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    Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

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    Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

    Message par bye le Jeu 4 Déc - 17:08

    Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/01/pourquoi-e-on-se-demantele-et-se-recentre-sur-l-energie-verte_4532012_3234.html

    LE MONDE ECONOMIE | 01.12.2014 à 10h57 • Mis à jour le 01.12.2014 à 13h10 | Par Blandine Milcent (Berlin, correspondance)

    « Un nouveau départ courageux. » Voilà comment Werner Wenning, le président du conseil de surveillance du groupe électricien allemand E.ON, a qualifié les nouvelles options stratégiques entérinées dimanche 30 novembre à Düsseldorf.

    De fait, les mesures envisagées sont radicales et n’ont pas d’équivalent en Europe. E.ON projette de délaisser à terme sa production conventionnelle d’électricité pour se concentrer sur les énergies renouvelables, éolien et solaire.
    Pour situer l’importance de cette décision, c’est comme si, en France, EDF se délestait de ses centrales nucléaires pour ne plus faire que de l’éolien et du photovoltaïque.
    Le groupe allemand confirme par ailleurs plusieurs cessions et annonce d’importantes dépréciations.
    « Le modèle d’un large éventail d’activités ne correspond plus aux défis nouveaux, a expliqué Johannes Teyssen, le PDG d’E.ON. Nous voulons nous repositionner de manière radicale. »
    • Que va devenir le cœur de métier du groupe ?
    Selon un communiqué publié dimanche, le premier électricien allemand a décidé de scinder ses activités pour se défaire à terme de ce qui constitue encore son cœur de métier.
    Les productions conventionnelles d’électricité (gaz, charbon, négoce d’énergie et exploration) seront ainsi réunies au sein d’une entité séparée, dont les actionnaires disposeront de la majorité.
    Cette entité devrait compter environ 20 000 salariés – sur un total de 60 000 au sein du groupe.
    L’année 2015 sera consacrée à l’organisation d’une mise en Bourse de cette nouvelle structure qui ne porte pas encore de nom mais dont le siège sera installé en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. L’opération est prévue pour intervenir en 2016.
    • Que compte faire le groupe dans le secteur des énergies renouvelables ?
    Dans le même temps, l’électricien allemand va porter ses efforts sur « les énergies renouvelables, les réseaux et les solutions pour les clients ». L’accent sera mis sur l’éolien et le photovoltaïque.
    Le nouveau E.ON resserré comptera 40 000 salariés. Il compte investir au total près de 5 milliards d’euros en 2015, notamment dans les réseaux intelligents en Turquie, l’un de ses nouveaux marchés avec le Brésil et la Russie, et en Europe.
    • Quelles activités vont être abandonnées ?
    Les activités qui ne rentreraient pas dans ce nouveau modèle d’organisation seront cédées.
    Ainsi, le conseil de surveillance de l’entreprise a entériné la cession de ses actifs en Espagne et au Portugal. Ils sont vendus à l’australien Macquarie Group pour la somme de 2,5 milliards d’euros. Une opération qui était attendue.
    E.ON avait déjà procédé à des cessions aux Etats-Unis et en Finlande ces derniers mois.
    La vente des actifs en Italie, qui fait l’objet de spéculations depuis plusieurs mois, est également envisagée.
    De même, E.ON annonce que « des options stratégiques » sont étudiées pour son département « exploration » en mer du Nord.
    Conséquence de ces bouleversements, l’électricien allemand a annoncé de nouvelles dépréciations de 4,5 milliards d’euros au quatrième trimestre 2014, en plus des 700 millions déjà enregistrés entre janvier et septembre.
    • Comment la nouvelle politique énergétique allemande a-t-elle influé sur les choix ?
    L’Allemagne a voté la sortie du nucléaire en 2011, après la catastrophe de Fukushima, et imposé aux producteurs d’électricité (E.ON, RWE, Vattenfall et EnBW) d’éteindre définitivement leurs 17 centrales d’ici à 2022.
    Elle fixait aussi comme objectif d’atteindre 80 % de la production d’électricité grâce aux renouvelables.
    Le repositionnement d’E.ON illustre les difficultés rencontrées par tous les producteurs d’électricité en Allemagne en raison du tournant énergétique.
    Les énergies renouvelables sont en effet toujours subventionnées outre-Rhin, même si la loi concoctée par le ministre de l’économie, Sigmar Gabriel (SPD), vise à réduire les aides de l’Etat.
    Surtout, elles restent prioritaires à l’achat, ce qui continue de stimuler la production de courant.
    Résultat : ces surcapacités ont fait chuter de plus d’un quart les prix sur les marchés de gros depuis le début de l’année 2013. Et les centrales fossiles des grands groupes, particulièrement les centrales au gaz mais aussi celles à charbon, sont devenues de moins en moins rentables.
    • S’agit-il d’un nouveau départ ou du début de la fin pour E.ON ?
    Il y a de fortes turbulences en perspective, en tout cas. E.ON, qui a par ailleurs pâti de ses activités en Russie, son marché principal à l’international, affiche aujourd’hui un endettement de 31 milliards d’euros.
    Lorsqu’il était encore à la tête d’EDF en octobre, Henri Proglio avait jeté un froid outre-Rhin, avec des propos définitifs rapportés par le Financial Times sur les deux grands groupes allemands RWE et E.ON : « L’un est plus ou moins mort, l’autre va très mal. »
    Lundi 1er décembre, l’action d’E.ON progressait de plus de 5 % lors des premiers échanges à la Bourse de Francfort.
    • Blandine Milcent (Berlin, correspondance)
    Journaliste au Monde

