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    Le Marché de la Faim

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    Le Marché de la Faim

    Message par ecotone le Ven 11 Avr - 13:01

    "Le Marché de la faim" : tir nourri contre l''agrobusiness'

    LE MONDE | 24.04.07 | 16h46 • Mis à jour le 30.04.07 | 08h34

    ZOOTROPE FILMS
    Une image du documentaire autrichien d'Erwin Wagenhofer, "We Feed the World. Le Marché de la faim".


    Détruisons aujourd'hui notre pain quotidien. C'est ce que font les grandes chaînes de boulangerie de Vienne, en Autriche. Chaque jour, 20 % à 25 % de ce qui a été sorti du four est mis au rebut. Soit l'équivalent de ce qui est consommé à Graz, la deuxième ville du pays. Une partie de ces déchets est donnée aux cochons, le reste prend le chemin de la décharge ou des incinérateurs d'ordures. Ce n'est qu'un exemple, symbolique, de l'incohérence de la politique alimentaire mondiale. En 2004, l'Organisation des Nations unies a constaté qu'avec ce qu'elle produisait l'agriculture était en mesure de nourrir 12 milliards de personnes. C'est-à-dire le double de la population du globe. Il y a donc, sur notre planète, suffisamment à manger pour tous. Mais la nourriture n'est pas bien répartie.


    Autre exemple d'absurdité assassine : le Brésil est l'un des plus puissants pays agricoles du monde. On y produit plus de 100 millions de tonnes de céréales par an. Mais la majeure partie de ces cultures est destinée à la nourriture du cheptel des pays européens. La forêt amazonienne est progressivement rasée (l'équivalent de la surface de la France et du Portugal, depuis 1975) afin d'étendre les champs de soja, dont ne profitera pas une population qui souffre de malnutrition chronique.

    Voilà le sujet de cet effrayant documentaire, l'objet du scandale : les ravages de l'agriculture industrialisée, le cynisme des multinationales de l'agroalimentaire. Erwin Wagenhofer, cinéaste et journaliste, a enquêté dans quelques pays, soulevé des problèmes emblématiques. Son film met le doigt sur les conséquences écologiques et sociales désastreuses de l'exploitation intensive des terres.Le Marché de la faim fait état d'un chaos, générateur d'injustices et de pollution. Il dénonce l'emploi dangereux des techniques génétiques et les manipulations politiques. Ce n'est pas tant, comme on a pu le voir ailleurs, le transport des animaux, l'élevage en batterie, l'arnaque aux subventions, la vache folle ou la grippe aviaire qui sont désignés dans ce cri d'alarme sur la malbouffe, mais plutôt la philosophie des extrémistes de la consommation et du libre-échange. Avec cette question annexe : qu'est-ce qu'un marché libre s'il est pratiquement monopolisé par les cinquante plus grands groupes mondiaux ? A la fin du film, l'Autrichien Peter Brabeck, PDG de Nestlé (leader mondial du secteur de l'eau en bouteille), conteste l'"avis extrême" des ONG qui souhaitent voir l'eau reconnue comme un droit public ("En tant qu'êtres humains, vous êtes en droit d'avoir de l'eau"), et, sans gêne, défend sa thèse : "L'eau est un aliment, elle devrait donc avoir une valeur marchande..."
    Les statistiques tombent, les hommes témoignent, les images parlent, avec éloquence. Voilà un pêcheur de Concarneau (Finistère). Cet artisan n'a pas de sonar sur son bateau, il sait à la minute près, en observant la lumière, quand il faut jeter ses filets. Le film nous montre la différence entre le turbot qu'il vend sur le marché et les poissons drainés par les pêches industrielles, dans les grands fonds. Elle est visible à l'oeil nu, elle se vérifie au toucher. D'un côté la bête frémissante du pêcheur breton, de l'autre ces cadavres aux yeux explosés par la pression dans les nasses géantes. Ces poissons-rats, qui "ne sont pas faits pour être mangés, mais pour être vendus".

    CULTIVATEURS CONDAMNÉS

    Nous voilà maintenant en Espagne, à Almería, où 30 000 serres ont été installées sur 35 000 hectares : la métropole de l'élevage de la "tomate de combat", qui pousse dans de la laine de roche enrichie de minéraux et de substances nutritives, pour les supermarchés d'Europe. Cette boule rouge et sans goût est-elle le fruit d'une plante ? Elle fait partie des légumes andalous qui, grands voyageurs, font 3 000 kilomètres en camions pour arriver dans nos assiettes.
    Les semences viennent de Roumanie, génétiquement modifiées : elles condamnent le cultivateur de maïs mexicain à devenir un réfugié économique dans son propre pays. Comme le paysan sénégalais, dont les légumes sont un tiers plus chers que les légumes européens installés sur les marchés.
    Pour compléter ce film édifiant, Erwin Wagenhofer publie un livre (avec Max Annas) : Le Marché de la faim (Actes Sud, 192 p., 20€). Où l'on s'interroge sur ce que nous avalons, et sur le sens de cette fuite en avant qui tue plus de gens (des pays pauvres) que les guerres. Pas de crabe dans la "chair de crabe", pas de fraises dans le "yaourt aux fraises". Le poulet qu'on nous fait manger est-il encore un animal ? "Quelque chose ne tourne pas rond sur notre planète."






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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par ecotone le Ven 11 Avr - 13:15

    Le marché de la faim




    We feed the world de Erwin Wagenhofer


    Le marché de la faim
    la bande annonce du film http://www.we-feed-the-world.fr/site.htm dont Jean Ziegler parle.




    Mis en ligne par Pseudo, que nous remercions,
    du site Arrow ecophilopat



    Le film Arrow http://video.google.fr/videoplay?docid=5039112951831053451


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    bye
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mar 20 Mai - 19:15

    La hausse des prix qui risque d'entraîner la famine menace des millions
    > de personnes et nous sommes tous concernés - signez la pétition pour une
    > action d'urgence afin de mettre fin à la crise alimentaire mondiale:.
    >
    >
    >
    > _ * SIGNEZ LA PETITION
    > VOIR LA VIDEO *_
    >
    >
    > Chers amis,
    >
    > Avez-vous remarqué la hausse des prix aliments lorsque vous faites vos
    > courses? C'est la raison pour laquelle - nous nous enfonçons dans une
    > crise alimentaire mondiale . Déjà un septième d'entre nous souffrent de
    > la faim à travers le monde - mais * cette hausse des prix oppresse des
    > milliards de personnes, déclenchant des émeutes de la faim du Bangladesh
    > à l'Afrique du Sud * . En Sierra Leone * le prix du sac de riz a doublé
    > * et est inabordable pour 90% des citoyens. Avant qu'il ne soit trop
    > tard, le monde a besoin de * mobiliser un financement d'urgence contre
    > la famine, supprimer les effets pervers de l'utilisation des
    > biocarburants et la spéculation *, ainsi que s'attaquer les causes
    > profondes lors des prochaines réunions au sommet.
    >
    > La militante des droits de l'homme Zainab Bangura, * nouvelle ministre
    > des Affaires étrangères de Sierra Leone, a fait le tour du monde en
    > lançant un appel aux pays riches - elle s'adresse maintenant aux membres
    > d'Avaaz pour obtenir de l'aide *. En début de semaine, Ban Ki-Moon a
    > tenu une réunion au sommet à l'ONU à propos de la crise. Voici pourquoi
    > nous lançons une campagne d'urgence pour demander aux dirigeants
    > d'écouter et d'agir. Cliquez ci-dessous pour voir la vidéo de Zainab et
    > ajouter votre nom à la pétition - Ensemble, *nous pouvons créer une
    > mobilisation mondiale à l'ONU, le G8 et l'UE dans les prochains jours et
    > semaines: *
    >
    > http://www.avaaz.org/fr/global_food_crisis/24.php
    >
    >
    > Le pire pourrait être encore à venir. * La crise alimentaire dans le
    > monde nous touche tous *, l'inflation, la dégradation des économies
    > oppressent les citoyens pauvres et à revenu moyen du monde entier. Les
    > prix des aliments de base comme le blé, le maïs et le riz ont presque
    > doublé, ce processus s'est accéléré au cours des dernières semaines.
    >
    > *Pour gérer cette crise - le Programme alimentaire mondial a besoin de
    > 753 millions de dollars en mai pour sauver 100 millions de personnes de
    > la faim * . Les nombreuses causes de cette crise sont la spéculation
    > effrénée des biocarburants et le manque de réglementation, mais quelques
    > propositions intéressantes pour y remédier circulent.
    >
    > * Lorsque nous irons soumettre nos revendications pendant les réunions
    > du G8 et de l'UE en mai, juin et juillet, nous demanderons aux
    > dirigeants du monde de s'attaquer aux problèmes sous-jacents * du
    > système alimentaire mondial. Pour lutter contre la crise, nous avons
    > besoin d'investissements massifs dans la productivité agricole
    > diversifiée et de sécurité alimentaire pour les pays en voie de
    > développement. * Nous devons nous responsabiliser - afin d'améliorer nos
    > régimes alimentaires *, réduire le gaspillage et manger moins de viande
    > (l'aliment le plus inefficace).
    >
    > * Au vingt et unième siècle, une telle situation est inacceptable. Nous
    > sommes tous menacés*. Ces moments de vulnérabilité peuvent nous faire
    > sentir impuissants - pourtant il est essentiel que tous les citoyens du
    > monde s'unissent et se mobilisent avant qu'il ne soit trop tard. *
    > Signez la pétition sur le lien ci-dessous, puis transférer ce message et
    > demander à vos amis et votre à famille de faire de même - *
    >
    > http://www.avaaz.org/fr/global_food_crisis/24.php
    >
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mar 3 Juin - 6:54

    Les prix agricoles resteront élevés pendant 10 ans

    LE MONDE | 29.05.08

    Après deux ans d'envolée des cours des matières premières agricoles,
    ceux qui en profitent comme ceux qui en pâtissent se demandent si les
    prix retrouveront un jour leurs niveaux passés. Pas dans l'immédiat,
    concluent l'Organisation de coopération et de développement
    économiques (OCDE) et l'Organisation pour l'alimentation et
    l'agriculture des Nations unies (FAO), qui publient, jeudi 29 mai,
    des "Perspectives agricoles pour 2008-2017". En pleine crise
    alimentaire mondiale, cette quatrième édition des "Perspectives"
    devait pour la première fois être présentée par le secrétaire général
    de l'OCDE, Angel Gurria, et le directeur général de la FAO, Jacques
    Diouf.


    Selon les "Perspectives agricoles 2008-2017" de l'OCDE et de la FAO,
    l'épicentre de la production agricole mondiale va continuer à se
    déplacer vers les pays émergents (Inde, Brésil, Argentine...) dans
    les dix ans à venir. A l'horizon 2017, ils devraient même arriver en
    tête de la production et de la consommation mondiale de la plupart
    des produits de base. Bien que les pays de l'OCDE devraient voir
    diminuer leur part dans les exportations, ils resteraient en tête
    pour le blé, les céréales secondaires (maïs, orge...), le porc et les
    produits laitiers.

    Selon les experts de ces organisations, les prix, après avoir atteint
    des sommets historiques, devraient certes se détendre du fait d'un
    accroissement de l'offre, mais dans les dix ans à venir ils
    resteraient en moyenne bien plus élevés que lors de la décennie
    passée. Leurs projections de prix, en termes nominaux, indiquent une
    hausse d'environ 20 % pour la viande bovine et porcine, de 30 % pour
    le sucre, de 40 % à 60 % pour le blé, le maïs et le lait écrémé en
    poudre, de plus de 60 % pour le beurre et les oléagineux, et de plus
    de 80 % pour les huiles végétales.

    "Ces hausses posent beaucoup de questions. Pour décider de la bonne
    politique à mener, il faut savoir si les raisons de l'envolée sont
    temporaires ou permanentes", explique Loek Boonekamp, de la division
    agriculture de l'OCDE. Les flambées de cours sont fréquentes, mais
    historiquement elles étaient liées à des événements ponctuels, comme
    une baisse des rendements provoquée par une sécheresse ; les prix
    retrouvaient assez rapidement leurs niveaux antérieurs.

    Mais ces derniers temps, la flambée des cours tient à des évolutions
    structurelles, et notamment au fait que l'offre ne couvre plus la
    demande. Entre 2005 et 2007, la production mondiale de céréales s'est
    accrue de 46 millions de tonnes (3 %), tandis que la consommation a
    augmenté de 80 millions (5 %). Les stocks, au plus bas, n'amortissent
    plus les déséquilibres.

    Pour l'OCDE et la FAO, d'autres facteurs permanents poussent aussi
    les prix vers le haut : les cours élevés du pétrole qui font grimper
    les coûts de production, la croissance démographique, la modification
    des pratiques alimentaires vers une consommation accrue de viande
    dans les pays émergents, et enfin, la demande de grains pour les
    agrocarburants.

    "Il y a peut-être lieu d'envisager d'autres démarches sans effet
    indésirable sur les prix alimentaires", préconisent d'ailleurs les
    experts.

    Dans les dix ans à venir, les prix devraient être en outre plus
    instables pour plusieurs raisons : les niveaux de stocks ne devraient
    pas sensiblement remonter, les conditions météorologiques pourraient
    devenir plus variables du fait du changement climatique, et la
    présence accrue de fonds spéculatifs sur les marchés agricoles
    deviendrait préoccupante.

    LES URBAINS PERDANTS

    Autant de facteurs que les deux organisations jugent indispensables
    de prendre en compte pour faire évoluer l'agriculture mondiale. Dans
    ce contexte, il y aura à la fois des gagnants et des perdants. Les
    agriculteurs des pays développés en tireront profit, mais aussi ceux
    des pays en développement, si on les aide à investir. En revanche,
    pour les populations pauvres et urbaines des pays fortement
    importateurs de denrées, la situation va s'aggraver. "Dans bien des
    pays à faible revenu, la nourriture représente en moyenne plus de 50
    % du budget (des ménages)", note le document, qui pointe les effets
    négatifs des restrictions à l'exportation de céréales décidées par
    certains producteurs.

    Reste la question de comment produire plus pour que l'offre comble la
    demande et que les stocks se reconstituent. Les auteurs du rapport
    estiment qu'à moyen terme des évolutions technologiques restent
    possibles. Pas de quoi cependant éviter une situation tendue sur les
    marchés agricoles pendant encore au moins dix ans.

    Laetitia Clavreul

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/05/29/les-prix-agricoles-
    resteront-eleves-pendant-10-ans_1051293_3234.html?xtor=RSS-3208
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mar 3 Juin - 19:10

    Cyber @ction 264 : La faim justifie des moyens

    Réunion au sommet des dirigeants mondiaux pour lutter contre la crise
    alimentaire

    A Rome, la Conférence internationale de la FAO (Organisation des
    Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) sur la sécurité
    alimentaire, qui s'ouvre mardi 3 juin et se tiendra jusqu'au 5 juin,
    devait initialement être consacrée aux défis du réchauffement
    climatique et des bioénergies. Des enjeux à long terme. Mais il y
    sera surtout question d'émeutes de la faim et des moyens de juguler
    au plus vite la hausse des prix des denrées et le déficit de
    production agricole.

    Nous vous proposons de nous associer à la fois à la campagne d'AVAAZ
    à cette occasion et à la CAMPAGNE FaimZERO à la veille de la
    Présidence française de l'Union Européenne

    Alain
    > ,__o Alain UGUEN Association Cyber @cteurs
    > _-\_<, il dépend de vous que votre souris ait du pouvoir
    > (*)/'(*) http://www.cyberacteurs.org


    COMMENT AGIR ?

    Sur le site
    Cette cyber @ction est signable en ligne
    http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=287

    Par courrier électronique
    C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

    1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
    2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
    3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
    4- Rajouter l'objet de votre choix : La faim justifie les moyens
    5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
    Ban.Ki-moon@un.org
    petitions1@www.elysee.fr
    cyberacteurs@wanadoo.fr

    Cliquer ici :
    www.elysee.fr>

    www.elysee.fr>

    Vérifiez que les 2 adresses apparaissent bien

    6- Envoyez le message

    Cette cyber @ction est aussi signable en ligne
    http://www.cyberacteurs.org


    Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Président de
    la République, au Secrétaire Général de l'ONU et à Cyber @cteurs pour
    nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.


    Les belges peuvent remplacer petition1@www.elysee.fr par
    l'adresse de VAN MEEUWEN Alex, Ambassadeur, Représentant permanent
    geneva.secr-amb@diplobel.be

    Les canadiens par pm@pm.gc.ca


    Les suisses par uno@eda.admin.ch (Section ONU Département fédéral des
    affaires étrangères)

    ############

    Prénom, Nom
    Profession :
    Adresse :
    code postal Localité :

    Monsieur le Président,
    Monsieur le Secrétaire Général,

    Nous vous demandons
    – d'agir immédiatement afin de mettre fin à la crise alimentaire
    mondiale en mobilisant des fonds d'urgence pour empêcher la famine,
    la suppression des incitations aux effets pervers ( transformer les
    aliments en biocarburants ) et la gestion de la spéculation financière.
    – de vous attaquer aux causes sous-jacentes en mettant fin à des
    politiques commerciales nuisibles et investir massivement dans la
    productivité agricole durable dans les pays en voie de développement.

    Avec Peuples Solidaires et ActionAid, à la veille du début de la
    Présidence française de l’Union Européenne, début juillet, nous
    demandons au gouvernement français de prendre en compte le respect et
    l’application du droit à l’alimentation dans le cadre de cette
    présidence au cours de laquelle deux sujets liés à l’alimentation
    vont être abordés:
    - Réforme de la Politique Agricole Commune européenne, politique qui
    a des impacts sur les agriculteurs des pays du Sud.

    - Négociations des Accords de Partenariat Economique, Accords de
    libre-échange que l’Europe veut imposer aux pays d’Afrique, Caraïbes
    et Pacifique et qui menacent l’agriculture et l’agro-industrie locales.

    Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République,
    Monsieur le Secrétaire Général de l'ONU, mes salutations distinguées.

