont amenés dans cette zone à haut risque de contamination. © Sylvain Cherkaoui/Cosmos
    « Cette flambée [de fièvre hémorragique Ébola] est, de loin, la plus importante jamais vue dans l’histoire de cette maladie qui n’a que 40 ans », souligne le docteur Margaret Chan. En nombre de cas et de décès, mais aussi de zones géographiques touchées. « Elle est en train de se propager plus vite que nos efforts pour la contrôler, concède-t-elle. Si cette diffusion se poursuit, les conséquences pourraient en être catastrophiques en nombre de vies humaines perdues ainsi qu’en matière socio-économique.
    Pour autant, « il est possible de contrôler les flambées d’Ébola », affirme-t-elle. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un virus contagieux par la voie aérienne : un contact direct avec les fluides corporels d’un malade est nécessaire pour l’attraper. C’est pourquoi les mesures de mise en quarantaine et de suivi des personnes contacts devraient être efficaces. Mais face à l’échec constaté, la directrice de l’OMS martèle l’importance de « cette réunion [qui] doit marquer un virage dans la lutte contre la maladie »
    En effet, l’épidémie d'Ébola est favorisée par un cruel manque de moyens matériels et de personnels qualifiés. D’autant que les professionnels de santé ont payé un lourd tribut au virus. « À ce jour, plus de 60 d’entre eux ont perdu la vie en aidant les malades », précise ainsi Margaret Chan, qui lançait au cours de cette même réunion, un plan de 100 millions de dollars pour intensifier la lutte. Sur son compte twitter, Gregory Härtl, porte-parole de l’OMS, précisait ce même vendredi que sur la totalité de cette somme, « 30 millions étaient déjà réunis ».

    Le virus Ébola vu au microscope électronique. Ce parasite transmet une maladie mortelle contre laquelle n'existent aucune vaccination ni aucun traitement curatif. © UW-Madison School of Veterinary Medicine
    De graves obstacles subsistent dans la lutte contre le virus
    « Des croyances profondément ancrées et des pratiques culturelles [contact avec la dépouille au cours des funérailles… NDLR] sont une cause importante de la propagation du virus », poursuit le docteur Chan. À tel point que « dans certaines zones, les chaînes de transmission sont devenues invisibles car les populations les cachent ». En effet, « étant donné le fort taux de létalité de la maladie, les familles des malades préfèrent les soigner à domicile. Ainsi ne risquent-ils pas de mourir à l’isolement, loin d’eux », explique-t-elle.
    Or de nombreuses preuves montrent qu’une prise en charge précoce et intensive augmente nettement les chances de survie. Par ailleurs, il arrive encore trop souvent que la peur et l’incompréhension des populations se transforment en colère, en hostilité et en violence envers les équipes intervenant dans la lutte contre la maladie.
    « Nous sommes très inquiets. » Le docteur William Etienne, médecin coordinateur de MSF pour la Sierra Leone, confirme que la situation, alarmante au Liberia et en Sierra Leone, nécessite une coordination de la part de l’OMS. Il espère que celle-ci sera rapide et efficace. « Informer les populations, mettre en place un système de référence d’accès aux soins, prendre en charge tous les malades et faire un suivi de toutes les chaines de transmission. » La tâche se révèle chaque jour plus colossale, dans des pays parmi les plus pauvres de la planète, à peine sortis de longues périodes de guerre civile…
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    Re: virus Ébola