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/01/pourquoi-e-on-se-demantele-et-se-recentre-sur-l-energie-verte_4532012_3234.html#HMZziQdArgfbebST.99
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    Re: Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

    Message par bye le Jeu 4 Déc - 17:09

    E.ON : entreprise novatrice ou victime de la transition énergétique ?
    http://www.lepoint.fr/environnement/e-on-entreprise-novatrice-ou-victime-de-la-transition-energetique-02-12-2014-1886061_1927.php
    Le Point - Publié le 02/12/2014 à 07:41
    En Allemagne, de grands groupes s'apprêtent à investir massivement dans les énergies renouvelables en 2015. Certains, plus radicalement que d'autres.
    Le groupe allemand E.ON va se recentrer presque exclusivement sur les énergies vertes. © Angot / Sipa

    Par Frédéric Therin, à Munich

    Aux grands maux, les grands remèdes. Les analystes ne s'attendaient pas à ce que E.ON prenne à ce point-là le proverbe au pied de la lettre. Le groupe allemand d'énergie a annoncé dimanche soir un ambitieux programme qui va l'amener à se détourner de ses activités de production conventionnelle d'électricité pour se concentrer sur les énergies renouvelables. "Le modèle d'un large éventail d'activités ne correspond plus aux défis nouveaux, a résumé Johannes Teyssen, le P-DG de la compagnie. C'est pourquoi nous voulons nous repositionner de manière radicale." Ce "nouveau départ courageux", aux dires mêmes de Werner Wenning, le président du conseil de surveillance du géant de Düsseldorf, n'a pas d'équivalent en Europe.
    E.ON, qui a perdu près des trois quarts de sa valorisation boursière en six ans, va ainsi regrouper ses activités de production conventionnelle d'électricité (gaz, charbon, négoce d'énergie et exploration) dans une société séparée qui devrait être mise en Bourse en 2016. Ses actionnaires actuels devraient contrôler la majorité du capital de cette nouvelle structure qui devrait compter environ 20 000 salariés. Le groupe compte, quant à lui, céder à moyen terme ses parts dans cette nouvelle société afin d'alléger une lourde dette qui s'élève à 31 milliards d'euros.
    5 milliards investis l'an prochain ?
    Le "nouveau" E.ON, une fois délesté de ses actifs peu rentables dans cette "bad bank" qui ne porte pas son nom, aura 40 000 employés. Ses dirigeants ont déjà prévu d'y investir dès l'an prochain près de 5 milliards d'euros notamment dans des réseaux intelligents en Europe et en Turquie. Les activités qui ne rentreront pas dans son nouveau modèle d'organisation seront cédées comme celles qui ont déjà été vendues aux États-Unis et en Finlande. La vente de ses actifs en Espagne et au Portugal à l'australien Macquarie Group pour un montant de 2,5 milliards d'euros a été approuvée dimanche par le conseil de surveillance de l'entreprise. L'avenir de sa filiale en Italie reste, lui, en suspens et "des options stratégiques" sont actuellement envisagées pour son département "exploration" en mer du Nord. En prévision de ces opérations, l'électricien rhénan a annoncé de nouvelles dépréciations de 4,5 milliards d'euros au quatrième trimestre qui s'ajouteront aux 700 millions budgétés lors des trois premiers trimestres.
    Si les investisseurs semblent avoir apprécié le programme de restructuration d'E.ON comme le prouve la hausse du cours de l'action à Francfort, certains spécialistes sont plus dubitatifs. "Teyssen a éteint l'interrupteur trop tard", pense Dana Heide dans les colonnes du quotidien financier Handelsblatt alors que le journal munichois Süddeutsche Zeitung parle lui de la "fin des dinosaures". Selon des propos révélés par le Financial Times, l'ancien patron d'EDF, Henri Proglio, était, lui, encore plus caricatural au sujet de RWE et E.ON : "L'un est plus ou moins mort, l'autre va très mal."
    "Continuer comme dans le passé n'est pas une option"