    ############
    par courrier postal
    dispensé de timbre

    Monsieur le Président de la République Française
    Elysée
    75000 PARIS

    En savoir plus

    CAMPAGNE FaimZERO de Dakar à Paris, CONFERENCE LE 4 JUIN
    http://www.peuples-solidaires.org/article854.html

    Pour Jeffrey Sachs, la crise alimentaire mondiale n’est pas une fatalité
    http://www.agoraflux.com/article13735.html

    La première chose à faire et la plus importante, c’est de fournir une
    aide financière rapide aux pays pauvres pour les aider à augmenter
    leur propre production alimentaire.
    Une seconde étape -moins urgente mais certainement utile- serait de
    revoir notre politique envers les biocarburants
    Mais à plus longue échéance, notre mode de vie et nos habitudes
    alimentaires jouent un rôle....Tout le monde sait que pour produire
    un kilogramme de viande rouge, il faut huit kilogrammes de céréales.
    Notre dépendance envers la viande exerce donc une pression forte sur
    le système alimentaire.

    Les bovins ruminent 30% de nos céréales Frères humains, devenez
    végétariens !
    http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2270/articles/a374222-.html
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 4 Juin - 5:53

    Mai 2008
    http://www.grain.org/nfg/?id=578


    SORTIR DE LA CRISE ALIMENTAIRE

    ===========================================================
    Ce texte est une prépublication de l'éditorial sur la crise alimentaire de Seedling (juillet 2008).
    Nous avons décidé de le diffuser maintenant en soutien aux mobilisations des mouvements sociaux
    à l'occasion de Conférence de haut niveau de la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale
    qui se tient du 3 au 5 juin à Rome.
    ===========================================================

    Si les commentaires ont été nombreux sur les émeutes qui ont éclaté un peu partout
    dans le monde du fait de la crise alimentaire mondiale, peu d'attention a été accordée
    aux mesures à prendre dans l'immédiat. La solution passe par une réduction radicale
    du pouvoir des institutions financières et des agences de développement internationales
    de façon à ce que les petits agriculteurs, qui assurent encore la production de la plus
    grande partie des denrées alimentaires consommées dans le monde, puissent définir
    les politiques agricoles. Il faut pour cela s'attaquer à trois domaines étroitement liés :
    l'accès à la terre, les marchés et le mode de production agricole lui-même.

    En mars 2008, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
    et d'autres agences internationales ont commencé à parler ouvertement de crise alimentaire
    mondiale. Comme souvent dans de telles crises, ces organisations arrivaient un peu en tard.
    Les prix alimentaires, tout particulièrement ceux des céréales mais aussi ceux des produits
    laitiers et de la viande, ont connu une augmentation constante en 2007, sans commune mesure
    avec celle des revenus des populations. Les gens s'en étaient sortis en changeant leurs
    habitudes alimentaires, y compris en réduisant les repas, et sont allés dans la rue pour
    réclamer des mesures gouvernementales. Début 2008, les prix des céréales connaissaient
    une nouvelle fièvre est des émeutes ont éclaté dans près de 40 pays, instillant un sentiment
    de peur chez les élites politiques mondiales.

    Quelques mois se sont maintenant écoulés depuis que la crise alimentaire mondiale s'est
    imposée sur l'agenda international. Les causes du problème ont été identifiées et plus
    ou moins comprises.[1] Pourtant la crise alimentaire continue de se développer. Les prix
    continuent de grimper, une véritable classe de « nouveaux pauvres » est apparue, les gouvernements
    se démènent pour trouver ou gérer des approvisionnements en céréales, et la survenue d'un autre
    échec de grande ampleur pourrait entraîner une crise mondiale réellement dramatique.

    Chacun admet que quelque chose doit être fait mais il y a un désaccord profond sur ce que
    cela implique. Les gourous des politiques de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale
    du commerce et du Fonds monétaire international, les conseils d'administration des grandes
    sociétés et, en fait, la plupart des gouvernements et de leurs équipes de conseillers veulent
    continuer de nous entraîner dans le sens de l'industrialisation de l'agriculture et de la
    libéralisation du commerce et des investissements, même si cette recette promet des lendemains
    très semblables à aujourd'hui. Les mouvements sociaux ou autres qui se sont battus contre les
    injustices du modèle capitaliste d'aujourd'hui voient les choses différemment. Pour eux,
    il est maintenant temps de rompre avec le passé, de se mobiliser autour d'une vision nouvelle
    et créative qui ne se contentera pas d'apporter des remèdes à court terme, mais introduira
    aussi le changement profond qui nous permettra effectivement de sortir de cette crise alimentaire
    et, d'ailleurs, de l'interminable série de crises (changement climatique, destruction environnementale,
    pauvreté, conflits pour les terres et les ressources en eau, migration, etc.) générée par la
    mondialisation néolibérale.

    UNE TRANSFORMATION RADICALE EST NECESSAIRE

    Beaucoup de gens commencent à devenir conscients du fait qu'aucune solution n'est possible
    si nous ne nous engageons pas dans un réel changement au niveau du pouvoir. Pour nous sortir
    de là, il n'est pas possible de faire confiance aux politiciens, aux scientifiques et aux
    investisseurs qui nous ont entraîné dans le chaos actuel. Ils ont créé un vide profond à un
    double niveau : une absence de politique et un simulacre de marché. Le vide politique est palpable.
    Plutôt que de développer de brillantes idées pour bâtir un système alimentaire plus durable et plus
    équitable, ceux qui sont au pouvoir ne semblent capables que de réponses réflexes qui se résument
    à persévérer dans la même direction : plus de libéralisation du commerce, plus d'engrais,
    plus d'OGM et plus d'endettement pour rendre possible tout cela. La simple idée de, par exemple,
    redéfinir les règles du système financier ou de prendre des mesures contre les spéculateurs, est taboue.
    Même les politiques d'autosuffisance alimentaire en cours d'adoption dans certains pays en développement,
    une très bonne idée en elles-mêmes, ne font souvent que renouveler l'échec des stratégies de la Révolution verte.

    Ce qui est encore plus préoccupant, c'est que les élites des milieux de la politique et des affaires
    ne veulent pas voir en face le fait que la confiance dans le marché a été ébranlée, que ce soit au niveau
    des petits propriétaires de la classe ouvrière aux États-Unis ou des mères de famille thaïlandaises qui s'entassent dans les files d'attente pour pouvoir acheter du riz.

    Les agriculteurs thaïlandais sont abasourdis. L'année dernière, ils obtenaient 10 000 bahts (308 dollars US)
    par tonne de riz livrée à l'usine. Aujourd'hui ils sont payés 9 600 bahts (296 dollars US),
    alors que le prix du riz a triplé pour les consommateurs ! [2] Le dollar américain (qui sert
    encore de devise mondiale pour le commerce des denrées alimentaires) a plongé, tandis que le prix
    du pétrole (dont dépend la production alimentaire industrielle) a crevé tous les plafonds. En conséquence,
    les gouvernements ont commencé à retirer les produits alimentaires du marché parce qu'ils ne font tout
    simplement plus confiance à la manière dont sa valeur est fixée. Le gouvernement de Malaisie, par exemple,
    a annoncé qu'il allait troquer de façon bilatérale de l'huile de palme contre du riz avec tout pays prêt
    à accepter cet échange, et plusieurs autres pays ont interdit l'exportation des denrées alimentaires. [3]

    Dans ce climat de faillite des idées et des systèmes, il n'y a pas d'autre manière crédible d'avancer
    que de tout reconstruire de fond en comble. Ce qui veut dire qu'il faut complètement renverser la perspective :
    les petits agriculteurs, qui assurent encore la plupart de la production alimentaire, doivent pouvoir
    définir les politiques agricoles à la place de l'OMC, du FMI, de la Banque mondiale et des gouvernements.
    Les organisations paysannes et leurs alliés ont des idées claires et viables sur la façon d'organiser
    la production et les services, et de gérer les marchés et même le commerce régional et international.
    Même chose pour les syndicats ouvriers et les populations urbaines pauvres qui ont un rôle important
    à jouer dans la définition des politiques alimentaires. De nombreux groupes, comme l'Union nationale
    des fermiers au Canada, la Confédération paysanne en France, ROPPA en Afrique de l'Ouest, Monlar au
    Sri Lanka et le Mouvement des sans-terre au Brésil, ont lancé des appels pressants à une refonte des politiques
    et des marchés agricoles. Des organisations internationales, comme Via Campesina et l'Union
    internationale des travailleurs de l'alimentation, sont également prêtes à jouer un rôle.
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 4 Juin - 5:54

    Sortir de la crise alimentaire ( suite )

    LES DOSSIERS URGENTS

    Pour nous sortir de la crise alimentaire il faut s'attaquer à trois domaines étroitement liés :
    l'accès à la terre, les marchés et le mode de production agricole lui-même.

    L'accès à la terre des paysans est clairement une question centrale. Avec la flambée des prix
    des matières premières et le nouveau marché des agrocarburants, la spéculation foncière et
    l'accaparement des terres prennent des dimensions épouvantables. Dans de nombreuses régions
    du monde, des gouvernements et des grandes entreprises mettent en place des plantations
    agricoles et évincent du même coup les paysans et la production alimentaire locale.
    En fait, le modèle d'une agriculture tournée vers les exportations et dépendante des importations,
    à la racine de la crise d'aujourd'hui, passe à la vitesse supérieure et détruit les systèmes
    de production agricole dont nous avons justement besoin pour sortir du dilemme actuel.

    La situation devient encore plus critique avec un processus d'accaparement des terres
    qui se mondialise et s'officialise. Selon certaines sources, le Japon a acheté 12 millions
    d'hectares de terres en Asie du Sud-est, en Chine et en Amérique du Sud pour produire des
    denrées alimentaires à exporter au Japon, ce qui signifierait que les terres arables du Japon
    à l'étranger seraient trois fois plus vastes que celles de son territoire national ! [4]
    Le gouvernement libyen a loué 200 000 hectares de terres agricoles en Ukraine pour couvrir
    ses propres besoins d'importations alimentaires, et les Émirats arabes unis achètent de
    grands domaines fonciers au Pakistan avec le soutien d'Islamabad. [5] L'année dernière,
    le gouvernement philippin a signé une série d'accords avec Pékin pour permettre à des
    sociétés chinoises de louer des terres pour la production de riz et de maïs destinés à
    la Chine, ce qui a déclenché un immense tollé dans le pays, chez les organisations paysannes
    philippines et jusqu'à l'Église catholique. Des sociétés chinoises ont aussi acquis des
    droits sur des terres agricoles productives dans toute l'Afrique et dans d'autres régions
    du monde. Le gouvernement de Pékin est sur le point de faire de l'achat des terres à
    l'étranger, pour une production agricole à destination de la Chine, une politique
    centrale et officielle. [6]

    La question de la terre a, bien sûr, toujours joué un rôle capital dans les demandes
    des mouvements sociaux, particulièrement des paysans, des pêcheurs, des travailleurs
    ruraux et des populations autochtones. La réforme agraire figure au premier rang des
    problèmes à traiter d'urgence pour donner aux populations le pouvoir d'assurer l'alimentation
    de leurs communautés et mettre fin au fléau croissant de la pauvreté urbaine et à l'explosion
    des bidonvilles, qui joue un rôle si crucial dans cette crise alimentaire. Il est grand temps
    que les propositions des organisations paysannes soient prises au sérieux et mises en application.

    Il y a un autre grand problème qui doit absolument être traité : que faire du marché ?
    Depuis des décennies, la libéralisation néolibérale des échanges et les politiques
    d'ajustement structurel ont été imposées aux pays pauvres par la Banque mondiale et le FMI.
    Ces prescriptions de politiques ont été renforcées par la mise en place de l'Organisation
    mondiale du commerce au milieu des années 1990 et, plus récemment, par une avalanche
    d'accords bilatéraux de libre échange et d'investissement. Avec une série d'autres mesures,
    ces accords ont entraîné le démantèlement impitoyable des droits de douane et des autres
    outils que les pays en développement avaient créés pour protéger la production agricole locale.
    Ces pays ont été obligés d'ouvrir leurs marchés aux multinationales de l'agro-alimentaire et
    aux exportations d'aliments subventionnés des pays riches. Au cours de ce processus, les terres
    fertiles qui servaient aux marchés locaux de produits alimentaires ont été détournées au
    profit de matières premières destinées au marché mondial ou de cultures de contre-saison
    et à haute valeur ajoutée pour les supermarchés occidentaux. De nombreux pays pauvres sont
    ainsi devenus des importateurs nets de denrées alimentaires.

    Les profits spectaculaires que les poids lourds de l'industrie agro-alimentaire et les
    spéculateurs ont pu réaliser grâce au marché représentent l'un des aspects les plus obscènes
    de la crise alimentaire. Contrairement à l'impression donnée par certains médias, peu
    d'agriculteurs retirent un quelconque bénéfice des flambées des prix. Nous avons déjà cité
    l'exemple des fermiers thaïlandais qui retirent maintenant moins d'argent de leur riz alors
    que les consommateurs paient trois fois plus. Les agriculteurs du Honduras, un pays
    autrefois considéré comme le grenier de l'Amérique centrale, ne peuvent plus se permettre
    d'acheter des semences et des engrais puisque les prix de ces intrants se sont envolés. [7]
    En revanche, les grandes sociétés engrangent des profits records à tous les maillons de la
    chaîne alimentaire, depuis les engrais et les semences jusqu'au transport et au négoce agricole.
    Au début de l'année, GRAIN a donné des informations détaillées sur l'augmentation des profits
    des plus grandes entreprises d'agro-alimentaire et d'engrais en 2007. [8] Au premier trimestre 2008,
    alors que des populations souffraient déjà de la faim et se voyaient obligées de réduire encore
    les repas, ces entreprises annonçaient des profits encore plus spectaculaires. [9]

    Une spéculation massive se développe dans le même temps. Selon un négociant en matières
    premières de premier plan, le montant des investissements spéculatifs dans les marchés à
    terme de produits de base est passé de 5 milliards de dollars US en 2000 à 175 milliards
    de dollars en 2007. [10] La moitié du blé actuellement négocié à la bourse des produits
    agricoles de Chicago est actuellement contrôlée par des fonds d'investissements. [11] À l'AFET
    (Agricultural Futures Exchange of Thailand), la spéculation sur le riz a, en l'espace d'une année,
    triplé le nombre moyen de contrats négociés quotidiennement à la bourse, et les fonds d'arbitrage
    (« hedge funds ») et autres spéculateurs représentent maintenant jusqu'à la moitié des contrats
    échangés chaque jour. [12] Toute cette activité spéculative des fonds de pension, fonds
    d'arbitrage ou autres acteurs du même type, cumulée à un passage de la négociation des
    matières premières agricoles sur des marchés formels à des transactions hors cote directes,
    alimente une croissance effrénée des cours. Une telle bulle est éminemment instable et ne
    peut aller que vers un éclatement, avec des résultats imprévisibles. À quelques exceptions
    près, les gouvernements et les agences internationales n'abordent pratiquement pas cet
    aspect de la crise alimentaire, sans même parler d'intervenir de façon concrète sur cette
    partie de l'équation.

    En revanche, les syndicats ouvriers et les organisations d'agriculteurs ont clairement
    appelé à des réglementations et des contrôles effectifs, en particulier parce que les
    producteurs et les consommateurs sont les groupes les plus affectés par cette situation.
    Les appels des mouvements sociaux en faveur de la souveraineté alimentaire comprennent
    invariablement des propositions pour qu'une priorité soit accordée d'urgence aux marchés
    locaux et régionaux, et pour que des mesures soient prises pour réduire la domination des
    marchés internationaux et des grandes sociétés qui les contrôlent. Au nombre des autres
    mesures proposées figurent la suspension, voire la suppression de l'Accord de l'OMC sur
    l'agriculture, la taxation des grandes entreprises agro-alimentaires pour améliorer la
    répartition des ressources et la création de réserves stratégiques nationales. Ceci
    permettrait aux gouvernements de gérer l'approvisionnement de façon plus efficace,
    d'encourager la concurrence, d'empêcher la formation de monopoles, d'effectuer des enquêtes
    officielles sur la spéculation sur les marchés des matières premières agricoles et de
    prendre ensuite des mesures pour la contrer, etc. [13] Il existe de nombreuses possibilités
    si l'on veut vraiment changer les choses.

    Il y a ensuite la question du mode de production agricole lui-même. La crise alimentaire
    a galvanisé les promoteurs de la vieille Révolution verte qui réclament encore plus de
    ces programmes imposés d'en haut, avec des semences, des engrais et des produits phytosanitaires.
    Puisque la principale raison pour laquelle la crise alimentaire touche tant de gens est
    que ces derniers ne peuvent pas payer les prix élevés d'aujourd'hui, la simple stimulation
    de la production ne va pas nécessairement résoudre quelque chose, tout spécialement si
    cela se traduit par une hausse des coûts de production. Les variétés à haut rendement
    des aliments de base, à propos desquelles le Groupe consultatif pour la recherche agricole
    internationale (CGIAR), la FAO et la plupart des ministères de l'agriculture sont si
    enthousiastes, exigent plus d'engrais ou autres produits chimiques à base de pétrole,
    qui ont tous connu des hausses de prix énormes et qui dépassent en fait les moyens
    financiers de beaucoup d'agriculteurs. De toutes façons, les engrais chimiques sont
    l'une des principales sources de gaz à effet de serre d'origine agricole. Déverser
    encore plus de ces produits sur des sols déjà épuisés, comme le préconisent de
    nombreux partisans de la Révolution verte, ne ferait qu'enfoncer le monde dans un chaos
    climatique et aller un peu plus loin dans la destruction des sols.

    Ici encore, il existe toute une palette de propositions et d'expériences concrètes pour
    aller dans le sens de modes d'exploitation agricole productifs, non basés sur le pétrole,
    et placés sous le contrôle des petits agriculteurs. Des études scientifiques ont montré
    que ces méthodes peuvent être plus productives que l'agriculture industrielle, et qu'elles
    sont plus durables. [14] S'ils bénéficient d'un soutien suffisant, ces systèmes de production
    locaux, basés sur les connaissances des populations autochtones, axés sur la préservation
    d'un sol sain et fertile, et organisés autour d'un large recours à la biodiversité disponible
    localement, nous montrent la voie pour sortir de la crise alimentaire. Pour aller dans ce sens,
    il faut arrêter de se fier aux experts de la Banque mondiale et de la CGIAR, et commencer plutôt
    à débattre au niveau des communautés locales. Il faudrait non seulement élaborer de nouvelles
    stratégies et collaborer avec différents acteurs, mais aussi mettre fin à la criminalisation
    de la diversité de façon à ce que les agriculteurs puissent accéder librement, mettre
    au point et échanger des semences et des expériences. Cela signifierait, de plus, que
    les gouvernements arrêtent de favoriser les grandes entreprises agro-alimentaires et les marchés
    à l'exportation, et commencent à protéger et à valoriser les compétences, les connaissances
    et les capacités de leurs propres populations.

