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    La Première guerre mondiale pollue toujours

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    La Première guerre mondiale pollue toujours

    Message par bye le Lun 10 Nov - 11:52

    L'association environnementale Robin des Bois a appelé vendredi, à deux jours des commémorations du 11 novembre, à combattre la pollution engendrée par les munitions de la guerre 14-18 toujours enfouies dans les sols du nord-est de la France et de la Belgique. «Presque un siècle après la guerre, il y a des conséquences environnementales qui portent toujours atteinte à la qualité de vie des gens», a indiqué à l'AFP le président de l'association, Jacky Bonnemains.
    Les sels de perchlorates, un danger enfoui
    Il pointe en particulier les risques des sels de perchlorates, «abondamment utilisés en tant qu'explosifs dans les obus» et qui, «au fur et à mesure de la dégradation des emballages (des munitions) se dispersent dans le sol et rejoignent les eaux souterraines». Fin octobre, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont pris des arrêtés de restriction de consommation de l'eau du robinet pour les nourrissons de moins de 6 mois et les femmes enceintes et allaitantes en raison d'une présence trop importante de perchlorates. Près de 550 communes sont concernées. «Cette pollution spécifique pourrait provenir des nombreuses munitions tirées lors de la Première Guerre mondiale, en particulier sur la ligne de front qui se trouvait à la limite entre la plaine de Flandres et le plateau d'Artois», avait indiqué l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais.
    Les perchlorates ne sont pas classés cancérigènes mais peuvent avoir des conséquences sur la croissance ou le développement neurologique des bébés. «Pour la première fois à l'échelle d'un territoire, le lien est établi entre une pollution de l'eau distribuée aux populations et les composants des munitions», estime Robin des Bois dans un communiqué. Selon l'ONG, 500 à 800 tonnes de munitions anciennes sont «découvertes, collectées, regroupées, neutralisées ou entreposées» chaque année sur le territoire français, principalement dans le Nord et dans l'Est. «La répartition des teneurs en perchlorate est directement liée aux lignes de front des combats entre les forces alliées et l'armée allemande. Les teneurs les plus élevées sont observées autour de Lens, Arras et Douai», précise-t-elle. Robin des Bois demande que la recherche des perchlorates dans l'eau «soit étendue à la Picardie, au nord de l'Ile-de-France et à la Belgique» mais aussi le lancement d'un programme de déminage sur «plusieurs décennies».

    http://www.20minutes.fr/planete/1039532-20121109-premiere-guerre-mondiale-pollue-toujours
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    Re: La Première guerre mondiale pollue toujours