    Sans être aussi radicaux, les autres groupes énergétiques présents outre-Rhin ont également annoncé de profondes mesures de restructurations ces dernières semaines. "Continuer comme dans le passé n'est pas une option, juge Frank Mastiaux, le directeur général d'EnBW. Une nouvelle orientation stratégique est une obligation." Dans son programme baptisé "EnBW 2020", le groupe prévoit d'investir 7 milliards d'euros afin de porter le pourcentage des énergies renouvelables à 40 % de ses capacités de production d'ici la fin de cette décennie contre 12 % aujourd'hui. Des cessions d'actifs d'un montant total de 2,7 milliards d'euros devraient notamment lui permettre de construire des fermes éoliennes capables de produire 1 750 MW par an dès 2020 contre 200 MW cette année.
    Le suédois Vattenfall, très présent outre-Rhin, a, lui, révélé son intention de céder les centrales à charbon qu'il possède en Allemagne ainsi que les mines de lignite qui les alimentent en matière première. Ces activités pourtant rentables, mais très polluantes, ne rentrent plus dans la stratégie du groupe public scandinave, qui veut "verdir" son image. Le plus gros producteur d'électricité en Allemagne, RWE, dont les bénéfices opérationnels ont encore chuté de plus de 30 % sur les neuf premiers mois de l'année, a, pour sa part, annoncé la fermeture de plusieurs réacteurs à gaz. La vente de sa filiale d'hydrocarbure DEA à un milliardaire russe pour un montant de 5,1 milliards d'euros prend, quant à elle, plus de temps que prévu. E.ON a, lui, longtemps laissé ses rivaux modifier leurs structures sans réagir. Jusqu'à dimanche soir...
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    Re: Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

    Message par bye le Jeu 4 Déc - 17:09

    E.ON révolutionne le marché européen de l’énergie
    http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203980034540-eon-revolutionne-le-marche-europeen-de-lenergie-1070068.php

    Thibaut Madelin / Correspondant à Berlin | Le 01/12 à 16:04, mis à jour à 16:10


    Centrale au charbon "Datteln 4 "à Dortmund. -23/03/2012 - SIPA

    Le géant allemand veut se séparer de ses centrales nucléaires, au gaz et au charbon. Il mise sur les renouvelables, les réseaux et l’innovation au service du client.

    E.ON a annoncé ce matin une réorganisation susceptible de révolutionner le secteur européen de l’énergie. Le leader allemand va se séparer de ses centrales électriques conventionnelles – nucléaires, au charbon ou au gaz - pour se recentrer sur les renouvelables, les réseaux électriques et gazier et les services aux clients. Si E.ON rejette le parallèle, les experts voient ce mouvement comme une tentative de mettre les actifs les moins performants dans une sorte de « bad bank », une structure de défaisance. « Nous sommes convaincus que les groupes d’énergie doivent se concentrer sur un des deux mondes pour pouvoir avoir du succès dans le futur », a déclaré Johannes Teyssen, président du directoire d’E.ON. Celui de l’avenir, avec une énergie décentralisée produite à partir de renouvelables, ou celui du passé, avec une énergie centralisée produite par de grosses centrales.
    Le mouvement promet d’être suivi de près par tout le secteur, qui traverse en Europe une profonde crise avec la concurrence massive des énergies renouvelables, la baisse de la demande et la chute des prix de gros de l’électricité. Quatorze ans après la première décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire, le géant de Düsseldorf capitule à sa façon devant le tournant énergétique allemand, qu’il choisit finalement d’épouser. La facture commençait à devenir trop lourde. Ces dernières années, il a passé des milliards d’euros de dépréciations sur ses centrales électriques, tout essayant de réduire un endettement massif issu de ses multiples acquisitions. En plus de tourner le dos au modèle d’intégration verticale cher aux électriciens traditionnels, le groupe a annoncé de nouvelles dépréciations de 4,5 milliards d’euros et une perte « considérable » pour 2014.