    LE MOMENT DE LA MOBILISATION

    Il est clair que ceux d'entre nous qui n'appartiennent pas aux organismes
    gouvernementaux ou aux grandes entreprises doivent se regrouper comme
    jamais auparavant pour mettre en place de nouvelles solidarités et des
    fronts de mobilisation pour traiter les problèmes immédiats de la crise
    alimentaire et bâtir les solutions à long terme. Si nous ne travaillons
    pas ensemble en faveur d'un changement dans le pouvoir qui place au premier
    rang les besoins des populations pauvres des villes et des campagnes, nous
    nous retrouverons plus que jamais dans l'immobilisme habituel. La réorientation
    de nos agricultures et de nos systèmes d'alimentation pour les rendre plus
    justes, plus écologiques et plus efficaces pour nourrir les gens n'est pas une
    tâche facile mais nous avons certainement tous un rôle à jouer. Au lieu d'
    attendre l'arrivée de solutions toutes faites, nous devons créer maintenant
    ces meilleurs systèmes, collectivement.


    ===========================================================

    1 - Voir, par exemple, la contribution de GRAIN, « Crise alimentaire :
    le commerce de la faim », Against the grain, avril 2008, http://www.grain.org/articles/?id=39

    2 - « Chiang Rai farmers protest », The Nation, Bangkok, 15 mai 2008,
    http://nationmultimedia.com/breakingnews/read.php?newsid=30072877

    3 - Leo Lewis, « Food crisis forces Malaysia into barter: palm oil for rice »,
    The Times, Londres, 14 mai 2008,
    http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/natural_resources/article3930237.ece.
    Environ un tiers du riz commercialisable au niveau mondial a déjà été retiré du marché.
    Voir « Nigeria: Food crisis, not just rice », Vanguard, Lagos, 14 mai 2008,
    http://allafrica.com/stories/200805140253.html

    4 - « Food crisis looming over Korea », Chosun Ilbo, Séoul, 4 mars 2008,
    http://english.chosun.com/w21data/html/news/200803/200803040011.html

    5 - « Food crisis turns banks into field hunters », Sabah, Turquie, 15 mai 2008,
    http://english.sabah.com.tr/A67FE5AE3F2C485087CC1023DEAF5C94.html.
    Simeon Kerr et Farhan Bokhari, « UAE investors buy Pakistan farmland »,
    Financial Times, Londres, 11 mai 2008, http://www.ft.com/cms/s/0/c6536028-1f9b-11dd-9216-000077b07658.html

    6 - Jamil Anderlini, « China eyes overseas land in food push », Financial Times, 8 mai 2008.

    7 - Alison Fitzgerald, Jason Gale et Helen Murphy, « World Bank 'destroyed basic grains' in Honduras »,
    Bloomberg, 14 mai 2008, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601086&sid=aGxiawAqP0.w

    8 - GRAIN, « Crise alimentaire : le commerce de la faim », Against the grain, avril 2008,
    http://www.grain.org/articles/?id=39

    9 - Voir par exemple, Geoffrey Lean, « Multinationals make billions
    in profit out of growing global food crisis », Independent on Sunday, Londres, 4 mai.

    10 - Chiffres compilés par le courtier en matières premières Gresham
    Investment Management, cités par The Globe and Mail, Toronto, 25 avril 2008.
    Il s'agit de l'argent consacré par les grands fonds, non pas à l'achat ou à
    la vente des matières premières physiques, mais à la spéculation sur les
    variations des cours. Même de cette manière, ils aident à déterminer les prix,
    ils influencent donc les prix payés par ceux qui achètent les matières premières physiques.

    11 - Ibid. et Paul Waldie, « Why grocery prices are set to soar », The Globe and Mail, 24 avril 2008.

    12 - « Rice contract volume rises with speculators moving in », Bangkok Post, 7 mai 2008 :
    www.biothai.org/cgi-bin/content/news/show.pl?0693

    13 - Voir entre autres, IUF, « Fuelling hunger », Genève, 28 avril 2008,
    http://www.iuf.org/cgi-bin/editorials/db.cgi?db=default&ww=1&uid=default&ID=579&view_records=1&en=1
    ou National Family Farm Coalition, « Family farmers respond to the food crisis »,
    The Nation, New York, 28 avril 2008,
    http://www.thenation.com/blogs/thebeat/316248

    14 - Voir par exemple : http://www.farmingsolutions.org,
    http://www.grain.org/gd/, et http://www.sciencedaily.com/releases/2007/02/070218135635.htm

    ===========================================================

    LECTURES COMPLEMENTAIRES

    - Pour plus d'infos sur la crise alimentaire, lire: http://www.grain.org/go/crise-alimentaire

    - FAO Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale -
    http://www.fao.org/foodclimate/conference/fr/
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Dim 8 Juin - 10:33

    3 articles que j'avais oublié de poster, mais qui tout en étant datés de fin mars 2008, gardent toute leur acuité: 1 traitant de la faim de la monde et des difficultés accrues pour la dominer, et 2 autres de la pollution des océans.

    Coup dur pour la lutte contre la faim

    La hausse des prix des produits agricoles pousse les Etats-Unis à réduire le montant de leur aide alimentaire.

    L’augmentation des prix des denrées alimentaires va contraindre l’Agence américaine pour le développement international ( USAID ) à restreindre l’aide d’urgence accordée à certains des Etats les plus pauvres de la planète. L’agence devra limiter le nombre de pays bénéficiaires et/ou les quantités de nourriture qui leur seront allouées. La flambée des cours du blé, du maïs, du riz et d’autres céréales, qui ont progressé de 41 % en 6 mois, a en effet creusé un trou de 120 millions de dollars ( 78 millions d’euros ) dans le budget de l’organisation, et ce déficit devrait atteindre 200 millions de dollars d’ici à la fin 2008.
    La hausse des prix s’explique notamment par la proportion croissante de céréales converties en agrocarburants ou consommées par des pays émergents comme la Chine et l’Inde. « Nous sommes en train d’analyser, pays par pays, l’augmentation du prix des matières premières agricoles. Ensuite, nous devrons établir des priorités », explique Jeff Borns, directeur de Food for Peace, le programme alimentaire de l’UDAID. Selon les organisations d’aide internationale, ces restrictions vont encore singulièrement compliquer la lutte contre la faim dans le monde, particulièrement en Afrique, en Asie centrale et en Amérique latine. Car les pays pauvres de ces régions ont déjà du mal à faire face à la hausse record des prix alimentaires, qui met également en péril les programmes de plusieurs ONG.

    Le programme alimentaire mondial est en difficulté

    Ces coupes claires auront très certainement un impact direct sur les principaux partenaires de l’USAID, tels les ONG et le programme alimentaire mondial des nations Unies ( PAM ), 1° fournisseur du monde, dont 40 % des ressources proviennent de l’aide américaine. La hausse du prix des carburants et des denrées alimentaires, a d’ores et déjà frappé de plein fouet le programme onusien, qui devra rationner ses distributions s’il ne reçoit pas rapidement 500 millions de dollars de ses donateurs ( 375 millions pour les vivres et 125 millions pour le transport ).
    Parallèlement, les besoins ne cessent de croître. L’Afghanistan vient de déposer une demande d’aide d’urgence de 77 millions de dollars pour faire face à des augmentations de prix telles que la plupart des produits de base sont désormais hors de portée pour une part croissante de sa population. Les responsables de l’USAID se refusent à préciser quels pays pourraient être pénalisés, mais ceux qui ont le plus besoin d’assistance, comme le Soudan, seront probablement épargnés. Les mesures d’austérité pèseront surtout sur les programmes à long terme dans des pays comme le Népal, où l’effervescence sociale s’est apaisée, ainsi que sur plusieurs pays africains où les récoltes ont été relativement bonnes en 2007, comme al Tanzanie.
    Les associations humanitaires ont annoncé qu’elles pousseraient l’USAID et l’administration Bush à demander une rallonge budgétaire au Congrès américain. Elles sont d’autant plus inquiètes que la prochaine loi agricole ( farm bill ), actuellement examinée par le Sénat, pourrait empêcher l’USAID de puiser, en cas de catastrophe, dans le budget consacré à l’aide humanitaire non urgente, comme elle l’avait fait après le tsunami qui a frappé l’Asie du Sud-Est fin 2004 ( le Congrès souhaite ainsi préserver l’aide au développement, régulièrement amputée au profit de l’aide d’urgence.). Selon les calculs de Catholic Relief Services, l’aide alimentaire devrait passer de 2,6 millions de tonnes en 2007 à 2,2 millions de tonnes cette année. « Ce sera un coup dur porté aux plus faibles », estime Franck Orzechowski, l’un des conseillers de l’ONG. « Cela risque de faire basculer de plus en plus de pays pauvres dans l’insécurité alimentaire, car leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de couvrir la hausse des prix. C’est d’autant plus inquiétant que nous ne serons pas prêts à gérer ces situations ».
    Même s’il faudra sans doute plusieurs mois avant que ces restrictions ne fassent sentir leurs effets, la hausse des prix a d’ores et déjà écorné les programmes de développement parrainés par l’USAID. L’agence a ainsi réduit de 10 % le montant de l’aide alimentaire accordée à l’un des projets de CARE en Asie, affirme cette association.

    Source Courrier International
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mar 21 Avr - 13:18

    Crise alimentaire: le Président de l’Assemblée générale lance un appel en faveur d’une « démocratisation de l’alimentation »





    Date: 06 Apr 2009

    AG/10819



    Assemblée générale

    Soixante-troisième session

    Débat thématique interactif sur la crise alimentaire mondiale et le droit à l'alimentation – matin et après-midi



    À l'occasion d'un débat thématique de l'Assemblée générale sur la crise alimentaire et le droit à l'alimentation, son Président, M. Miguel d'Escoto Brockmann, a lancé aujourd'hui un appel en faveur
    d'une « démocratisation de l'alimentation ». Tout au long de la journée, pendant les deux tables rondes, a été également mise en exergue la nécessité de créer une réserve agricole mondiale.




    « Pour mettre un terme au problème injustifiable qu'est la faim, il faut changer de façon notable nos modes de production et de consommation », a déclaré M. Brockmann, qui a préconisé la création d'un « système contrôlé par la population, respectueux des communautés et du droit à la souveraineté alimentaire ». « Le droit à l'alimentation est un droit humain », a-t-il insisté.



    Ce débat thématique avait été organisé par une présidence de l'Assemblée générale soucieuse de ne pas laisser la crise financière mondiale et la baisse du prix des denrées alimentaire éclipser « la nécessité urgente » de résoudre la crise alimentaire mondiale.



    Pour M. Brockmann, comme pour le Rapporteur spécial sur le droit
    à l'alimentation, M. Olivier De Schutter, les solutions proposées dans le cadre de la crise économique actuelle persistent à suivre une « logique du profit à court thème » et n'ont contribué qu'à «
    aggraver le problème de l'insécurité alimentaire ». « Le monde paie le prix de 30 années de négligence dans le secteur agricole », a notamment déclaré ce dernier.




    En guise de solutions concrètes au problème de la crise alimentaire, de nombreux panélistes, à l'instar de M. Daniel de la Torre Ugarte,
    professeur d'économie agricole, ont proposé à de nombreuses reprises de créer une réserve agricole mondiale, tout en louant les mérites de la polyculture et de l'agriculture durable.




    « À l'heure actuelle, les approches agroécologiques des petits
    agriculteurs constituent le seul modèle viable », a ainsi expliqué M. Miguel Altieri, professeur d'agroécologie.




    Pour le Haut Représentant du Secrétaire général pour les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, M. Cheik Sidi Diarra, qui a déploré les 10 000 morts quotidiennes d'enfants, imputables à la faim, « il existe aujourd'hui une occasion historique de revitaliser le secteur agricole ».



    Par ailleurs, de nombreux représentants d'États Membres, dont celui de l'Uruguay, ont demandé la conclusion du cycle de négociations commerciales de Doha, dénonçant, entre autres, le maintien des politiques de subventions agricoles des pays développés, ou encore l'utilisation des biocarburants.



    Plusieurs experts ont insisté sur l'importance à accorder au fait que le droit à l'alimentation est désormais considéré comme un droit de l'homme. La représentante de Cuba a notamment demandé la tenue d'une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme qui porterait sur les conséquences de la crise alimentaire sur la
    jouissance de ces droits.




    DIALOGUE THÉMATIQUE INTERACTIF SUR LA CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE ET LE DROIT À L'ALIMENTATION




    Déclarations




    M. MIGUEL D'ESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de l'Assemblée générale, a estimé que les crises alimentaire, financière et énergétique ainsi que les effets des changements climatiques convergeaient et s'aggravaient mutuellement.
    M. Brockmann a mis l'accent sur la nécessité pour les principaux organes de l'ONU qui traitent de ces questions de s'accorder sur
    l'indispensable édification d'une nouvelle architecture mondiale en matière d'agriculture et d'alimentation. Le droit à l'alimentation est un droit fondamental de l'homme, défini par le droit international et qui requiert donc des mesures inclusives et capables de faire participer tous les secteurs de la société, a-t-il déclaré.




    Selon M. Brockmann, la crise alimentaire actuelle est le résultat
    de l'échec des modèles de gouvernance et de production. Des alternatives doivent être trouvées, tant sur le plan international que local, a-t-il ajouté, insistant une nouvelle fois sur les liens entre les différentes crises. À moins de mettre en œuvre des changements novateurs et de grande envergure, la faim
    s'étendra de nouveau à travers le monde comme une peste médiévale, a-t-il averti. Le fait est, a-t-il ajouté, qu'en dépit des connaissances et des capacités financière et technologique disponibles, la moitié de l'humanité est frappée par des niveaux de malnutrition et de pauvreté qui sont entièrement incompatibles avec leurs droits et leur dignité. Il est temps, a-t-il ajouté, de
    mettre en œuvre une nouvelle politique en matière d'alimentation qui se préoccupe des pauvres et de leur droit à l'alimentation, ainsi que du bien-être de la planète.




    Lançant un appel en faveur d'une démocratisation de l'alimentation, le Président de l'Assemblée générale a préconisé la création d'un système contrôlé par la population et respectueux des communautés et du droit à la souveraineté alimentaire. Les
    populations du monde demandent la fin de cette culture de l'indifférence envers le bien-être d'autrui, car la perpétuer reviendrait à trahir nos valeurs les plus sacrées et entraînerait des conséquences terribles pour la planète et sa population, a-t-il déclaré.




    M. Brockmann a ensuite jugé que les solutions proposées dans
    le cadre de l'actuelle crise économique n'avaient fait qu'aggraver le problème, car elles persistent à suivre la logique du profit à court terme et du cumul des richesses. Il faut dépasser la médiocrité morale qui empêche de faire les sacrifices héroïques qu'exige la magnitude du problème, a-t-il dit.




    M. CHEICK SIDI DIARRA, Conseiller pour l'Afrique et Haut Représentant du Secrétaire général pour les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral
    et les petits États insulaires en développement (PEID), a indiqué qu'avant le début de l'actuelle crise alimentaire, 862 millions de personnes dans le monde souffraient de malnutrition et que 100 millions de personnes supplémentaires risquaient de connaître le même sort. De plus, 10 000 enfants meurent de faim chaque jour. Cette situation est totalement inacceptable, d'autant plus que la
    communauté internationale dispose des moyens de résoudre ce problème, a-t-il déclaré.




    Évoquant ensuite les mesures de renflouement destinées à remédier à la crise financière, M. Diarra a estimé que la crise alimentaire méritait autant d'attention, car les défis actuels sont étroitement liés. Il a également insisté sur la nécessité de prendre en compte le travail déjà effectué pour répondre au problème de l'insécurité alimentaire, notamment les résultats du Cadre d'action global, de
    la Réunion de haut niveau à Madrid, en début d'année, et de la Conférence de haut niveau organisée à Rome en juin 2008. Il a également évoqué le Groupe des pays les moins développés qui a proposé, entre autres, la création d'une banque alimentaire mondiale. Il existe aujourd'hui une occasion historique de
    revitaliser le secteur agricole et il convient d'appuyer d'urgence les
    initiatives déjà lancées, a ajouté M. Diarra, pour qui, il importe de
    reconnaître le fait que le droit à l'alimentation est un droit de l'homme reconnu par le droit international. Les efforts doivent être guidés par la nécessité d'appuyer les plus vulnérables, les plus pauvres et les plus marginalisés qui sont souvent mis à l'écart, a-t-il dit.




    M. OLIVIER DE SCHUTTER, Rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, a déclaré que le droit à l'alimentation devait figurer au centre des efforts tendant à réformer le système alimentaire mondial. Pour lutter efficacement contre la faim et la malnutrition, il importe de s'assurer que ceux qui souffrent de la faim soient
    dûment ciblés par des plans sociaux et agricoles, a-t-il souligné. Les États doivent, selon lui, mettre en place des stratégies nationales les ciblant, et renforcer le fonctionnement des tribunaux. Toute personne qui a faim est une personne dont les droits ont été violés, a-t-il déclaré, se félicitant du fait que le Guatemala avait été le premier pays à avoir intégré ce droit dans son système juridique interne. Le droit à l'alimentation n'est pas un droit de
    gouvernance, mais un droit de participation à la mise en œuvre des politiques qui les concernent, a-t-il encore expliqué. Il a ensuite indiqué que les petits exploitants agricoles représentaient 60% des personnes qui souffraient de la faim, les agriculteurs sédentaires 20% et les pauvres de la ville 20%.




    Le Rapporteur spécial s'est dit encouragé par les efforts visant à éviter les erreurs du passé en matière de révolution verte. Les gouvernements doivent opter pour des mesures plus propices à la réalisation du droit à l'alimentation, et il importe de prêter attention aux politiques publiques en vue d'augmenter le rendement des
    agriculteurs. Selon lui, le droit à l'alimentation doit permettre de réfléchir à la création d'un nouveau cadre international capable de garantir l'alimentation pour tous. Aujourd'hui, a-t-il dit, le monde paie le prix de 30 années de négligence dans le secteur agricole. Il a ainsi cité l'exemple des agriculteurs du Bénin qui ont été orientés vers la production de coton afin de satisfaire à des besoins à court terme. Il s'est félicité de l'intention du Gouvernement béninois de diversifier l'agriculture du pays. Selon lui, le Bénin n'a d'autre
    choix que de se concentrer sur la production agricole et d'acheter des biens manufacturés, système qui ne garantit pas le plein-emploi. Il a en outre préconisé la création d'un système commercial mondial capable de contribuer au développement et de garantir un revenu correct aux agriculteurs. Les violations massives du droit à l'alimentation sont dues à un système monétaire injuste dont
    ne bénéficient pas les petits agriculteurs, a-t-il poursuivi. Il faut avant tout, a-t-il conclu, résister aux tentations du profit.




