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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Lun 30 Mar - 7:34

    27 mars 2009
    Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)
    Gilles BONAFI
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article8287

    Dans mon dernier article (n°3), j’ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l’avais annoncé
    l’année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l’essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres d’histoire et sera plus importante que le fameux jeudi noir (krach de 1929) car elle marque la fin, à plus ou moins brève échéance du dollar et donc des USA. Il est donc temps d’éteindre votre télévision et de vous informer sur le net.

    Ce jour là Paul Jorion annonçait sur son blog que c’était « la fin du capitalisme », les analystes de la banque Standard Chartered ont intitulé une note : "le jour où le dollar est mort" et Alan Ruskin, analyste chez RBS, déclarait : « Nous sommes
    témoins de la chute de Rome ».

    Face à l’ampleur de la crise, des experts de plus en plus nombreux, avancent l’idée que l’Europe et les USA risquent l’éclatement. J’ai démontré par ailleurs que de grands pôles continentaux (ASEAN, CEI, North American Union) sont en train d’émerger. Cela peut paraître contradictoire et pourtant ces deux phénomènes auront lieu. Nous assistons donc
    à la fin des nations avec l’apparition de grands ensembles qui auront pour échelon administratif les régions. Les monnaies nationales peu à peu seront
    remplacées par des monnaies complémentaires.

    La région, nouvel échelon administratif.

    Peu d’experts ont compris l’importance du rapport Balladur sur les régions et surtout sa pertinence en pleine crise systémique. Pourtant, il est au cœur des solutions qui vont être apportées. Pour comprendre, il faut remonter en 1966.

    En effet, Herbert Marshall McLuhan, philosophe,
    sociologue, spécialiste des médias et conseiller du vatican écrit à cette époque là un livre fondamental « War and Peace in the global Village » publié en 1967 et qui signe l’acte de naissance d’un nouveau concept : le glocal. (wikipédia doit modifier sa base de donnée sur le glocal). Un monde bouleversé par les nouvelles technologies.

    Le glocal est en effet un mélange de global et de
    local qui sera l’architecture fondamentale du nouvel ordre mondial avec d’un côté, les continents (dans un premier temps car eux aussi disparaîtront), de
    l’autre, des régions et de grands pôles urbains. Le sociologue Blaise Galland a d’ailleurs démontré le bouleversement majeur des technologies de l’information et l’impact économique qu’elles provoquent au niveau de l’aménagement du
    territoire. Il a déclaré :
    « le processus double par lequel la ville se
    décharge de sa fonction de production, d’échange et de traitement de l’information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant,
    conséquemment, de nouvelles formes d’organisations socio-spatiales au niveau local. »

    Je suis d’ailleurs surpris que personne n’étudie le krach sous l’angle des nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la « vieille économie ».

    L’information est en effet fondamentale et elle possède une part de responsabilité majeure dans la crise actuelle car elle a permis d’accélérer les flux financiers de façon colossale et sur l’ensemble de la planète (crise mondiale). L’information, qui évolue de façon exponentielle pose ainsi le problème du contrôle, un contrôle totalement défaillant que certains ont appelé « la crise de la régulation » et que l’on va tenter de résoudre en
    renforçant les structures du FMI.

    Bernard Lietaer, économiste, spécialiste des monnaies (il a écrit « The Future of Money »), membre du club de Rome et surtout un des créateurs de l’euro a d’ailleurs brillamment étudié les liens existants entre information et économie. Pour lui, « Tout système complexe en forme de réseau, comme sont les écosystèmes, les organismes vivants, et les économies peut être perçu comme des systèmes de flux de matière, énergie et d’information. » Je vais d’ailleurs démontrer que le rapport Balladur et les travaux de Lietaer sont intimement liés.

    Je vous invite à vous procurer le livre blanc de Bernard Lietaer intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » que vous pouvez télécharger en pdf car c’est un document fondamental.

    Bernard Lietaer, ainsi, pense que le fonctionnement
    en réseau de l’économie doit reposer sur les régions. Il a d’ailleurs écrit « Pour une Europe des Régions : les Régions, compléments nécessaires à l’Euro », (Paris : Fondation Mayer, 2008).

    La même idée se retrouve dans le rapport Balladur qui déclare à la page 10 (rapport Balladur : Il est temps de décider) :

    « L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe
    un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement. » Les régions vont de plus en plus se retrouver seules face à des Etats-nations ruinés. Par ailleurs les articles 2 et 3 de la Charte européenne de l’autonomie locale précisent :

    « l’autonomie locale doit être reconnu dans la législation interne » et que « par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part effective des affaires publiques »

    Bernard Lietaer, lui, va plus loin : « Une décision importante de la part des gouvernements sera
    de permettre aux villes et aux gouvernements locaux de choisir eux - mêmes les monnaies complémentaires qu’il leur semble intéressant d’encourager en les acceptant en paiement de taxes de la ville ou de l’état. » ( Livre blanc p 28).

    Vous avez bien lu, les villes et les régions pourront créer des monnaies complémentaires. Certains pensent que cela est impossible et pourtant des expériences fonctionnent un peu partout comme en Suisse (WIR), ou en Allemagne (Chiemagauer).

    En 1971 Jaime Lerner, le maire de Curitiba au
    Brésil a créé une monnaie sous forme de jeton de bus que les gens gagnaient en ramassant les ordures ce qui a permis à cette ville d’être une des plus prospère du Brésil. Jean-François Noubel parle même de monnaies libres qui permettraient un troisième niveau d’organisation économique dont la clé serait le travail collaboratif (comme Wikipédia par exemple).

    Bernard Lietaer propose ainsi de créer des systèmes « Business-to-Business (B2B) » au niveau des entreprises (livre blanc p 27).

    Ceci n’est pas une hypothèse mais une réalité que
    Guerman Sterligov homme d’affaires russe est en train d’exploiter. Il a mis en place, dans toutes les grandes capitales (il a investi des millions d’euros dans ce projet à Londres, Paris, Bruxelles, Hongkong) un centre anticrise qui permet aux entreprises d’organiser des paiements à base de troc. Il a ainsi déclaré :
    « Adieu argent, crédit, taux d’intérêt... Le système capitaliste a atteint ses limites, il faut trouver de nouvelles règles du jeu », « Il ne s’agit pas seulement de troc mais d’un nouveau système de paiement, d’une nouvelle comptabilité. » (Le Monde du 11.03.09).

    La réalité dépasse la fiction et prouve que la crise systémique actuelle est bien plus grave que celle
    de 1929.

    Face à l’ampleur du désastre économique, certains pourtant se posent la question de savoir si cette « régionalisation » du monde ne se fera pas dans la violence. Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. RIA Novosti du 24.11.2008.

    Le 13 mars, Chuck Norris a ainsi organisé une
    rencontre des délégués de centaines de groupes armés texans pour discuter d’une éventuelle sécession du Texas. Face aux risques de guerre civile la FEMA a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. (Source : Army news).

    Nathan Freier professeur au US Army War College, la principale institution de formation de l’armée pour les futurs officiers, conseiller et expert de politiques et d’analyse à la sécurité et à la
    défense a d’ailleurs rédigé un rapport qui met l’accent sur les risques de guerre civile aux USA (pages 31, 32 et 33 : www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf)

    Quoi qu’il en soit l’Union nord américaine du Canada et des USA est déjà une réalité et les régions (états désunis) qui seront créées par la violence ou sans violence s’intègreront au sein de cette union.

    N’oublions pas que le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a reconnu que le Québec formait une « nation » au sein du Canada. Vous pouvez d’ailleurs trouver des cartes du Canada sur les sites officiels comprenant 5 régions : Le Canada atlantique, le Nord, l’Ontario, l’Ouest canadien et le Québec. Nous aurons donc une North American Union organisée dans un premier temps autour d’une dizaine de régions
    et qui intègrera le Mexique plus tard.

    En ce qui nous concerne, nous assistons au même phénomène et le rapport Balladur qui prévoit dans sa proposition numéro 1 de « favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales pour en réduire le nombre à une quinzaine » n’est qu’un épisode local qui se répètera partout en Europe.

    Nous sommes en train de changer de monde et pourtant pour reprendre la célèbre formule du Comte de Lampedusa : « il faut que tout change
    pour que rien ne change ». En effet, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux d’un système économique obsolète. Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) a pourtant dit l’essentiel : « Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières
    premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres. »

    Il faut donc analyser le problème dans sa globalité et à différents niveaux.

    - Le premier niveau d’analyse, celui de la finance et de la titrisation a déjà été abondamment
    débattu.

    - Le deuxième niveau qui sera l’objet de ma prochaine étude (n°5 : une monnaie mondiale) car malheureusement, nos dirigeants sont incapables
    d’aller plus loin (ils servent le système), concerne le problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer.

    - Le troisième niveau concerne l’adaptation de notre système économique aux nouvelles technologies de l’information qui détruisent les
    emplois par millions. Une réflexion profonde doit être engagée sur la notion de travail (le chômage explose) qui est ne l’oublions pas une invention tardive de l’homme. Les tribus dites « primitives » estiment que c’est une aberration.
    Smohalla, chef indien Sokulls déclarait : « Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves. »

    - Le quatrième niveau concerne l’énergie. La fin du pétrole est programmée et nous n’avons encore pas trouvé d’alternatives valables. Or, il faut le rappeler, toute notre économie repose sur cette énergie encore bon marché et facile d’utilisation (mais polluante).

    - Le cinquième niveau concerne le capitalisme lui-même qui est basé sur la consommation à partr de dettes. Un système totalement injuste que les plus grands économistes américains comme John Maynard Keynes ont critiqué : « nous commençons à le mépriser. » (L’autosuffisance nationale, 1933).