    La consolidation du marché de la production
    Faisant table rase, il a par ailleurs officialisé la vente de ses activités espagnoles et portugaises à l’investisseur australien Macquarie pour 2,5 milliards d’euros. E.ON prépare par ailleurs la cession de ses actifs italiens et s’interroge sur celle de ses activités d’exploration et production d’hydrocarbures. Pour le reste, les centrales conventionnelles, qui représentent 50 gigawatts de capacité en Europe et en Russie, seront placées dans une nouvelle société à part, qui ira en Bourse. « Comme un des plus grands producteurs électriques européens, la société sera bien positionnée pour agir comme catalyseur et plate-forme de la consolidation du marché de la production », juge Johannes Teyssen. Il a assuré qu’il ne s’agissait « pas d’un programme de suppression de postes ». Sur les 60.000 salariés du groupe, 20.000 rejoindront cette nouvelle structure, qui n’a pas encore de nom.
    E.ON restera un groupe d’énergie, mais avec une autre philosophie et un autre profil financier. Trois quarts du résultat seront générés sur la base d’activités régulées, à savoir les énergies renouvelables qui bénéficient (encore) de tarifs fixes généreux et la gestion de réseaux. Quant à la philosophie, E.ON prend acte du fait que ses clients sont aussi de plus en plus des producteurs d’électricité, photovoltaïque ou éolienne, et ont besoin de nouvelles solutions. Le gouvernement, qui promeut les énergies renouvelables, soutient la stratégie. « Avec cette décision, E.ON est le premier groupe à s’adapter à la nouvelle donne de l’approvisionnement énergétique. Cela crée certainement de nouvelles opportunités », a déclaré le ministre de l’Economie et de l’Energie Sigmar Gabriel.

    En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203980034540-eon-revolutionne-le-marche-europeen-de-lenergie-1070068.php?XbESSQDcsWwXekAY.99
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    Re: Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

    Message par bye le Jeu 4 Déc - 17:10

    Electricité : l'Allemagne envisage de sabrer dans ses centrales à charbon
    http://www.lesechos.fr/journal20141031/lec2_industrie_et_services/0203901937714-electricite-lallemagne-envisage-de-sabrer-dans-ses-centrales-a-charbon-1059524.php#

    Thibaut Madelin / Correspondant à Berlin | Le 31/10 à 06:00

    Rainer Baake, secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie et de l'Energie, reçoit lundi ses partenaires européens. - Photo DR
    Le ministère de l'Energie songe à sortir du marché un quart de ses centrales au charbon.
    Son but : atteindre ses objectifs de réduction des émission de CO 2 .
    Le gouvernement allemand envisage de fermer de vieilles centrales à charbon pour atteindre ses objectifs d'émission de gaz à effet de serre et réduire les surcapacités de production électrique. « Nous regardons si ça peut faire du sens de retirer du marché un certain nombre de centrales à charbon pour les mettre en réserve », a déclaré mercredi à des journalistes étrangers Rainer Baake, secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie et de l'Energie. « Nous en sommes au stade de la réflexion », a-t-il précisé. Il table sur une décision du gouvernement lors d'un Conseil des ministres prévu le 3 décembre.
    Celui-ci doit notamment définir quelles mesures supplémentaires l'Allemagne doit prendre pour atteindre son objectif de réduction des émissions de CO2 de 40 % entre 1990 et 2020. En l'état, cet objectif est considéré comme intenable. Or Berlin veut être un exemple en la matière, notamment dans le cadre de la conférence internationale sur le climat qui aura lieu à Paris en 2015. Selon la presse allemande, il est question de retirer 10.000 mégawatts (MW) de capacité sur un total de 48.000 MW dans le charbon, soit l'équivalent d'une vingtaine de centrales. celles-ci seraient mises en réserve, en cas de coup dur. Le charbon assure environ 45 % de la production d'électricité du pays.