    Table ronde I: « Choix des politiques et le droit à l'alimentation dans le contexte de la crise alimentaire mondiale »



    Animée par le Conseiller principal du Président de l'Assemblée générale en matière de politiques alimentaires et de développement durable, M. David Andrews, la première table ronde du débat thématique interactif de l'Assemblée générale fut l'occasion pour les experts et les États Membres d'analyser les principales raisons de la violation à une grande échelle du droit à l'alimentation, tout en
    examinant les solutions possibles de sortie de la crise alimentaire.




    L'occasion pour plusieurs États Membres de mettre l'accent sur la nécessité de stabiliser le marché alimentaire mondial et d'éliminer les subventions agricoles.



    Pour M. SANJAY REDDY, Professeur adjoint d'économie à Barnard College, le problème de la crise alimentaire n'est pas lié à une question d'offre, mais à une mauvaise répartition du système d'achat. En se concentrant uniquement sur la rentabilité du secteur agricole, on porte atteinte au système alimentaire mondial, a-t-il estimé. Le système commercial actuel est fondé sur une mondialisation alimentaire sans qu'une attention suffisante soit accordée à la souveraineté alimentaire, a-t-il déploré.




    M. DANIEL DE LA TORRE UGARTE, Professeur d'économie agricole à l'Université du Tennessee, s'est penché sur la question de la répartition des terres arables qui se trouvent majoritairement dans des pays exportateurs de denrées alimentaires qui ont pu investir dans des systèmes d'infrastructure et la recherche. Il a estimé que la crise actuelle était essentiellement due à des choix politiques fondés sur la croyance selon laquelle la valeur du commerce et de la consommation est supérieure à celle de l'alimentation, entraînant ainsi un manque d'investissement dans la production agricole. L'expert a ensuite plaidé en faveur de la création d'un système de réserve internationale de céréales. Il importe également, selon lui, de contrôler les prix des denrées alimentaires, car une hausse peut entraîner une surexploitation des terres. Il a également insisté sur l'importance d'une bonne gouvernance et sur l'instauration d'un
    système capable d'orienter les investissements directs fondés sur les principes de l'agriculture durable.




    M. JIM MCGOVERN, Président du Comité contre la faim de la Chambre des représentants des États-Unis, a estimé que la faim était une question politique et qu'y mettre un terme nécessitait une volonté politique suffisante. Le nombre de personnes souffrant de la faim a chuté depuis les années 70, mais un nombre plus important de personnes souffrent dorénavant de l'insécurité alimentaire, a-t-il expliqué. Après avoir déploré que cette question n'ait pas été débattue lors de la récente campagne présidentielle, M. McGovern a affirmé qu'un américain sur huit souffrait de la faim. Il faut absolument traduire les bonnes intentions en réalité, a-t-il dit, évoquant la promesse faite par le Président américain, M.
    Barack Obama, d'éliminer la faim aux États-Unis d'ici à 2015. Celle-ci doit s'accompagner d'un plan d'action au niveau local, a-t-il souligné. Il a également jugé qu'aucun pays ne pouvait éliminer la faim à lui tout seul.



    M. PEDRO MEDRANO ROJAS, Directeur du Bureau de l'Amérique latine et des Caraïbes du Programme alimentaire mondial (PAM), a constaté qu'une personne sur six avait sombré dans la pauvreté depuis l'émergence des crises alimentaire et financière actuelles.
    Les solutions proposées, a-t-il dit, doivent s'accompagner d'une bonne gouvernance et du renforcement des institutions, en établissant un lien étroit avec le développement. Passant en revue les travaux de différents organes et conférences des Nations Unies, M. Medrano a insisté sur l'importance de la non-discrimination, de la responsabilisation, de la transparence et du respect de l'état de droit, sur l'autonomisation des plus pauvres, ainsi que sur la promotion de la participation des personnes qui souffrent de la faim à l'élaboration de politiques les concernant. Outre une
    augmentation de la production de denrées alimentaires, la sécurité alimentaire doit s'accompagner d'une augmentation de l'accès à l'alimentation, a-t-il dit.
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mar 21 Avr - 13:25

    Crise alimentaire: le Président de l’Assemblée générale lance un appel en faveur d’une « démocratisation de l’alimentation »
    ( suite et fin )

    Lors du débat interactif qui a suivi, la représentante du Soudan, qui intervenait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a mis l'accent sur la nécessité de déployer des mesures de soutien aux personnes démunies vivant en zone urbaine, et d'apporter un appui ciblé au secteur agricole, aux petits exploitants notamment. Elle a plaidé, entre autres, en faveur d'une stabilisation des prix et du renforcement des stocks alimentaires, tout en estimant qu'une assistance alimentaire d'urgence devait être mise à la disposition des pays les plus frappés par la crise. Comme plusieurs de ses collègues, elle a également demandé une conclusion rapide du Cycle de négociations commerciales de Doha et l'éradication des
    systèmes de subventions.




    Au nom de l'Union européenne, le représentant de la République tchèque, a réaffirmé l'engagement de l'Union européenne à aider les pays les plus frappés par la crise.
    L'efficacité de la réponse internationale dépend de l'autonomisation des pays, a-t-il ajouté, insistant également sur l'importance de la bonne gouvernance. Il convient, selon lui, de prêter davantage attention aux groupes vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants en bas âge.




    Pour le Mexique, qui intervenait au nom du Groupe de Rio, la crise alimentaire actuelle met en cause les progrès réalisés dans les secteurs les plus défavorisés de la société et présente un défi majeur pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Sa représentante a expliqué que les pays membres du Groupe de Rio avaient lancé divers programmes visant à garantir la sécurité alimentaire. Elle a estimé que le problème de la crise alimentaire devait figurer au centre des efforts de développement et a demandé, elle aussi, la fin des subventions agricoles et plus d'investissements pour garantir la productivité agricole sur le plan mondial.



    De son côté, le représentant du Bangladesh a mis l'accent sur la dimension droit de l'homme de la sécurité alimentaire, engageant la communauté internationale à appuyer les efforts entrepris. Il a souligné que les pays les moins développés n'étaient pas en mesure de mobiliser les ressources nécessaires pour résoudre le problème, et a insisté sur l'importance de la coopération technique.



    Son homologue de l'Afrique du Sud a demandé un accroissement de l'aide agricole et du transfert de technologies, estimant que la crise alimentaire actuelle avait entravé la réalisation des droits sociaux et culturels de nombreuses personnes dans le monde. Il a également fait remarquer que les femmes et les fillettes étaient
    plus susceptibles de souffrir de malnutrition que les hommes et les garçons. Le représentant de la Fédération de Russie a, lui, suggéré la création d'un partenariat international, de même qu'une réforme de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). La sécurité alimentaire dépend de l'approche commerciale adoptée au niveau international, a-t-il dit, mettant
    l'accent sur la nécessité de stabiliser le marché alimentaire mondial.




    Table ronde II: « Répondre aux pauvres: le droit à l'alimentation et modèles durables d'agriculture »



    Les participants à une deuxième table ronde sur le droit à l'alimentation et les modèles durables d'agriculture ont cherché à présenter des alternatives concrètes aux modes d'exploitation actuels en vue de garantir la sécurité alimentaire et de préserver l'environnement.



    M. HENRI SARAGIH, du Syndicat des paysans d'Indonésie et membre du Comité directeur international Via Campesina, s'est félicité du fait que la question du droit à l'alimentation était allée au-delà d'une problématique centrée sur le développement vers un concept axé sur les droits de l'homme. Pour cet expert, la crise alimentaire actuelle témoigne de la violation systématique des droits des paysans. Il a dénoncé les pratiques de la révolution verte, les monocultures notamment, leur préférant une agriculture durable à petite échelle.
    Il a également insisté sur l'importance d'instaurer une meilleure législation foncière capable de garantir, entre autres, le droit d'hériter des terres et leur accès aux personnes les plus vulnérables, les femmes notamment. Pour cet expert, la souveraineté alimentaire débouchera forcément sur l'institutionnalisation du droit à l'alimentation.




    Mme JUDI WAKHUNGI, Directrice exécutive du Centre africain pour les études technologiques, a estimé qu'à moins de garantir une croissance durable, dans le secteur agricole, il sera difficile de nourrir les populations du monde, d'améliorer les conditions de vie
    en milieu rural ou de stimuler la croissance économique. Évoquant la situation de l'Afrique subsaharienne, Mme Wakhungi a expliqué
    que les femmes y cultivaient 80% des denrées de base, mais que les hommes étaient les décideurs principaux. De plus, cette région est la plus vulnérable aux effets des changements climatiques et est particulièrement frappée par la paupérisation halieutique, tandis que la législation et les mécanismes commerciaux capables de garantir une sécurité alimentaire font défaut. Elle a souhaité la création de filets de sécurité et d'emplois non agricoles dans les
    régions rurales.




    Après avoir signalé que 12% d'Américains étaient frappés par l'insécurité alimentaire, Mme MOLLY ANDERSON, du Wallace Center at Winrock International, a insisté sur l'importance d'augmenter les investissements en zones rurales et d'améliorer l'utilisation des connaissances. Elle a également souligné la nécessité de démocratiser les prises de décisions et de garantir un accès équitable aux ressources et aux marchés. Il importe également, selon elle, de ne pas négliger l'augmentation de la demande en produits issus de l'agriculture durable. L'augmentation de la
    croissance ne peut plus être le moteur principal de l'économie mondiale, a-t-elle notamment déclaré.




    Le modèle agricole actuel a également été dénoncé par M. MIGUEL ALTIERI, Professeur d'agroécologie à Berkeley University, lequel, a-t-il dit, n'a pas été à même de faire face à la crise alimentaire actuelle. Il a souligné qu'en Amérique latine, la révolution verte n'avait pas touché les petits agriculteurs, car seuls les grands exploitants pouvaient se permettre l'utilisation de pesticides et autres intrants. Il a prôné l'instauration d'un système agricole basé sur le savoir-faire des populations autochtones, et a insisté sur le rôle salutaire des polycultures et de la biodiversité. Cet expert a notamment signalé, a titre d'exemple, qu'en Bolivie, l'application d'une méthode agroécologique avait permis d'augmenter de 24% le
    rendement agricole du pays. Pour M. Altieri, les approches agroécologiques des petits agriculteurs représentent le seul modèle viable.




    Lors du débat interactif qui a suivi, le représentant de l'Italie a indiqué que son pays organiserait ce mois-ci une réunion du G-8 visant à examiner la façon d'investir dans la gestion de stocks alimentaires. Pour son homologue du Brésil, le débat actuel traite avant tout de la relation entre le droit à l'alimentation et le
    développement de l'agriculture. Comment les gouvernements peuvent-ils garantir le droit à l'alimentation s'ils ne disposent pas de fonds nécessaires, s'est-il interrogé. Il a donné un bref aperçu des mesures prises au Brésil pour stimuler « l'agrobusiness » et a signalé que 70% des aliments consommés au Brésil y avaient été cultivés. Un environnement économique stable est nécessaire pour garantir la sécurité alimentaire, a déclaré à son tour le représentant de la
    Bosnie-Herzégovine.




    De son côté, le représentant de l'Inde a dénoncé les subventions des pays développés qui, selon lui, ont sapé la production agricole des pays en voie de développement et déformé le marché agricole. Il a ensuite indiqué que l'Inde partageait sa production agricole avec d'autres pays de la région, et qu'une réforme du secteur agricole était actuellement en cours, qui comprendra, notamment, un système de crédits destinés aux paysans. Pour le délégué de l'Uruguay, il convient de s'attaquer aux racines profondes de la crise, notamment la fluctuation des ressources agricoles et de leur disponibilité. La correction des distorsions sera déterminante pour garantir une provision abondante d'aliments, a-t-il affirmé, pour demander ensuite la conclusion du cycle de négociations
    commerciales de Doha.




    La représentante du Canada a estimé que la crise financière risquait de décourager les investissements dans les infrastructures agricoles du monde. Un contrôle des prix ne pourra cependant pas apporter de solutions satisfaisantes, a-t-elle ajouté. La représentante de l'Indonésie a jugé qu'un meilleur mécanisme de
    sauvegarde pour les pays en voie de développement était essentiel pour la réforme du commerce agricole, avant d'insister sur l'importance des partenariats mondiaux. Il faut passer du dialogue à l'action, a déclaré quant à elle la représentante de l'Australie, qui a notamment estimé qu'une aide immédiate devait être apportée aux personnes qui souffrent de la faim. Il importe également, selon elle, de mettre un terme aux distorsions de la production et du
    commerce alimentaire.




    Pour sa collègue de Cuba les causes profondes de la crise alimentaire se trouvent dans la « distribution injuste » des richesses du monde. Elle a demandé la tenue d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme et de la Troisième Commission
    de l'Assemblée générale qui porterait sur les conséquences de la crise alimentaire sur la jouissance des droits. Le représentant du Nigéria s'est dit préoccupé par le fait que les stratégies proposées n'aboutiront pas, à moins d'être mises en œuvre sur le terrain. Comment pouvons-nous garantir le droit à l'alimentation en Afrique alors que le niveau de l'agriculture en est encore au stade de subsistance, a-t-il demandé.




    La représentante des États-Unis a indiqué que le Président Barack
    Obama avait alloué 448 milliards de dollars en guise d'assistance immédiate aux personnes qui souffrent de faim dans le monde.
    Elle a engagé les États Membres à se joindre à cette initiative et a indiqué que son gouvernement appuyait les efforts déployés par l'ONU pour résoudre la crise alimentaire. Prônant une initiative globale, la représentante a également convenu que les plus pauvres devaient pouvoir bénéficier de revenus plus stables.




    Le représentant du Bénin est revenu sur les observations du Rapporteur spécial et a expliqué que pendant les années 80, son pays avait dû privilégier les cultures de rentes pour faire face à sa dette, ce qui avait entraîné une augmentation de ses importations de vivres. Il a également signalé que le Gouvernement béninois
    actuel s'efforçait de raviver le secteur agricole du pays par l'intermédiaire de distribution d'intrants et en privilégiant la diversification des cultures. Il a également demandé le démantèlement du système de subventions agricoles.




    Le représentant de la Suisse a insisté sur le lien qui existe entre les effets des changements climatiques et la crise alimentaire. Comment certains pays en développement pourront-ils relancer leurs capacités, a-t-il notamment demandé. Son homologue
    de la Norvège a estimé que les réponses à long terme apportées à la crise alimentaire devaient reposer sur des initiatives nationales, l'ONU et autres organisations internationales devant simplement y apporter un appui.




    Le représentant de la République tchèque, au nom de l'Union européenne (UE), a mis l'accent sur la nécessité de mettre en œuvre un système de ressources idoines capables de
    répondre aux défis de la crise. Il a également privilégié l'instauration d'un partenariat entre les secteurs privés et publics ainsi qu'avec différentes organisations non gouvernementales (ONG), et auquel participeraient les pays en développement. Pour le représentant, le développement des zones rurales doit être l'objectif principal des mesures politiques, de même que la lutte contre les changements climatiques. La déléguée du Venezuela a condamné la pratique de
    spéculation en bourse des aliments. Le modèle capitaliste a freiné le développement de nos peuples, a-t-elle notamment déclaré.




    De son côté, la représentante du Kazakhstan a prôné l'adoption d'une approche holistique et cohérente et a rappelé l'importance du développement des zones rurales, tandis que son collègue de la Fédération de Russie a constaté l'échec des mesures visant à garantir la sécurité alimentaire et a demandé une meilleure répartition des mesures d'aide et d'assistance. Le représentant de l'Égypte a lui aussi estimé que la crise alimentaire devait être examinée de façon globale, tout en prenant en compte l'impact de l'utilisation de biocombustibles. Cette crise exige un engagement des bailleurs de fonds, a-t-il déclaré, pour se féliciter ensuite de la tenue prochaine du sommet de la FAO sur la question.



    En conclusion de cette table ronde, son animatrice, Mme BARBARA EKWALL, de la Division de l'économie agricole et du développement de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a estimé qu'instaurer le principe de participation dans les mesures visant à répondre au problème de l'insécurité
    alimentaire serait un pas en avant important. Le droit à l'alimentation n'est pas une utopie, a-t-elle dit.




    M. MIGUEL D'ESCOTO BROCKMANN, Président de l'Assemblée générale, a estimé, dans sa déclaration de clôture, que pour mettre un terme au problème injustifiable qu'est la faim, il faudra changer de façon notable les modes de production et de consommation. Il a
    ensuite condamné « l'absence frappante » du problème de la crise alimentaire lors du Sommet du G-20. Ceux qui ont faim ne peuvent attendre, et la garantie du droit à l'alimentation transforme ces personnes en détenteurs de droits, a-t-il dit. Après avoir engagé la communauté internationale à défendre les droits des personnes qui ont faim, M. Brockmann a mis l'accent sur la nécessité d'examiner cette crise sous plusieurs angles, notamment juridique, éthique et moral.




    À l'intention des organes d'information • Document non officiel.



    Source:
    United Nations General Assembly -
    http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/KHII-7QV9DR?OpenDocument
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 22 Avr - 15:37

    Plus d’un milliard de personnes vont connaître la famine en
    2009





    Dans un rapport remis lundi dernier à l’occasion de la Conférence de Bangkok (Thaïlande)des Nations unies sur la politique alimentaire, Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO (Organisme des Nations unies pour l’alimentation et pour l’agriculture) a averti que plus d’un milliard de personnes dans le monde connaîtront très probablement
    des problèmes de famine en 2009. Ce chiffre dépasse les 963 millions, soit d’après les prévisions de la FAO, autour d’une personne sur sept en 2009.