    - Le sixième niveau concerne la démocratie et notre liberté qui sont en danger. Par accumulation du capital (l’argent appelle l’argent), une petite poignée d’hommes finissent par avoir la réalité du pouvoir. J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous a pourtant mis en garde :
    « En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour
    déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.

    - Le septième niveau concerne l’écocide que provoque notre système économique (Un écocide est un acte de destruction d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci).Certains parlent même d’écophagie. Je signale au passage que l’eau potable, élément essentiel de la vie commence à manquer.

    Au final nos élites « s’efforcent de réduire notre malheur plutôt que de construire notre bonheur » pour reprendre la célèbre phrase de Bernard Weber et nous avons, nous intellectuels, un rôle majeur à jouer. La crise systémique actuelle est une
    opportunité unique pour changer de monde, mais il faut tout d’abord changer
    nous-mêmes et nous remettre en question.

    « Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. » (Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsky éd. éditions Aden, 2006, p. 187)

    Gilles Bonafi




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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Mer 29 Avr - 17:21

    Le FMI double ses prêts aux pays
    pauvres




    LE MONDE


    Le Fonds monétaire international (FMI)
    a annoncé, jeudi 22 avril, qu'il doublait le plafond des montants de ses prêts à
    taux très avantageux aux 78 pays les plus pauvres, en application des décisions
    du G20 à Londres. De son côté, la Banque mondiale a créé un système de
    financement des infrastructures dans les pays émergents qui fera passer les
    prêts de 30 à 45 milliards de dollars (34,1 milliards d'euros) en trois ans. S'y
    ajouteront 10 milliards que la Société financière internationale (SFI), sa
    filiale, affectera au secteur privé. La Banque entend aussi augmenter de 4 à 12
    milliards de dollars les prêts consacrés à l'agriculture. Les deux institutions
    tentent de corriger les dégâts de la récession mondiale qui, selon leurs
    calculs, feront basculer dans l'extrême pauvreté (1,25 dollar par jour de
    revenus) entre 55 et 90 millions de personnes.


    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/04/24/le-fmi-double-ses-prets-aux-pays-pauvres_1184976_1101386.html
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Sam 9 Mai - 8:18

    Finance/Economie - À l’agenda des
    leaders : une planète plus intelligente



    La crise des marchés financiers est venue nous
    rappeler avec force les réalités et les dangers de systèmes globaux hautement
    complexes. En réalité, tout au long de cette première décennie du XXIe siècle,
    nous avons été rappelés à l'ordre à intervalles réguliers. Le message était
    chaque fois le même: adaptez-vous aux nouvelles réalités de l'intégration
    globale.


    Aujourd’hui, tout le monde s'accorde à dire que
    l’intégration globale modifie le modèle de l’entreprise et la nature même du
    travail. Et nous nous apercevons à présent que les flux d'informations, la
    mobilité du travail et les mouvements de capitaux au sein des pays développés et
    en voie de développement ne constituent qu'un aspect de l'intégration globale.
    Ces dernières années, nous nous sommes ouverts à la problématique des
    changements climatiques globaux et aux questions environnementales et
    géopolitiques liées à l’énergie. Nous avons pris conscience que les chaînes
    logistiques des secteurs pharmaceutiques et agro-alimentaires étaient devenues
    globales elles aussi. Et, bien sûr, nous sommes entrés dans ce nouveau siècle en
    voyant notre sentiment de relative sécurité se fragiliser à la suite des
    attaques terroristes du 11 septembre 2001. Ces prises de conscience collectives
    nous ont rappelé que nous sommes tous, aujourd'hui, reliés les uns aux autres –
    au niveau économique, technique et social.


    Mais nous avons également appris que ces connexions
    n'étaient pas suffisantes. Oui, la terre devient "de plus en plus plate" et,
    oui, elle continue à se rétrécir à mesure que les interconnexions se
    multiplient. Mais un phénomène se développe en même temps et il recèle un
    potentiel bien plus important: en deux mots, notre planète devient plus
    intelligente.


    Qu’est-ce qui rend possible cette
    évolution?


    - Premièrement, notre monde multiplie les
    équipements: Le transistor, inventé il y a 60 ans, est le bloc de construction
    de l’âge numérique. En 2010, notre monde comptera un milliard de transistors par
    tête d'habitant, chacun coûtant un dix millionième de centime. À la fin de cette
    année, on devrait avoir franchi le cap des 4 milliards d’abonnés à la téléphonie
    mobile. et, dans les deux ans à venir, celui des 30 milliards de balises (tags)
    d’Identification par radiofréquence. Des capteurs sont incorporés dans des
    écosystèmes entiers – chaînes logistiques, réseaux de soins de santé, villes...
    et même des systèmes naturels comme les rivières.


    - Deuxièmement, notre monde multiplie les
    interconnexions: Très bientôt, 2 milliards de personnes seront connectées à
    l’Internet. Mais, dans un monde si riche en équipements, les systèmes et les
    objets peuvent désormais également "se parler". Pensez à la perspective d'un
    monde où évolueront mille milliards de choses interconnectées et intelligentes –
    les voitures, toutes sortes d’appareils et d’équipements, les caméras, les
    routes, les pipelines... et même les médicaments et le bétail. Le volume des
    informations produites par l’interaction de toutes ces choses sera sans
    précédent.


    - Troisièmement, notre monde multiplie les
    équipements intelligents: De nouveaux modèles de traitement et de calcul
    informatique permettent la prolifération d’accessoires pour utilisateurs finaux,
    de capteurs et d’actionneurs ainsi que leur connexion avec des ordinateurs
    centraux. Ces ordinateurs surpuissants, qui ont recours à des techniques
    analytiques avancées, sont capables de transformer des montagnes de données en
    informations intelligentes qui peuvent à leur tour être traduites en actions,
    rendant ainsi nos systèmes, processus et infrastructures plus performants, plus
    productifs et plus réactifs – en deux mots: plus intelligents.


    Cela signifie en réalité que les infrastructures
    physiques et numériques du monde sont occupées à converger. La puissance de
    calcul informatique est introduite dans des objets que nous ne pourrions pas
    qualifier d’ordinateurs. En effet, presque tout – toute personne, tout objet,
    tout processus ou tout service, pour toute organisation, grande ou petite – peut
    acquérir une dimension numérique et être mis en réseau. Avec autant de
    technologies et de capacités de mise en réseau disponibles à un prix aussi bas,
    nous devons rendre nos entreprises, nos institutions et nos industries plus
    intelligentes. Pas uniquement aux moments de chocs à grande échelle mais d’une
    manière profondément intégrée, dans nos opérations de tous les jours. La façon
    dont nous menons nos activités ordinaires aujourd’hui – partout, dans les
    entreprises, au niveau des pouvoirs publics, dans la vie de tous les jours – et
    qui sont en définitive la source de ces crises qui nous prennent par "surprise",
    n'est pas assez intelligente pour être durable.


    Ainsi, je vous soumets les éléments de réflexion
    suivants:


    - La quantité d’énergie que nous gaspillons: Selon
    certaines études, les pertes d'énergie électrique en raison de réseaux non
    "intelligents" atteignent, partout dans le monde, des niveaux aussi élevés que
    40 à 70% de l'énergie produite.


    - Le degré de congestion de nos villes:
    L'encombrement des routes en Belgique coûte 250 millions d'euros et représente 9
    millions d'heures perdues, et c'est sans compter son impact sur la qualité de
    l'air que nous respirons.


    - L'inefficacité de nos chaînes logistiques: Les
    fabricants de produits de grande consommation et les chaînes de distribution
    perdent 3,5% de leur chiffre d'affaires, en raison d'inefficacités dans leur
    chaîne logistique.


    - L’archaïsme de notre système de santé: En réalité,
    ce n'est en en rien un "système". Il ne relie pas les opérations de diagnostic
    aux recherches sur les médicaments, aux prestataires de soins, aux assureurs et
    aux employeurs. Pendant ce temps, les dépenses de santé personnelles font
    plonger chaque année sous le seuil de pauvreté plus de 100 millions de personnes
    au niveau mondial.


    - L’épuisement des ressources en eau de notre
    planète: La consommation d’eau globale a été multipliée par six depuis le début
    du siècle dernier, soit deux fois plus que l'augmentation de la population
    humaine. Selon la Banque asiatique de développement, aujourd’hui, une personne
    sur cinq n'a pas accès à de l'eau potable sûre, et la moitié de la population
    mondiale ne dispose pas d’équipements sanitaires adéquats.


    - Et bien sûr, la crise de nos marchés financiers:
    Elle sera analysée pendant des décennies mais une conclusion peut d'ores et déjà
    être tirée. Les institutions financières ont réparti le ris-que mais n'ont pas
    été capables d'identifier ce risque – et cette incertitude, cette absence de
    compréhension précise, a sapé la confiance.


    Il est évident qu’il va falloir que nous opérions de
    manière beaucoup plus intelligente et performante – spécialement dans la
    recherche des prochains domaines d’investissement pour relancer la croissance
    économique et faire sortir de larges pans de l’économie globale de la récession.

    Heureusement, nous sommes capables de le faire. Nous le constatons dans la
    manière dont les entreprises et les institutions repensent leurs systèmes et
    réinventent les applications technologiques.


    - Le système intelligent de circulation à Stockholm
    a conduit à une chute de 20% du trafic, une réduction de 12% des émissions de
    gaz et une augmentation du nombre des usagers des transports en commun de
    l'ordre de 40.000 personnes. Les systèmes intelligents de circulation renforcent
    les positions compétitives des villes, de Londres à Singapour – et de nombreuses
    autres cités prévoient de s’engager dans cette voie.


    - Les technologies intelligentes des champs
    pétroliers peuvent augmenter à la fois les performances de pompage du brut et la
    productivité – dans une activité où seulement 20 à 30% des réserves disponibles
    sont actuellement exploitées.


