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    Violences policières, violences d’Etat

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    Violences policières, violences d’Etat

    Message par bye le Mar 6 Déc - 13:54


    Violences policières, violences d’Etat
    Christian de Montlibert | Fondation Copernic | 29 novembre 2016


    Nos sociétés sont violentes, mais pour avoir une mesure un peu plus fidèle de cette violence il faudrait additionner le nombre de crimes et agressions, le nombre de suicides, le nombre de morts et blessés graves de circulation routière, aérienne et maritime, le nombre d’accidentés du travail, le nombre de viols et agressions sexuelles, le nombre de violences conjugales… Pire nos sociétés connaissent sans doute une augmentation de la violence. A plus court terme les assassinats commis à Toulouse, à Montauban, à Paris à Charlie Hebdo, à l’Hyper casher, au Bataclan et dans les rues avoisinantes, a Nice sur la promenade des Anglais, mais aussi les meurtres des policiers, et encore la permanence d’un chômage de masse qui entraine une surmortalité des chômeurs (accidents routiers, suicides, agressions…), l’importance des noyades en Méditerranée que les traités européens et surtout la morale obligent la France à prendre en compte et enfin, bien qu’on n’en parle peu, l’existence des victimes des bombardements de l’aviation française au Moyen Orient dont la France est directement responsable, ont amplifié cette violence. Cette mesure répétée année après année montrerait qu’une fois un taux atteint il ne diminue pas tant que dure l’état de la société qui l’a engendré.

    Le seuil de tolérance à une violence considérée, à un moment donné, comme normale ou inévitable a sans doute d’autant plus augmenté que la violence est vite devenue l’objet d’une guerre des médias. Apprécier ou déprécier un mouvement social et les agents qui sont fait par lui et qui le font vivre est essentiel à qui veut légitimer ou délégitimer la violence. L’utilisation du terme « casseur » constitue un exemple parfait de cette pratique : le terme était déjà utilisé en 1979, lors des manifestations contre la fermeture des installations sidérurgiques, pour stigmatiser les pratiques non conventionnelles, non routinières, que des ouvriers utilisaient pour se faire entendre dans une situation où l’Etat refusait la négociation. Il est vrai que l’Etat, les classes dominantes, les détenteurs du pouvoir économique sur les médias expriment souvent leur connivence dans la dépréciation symbolique de ceux qui remettent en cause leurs décisions.

    L’origine de la violence est structurelle. La violence des institutions, des décisions politiques, des stratégies économiques en engendrant des inégalités précède et entraine la violence des comportements. On peut affirmer sans risque d’erreurs que cette violence structurelle dépend de l’écart entre les revenus , de l’absence ou du délitement du droit du travail ici et du droit de la personne ailleurs, de l’absence de travail qui défait les liens d’interdépendance fonctionnelle et enfin de l’assignation des individus dans des positions sociales stigmatisées. Lorsqu’un économisme dominant impose comme finalités de l’existence la consommation et le profit et comme moyen la lutte de chacun contre tous, comment la marchandisation des relations humaines ne serait elle pas à l’œuvre ? Le déchainement des intérêts économiques souvent liés aux intérêts politiques dans les rapports entre les pays dominants et les pays dominés s’accompagne toujours d’une détérioration de la morale politique. Plus la mondialisation concurrentielle est libérée de tout contrôle social plus les rééquilibrages organisées par les politiques sociales disparaissent et plus les régulations des relations humaines s’effacent.

    A cette violence structurelle crée par les inégalités s’ajoute la violence d’Etat. De la royauté à l’époque moderne, l’Etat, sous ses différentes formes, a toujours engagé des forces armées pour protéger ce qu’il juge être ses intérêts ou les intérêts des groupes sociaux qu’il défend. Il suffit de s’appuyer sur les travaux des historiens pour le savoir (les insurrections paysannes se succédèrent sans interruption en Aquitaine par exemple comme, au XIX e siècle, à Lyon, les révoltes ouvrières); plus prés de nous il suffit de rappeler les rapports de forces lors des manifestations de protestation contre la fermeture des installations sidérurgiques en 1978 ; le nombre de blessés lors de manifestations dont les décès de Malik Oussekine ou celui de Carlo Guliani, lors du G8 de Gênes, ou, plus récemment encore, le décès de Rémi Fraisse lors des manifestations pour empêcher le construction du barrage de Sivens, sont en quelque sorte les points d’acmé qui objectivent douloureusement cette violence d’État.

    Reste que, les conditionnements une fois créés, il n’est plus nécessaire de manifester sa force : la menace d’engager la police ou l’armée suffit à décourager l’expression des oppositions. Le maintien de l’ordre qu’assure l’État contribue au développement des sentiments de crainte et de respect à son égard. Plus encore la sortie des crises se fait souvent en édictant un règlement bureaucratique qui contribue à rendre moins visible la pérennité des inégalités structurelles au profit d’une normalisation qui embrigade la contestation dans une opposition « responsable ». Déplacements, sublimations, euphémisations… opérées par « les professionnels du discours » transforme aussi cette violence en violence symbolique d’autant moins perçue comme telle qu’elle structure les catégories de pensée et de sentir de ceux qui devraient la contester. Les manières de pensée et les représentations habituelles des dominés qui, parce qu’elles résultent en grande partie de l’intériorisation de mécanismes de défense inventés pour se protéger des contraintes de la nécessité, sont finalement assez bien adaptées aux exigences de l’ordre social et ainsi, d’une certaine façon, tant que dure la routine bureaucratique, contribuent à la permanence d’une pensée conservatrice.