    Message par bye le Jeu 7 Aoû - 12:45

    Ebola : « La population a peur et ne croit plus dans les hôpitaux »
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/05/ebola-la-population-a-peur-et-ne-croit-plus-dans-les-hopitaux_4466975_3244.html
    Le Monde.fr | 05.08.2014 à 20h13 • Mis à jour le 06.08.2014 à 09h42 | Propos recueillis par Audrey Garric
    L'épidémie d'Ebola est hors de contrôle. Depuis mars, la fièvre hémorragique a tué 887 personnes sur 1 603 infectées en Afrique de l'Ouest, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que la Banque mondiale va mobiliser en urgence 200 millions de dollars (149 millions d'euros) pour aider la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, Rosa Crestani, coordinatrice de l'intervention Ebola pour Médecins sans frontières, a répondu aux questions des internautes du Monde.fr, au cours d'un chat, sur les moyens de contenir l'épidémie.
    Elle estime que le risque de propagation est faible dans les pays développés « avec un bon système de santé et de surveillance ». Dans les pays à risque, au contraire, « le déni de la maladie favorise sa diffusion ».
    Marianne : Comment répondez-vous à l'épidémie d'Ebola ?
    Rosa Crestani :La réponse à l'épidémie Ebola est complexe, car nous devons agir à différents niveaux. L'objectif est premièrement de stopper la contamination d'une personne à une autre. Pour cela, il faut prendre plusieurs mesures. D'abord, l'isolement des malades confirmés. Ensuite, le suivi de toutes les personnes qui ont été en contact avec eux les jours précédant l'isolement.
    Il y a également le volet de sensibilisation de la population : qu'est-ce qu'Ebola ? comment on l'attrape, comment on le prévient, pour diminuer la peur et obtenir la collaboration des personnes, qui est très importante. Ensuite, il y a les équipes chargées de suivre les enterrements des patients décédés, très dangereux pour les personnes qui les touchent.
    Puis, il y a tout ce qui est prévention de la contamination dans les structures sanitaires. Il s'agit de contrôler l'épidémie, et petit à petit, de réduire à zéro la contamination et la dissémination.
    Lire notre décryptage : L'épidémie d'Ebola en Afrique expliquée en 5 questions
    Sophie : Comment organisez-vous votre action sur le terrain et combien de personnes de MSF travaillent à endiguer l'épidémie ?
    Rosa Crestani :Nous travaillons dans les trois pays – Liberia, Guinée, Sierra Leone – actuellement touchés par l'épidémie. Nous avons environ soixante-dix expatriés internationaux déjà sur le terrain. D'autres vont les rejoindre. Et nous avons environ cinq cents personnes dans l'équipe nationale qui travaillent avec nous.
    Dans la prise en charge des patients, leur isolement est notre priorité, car peu d'organisations peuvent faire ce travail. Dans certaines zones, on a des équipes d'enterrement, des épidémiologues, des psychologues et des médecins qui communiquent avec la population.
    Matthieu : Quel est le risque d'une pandémie mondiale sachant que tous les pays ont déjà commencé à prendre de sérieuses mesures de protection ?
    Rosa Crestani : Le risque est très relatif dans tous les Etats dotés d'un système de santé et de surveillance efficace. Il est clair qu'une contamination est toujours possible, mais la surveillance mise en place partout, surtout dans les pays développés, permet une bonne prise en charge des cas et une réduction des risques de propagation. Il est donc très improbable qu'il y ait une épidémie dans les pays développés.
    Lire : Face à l'épidémie d'Ebola, la France et les Etats-Unis mettent en garde les voyageurs
    Le gros problème qu'on a, ce sont les pays qui n'ont pas ces capacités de surveillance. Par exemple dans les trois pays concernés par l'épidémie, où les systèmes sanitaires n'ont pas les moyens nécessaires, les besoins sont énormes, et la propagation du virus n'est pas sous contrôle. Il faut aider ces Etats, car il faut arriver absolument à contrôler ce qui se passe en Afrique de l'Ouest.
    RM : Quelles sont les prévisions quant à l'avancée du virus Ebola ?
    Rosa Crestani : Les prévisions sont difficiles. Nous savons que nous avons du travail dans les prochains mois, et que ce ne sera pas facile. Nous en sommes très conscients. Nous sommes stressés par ce qui se passe, et nous souhaitons que davantage d'Etats et d'organisations nous aident.
    Paul : Les mesures prises en Europe pour éviter la propagation vous semblent-elles proportionnées et suffisantes ?
    Rosa Crestani : La prise de conscience est très bonne. Je vois très difficilement une propagation du virus en Europe.
    Louis Laire : Y a-t-il un risque que le virus se propage aux pays d'Afrique voisins ?
    Benjamin : Quelle probabilité y a-t-il de suspecter des cas dans les pays voisins (Sénégal, Côte d'Ivoire...) ?
    Rosa Crestani : Toutes les mesures de protection et les systèmes de surveillance doivent être mis en place dans les pays voisins pour réagir au cas où. Nous n'avons pas eu de confirmation de cas dans ces pays. 
    Sophie : Peut-on parler d'épidémie aujourd'hui hors de contrôle ?
    Rosa Crestani : Oui, tant que tous les contacts des patients contaminés ne sont pas contrôlés, ni la transmission du virus maîtrisée. On n'y est pas encore. Il y a toujours de nouveaux cas.
    Fred O : Sait-on pourquoi cette épidémie est plus grave que les précédentes ?
    Rosa Crestani : Si cette épidémie est plus grave, c'est en raison d'un problème de surveillance dans les pays touchés et de la mobilité importante des malades potentiels — via les avions notamment. Un des gros facteurs aggravant est la difficulté des populations à suivre toutes les indications pour contenir l'épidémie.
    Jean-Loup : 80 cas nouveaux par jour avec 60 contacts, comme au Nigeria, cela fait 4 800 personnes de plus à suivre chaque jour. Est-ce que cela ne dépasse pas les limites de la méthode de suivi de tous les contacts ? Des mesures plus contraignantes ne vont-elles pas devenir indispensables ?
    Rosa Crestani : Chaque patient confirmé a eu en moyenne entre vingt et quarante contacts avant que la maladie ne se déclare.  Il faudra tous les suivre pendant vingt et un jours. C'est faisable si on ne veut pas arriver à une situation catastrophique, mais il faut plus de moyens.
    Lolo : Pensez-vous que les moyens engagés sur place sont suffisants ?
    Rosa Crestani : Absolument pas. C'est pourquoi nous appelons depuis plusieurs semaines à mettre en place davantage de moyens. Les besoins sont énormes, il nous faut beaucoup plus d'aide. Au niveau européen, américain et des Etats concernés par l'épidémie, il faut faire beaucoup plus.
    Paolo : D'où MSF obtient-il les fonds nécessaires pour mener cette campagne contre Ebola : fonds gouvernementaux, dons ?
    Rosa Crestani : Nous avons les deux. Beaucoup de personnes privées nous aident. Et nous avons des bailleurs de fonds qui nous soutiennent.
    Valentin : Connaît-on l'origine de cette contamination à large échelle ?
    Benjamin : A-t-on des pistes sur l'origine d'Ebola ? Comment se fait-il que le virus réapparaisse soudainement ?
    Rosa Crestani : L'épidémie a commencé en Guinée forestière, mais on n'a pas encore l'historique épidémiologique. Il y a une personne qui est entrée en contact avec un animal malade ou porteur du virus.  Cette personne rentre ensuite chez elle, et la contamination commence dans la famille, puis aux environs, etc. On n'est pas sûr que les chauves-souris soient à l'origine de la contamination actuelle. Ce peut être une antilope ou un rat qui ont véhiculé le virus à l'homme.