    - Les systèmes intelligents de traçabilité
    alimentaire – comme il en existe un, qui est opérationnel dans les pays
    scandinaves – peuvent utiliser la technologie RFID (Identification par
    radiofréquence) pour tracer la viande et la volaille de la ferme jusqu'aux
    rayons des supermarchés en suivant toutes les étapes de la chaîne
    logistique.


    - Des soins de santé intelligents peuvent réduire le
    coût des thérapies jusqu’à 90% – comme le réseau ActiveCare Network y réussit
    actuellement pour plus de 2 millions de patients, en contrôlant la distribution
    correcte de leurs injections et de leurs vaccins.


    Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples. Les
    systèmes intelligents transforment également les réseaux énergétiques, les
    chaînes logistiques et la gestion de l'eau. Ils assurent l'authenticité des
    produits pharmaceutiques et la sécurité des échanges monétaires. Et ils changent
    par ailleurs les business models des entreprises, jusqu'à la manière dont ces
    dernières permet-tent à leurs travailleurs de collaborer et d'innover. Dans une
    économie intégrée à l’échelle globale, les investissements et le travail ne se
    dirigent pas uniquement vers les endroits qui offrent des avantages en termes de
    coûts, d’aptitudes, de compétences et d'expertise. Ils s’orientent également
    vers les pays, les régions et les villes qui offrent des infrastructures
    intelligentes – un concept très vaste qui va des systèmes de transport
    intelligents, des aéroports modernes et des circuits commerciaux sûrs… à des
    réseaux énergétiques fiables, des marchés sûrs et transparents, en passant par
    une qualité de vie supérieure.


    Un travail considérable nous attend. Nous devons
    veiller à infuser de l’intelligence dans nos systèmes de prise de décision et de
    gestion... et pas uniquement à infuser plus de rapidité et de capacité dans nos
    processus. Mais une chose est claire: le monde continuera à devenir plus petit,
    plus plat... et plus intelligent. Nous entrons dans l’ère d’une économie, d’une
    société et d’une planète intelligentes et intégrées globalement. Le monde en
    gestation recèle d'énormes promesses. Et je suis convaincu que nous pouvons le
    faire advenir – si nous nous montrons suffisament ouverts d'esprit et si nous
    réfléchissons réellement à ce à quoi pourrait ressembler une planète plus
    intelligente.


    Bart Van Den Meersche, Country General
    Manager,
    IBM Belgium/Luxemburg


    source: http://www.agefi.lu/mensuel/Article.asp?NumArticle=11311
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Mer 17 Juin - 13:30

    L'investissement socialement responsable, une réponse à la crise





    Bye, bye aux placements très rentables, risqués et peu transparents. La tendance des investisseurs petits ou grands est à la sécurité et aux rendements moins flamboyants mais pérennes. Les aspirations à un monde financier moins cynique, moins cupide et disons-le plus citoyen se font jour. Comment dans ces conditions réconcilier le besoin de faire fructifier ses investissements tout en renouant avec une éthique qui a cruellement fait défaut pendant le règne de la dérégulation ?



    L'investissement socialement responsable (ISR) peut constituer un début de réponse même si ces détracteurs le qualifient volontiers de tarte à la crème ou de placement fourre-tout. Mais c'est sans doute aller un peu vite en besogne. Car l'ISR s'inscrit désormais dans l'air du temps en combinant des critères d'investissement financiers et extra-financiers, ces derniers dictant les décisions en allocation d'actifs.



    Pour le centre de recherche Novethic, filiale de la Caisse des dépôts spécialisée dans les domaines de la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise (RSE) et de l'ISR, l'approche socialement responsable " rassemble toutes les démarches
    d'intégration de critères extra-financiers aux divers modes de gestion financière ".


    Partant de cette définition plutôt large, l'ISR revêt plusieurs formes.



    Novethic recense quatre catégories de fonds d'investissement.

    D'abord les fonds ISR ou de développement durable qui retiennent les Etats et les entreprises les plus performants sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
    C'est le fameux label ESG.


    Viennent ensuite, les fonds d'exclusions, très répandus dans les pays anglo-saxons qui rejettent pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l'armement, le jeu, le tabac ainsi que les entreprises présentes dans des pays aux régimes
    totalitaires.


    Novethic recense aussi les fonds thématiques qui privilégient les entreprises dont l'activité contribue au développement durable : énergies renouvelables, traitement des l'eau, des déchets, santé.

    Enfin, l'ISR réserve aussi une place à l'engagement actionnarial dans les entreprises où les investisseurs se montrent exigeants en matière de responsabilité sociale et environnemental, par un dialogue parfois musclé et par des votes sanction en assemblée générale.



    Avec un tel éventail de possibilités d'investissements, chacun est censé y trouver son compte. Mais les chiffres montrent que l'ISR a encore du chemin à parcourir pour convaincre de ses mérites. Dans son enquête annuelle Novethic révèle que les encours des fonds ISR détenus par des résidents français, atteignaient 29,9
    milliards d'euros à la fin de l'année 2008, ce qui est très peu comparé aux 2360 milliards d'euros d'encours de capitaux gérés en France, chiffres recensés par l'Association de gestion financière (AFG). Mais Novethic préfère voir le bon côté des choses et enfonce le clou sur la progression des encours ISR entre 2007
    et 2008 en hausse de 37% alors que l'ensemble des encours sous gestion en France a chuté de 11% pendant la même période.




    La croissance de l'ISR s'appuie sur la collecte de nouveaux capitaux mais aussi sur la transformation de fonds existants en fonds ISR, comme l'a décidé Agrica Epargne, le groupe de retraite et de prévoyance du monde agricole, pour un montant de 3 milliards d'euros. Le panorama français de l'ISR montre aussi la prédominance des investisseurs institutionnels dont la part dans ce segment de marché est passée en un an de 67% à 75% tandis que celle des particuliers s'est rétrécie de 33 à 25%.



    La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si l'ISR va sortir de sa marginalité à la faveur de la crise en répondant aux nouvelles aspirations des investisseurs. Il faudrait déjà que les grands réseaux bancaires et les compagnies d'assurance proposent davantage de fonds ISR à la clientèle de masse alors qu'ils ont
    davantage privilégié la clientèle des investisseurs institutionnels de plus en plus gourmands de fonds dédiés qu'on leur fabrique sur mesure. Quant à la rentabilité des fonds ISR elle ne peut pas constituer un facteur discriminant.
    Les rares études réalisées sur le sujet font l'objet de querelles d'experts.
    Pour l'Edhec Risk and Asset Management Research Center, les fonds ISR ne dégagent pas un surplus de performance, tandis que le cabinet Altedia souligne dans les conclusions de son étude que les fonds ISR battent fréquemment leurs indices de référence.




    Mais ce n'est pas là que se situent les atouts de l'ISR. C'est dans l'approche qui se veut responsable et réfléchie.

    Plus les fonds qui s'inscrivent dans le développement durable capteront de capitaux plus ils disposeront d'un effet de levier pour infléchir les stratégies à long terme des entreprises. Quitte à jouer sur la durée au détriment du rendement à court terme. C'est l'avis de Christophe Butz, expert en développement durable à la banque Pictet, un établissement privé suisse qui gère 6 milliards d'euros en
    fonds durables. Il estime qu'il faut, " redéfinir la rentabilité à long terme et considérer l'ISR comme une prime d'assurance à la stabilité du système financier et économique ". Et il appelle de ses vœux à une plus grande mobilisation des investisseurs en faveur de cette approche.


    Pour un autre de ses confrères, Patrick Savadoux qui vient de rejoindre la petite société Mandarine Gestion après 15 ans passés chez Natixis AM en tant que gérant actions et responsable du pôle ISR, " le débat ne se situe pas dans la performance mais dans la capacité des investisseurs à se tourner vers une finance responsable en privilégiant l'analyse extra-financière ".



    Pour Patrick Savadoux, la mauvaise gouvernance d'une entreprise marquée souvent par son manque de transparence et sa politique sociale font partie des six critères de sélection qu'il retient et qui comprennent, les ressources humaines, l'environnement, l'engagement envers la société civile, les droits de l'homme, les relations clients-fournisseurs et la gouvernance. " Si un seul de ces
    critères est négatif, je n'investis pas dans l'entreprise ". Sur les 700
    entreprises de la zone euro qu'il scanne, 550 ne passent pas le filtre. Il retient in fine 40 à 50 sociétés pour construire son portefeuille après avoir matché les critères extra-financiers et financiers. Il s'agit là d'une véritable approche ISR. Car ce monde encore embryonnaire est très éclectique.




    Certains fonds veulent se donner une apparence développement durable pour séduire, sans respecter véritablement les critères de sélection. Ce penchant pourrait faire des émules si l'ISR parvient à faire une percée dans l'univers de la gestion d'actifs. Il faudra donc se montrer vigilant pour ne pas tomber dans le piège.
    Mais à l'heure des grands chambardements la musique de l'ISR sonne plutôt bien à l'oreille.


    Dominique Mariette

    Journaliste spécialiste des questions financières. Ancienne rédactrice en Chef de la Tribune.



    Source: http://finances.orange.fr/Points-de-vue-eco/L-investissement-socialement-responsable-une-reponse-a-la-crise-175444.html
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Sam 17 Oct - 7:03

    le "professeur" Frédéric Lordon était "la-bas si j'y suis" les 23 et 24 septembre
    Alors que vous attendiez avec impatience le g20,
    voici un cours du professeur sur la situation économique, financière et sociale.