    Message par bye le Lun 10 Nov - 11:53

    Le poison de la guerre coule toujours à Verdun
    http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/01/20/le-poison-de-la-guerre-coule-toujours-a-verdun_4348426_3208.html
    LE MONDE | 20.01.2014 à 16h43 • Mis à jour le 14.02.2014 à 17h49 | Benoît Hopquin (Le Monde)
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    Situé à quelques kilomètres de Verdun, l’endroit semble un bout de toundra transporté dans l’est de la France. Quelques pauvres lichens, quelques mousses rabougries s’accrochent au sol quand, tout autour, la forêt lance vers le ciel ses multiples essences. La clairière a un surnom, bien connu des agents forestiers et des chasseurs qui venaient pique-niquer là depuis des générations : la « place à gaz ».
    Rares sont ceux qui connaissaient encore la raison de cette toponymie. Sur ce site, après l’armistice, furent transportés puis neutralisés des centaines de milliers d’obus non explosés sur les champs de bataille environnants. Quelque 200 000 de ces munitions appartenaient à l’arsenal chimique dont la première guerre mondiale fut le triste laboratoire.
    La terre garde les séquelles de cette opération. En 2004, trois chercheurs, deux Allemands de l’université Johannes-Gutenberg de Mayence, Tobias Bausinger et Johannes Preuss, et un Français de l’Office national des forêts, Eric Bonnaire, ont entrepris une analyse du terrain. Publiée en 2007, leur étude est édifiante. Le sol regorge de métaux lourds (cuivre, plomb, zinc) mais surtout d’arsenic et de perchlorate d’ammonium, qui étaient utilisés comme détonateurs des obus. La concentration d’arsenic est ainsi 1 000 à 10 000 fois plus élevée que dans le milieu naturel. Le sol est à ce point pollué et acide que seules trois plantes (Holcus lanatus, Pohlia nutans et Cladonia fimbriata) parviennent à y survivre. Finalement, les autorités françaises ont décidé en 2005 de grillager le lieu, puis, en 2012, d’en interdire formellement l’accès.
    La « place à gaz » n’est pas le seul héritage environnemental de la guerre de 14-18. Sur l’ancienne ligne de front, en France et en Belgique, de multiples endroits gardent les stigmates écologiques du conflit. Après la fin de la guerre, les pouvoirs publics ont délimité une zone rouge qui couvrait les principaux lieux d’affrontement. L’Etat a racheté les terrains les plus touchés, y a planté des forêts et ne s’est plus guère préoccupé de ces sanctuaires. Sous la pression d’habitants ignorants des risques, les autres zones ont été peu à peu remises en culture ou construites. « L’amnésie est générale depuis un siècle », constate Jacky Bonnemains, responsable de l’association écologique Robin des Bois.
    L'ARSENIC ATTEINT LES NAPPES PHRÉATIQUES
    Jacky Bonnemains mène un travail de fond depuis quatorze ans. A l’écouter, les armes de la Grande Guerre continuent d’empoisonner les hommes. L’arsenic contenu dans les sols atteint des nappes phréatiques. Le plomb des shrapnels (obus à balles) sature certaines terres. D’autres matières non dégradables, comme le mercure, vont contaminer pour longtemps, peut-être pour toujours, l’environnement. « On assiste à une faillite morale, assure-t-il. Français, Anglais, Allemands ont inventé des munitions chimiques et s’en désintéressent aujourd’hui. »
    Régulièrement, les habitants sont confrontés à des problèmes de pollution. A l’automne 2012, l’eau potable de plus de 500 communes du Nord et du Pas-de-Calais a ainsi été déclarée impropre à la consommation, en raison d’un taux anormalement élevé de perchlorate d’ammonium. Plus de 400 d’entre elles sont encore soumises à des restrictions d’usage. Les autorités sanitaires restent vagues sur les origines de la pollution, mais la cartographie des sites touchés correspond à celle des plus rudes combats. Pour les maires concernés, il n’y a aucun doute sur les causes.
    Environ 15 % des milliards d’obus utilisés pendant le conflit n’ont pas explosé ; une partie de ces munitions reste enfouies. Celles-ci refont régulièrement surface, au hasard d’un chantier ou sous un soc de charrue. La population est alors évacuée, le temps de procéder à la neutralisation. Presque une routine.
    La brigade de déminage de Metz, qui couvre trois départements de l’ancienne ligne de front, enregistre 900 à 1 000 demandes d’intervention et traite sur cette seule portion des anciennes tranchées 45 à 60 tonnes de munitions chaque année. « Nous sommes les éboueurs des champs de bataille », explique Christian Cléret, responsable de cette équipe de onze personnes et lui-même fils d’un démineur. Ses descendants pourront prolonger la tradition : les plus pessimistes estiment qu’il faudra plusieurs siècles pour achever le nettoyage. « Il y en a au moins pour des dizaines d’années », assure Christian Cléret.
    L’artificier a trente-trois ans d’expérience, de quoi évaluer au premier coup d’œil le type et la dangerosité des obus, grenades et autres héritages du passé. « Plus on avance dans le temps, plus se pose le problème de la sensibilité. Les enveloppes sont fragilisées après être restées des années dans le sol, dans un environnement humide, dit-il. Ces conditions accélèrent le processus de vieillissement. »
    Environ 2 % des munitions retrouvées sont chimiques, essentiellement ypérite (gaz moutarde), phosgène et diphosgène. Christian Cléret et ses hommes ont appris à les repérer. « Quand il y a un doute, on procède à une radiographie. »
    Ces munitions chimiques sont ensuite transportées dans le camp militaire de Suippes (Marne). Près de 200 tonnes y sont entreposées. En 1997, après que la France eut signé la convention interdisant le stockage des armes chimiques, un projet de centre de traitement baptisé Secoia, acronyme de « site d’élimination des chargements d’objets identifiés anciens », a été lancé. De retards en reconfigurations, les travaux viennent seulement de débuter, à Mailly-le-Grand. L’usine doit ouvrir en 2016, au mieux. Les obus chimiques seront traités dans une chambre de détonation étanche et les résidus récupérés et traités dans d’autres unités spécialisées.
    Après la guerre, les belligérants ont caché les munitions non utilisées, notamment chimiques, dans des lieux classés top secret. Aucun inventaire n’est connu. En France, des milliers de tonnes ont ainsi été immergées dans le lac d’Avrillé (Maine-et-Loire) ou enfouis dans le gouffre de Jardel (Doubs). En Belgique, une partie des stocks gît au large de Zeebrugge. Les militaires n’avaient évidemment pas réfléchi à l’après. « Quand des gens veulent se faire la guerre, ils se soucient peu des générations futures », ne peut que constater Jacky Bonnemains.
    • Benoît Hopquin (Le Monde)
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    Re: La Première guerre mondiale pollue toujours