    Voir notre infographie : Comprendre la propagation régionale du virus Ebola
    Philippe : Pensez-vous que les insectes tels que les mouches peuvent participer à la propagation du virus Ebola ?
    Rosa Crestani : Le virus Ebola est très fragile à l'extérieur d'un corps. Les mouches, jusqu'à preuve du contraire, ne sont pas impliquées dans la transmission.
    Nicolas : Est-ce que ce virus est capable de muter dans le cas d'une épidemie importante ? Est-il sensible aux saisons ?
    Rosa Crestani : On peut avoir des mutations d'un virus à long terme, mais on n'a jamais vu cela dans une même épidémie. Celle qui touche l'Afrique de l'Ouest vient du virus de souche Zaïre. La saison peut influer seulement sur le début de l'épidémie. Par exemple, s'il y a plus de mouvements des chauves-souris dans une forêt, à certaines périodes de la saison, cela peut être un facteur. Mais quand la propagation a commencé, la saison n'a plus d'impact.
    Charles : Quelle est la durée de vie du virus à l'air libre ?
    Rosa Crestani : Normalement, quelques heures seulement sous le soleil, car les UV touchent directement le virus. Quand nous allons dans les maisons après avoir récupéré un malade, s'il y a des matelas en plastique ou des vêtements trop souillés, on les brûle, car dans cet environnement fermé, le virus peut survivre davantage.
    Arnaud : Existe-t-il un diagnostic rapide de la maladie qui pourrait permettre le contrôle des frontières et empêcher la dissémination du virus ?
    Rosa Crestani : Non, il n'y a pas encore de test immédiat qui puisse être utilisé. De plus les symptômes peuvent être très légers, comme si on avait une grippe ou la malaria. Mais une surveillance est mise en place, en particulier au niveau des aéroports. Il est compréhensible que l'on prenne des mesures de précaution, mais avec la mondialisation, il est impossible de fermer les frontières. Ce n'est pas « correct » et ce n'est pas recommandé par l'OMS.
    Arnaud : Combien de temps est-il nécessaire pour avoir un diagnostic fiable de la maladie chez un individu ? 
    Rosa Crestani : Trois ou quatre heures. Il y a différents laboratoires capables de procéder aux tests, comme Atlanta (Etats-Unis), Paris, Winnipeg (Canada). Quand on leur donne un échantillon, on peut avoir une réponse très rapide.
    Marie : Quand les malades sont-ils les plus contagieux ?
    Rosa Crestani : Une personne qui a eu un contact risqué avec un malade n'est pas dangereuse pendant vingt et un jours si elle ne développe ni fièvre ou autre symptôme tel que diarrhée ou vomissement. Un exemple : si mon mari était en mission dans un pays à risque et a eu un contact avec des malades, lorsqu'il rentre à la maison, je peux avoir des rapports sexuels avec lui pendant vingt et un jours sans problème. Mais quand il commence à être malade, il peut être dangereux pour moi, car le virus se développe. Le virus est agressif chez les autres seulement quand les symptômes se manifestent.
    Cédric : Quel est le taux de mortalité du virus Ebola ?
    Rosa Crestani : Pour le moment, on est autour de 60 à 70 %.
    Robin : Les personnes résistant au virus sont elles immunisées par la suite ?
    Rosa Crestani : Oui. Elles ne peuvent plus être contaminées si c'est la même souche de virus.
    Fabien : Quelles peuvent être les séquelles, s'il y en a, chez les personnes qui résistent à la maladie ?
    Rosa Crestani : Les séquelles sont extrêmement rares. Normalement, une personne qui sort vivante de notre hôpital sera fatiguée quelques semaines, mais rien sur le long terme.
    Jessica : Peut-on dégager un profil type des survivants à l'épidémie ?
    Rosa Crestani : Ce sont surtout des adultes, moins des enfants, car ils sont plus fragiles. Ce sont aussi surtout des personnes qui ont moins été en contact avec le virus. Par exemple, si je suis contaminée pendant un enterrement, j'ai beaucoup plus de risque d'être contaminée qu'en manipulant un vêtement souillé par le malade.
    Sandrine : Je suis hôtesse de l'air et nombre de mes collègues et moi-même sommes inquiets à l'idée d'effectuer des vols à destination des villes touchées par le virus. Concrètement, quel conseil nous donnez-vous ?
    Rosa Crestani : Il s'agit avant tout de faire attention à ce que vous touchez. L'Ebola ne vole pas, c'est en touchant les liquides des corps – salive, sueur, sang, urine, fèces, et liquide séminal – qu'on est contaminé. Il faut alors se désinfecter les mains, et les laver souvent, à l'eau et au savon, éviter d'être trop proche des malades. L'hygiène des mains est essentielle.
    Beaucoup de gens mettent des gants, mais touchent à tout avec ces gants, et ceux-ci se salissent. Il serait plus intelligent de garder ses mains propres.
    Effy : Que pensez-vous de la décision de rapatriement sur leur sol des deux Américains contaminés ? Est-ce que cela accroît le risque de propagation ?
    Rosa Crestani : A MSF, nous avons été contents qu'ils aient pu rentrer chez eux. Quand on est malade, on préfère être chez soi. Les Américains ont des moyens importants, comme en Suisse, pour la prise en charge et l'isolement des patients. L'avion qui a transporté ces malades est un avion spécial, et il n'y a aucun risque de contamination. Le centre où ont été amenés les Américains est d'un très bon niveau. C'est un bon exemple de ce qu'il faut faire si un bénévole est contaminé par accident.
    Lire : Le « ZMapp », un traitement contre Ebola expérimenté sur deux Américains infectés
    Axelle : Pensez-vous que le sérum utilisé sur les patients américains va pouvoir être utilisé en Afrique ?
    Yohan : Pourquoi n'essaye-t-on pas d'utiliser les traitements expérimentaux sur les patients atteints d'Ebola ?
    Rosa Crestani : C'est la première fois que quelqu'un essaie. Il faut du courage pour cela. La seule chose que l'on sait, c'est que c'est un médicament expérimental, dont le processus d'élaboration et de contrôle est donc très complexe. Parfois, on peut tester, sans savoir s'il y aura des réactions indésirables. Mais ce médicament a été seulement testé sur des animaux. Il faut vraiment que les laboratoires et l'OMS évaluent la possibilité de continuer ces tests sans risque.
    Michaël : Les quantités de traitements disponibles sont-elles suffisantes pour traiter tous les patients contaminés ?
    Rosa Crestani : Il n'existe actuellement pas de traitement contre le virus. Nous administrons seulement des soins de « support » : antivomissement, antidouleur, calmants, morphine... Notre objectif est aussi d'obtenir une mort digne, sans douleur.
    Olivier : Savez-vous où en sont les essais thérapeutiques de vaccin ?
    Rosa Crestani : On est moins avancé que sur les traitements. Certains vaccins sont testés sur les animaux, mais aucun sur les humains. C'est long car il faut être éthiquement correct, et ce type de vaccin doit avoir une validation médicale. L'objectif est d'essayer d'améliorer la prise en charge des malades et de ne pas leur faire du mal avec des molécules qui ne sont pas adaptées.
    Lire l'entretien : Ebola : « En l'absence d'un vaccin, la conception d'un traitement est la priorité »
    Harry : Comment faites-vous face au déni des populations, qui semble favoriser la diffusion du virus ?
    Anne : Quelles sont les difficultés dans la communication avec les habitants de ces pays ? Par exemple, dans le cas de l'enterrement des morts infectés ?
    Rosa Crestani : Le déni de la maladie favorise sa diffusion, car les mesures de protection nécessaires ne sont alors pas respectées. La population est la première concernée pour stopper l'épidémie. Nous travaillons avec des spécialistes qui étudient les pratiques des populations, et nous donnent des informations pour leur expliquer quelles sont les pratiques à contrôler ou à éviter. Nous avons aussi des psychologues qui nous aident à éviter la stigmatisation des patients ou de la famille.
    Le déni est normal, car cette maladie terrorise les gens. Chaque Etat et chaque ministère de la santé doivent convaincre les gens qu'ensemble on peut vaincre l'Ebola. On l'a déjà fait dans le passé.
    Lire notre reportage : Avec les damnés du virus Ebola
    Fred O : Vous évoquez la difficulté de sensibiliser la population à des « pratiques » sans risques et au déni de la maladie. Cependant, comment interpréter plusieurs cas de médecins et de personnels soignants contaminés, voire décédés ?
    Rosa Crestani : Le problème principal, c'est qu'il y a beaucoup de structures médicales qui n'ont pas le niveau européen, pas d'eau courante, pas de gants... Avec une épidémie d'Ebola, si on soigne une plaie ou si on fait une piqûre, on prend des risques terribles. Beaucoup n'ont pas la formation ni les moyens de se protéger.
    Lire : Sierra Leone : le médecin à la tête de la lutte contre Ebola meurt du virus
    Valérie Boulier : Avons-nous les moyens d'assurer une sécurité sanitaire pour tous les personnels médicaux ou paramédicaux dans l'assistance aux patients ? 
    Rosa Crestani : C'est une question intéressante et importante. C'est difficile de contrôler toutes les structures sanitaires et de les mettre à niveau dans les pays touchés. Au niveau de MSF, nos pratiques et nos activités n'ont pas posé de problème à l'intérieur de l'isolement ou en dehors. Mais dans énormément de structures médicales locales, du personnel médical est malade. Ils manquent de ressources, de formation, et les conséquences sont dramatiques.
    Nos collègues qui tombent malades meurent. Donc ces collègues ont peur et ne vont plus au travail, la population a peur et ne croit plus dans les hôpitaux. Beaucoup d'hôpitaux peuvent finir par fermer.
    Audrey Garric
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    Re: virus Ébola