    Soutenu par le ministère de l'Environnement, le projet ne fait pas l'unanimité : il est contesté par une partie de la CDU d'Angela Merkel ; les industriels refusent de commenter. Pour Rainer Baake, une telle décision s'inscrit dans la logique du tournant énergétique allemand. Celui-ci vise une part d'énergies renouvelables de 80 % dans la consommation électrique d'ici à 2050, contre 25 % actuellement. « Un système qui possède une grande part d'éolien et de photovoltaïque a besoin de moins en moins de centrales conventionnelles » polluantes et inefficientes, juge cet écologiste.
    Consultation jusqu'en 2015
    Les projets du ministère de l'Economie allemand ne heurtent pas seulement les intérêts des producteurs, comme RWE ou E.ON. Selon un Livre vert dont les « Echos » ont eu copie et qui doit être publié ces prochains jours, le ministère confirme son scepticisme vis-à-vis de la création d'un marché de capacité destiné à rémunérer les centrales au gaz ou au charbon malmenées par l'essor des énergies vertes. Ce choix a pourtant été fait par la France pour avoir les moyens de faire face à des pics de demande. Mais Berlin reste sceptique face à cette option. La décision finale fera l'objet d'une consultation jusqu'en 2015.
    Pour le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, les marchés de capacité correspondent à verser Hartz 4, l'équivalent des aides sociales allemandes, aux centrales électriques conventionnelles, souvent déficitaires. Par ailleurs, ces mécanismes « sont considérés comme des aides d'Etat par la Commission européenne », souligne le Livre vert. Le sujet devrait être abordé lundi par Rainer Baake qui reçoit ses partenaires européens, dont son homologue française, Virginie Schwarz. « Nous ne voulons forcer personne, mais proposons de prendre ces décisions ensemble », dit-il.
    Thibaut Madelin, Les Echos

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    Re: Pourquoi E.ON, le géant électrique allemand, se démantèle et se recentre sur l’énergie verte

    Message par bye le Jeu 4 Déc - 17:11

    E.ON la métamorphose d’un géant de l’énergie
    http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203982195469-eon-la-metamorphose-dun-geant-de-lenergie-1070786.php
    Thibaut Madelin / Correspondant à Berlin | Le 03/12 à 06:00, mis à jour à 12:30

    Le géant allemand du nucléaire E.ON a annoncé la scission de toutes ses activités de production électrique conventionnelle. - Andrew TESTA/PANOS-REA
    ENQUETE - Le groupe allemand a pris dimanche un virage radical en décidant de se séparer de la totalité de ses centrales électriques : nucléaires, au charbon ou au gaz. Un choc pour un secteur en pleine crise.
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    Pour un peu, on se croirait sur le chantier nucléaire de l’EPR de Flamanville. Des milliers de repères sont inscrits aux murs tout propres pour indiquer les points stratégiques. Des spots puissants illuminent les échafaudages. Impossible d’échapper aux coups de marteau ou au bruit des perceuses. La seule différence avec un nouveau réacteur, c’est que la centrale nucléaire de Stade, au nord de l’Allemagne, n’est pas en construction mais en déconstruction. «  Nous avons retiré près de 300.000 chevilles », se félicite Michael Klein, directeur du site détenu par E.ON, à l’endroit où se trouvait le circuit primaire de l’installation, il y a encore dix ans.
    En nous accueillant, il y a dix jours à peine, cet ancien étudiant en technique nucléaire ignorait sans doute que son employeur était sur le point de bouleverser le paysage énergétique européen, en finalisant la plus grosse transformation de son histoire. Dimanche dernier, après une réunion de cinq heures de son conseil de surveillance, le géant allemand du secteur a en effet annoncé la scission de toutes ses activités de production électrique conventionnelle. E.ON ne veut pas seulement se séparer des centrales nucléaires, comme Stade, que le gouvernement a décidé de fermer en totalité d’ici à 2022. Il veut également mettre ses centrales à gaz et au charbon dans une nouvelle structure qui sera cotée en Bourse et accueillera un tiers de ses 60.000 employés. Au total, 50 gigawatts de capacité doivent quitter le giron du groupe. Un peu comme si EDF scindait son parc nucléaire…