    Message par bye le Lun 10 Nov - 11:54

    Des munitions de la Première Guerre mondiale polluent toujours les sols français
    http://www.huffingtonpost.fr/2012/11/09/des-munitions-de-la-premiere-guerre-mondiale-polluent-toujours-les-sols-francais_n_2102163.html
    Le Huff Post / AFP
    Publication: 11/11/2012 09h27 CET Mis à jour: 11/11/2012 09h43 CET

    ENVIRONNEMENT – Les déchets de guerre de la Der des Ders ennemis modernes de la biodiversité ? Près de 100 ans après l'armistice du 11 novembre, commémoré ce dimanche, l'association environnementale Robin des Bois lance un cri d'alarme et rappelle que des munitions enfouies polluent toujours les sols français et belges. L'association a appelé vendredi l'Europe à agir contre les pollutions engendrées par les résidus issus de ces bombes datant de la Première Guerre Mondiale.
    "Presque un siècle après la guerre, il y des conséquences environnementales qui portent toujours atteinte à la qualité de vie des gens", a indiqué à l'AFP le président de l'association, Jacky Bonnemains. "L'Europe vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix. Elle devrait donc donner la priorité à un programme pour dépister toutes les conséquences environnementales (des ces bombes datant de la Première Guerre mondiale, ndlr) mais aussi y remédier", a-t-il ajouté.
    Les sels de perchlorates, utilisés comme explosifs dans les obus, mais aussi l'arsenic et le mercure sont mis en cause par l'association. Les perchlorates ne sont pas classés cancérigènes mais peuvent avoir des conséquences sur la croissance ou le développement neurologique des bébés.
    Robin des Bois demande que la recherche des perchlorates dans l'eau "soit étendue à la Picardie, au nord de l'Ile-de-France et à la Belgique" mais aussi le lancement d'un programme de déminage sur "plusieurs décennies".
    "Par exemple, il faudrait aider la France et la Belgique à lancer un programme long de déminage, de désobusage et d'extractions des munitions qui sont encore par milliers dans les sols, les zones humides" des champs de batailles de la Grande Guerre mais aussi "mesurer autour des sites de stockage" de ces bombes la prévalence des résidus nocifs, a-t-il encore estimé.
    Un lien établi entre pollution de l'eau et composants de munitions
    "Pour la première fois à l'échelle d'un territoire, le lien est établi entre une pollution de l'eau distribuée aux populations et les composants des munitions", a également estimé Robin des Bois dans un communiqué.
    Selon l'ONG, 500 à 800 tonnes de munitions anciennes sont "découvertes, collectées, regroupées, neutralisées ou entreposées" chaque année sur le territoire français, principalement dans le Nord et dans l'Est.
    "La répartition des teneurs en perchlorate est directement liée aux lignes de front des combats entre les forces alliées et l'armée allemande. Les teneurs les plus élevées sont observées autour de Lens, Arras et Douai", a-t-elle précisé.
    Sur son site l'association publie des cartes recensant les découvertes des déchets de guerre dans les régions concernées. Voici celle de la région Nord-Pas-de-Calais, citée en exemple par Jacky Bonnemains.

    Restriction de consommation d'eau dans le Nord-Pas-de-Calais
    Fin octobre, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont déjà pris des arrêtés de restriction de consommation de l'eau du robinet pour les nourrissons de moins de 6 mois et les femmes enceintes et allaitantes en raison d'une présence trop importante de perchlorates. Près de 550 communes étaient alors concernées.
    Par ailleurs, l'Agence régionale de santé Nord-Pas-de-Calais a mis en place un numéro de téléphone afin de répondre aux questions des usagers, le 0360019262 (du lundi au vendredi de 8h à 20h et le samedi de 8h à 18h)
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    Re: La Première guerre mondiale pollue toujours