    Message par bye le Jeu 7 Aoû - 12:46

    L'épidémie d'Ebola en Afrique expliquée en 5 questions
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/01/cinq-questions-pour-comprendre-le-virus-meurtrier-ebola_4465729_3244.html
    Le Monde.fr | 01.08.2014 à 17h36 • Mis à jour le 03.08.2014 à 10h39 | Par Audrey Garric

    C'est une épidémie de fièvre hémorragique d'une ampleur sans précédent. La maladie à virus Ebola qui frappe la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée fait craindre une propagation de l'infection au-delà des frontières de ces pays d'Afrique de l'Ouest, et mobilise les autorités sanitaires mondiales pour contenir ce risque.
    A l'issue d'un sommet régional lors duquel l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a débloqué 75 millions d'euros pour lutter contre l'épidémie, les trois pays ont décidé de mettre en place un cordon sanitaire autour de l'épicentre de l'épidémie, une zone située à leur frontière commune entre les villes de Guéckédou, Foya et Kailahun [le triangle orange sur la carte d'illustration ci-dessus]. « Ces zones seront isolées par la police et l'armée », a précisé Hadja Saran Daraba, secrétaire exécutive de l'Union du fleuve Mano, qui regroupe les trois pays et la Côte d'Ivoire.
    La France, elle, a réitéré sa recommandation de suspendre, « sauf raison impérative », tout voyage dans la zone.
    Selon le dernier bilan de l'OMS, publié le 31 juillet :
    1 323 cas de fièvre hémorragique ont été répertoriés depuis le début de l'épidémie, en février, dont 909 confirmés comme étant dus au virus Ebola ;
    parmi ces cas, 729 personnes sont mortes. La Guinée, avec 339 morts, est à ce jour le pays le plus touché. En Sierra Leone, 233 malades sont morts, et, au Liberia, 156 ont sucombé à la fièvre hémorragique.
    Qu'est-ce que le virus Ebola ?
    La maladie à virus Ebola est un type de fièvre hémorragique. Elle est causée par une infection due à un virus de la famille des filoviridés (filovirus), le virus Ebola, qui tire son nom d'une rivière du nord de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où il a été repéré en 1976. 
    Cinq espèces de virus Ebola ont été identifiées (Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï). Quatre d'entre elles peuvent causer la maladie chez l'humain, tandis que la cinquième, le virus Reston, ne semble provoquer pour l'instant des symptômes que chez les primates. Depuis 1976, une trentaine d'épidémies de fièvre Ebola ont touché des villages isolés d'Afrique centrale (République démocratique du Congo, Ouganda, Soudan, Gabon), avant de se propager en Afrique de l'Ouest.
    Comment se propage-t-il ?
    La diffusion du virus Ebola. | Infographie Le Monde
    La cause première des poussées épidémiques reste mystérieuse, et les hôtes naturels du virus demeurent inconnus, même si les chercheurs ciblent particulièrement les chauves-souris frugivores. Le virus s'est probablement introduit dans la population humaine après un contact étroit avec des animaux infectés, des chauves-souris, chimpanzés, gorilles, antilopes des bois et porcs-épics.
    Le virus se propage ensuite d'homme à homme par contact direct (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions ou des liquides biologiques (salive, sueur, sperme, vomissures, matières fécales) de personnes infectées. En Afrique, les rites funéraires au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille jouent souvent un rôle dans la transmission du virus. Le sperme peut également continuer de transmettre le virus jusqu'à sept semaines après la guérison clinique.
    L'agent pathogène peut aussi se transmettre par contact indirect, par exemple avec des objets comme des aiguilles de seringues contaminées. Des personnels de santé ont souvent été infectés en traitant des cas suspects ou confirmés, lorsque les précautions anti-infectieuses n'ont pas été strictement appliquées.
    Une personne n'est pas contagieuse tant que les symptômes ne se sont pas manifestés. Selon les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), il est ainsi « très improbable » que le virus Ebola se transmette parmi les passagers d'un avion ou d'un train puisqu'un contact direct avec des sécrétions corporelles est nécessaire. La plupart des personnes infectées vivent avec des malades qui ont des symptômes ou sont membres du personnel médical qui les soigne.
    Quels sont les symptômes du virus ?
    Après une période d'incubation de deux à vingt et un jours (huit jours en moyenne), la maladie se caractérise souvent par une apparition brutale de fièvre (supérieure ou égale à 38,5 °C), avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d'une éruption cutanée, d'une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d'hémorragies internes et externes.
    La fièvre hémorragique Ebola a un taux de mortalité pouvant atteindre 90 %, et ceux qui y survivent peuvent être contagieux pendant deux mois. Les cas graves sont placés en unité de soins intensifs, et les malades, déshydratés, doivent être mis sous perfusion.
    Lire notre reportage dans le « triangle de l'Ebola » en Afrique (édition abonnés) : Avec les damnés du virus Ebola
    Existe-t-il un traitement ?
    Il n'existe aucun traitement ni aucun vaccin spécifiques contre la maladie à virus Ebola. Plusieurs vaccins sont en cours d'essai, mais il faudra peut-être des années avant qu'un vaccin puisse être utilisé, même si des chercheurs américains ont annoncé à la fin de 2011 avoir mis au point un vaccin efficace à 80 % chez la souris. De nouveaux traitements médicamenteux sont en cours d'évaluation, selon l'OMS.
    « La conception d'un traitement qui permette de passer la phase aiguë, qui dure quelques jours, est une priorité, assure le chercheur Hervé Raoul, qui dirige le laboratoire P4 de Lyon, le plus important d'Europe consacré à l'étude des agents pathogènes dangereux et très contagieux. Pour y parvenir, il faudra consacrer plus d'argent à ces programmes de recherche, mais il faudra aussi accorder plus d'aide aux pays frappés par l'épidémie pour qu'ils puissent mettre en œuvre les politiques sanitaires adéquates. »
    Comment se protéger contre le virus Ebola ?
    L'OMS et les CDC ont publié sur leurs sites Internet les mesures et précautions à prendre pour se protéger de ce virus. Les personnes vivant dans des zones où Ebola est endémique doivent éviter tout contact rapproché avec des patients infectés et se laver régulièrement les mains après avoir rendu visite à des parents malades. Les personnes mortes de cette infection doivent être enterrées rapidement, et l'entourage doit limiter les contacts avec la dépouille. L'OMS recommande également d'éviter de consommer de la viande de brousse.
    Les personnels soignants, qui doivent être formés pour reconnaître rapidement les cas d'Ebola, doivent se protéger en portant des blouses, masques sanitaires, lunettes de protection et gants lors des contacts proches, et se laver régulièrement les mains avant et après un contact avec tout patient qui a de la fièvre. Les patients qui présentent des symptômes doivent être mis en quarantaine. Enfin, les équipements médicaux doivent être stérilisés et désinfectés très régulièrement.
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    Re: virus Ébola

