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    La MARTINIQUE

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    La MARTINIQUE

    Message par admin le Sam 12 Avr - 15:19

    En règle générale, quand on parle de l'île de la Martinique, on pense immédiatement à l'île aux fleurs (sa faune et sa flore très riches), ses plages de sable blanc et ses cocotiers au sud, la montagne et la forêt tropicale au nord...


    Bibliothèque Schœlcher

    Mais la Martinique a aussi la réputation d’être « l’intellectuelle » des Antilles. Elle a tout au long de son histoire inspiré de grands écrivains (Lafcadio Hearn, le poète-diplomate Saint-John Perse, l’écrivain surréaliste André Breton...), mais a surtout donné naissance à des poètes et romanciers qui continuent de marquer la littérature française.

    Au vu de l'actualité, je commencerais par parler d'Aimé Césaire.

    admin
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    Aimé Césaire

    Message par admin le Sam 12 Avr - 15:42

    Aimé Césaire est né en Martinique en 1913. Il obtient en 1931 une bourse qui lui permet de suivre des études supérieures à Paris. En 1934, il fonde la revue l'Étudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée, puis entre à l'École Normale Supérieure. En 1936 il commence à écrire et en 1939 retourne en Martinique où il enseigne au lycée de Fort de France. En 1941, il fonde la revue Tropiques. A partir de 1945, date de son élection à la mairie de Fort de France puis à la députation, il mène une double carrière : homme politique et écrivain.


    Dernière édition par Bettina le Ven 18 Avr - 23:50, édité 1 fois
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    ecotone
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    Re: La MARTINIQUE

    Message par ecotone le Sam 12 Avr - 16:15

    Ah! BettinaMia, ton Île à un air de magie!!!
    Cette belle nature. Je ne connais pas, à part en photo et ce que tu m'en racontes.
    La littérature, je suis un peu inculte, donc je lirai ton reportage avec intérêt, tout comme ceux de notre Bye.
    J'attends la suite...

    Est-ce que les écrivains font état de la pollution qui sévit les Antilles?

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    Re: La MARTINIQUE

    Message par admin le Sam 12 Avr - 16:24

    ecotone a écrit:Ah! BettinaMia, ton Île a un air de magie!!!
    Cette belle nature. Je ne connais pas, à part en photo et ce que tu m'en racontes.
    La littérature, je suis un peu inculte, donc je lirai ton reportage avec intérêt, tout comme ceux de notre Bye.
    J'attends la suite...

    Est-ce que les écrivains font état de la pollution qui sévit les Antilles?
    Pas de ceux que je connais (mais je me renseignerais), ils parlent surtout de la société.

    admin
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    Daniel Boukman

    Message par admin le Dim 13 Avr - 18:23

    Daniel Boukman est né le 15 avril 1936 à Fort-de-France (Martinique). Son pseudonyme est emprunté au nom du prêtre vaudou, organisateur le 14 août 1791 de la cérémonie du Bois Caïman qui marque de début de l’insurrection définitive à Saint-Domingue, menant à l’indépendance d’Haïti.

    En 1954, Daniel Boukman quitte la Martinique pour Paris où il fait des études de lettres classiques à la Sorbonne et milite au sein de l’Association des Étudiants Martiniquais. En octobre 1961, en refusant de revêtir l’uniforme militaire français, il entre en insoumission lors de la guerre coloniale menée par la France en Algérie. Par le canal d’une organisation issue du Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie, interdite en 1961 par le gouvernement français du moment, il rejoint alors (au Maroc) le Front de Libération National Algérien. En juillet 1962, il regagne l’Algérie indépendante où, de 1966 à 1981, sous l’égide du ministère de l’Éducation Nationale algérien, il enseigne le français au lycée Ibn Tourmet de Boufarik.

    C’est dans cette période que Boukman écrit ses premières pièces (en français) qui traitent de thèmes politiques : la situation coloniale de son pays, l’émigration forcée de ses compatriotes en France, les limites de la Négritude, le néocolonialisme, la place de la femme algérienne pendant la guerre de libération et après l’indépendance, la solidarité avec la lutte du peuple palestinien.

    Amnistié en 1975, il effectue des voyages dans son île natale, mais reste en Algérie jusqu’en 1981, date à laquelle il retourne à Paris où, entre autres, il fait partie de l’équipe de Radio Mango (radio nationaliste) jusqu’à sa suppression en 1987. Pendant la même période, il milite au sein d’une association martiniquaise (Espace Caribéen Mango) dont la défense et l’illustration de la langue créole était l’un des axes majeurs de son activité. Il est assistant parlementaire en France de 1986 à 1990. Également journaliste, il écrit de nombreux articles dans diverses revues.

    En 1999, il regagne la Martinique où, durant deux années, il enseigne la langue et culture créoles à l’Université des Antilles et de la Guyane, à Schœlcher, en tant que « maître de conférences associé ». Depuis, il réalise à Radio Martinique une émission consacrée à la langue créole, et participe à des ateliers d’études du créole ouverts aux créolophones d’origine, d’adoption ou d’option.