    1er partie le 23 septembre
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1742

    2ème partie le 24 septembre
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1743





    http://www.telerama.fr/monde/frederic-lordon-le-cadre-de-la-finance-internationale-doit-etre-radicalement-refondu,47277.php
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par ecotone le Lun 26 Oct - 20:52

    Ah! ce Frédéric Lordon, j'adore!
    Mon cher Bye, je les avais écoutées ces deux émissions, si avec ce qu'il dit c'est pas encore clair... Dommage qu'il ne soit invité que chez Mermet. Bien sûr il ne prône pas l'anticapitalisme, mais un économiste anticapitaliste aurait-il lieu d'exister dans cette société?? Il faudrait presque qu'il change de métier!! D'ailleurs, un peu comme il le dit, il faut que le métier de banquier re-devienne "emmerdant,... faire des trucs simples,..." un bon comptable, un bon gestionnaire ; une nouvelle économie un nouvel économiste.

    Dans les archives de Mermet, on trouve d'autres émissions avec Lordon, notamment un petit historique depuis les années 80, avec les privatisations..., les déréglementations permanentes... du petit lait!

    Bon, je crois savoir que ce soir, un ami me l'a dit, il passe dans un reportage sur la 3 à 20h35, un documentaire sur le travail, ses conditions, l'économie aujourd'hui...
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par ecotone le Sam 31 Oct - 16:50

    Cessons de nous ruiner pour sauver les riches, par Bob Herbert


    « Nous ne pouvons pas continuer à transférer
    la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la pyramide
    économique - ce que nous avons fait depuis environ trente ans - tout en
    espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert se
    manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration des
    conditions de vie de millions de familles qui luttent pour y arriver
    chaque jour, » s’exclame-t-il, avant de conclure qu’aujourd’hui, il
    faudrait être « fou » pour continuer à croire à ce « conte de fée. »




    Par Bob Herbert, New York Times, 19 octobre 2009


    Les grands titres qui faisaient la première page du New York Times ce
    samedi résumaient sans le vouloir la situation terrible dans laquelle
    nous avons permis que notre pays s’enfonce.

    A droite, le titre de Une annonçait : « Les déficits US s’élèvent
    à 1 400 milliards de dollars - les plus importante depuis 1945. »
    Celui situé à proximité disait : « Le renflouement permet la
    renaissance des banques et des bonus »

    Nous avons passé ces dernières décennies à couvrir les riches
    d’argent, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Nous avons abandonné
    les pauvres, étranglé économiquement la classe moyenne et mis en
    faillite le gouvernement fédéral - tout en donnant à peu près tout ce
    qu’ils voulaient aux banques, aux méga-entreprises et à ceux qui sont
    au sommet de la pyramide économique.

    Mais nous ne semblons toujours pas en avoir tiré les leçons qui
    s’imposent. Nous avons laissé tant de gens tomber dans le terrible
    abîme du chômage, que personne - ni l’administration Obama, ni les
    syndicats, ni certainement quiconque au Parti républicain - n’a la
    moindre idée sur la façon de leur redonner du travail.

    Pendant ce temps, Wall Street tutoie les sommets. Je suis étonné
    de voir à quel point la population reste passive face à ce scandale qui
    perdure.
    Au moment même où des dizaines de millions de travailleurs Américains
    se battent pour garder leur emploi et conserver un toit sur la tête de
    leurs familles, les petits malins de Wall Street se lèchent les babines
    avec un nouveau festin obscène de plusieurs milliards de dollars de
    bonus - cette fois-ci grâce aux milliards du plan de sauvetage fournis
    par l’Oncle Sam, en contrepartie de bien peu de contraintes.

    Peu importe que l’économie éprouve toujours de graves difficultés.
    Comme le Times le notait samedi, pratiquement tout Wall Street
    « imprime de la monnaie. »

    C’est une forme de magie noire qui a un air de déjà vu. J’avais
    écrit un article, trois jours avant Noël 2007, qui mettait l’accent sur
    la déconnexion profondément dérangeante entre Wall Street qui récoltait
    un niveau record de primes - entassant milliards sur milliards de
    dollars - alors que les familles de salariés arrivaient difficilement à
    joindre les deux bouts.

    Nous apprendrions plus tard que c’est en décembre 2007 que cette
    grande récession avait commencé. J’avais écrit que « alors même que
    Wall Street se réjouit et passe des commandes record de champagne et de
    caviar, le rêve américain est en salle de soins intensifs. »

    Nous avons donc assisté à une orgie de bonus lorsque la récession
    s’installait, suivie aujourd’hui par une nouvelle orgie (aux frais des
    contribuables) qui n’est ni plus ni moins qu’une arrogante provocation
    en direction de tous ceux qui ont souffert, et continuent de souffrir
    durant cette récession.

    Que P.T. Barnum [1] l’ait réellement dit ou non, il y a bien un
    pigeon qui nait à chaque minute. Les contribuables américains
    pourraient vouloir se regarder dans le miroir, pour vérifier si ce nom
    d’oiseau leur convient ...

    Nous devons procéder à quelques changements fondamentaux dans la
    façon dont vont les choses dans ce pays. Les joueurs et les escrocs du
    secteur financier, ces mêmes clowns qui ont tant fait pour mettre
    l’économie à genoux, poussent des hauts-cris sur leur bon droit
    lorsqu’on évoque la perspective de règlements visant à lutter contre
    les pires aspects de leur comportement excessivement risqué, afin de
    les empêcher de provoquer une nouvelle crise économique.

    Nous devrions aller encore plus loin. Nous avons institutionnalisé
    l’idée selon laquelle il existerait des entreprises qui sont trop
    grandes pour être laissées faillir et que par conséquent, « nous, le
    peuple » serions tenus de veiller à ce que cela n’arrive pas - même si
    cela entraîne la ruine des finances de l’Etat et met en péril le niveau
    de vie des gens ordinaires. Quel sens tout cela a-t-il ?

    Si une société est trop grosse pour faire faillite, alors c’est qu’elle est trop grosse pour exister. Démantelons-la.

    Pourquoi l’opinion publique devrait-elle se soucier constamment
    qu’un faux pas des équilibristes de haut vol de Goldman Sachs (pour
    prendre l’exemple le plus évident) puisse mettre en péril l’économie
    toute entière ? Ces acrobates financiers retirent des avantages
    extraordinaires de leur extravagantes prises de risque - des chèques de
    paie de plusieurs millions de dollars, des maisons grandes comme des
    châteaux - mais le public doit être là pour absorber les chocs les plus
    douloureux lorsqu’ils font une terrible chute.

    Assez ! Goldman Sachs s’enrichit alors que le pourcentage total du
    chômage et du sous-emploi atteint le chiffre stupéfiant de 20%. Les
    deux tiers de l’ensemble des augmentations de revenus entre 2002 et
    2007 - les deux tiers ! - sont allés aux 1% des Américains les plus
    riches.
    Nous ne pouvons pas continuer à transférer la richesse de la nation à
    ceux qui sont au sommet de la pyramide économique - ce que nous avons
    fait depuis environ trente ans - tout en espérant qu’un jour,
    peut-être, les avantages de ce transfert se manifesteront sous la forme
    d’emplois stables et d’une amélioration des conditions de vie de
    millions de familles qui luttent pour y arriver chaque jour.

    Cet argent n’atteindra jamais le bas de la pyramide. C’est un conte de fées. Nous sommes fous de continuer à y croire.


    Publication originale New York Times, traduction Contre Info
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par ecotone le Sam 31 Oct - 16:53

    Prix Nobel à Elinor Ostrom : l'autre économie sort de l'oubli




    Par Jean Matouk | Economiste | 23/10/2009 | 09H55






    Au moment où tous les politiques critiquent les excès du capitalisme
    financier, sans d'ailleurs proposer de modèle économique alternatif et
    en laissant les banques repartir exactement dans les mêmes errements,
    le jury du Nobel, rappellant une troisième voie économique trop
    ignorée, a fait novation en élisant deux économistes originaux : Olivier Williamson et Elinor Ostrom.
    Le premier, initialement ingénieur, a développé une analyse
    institutionnelle de l'industrie, étudiant notamment l'organisation des
    échanges entre firmes industrielles et les fusions-absorptions auxquels
    ces échanges peuvent conduire pour des raisons techniques ou
    d'organisation (par exemple entre constructeurs automobiles et leurs
    sous-traitants) quand les relations se complexifient.
    Des consommateurs associés gèrent mieux la ressource commune


    Mais c'est surtout le second lauréat, une femme pour la première fois, Elinor Ostrom,
    qui retient l'attention. Cette professeure à l'Université d'Indiana a,
    en effet, démontré, à partir d'exemples concrets et en donnant une
    interprétation théorique, que des hommes associés en égaux, par exemple
    autour de l'exploitation d'une ressource locale, l'eau entre autres,
    aussi bien dans des pays pauvres que dans la riche Californie, géraient
    mieux cette ressource que l'administration ou une entreprise
    capitaliste privée.
    Sa démonstration va donc directement à l'encontre de l'hymne au
    marché et à l'entreprise capitaliste que l'on nous sert depuis vingt
    ans, comme fondement incontournable de l'économie.
    Par parenthèse, sa démonstration va aussi a posteriori à l'encontre
    de l'étatisation, plus exactement la propriété publique des biens de
    production sous contrôle de l'Etat, que proposaient, comme modèle
    alternatif, les économies dites « socialistes » jusqu'à leur
    déliquescence à la fin des années 80. Elinor Ostrom propose une troisième voie.
    Cette troisième voie avait été expérimentée avant d'être théorisée par Charles Gide