    Message par bye le Jeu 7 Aoû - 12:47

    Virus Ebola : « Sans moyens humains, la situation restera hors de contrôle »
    http://www.mediapart.fr/journal/international/050814/virus-ebola-sans-moyens-humains-la-situation-restera-hors-de-controle
    05 août 2014 |  Par Thomas Saint-Cricq
    Le virus Ebola a fait 887 morts en Afrique de l’Ouest depuis mars dernier et l’épidémie continue de se propager. Face à la défiance des populations locales, Médecins sans frontières appelle l’OMS, qui se réunit demain en urgence, à déployer davantage de personnels de terrain.
    Le virus Ebola continue de faire des ravages. Hier soir lundi 4 août 2014, l’OMS faisait état de 887 morts en Afrique de l’Ouest, principalement en Guinée, Sierra Leone et Liberia, les trois foyers où l’on a identifié le virus en mars dernier.
    Depuis le dernier bilan daté du 30 juillet, 61 cas mortels de plus ont été recensés, signe d’une propagation ahurissante dans cette zone à cheval sur les trois pays désormais nommée “triangle Ebola”. Le virus, baptisé Ebola depuis son identification sur les bords de la rivière éponyme au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) en 1976, a causé presque autant de décès ces six derniers mois qu’au cours des quarante années précédentes.
    Le 23 juillet dernier, l’ONG Médecins sans frontières, installée en Guinée puis sur toute la zone depuis mars dernier, avait déclaré la situation « incontrôlable ». Contacté par Mediapart, le responsable des programmes MSF Pierre Mendiharat, a appelé hier l’OMS et les pays occidentaux à s’impliquer davantage dans la région : « Nous avons déjà 600 personnes sur place, mais on assiste à une multiplication des zones contaminées. Pour arrêter la propagation, il faudrait suivre Ebola à la trace en localisant chaque porteur du virus, puis ouvrir un centre de traitement dans chaque zone où l’on observe des transmissions. Aujourd’hui, c’est devenu hors de contrôle, nos capacités sont dépassées. »
    La lutte contre la progression d’Ebola dans cette zone grande comme les trois quarts de la France réclame des moyens humains considérables. Ebola ne se transmet que par contact direct avec les fluides (salives, selles, vomi) d’une personne infectée. Dans ces zones rurales et pauvres de la forêt tropicale, où les conditions d’hygiène restent faibles, le virus se propage très facilement au sein d’une même famille ou d’une communauté. Il suffit parfois de dormir dans les draps d’une personne infectée ou de rester trop près au chevet d’un malade pour être contaminé à son tour.
    Mais alors que par le passé, les dernières épidémies en Ouganda ou au Congo s’étaient cantonnées le temps de quelques mois à des villages reculés, le virus apparu l’hiver dernier en Guinée s’est propagé cette année jusque dans les capitales des trois pays. « Même lors des fortes épidémies observées en République démocratique du Congo, vu l’état des routes du pays, on arrivait à mieux limiter les déplacements des gens et donc du virus. C’est beaucoup plus compliqué en Guinée où le réseau rend les gens plus mobiles et où le virus n’était jamais apparu auparavant. L’épidémie a été diagnostiquée deux mois après l’apparition du virus, le foyer était déjà important », explique Sylvain Baize du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales qui, avec les équipes du laboratoire P4-Inserm de Lyon, ont été les premiers à identifier le virus en mars dernier.
    L’impossibilité d'arrêter Ebola est catastrophique quand on connaît les caractéristiques du virus : Ebola présente un taux de mortalité entre 60 et 70 %, équivalent à celui de la variole ou de la peste en d’autres temps en Europe. La période d’incubation relativement longue – entre 6 et 12 jours, jusqu’à 21 pour certains – peut conduire une personne à contaminer tout son entourage sans même se rendre compte de la maladie.
    Après une période d'une à deux semaines de fièvres, ponctuées d’hémorragie et de saignement de toutes parts (bouches, yeux, nez), le porteur du virus finit généralement par succomber. Il n’existe aucun traitement spécifique, et sans soins secondaires pour traiter la fièvre et les hémorragies, le patient atteint peut mourir par hémorragie ou choc cardio-respiratoire.
    Et c’est là toute la difficulté pour les autorités sanitaires et les ONG sur place. Dans cette zone jusque-là vierge de toute épidémie de ce type, les autorités sanitaires se sont heurtées à une forte défiance de la population. Défiance naturelle d’abord vis-à-vis de l’autorité politique dans des pays marqués par la guerre civile. Puis rejet également des pratiques des autorités sanitaires et des ONG, par coutumes culturelles ou simplement par compassion, l’envie de rester avec ses proches jusque dans ces derniers jours.
    « La parole des politiciens est plus qu’émoussée dans cette zone. Celle des autorités sanitaires sur place aussi. Si vous êtes allé plusieurs fois à l’hôpital et que vous en êtes revenu malade, vous n’avez plus confiance », raconte Pierre Mendiharat.
    Ainsi certaines familles refusent de livrer les corps des dépouilles des défunts aux ONG et se contaminent elles-mêmes lors des funérailles où les mesures de protections sont absentes. D’autres acceptent au bout de plusieurs jours de négociations qu'un proche contaminé soit soigné dans un centre de soins, mais il est souvent trop tard pour éviter la transmission. Et dans la panique, les ONG sont parfois accusées par les populations locales de venir disséminer volontairement le virus pour « faire des tests », les étranges combinaisons de leurs personnels, semblables à celles d’astronautes n’arrangeant rien à la rumeur, rapporte M. Mendiharat.