    Diouf a souligné qu’alors que les prix des denrées agricoles de première nécessité comme le riz, le maïs, ou le blé ont
    baissé par rapport aux prix catastrophiques atteints en 2008, ils demeurent autour de 30 pour cent plus élevés qu’en 2005. La semaine dernière, dans une interview donnée au Financial Times, Diouf a soutenu que la crise alimentaire n'est pas terminée.

    charge pour les pauvres et pour la classe ouvrière de par le monde. Diouf a prévenu que les prix pourraient une nouvelle fois être au niveau de ceux de 2007 et de 2008 suite à l’absence de crédits actuellement accordés aux agriculteurs, ce qui a nui à leur production et à leur capacité de production et de développement.


    En 2007 et en 2008, le prix du maïs a augmenté de 31 pour cent, celui du riz de 74 pour cent, celui du soja de 87 pour cent et celui du blé de 130 pour cent. L’incapacité d’un grand nombre de personnes à accéder dans ces circonstances à des produits alimentaires basiques a provoqué des troubles au niveau mondial et des émeutes de la faim ont éclaté dans pas moins de 30 pays.

    La FAO a établi dans le détail une liste des urgences dans le domaine alimentaire. Dans la mise à jour la plus récente des
    urgences alimentaires, publiée en février, la FAO signale que 32 pays du monde sont dans un état de crise immédiate et d’insécurité alimentaire et ces pays ont besoin d’une aide extérieure. La FAO a accordé une importance particulière à la bande de Gaza, dévastée par les récentes agressions israéliennes ainsi qu'au Kenya, à la Somalie et au Zimbabwe, pays « où la sécurité alimentaire est
    précaire suite à des récoltes affectées par la sécheresse, à une guerre civile et/ou à la crise économique. »


    Selon ce rapport « En Afrique de l’Est, plus de 18 millions sont confrontés à de graves problèmes alimentaires soit à cause de
    conflits, soit à cause de troubles, soit à cause de mauvaises conditions météo, soit à cause de l’association de ces problèmes. Au Kenya des millions de personnes sont confrontées à des problèmes alimentaires et le gouvernement « a déclaré l’état de catastrophe nationale et a indiqué qu’approximativement 10
    millions de personnes n’ont aucune sécurité alimentaire, y compris les 3,2 millions de personnes subissant la sécheresse ».


    Toujours selon ce rapport, en Erythrée (en Afrique du Nord Est) « le prix des céréales est toujours élevé, affectant la sécurité alimentaire d’une grande partie de la population tandis que de l'autre côté de sa frontière occidentale, dans le sud du Soudan, malgré une amélioration globale de la fourniture en céréales, des problèmes de transport et du système des marchés rendront impossible tout mouvement des zones excédentaires vers les
    zones déficitaires ».


    De son côté, la Confédération syndicale internationale a publié en mars un rapport intitulé « Un remède contre la faim, pourquoi le monde manque de nourriture » qui essaie de dresser un tableau plus large de la crise tout en se faisant l’écho des prédictions données par Diouf et par la FAO. « En Afrique, les plus pauvres sont les plus durement touchés. 160 millions de personnes essaient de survivre avec moins d’un demi-dollar par jour.
    La plupart de ces foyers sont des acheteurs nets de nourriture, pas des producteurs. Ceci entraîne que l’augmentation des prix alimentaires frappent durement les budgets domestiques des habitants les plus pauvres des pays en voie de développement. Cet impact est immédiatement ressenti parce que entre 50 et 70
    pour cent de leur budget est consacré à la nourriture, écartant par là toute idée de régime équilibré à apport nutritionnel élevé. »

    Le rapport continue en affirmant « dans le monde entier, les prix alimentaires n’ont jamais été aussi élevés depuis les années 70
    et depuis la crise pétrolière... le choc des prix élevés avait déjà commencé en 2006 et les prix des matières premières agricoles n’a pas cessé d’augmenter jusqu’à la moitié de 2008.Des projections de la FAO à moyen terme indiquent que les prix alimentaires pourraient baisser en 2009 mais qu’ils resteront, au cours des années à venir, bien au dessus de leur niveau antérieur à 2004.
    »


    Après avoir fait un certain nombre de prédictions sinistres concernant la famine mondiale, Diouf a proposé une solution pour
    faire face à la crise en demandant une aide financière aux dirigeants du G20. Diouf a affirmé que « le premier et le principal élément c’est le besoin d’investir dans la production agricole et ceci exigerait 30 milliards de dollars par an ».


    La solution au problème que Diouf, la FAO et d’autres agences chargées de surveiller les urgences alimentaires proposent sont
    très éloignées du cœur du problème. Si on a besoin de 30 milliards de dollars ou plus par an, il faut se demander sous quel contrôle ou et dans l'intérêt de qui ces investissements devront être réalisés. Laisser entre les mains des dirigeants du G20, et des classes dirigeantes des Etats qu’ils représentent, l’apport de nourriture et sa distribution à la population mondiale, ne fait que
    conduire la crise alimentaire dans un chaos sans fin.


    L’état déjà fragile et anarchique de la production alimentaire mondiale a été fortement aggravé par la crise du crédit et par la spéculation rampante sur la nourriture qui s’est produite lors de
    l’explosion des bulles du crédit, mais la racine de cette large insécurité alimentaire ne vient pas de la crise actuelle mais de la nature même du système capitaliste lui même, qui a donné naissance à cette crise.


    (Article original anglais paru le 2 avril 2009)

    Copyright 1998 - 2009
    World Socialist Web
    Site
    Tous droits réservés


    http://www.wsws.org/francais/News/2009/avr09/fami-a22.shtml
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Lun 27 Avr - 15:47

    Pourquoi une faim galopante au XXIe siècle et comment l’éradiquer ?



    Lundi 27 avril 2009,




    Comment expliquer qu’on soit toujours confronté à la faim au 21ème siècle ? Un habitant de la planète sur sept souffre de la faim en permanence.

    Les causes sont connues :
    une injustice profonde dans la distribution des richesses, un accaparement des terres par une minorité réduite de très grands propriétaires. Selon la FAO
    , 963 millions de personnes souffraient de la faim en 2008. Structurellement, ces personnes appartiennent paradoxalement à la population rurale. Ce sont en majorité des
    producteurs agricoles qui ne possèdent pas de propriétés ou pas assez de terres, ni de moyens pour les mettre en valeur.

    Qu’est-ce qui a provoqué la crise alimentaire de
    2007-2008 ?


    Il faut souligner qu’en 2007-2008, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 140 millions. Cette nette augmentation est due à l’explosion du prix des produits alimentaires . Dans de nombreux pays, cette augmentation des prix de vente des aliments au détail tourne autour de 50 %, parfois plus.

    Pourquoi une telle augmentation ? Il est important de comprendre ce qui s’est passé depuis trois ans pour répondre à cette question et, ensuite, mettre en place des politiques alternatives adéquates.

    D’une part, les pouvoirs publics du Nord ont augmenté leurs aides et leurs subventions pour les agro-carburants (appelés à tort « biocarburants » alors qu’ils n’ont pourtant rien de bio). Du coup, il est devenu rentable de remplacer les cultures vivrières par des cultures fourragères et d’oléagineux, ou de dévier une partie
    de la production de grains (maïs, blé…) vers la production
    d’agro-carburants.


    D’autre part, après l’éclatement de la bulle de l’immobilier aux Etats-Unis, puis dans le reste du monde par ricochets, la spéculation des grands investisseurs (fonds de pension,
    banques d’investissement, hedge funds…) s’est déplacée vers les marchés boursiers où se négocient les contrats sur les denrées alimentaires (principalement trois Bourses des Etats-Unis spécialisées dans les marchés à terme de grains : Chicago, Kansas City et Minneapolis). Il est donc urgent pour les citoyens d’agir pour interdire par voie légale la spéculation sur les aliments… Bien que la spéculation à la hausse ait pris fin au milieu de l’année 2008 et que les prix sur les marchés à terme soient ensuite retombés en flèche, les prix au détail n’ont pas suivi le même mouvement. L’écrasante majorité de la population mondiale dispose de revenus très bas et subit encore aujourd’hui les conséquences dramatiques de l’augmentation des prix des aliments de 2007-2008.


    Les dizaines de millions de perte d’emplois annoncées pour 2009-2010 à l’échelle mondiale vont aggraver la situation. Pour contrer cela, il faut que les autorités publiques exercent un
    contrôle sur les prix alimentaires afin de les faire baisser. L’augmentation de la faim dans le monde n’est pas due pour le moment au changement climatique.
    Mais ce facteur aura des conséquences très négatives dans l’avenir en termes de production dans certaines régions du monde, en particulier les zones tropicales et subtropicales. La production agricole dans les zones tempérées devrait être moins touchée. La solution consiste en une action radicale pour réduire brutalement les émissions de gaz à effets de serre (le GIEC
    ) recommande une
    diminution de 80 % des émissions pour les pays les plus industrialisés et de 20% pour les autres).

    Est-il possible d’éradiquer la faim ?

    Eradiquer la faim, c’est out à fait possible. Les solutions fondamentales pour atteindre cet objectif vital, passent par une politique de souveraineté alimentaire et une réforme agraire. C’est-à-dire nourrir la population à partir de l’effort des producteurs
    locaux, tout en limitant les importations et les exportations.


    Il faut que la souveraineté alimentaire soit au cœur des décisions politiques des gouvernements. Il faut se baser sur les exploitations agricoles familiales utilisant des techniques destinées à produire des aliments dits « bio » (ou « organiques »). Cela permettra en plus de disposer d’une alimentation de qualité : sans OGM, sans pesticides, sans herbicides, sans engrais chimiques. Mais pour atteindre cet objectif-là, il faut que plus de 3 milliards de paysans puissent accéder à la terre en quantité suffisante et la travailler pour leur
    compte au lieu d’enrichir les grands propriétaires, les transnationales de l’agrobusiness et les commerçants. Il faut aussi qu’ils disposent, grâce à l’aide publique, des moyens pour cultiver la terre (sans l’épuiser). Pour ce faire, il faut une réforme agraire, réforme qui manque toujours cruellement, que ce soit au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, au Pérou, en Asie ou dans certains
    pays d’Afrique. Une telle réforme agraire doit organiser la redistribution des terres en interdisant les grandes propriétés terriennes privées et en fournissant un soutien public au travail des agriculteurs.

    Il est important de souligner que le FMI et surtout la Banque mondiale ont d’énormes responsabilités dans la crise alimentaire car ils ont recommandé aux gouvernements du Sud de supprimer les silos à grains qui servaient à alimenter le marché intérieur en
    cas d’insuffisance de l’offre et/ou d’explosion des prix. La Banque mondiale et le FMI ont poussé les gouvernements du Sud à supprimer les organismes de crédit public aux paysans et ont poussé ceux-ci dans les griffes des prêteurs privés (souvent de grands commerçants) ou des banques privées qui pratiquent des taux usuriers. Cela a provoqué l’endettement massif des petits paysans, que ce soit en Inde, au Nicaragua, au Mexique, en Egypte ou dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Selon les enquêtes officielles, le surendettement des paysans qui touche les paysans indiens est la cause principale du suicide de 150 000 paysans en Inde au cours des dix dernières années. C’est un pays où précisément la Banque mondiale s’est employée avec succès à convaincre les autorités de supprimer les agences publiques de crédit aux agriculteurs. Et ce n’est pas tout : au cours des 40 dernières années, la Banque mondiale et le FMI ont aussi poussé les pays tropicaux à réduire leur production de blé, de riz ou de maïs
    pour les remplacer par des cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, fleurs…). Enfin, pour parachever leur travail en faveur des grandes sociétés de l’agrobusiness et des grands pays exportateurs de céréales (en commençant par les Etats-Unis, le Canada et l’Europe occidentale), ils ont poussé les gouvernements à ouvrir toutes grandes les frontières aux importations de nourriture qui bénéficient de subventions massives de la part des
    gouvernements du Nord, ce qui a provoqué la faillite de nombreux producteurs du Sud et une très forte réduction de la production vivrière locale.


    En résumé, il est nécessaire de mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et la réforme agraire.
    Il faut abandonner la production des agro-carburants industriels et bannir les subventions publiques à ceux qui les produisent. Il faut également recréer au Sud des stocks publics de réserves d’aliments (en particulier de grains : riz, blé, maïs…), (re)créer des organismes publics de crédit aux agriculteurs et rétablir une régulation des prix des aliments. Il faut garantir que les populations à bas revenu puissent bénéficier de bas prix pour des aliments de qualité. L’Etat doit garantir aux petits producteurs agricoles des prix de vente
    suffisamment élevés afin de leur permettre d’améliorer nettement leurs conditions de vie. L’Etat doit également développer les services publics dans les milieux ruraux (santé, éducation, communications, culture, « banques » de semences…). Les pouvoirs publics sont parfaitement à même de garantir à la fois
    des prix subventionnés aux consommateurs d’aliments et des prix de vente suffisamment élevés pour les petits producteurs agricoles afin qu’ils disposent de revenus suffisants.


    Ce combat contre la faim n’est-il pas partie prenante d’un combat bien plus vaste ?

    On ne peut prétendre sérieusement lutter contre la faim sans s’attaquer aux causes fondamentales de la situation actuelle. Or la dette est l’une d’entre elles, et les effets d’annonce sur ce thème, fréquents ces dernières années comme lors des sommets du
    G8 ou du G20, masquent mal que ce problème demeure entier. La crise globale qui touche le monde aujourd’hui aggrave la situation des pays en développement face au coût de l’endettement et de nouvelles crises de la dette au Sud sont en préparation. Or cette dette a conduit les peuples du Sud, souvent pourvus en
    richesses humaines et naturelles considérables, à un appauvrissement général. La dette est un pillage organisé auquel il est urgent de mettre fin.


    En effet, le mécanisme infernal de la dette publique est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, parmi lesquels l’accès à une alimentation décente.
    Sans aucun doute, la satisfaction des besoins humains fondamentaux doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par
    rapport aux droits fondamentaux de six milliards de citoyens, piétinés par ce mécanisme implacable que représente la dette.


    Il est immoral de demander aux pays appauvris par une crise globale dont ils ne sont nullement responsables de consacrer une grande partie de leurs ressources au remboursement de
    créanciers aisés (qu’ils soient du Nord ou du Sud) plutôt qu’à la satisfaction de ces besoins fondamentaux. L’immoralité de la dette découle également du fait qu’elle a très souvent été contractée par des régimes non démocratiques qui n’ont pas utilisé les sommes reçues dans l’intérêt de leurs populations et ont souvent organisé des détournements massifs d’argent, avec l’accord tacite ou
    actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI. Les créanciers des pays les plus industrialisés ont prêté en connaissance de cause à des régimes souvent corrompus. Ils ne sont pas en droit d’exiger des peuples qu’ils remboursent ces dettes immorales et illégitimes.

    En somme, la dette est un des principaux mécanismes par lesquels une nouvelle forme de colonisation s’opère au détriment des peuples. Elle vient s’ajouter à des atteintes historiques portées également par les pays riches : esclavage, extermination de
    populations indigènes, joug colonial, pillage des matières premières, de la biodiversité, du savoir-faire des paysans (par le brevetage au profit des transnationales de l’agrobusiness du Nord des produits agricoles du Sud comme le riz basmati indien) et des biens culturels, fuite des cerveaux, etc. Il est plus que temps de remplacer la logique de domination par une logique de
    redistribution de richesses dans un souci de justice.


    Le G8, le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris imposent leur propre vérité, leur propre justice, dont ils sont à la fois juge et partie. Face à la crise, le G20 a pris le relais et cherche à remettre un FMI discrédité et délégitimé au centre du jeu politique
    et économique. Il faut mettre fin à cette injustice qui profite aux oppresseurs, qu’ils soient du Nord ou du Sud.


    Damien Millet, Eric Toussaint

    Damien Millet, mathématicien, est porte-parole du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org).

    Eric Toussaint docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique. Ils ont écrit ensemble le livre « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale »,
    CADTM/Syllepse, novembre 2008.


    Notes




    Organisme des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture,
    http://www.fao.org

    Voir Damien Millet et Eric Toussaint, « Retour sur les causes de la crise alimentaire mondiale », 2008. Voir aussi Eric Toussaint, « Une fois encore sur les causes de la crise alimentaire


    Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, voir
    http://www.ipcc.ch/languages/french.htm



    Source / auteur : CADTM

    http://www.hns-info.net/spip.php?article18396
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Ven 8 Mai - 18:52

    Les galettes de boue
    d'Haïti


    En Haïti, l’un des pays parmi les plus pillés et
    ruinés du monde, les paysans affamés en sont réduits à manger des galettes de
    boue. Le mélange, avec un peu d’eau, du sel et de la matière grasse végétale,
    donne une masse boueuse lisse. Découpée en rondelles plates et séchées au
    soleil, elle prend l’aspect d’un biscuit qui procure de redoutables maux de
    ventre. Mais c’est l’unique repas que prennent des milliers d’Haïtiens depuis
    déjà longtemps.


    Au rang des accusés : les États-Unis et l’Europe
    subventionnant leurs exportations de riz, de farine et d’autres denrées
    alimentaires. Les cultivateurs haïtiens, déstabilisés par les importations à bas
    prix, ont abandonné les champs. Aujourd’hui, le pays importe l’essentiel des
    produits alimentaires de base. Mais lorsque le marché international est à la
    hausse, les Haïtiens paient le prix fort.


    (...)

    Tout le monde aura compris la recette, c’est
    partout la même dans les pays du Sud aux richesses rançonnées, aux paysages
    saccagés et dont on exhorte les populations à une démographie exponentielle en
    inéquation avec les ressources sciemment décimées. Avec l’irrespect comme morale
    et la perte de conscience comme symptôme positif, l’accumulation comme principe
    majeur fut ainsi et partout perpétré par un capitalisme héritier en droite ligne
    des religions monothéismes et conférant indûment à l’homme Blanc plus qu’un
    droit de cuissage sur les autres races et de saccage de la nature.


    On pourrait ainsi résumer la recette aux mains du
    cuisinier colon : exploitez puis éliminer les peuples premiers, exploitez
    jusqu’à la corde les ressources du sol et du sous-sol, épluchez les écosystèmes,
    dépecez les paysages, essorez les montagnes, déboisez et laissez déboiser,
    faites table rase de tout ce qui pousse et de tout ce qui bouge, épuisez et
    nettoyez toute la terre végétale de manière à ce que les pluies diluviennes
    dévalent les flancs, inondant les vallées et soumettant les habitants à des
    catastrophes « naturelles », massacrez, assassinez, puis faites accroire que
    vous portez secours, que vous soutenez. Mettre au four, quand c’est bien cuit,
    montrez la misère aux téléspectateurs du premier monde qui s’en apitoieront en
    mangeant leur entrecôte.