    Pour le groupe allemand, longtemps perçu par ses pairs comme un modèle de gestion, au même titre que Siemens dans l’industrie ou Volkswagen dans l’automobile, il y a désormais deux mondes de l’énergie. Celui du passé, dans lequel la production électrique à base de grosses centrales est devenue une « commodity », avec des prix par nature volatils, comme le pétrole. Et celui de l’avenir, dans lequel des milliers d’installations photovoltaïques ou éoliennes éparpillées sur le territoire vendent de l’électricité à prix fixe, où l’ère numérique donne le ton et où les clients sont aussi des producteurs. «  Nous sommes convaincus que les groupes d’énergie doivent fondamentalement se concentrer sur un des deux mondes pour avoir du succès », juge le PDG d’E.ON, Johannes Teyssen, qui a donc choisi le second.
    Son annonce a fait l’effet d’une bombe. «  Le secteur vit une révolution et E.ON est le premier à en tirer les conclusions de façon aussi radicale », commente un concurrent étranger. Greenpeace a salué un «  revirement historique  ». Les marchés ont également apprécié : le titre a gagné 4 % lundi, pour reculer de 0,40 % hier. La décision laisse cependant pantois les médias allemands. «  Pari courageux ou acte de désespoir ? », se demandait la chaîne de télévision publique ARD au soir de l’annonce… Une «  fuite en avant », commente le quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung ».
    Une révolution longuement mûrie
    La décision d’E.ON, qui a déjà investi 10 milliards d’euros dans les énergies renouvelables au cours des dernières années, est tout sauf un coup de tête. Le groupe a commencé sa réflexion en janvier dernier. Il a rencontré une série d’interlocuteurs pour leur demander dans quelle direction le marché de l’énergie allait, selon eux. Dans la plus grande confidentialité, il a ainsi consulté l’investisseur australien Macquarie, parlé avec des écologistes forcenés, s’est déplacé en Californie pour étudier la machine à innovation Google… Au total, quelque 150 salariés ont participé au processus, dont les représentants du personnel et les syndicalistes. La société n’a pas fait appel à un cabinet de conseil. Aucune fuite n’est sortie dans la presse. Ce qui témoigne, pour la direction, du professionnalisme des équipes et de la gravité de la situation.
    Le groupe avait-il le choix ? Confronté à la concurrence des énergies renouvelables, à une demande d’électricité en baisse et à la chute des prix de gros sur la Bourse de l’électricité, le secteur traverse une crise profonde et un changement irréversible. Depuis la catastrophe de Fukushima, qui a définitivement enterré en mars 2011 leurs espoirs de retour au nucléaire, les énergéticiens allemands cumulent les restructurations. Depuis cinq ans, E.ON a perdu la moitié de sa valeur, vu ses effectifs passer de 80.000 à 60.000. Ses concurrents RWE, EnBW et Vattenfall sont dans la même situation. Cessions d’actifs, mesures d’économies, fermetures de centrales déficitaires, dépréciations d’actifs se chiffrant en milliards. Tout y passe. «  C’est un peu comme dans le pétrole à la fin des années 1990, lorsque le baril était tombé à 10 dollars, constate un cadre dirigeant du groupe, qui rappelle les grandes manœuvres françaises avec l’OPA du petit Total sur le grand Elf. Sauf que, en plus de la chute des prix, nous sommes confrontés à un changement de paradigme. Tout le monde disait : il faut faire quelque chose. Maintenant, on avance. »
    Jusqu’ici, les énergéticiens allemands étaient regardés par leurs concurrents avec de la compassion et de l’inquiétude. Parfois aussi avec du mépris, comme lorsqu’en octobre Henri Proglio raillait le « désastre » du tournant énergétique allemand. «  Leurs deux groupes majeurs, E.ON et RWE, sont sous une pression gigantesque. L’un est plus ou moins mort, l’autre est dans une situation très difficile », avait déclaré l’ex-patron d’EDF. Johannes Teyssen lui a répondu en lui écrivant une lettre personnelle. Mais sa vraie réponse est venue cette semaine. En tournant le dos au modèle intégré historique, le groupe renvoie un peu la balle au champion tricolore. Certes, celui-ci s’en sort mieux grâce à des tarifs et à un monopole qui le protègent, à un parc nucléaire qui produit de l’électricité bon marché et à un actionnariat public qui le préserve. Mais EDF incarne aussi précisément l’électricien traditionnel, centralisé et verticalement intégré, qui couvre toute la chaîne de valeur, mais dont les jours sont comptés, à en croire le géant de Düsseldorf. Quelle stratégie a le plus d’avenir ?