    Les personnels sanitaires dans les zones infectées. © Reuters
    Pour rétablir la confiance, condition nécessaire pour ralentir la progression, MSF explique collaborer avec des anthropologues qui se rendent en urgence dans les villages depuis mars, et travailler essentiellement avec du personnel local (sur les 600 personnes envoyées en mission, seules 80 viennent de l’étranger).
    Mais ces précautions aujourd’hui sont insuffisantes, le virus ayant largement débordé les équipes sur place. Face à ce constat, les autorités ont pris des mesures radicales la dernière semaine de juillet. Les trois pays du “triangle Ebola” ont clos leurs frontières, le Liberia a fermé ses écoles, et le gouvernement guinéen a annoncé organiser un blocus des zones touchées en les contrôlant au moyen de la police et de l’armée. Cette dernière mesure pourrait « produire l’effet inverse, en renforçant la défiance des populations contrôlées », explique le responsable de MSF, qui prône surtout un renforcement des moyens humains et la formation de personnels locaux qualifiés pour lutter contre le fléau. « Avec plus de moyens humains, on peut stopper le virus en quelques mois, sinon ça restera hors de contrôle. »
    Hier, lors du sommet africain à Washington, Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé, a annoncé « qu’il était possible de contrôler les flambées d’Ebola ». L’OMS se réunira demain, mercredi, en comité d’urgence pour organiser une réponse internationale à la propagation du virus. Si par son mode de transmission Ebola semble maîtrisable dans les pays occidentaux – deux patients américains et des personnels d’ONG ont été mis en quarantaine dans un hôpital d’Altanta –, le virus se propage désormais au Nigeria où quatre cas, dont un mortel, ont été recensés.
    Le virus devra donc être chassé sans relâche, et tous ses porteurs identifiés pour en venir à bout. C’est la condition sine qua non pour contenir sa propagation. En mai, l'effort de coordination entre les pouvoirs locaux et les ONG avait presque permis d’y parvenir.
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    Re: virus Ébola

    Message par bye le Lun 5 Jan - 22:14

    L’épidémie d’Ebola expose la pathologie du système capitaliste

    Le 8 Août, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré l’épidémie Ebola de l’Afrique de l’ouest comme une urgence de santé publique d’intérêt international. La déclaration est venue 4 mois après le rapport de l’OMS sur l’épidémie majeure Ebola en Guinée en Afrique de l’ouest.

    Les chercheurs retracent l’épidémie à partir d’un enfant âgé de 2 ans qui mourut le 6 décembre 2013. L’épidémie qui commença en Guinée et se répandit à 3 pays voisins – Le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria – est
    connu comme ayant déjà affecté 2240 personnes et tué 1229 personnes.
    La plupart des experts de la santé publique sont d’accord que les chiffres
    officiels sont une sous‐estimation de l’étendue et la propagation de la
    maladie.

    Pendant que des parties importantes des systèmes de santé extrêmement
    sous‐développés de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone sont
    virtuellement effondrés, la panique s’est étendue à travers le monde. En
    Allemagne, un femme de 30 ans qui était revenue du Nigeria il y a 8 jours,
    a été mis en isolation et des centaines de personnes qui avaient été en
    contact avec elle ont été mis en quarantaine. Plus tard il est apparu que la femme, en tout probabilité ne souffrait pas de l’infection Ebola. Des cas ont été rapporté de pilotes qui refusèrent de voler vers les pays infectés. Le gouvernement Camerounais a décidé de fermer sa frontière avec le Nigeria. Les gouvernements à travers le monde sont préparés à mettre en place des mesures de quarantaine et d’isoler des voyageurs suspects d’être infectés. Les organisateurs des jeux Olympiques ont banni les jeunes athlètes des régions affectées par Ebola de l’Afrique de l’ouest à participer aux jeux olympiques de la jeunesse en Chine.