    Mais cette troisième voie est-elle vraiment nouvelle ? Non !
    Spontanément, depuis le XIXe siècle avec l'Anglais Owen, dans le
    concret, se sont constituées de « coopératives » de consommation,
    tandis qu'en France se développaient d'abord les coopératives de
    production ,les SCOP. Elles n'ont jamais disparu, et connaissent même
    aujourd'hui un regain réel.
    Les coopératives de consommation ont disparu en France, la FNAC en
    ayant été le dernier avatar. Mais elles survivent à l'étranger. De plus
    les Mutuelles en sont une forme moderne dans les secteurs de
    l'assurance notamment. Ces types d'entreprises constituent ce que l'on
    dénomme aujourd'hui « l » économie sociale ». Or Charles Gide
    (l'oncle de l'écrivain), dès la fin du XIXe siècle, a théorisé ce type
    d'économie et montré ses avantages par rapport au capitalisme.
    Pour Charles Gide, l'économie toute entière pouvait être dirigée de
    l'aval par les consommateurs associés dans une sorte de « république
    des coopératives » qui peut inclure des coopératives de production.
    Loin de s'en tenir à cette description d'un idéal, il a dans moult
    articles analysé le fonctionnement des coopératives dans le milieu
    capitaliste et dans l'économie de marché, sous le plus grand dédain des
    économistes néoclassiques de l'époque que l'on qualifierait aujourd'hui
    d'ultralibéraux.
    Plusieurs facteurs ont cependant rendu impossible un vrai
    développement de l'économie coopérative. Ils ont même conduit de
    grandes coopératives à la faillite, à l'image de la Verrerie ouvrière
    d'Albi crée en 1896, avec l'appui de Jean Jaurès, et absorbée en 1993
    par Saint Gobain Emballages, ou, du côté de la consommation, de la FNAC
    absorbée par la GMF en 1986, puis par PPR en 1994.
    La voie coopérative est la voie d'une économie humaine


    Premier facteur négatif : l'hostilité de l'aile gauche des
    socialistes ( Jules Guesde notamment) au principe même des coopératives
    de production « voie trompeuse (qui) obligent les ouvriers à souscrire
    une action pour pouvoir travailler » et qui conduisait les prolétaires
    à s'exploiter eux -mêmes et à se détourner de la « lutte de classes »
    Second facteur négatif : la méfiance pour ne pas dire l'hostilité
    des banques aux formes coopératives, où le chef est élu et la stratégie
    définie selon le principe « un homme , une voix » et où les réserves ne
    sont pas distribuables. En l'absence de crédit, les fonds propres des
    coopératives sont, par construction, assez faibles, les seules
    cotisations des adhérents ne pouvant constituer des capitaux suffisants
    , compte tenu des investissements nécessaires pour résister à la
    concurrence des entreprises capitalistes.
    Troisième facteur : l'assiduité des adhérents aux assemblées s'est
    fortement réduite au fil des ans, du fait de la montée de
    l'individualisme, engendrée elle-même par le fonctionnement du
    capitalisme.
    Enfin, dans nombre de cas, la forme coopérative a été adoptée en
    désespoir de cause quand la situation financière de la firme privée
    était déjà désespérée.
    Dans le domaine agricole, nombre de coopératives laitières ou
    céréalières, et ,dans le secteur financier, nombre de banques dites
    mutualistes, fonctionnent aujourd'hui plus sur le mode capitaliste
    vis-à-vis des coopérateurs agricoles de base ou des « clients »
    déposants et emprunteurs.
    Réfléchir aux voies de la transformation des entreprises



    Pour autant l'idéal coopératif et mutualiste est loin d'être désuet,
    et les travaux d'Elisor Ostrom montrent, dans ce sens, que les hommes
    associés sont tout à fait capables de gérer au mieux des ressources
    communes à l'avantage de tous.
    On ne peut guère attendre de gouvernements venus au pouvoir en plein
    triomphe théorique du capitalisme et du profit individuel, qu'ils
    favorisent un retour vers cette forme d'économie. Au moins les
    économistes qui se veulent « alternatifs », ou simplement objectifs,
    devraient -ils réfléchir concrètement aux voies et moyens pour
    transformer nombre d'entreprises capitalistes individuelles, lorsque
    leur créateur ou propriétaire prend de l'âge, ou n'a pas trouvé de
    successeur, ou bien lorsque ce dirigeant s'avère incapable de donner un
    futur à son entreprise, en entreprises coopératives, avant qu'il ne
    soit trop tard.
    Ils devraient aussi réfléchir au moyen de relancer la coopération
    dans le domaine de la consommation par exemple autour des fruits et
    légumes « bio » proches des villes. Un collectif d'hommes et de femmes
    est sans aucun doute plus soucieux de son avenir commun et de ce qu'ils
    consomment concrètement, que ne peut l'être un conseil d'administration
    prioritairement soucieux du profit maximum des actionnaires. En tous
    cas les jurés du Nobel ont judicieusement rappelé cette troisième voie,
    vers une économie vraiment humaine.
    Photo : Elinor Ostrom fête son prix Nobel d'économie à
    l'université Indiana de Bloomington le 12 octobre 2009 (John Sommers
    II/Reuters).
    http://www.rue89.com/matouk/2009/10/23/prix-nobel-lautre-economie-oubliee
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Sam 31 Oct - 17:34

    salutaire évocation, chère Ecotone.
    C'est vrai que de nombreuses tentatives ont échoué ou "évolué" vers des types de gestion capitalites, qu'elles étaient censées contrecarrer.
    Pour autant, au moment où le modèle de gestion et d'exploitation par une minorité possédante a montré ses limites, voire son incompétence , son incapacité, son non-vouloir, à assurer l'émancipation économique et sociale pour tous, et au moment où ce moteur de l'exploitation repart de plus belle, il est pertinent de rappeler que d'autres conceptions de produire, de distribuer sont possibles. Il suffit, a minima, de le vouloir!
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par yunolo le Dim 1 Nov - 16:53

    Tout cela est édifiant Ecotone! merci de citer Bob Herbert!
    Il écrit bien, juste et court!
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par ecotone le Lun 2 Nov - 15:28

    bye a écrit:salutaire évocation, chère Ecotone.
    C'est vrai que de nombreuses tentatives ont échoué ou "évolué" vers des types de gestion capitalites, qu'elles étaient censées contrecarrer.
    Pour autant, au moment où le modèle de gestion et d'exploitation par une minorité possédante a montré ses limites, voire son incompétence , son incapacité, son non-vouloir, à assurer l'émancipation économique et sociale pour tous, et au moment où ce moteur de l'exploitation repart de plus belle, il est pertinent de rappeler que d'autres conceptions de produire, de distribuer sont possibles. Il suffit, a minima, de le vouloir!

    Ah! oui mon cher Bye! Le discours du volontarisme n'est valable que pour nous. Ils nous l'appliquent sans état d'âme, mais pour eux pas question de volontarisme, ils ne peuvent rien ; et "l'état ne peut pas tout" on la connaît, idem, ils ne peuvent pas tout pour nous, voir presque rien, et toujours tout pour eux et leurs potes les banquiers, les bolloré et Cie!
    Je dirais "au moment où les marchés donnent l'impression que ça repartirait". Mais peut-être suis-je pessimiste.
    Une nouvelle grosse banque aux états-unis est en faillite, d'après les actualités de ce matin. De plus, les pays de l'OCDE auront 25 millions de chômeurs en plus dans les deux ans à venir, d'après l'OCDE.
    En france on connaît aussi le nombre de demandeurs d'emploi tous les jours, près de 3000 en plus... Toutes les boîtes qui mettent la clef sous la porte ; une nouvelle crise de la faim prévue également, conséquence de la crise en cours.
    Tout ça n'est pas très mirobolant!

    Je pense en effet que l'auto-gestion serait la meilleure voix. Puis ça confirmerait que l'économie de marché est la moins économique, plutôt le contraire!
    Je me souviens aussi très bien de ton message A Merlieux, ils l'ont fait ! ! .


    L'auto-gestion concerne une économie de besoin, et forcément les possédants la dénigrent, elle n'est pas rentable pour eux!
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Sam 23 Jan - 10:10

    Le débat sur la crise



    J. Attali et A. Minc ont dialogué sur l'état de l'économie mondial (Slate.fr). Pour Attali, les banquiers ont coûté à la France 500 000 chômeurs et un endettement considérable pour les futurs contribuables. A. Minc pense lui que le prix de la crise est étalé dans le temps. On va passer d'une croissance de 5% à 6% par an mondialement à une croissance qui sera la moitié de cela. Et estime que « nous sommes tout de même en salle de réanimation alors que nous devrions être à la morgue. Il ne faut jamais l'oublier. Nous sommes passés à un millimètre, un week-end en fait, de l'implosion du système capitaliste. ». « La leçon de l'année 2009 c'est que nos économies peuvent être d'une très grande fragilité comme un métal qui peut se casser à cause d'une fissure cachée et les sociétés, en revanche, ont fait preuve jusqu'à présent d'une extrême solidité. » En réponse, J. Attali rappelle « J'avais utilisé comme métaphore avant le dernier G20 de Pittsburgh celle de l'alcoolique qui boit encore un dernier verre. Comme il ne s'est rien passé au G20, la question aujourd'hui est de savoir jusqu'à quand l'alcoolique peut continuer à boire, jusqu'à quand le système peut être sous perfusion. A un moment, il faudra payer la note. En 2007, la facture était de 10 milliards de dollars, en 2009 de 2 à 3 000 milliards et maintenant de 30 000 milliards. La seule chose qui conduit à un scénario optimiste, c'est de raisonner comme les Américains qui attendent le «happy end» et l'arrivée de la cavalerie, en l'occurrence le progrès technique. » Selon A. Minc « Il existe pourtant toujours un facteur de crise brutale non maitrisable: l'effondrement du dollar. C'est la seule crise de marché sur laquelle les banques centrales n'ont pas prise, car elles n'ont pas d'instrument pour le faire. Une telle crise est un aléa fort, car elle casse le libre échange. Le plus étonnant aujourd'hui est que le libre échange est sorti sans trop de casse de la crise. Une banque c'est un service public et un casino. On n'a pas touché au casino et on n'a pas traité le service public comme tel. Je ne parle pas de nationalisation, mais de service public moderne. Les banquiers sont passés de manière hallucinante à travers les gouttes. Ils sont responsables de la crise et sont à nouveau arrogants et triomphants. Ils n'ont rien compris et rien appris. J. Attali souligne « mon autre grande crainte vient d'une explosion du système monétaire européen et de l'euro. La grande question qui va se poser est celle de la justice sociale. Nous sommes dans une situation pré révolutionnaire avec des banquiers qui gagnent des fortunes imméritées tandis que le chômage augmente. L'essentiel de la politique gouvernementale doit être axé sur l'emploi. »

    CHARPAL

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    Re: krach, boum, hue!