    C’est alors qu’après sa production poétique (uniquement) en créole, renouant avec le théâtre il passe, selon sa propre expression, « du duel au duo » en écrivant des pièces bilingues où alternent le créole et le français et par lesquelles il dénonce les tares de la petite-bourgeoisie martiniquaise aliénée, les effets ravageurs de la société d’hyper-consommation dont la télévision, tueuse d’imaginaire, est l’un des instruments premiers.


    Dernière édition par Bettina le Ven 18 Avr - 23:48, édité 1 fois

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    Roland Brival

    Message par admin le Mar 15 Avr - 0:50

    Né en Martinique, Roland Brival s'est installé à Paris avec sa famille au début de son adolescence.

    Homme de théâtre, plasticien, musicien et peintre, dès les années 1970 il expose au Musée d'Art Moderne de Paris.

    Après avoir vécu quelques années à New York, en 1976 il fonde en Martinique le groupe pluridisciplinaire et bilingue Boua Boua.

    Il s'agit pour Roland Brival d'un véritable laboratoire de recherches théâtrales, dans le cadre duquel il compose, écrit et chante trois albums inspirés des accents de la musique traditionnelle antillaise et deux albums pour enfants.

    La troupe joue dans le monde entier jusqu'en 1985.

    L'expérience Boua Boua a permis à Roland Brival d'organiser des stages pour adultes et pour enfants en Martinique, Guadeloupe et Guyane qui visaient à stimuler une écriture théâtrale et une manière d'interpréter le théâtre qui soient propres au monde caribéen.

    Quand la troupe met fin à se activités, Brival a entamé depuis longtemps sa carrière d'écrivain, mais n'abandonne pas son amour pour la musique, se lançant au contraire dans une activité de compositeur et de chanteur solo qui l'approche des sonorités jazz et de ce qu'il appelle le « blues créole ».

    Autour des années 2000 il signe pendant quatre ans une rubrique de critique littéraire dans Elle Magazine.

    Toujours partagé entre ses différentes activités créatrices, il continue à écrire des pièces théâtrales (qu'il ne publie pas), des chansons, des romans et des scénarios de film.


    Dernière édition par Bettina le Ven 18 Avr - 23:47, édité 1 fois

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    Guy Cabort-Masson

    Message par admin le Mar 15 Avr - 19:28

    Guy Cabort-Masson naît le 12 juin 1937 à Saint-Joseph, commune du centre de la Martinique. Guy Cabort, de son vrai nom, effectue ses études secondaires au Lycée Schœlcher de Fort-de-France, puis sort diplômé de l'École Normale des Instituteurs.

    Refusant de se plier au conformisme imposé par sa position de jeune notable, le jeune instituteur du quartier des Terres-Sainville rompt de manière éclatante avec l'Éducation Nationale (un épisode qu'il relate dans son autobiographie, Pourrir, ou Martyr un peu).

    S'engageant comme militaire du rang, le jeune Cabort est incité par ses cadres à présenter le concours d'entrée de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, qui forme les officiers de l'Armée de Terre française.

    • L'expérience algérienne
    Jeune officier, il est affecté en Algérie, un pays alors en proie à une guerre d'indépendance. Refusant d'accepter les actes de torture et les exactions de ses pairs (un de ses prisonniers FLN est torturé puis tué), Guy Cabort déserte et rejoint les rangs du Front de Libération Nationale en 1961, tout comme son compatriote Frantz Fanon. La désertion d'un officier français est un cas aussi grave que rarissime. Condamné à 20 ans de réclusion par contumace, il sera finalement amnistié en 1969.

    En Algérie, Guy Cabort-Masson est également étudiant, et sera licencié en sociologie auprès de l'Université d'Alger.

    Rentré clandestinement en France en 1967 sous le nom de Guy Cabort-Masson, il reprend ses études et prend contact avec les milieux étudiants antillais. C'est avec Alex Ferdinand qu'il réalise le premier drapeau nationaliste martiniquais dont les couleurs, noir, vert et rouge, rappellent celles portées par les meneurs de l'insurrection du Sud de la Martinique en septembre 1870 (événements considérés par les nationalistes martiniquais comme fondateurs de la nation martiniquaise). Le drapeau sera brandi pour la première fois lors des manifestations de mai 1968.

    De retour en Martinique en 1969, Guy Cabort-Masson est recruté par Aimé Césaire, maire de Fort-de-France. Après avoir lancé la revue En Avant, il crée en 1970 l'Association Martiniquaise d'Éducation Populaire (AMEP), un établissement scolaire alternatif qui entend développer des méthodes pédagogiques plus adaptées au contexte socio-culturel martiniquais, et au sein duquel enseigneront, notamment, Vincent Placoly, Alex Ferdinand et l'historien Édouard Delepine.

    Après une longue bataille juridique, l'AMEP est finalement reconnue par l'Éducation Nationale française en 1974. Située à Fort-de-France, agrandie, l'école de l'AMEP – Association Martiniquaise d'Éducation Populaire et Lycée Polyvalent – offre aujourd'hui une préparation comme lycée général, professionnel, technologique industriel et tertiaire.