    L’épidémie Ebola dans les 40 dernières années

    L’infection par le virus Ebola n’est pas une nouvelle maladie (EVD : Ebola Virus Disease est le terme officiel) et il a été rapporté il a 40 ans pour la première fois. Anciennement connu sous le nom de fièvre hémorragique Ebola, la maladie est apparue simultanément au Soudan et dans la République Démocratique du Congo en 1976. La dernière épidémie était dans un village situé sur la rivière Ebola d’où son nom. Il est possible que les infections par Ebola sont restées non détectées dans les communautés rurales bien avant les épidémies identifiées. Depuis 1976 il y a eu 24 rapports discrets de foyers d’infection dans différents pays d’Afrique. Le tableau suivant fournit les détails des épidémies/éruptions de la maladie où il y a été rapporté plus de 100 personnes infectées,avant l’épidémie actuelle.

    5 espèces distinctes du virus Ebola sont connus comme causant l’infection, et leur virulence (càd leur habilité à créer des symptômes sérieux) varie en
    fonction des espèces. Alors que le taux de mortalité (càd le pourcentage de personnes infectées qui pourraient en mourir) peut être élevé jusqu’à 90% pour une espèce, une autre espèce connue comme infectant la population en Chine et aux Philippines ne conduit pas à une issue fatale. L’espèce Ebola qui est responsable de l’épidémie actuelle n’est pas la plus virulente, et son taux de mortalité dans la région est de 60%.

    Comment se propage Ebola

    L’espèce humaine n’est pas la cible première du virus Ebola. Il affecte les humains qui rentrent en contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes et les fluides corporels des animaux infectés. En Afrique les épidémies chez les humains sont dues à la manipulation d’animaux morts ou malades comme des chimpanzés, des gorilles, des roussettes, des ânes, des antilopes, et des porcs. Le virus est connu comme ayant été la cause des épidémies majeures chez les chimpanzés et les gorilles. Tous ces animaux ont été trouvés dans les forêts tropicales humides, et les pays voisins ont été les foyers d’épidémies d’Ebola. Alors que beaucoup d’animaux sont connus comme étant infectés par le virus, l’on croit actuellement que le virus réside en premier chez quelques espèces de roussettes. Contrairement aux autres animaux infectés, les roussettes ne montrent pas de symptômes de la maladie et servent donc comme réservoir du virus Ebola. Ce qui reste encore un mystère est, que l’habitat naturel des roussettes est en Afrique centrale (où la majorité des épidémies ont eu lieu) à des centaines de km de l’épicentre de l’épidémie actuelle de l’Afrique de l’Ouest. L’hypothèse est qu’il y aurait eu un changement majeur de l’habitat des roussettes, ou que l’infection a été importée dans la région par contact humain.

    Une fois que le virus a infecté un humain, la transmission d’homme à homme se fait par contact direct (à travers la peau ou les muqueuses) par le sang, les sécrétions, les organes et autres fluides corporels des personnes infectées, et par contact indirect avec l’environnement contaminés par ses fluides. Les inhumations traditionnelles pendant lesquelles les endeuillés rentrent en contact direct avec le mort, peut être une source d’infection. Les travailleurs de la santé qui rentrent en contact avec les personnes infectées sont particulièrement menacées lorsqu’ils travaillent dans des conditions non hygiéniques (càd pas de protection adéquate par l’usage de gants, de masques, etc...). Une fois infectée une personne est capable d’infecter les autres jusqu’à 7 semaines après son rétablissement complet.

    La période d’incubation de la maladie – càd le temps entre le moment où la personne est infectée et où elle montre des symptômes varie entre 2 et 21 jours. Les symptômes initiaux sont semblables à ceux des autres infections virales – fièvre importante, douleur musculaire, maux de gorge et maux de tête. Les patients se détériorent souvent rapidement et développent des symptômes de vomissements, de saignements internes et externes, des diarrhées et des éruptions cutanées. Le foie et les reins sont le plus souvent affectés. Ceux qui ne succombent pas à la maladie peuvent se rétablir complétement sans effet résiduel.

    Il n’existe pas de médicaments ou vaccins approuvés qui traitent ou préviennent la maladie. Quand la maladie progresse, le seul soin possible est de soutien –souvent exigeant une hydratation intraveineuse et une assistance respiratoire.

    Ebola n’est pas le candidat idéal pour une épidémie

    Il existe différents types de caractéristiques qui définissent la maladie. Le taux élevé de mortalité se démarque de la plupart des maladies infectieuses
    connues comme cause d’épidémies. Par exemple l’épidémie Ebola actuelle, a un taux de mortalité de 60% ou plus, alors qu’en 1918 l’épidémie de grippe qui a affecté un tiers de la population mondiale et qui on estime a tué 50 millions de gens avait un taux de mortalité de moins de 0,1%, càd moins de 1 sur 1000 personnes infectées pouvait éventuellement mourir de l’infection. Une autre caractéristique qui démarque l’infection par Ebola des autres infections qui causent des épidémies, est son niveau relativement bas d’infectiosité. Le virus Ebola peut entrer dans le corps humain seulement lorsque les sécrétions du corps de la personne infectée rentrent à travers la peau ou les muqueuses (càd le pourtour des yeux, la bouche,etc...). La troisième caractéristique importante est que des porteurs de la maladie ne sont pas connus, et que ceux qui sont infectés, montrent les symptômes de la maladie et sont relativement faciles à identifier.

    Les 3 caractéristiques citées ci‐dessus ne font pas d’Ebola un candidat idéal pour une épidémie majeure. Comme tous ceux qui sont infectés montrent des symptômes majeurs, on s’attend à ce qu’ils soient dans un établissement de soins. Dans ce cas les mesures de sécurité de santé publique peuvent prévenir la propagation, étant donné qu’un contact étroit avec le patient infecté est nécessaire pour propager l’infection.

    Pourquoi une épidémie ?