    Message par CHARPAL le Sam 23 Jan - 12:15

    Bye : voilà qui est fort intéressant ! Tu as bien du mérite, mais c'est pour la bonne cause, de pouvoir écouter ces deux personnages pour lesquels, je l'avoue sans honte et l'assume, j'éprouve un mépris tel qu'il est inexprimable dans aucune langue !
    Attali, "socialiste- réactionnaire" a été constamment pendant les trente piteuses un chantre dogmatique, (quasiment une diva!) de la sauvagerie économique mondialisée, néo libérale et totalitaire! Maintenant il joue les vierges éffarouchées au sujet d'un système qu'il a adoré! Il me fait penser à ces gens qui ont déjeuné tous les jours à la Kommandantur et se sont fait délivrer le 9 mai 1945 des brevets de résistants!
    Quant à Minc, on est dans le fanatisme. Non seulement il a défendu pendant trente ans l'indéfendable, mais a poursuivi comme un inquisiteur toute personne émettant des doutes sur "son" système pourtant ignoble!
    Mais, au second degré, il y a quelque chose de réjouissant et qui donne une baffe monumentale à tous les défaitistes qui disent, ce que personnellement je n'ai jamais cru, que le système durera toujours : à savoir que "les rats quittent le navire". Etant par nature intellectuellement malhonnêtes, ces deux lascars osent nous jouer la pitoyable comédie du "je vous l'avais biendit!". Ils ne nous avaient rien dit du tout! Absolument rien! Au contraire ils ont constamment défendu jusqu'au dernier moment ce système en disant que c'était le seul possible.
    Il faut donc se réjouir, les occasions ne sont pas si fréquentes par les temps qui courent : les rats quittent le navire ! Passerions nous de la fin du commencement au commencement de la fin ?
    Sur le fond, ces pauvres zozos, qui se croient intelligents alors qu'ils sont d'une incompétence crasse (on dirait Bouvard et Pécuchet du bon monsieur Flaubert) découvrent la lune ! Le dollar pose un gros problème ! Ca c'est un scoop !Heureusement qu'ils sont là nos deux crétins, ça fait 20 ans qu'on le sait !
    Je ne reprendrai pas toutes les mesures qu'il faudrait prendre pour sortir de la crise, je l'ai fait maintes fois dit ici et ailleurs, mais il est clair que les banques comme ce fut le cas lorsqu' a été appliqué le programme du Conseil National de le Résistance doivent être nationalisées. Le dollar ne doit plus être une monaie de référence, c'est absurde. Il faut créer une monaie de référence mondiale adossée sur l'économie d'un nombre suffisant de pays pour diluer les riques de krach. Mettre un terme à la libre ciculation des capitaux, réduire fortement les inégalités de revenus, interdire les délocalisations et licenciements boursiers etc ... En bref, supprimer presque totalement l'économie virtuelle au bénéfice de l'économie réelle.
    Ce beau système qui s'écroule sous leurs yeux, ils l'ont voulu ! Contrairement à eux je regrette que ce système ne se soit pas effondré ! Il faut en passer par là. Rien ne sert de faire de l'acharnement thérapeuthique. Que ce monde là, "leur monde", s'écroule, il ne sera pas difficle de faire un monde meilleur pour la bonne et simple raison qu'il est impossible de faire pire!
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Sam 23 Jan - 13:17

    Pour être honnête, cher Charpal, je n'ai pas écouté cette émission.
    J'ai seulement été arrêté par cette info, que j'ai estimée pertinente; car comme tu le signales, venant de 2 thuriféraires du système, celà vaut son pesant de cacahuètes.
    Attali, après avoir été conseiller spécial de Tonton, est devenu celui de Sarkozy, au point de présider la fameuse commission pour la libération de la croissance française , qui a produit pas moins de 300 décisions pour changer la France.
    J'en ai sélectionné 3 "au hazard":
    décision 6 : permettre aux parents de choisir le lieu de scolarisation de leurs enfants( adieu la carte scolaire, même inparfaite, détournée, mais qui tentait d'empêcher de diriger les enfants des quartiers aisés d'aller vers les meilleures écoles )
    Dans l'objectif Investir davantage dans l'enseignement supérieur
    Décision 22: développer les financements privés

    dans l'objectif rendre notre recherche plus compétitive
    Décision 29 : financer davantage la recherche publique sur performance et sur projet

    Là encore, c'est un livre édifiant: on peut constater que la plupart de ce qui est préconisé a déjà été appliqué, ou est en cours ( allongement des cotisations de retraite, privatisations accrues: ports,..refondation de la représentativité des organisations patronales et syndicales )

    Quant à Minc,il a participé aux directoires de multiples sociétés (par exemple, valéo) via des jetons de présence à divers conseils d'administration .
    Il a été président du conseil de surveillance et de la Société des lecteurs du Monde.
    Aujourd'hui proche de Nicolas Sarkozy, il indique au Grand Journal de Canal+ (5/12/08) être de ceux qui ont suggéré la suppression de la publicité sur les chaînes publiques.
    .

    CHARPAL

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    Re: krach, boum, hue!

    Message par CHARPAL le Dim 24 Jan - 3:21

    Il est exact qu'Attali a été pendant des années proche conseiller de Miterrand et l' a encouragé au début de son premier septennat, avec Delors et Fabius à jeter allègrement par dessus bord toute idée de justice sociale et à rejoindre le camp du capitalisme le plus sauvage.
    Quant à Minc il a présidé à la dérive calamiteuse du journal Le Monde qui est devenu le promoteur hystérique en France de la pensée unique. Cette belle théorie, énième avatar du piteux mot d'ordre "je ne veux voir qu'une tête", consistant à faire croire que la gauche et la droite c'était pareil , que les luttes ayant permis une certaine émancipation du peuple (devenu pour eux un mot obcène et dégoûtant !) était de l'histoire ancienne et honteuse, et qu'il fallait être "moderne" c'est à dire un partisan inconditionnel, mais "de gauche", de la sauvagerie capitaliste la plus injuste et la plus inhumaine possible! Je n'ai toujours pas compris comment une telle saloperie idéologique a pu abuser tant de gens !
    Quant au 300 propositions d' Attali elles sont d' un niveau intellectuel qui se situe entre l'Almanach Vermot et Pif gadget !
    Ces deux farfelus, version branchée de l'aveugle et du paralytique, passent dans les médias pour le sommet de l'élite intellectuelle : ça en dit long sur le néant abyssal des dits médias ...

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    Message par violette le Dim 24 Jan - 13:31

    Je suis tout à fait d'accord avec toi, je peux pas les blairer ces deux là...
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par abeau le Mer 17 Fév - 3:21