    Excellent coupe-faim, la galette de boue est
    festive, apéritive et se grignote à l’apéritif comme mise en bouche ! Apport en
    calcium garanti ! Bientôt en vente chez Hédiard et Fauchon, aux rayons bio. Un
    seul problème : la boue coûte de plus en plus cher…


    Notez bien, ce n’est pas précisé dans les guides
    touristiques, qu’on ne sert pour l’instant cette gastronomie créole que chez
    l’habitant de Cité Soleil, lequel vous souhaitera spontanément la bienvenue
    écotouristique dans la misère où on l’enfonce.


    Je doute que l’on vous propose cette recette
    typiquement haïtienne lors de votre soirée barbecue à l’hôtel Montana tout
    proche de Port-au-Prince.


    Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x481i2_haiti-famine-galette-dargile_news
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 13 Mai - 12:26

    Pourquoi une faim galopante au XXIe siècle et comment
    l’éradiquer ?



    Comment expliquer qu’on soit
    toujours confronté à la faim au 21ème siècle ?


    Un habitant de la planète sur sept souffre de la
    faim en permanence. Les causes sont connues : une injustice profonde dans la
    distribution des richesses, un accaparement des terres par une minorité réduite
    de très grands propriétaires. Selon la FAO |1|, 963 millions de personnes
    souffraient de la faim en 2008. Structurellement, ces personnes appartiennent
    paradoxalement à la population rurale. Ce sont en majorité des producteurs
    agricoles qui ne possèdent pas de propriétés ou pas assez de terres, ni de
    moyens pour les mettre en valeur.

    Qu’est-ce qui a provoqué la crise
    alimentaire de 2007-2008 ?

    Il faut souligner qu’en 2007-2008, le nombre de
    personnes souffrant de la faim a augmenté de 140 millions. Cette nette
    augmentation est due à l’explosion du prix des produits alimentaires |2|. Dans
    de nombreux pays, cette augmentation des prix de vente des aliments au détail
    tourne autour de 50 %, parfois plus.

    Pourquoi une telle augmentation ? Il est important
    de comprendre ce qui s’est passé depuis trois ans pour répondre à cette question
    et, ensuite, mettre en place des politiques alternatives adéquates.

    D’une part, les pouvoirs publics du Nord ont
    augmenté leurs aides et leurs subventions pour les agro-carburants (appelés à
    tort « biocarburants » alors qu’ils n’ont pourtant rien de bio). Du coup, il est
    devenu rentable de remplacer les cultures vivrières par des cultures fourragères
    et d’oléagineux, ou de dévier une partie de la production de grains (maïs, blé…)
    vers la production d’agro-carburants. Lire

    Date de mise en ligne : 12 mai
    2009


    TOUSSAINT Eric , MILLET
    Damien


    Source : http://www.rinoceros.org/spip.php?article8477
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Ven 15 Mai - 19:58

    Crise alimentaire : L'Europe
    octroie 106 millions d'euros à dix pays pauvres



    15 mai 2009

    L'Union européenne va octroyer 106 millions
    d'euros (144 millions de dollars) pour aider dix pays pauvres à améliorer leur
    production agricole, aux termes d'un accord avec l'Organisation des Nations
    Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).


    L'accord, paraphé vendredi à Bruxelles, prévoit
    un paquet d'assistance technique à 10 pays d'Afrique, d'Asie et des Caraïbes qui
    ont été les plus touchés par la flambée des prix alimentaires mondiale en 2007
    et 2008, a précisé la FAO dans un communiqué.



    Cette assistance vise à renverser la tendance vers une aggravation de la
    sécurité alimentaire de ces pays, celle-ci étant susceptible de se détériorer
    encore davantage cette année, car les pays en développement ont été rejoints par
    la crise économique et financière mondiale, a ajouté le communiqué.


    "C'est le plus grand accord jamais passé entre la Commission européenne
    et la FAO", a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO. "Nous sommes
    très heureux qu'en ces temps troublés, l'Europe montre un engagement sans faille
    à la cause d'environ un milliard de personnes qui vont se coucher le ventre vide
    tous les soirs."


    Les prix alimentaires sont encore élevés et volatiles dans les pays en
    développement bien que les prix internationaux des produits alimentaires de base
    aient récemment baissé, a-t-il ajouté.


    Les dix pays concernés par l'accord sont les suivants :


    Afghanistan : soutien à l'industrie des semences et à leur
    production;


    République centrafricaine : multiplication de semences, agriculture de
    conservation, réintégration des anciens soldats dans le secteur agricole,
    ouverture de 80 magasins d'intrants;


    République démocratique du Congo: distribution de semences, réhabilitation
    des avoirs agricoles, appui aux organisations paysannes, information sur la
    sécurité alimentaire;


    Guinée Bissau: fourniture d'intrants agricoles, jardins potagers dans
    les écoles, réhabilitation des infrastructures agricoles;


    Haïti: gestion des ressources naturelles et du stockage de l'eau,
    diversification et intensification de l'agriculture, de l'aquaculture et de la
    pêche;


    Libéria: programme commun avec des partenaires Nations Unies, formation
    de vulgarisateurs et d'agriculteurs, intrants agricoles, jardins potagers dans
    les écoles;


    Mozambique: production et distribution de semences de qualité; usine de
    production de semences;


    Pakistan: distribution de semences, petite irrigation et captage de
    l'eau, outils;


    Sierra Leone: création d'une centaine de centres d'affaires
    agroalimentaires; machines agricoles pour une centaine de coopératives,
    formation d'agriculteurs;


    Zimbabwe: fourniture d'intrants agricoles à 150.000 familles rurales
    vulnérables.


    http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19165&Cr=agriculture&Cr1=crise
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Ven 22 Mai - 13:51

    LET’S MAKE
    MONEY


    Posted: 18 Apr 2009 01:06 PM PDTAprès « We Feed the World », documentaire évènement sur notre alimentation et dénonçant l’agrobusiness,le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec « Let's Make Money ».Le film suit l'argent à la trace dans le système financier mondial.Les banques introduisent notre argent dans le circuit monétaire international, si bien que toute personne ayant un compte bancaire participe sans le savoir au système financier
    mondial.
    A travers les témoignages des différents acteurs de ce système, le
    réalisateur nous révèle les dérives d'une économie sans garde-fou : paradis fiscaux, chantage économique, investissements fictifs, etc.
    Ce documentaire impressionnant est le tout premier film à démonter les bases et les mécanismes de la finance internationale et à montrer les dérives du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.
    Un documentaire implacable prévoyant une crise inévitable, aujourd'hui chez nous...
    Bande annonce et extraits :
    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18875028&cfilm=139479.html
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Lun 25 Mai - 13:50

    Malthus et la petite graine


    Tout commence le 14 février 1766 dans le Surrey, contrée de la verte Angleterre. Thomas Robert Malthus est la sixième graine
    plantée par son géniteur, chef d’une famille fortunée et éclairée. C’est un ami personnel de David Hume et l’un des correspondants de Jean-Jacques Rousseau… Le petit Malthus étudie à l’université de Cambridge où il obtient une chaire en 1793. Puis il devient pasteur anglican en 1797. Cultivé et religieux, donc.
    L’année suivante, il publie Essai sur le principe de population, qui connaît un immense succès et déclenche de nombreuses polémiques. Il prédit que la population augmente de façon exponentielle (1, 2, 4, 8, 16...) tandis que les ressources progressent arithmétiquement (1, 2, 3, 4, 5...). Il n’y aura jamais
    assez de grains pour tout ce monde. On cours à la catastrophe ! Pour éviter de grands malheurs, il propose de contrôler les naissances.


    L’Europe vient de prendre conscience de la délicate équation planétaire qui associe populations et ressources. Après la mort de
    Malthus en 1834, son Essai sur le principe de population qu’il avait réédité et retravaillé à de nombreuses reprises devint la bible d’un premier courant de pensée qui nous intéresse particulièrement. Le « malthusianisme » du XIXe siècle, entre les mains d’un groupe puissant, répandit l’idée que la reproduction des classes les plus favorisées n’était pas un problème, contrairement à celle des classes pauvres et des indigents. Fallait-il stériliser les masses laborieuses de la révolution industrielle ?


    Par la suite, les choses évoluèrent et la petite graine tant questionnée par Malthus un siècle plus tôt trouva d’autres
    jardiniers pour se pencher sur sa croissance. A la fin du XIX° siècle, quelques esprits libertaires s’éprirent de « néo-malthusianisme ». C’était pour eux le meilleur moyen de ne pas fournir la chair à canon des conflits qui s’annonçaient. C’était également le moyen de réfléchir le corps et la dignité des classes laborieuses et de revendiquer, pour les femmes, le droit à l’avortement.


    Durant tout le XX° siècle, on a entrevu des malthusiens ici et ailleurs, d’une obédience ou d’une autre. Et, pendant ce temps, l’équation planétaire populations / ressources mise en lumière par
    Malthus prenait une acuité toute particulière. Ni le « Péril jaune » ni la « bombe démographique » que nous prédisaient les démographes de la seconde moitié du XX° siècle n’ont finalement bouleversé la population mondiale. Aujourd’hui, les analystes avancent que le nombre de terriens continuera certes d’augmenter pour atteindre environ 9 milliards en 2050. Mais, à partir de la seconde moitié
    du siècle, elle amorcera une décrue spectaculaire. En fait, un nouveau phénomène dont nous allons beaucoup entendre parler est déjà à l’œuvre dans plusieurs pays : la dépopulation. Ce phénomène va modifier de fond en comble le monde dans lequel nous vivons, depuis la taille et la puissance des nations jusqu’aux facteurs de croissance économique, en passant par notre qualité de vie. C’est
    ainsi que la discrimination sociale par le contrôle des naissances a perdu son sens ontologique. Une partie de l’équation de Malthus rencontre une solution mais quid de l’accroissement des ressources ? La Terre pourra-t-elle nourrir neuf milliards d’êtres humains ?


    Aujourd’hui, la nourriture est un marché. L’Organisation des Nations Unies, avec la Food and Agricultural Organization, la FAO et surtout le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est un acteur du marché.
    L’alimentation de l’Humanité est un enjeu planétaire, comme le contrôle des naissances, l’eau ou l’énergie. L’historien Emmanuel Le Roy Ladurie faisait récemment remarquer que les difficultés d’approvisionnement, les disettes, la cherté des denrées de première nécessité, et pour finir, les crises alimentaires, accompagnent les situations prérévolutionnaires. En d’autres
    termes, quand les peuples ont faim, les gouvernements sautent. On comprend pourquoi n’y a pas grand monde pour appeler la Révolution de ses vœux. C’est pour cela que l’on nourrit les indigents. Et, de là à penser que l’on nourrit les bouches affamées parce qu’elles sont potentiellement dangereuses, il n’y a qu’un pas…


    On connaissait les crises alimentaires conséquences des catastrophes climatiques, des guerres et des tensions politiques. Voici la crise alimentaire globalisée, en proie aux marchés et à une violente déréglementation voulue par l’Organisation Mondiale du Commerce. Voici le temps de l’agriculture sans agriculteurs, comme en Argentine où les paysans et les sociétés rurales du cône sud ont été repoussées aux marges pampéennes, loin de leurs terres. Le soja transgénique a tout envahi. Des lots de milliers d’hectares sont proposés, le temps d’une récolte, sur les grandes places
    boursières du monde. On achète pour six mois cette terre et sa production comme un produit financier. On spécule sur la nourriture du monde.


    Voici le temps ou les fruits et les légumes qui poussent hors-sol sont disponibles en toute saison. Voici le temps ou la Corée se propose d’acheter un million cinq cent milles hectares à Madagascar pour assurer ses approvisionnements en riz. Le temps où l’on prévoit qu’en 2048, les pêcheurs ne remonteront plus que des méduses du fond des mers dévastées par une surpêche chronique … Voici l’impérieux moment où nous devons résoudre la seconde partie de l’équation de Malthus : la question des ressources. De la crise alimentaire que nous vivons devra sortir la réponse à deux questions qui engagent l’avenir de l’Humanité : comment nourrir les 9 milliards que nous seront en 2050 et avec quelle qualité, quel type de nourriture ? Encore les graines…

    La suite est l’histoire de ce que nous mangeons, de la discrimination dont sont victimes ceux qui ne mangent pas et de la bêtise de
    ceux qui mangent trop. Ainsi, le professeur John Peterson Myers, chercheur en sciences pour la santé environnementale, présente les choses de la manière suivante lorsqu’il s’exprime en public : « Si vous pensez à votre famille et à vos amis proches, combien d’entre eux ont été directement ou indirectement atteint d’un cancer ? Levez la main… Atteint d’un diabète ?... Des parents ou des amis stériles ?... Maintenant, j’aimerais que tous ceux qui ont levé la main au moins une fois lèvent la main de nouveau. » Les trois quarts du public ont la main en l’air. « Regardez autour de vous, vous verrez qu’un pourcentage important de gens qui habitent notre planète est atteint d’une maladie que la science croit liée aux facteurs environnementaux. Un scientifique américain a constaté le printemps dernier que la nouvelle génération d’enfants est la
    première de l’histoire moderne à être en moins bonne santé que ses parents ! » Les populations des pays riches ont des problèmes de fertilité à cause de la qualité dégradée de leur alimentation : les malthusiens qui prônaient la stérilisation des pauvres doivent se retourner dans leurs tombes !


    La première « révolution verte », celle de l’après Seconde Guerre mondiale, était dirigé par le secteur public. Les institutions
    publiques et les gouvernements contrôlaient la recherche, le développement agricole et les politiques agraires. La seconde « révolution verte », celle des biotechnologies et des Organismes Génétiquement Modifiés, est dirigée par une firme privée américaine : Monsanto. Premier semencier du monde, premier fournisseur de graines… La première « révolution verte » était bâtie sur
    l’utilisation massive de produits chimiques et d’équipements motorisés, mais son objectif ultime était tout de même de fournir plus de nourriture et d’assurer la sécurité alimentaire de la planète.


    Aujourd’hui, le bilan est là. Pour paraphraser Winston Churchill : « Il est fini le temps des promesses douteuses et des négociations
    stériles, voici venu le temps des conséquences ». Les sols appauvris, les pollutions massives, la qualité des aliments produits qui s’effondre et, pour finir, de nombreux problèmes de santé dans les populations. Et que dire des agriculteurs, maraîchers et autres viticulteurs atteints de leucémies, de leurs enfants souffrant de malformations congénitales après des années d’exposition familiale aux produits phytosanitaires utilisés massivement ?



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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Lun 25 Mai - 13:51

    Malthus et la petite graine ( suite et fin


    La seconde « révolution verte » est dirigée par
    Monsanto, le roi de la graine. La seconde « révolution verte » n’a rien
    à voir avec la sécurité alimentaire. Encore moins avec la souveraineté
    alimentaire des Etats. Son but ultime est de contrôler le vivant à
    travers une série de brevets. Les OGM sont un moyen de privatiser la
    nourriture de l’Humanité et Monsanto est en position de quasi-monopole.
    « Nous vous possédons, nous possédons tous ceux qui achètent nos
    produits », déclarait un représentant de Monsanto, lors du procès que
    la firme intentait à un paysan américain qui refusait payer les
    royalties de semences qui lui avait été imposées.


    Les OGM de Monsanto sont présents dans le monde entier grâce à une politique commerciale particulièrement agressive incluant la
    corruption
    de gouvernement (en Indonésie) ou de commission scientifique (au
    Canada), la falsification de documents (dans le magazine Science) ou
    l’empoisonnement de population, comme à Anniston, au Texas. Autant de
    comportements et de méthodes qui rappellent étrangement les politiques
    coloniales. Ainsi le brevetage du vivant serait une autre forme de
    colonisation. Selon la physicienne indienne Vandana Shiva, interrogée
    par Marie-Monique Robin, le brevetage du vivant est dans la continuité
    de la première colonisation. Le mot « patente » qui signifie « brevet »
    en anglais, en espagnol ou en allemand, vient de l’époque de la
    conquête. C’était par une « lettre patente » (du latin patens, ouvert,
    évident) portant le sceau des souverains d’Europe, que ceux-ci
    accordaient un droit exclusif à des gens d’armes pour qu’ils
    conquièrent des
    terres étrangères en leur nom.


    Au moment où l’Europe colonisait le monde, les « patentes » visaient une conquête territoriale, tandis que les brevets
    d’aujourd’hui
    visent une conquête économique à travers l’appropriation des organismes
    vivants par les nouveaux souverains que sont les multinationales comme
    Monsanto.


    Les brevets d’hier et
    d’aujourd’hui reposent sur un déni de la vie qui préexistait avant
    l’arrivée du colonisateur. Lorsque les Européens
    ont colonisé
    l’Amérique, les terres du Nouveau Monde ont été déclarées terra nulius,
    littéralement « terres vides », sous entendu « vides de nous, les
    colonisateurs ». De la même manière, le brevetage du vivant est fondé
    sur une hypothèse de « vie vide », car tant que les organismes vivants
    n’ont pas été modifiés génétiquement en laboratoire, ils n’ont pas de
    valeur. C’est un déni du travail et du savoir-faire de millions de
    personnes qui ont entretenu la biodiversité de la vie depuis des
    millénaires et qui, de surcroît, en vivent.


    Ainsi,
    pour en arriver à ce stade, depuis la fin de la seconde guerre
    mondiale, on a sélectionné, irradié, défolié, bombardé les
    graines
    et les semences afin qu’elles donnent toujours plus. Mais plus de quoi
    ? Plus de nourriture ou plus de cancers et de diabètes ? En février
    2009, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments a rendu un
    avis favorable à l’introduction du maïs génétiquement modifié pour
    résister aux insecticides. Les tests ont concerné une génération de
    rats alors qu’il est avéré que les
    problèmes de santé induits par les OGM apparaissent après consommation par plusieurs générations…


    L’essayiste
    Naomi Klein me confiait récemment lors d’une interview que ce n’est pas
    la première fois que nous assistons à ce type
    de comportement de
    domination commerciale. Il y a déjà eu de nombreux exemples, et c’est à
    cela qu’elle fait référence en parlant de « doctrine du choc ». De
    manière quasiment systématique, au cœur des crises contemporaines,
    qu’elles soient financières, pétrolières, ou encore alimentaires, et
    même dans le cas des
    catastrophes naturelles, on se retrouve face au programme des
    néo-libéraux.