    • L'analyste de la société martiniquaise
    L'engagement politique de Guy Cabort-Masson s'est notamment traduit par plusieurs ouvrages, essais et brochures dans lesquels il a analysé le fonctionnement de la société et de l'économie martiniquaise. Les puissances d'argent en Martinique : l'État français, la caste békée et les autres (1984, réédité et augmenté en 1987) est le titre le plus connu, après son dernier essai, Martinique, comportements et mentalité (Prix Frantz Fanon 1998).

    Après avoir créé la revue En Avant en 1970, Guy Cabort-Masson a lancé les titres Simao et La Voix du Peuple, établissant diverses tribunes pour approfondir les interrogations sur la société et la politique martiniquaises et caribéennes. Dans les années 1980-1990, Cabort-Masson collabore également à d'autres revues, telles Antilla et Naïf.

    • Le romancier
    Trois romans témoignent chez Guy Cabort-Masson d'un talent d'écriture certain, mêlant observation fine et sensualité : La Mangrove mulâtre (1986) dans lequel il décrit les derniers jours de l'esclavage, en 1848 dans le Sud de la Martinique ; La Passion Raziéla (1987) ; et Qui a tué le Béké de Trinité (1989), une évocation, sous forme de roman policier, d'un fait divers qui défraya la chronique dans les années 1940.

    Guy Cabort-Masson est également l'auteur d'une autobiographie romancée, Pourrir, ou Martyr un peu (1986), à laquelle il souhaitait donner une suite lors de son décès, le 27 mars 2002, des suites d'une longue maladie.

    Homme de lettres autant qu'éducateur et militant de la cause indépendantiste martiniquaise, Guy Cabort-Masson a incarné par son œuvre littéraire et son combat politique des moments essentiels de la formation de l'identité martiniquaise.


    Dernière édition par Bettina le Ven 18 Avr - 23:46, édité 1 fois

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    Nicole Cage-Florentiny

    Message par admin le Mer 16 Avr - 20:05

    Nicole Cage-Florentiny naît le 12 septembre 1965 dans la commune du François, dans le sud-est de la Martinique. Après une formation en journalisme, elle exerce en tant qu'animatrice à Radio Caraïbe Internationale en Martinique. Aujourd'hui, elle est professeur de lettres et d'espagnol, et psychothérapeute.

    Bien qu'issue d'une famille extrêmement modeste et ne versant pas dans la littérature, Nicole Cage-Florentiny prend très jeune goût à la lecture. Elle y est aspirée par son aînée Ghislaine qui, férue de lecture, réécrit les fins de romans qui ne lui plaisent pas. La jeune Nicole récupère les romans dont sa sœur avait terminé la lecture pour s'en délecter à son tour. Plus tard, ses lectures préférées comprennent la poésie de Nicolas Guillén, José Martí, Baudelaire, Prévert et Aimé Césaire et les romans de Balzac et de Zola.

    Logiquement, elle s'adonne très tôt à l'écriture et commence par la poésie. Ses premiers poèmes disent à la fois le mal-être d'une adolescente en proie aux questionnements, et traduisent son engagement politique et ses aspirations à un monde plus juste.

    Nicole Cage-Florentiny affirme que l'écriture, véritable thérapie, lui est vitale. En tissant les mots, elle tisse les fils de sa vie. L'écriture, anthropophage, fait partie d'une quête intense de l'absolu.

    Romancière martiniquaise la plus prolifique, Nicole Cage-Florentiny a publié quatre romans : C'est vole que je vole (1998), Confidentiel (2000), L'Espagnole (2002) et Aime comme musique ou comme mourir d'aimer (2005).

    Nicole Cage-Florentiny est également poète et dramaturge ; son talent à mettre en espace ses textes et à les faire vivre par le public est remarquable. Elle monte un spectacle autour de C'est vole que je vole. Elle écrit également des chansons qu'elle présente en spectacle dans différentes bibliothèques.

    C'est vole que je vole traite de la folie et de l'enfance massacrée. La jeunesse et l'histoire sont au cœur de cette œuvre qui met en avant les travers et les atouts de la société martiniquaise pour une avancée résolue vers le futur. L'un de ces atouts, ce sont les femmes, dont les métaphores poto mitan et fanm doubout prennent tout leur sens sous la plume de l'auteur.

    Les femmes chez Cage-Florentiny sont souvent décrites dans des situations extrêmes, traduisant la volonté de l'auteur de créer une « mythologie interne » ainsi que son aspiration à une société plus humanisée, bâtie sur une redéfinition des rapports hommes-femmes.

    Incisive, la plume de l'auteur la révèle non seulement comme une excellente observatrice de sa société mais également une actrice engagée et déterminée. D'ailleurs, étudiante à l'Université des Antilles et de la Guyane (Schœlcher) dans les années 1980, Nicole Cage-Florentiny fonde avec Marius Etilé le « Mouvement Étudiant Contre l'Apartheid ». Ses ateliers d'écriture comme thérapie offerts au public jeune et moins jeune témoignent de son engagement continu en faveur de son peuple.