    LA GRANDE CRISE
    La crise de la dette publique va toucher les uns après les autres et sans distinctions tous les pays occidentaux, (« ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » – Jean de la Fontaine). La Grèce a eu l’honneur, dont elle se serait bien passé, d’en faire la première les frais. Les pays membres de la zone euro en sont déjà la victime, pour ne pas vouloir y faire face, succombant à la tentation de s’y dérober, et cela ne peut que se poursuivre ainsi, selon une lente et inexorable montée vers un on ne sait quoi. Quant au sort des Britanniques et des Américains, ils sont appelés à rejoindre le bal des vampires, selon de plus en plus nombreux Cassandre (jamais crue mais ayant toujours raison, selon la légende). En attendant, la crise financière, devenue économique puis politique, acquiert progressivement toute sa douloureuse dimension sociale, dans une Europe qui était encore épargnée par rapport aux Etats-Unis.
    En raison de l’énormité des déficits actuels et à venir et de la politique suivie pour y faire face, nous sommes entrés – avec des variantes, mais pas davantage – dans une longue période faite d’une stagnation économique qui ne dit pas son nom et d’un surenchérissement progressif et irrésistible du marché obligataire. Celui-ci accroissant encore le coût de la dette et réduisant les marges de manoeuvre budgétaires. La croissance, condition supposée de la sortie de crise dont on ne parle d’ailleurs plus, n’a dans cet environnement aucune chance d’être au rendez-vous.
    Car quel pourrait bien être son moteur ? Une relance par le crédit privé n’est pas vraisemblable, car les banques n’en ont pas les moyens et ne veulent pas en prendre le risque, dans une période de crise atteignant les entreprises et les particuliers. Par la dépense publique ? il n’en est plus question autrement qu’à la marge, en raison de la pression maximum qui s’exerce sur les Etats, afin qu’elle soit au contraire diminuée. Enfin, la voie de la création monétaire est déjà très abondamment utilisée, à considérer l’augmentation faramineuse de la taille des bilans des banques centrales (telles des bad banks n’osant pas dire leur nom, dont on serait curieux de connaître la valorisation des actifs pris en pension). Elle suscite de vives réactions des milieux financiers qui agitent l’épouvantail de l’inflation, sans s’apercevoir que le film a changé. Quant à la perspective d’une relance s’appuyant sur la croissance des pays émergents et entraînant le monde occidental dans son sillage, aucun signe tangible n’en l’accrédite la venue.
    Le spectre d’une relance en « W » est réapparu, alors qu’en réalité c’est plutôt celui d’une relance en « L » – qui n’en est donc pas vraiment une – qui devrait être évoqué. Si cette hypothèse devait comme c’est prévisible se confirmer, c’est le pire facteur possible de poursuite de la crise qui s’installerait alors, probablement pour longtemps. Amenant dans l’impasse – et nous avec – ceux qui ont fondé leurs espoirs dans la perspective d’une croissance retrouvée, avec pour objectif d’évacuer progressivement les miasmes de la crise. Car une situation où seule l’activité financière serait florissante alors que l’économie resterait en détresse serait-elle tenable longtemps ?
    Les gouvernements et les banques centrales ont effectué un pari. Celui de concentrer l’essentiel de leurs moyens sur un objectif prioritaire : sauver un système financier en chute libre (ce sont leurs propres termes), afin d’être à leur tour sauvés. Hélas, ils sont sommés – au nom des intérêts de ce même système – de résorber sans attendre une dette publique qui est la conséquence directe de leur choix de départ, leur interdisant de renouveler leurs programmes de relance de l’économie. Sans que le système financier soit pour autant véritablement assaini, et donc susceptible – comme selon leurs calculs initiaux – de prendre le relais. Leur pari semble avoir été perdu, la grenouille ayant voulu se faire aussi grosse que le boeuf (encore Jean de la Fontaine). En conséquence, nous sommes plantés en plein milieu du gué.
    Quelle que soit la direction vers laquelle l’on se tourne, des signaux alarmants sont visibles. En premier lieu, l’épée de Damoclès des marchés hypothécaires résidentiel et commercial américain, qu’il est superflu ici de rappeler. Si l’on se tourne vers l’autre point particulièrement faible de la zone euro, l’Espagne, c’est également son marché hypothécaire qui est menaçant pour son réseau de caisses d’épargne : 70 milliards d’euros de pertes seraient déjà enregistrés, alors que le taux de défaut des ménages continue de grimper sans qu’il soit possible de l’arrêter, dans un contexte de chômage et de crise économique. Si l’on revient aux Etats-Unis, on voit venir la crise budgétaire de nombreux Etats (on parle de 180 milliards de dollars de trou pour l’année fiscale 2011), induisant des coupes budgétaires très sévères dans les programmes sociaux et des licenciements massifs. Au Japon, l’endettement du gouvernement est annoncé comme devant atteindre 226,2% du PIB fin 2010, alors que les banques sont déjà gorgées d’obligations de la dette publique, financées à tire larigot par la Bank of Japan. Ce ne sont que quelques exemple de ce qui serait sans cela une longue litanie. L’apurement du passé est loin d’être terminé. Il s’accompagne de son cortège de malheurs, pour les banques et les budgets publics en premier lieu, pour les particuliers aussi, en dernière instance.
    Pour entrer en résonance avec La Grande Guerre, celle de 14-18, on devrait désormais appeler La Grande Crise celle que nous connaissons actuellement. D’évidence, ce ne sont pas les bricolages concoctés dans l’improvisation qui préfigurent les solutions qui vont devoir être trouvées pour faire face à la nouvelle dimension que La Grande Crise est en train d’acquérir. Surtout lorsqu’ils s’accompagnent de replis sur soi illusoires.
    Les Européens vont soit devoir se résoudre à un éclatement de la zone euro, dont aucun pays ne sortira renforcé, soit s’engager sur la voie de son renforcement, ce qui supposera dans un premier temps de mettre au point un mécanisme de sauvegarde destiné à ses membres. Dans l’épreuve, ils pourront avoir au moins cet avantage par rapport aux Américains, aux Japonais et aux Britanniques : ne pas être seuls s’ils le décident. Mais même cela n’y suffira pas, s’ils parviennent à le maintenir. Un autre verrou devra immanquablement sauter, afin de financer une dette publique qui ne pourra pas l’être sous les auspices de la seule rigueur budgétaire, la croissance n’y contribuant pas. Puis, pour sortir de la Grande Crise, il faudra aussi croiser le fer avec le système bancaire, pour qu’il prenne toute sa part des dégâts. Vaste programme par rapport auquel les gouvernements européens ne semblent pas excessivement taillés pour le décider et le mener à bien, s’ils ne sont pas aidés…
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=8121

    CHARPAL

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    Re: krach, boum, hue!

    Message par CHARPAL le Jeu 18 Fév - 1:49

    Je n'ai jamais cru, jamais, à ce système( le néo libéralisme absolu, comme on disait la monarchie absolue)sur aucun plan : politique, économique,social, humain, philosophique, écologique.Ce système est tout simplement idiot et moralement ignoble.C'est par lâcheté, manque d'imagination et intérêt que ceux qui pourraient "faire quelque chose" essaient à tout prix de le sauver. Mais ce système est si intrisèquement stupide, que toutes les tentatives pour le "sauver" ne font qu'aggraver la situation.Jamais les déficits publics ne pourront être comblés, tout bonnement parce c'est impossible (35000 milliards de dollars pour les Etats-Unis!).
    Si nous avions des politiciens compétents et imaginatifs dans tous les pays, ils auraient mis une balle dans la nuque à la "bête immonde" pour qu'elle crêve !Il n'y a rien à sauver. Tout doit être repensé pour mettre l'économie beaucoup plus au service de l'homme.
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par abeau le Jeu 18 Fév - 3:00

    Bonsoir charpal,
    Je te conseille vraiment la lecture de cet article un article de fond, fouillé, lourd (l'interview est en trois partie) mais que j'ai vraiment apprécié au plus haut point...
    Il met en effet en perspective l'approche historique, économique (dominante pour l'auteur, normal il est marxiste) sociale, géo-politique et internationale des enjeux actuels.
    Il a en plus cette énorme qualité d'être tout à fait compréhensible, bien que maniant des concepts économiques relativement ardus.. chapeau l'auteur !
    Il est relativement ancien (mars 2009) mais pas une seule virgule n'est à changer car depuis nous sommes toujours dans cette phase de tentative de restauration du capitalisme qu'il décrit
    J'ai lu cela cette nuit à trois heures du matin, j'en suis ressortie avec une énorme boule d'angoisse dans le ventre....
    Comme toi j'espère depuis longtemps une réaction du pouvoir politique pour mettre à terre cette bête immonde. Mais après lecture, je me suis dit, que même si nous arrivions à élire des hommes et femmes politiques de bonne volonté, pas trop mafieux, cela ressemblerait tout de même au combat de David et Goliath...
    voir : http://www.jaidulouperunepisode.org/005_Amin_1_sur_4.htm
    vous pouvez l'écouter ou la lire (mais la partie trois, en tout cas sur ma machine,n'est pas lisible en format pdf, en format doc seulement)
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Jeu 18 Fév - 11:49

    J'ai écouté 2 fois la 1° partie, et lu la suite plus rapidement ( le temps, toujours le temps ). Quelques aspects m'ont dérouté car inexacts: quand il affirme que la guerre d'Irak symbolise une autre forme de conflit, celui du Nord contre le Sud ( jusque là, je peux admettre ); mais quand il range l'occident comprenant les USA et ses 2 satellites que sont le Cannada et l'Australie, c'est un peu rapide. L'Australie a des liens au moins aussi forts avec la GB qu'avec les USA. D'autre part, il place dans cette union, ( la triade ), l'ouest de l'Europe; c'est là aussi inexact. La France a refusé avec éclat, de participer à cette croisade des temps modernes.
    Des éléments d'analyse sont justes, mais parfois un peu"tirés par les cheveux". Expliquer les mécanismes, certes, mais son analyse marxiste lui joue des tours dans l'explication historique: la 1° guerre mondiale venant ponctuer la 1° constitution de monopoles financiers, c'est un peu court. C'est oublier la volonté de l'Allemagne de vouloir se constituer un empire colonial en Afrique, alors qu'elle n'en possédait pas, en provoquant une guerre avec les pays européens en possédant 1 ( France, GB,..) de manière à les délester partiellement de leur empire.
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par abeau le Ven 19 Fév - 0:03

    perso, c'est la troisième partie qui m'a le plus intéressée, sur le rapport capitalisme/démocratie.
    Quelques petites remarques sur tes réflexions
    L'Australie a des liens au moins aussi forts avec la GB qu'avec les USA
    .
    J'avoue... je ne connais pas très bien l'histoire Australienne, mais cela ne me semble pas changer beaucoup le problème. Il me semble que l'expression"les amis de mes amis sont mes amis" s'applique assez bien aux relations internationales ... mais je te crois volontiers lorsque tu dis que c'est la GB que les australiens ont suivi et non les EU, d'autant plus que ces derniers sont entrés en guerre qu'en 1917 !
    C'est oublier la volonté de l'Allemagne de vouloir se constituer un empire colonial
    Oui mais tu sais bien que dans l'analyse marxiste, capitalisme et impérialisme sont étroitement liés : le capitalisme recherche sans cesse de nouveaux débouchés et aussi une main d'oeuvre docile et moins chère..
    C'est Jean Jaurès qui disait "le capitalisme porte la guerre, comme la nuée porte l'orage"

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    Re: krach, boum, hue!