    Ce n’est pas un secret, ce n’est pas un complot : il y a une certaine vision du monde prônée par les grandes institutions comme
    l’Organisation
    Mondiale du Commerce, ou le Fond Monétaire International. Mais ce
    modèle n’a pas réussi partout, il y a encore des résistances, des
    politiques à travers le monde qui ne s’y plient pas, et du coup, ce qui
    se passe en temps de crise est perçu par ces institutions comme une
    formidable opportunité d’imposer leur vision néo-libérales du monde.
    Les vieilles recettes ressurgissent, et en étant simplement
    reformatées, elles sont proposées comme étant soudainement les réponses
    à la crise, comme étant les « solutions » à la crise.


    Si
    l’on reprend le problème de la crise alimentaire, du point de vue des
    attentes néo-libérales, on sait quelles politiques n’ont pas
    totalement
    fonctionné. L’une d’entre elles, qui vise tous les pays du monde, est
    la campagne pour autoriser la modification génétique des aliments. Il y
    a des pays dans lesquels, à la suite d’une forte mobilisation des
    agriculteurs, des associations écologiques ont réussi à faire passer
    des lois pour bloquer l’importation de semences génétiquement
    modifiées. Cela a créé une très grande frustration chez les grandes
    firmes agro-alimentaires.


    Il y a
    également des pays en voie de développement qui refusent de retirer
    totalement les moyens de protection qu’ils accordent à leurs industries
    agricoles nationales, en particulier parce que l’Europe et les
    Etats-unis continuent à subventionner leurs exportations. Ces
    protections publiques des agricultures nationales forment LE principal
    obstacle à la progression des politiques néo-libérales. C’est le grand
    point de frictions entre les pays africains, l’Inde et les Etats-Unis
    suivis par l’Europe. Depuis l’échec des négociations de Seattle, lors
    du sommet de l’OMC, c’est devenu LE problème majeur des néo-libéraux.


    Aujourd’hui,
    dans le contexte actuel de crise alimentaire mondiale, de famine, de
    panique dû à cette crise, on assiste à un nouvel assaut néo-libéral.
    Une nouvelle pression de la part des grandes firmes du business
    agro-alimentaire américain et européen qui tentent d’éliminer les aides
    indispensables et élémentaires mises en place par certains Etats pour
    préserver leur souveraineté alimentaire.


    A
    la faveur de la crise alimentaire, le FMI, la Banque Mondiale et
    d’autres institutions internationales exercent de très fortes
    pressions
    afin que les Etats qui ont un besoin vital de capitaux lèvent les
    restrictions concernant l’importation d’OGM, les barrières qui
    protègent leur agriculture nationale, pour qu’ils libéralisent leurs
    économies. La complicité des institutions internationales avec cet état
    de fait a poussé de nombreux gouvernements d’Afrique et d’Amérique
    Latine a lancer un appel pour défendre le droit à la souveraineté
    alimentaire qui est réellement menacée. Cet appel
    revendique
    l’idée que la nourriture est un droit humain et non une marchandise que
    l’on peut traiter comme un bien de consommation. En effet, considérer
    la nourriture comme un simple bien est extrêmement dangereux.


    L’une
    des ripostes au néo-libéralisme à été de relancer le débat sur le droit
    à la nourriture ; qu’elle ne soit pas considérée comme un produit
    commercial, mais envisagée comme un droit essentiel de
    l’Humanité.
    Les institutions internationales, les Nations Unies, n’ont pas défendu
    ce droit aussi ardemment qu’elles auraient dû le faire, elles n’ont pas
    pris la responsabilité qui est la leur, car la nourriture est inscrite
    en tant que droit fondamental dans la déclaration des Droits de l’Homme
    des Nations Unies.


    La nourriture est
    en train de devenir un bien de plus en plus précieux, donc une
    industrie d’autant plus lucrative. Aujourd’hui,
    les choix
    politiques des gouvernements occidentaux sont clairs et les populations
    semblent sous le choc. Cependant, les quelques déclarations
    d’intentions et la couche de peinture verte passée à la hâte sur la
    cupidité des grands industriels de l’agro-alimentaire peuvent pousser
    les populations vers une pensée plus radicale. Une pensée qui amènerait
    à la possibilité de quitter le modèle agricole actuel.


    Dans un environnement de changement climatique, de raréfaction de l’eau et de crise, les grands semenciers ont une opportunité
    formidable
    d’étendre leur pouvoir sur le monde au détriment d’une nourriture de
    qualité, de l’environnement et du droit inaliénable de l’Humanité que
    représente l’accès aux ressources alimentaires.


    Allons-nous laisser faire ?

    Le 25 mai 2009 par Simon Guibert

    Source: http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1200
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 3 Juin - 7:09

    Les stocks mondiaux de céréales filent un très mauvais coton

    par
    Isabelle Mouilleseaux

    Mardi 02 juin 2009
    Les stocks mondiaux de céréales sont à des niveaux
    historiquement bas
    Regardez le graphique ci-dessous qui donne un aperçu de l'évolution du stock mondial -- calculé en nombre de jours de
    consommation en stock -- depuis une cinquantaine d'années.

    En 1987, nous avions pour 130 jours de consommation en
    stock. Depuis cette date, la situation n'a eu de cesse de se détériorer.
    Aujourd'hui, le stock mondial représente à peine 55 jours de consommation. Un point bas historique.

    Nous flirtons avec les seuils critiques
    Si vous regardez le graphique de l'USDA, vous vous rendez
    compte qu'il va dans le même sens. Il présente le stock de fin de saison et l'évolution du "stock to use ratio" depuis 20 ans. Ce ratio compare, en simplifiant, l'évolution de la demande à l'évolution du stock.
    Sa formule est très simple : stock d'ouverture + la
    production de l'année – la consommation de l'année, le tout divisé par la consommation de l'année.

    Pour y voir plus clair, je vous donne les benchmarks. Pour
    le blé, et au niveau mondial, un ratio qui passe sous les 20% est signe de forte tension sur les prix à venir. Autrement dit, la consommation est trop forte par rapport au niveau de stock et de production.

    Ce ratio se situe à 12% pour le maïs et 10% pour le soja.
    Idéalement, il ne faudrait pas passer en dessous

    La soupape de sécurité mise à mal
    Le stock mondial est revenu à un niveau critique. Et alors ? Eh bien dès qu'il y aura un souci de production pour cause de sécheresse ou d'inondations dans l'un des plus importants pays producteurs, les prix seront voués à fortement grimper, faute de marge de sécurité suffisante.

    En clair et sans décodeur, notre soupape de sécurité, à savoir le stock, est insuffisamment garni. Son rôle crucial de "tampon entre
    offre et demande" est sur la sellette.

    Ce qui signifie qu'au moindre aléa, si l'ajustement par les volumes (stock) n'est pas possible, l'ajustement se fera par les prix. D'où
    les tensions à venir, quasi incontournables.

    Où se situe le problème ?
    La production sur les 10 dernières années a crû de façon conséquente. Mais de plus en plus souvent, les années où cette production n'est pas suffisante pour couvrir la demande se multiplient. Voilà qui explique la tendance baissière structurelle du niveau mondial de stock. A force de le ponctionner pour
    satisfaire l'excédent de demande, on finit par le vider...

    Et les causes en sont connues : les superficies agricoles
    ne sont pas extensibles indéfiniment. On a beau arroser nos champs d'engrais et de pesticides pour accroître les rendements (!), difficile de renverser la tendance.

    Nos modes de vie incompatibles avec la capacité de
    la planète
    Parallèlement, la population croît et voit globalement son niveau de vie s'apprécier dans les BRIC, ce qui renforce d'autant la demande
    et déséquilibre la fragile équation.

    L'amélioration du niveau de vie permet au plus grand nombre "d'accéder" à la viande, ce qui conduit à la multiplication des élevages et des gros consommateurs de céréales. Pour produire 1 kg de boeuf, il faut 8 kg de céréales !
    Le graphique de la FAO ci-dessous vous donne une idée de
    la hausse de la consommation de viande dans le monde (en kg par personne), sachant que la tendance s'est accentuée depuis 2002.

    Imaginez un instant ce qui se passerait si un Chinois devait se mettre à consommer autant de viande qu'un Européen, voire qu'un
    Américain ! La capacité de la planète Terre atteindrait ses limites. Et je ne vous parle même pas des gigantesques émissions de CO2 que ces élevages génèreraient...

    A moins que les Occidentaux ne partagent pas et acceptent
    de réduire leur consommation pour que d'autres puissent en bénéficier. Toute une philosophie de vie à revoir...

    Les biocarburants ont aussi leur part de responsabilité
    A cela s'ajoute l'industrie des biocarburants, dont la production s'affiche en forte hausse ces dernières années ; elle aussi
    ponctionne le marché des céréales. Ponction qui n'existait pas il y a quelques années encore. Un seul chiffre : en Europe, la consommation de ces biocarburants a crû de 216% depuis 2005.

    On en revient au dilemme "manger ou conduire..."
    Retenez ceci : la demande croît plus vite que l'offre, et de façon structurelle
    Donc, le G8 a été clair : d'ici à 2050, il faudra trouver le moyen de doubler la production agricole. Car chaque année, il y a 79 millions de nouvelles bouches à nourrir.

    Sachant qu'on n'a pas beaucoup de marge pour accroître les
    superficies, il faudra faire en sorte d'augmenter les rendements dans les pays peu développés. C'est le seul moyen pour tenter de résoudre cette problématique.

    L'industrie des engrais a encore de beaux jours
    devant elle !
    Voilà un secteur qu'il faudra sans aucun doute
    privilégier dans votre portefeuille...

    Source : http://www.edito-matieres-premieres.fr/0858/soft/usda-fao-ratio-bric.html
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Ven 5 Juin - 6:09

    La famine tue plus que le sida, le paludisme et la tuberculose

    La famine tue plus de personnes chaque année que le sida, le paludisme et la tuberculose mis ensemble, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué reçu jeudi.


    Selon des chercheurs dans le domaine, le PAM a indiqué dans le communiqué que 25.000 personnes, adultes et enfants, meurent
    chaque jour de famine et des causes apparentées. Le document indique aussi qu'un enfant meurt toutes les six secondes de famine ou des maladies apparentées -- soit 14.000 enfants par jour.


    Les données ont aussi montré que la famine arrive en tête des dix plus grands risques sanitaires, pendant qu'une personne ( adulte
    ou enfant) sur sept se couche chaque nuit affamé.


    En citant les dernières statistiques de la Banque mondiale et du Fonds monetaire international (FMI), le PAM a poursuivi en
    indiquant que le nombre de personnes chroniquement affamées dans le monde, qui a augmenté en 2008 en raison de la crise alimentaire, devrait dépasser un milliard en 2009, ce qui est un revers pour les acquis obtenus dans la lutte contre la
    malnutrition et rend l'investissement dans l'agriculture très important.


    Les données ont aussi montré que dans le monde en développement, en 2009 le nombre de personnes vivant avec moins d'1,25 dollars américains par jour atteindra un total d'1,184 milliards, moins que les 1,375 milliards estimés pour 2005, mais reste un total qui atteint des niveaux alarmants.

    Le texte projette entre 200.000 et 400.000 décès
    supplémentaires d'enfants dans le monde par an entre 2009 et 2015, selon le communiqué.


    Si aucune mesure n'est prise maintenant, ceci pourrait signifier 1,4 à 2,8 millions de décès infantiles de plus d'ici 2015, selon le communiqué de presse.

    Par ailleurs, le PAM a révélé que la vaste majorité des sous- alimentés dans le monde, un total de 907 millions, vivent
    dans les pays en développement, dont 583 millions en Asie, 236 millions en Afrique subsaharienne, 51 millions en Amérique latine et les Caraïbes et 15 millions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.


    En réagissant à la situation, le PAM a affirmé qu'il prépare un événement à travers le monde "End Hunger Walk The World" qui
    est destiné à sensibiliser, lever les fonds et rendre possible l'éradication de la famine infantile d'ici 2015.



    http://www.casafree.com/modules/news/article.php?storyid=33956
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    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Ven 19 Juin - 13:35

    L'ONU veut contrôler la ruée vers
    les terres agricoles


    LE MONDE - Jean-Pierre Stroobants (avec Antoine
    Le Bozec)


    Olivier De Schutter, rapporteur spécial des
    Nations unies pour le droit à l'alimentation, s'inquiète de l'extension rapide
    des acquisitions et locations de terres agricoles dans des pays en développement
    par des Etats riches et des fonds d'investissement. Cette pratique du land
    grabbing ("accaparement de terre") s'est accélérée à la faveur de la crise
    alimentaire de 2008.

    Sur le même sujetM. De Schutter juge que la
    question doit figurer à l'agenda des discussions agricoles du G8, le sommet des
    huit pays les plus industrialisés, en juillet. Il avance onze principes liés aux
    droits de l'homme qui devraient, selon lui, servir de base aux contrats futurs
    ainsi qu'à une approche multilatérale, afin d'éviter les menaces qui planent sur
    les populations locales.


    Selon les estimations, de 15 à 20 millions
    d'hectares (ha) - l'équivalent des terres arables françaises - ont fait l'objet
    de transactions depuis trois ans, essentiellement en Afrique. La Chine aurait
    acheté 2,8 millions d'ha en République démocratique du Congo pour y développer
    la plus grande exploitation mondiale d'huile de palme. La Corée du Sud, les
    Emirats arabes unis et l'Egypte ont acquis, au total, plus de 1,5 million d'ha
    au Soudan. L'Arabie saoudite aimerait louer un demi-million d'ha en
    Tanzanie.


    Les experts estiment que, d'ici à 2030, il faudra
    trouver 120 millions d'ha de terres agricoles supplémentaires pour répondre à la
    demande de produits alimentaires. "Ces investissements peuvent représenter une
    chance de développement, créer des infrastructures et de l'emploi, permettre à
    des agriculteurs d'accéder à la technologie et au crédit, note M. De Schutter.
    Ils peuvent aussi avoir des conséquences très négatives et menacer tant le droit
    à l'alimentation que les autres droits des populations concernées." Faute de
    règles négociées, des cultivateurs sont, et seront, expulsés et privés d'accès
    aux ressources indispensables à leur survie.


    Le paradoxe, relève le représentant spécial, est
    que parmi les personnes les plus exposées au risque alimentaire se trouvent 500
    millions d'hommes et de femmes dont dépend en grande partie l'avenir de la
    planète : ce sont les ouvriers salariés du secteur agricole. "Leur assurer une
    protection adéquate constituerait une contribution majeure",
    estime-t-il.


    M. De Schutter réclame également que les
    investissements soient couplés à des projets à haute intensité de main-d'oeuvre,
    ce qui donnerait de l'emploi et des revenus aux groupes locaux. Ils devraient,
    en outre, se voir réserver une partie des récoltes, à mettre en vente sur les
    marchés locaux. Le représentant spécial demande encore que les principes du
    développement durable et d'une approche agro-écologique soient respectés
    partout.


    Seule une approche multilatérale, conclut-il,
    permettra d'éviter la concurrence entre les pays pauvres désireux d'attirer des
    capitaux.


    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/15/l-onu-veut-controler-la-ruee-vers-les-terres-agricoles_1206948_3244.html
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    Rabasse du sud

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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par Rabasse du sud le Mar 17 Nov - 20:51

    «C’est un petit miracle s’il vit jusqu’à 20 ans»



    REPORTAGE


    Tandis qu’à Rome soixante chefs d’Etat discutent sécurité
    alimentaire, la République centrafricaine subit depuis six mois une
    grave famine.