    Dans ses textes, Nicole Cage-Florentiny expose des thèmes contemporains et parfois tabous – l'inceste, la toxicomanie, la folie, la pédophilie, la drogue, la prostitution, l'adultère et le lesbianisme – dont la pertinence est de nature à susciter la confiance en soi et le réveil des consciences.

    Elle participe fréquemment aux Salons du livre, comme ceux de Pointe-à-Pitre (2000) et de Paris (2004), et aux Festivals de Poésie : de Medellín (Colombie, 2001 et 2004), de Curtea de Arges (Roumanie, 2002), « La tente d'Ali Ben Geddhem » (Tunisie, 2003), de Xela (Guatemala, 2004) et de Trois-Rivières (Canada, 2005). Lors de telles rencontres, comme à d'autres colloques et rencontres d'écrivains et poètes (au Mexique, au Salvador, en Macédoine, en Albanie et, bien sûr, en Martinique), il lui arrive de lire de ses poèmes – en français, créole et espagnol – et de les mettre sur scène.

    Nicole Cage-Florentiny est une écrivaine de Martinique très récompensée. Elle reçoit une mention spéciale du Jury du Prix de Poésie Jeunesse du Ministère de la Jeunesse et des Sports et de la Maison de la Poésie à Paris en 1993, pour son recueil de poèmes pour enfants intitulé Lavalas. Lauréate du Prix Casa de las Americas pour son recueil de poèmes-jeunesse, Arc en ciel, L'espoir, elle est également l'une des trois poètes nominés pour le Prix International de poésie de Roumanie (2002) et lauréate du Prix Oe Neu Mi de poésie en République de Macédoine (2002). En mars 2004, le Prix de la Créativité lui est décerné au Liban par la Fondation Naaman pour la Culture.

    Son talent d'écrivaine et la portée esthétique et thématique de ses textes continuent d'être reconnus : ses poèmes sont traduits par la poétesse cubaine Nancy Morejón et le poète américain Jack Hirschman ; Aime comme musique ou comme mourir d'aimer fait partie des cinq romans finalistes pour le Prix Gros Sel en décembre 2005.


    Dernière édition par Bettina le Ven 18 Avr - 23:44, édité 1 fois

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    Mayotte Capécia

    Message par admin le Ven 18 Avr - 23:42


    Malfamée mais sauvée de l'oubli grâce à Frantz Fanon, Etiemble et quelques admirateurs parisiens qui l'aidèrent à écrire, Mayotte Capécia ne fut identifiée qu'en 1993 pour le monde des lettres.

    Née au Carbet (Martinique) d'une mère célibataire, en 1916, Lucette Céranus Combette ne fit jamais d'études et travailla comme sa jumelle dès l'âge de quatorze ans à Fort-de-France dans une chocolaterie puis géra de petits commerces.

    Mère à dix-sept ans, et deux fois par la suite, sa passion pour un lieutenant de marine protestant et pétainiste fournit la trame d'un premier roman tandis que le second est axé sur l'inconfort du métissage à l'aube de «la Négritude». Elle se fit reconnaître par son père et s'embarqua pour la France en 1946.

    Les deux romans de Mayotte Capécia sont des créations collectives, en partie inspirées du journal du lieutenant. Elle réussit, grâce au bon accueil de son premier livre, à faire venir ses enfants et sa jumelle en France, mais elle fut atteinte d'un cancer et mourut dès 1955.

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    Ina Césaire

    Message par admin le Ven 18 Avr - 23:53

    Ina Césaire est née en Martinique en 1942 où elle s'est ancrée définitivement après des études supérieures et un début de carrière universitaire en France en tant qu'ethnographe. Elle est membre du CRNS chargée de mission à la conservation du patrimoine de Martinique.

    Parallèlement aux nombreux articles scientifiques et à ses films ethnographiques sur la Toussaint, le Mercredi des Cendres, etc., Ina Césaire a publié plusieurs recueils de contes, dont un en édition bilingue et un autre en collaboration.

    Elle s'est attachée aussi à créer pour le théâtre (où sa sœur Michèle s'est également illustrée) en prenant sa matière dans les recherches ethnographiques (Ti Jean), dans l'histoire de son pays (Rosanie Soleil), dans l'histoire familiale (Mémoires d'Isles) et dans la littérature internationale pour diverses adaptations.

    Son roman Zonzon est un montage humoristique et tendre de légendes et d'anecdotes contemporaines martiniquaises, qui met en valeur la diglossie, les femmes et la culture de son pays.


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    Suzanne Césaire

    Message par admin le Ven 18 Avr - 23:56

    Suzanne Roussi (Roussy) est née le 11 août 1915 en Martinique. Elle fait ses études à Toulouse et à Paris, où elle rencontre le jeune Aimé Césaire, avec qui elle travaille à la rédaction de la revue L'Etudiant noir.