    Message par CHARPAL le Ven 19 Fév - 4:20

    Je viens de lire les trois interventions de Samir Amin.J'aurais beau faire toutes les contorsions que je voudrais, je vais paraître prétentieux, vaniteux, présompteux etc...etc...Mais l'analyse qu'il fait des causes et de la réalité du système économique mondial actuel, ça fait 30 ans que je la fait, tout seul dans mon coin, simplement en utilisant ma cervelle de français moyen, mon sens critique ( dont je suis fort pourvu car j'ai un très sale caractère quand je suis en présence de la bêtise humaine ) et les quelques connaissances en économie politique que j'ai pu acquérir au cours de mes études.
    Ca ne veut pas dire qu'Amin a tort, ou aucun mérite de dire ce qu'il dit. Pas du tout, et il aurait fallu des centaines d'Amin pendant les 30 piteuses pour crier sur les toits la connerie et la saloperie de la sauvagerie économique mondialisée .
    Ca n'est pas parce que je n'ai rien appris, que je n' apprécie pas les prises de position et le combat d'Amin qui va dans le bon sens. Cela étant, il n'y a pas besoin d'être marxiste, même si un marxiste peut arriver aux mêmes conclusions bien évidemment, pour comprendre et condamner le système. Un keynésien, un démocrate humaniste avec un peu de bon sens, un anarchiste peuvent le faire.
    Globalement ses analyses sont justes, puisqu'elles relèvent de l'observation minutieuse, comme savent très bien le faire, il faut le reconnaître, les marxistes ( c'est au niveau des solutions que ça se gâte "grave" mais c'est une autre question). Néanmoins il peut lui arriver de dire ici ou là, d'après moi, des bêtises. Par exemple il affirme que l'argent ne fait pas de petits, que ce dernier ne peut venir que de la production des richesses. C'est faux, de toute évidence, des marchés dérivés : des capitaux énormes ne correspondant à peu près à rien de concret, s'y ébrouent et s'y ébattent en toute "liberté" et font des petits ! On peut dire que cette économie de casino, c'est vrai, n'existerait pas si elle ne pouvait pas s'adosser à l'économie réelle des travailleurs (au sens large), mais elle fait des petits bel et bien !
    De plus sur les solutions politiques qu'il propose, j'ai envie de lui dire, avec tout le respect que j' éprouve pour lui, car c'est un homme manifestement très intelligent et de bonne volonté (au sens fort du terme) : c'est un peu court jeune homme !
    Il propose en effet, une internationalisation par les peuples d' une prise de conscience des réalités du système. Ca ne va pas très loin... Je ne veux pas tirer la couverture à moi, mais je propose des solutions, certes difficiles à mettre en oeuvre du jour au lendemain, mais qui sont concrètes : grêve générale universelle ( ou à tout le moins dans le plus grand nombre de pays possibles), rassemblement universel des démocrates progressistes, échelon universel de gouvernement (dont une vraie Europe - et ça Amin en parle très bien de la "non Europe" actuelle - aurait dû être la première étape).
    J' ai été quand même intéressé de voir qu'il y en avait un de plus à condamner "le système" ...
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par bye le Ven 19 Fév - 4:35

    oui,Abeau, mais je veux préciser que dans ce type de déflagration , même si le capitalisme, la soif de se procurer de nouveaux marchés, matières premières,.. figure au 1° rang des causes, c'est aussi la rencontre, le choc d'autres motifs"agressifs": notamment le nationalisme. Celui-ci n'est pas indépendant des trusts, cartels,.., bien sûr, mais constitue, hélas, un "moteur" clairement identifié, qu'il ne faudrait pas noyer rapidement dans un bloc grossièrement appelé: les oligopoles,..C'est un peu plus complexe que celà.Il y a lieu d'observer le déplacement stratégique des forces en présence( détroit des dardanelles,émergence du Japon, des USA sur l'échiquier mondial,..)en conséquences géo-politiques, pour mieux comprendre les enjeux d'un tel cataclysme.
    En 1914 particulièrement, se sont affrontés des expansionnismes allemand, français, italien,britannique( la GB alimente l'éclatement de l'empire ottoman dirigé contre la Turquie qui se retrouvera donc dans le giron de l'Allemagne )..dûs notamment à la fraîche constitution d'Etats: Allemagne, Italie,..voulant affirmer leur présence industrielle naissante, mais aussi leur capacité miltaire, alimentée par la naissance de courants préfascistes: ligue pangermaniste en Allemagne,..ou désir de vengeance cultivé en France de reprendre l'Alsace-Lorraine.

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    Re: krach, boum, hue!

    Message par CHARPAL le Ven 19 Fév - 12:27

    Je souhaiterais compléter mon message n° 47. Amin, et c'est un mal très répandu chez tous ceux "qui pensent", part d'un principe faux d'après moi et que j'appelle l'autonomisme.Ce "tic de pensée" consiste à croire qu'une notion existe toute seule par elle même,comme si elle était tombée du ciel, et vivait sa vie de façon totalement indépendante des êtres humains.On en arrive à des contre sens, voire des non sens.
    Ainsi il parle du capitalisme comme si ce mode d'organisation existait dans la nature et que des hommes avait "cueilli" cette façon de voir et de faire.Le capitalisme est une création de l'homme, il est sorti peu à peu de son cerveau, et en pratique il a pris au cours de l'Histoire des visages bien différents. Or Amin en vient à dire que l' homme ne peut avoir aucune prise sur lui. Un capitaliste ne peut donc être qu'un salaud (même s'il n'utilise pas ce terme)qui agira toujours de la même façon, comme si c'était un automate.
    Or c'est faux et il le reconnait implicitement en se contredisant. Exemple : il se livre à un éloge tout à fait judicieux de Keynes en disant qu si on l'avait écouté la crise de1929 aurait été évitée, et que si on l'avait écouté plus en 1945, on aurait évité la faillite actuelle. Or Keynes au sens marxiste du terme est un capitaliste ! C' est bien la preuve qu'un capitaliste peut agir sur le capitalisme parce que c'est l'homme qui l'a fait et que s'il peut le défaire, il peut aussi à sa guise le modifier, l'infléchir, le transformer. Et le vécu des populations ne sera pas du tout le même selon qu'on est gouverné par Keynes où par Reagan et Bush qui ont été des pauvres types et des salauds !
    Autre chose, dans la partie 3 ( "démocratie et politique" ), il a du mal à proposer du "neuf". Il en reste à la notion d' "occidentaux". Bien sûr que les "occidentaux" existent maintenant; mais il faut dépasser cette notion et proposer pour l'avenir autre chose. Personnellement, (et pour ça je dois être un peu anarchiste...) je considère, parce ce que je suis humaniste et donc universaliste, qu' il existe partout dans le monde des hommes et des femmes qui ont les même valeurs fondamentales, la même conception de la dignité de l'être humain. Dans tous les peuples il y a des gens formidables (et des imbéciles et des salauds - ceux qui dirigent la planète actuellement), et ce sont eux, qui se fichent d' être ou pas "occidentaux"( "là n'est pas la question !" comme ne l'aurait pas dit le grand William...), qui peuvent faire basculer en s'unissant, le destin de l'humanité.
    Il faut dépasser à partir des individus capables du meilleur, les systèmes fermés, les idées toutes faites, les vieilles lunes stériles qui nous font tourner en rond.
    Cela étant, s'il est normal qu'on s'interroge sur un plan conceptuel et qu'on ne soit pas d'accord sur tout, il ne faut pas perdre de vue que l'union fait la force et qu'il convient que tous s'unissent pour abattre les privilèges et les privilégiés ! Il ne faut pas lyncher Amin, "allié objectif "et talentueux !
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    Re: krach, boum, hue!

    Message par abeau le Ven 19 Fév - 16:14

    Je réponds vite fait à ton dernier post charpal, mais je reviendrai plus longuement sur vos réponses d'avant (plein de trucs à vous raconter mais toujours ce foutu manque de temps !)
    tu dis charpal que selon Amin un capitaliste ne peut être qu'un salaud...
    Je ne crois pas qu'il le dise.. il n'y a pas dans son argumentation de jugements moraux sur les hommes ni même sur le système car il dit qu'il est idiot de vouloir décider si le capitalisme est moral ou non, c'est juste un système basé sur la notion de profit (créer de la richesse à un moindre coût), l'économie a ni volonté ni conscience, elle ne peut donc avoir de morale : elle est ni morale ni immorale, elle est amorale
    Et cette recherche du profit ne peut être qu'exponentielle. Tu connais la loi de Gabor ? selon laquelle tout ce qui est possible se fait toujours, autrement dit qu'un ordre est incapable de se limiter lui-même. La seule limitation à cet ordre ne peut venir que de l'extérieur.Or le capitalisme a vaincu depuis 1989 la seule barrière à son triomphe, à son explosion planétaire : les économies socialistes.
    Il n'y avait alors qu'un seul ordre qui pouvait encore limiter son expansion, c'est l'ordre politique (dont le but est de faire respecter une "morale" collective).
    Or Amin démontre très bien comment cet ordre a été non seulement neutralisé par le pouvoir économique mais bien plus, depuis quelques années, comment cet ordre politique contribue à cette domination. De plus il démontre que (et c'est le grand apport de J. Ellul) la technique a totalement envahi tous les processus de décision, les techniciens y ont remplacé les représentants du peuple ou le peuple lui-même : nous ne sommes plus en démocratie mais dans une sorte de tyrannie technicienne...

    Autre chose sur la notion de " salauds"
    Bien sûr que non que les capitalistes en tant qu'individus ne sont pas des salauds ! je suppose qu'ils ont femmes et enfants qu'ils chérissent et qu'ils contribuent aussi par leur action et leurs dons à la charité publique...
    Mais l'homme le plus généreux, le plus altruiste, pris dans un système "autoritaire" c'est-à-dire un système légitime, dominant, puissant, qui exige de lui obéissance, va perdre son libre-arbitre, son sens critique et obéir à des ordres qui vont contre sa conscience, et ceci d'autant plus que l'on exige de lui une multitude de tâches fragmentées...
    Tu connais l'expérience de Milgram (reprise dans le magnifique film "I comme Icare) ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram

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