    En somme la bureaucratie d’une part et la violence symbolique d’autre part devraient finir par faire oublier la violence réelle. Mais tout se passe comme si dans « la guerre des classes » comme le disait Durkheim, dans cette suite de coups et de contrecoups – dont la loi El Khomri qui répond aux exigences du FMI, de l’OCDE, de la Commission européenne et des multinationales qui veulent plus de flexibilité et moins de services publics, n’est qu’ un épisode – les classes dominantes cherchaient à reprendre leurs avantages un moment menacé par les améliorations des conditions d’existence obtenues, après des luttes, par les groupes dominés. Tout se passe comme si, ce faisant, elles suscitaient, à leur corps défendant, des résistances à même de délégitimer la violence symbolique et de remettre en cause aussi bien l’adhésion à l’ordre établi que la soumission résignée. Lorsque ces actions déterminées des classes dominées pour empêcher les régressions prennent trop d’ampleur il ne reste plus alors qu’à réinstaller, par la force s’il le faut- ce dont témoigne bien l’histoire – un pouvoir menacé. Les démonstrations des forces policières y contribuent.



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    Re: Violences policières, violences d’Etat

    Message par bye le Mer 27 Juin - 13:56

    Violences policières : la préfecture vous informe !

    Des ZAD aux quartiers populaires, des manifestations réprimées aux universités occupées, certains des sujets qui occupent beaucoup de temps d’antenne, d’articles et de dépêches ont à voir avec les agissements des « forces de l’ordre ». Très régulièrement, les journalistes travaillant pour des médias dominants sur ces sujets sont confrontés à une critique sévère, issue en partie des personnes ayant vécu les événements « de l’autre côté de la matraque » : en reprenant sans recul la communication de la police ou de la gendarmerie, leurs articles et reportages occultent la violence des « forces de l’ordre », ou la présentent systématiquement – quoique plus ou moins explicitement – comme légitime.

    Partant, leur version des faits s’en trouve souvent biaisée, voire mensongère, bien qu’étiquetée « officielle », ce qui serait un gage d’« objectivité ». Pour Acrimed, qui réfute l’idée d’un complot journalistico-policier, et qui cherche à comprendre quelles sont les conditions qui favorisent la production de ce type de mauvaise information (voire, dans certains cas, de désinformation), la question que nous posons ironiquement est alors la suivante : mais pourquoi sont-ils aussi méchants ?

    Qu’il s’agisse d’une intervention d’une BAC (Brigade Anti Criminalité) ou d’une BST (Brigade Spécialisée de Terrain) dans un quartier populaire, des méthodes et des armes utilisées par des CRS ou des gendarmes mobiles lors de telle ou telle manifestation, des blessures infligées par les forces de l’ordre aux occupants des ZAD ou des universités en luttes contre la réforme ORE [1], les exemples sont nombreux : lorsque des policiers ou des gendarmes sont impliqués dans des événements violents, la communication des pouvoirs publics peut entrer en concurrence avec d’autres versions des événements, portées par des victimes (ou leur famille) ou des témoins de ces événements. Bien souvent pourtant, et même lorsqu’elle est grevée d’incohérences ou d’invraisemblances, c’est la version policière qui a les faveurs des médias dominants [2].



    Une dépendance structurelle vis-à-vis des sources policières
    Pour comprendre la primeur donnée aux sources policières, parfois au détriment de la vérité, il est utile de s’intéresser aux pratiques de certains journalistes entretenant une relation de proximité avec les forces de l’ordre, et qui construisent leur carrière sur les informations que cette proximité leur permet d’obtenir. À l’échelon de la presse quotidienne régionale, il s’agit des « faits-diversiers », ces journalistes chargés de remplir quotidiennement la rubrique « faits-divers ».

    Accidents domestiques, délits plus ou moins cocasses, crimes vraiment tragiques : localement, la police est quotidiennement en charge d’« affaires » devenant, pour les journalistes, un puits sans fond d’informations, particulièrement juteux au regard des logiques de productivité imposées dans les rubriques « faits-divers ». Dès lors, pour produire rapidement et à peu de frais un flux journalier d’articles, créer des liens personnels avec un ou des interlocuteurs loquaces et disponibles au commissariat devient la base du travail des « faits-diversiers ». Ainsi que le rapportent Jérôme Berthaut, Éric Darras et Sylvain Laurens dans un article intitulé « Pourquoi les faits divers stigmatisent-ils ? » [3] :

    Plus qu’une bonne relation, la « collecte » des faits-divers s’apparente ainsi à une quasi-osmose avec les sources policières ou judiciaires. La journée du fait-diversier commence avec « au moins 2 heures d’immersion tous les matins, dans le milieu policier » [4] et se termine par un point par téléphone avec le responsable au PC de police ; entre-temps, certains faits-diversiers, plus consciencieux, demeurent branchés sur les talkies-walkies de la police.

    Une proximité intégrée par une partie des journalistes [5], et dont ils se prévalent, ainsi que le révèle un second extrait d’entretien :

    Moi ça fait 10 ans que je suis là, tu imagines les gens qui ont été mutés, le jeu des mutations, je connais mieux le commissariat que n’importe quel flic qui arrive de Paris… et le chef quoi… […] Ce sont des maisons de verre qu’on a, on voit comment tout fonctionne. […] Nous, on s’est donné les moyens d’être comme des poissons dans l’eau au commissariat. […] À tel point, je pense, qu’au commissariat, on savait plus de choses que les directeurs et que les mecs du rang.

    https://www.acrimed.org/Violences-policieres-la-prefecture-vous-informe

      La date/heure actuelle est Sam 15 Déc - 16:36