    Pourquoi alors sommes nous confronté à une épidémie dans les régions de l’Afrique de l’ouest ? La réponse ne se situe pas dans la pathologie de la maladie mais dans la pathologie de notre société et dans l’architecture économique et politique mondiale. Ce n’est pas un accident que l’actuelle épidémie Ebola affecte 3 des plus pauvres pays du monde. Le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone sont respectivement le 175, 179 et 183 pays des 187 pays de l’indice de développement humain des nations unies. Leur système de santé est inefficace et inexistant dans beaucoup de régions. L’épidémie actuelle est une épidémie engendrée par la pauvreté qui à son tour est une conséquence de l’inégalité extrême qui est favorisée par le système capitaliste actuel.

    Le monde entier tourne son regards vers ces 3 régions, encore que ce n’est pas Ebola qui tue toutes ces personnes. Prenons le cas de la Sierra Leone. Depuis le début de l’épidémie Ebola, 848 personnes ont été infectées par le virus et 365 personnes sont mortes. En 4 mois la Sierra Leone a eu aux alentours de 650 morts de méningite, 670 morts de tuberculose, 790 morts du sida, 845 morts de diarrhée et de plus de 3000 morts de la malaria. Ces morts se produisent depuis des dizaines d’années, et pas seulement depuis ces 4 derniers mois. Pourtant l’attention internationale n’était pas focalisée sur ces régions. Pour cela, il faut forcer les riches, les puissants ‐ les leaders mondiaux, la presse capitaliste, les institutions capitalistes, les chefs d’entreprises, les agences des NU – de se confronter à la réalité de l’Afrique.

    Le Liberia, la Guinée, et la Sierra Leone ne sont pas pauvres par choix. Ils n’ont pas choisi de ne pas construire des systèmes de santé qui fonctionnent. Des siècles de régime colonial les ont laissé pauvres. Les organismes impérialistes comme la Banque Mondiale, et le FMI génèrent plus de misère à travers leur infâme programme d’ajustement structurel. Il leur a été demandé par ces organismes de ne pas augmenter les dépenses publiques pour le bien être et les services publics. L’OMC leur a promis la lune au nom de la libéralisation des échanges, qui ont dévasté leur économie. Les pays capitalistes développés leur envoient de l’aide comme charité et rapatrient bien plus à travers leurs entreprises. Ces régions pauvres subsidient également les systèmes de santé des pays riches ‐ plus de médecins nés au Liberia, et en Sierra Leone travaillent dans les pays de l’OCDE que dans leurs propres pays. La migration des travailleurs de la santé – qui est quasi un subside direct que les pays pauvres fournissent aux pays riches rend impossible pour les pays de l’Afrique de l’Ouest de construire des systèmes de santé crédibles.

    Nous connaissons le virus Ebola depuis 40 ans, et encore aucun vaccin ni remède n’ont été développé. Aucune firme pharmaceutique n’est intéressée dans un remède pour une maladie qui affligent les pauvres qui ne peuvent pas payer des prix énormes pour des médicaments vedettes. Fait intéressant, le seul médicament expérimental dont on a parlé (appelé Zmapp) a été développé par une petite firme exclusivement financée par des fonds publics. C’est également le cas pour les autres maladies négligées – l’histoire du Kala Azar, de la malaria, de la tuberculose, de la maladie de Chaga et de bien d’autres. Maladies négligées par la recherche industrielle car elles n’étanchent pas la soif de profit des firmes pharmaceutiques.

    Les affaires comme d’habitude

    En attendant une tragédie humaine se révèle ne pas être limitée seulement à ceux qui sont infectés par le virus Ebola. L’ensemble du système de santé a été dépassé dans les régions infectées, et donc a amplifié l’effet sur les autres maladies. Dans la capitale du Liberia , Monrovia, à un moment donné tous les 5 hôpitaux principaux étaient fermés. Depuis certains se sont réouverts mais fonctionnent à peine. Les travailleurs de la santé ayant peur pour leur sécurité, ont fuit. Ils ont peur car pour la raison donnée dans les rapports, que les gants, les blouses et même l’eau potable manquent. Un rapport provenant de la Sierra Leone mentionne que le sang, le vomi, les urines encrassent le sol des hôpitaux. Sans équipement de protection les travailleurs de la santé traitent les patients atteints du virus Ebola portant uniquement des vêtements de salle d’opération. Lorsque les infirmières tombent malades, d’autres font la grève, laissant peu de personnes pour s’occuper des patients tombant de leurs lits.

    Dans certaines régions l’économie est à l’arrêt car les gens ont juste trop peur de s’aventurer dehors. Les symptômes des gens qui se méfient d’un système de santé effondré, a été rapporté : les résidents du bidonville situé au point ouest de la capitale de Monrovia ont lancé une opération pour fermer un établissement où étaient en quarantaine des patients Ebola.

    Ainsi nous avons une épidémie où il ne devrait pas en avoir. Les mesures de santé publiques de routine ne sont pas de routine ici – elles sont un luxe qui
    apparaît durant les épidémies provenant de la charité internationale. Et ainsi le monde s’inquiète de voir l’infection voyager et anéantir leur confortable
    existence. C’est l’inconvénient de la globalisation du monde que le monde capitaliste n’avait pas prévu. Si vous créez les conditions dans lesquelles l’infection se répand, elles vous reviennent en pleine figure. L’OMS a récemment en grande trompe annoncé un état d’urgence mondial, comme indiqué plus haut. Le manque de financement des US a conduit le gel des financements des agences des NU dans les années 1990, c’est peu dire. Son budget global pour les épidémies et les efforts pour répondre à la crise sont juste de 109 millions de $ ‐ la moitié de ce qu’il était encore il y a 2 ans.

    L’épidémie en toute probabilité suivra son cours et disparaîtra après avoir provoqué la mort et la destruction. Non pas parce que comme communauté
    globale nous aurons fait quelque chose, mais en raison de la nature du virus lui‐même. La question à soulever est si nous avons appris quelque chose ? Ou si nous retournerons aux affaires comme à l’habitude.

    http://cadtm.org/L-epidemie-d-Ebola-expose-la

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    Re: virus Ébola

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