    Pour le manager d’un groupe allemand concurrent d’E.ON, «  on s’oriente vers le modèle Amtrak  ». Une vision qui fait froid dans le dos. Cette compagnie ferroviaire américaine 100 % publique a été créée en 1971 sur les cendres des compagnies privées confrontées à la concurrence de l’automobile et à la chute du trafic. Les grandes heures du rail, symbole de la révolution industrielle, étaient passées. Pour sauver ce qui pouvait l’être, l’Etat n’a eu d’autre choix que d’intervenir et de subventionner massivement cette industrie en déclin. Les centrales électriques conventionnelles, indispensables à la sécurité énergétique mais déficitaires, vont-elles subir le même destin ? Pour l’heure, les gouvernements européens songent d’abord à les rémunérer à l’aide de primes de capacité. L’Allemagne s’interroge, mais rechigne à verser aux centrales ce que le ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel, appelle « Hartz 4 » – l’aide sociale – à des outils qui devraient pouvoir se rémunérer par eux-mêmes.
    Se débarrasser des risques ?
    Pour cet ancien ministre de l’Environnement, qui doit présenter ce matin un plan de marche pour sauver les objectifs climatiques de l’Allemagne (mis en danger par la production record des centrales à charbon), le plus gros risque politique concerne les centrales nucléaires, très sensibles en Allemagne. « E.ON transfère ses risques atomiques », titrait mardi la « Süddeutsche Zeitung ». «  Ce qui est en train de naître est une “bad bank” pour les vieilles centrales nucléaires  », juge Julia Verlinden, chargée des questions énergétiques chez les Verts. Son inquiétude : que le groupe se débarrasse à bon compte du démantèlement des centrales et du financement des sites de stockage nucléaire, et que l’Etat soit un jour obligé d’éponger. «  Après la privatisation des profits, il ne peut y avoir une socialisation du démantèlement », prévient Ute Vogt, au Parti social-démocrate (SPD), rejetant toute idée de « deal » au détriment des contribuables.
    Leur soupçon n’est pas infondé. Cet été, les électriciens allemands ont secrètement plaidé auprès du gouvernement en faveur d’un transfert des risques nucléaires vers une fondation publique, avec les provisions prévues, soit 35 milliards d’euros. L’idée n’a pas été retenue en l’état, mais elle reste dans l’esprit des dirigeants, et le gouvernement mène une réflexion sur la question. «  Le sujet peut revenir  », reconnaît un pilier du nucléaire allemand. E.ON dément toute tentative d’échapper à sa responsabilité. Johannes Teyssen a rodé ses arguments. Premièrement, les provisions destinées au démantèlement et aux déchets nucléaires approchent les 15 milliards d’euros et sont les plus élevées au monde, dit-il. Deuxièmement, les dettes de 31 milliards resteront chez E.ON et la nouvelle société n’en aura pas. Enfin, la future entité va certes détenir huit centrales nucléaires, dont quatre en cours de démantèlement, et des centrales conventionnelles peu rentables, mais aussi des barrages hydrauliques, des activités gazières incluant une participation dans Nord Stream, une filiale de trading performante… Bref, une perle sur laquelle d’autres actionnaires ne manqueront pas de se jeter, juge le patron.
    Dans la centrale de Stade, Michael Klein assure avoir la situation en main. Alors qu’il contemple un hangar dans lequel sont abrités 321 conteneurs remplis de déchets radioactifs, il estime avoir rempli sa part du travail. «  Nous entreposons dans les règles de l’art et attendons le site de stockage  », dit-il. Théoriquement, les fûts devaient en effet rejoindre le site de Konrad. Or celui-ci devait ouvrir en 2014, mais les travaux risquent de traîner jusqu’en 2021, voire 2024. Le groupe a provisionné en moyenne 1,2 milliard d’euros par réacteur, y compris les frais de stockage des déchets (près du double d’EDF). Arrêtée en 2003, la centrale de Stade illustre bien les difficultés d’un tel chantier. Cette année, le groupe a dû repousser l’objectif de fin des travaux de 2014 à 2019, faute d’un site de stockage, mais aussi à cause de la découverte de la contamination radioactive d’une base en béton. Dans un premier temps, E.ON avait tablé sur un coût global d’environ 500 millions d’euros. Après avoir démarré les travaux concrets, en 2008, il a fixé le budget à 1 milliard d’euros et pense le tenir. «  Avec notre expérience, nous savons parfaitement ce que cela coûte de démanteler », assure Leonhard Birnbaum, membre du directoire d’E.ON. Son travail de pédagogie ne fait que commencer.
    Thibaut Madelin, Les Echos

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