    Le couple, marié en 1937, aura six enfants. En 1941, à Fort-de-France, avec la collaboration de René Ménil et d'Astride Maugée, Suzanne et Aimé Césaire fondent la revue culturelle Tropiques. C'est pour cette revue que Suzanne Césaire écrit les seuls essais qu'elle a publiés – sept textes au total.

    Les premiers essais de 1941 traitent des influences européennes, notamment celles de l'ethnologue allemand Léo Frobenius et du surréaliste André Breton. Dès son quatrième article « Misère d'une poésie », publié en 1942, Suzanne Césaire établit les fondations d'une nouvelle littérature d'identité martiniquaise, fortement distincte de la perspective qu'offre l'ancien continent sur les îles.

    Par la suite, dans « Malaise d'une civilisation », elle avertit les Martiniquais des dangers de l'assimilation et conseille à ses lecteurs de reconnaître « toutes les forces vives mêlées sur cette terre où la race est le résultat du brassage le plus continu ». Suzanne Césaire rappelle aussi la dette du mouvement surréaliste envers ses pratiquants extra-hexagonaux dans son essai « 1943 : Le Surréalisme et nous », qui s'approprie le surréalisme comme arme de choix d'une poésie martiniquaise.

    Dans ses écrits, Suzanne Césaire prévoit une Caraïbe multiethnique et dynamique, une vision qui culmine dans son dernier essai, « Le Grand Camouflage ». Celui-ci examine les origines historiques, sociologiques, et économiques d'une Martinique multiple et invite ses lecteurs à inventer une littérature nouvelle.

    Après la guerre, Suzanne Césaire retourne à Paris avec son mari, élu député du nouveau département à l'Assemblée Nationale. Enseignante, elle continuera à travailler dans le domaine culturel et adaptera une nouvelle de Lafcadio Hearn (Youma, The Story of a West-Indian Slave, 1890) pour un groupe théâtral martiniquais en 1952. Cette pièce, intitulée Aurore de la liberté, traite de la révolte noire en Martinique de mai 1848. Mis en scène par un groupe amateur, le texte n'a jamais été publié.

    Suzanne Césaire se sépare de son mari en 1963 et meurt trois ans plus tard, à l'âge de 50 ans. Les traces de son influence restent visibles dans l'œuvre de maints auteurs contemporains, dont Daniel Maximin et Édouard Glissant.

    Sa vision d'une littérature antillaise ancrée dans une terre qui fait partie de ce peuple « aux quatre races et aux douzaines de sang », son refus de l'exotisme littéraire, et sa reconnaissance des relations dynamiques et interculturelles en jeu aux Antilles continuent à fasciner et à inspirer.
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    Rabasse du sud

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    Re: La MARTINIQUE

    Message par Rabasse du sud le Sam 19 Avr - 13:35

    suzanne !? la soeur de tino !? drunken

    Né en 1907 au Gros-Morne, René Ménil était un intellectuel marxiste et surréaliste martiniquais, l'un des piliers de la Revue Tropiques, le directeur politique du journal "Justice", et le fondateur de la revue "Légitime Défense" (une seule parution). Son enterrement a lieu dans sa commune natale, le 1er Septembre 2004.


    René Ménil, philosophe martiniquais
    Poète surréaliste dès la naissance de ce mouvement littéraire après la première guerre mondiale, professeur de philosophie au lycée Schoelcher en même temps que son ami Aimé Césaire, René Ménil est l'un des forgerons de la conscience nationale martiniquaise.

    En 1932, il publie avec Etienne Léro, Maurice Sabat-Quitman, Jules Monnerot, un texte intitulé Légitime Défense, considéré comme le point de départ de la lutte contemporaine contre le colonialisme.
    Aimé Césaire, Léopold Sédar-Senghor et Léon Gontrand Damas, poursuivront dans la revue l'Etudiant Noir (1934) ce combat politique initié par Paulette Nardal dès 1931.
    René Ménil, l'éveilleur de conscience
    Directeur politique du journal communiste Justice (dont le journaliste Aliker a été assassiné en 1934), et directeur de la revue théorique du parti communiste martiniquais dans les années 60, René Ménil est avant tout un militant resté fidèle à la pensée marxiste révolutionnaire, tout en intégrant la réalité sociale et historique martiniquaise.
    En plein régime de Vichy, à l'époque de l'Amiral Robert, René Ménil avec Aimé et Suzanne Césaire née Roussi, Lucie Thésée, Aristide Maugée et Georges Gratiant fonde la revue Tropiques à laquelle il participe ("Laissez la Poésie", avril 1942) de 1940 à 1942, jusqu'à son interdiction le 10 Mai 1942 par le censeur Bayle et, à sa reparution après la révolte du 24 au 29 Juin 1943 où les Martiniquais chassèrent l'Amiral Robert pro-nazi.
    Qui parle ici ? Des Martiniquais vivant sur la ligne des Tropiques, entre les deux Amériques.
    Des gens qui ont derrière eux trois siècles de récitation, et qui toujours vinrent aux assises de la Culture les mains vides, n'ayant jamais rien fait. Nous avons lu la culture des autres. les plus sots d'entre nous prennent pour de la culture les textes qu'ils ont appris en classe et croient que la culture est chose qui se passe dans la mémoire. La mécanique récitation des temps passés, l'enfantine manie de collectionner des images d'Epinal, de dire des mots que les autres ont inventé... La culture est ailleurs.
    (René Ménil, Tropiques).