    Message par bye le Lun 10 Nov - 11:54

    Armes chimiques, la bombe à retardement de 14-18
    http://www.franceinfo.fr/emission/le-plus-france-info/2013-2014/armes-chimiques-la-bombe-retardement-de-14-18-11-08-2013-09-15
    Le plus France Info vendredi 8 novembre 2013


    Au milieu des bois denses et colorés de la forêt de Spincourt, se cache une étrange clairière au sol noir recouvert de mousses. Bienvenue sur la place à gaz. Un site où l'armée a fait exploser, sans précaution, 200.000 obus chimiques dans les années 1920.
    Ce site tout le monde le connaissait dans la région, mais personne n'avait conscience des risques avant que deux universitaires allemands ne s'intéressent au sujet en 2004. Tobias Bausinger, de l'université de Mayenne, va découvrir dans ses analyses du sol de la clairière qu'elle contient un taux d'arsenic mille fois supérieur à d'autres terrains.
    "Le problème c'est aussi la contamination de l'environnement"
    Problème : les agents de l'ONF (Office national des forêts), les chasseurs ont pris l'habitude de venir pique-niquer dans l'abri installé dans la clairière. La préfecture fait fermer le site. Depuis, Thierry Pfeiffer, délégué du SNUP FEN Solidaires à l'ONF, se bat pour que la vingtaine d'agents forestiers qui a fréquenté ce site fasse l'objet d'un suivi médical.
    "Le problème c'est aussi la contamination de l'environnement avec le vent, les eaux de ruissèlements", explique le syndicaliste. Les autorités viennent de demander la démolition de la cabane, mais aucune restrictions pour la consommation des champignons ou du gibier.
    "On sait qu'il y a d'autres place à gaz, notamment dans les Deux-Sèvres. Ça pose des problèmes aux agriculteurs parce que l'eau d'irrigation et de forage est trop polluée à l'arsenic", explique Jacky Bonnemain des Robins des Bois. L'association a fait un inventaire de toute les découvertes d'armes et notamment d'armes chimiques faites en France. "La loi archives de 2008 empêche de divulguer les anciens sites de destructions ou de stockage des armes chimiques", poursuit le porte parole de l'association.
    600 tonnes d'armes retirés chaque année
    La Première Guerre mondiale porte bien son nom de "sale guerre". Obus au phosgène, à l'ypérite aussi appelé gaz moutarde, chlore, arsine ont été utilisés. Les armées utilisaient notamment des gaz pour passer à travers les masques des soldats et pour les faire sortir de leur tranchée. Verdun fut le théâtre d'une immense boucherie avec plus de 300.000 morts, neuf villages détruits où plus de 60 millions d'obus ont été tirés.
    Contrairement à d'autres endroits, il a été laissé en l'état pour la mémoire des victimes. "On estime que sur le milliard d'obus tirés sur toute la ligne de front de 14-18, 15% n'ont pas explosé", avoue Eric Lombard, chef adjoint au bureau de déminage de la Sécurité civile. Mais même les armes classiques avec leurs explosifs et leur corrosion contiennent des métaux lourds qui polluent encore aujourd'hui les sols.

    Autre
    Une affiche au centre de déminage de Metz.
    A l'automne 2012, 550 communes du Nord-Pas-de-Calais se voient privés d'eau potable à cause d'une pollution au perchlorate d'ammonium. Un composant des détonateurs d'armes de la Première Guerre mondiale. Les Robins des bois regrettent de ne pas connaitre les autres sites d'élimination des armes chimiques comme en forêt de Spincourt. Des sites qu'il faudrait sécuriser voire dépolluer.
    SECOIA : usine d'élimination propre des armes chimiques
    Après avoir été explosées en baie de Somme, jusque dans les années 90 , les armes chimiques que les services de déminages découvrent chaque année sont stockées à la base militaire de Suippes dans la Marne. 200 tonnes vont enfin faire l'objet d'un traitement adéquat. Les travaux de construction de l'usine SECOIA, monté par Astrium viennent de commencer cette semaine.
    Ce projet, entièrement automatisé, doit faire exploser dans une chambre blindée et étanche les munitions. "Par un système de filtration à plusieurs étages, nous traitons ensuite les résidus gazeux. Jusqu'à les contenir dans des bonbonnes", explique Albert Dapra, pilote du projet chez Astrium. L'usine sera donc sans cheminée. Elle doit entrer en service en 2016 et embauchera une vingtaine de personnes.

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    Re: La Première guerre mondiale pollue toujours

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