    3 réactions






    CHRISTIAN LOSSON (envoyé spécial en République centrafricaine)




    (REUTERS)





    On peut lire ces mots sur le fronton de l’hôpital de Berberati, la deuxième ville de la République centrafricaine : «Je ne veux pas savoir qui tu es, ce que tu fais, ta race, ta religion, tu souffres et cela me suffit.»
    La souffrance, au-delà des cris et des pleurs, s’écrit ici en silence.
    Des regards perdus d’enfants hagards. Des tourments de mères résignées.
    Des chiffres sur des feuilles d’enregistrement. «Adèle, 7 mois, 1,7 kilo, rapport poids-taille inférieur à 70%…» Malnutrition aiguë. Des chiffres, Nadine, n’en livre aucun. Elle ignore jusqu’à son âge. «Pas plus de 17»,
    selon un infirmier de l’unité thérapeutique nutritionnel, créée par
    Action contre la faim (ACF). De ses trois enfants (1 mois, 3 ans, et
    4 ans), elle dit juste qu’elle doit «les laisser à la maison pour aller au champ». En rentrant, elle leur donne leur unique repas de la journée. Un peu de manioc. Et des feuilles pilées. Elle a manqué «quatre jours de travail», 500 francs CFA (80 centimes d’euros), pour les acheminer. Elle dit : «Vous allez les sauver ?»
    La vie à Berberati ? Figée. Entre parenthèses du développement. Pour
    y parvenir, un jour et demi de routes cahoteuses et de pistes en
    latérite jalonnées de kodros, des cases en briques de terre cuite. Mais
    derrière les images d’une Afrique d’Epinal, la détresse vient frapper à
    notre voiture à chaque arrêt. «Aidez-moi, mon fils a la maladie de la famine»,
    implore un vieillard. Voilà six mois que la crise de malnutrition a
    débuté. Un jeune médecin, Daniel Wea, débarquait à peine à Carnot, la
    troisième ville du pays, située à trois heures de piste de Berberati. «J’ai vite noté des signes de la maladie, raconte-t-il dans son bureau éclairé par un groupe électrogène. Décoloration de la peau et des cheveux, ballonnement abdominal et gonflement des membres et du visage.» Les enfants tombent par dizaines. Daniel Wea alerte alors les «autorités sanitaires». Rien… Il interpelle le ministre de l’Agriculture sur la crise alimentaire. Rien… Il lance un message à la radio nationale. «Le lendemain, 122 gosses faméliques submergeaient l’hôpital», raconte le médecin. Et le ministère de la Santé ne débourse qu’une aide de 3 000 euros.
    Sorcellerie.«Une étude réalisée en juin avec Médecins sans frontièresévaluait le taux de malnutrition des enfants à 21% à Carnot, 7% à Berberati»,
    rappelle Céline, nutritionniste à Action contre la faim. L’Organisation
    mondiale de la santé fixe le seuil d’urgence à 2%… On a alors beaucoup
    parlé de sorcellerie. Mais aussi «des petits poissons, les nguengue, ou des cubes Maggi, sourit l’abbé Hubert Tamambéré. Mais les racines du mal sont ailleurs».
    Le drame vient avant tout de la crise mondiale qui a fait basculer dans
    le chaos un Etat fantôme, déjà en proie à une pauvreté et à une
    insécurité alimentaire chroniques. «On paie aussi le prix de dix ans de troubles militaro-politiques, note Joël Parefa, le préfet de la région du Mambéré-Kadéï. Le drame, c’est le diamant et le bois. Les gens ont trop misé dessus et délaissé l’agriculture.» La
    demande de bois s’est effondrée de plus de 40%. Les sociétés
    forestières ont viré plus de la moitié de leur personnel. Un coup
    terrible après que l’Etat a décidé, l’an passé, de faire le ménage dans
    les bureaux d’achat de diamant. «La plupart ont fermé», raconte Abba, un négociateur. Or, ce business très pyramidal touchait la majorité de la population. «Un collecteur fait vivre 20 chefs de chantier, qui à leur tour font vivre 20 chercheurs de diamants», précise un Libanais. Et comme, en plus, le prix mondial a chuté, beaucoup se sont retrouvés sans rien.
    Le plus désespérant est peut-être qu’il «existe une dépendance cruelle au manioc, rappelle Isaac, un nutritionniste d’ACF. Le
    tubercule, peu riche en vitamines, contient du cyanure qui peut en plus
    être très nocif quand il est mal lavé et mal préparé».
    Jean
    Dimasse le sait bien. Il anime une petite ONG qui tente de pousser les
    paysans à se regrouper, et à diversifier leur culture. Il rappelle
    combien la flambée des prix alimentaires de 2007 a laissé des séquelles
    et comment la crise économique a joué le rôle d’étincelle. «Quand les gens ont été virés du bois ou du diamant, ils ont regagné les champs, dit Jean Dimasse. Mais même si la terre est riche, il y a un manque de formation désarmant, pas un seul tracteur.» Il s’agace aussi de l’impact des subventions à l’exportation des pays riches : «Sur le marché, on trouve des oignons néerlandais moins cher que l’oignon local ou du Cameroun…»
    «On souffre jusqu’à l’os». Comme si cela ne suffisait pas, la crise climatique s’est invitée. «Pour la première fois, il n’a quasi pas plu en mai-juin, qui est la période de semence, dit Jean Bosco Maïndo, directeur régional de l’Agence centrafricaine pour l’agriculture. On souffre jusqu’à l’os.»Il
    en veut à la FAO, l’agence onusienne pour l’alimentation et
    l’agriculture. Elle a bien reçu 10 millions de dollars en urgence, «mais on n’a toujours pas vu une semence arriver. Ni aucune assistance technique».
    Alors que le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre
    aujourd’hui à Rome, la République centrafricaine tient du cas d’école.
    La FAO dénonce, à raison, la chute de l’aide publique au développement
    des pays riches dédiée à l’agriculture (- 50% en vingt ans). Mais que
    fait-elle concrètement ? «Rien… C’est affligeant, raconte un humanitaire. On est pourtant prêt à les aider à développer de la veille et de la sécurité alimentaire.» La France ne brille guère. Derrière les plaidoyers pro domo sur la souveraineté alimentaire, «elle continue de distribuer de la nourriture plutôt que d’envoyer des formateurs», note un expert.
    «à 150 par classe». Engluée dans la bureaucratie et
    la corruption, les salaires non payés des fonctionnaires et la
    malgouvernance, la République centrafricaine compte les zones de
    non-développement. L’eau potable ? Moins de 30% de la population y a
    accès. «Il y a bien 4 000 pompes de forage, mais pas de pièces détachées de rechange»,
    dit un ingénieur. L’énergie ? Record planétaire de non-électrification.
    Sauf groupe électrogène ou lampe à pétrole, le pays vit dans le noir.
    Les routes ? Pas plus de 450 kilomètres de chemins goudronnés sur un
    territoire grand comme la France et la Belgique. L’éducation ? «A Bangui, la capitale, les élèves du primaire qui peuvent payer les frais de scolarité se retrouvent à 150 par classe»,
    se désole un instituteur de village. En province, les effectifs montent
    à 300 par classe. La santé ? Le sida est endémique (6% de la population
    serait touchée), et l’espérance de vie diminue de cinq mois chaque
    année depuis dix ans. «Pourtant, on a un potentiel unique, ici on peut tout faire pousser et notre terre est très riche en minerais», s’agace l’abbé, à Carnot.
    En attendant un hypothétique essor, les victimes de la faim partent en silence. «Le plus dur, c’est la rechute, dit une aide-soignante. Savoir qu’un enfant remis sur pied reviendra en urgence un mois plus tard. De nouveau famélique.» Armés
    d’un bâton qui sert de toise, les visiteurs médicaux d’ACF arpentent
    les faubourgs des villes. Ils mesurent la circonférence des bras ;
    appuient trois secondes sur les pieds pour détecter des œdèmes, l’un
    des deux visages de la malnutrition : le kwashiorkhor. Bien sûr, les
    traitements ont évolué. Notamment grâce au Plumpy Nut, un sachet
    nutritionnel à base de pâte d’arachide. Les enfants de plus de 6 mois
    peuvent désormais rester chez eux avec une ration hebdomadaire. Les
    centres de nutrition sont moins engorgés. Les parents, eux, ne sont
    plus obligés de rester au chevet de leurs enfants et peuvent retourner
    travailler dans les champs.
    «On sauve des vies», assure Céline d’ACF. Celle, peut-être de Roméo, 15 ans, 18 kilos. «Lorsqu’il
    est venu, on le transportait pour aller aux toilettes, dit Jean Bruno,
    animateur de l’hôpital. Il ne pouvait pas bouger.»
    Roméo trouve encore la force de sourire. Sa mère, elle, en est incapable. «C’est mon dernier enfant vivant, dit Rosalie. Quatre sont morts, les plus jeunes. Depuis que mon mari est au ciel, je n’ai qu’un cimetière dans la tête.» Elle a porté son fils sur 20 km. Après seize jours de soins, il pesait 16 kilos. Aujourd’hui, Roméo est en sursis. «S’il vit jusqu’à 20 ans, ce sera un petit miracle»,
    assure une nutritionniste. Croire, s’accrocher à l’espoir dans cette
    ville peuplée d’églises de toutes confessions, tient plus que d’une
    religion : «C’est tout ce qui nous reste», dit une mère.
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    yunolo

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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par yunolo le Mer 18 Nov - 1:02

    Regardez le film EZRA si vous ne l'avez pas encore vu. Vous comprendrez vite que la faim, la peur, l'horreur!... dans les pays d'Afrique Noire, sont instituées, voulues, orchestrées, entretenues!!!! par nos magnifiques Etats!
    Ils engraissent les "chefaillons"! Que dis-je!!! Les dictateurs de tous ces pays pour la richesse de leur sous-sol en diamant, or, pétrole... que sais-je encore ?
    Y'a un réel boulot pour faire plier nos Etats d'abord! Accepter quelques sans-papiers pour venir grossir les sans-logis, les sans-travail! NON! STOP!
    JE CROIS SINCEREMENT QUE LA SOLUTION N'EST PAS LA! SINON C'EST SE VOILER LA FACE!
    Par contre, je suis totalement persuadée qu'aucun de nous peut faire changer les choses! Les intérêts financiers de tous nos Etats sont trop importants dans ces pays!
    Depuis que je suis toute petite, j'entends qu'il faut de l'argent pour creuser des puits en Afrique! (donc 50 ans au moins!)! Quand on peut creuser des cavernes pour sortir des diamants! Quand on peut creuser des trous géants encore pour le pétrole!.... Quelques coups de tracto-pelles ne pourraient-ils creuser quelques puits pour faire jaillir de l'eau ? Bien sûr que si!!!!! IL Y A TROP D'ARGENT A SE FAIRE A PETIT PRIX ET REVENDU A PRIX D'OR LA-BAS!
    Qui demande des comptes ? PERSONNE!
    AI-JE TORD ?
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    bye
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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par bye le Mer 18 Nov - 6:26

    Rabasse du sud a écrit:«C’est un petit miracle s’il vit jusqu’à 20 ans»



    REPORTAGE


    Tandis qu’à Rome soixante chefs d’Etat discutent sécurité
    alimentaire, la République centrafricaine subit depuis six mois une
    grave famine.


    3 réactions






    CHRISTIAN LOSSON (envoyé spécial en République centrafricaine)




    (REUTERS)































    On peut lire ces mots sur le fronton de l’hôpital de Berberati, la deuxième ville de la République centrafricaine : «Je ne veux pas savoir qui tu es, ce que tu fais, ta race, ta religion, tu souffres et cela me suffit.»
    La souffrance, au-delà des cris et des pleurs, s’écrit ici en silence.
    Des regards perdus d’enfants hagards. Des tourments de mères résignées.
    Des chiffres sur des feuilles d’enregistrement. «Adèle, 7 mois, 1,7 kilo, rapport poids-taille inférieur à 70%…» Malnutrition aiguë. Des chiffres, Nadine, n’en livre aucun. Elle ignore jusqu’à son âge. «Pas plus de 17»,
    selon un infirmier de l’unité thérapeutique nutritionnel, créée par
    Action contre la faim (ACF). De ses trois enfants (1 mois, 3 ans, et
    4 ans), elle dit juste qu’elle doit «les laisser à la maison pour aller au champ». En rentrant, elle leur donne leur unique repas de la journée. Un peu de manioc. Et des feuilles pilées. Elle a manqué «quatre jours de travail», 500 francs CFA (80 centimes d’euros), pour les acheminer. Elle dit : «Vous allez les sauver ?»
    La vie à Berberati ? Figée. Entre parenthèses du développement. Pour
    y parvenir, un jour et demi de routes cahoteuses et de pistes en
    latérite jalonnées de kodros, des cases en briques de terre cuite. Mais
    derrière les images d’une Afrique d’Epinal, la détresse vient frapper à
    notre voiture à chaque arrêt. «Aidez-moi, mon fils a la maladie de la famine»,
    implore un vieillard. Voilà six mois que la crise de malnutrition a
    débuté. Un jeune médecin, Daniel Wea, débarquait à peine à Carnot, la
    troisième ville du pays, située à trois heures de piste de Berberati. «J’ai vite noté des signes de la maladie, raconte-t-il dans son bureau éclairé par un groupe électrogène. Décoloration de la peau et des cheveux, ballonnement abdominal et gonflement des membres et du visage.» Les enfants tombent par dizaines. Daniel Wea alerte alors les «autorités sanitaires». Rien… Il interpelle le ministre de l’Agriculture sur la crise alimentaire. Rien… Il lance un message à la radio nationale. «Le lendemain, 122 gosses faméliques submergeaient l’hôpital», raconte le médecin. Et le ministère de la Santé ne débourse qu’une aide de 3 000 euros.
    Sorcellerie.«Une étude réalisée en juin avec Médecins sans frontièresévaluait le taux de malnutrition des enfants à 21% à Carnot, 7% à Berberati»,
    rappelle Céline, nutritionniste à Action contre la faim. L’Organisation
    mondiale de la santé fixe le seuil d’urgence à 2%… On a alors beaucoup
    parlé de sorcellerie. Mais aussi «des petits poissons, les nguengue, ou des cubes Maggi, sourit l’abbé Hubert Tamambéré. Mais les racines du mal sont ailleurs».
    Le drame vient avant tout de la crise mondiale qui a fait basculer dans
    le chaos un Etat fantôme, déjà en proie à une pauvreté et à une
    insécurité alimentaire chroniques. «On paie aussi le prix de dix ans de troubles militaro-politiques, note Joël Parefa, le préfet de la région du Mambéré-Kadéï. Le drame, c’est le diamant et le bois. Les gens ont trop misé dessus et délaissé l’agriculture.» La
    demande de bois s’est effondrée de plus de 40%. Les sociétés
    forestières ont viré plus de la moitié de leur personnel. Un coup
    terrible après que l’Etat a décidé, l’an passé, de faire le ménage dans
    les bureaux d’achat de diamant. «La plupart ont fermé», raconte Abba, un négociateur. Or, ce business très pyramidal touchait la majorité de la population. «Un collecteur fait vivre 20 chefs de chantier, qui à leur tour font vivre 20 chercheurs de diamants», précise un Libanais. Et comme, en plus, le prix mondial a chuté, beaucoup se sont retrouvés sans rien.
    Le plus désespérant est peut-être qu’il «existe une dépendance cruelle au manioc, rappelle Isaac, un nutritionniste d’ACF. Le
    tubercule, peu riche en vitamines, contient du cyanure qui peut en plus
    être très nocif quand il est mal lavé et mal préparé».
    Jean
    Dimasse le sait bien. Il anime une petite ONG qui tente de pousser les
    paysans à se regrouper, et à diversifier leur culture. Il rappelle
    combien la flambée des prix alimentaires de 2007 a laissé des séquelles
    et comment la crise économique a joué le rôle d’étincelle. «Quand les gens ont été virés du bois ou du diamant, ils ont regagné les champs, dit Jean Dimasse. Mais même si la terre est riche, il y a un manque de formation désarmant, pas un seul tracteur.» Il s’agace aussi de l’impact des subventions à l’exportation des pays riches : «Sur le marché, on trouve des oignons néerlandais moins cher que l’oignon local ou du Cameroun…»
    «On souffre jusqu’à l’os». Comme si cela ne suffisait pas, la crise climatique s’est invitée. «Pour la première fois, il n’a quasi pas plu en mai-juin, qui est la période de semence, dit Jean Bosco Maïndo, directeur régional de l’Agence centrafricaine pour l’agriculture. On souffre jusqu’à l’os.»Il
    en veut à la FAO, l’agence onusienne pour l’alimentation et
    l’agriculture. Elle a bien reçu 10 millions de dollars en urgence, «mais on n’a toujours pas vu une semence arriver. Ni aucune assistance technique».
    Alors que le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre
    aujourd’hui à Rome, la République centrafricaine tient du cas d’école.
    La FAO dénonce, à raison, la chute de l’aide publique au développement
    des pays riches dédiée à l’agriculture (- 50% en vingt ans). Mais que
    fait-elle concrètement ? «Rien… C’est affligeant, raconte un humanitaire. On est pourtant prêt à les aider à développer de la veille et de la sécurité alimentaire.» La France ne brille guère. Derrière les plaidoyers pro domo sur la souveraineté alimentaire, «elle continue de distribuer de la nourriture plutôt que d’envoyer des formateurs», note un expert.
    «à 150 par classe». Engluée dans la bureaucratie et
    la corruption, les salaires non payés des fonctionnaires et la
    malgouvernance, la République centrafricaine compte les zones de
    non-développement. L’eau potable ? Moins de 30% de la population y a
    accès. «Il y a bien 4 000 pompes de forage, mais pas de pièces détachées de rechange»,
    dit un ingénieur. L’énergie ? Record planétaire de non-électrification.
    Sauf groupe électrogène ou lampe à pétrole, le pays vit dans le noir.
    Les routes ? Pas plus de 450 kilomètres de chemins goudronnés sur un
    territoire grand comme la France et la Belgique. L’éducation ? «A Bangui, la capitale, les élèves du primaire qui peuvent payer les frais de scolarité se retrouvent à 150 par classe»,
    se désole un instituteur de village. En province, les effectifs montent
    à 300 par classe. La santé ? Le sida est endémique (6% de la population
    serait touchée), et l’espérance de vie diminue de cinq mois chaque
    année depuis dix ans. «Pourtant, on a un potentiel unique, ici on peut tout faire pousser et notre terre est très riche en minerais», s’agace l’abbé, à Carnot.
    En attendant un hypothétique essor, les victimes de la faim partent en silence. «Le plus dur, c’est la rechute, dit une aide-soignante. Savoir qu’un enfant remis sur pied reviendra en urgence un mois plus tard. De nouveau famélique.» Armés
    d’un bâton qui sert de toise, les visiteurs médicaux d’ACF arpentent
    les faubourgs des villes. Ils mesurent la circonférence des bras ;
    appuient trois secondes sur les pieds pour détecter des œdèmes, l’un
    des deux visages de la malnutrition : le kwashiorkhor. Bien sûr, les
    traitements ont évolué. Notamment grâce au Plumpy Nut, un sachet
    nutritionnel à base de pâte d’arachide. Les enfants de plus de 6 mois
    peuvent désormais rester chez eux avec une ration hebdomadaire. Les
    centres de nutrition sont moins engorgés. Les parents, eux, ne sont
    plus obligés de rester au chevet de leurs enfants et peuvent retourner
    travailler dans les champs.
    «On sauve des vies», assure Céline d’ACF. Celle, peut-être de Roméo, 15 ans, 18 kilos. «Lorsqu’il
    est venu, on le transportait pour aller aux toilettes, dit Jean Bruno,
    animateur de l’hôpital. Il ne pouvait pas bouger.»
    Roméo trouve encore la force de sourire. Sa mère, elle, en est incapable. «C’est mon dernier enfant vivant, dit Rosalie. Quatre sont morts, les plus jeunes. Depuis que mon mari est au ciel, je n’ai qu’un cimetière dans la tête.» Elle a porté son fils sur 20 km. Après seize jours de soins, il pesait 16 kilos. Aujourd’hui, Roméo est en sursis. «S’il vit jusqu’à 20 ans, ce sera un petit miracle»,
    assure une nutritionniste. Croire, s’accrocher à l’espoir dans cette
    ville peuplée d’églises de toutes confessions, tient plus que d’une
    religion : «C’est tout ce qui nous reste», dit une mère.
    Terrible témoignage, cher Rabasse du Sud.
    Pendant ce temps-là, à Rome, les 60 chefs d'Etat se sont fendus d'une vague déclaration sur l'éradiquation de la faim dans le monde, sans indication de moyens, ni surtout de date: dans 2,5, 10 ans ? pas de date, donc jamais!..
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    Rabasse du sud

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    Re: Le Marché de la Faim

    Message par Rabasse du sud le Mer 18 Nov - 22:27

    ouais mon cher bye, pour les fameuses dates c'est jamais

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    Re: Le Marché de la Faim

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