    Précurseur, il est resté jusqu'à sa mort, profondément attaché à l'émancipation, à l'identité martiniquaise et à la défense de la Martinique.
    René Ménil a ainsi publié "Tracées ou le chemin de l'identité", et en 1999 "Antilles déjà jadis" (Prix Frantz Fanon 2000).
    Homme de convictions et de grande valeur, René Ménil bénéficiait d'un grand respect.

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    Re: La MARTINIQUE

    Message par admin le Sam 19 Avr - 16:28

    Peut-être que quand le Bonaparte du 21e siècle aura fait un petit tour en Martinique et participé aux funérailles d'Aimé Césaire, peut-être, je dis bien, peut-être, qu'une once de l'humanité qui imprégnait cet homme, et ces autres autres et femmes de lettres de l'île aux Fleurs pourraient entrer en lui... Peut-être aussi que des hommes (et femmes) comme Kouchner et compagnie seront amenés à comprendre la différence entre compromis et compromission... J'en demande trop peut-être !

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    Patrick Chamoiseau

    Message par admin le Sam 19 Avr - 17:07

    Patrick Chamoiseau est né le 3 décembre 1953 à Fort-de-France (Martinique).

    Après des études de droit et d'économie sociale en France, il devient un travailleur social, d'abord dans l'Hexagone, puis en Martinique.

    Inspiré par l'ethnographie, il s'intéresse aux formes culturelles disparaissantes de son île natale (les djobeurs du marché de Fort-de-France, et les vieux conteurs) et il redécouvre le dynamisme de sa première langue, le créole, langue qu'il a dû abandonner au moment de ses études primaires.

    En 1986 il publie son premier roman, Chronique des sept misères, où il raconte l'expérience collective des djobeurs et étale son invention d'un nouveau style linguistique, un langage hybride accessible aux lecteurs de la Métropole qui contient néanmoins les valeurs socio-symboliques du créole, la provocation et la subversion.

    Par la suite apparaît son deuxième roman Solibo magnifique (1988), livre qui développe les thèmes de la recherche d'une identité martiniquaise par les pratiques culturelles du passé.

    Il est par son troisième roman pourtant que Chamoiseau éclate sur la scène internationale.

    Texaco (1992), grande épopée, raconte les souffrances de trois générations, d'abord sous l'esclavage, puis pendant la première migration vers l'Enville, enfin à l'époque actuelle.

    Texaco gagne le Prix Goncourt et établit Chamoiseau comme la vedette du mouvement créoliste.

    Pendant qu'il produisait ces trois romans, Chamoiseau travaillait aussi à d'autres projets.

    Avec Jean Bernabé et Raphaël Confiant, il publie en 1989 Éloge de la créolité, le manifeste de la créolité, et par la suite Lettres créoles avec Confiant, un essai sur la littérature antillaise de 1635 à 1975.

    De plus il écrit une autobiographie (Une enfance créole – 2 volumes), il édite une collection de contes créoles (Au temps de l'antan) et, en collaboration avec le photographe Rodolphe Hammadi, Guyane: Traces-Mémoires du bagne.

    L'œuvre récente de Chamoiseau continue à se développer au carrefour de la théorie et la création artistique : un conte de l'époque esclavagiste L'esclave vieil homme et le molosse (1997), un texte à moitié théorique, à moitié autobiographique, Écrire en pays dominé (1997), et son quatrième roman, Biblique des derniers gestes (2002).

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    Raphaël Confiant

    Message par admin le Sam 19 Avr - 17:21


    Raphaël Confiant est né le 25 janvier 1951 au Lorrain (Martinique).

    Il a effectué ses études supérieures à l'Université de Provence, études principalement de sciences politiques et d'anglais. Militant de la cause créole dès les années 1970, à son retour en Martinique, il oeuvre dans le domaine de l'écrit créole, notamment avec sa participation très active au premier journal entièrement en créole, Grif an tè.

    Cette expérience durera plus de quatre ans, entre 1977 et 1981. Avant d'être l'auteur francophone que l'on connaît, Confiant a publié trois romans en créole (et beaucoup de petites pièces plus courtes). Dans les années 1990, ces romans seront traduits en français.

    Confiant est l'un des membres du GEREC (Groupe d'Etudes et de Recherches en espace créolophone), et dans ce cadre il participe à la fois à la promotion du système graphique proposé par Jean Bernabé dès 1978, mais aussi à travers divers journaux (Antilla, Karibèl...) à des propositions en matière de lexique, pour développer notamment du vocabulaire technique en créole. Ses deux derniers romans en créole sont suivis d'un court glossaire, Pawôlnèf (Néologismes), dans lequel ses créations propres sont classées par ordre alphabétique et traduites en créole "usuel".

    Avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau, il publie en 1989 Eloge de la créolité, et par la suite quelques autres écrits théoriques (par exemple, Les Lettres créoles avec Chamoiseau, un essai sur la littérature antillaise de 1635 à 1975, ainsi qu'une étude polémique sur Aimé Césaire).

    Confiant est l'auteur de plusieurs romans en français: depuis Le nègre et l'amiral en 1988, d'autres encore qui sont publiés à un rythme de deux ou trois par an. Il travaille aussi à la traduction de ses romans créoles: sous le titre Mamzelle Libellule, est paru Marisosé, bientôt suivi par Le gouverneur des dés (Kòd Yanm) dans une traduction de Gerry L'Etang.

    Il convient de souligner les particularités du français de Raphaël Confiant ; à la suite de Chamoiseau, moins systématiquement toutefois que son prédécesseur, Confiant élève le créolisme au rang de procédé littéraire: emprunts, calques sont volontairement intégrés, donnant à la langue de l'auteur martiniquais une couleur tout à fait particulière, sans doute pas toujours aisée à comprendre pour le lecteur qui ignore tout du créole et du monde martiniquais.

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    Tony Delsham

    Message par admin le Sam 19 Avr - 17:29


    Né le 4 février 1946 à Fort-de-France, Tony Delsham effectue toute sa scolarité, primaire et secondaire, au Lycée Schœlcher.

    De 1962 à 1963, alors qu'il est encore sur les bancs du lycée, Tony Delsham est l'un des plus jeunes organisateurs de spectacles publics à la Martinique. En effet, chaque jeudi, il produisait « Les Infidel'S », groupe rock et twist composé de lycéens âgés de treize à quinze ans et qui attirait des milliers de spectateurs de tout âge.

    En 1965, les études secondaires terminées, à l'image de son père, il pense à une carrière militaire mais abandonne cette idée après son passage au 40e Régiment d'Artillerie basé à Chalons-sur-Marne. À la même époque, il collabore à différentes feuilles de choux de la région et s'intéresse au mécanisme de la presse et de l'édition.

    En 1970, de retour à la Martinique, Delsham est consterné par deux évidences qui lui avaient échappé jusqu'alors :

    1.) L'indigence d'une presse dominée par la Radio Télévision Française et par France-Antilles, quotidien du groupe Hersant. En face, les journaux de partis politiques réagissaient très vivement contre ce qu'ils estimaient être une volonté d'aliénation du peuple martiniquais par les autorités. La radio et la télévision ne réalisant aucune production locale, diffusaient des informations en provenance de France. Les journalistes, en réalité, étaient des lecteurs de dépêches, tandis que le quotidien traitait les chiens écrasés.

    2.) L'absence totale de livres écrits par des auteurs antillais. Aimé Césaire, Frantz Fanon, Joseph Zobel – les seuls existants à l'époque – étaient introuvables en librairie.

    Dès lors, Delsham n'a qu'un objectif : créer une structure permettant l'édition de romans et de livres, présentant un visage plus vrai de la Martinique pour, selon sa formule, « tenter de reconstituer un miroir brisé ».

    Au moment où la Radio et la Télévision d'État amorcent une ouverture sur le traitement de l'information locale accompagnée d'une politique d'embauche de martiniquais, il décide de créer ses propres journaux avec comme objectif affirmé : parler au plus grand nombre.

    Une rapide étude de marché auprès des distributeurs démontre que le plus gros véhicule répondant à cette exigence était le roman-photo, suivi de la bande dessinée. L'offset n'existant pas aux Antilles, il choisit la B.D. Dans le même temps, il lance en 1972 un hebdomadaire d'information générale : Martinique Hebdo.

    En 1975, c'est la fusion avec Le Naïf, hebdomadaire composé par une équipe animée des mêmes intentions.

    Au cours des années, forcée par les revendications martiniquaises et surtout talonnée par la concurrence rendue possible grâce à la libération des ondes au début des années 1980 sous le gouvernement socialiste, la Radio Télévision d'État est obligée de jouer son rôle d'informateur, tandis que de plus en plus l'édition française s'intéresse aux écrits antillais.

    Mais Tony Delsham ne varie pas son attitude. Jusqu'à ce jour, il ne collabore qu'avec des organes de presse dont les racines sont martiniquaises ; il ne présente pas ses manuscrits aux éditeurs français.

    Provocateur, les thèmes traités par l'auteur sont toujours puisés dans les bobos des Antilles qu'il explore sans parti pris : « je n'ai de facture à présenter à quiconque, dit-il, je ne me bats pas au nom de mes ancêtres esclaves mais bien au nom du présent et du futur de nos enfants ».

    Alors tout y passe : les rapports conflictuels des descendants d'esclaves et des descendants d'esclavagistes, les rapports hommes-femmes, l'émigration organisée par Paris, la toxicomanie, la sexualité et cetera...

    L'œuvre de Tony Delsham a été mise en scène en Martinique et à l'étranger, et portée à l'écran, petit et grand. Depuis une dizaine d'années il est rédacteur en chef de l'hebdomadaire Antilla et, depuis 2001, participe régulièrement à l'émission « Dialogue avec la presse » de Kanal Martinique Télévision. Personnalité très médiatique, Tony Delsham, auteur de plus d'une vingtaine de romans, est l'écrivain le plus lu des Antilles.

    Repères :
    1972 - Création des Éditions M.G.G (pour Martinique Guadeloupe Guyane).
    1972 - Lancement de M.G.G, première bande dessinée des Antilles.
    1972 - Lancement de Martinique Hebdo, hebdomadaire d'information générale.
    1975 - Fusion entre Martinique Hebdo et Le Naïf pour la partie presse.
    1975 - Rédacteur en chef du Naïf, jusqu'en 1982.
    1982 - Démission du Naïf.
    1990 - Rédacteur en chef de Antilla, hebdomadaire d'information générale.
    1999 - Les Éditions M.G.G se transforment en Martinique Éditions.

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    Suzanne Dracius

    Message par admin le Sam 19 Avr - 17:31

    Suzanne Dracius est née à Fort-de-France (Martinique). Elle a passé son enfance entre ses Terres-Sainville natales et les hauteurs de Balata (Martinique), puis à Sceaux, en France hexagonale.

    Professeur de Lettres Classiques, après des études à la Sorbonne, elle exerça d'abord à Paris.

    Depuis son retour à la Martinique en 1982, elle vit à Fort-de-France où elle enseigna à l'Université des Antilles-Guyane (Campus de Schoelcher) jusqu'en 1996 et entreprit, en Lettres et Civilisation Caribéennes, une recherche sur les villes de Saint-Pierre et Pompéi.

    Divorcée du créoliste Pierre Pinalie depuis 1997, elle est mère d'un fils qui vit à Paris.

    « Calazaza », Suzanne Dracius revendique ses ancêtres africains, européens, indiens, caraïbes et chinois.

    Elle se consacre à nouveau à la littérature, avec plusieurs projets en voie d'achèvement.

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    René Ménil

    Message par admin le Sam 19 Avr - 17:33

    Rabasse du sud a écrit:suzanne !? la soeur de tino !? drunken

    Né en 1907 au Gros-Morne, René Ménil était un intellectuel marxiste et surréaliste martiniquais, l'un des piliers de la Revue Tropiques, le directeur politique du journal "Justice", et le fondateur de la revue "Légitime Défense" (une seule parution). Son enterrement a lieu dans sa commune natale, le 1er Septembre 2004.


    René Ménil, philosophe martiniquais
    Poète surréaliste dès la naissance de ce mouvement littéraire après la première guerre mondiale, professeur de philosophie au lycée Schoelcher en même temps que son ami Aimé Césaire, René Ménil est l'un des forgerons de la conscience nationale martiniquaise.

    En 1932, il publie avec Etienne Léro, Maurice Sabat-Quitman, Jules Monnerot, un texte intitulé Légitime Défense, considéré comme le point de départ de la lutte contemporaine contre le colonialisme.
    Aimé Césaire, Léopold Sédar-Senghor et Léon Gontrand Damas, poursuivront dans la revue l'Etudiant Noir (1934) ce combat politique initié par Paulette Nardal dès 1931.
    René Ménil, l'éveilleur de conscience
    Directeur politique du journal communiste Justice (dont le journaliste Aliker a été assassiné en 1934), et directeur de la revue théorique du parti communiste martiniquais dans les années 60, René Ménil est avant tout un militant resté fidèle à la pensée marxiste révolutionnaire, tout en intégrant la réalité sociale et historique martiniquaise.
    En plein régime de Vichy, à l'époque de l'Amiral Robert, René Ménil avec Aimé et Suzanne Césaire née Roussi, Lucie Thésée, Aristide Maugée et Georges Gratiant fonde la revue Tropiques à laquelle il participe ("Laissez la Poésie", avril 1942) de 1940 à 1942, jusqu'à son interdiction le 10 Mai 1942 par le censeur Bayle et, à sa reparution après la révolte du 24 au 29 Juin 1943 où les Martiniquais chassèrent l'Amiral Robert pro-nazi.
    Qui parle ici ? Des Martiniquais vivant sur la ligne des Tropiques, entre les deux Amériques.
    Des gens qui ont derrière eux trois siècles de récitation, et qui toujours vinrent aux assises de la Culture les mains vides, n'ayant jamais rien fait. Nous avons lu la culture des autres. les plus sots d'entre nous prennent pour de la culture les textes qu'ils ont appris en classe et croient que la culture est chose qui se passe dans la mémoire. La mécanique récitation des temps passés, l'enfantine manie de collectionner des images d'Epinal, de dire des mots que les autres ont inventé... La culture est ailleurs.
    (René Ménil, Tropiques).
    Précurseur, il est resté jusqu'à sa mort, profondément attaché à l'émancipation, à l'identité martiniquaise et à la défense de la Martinique.
    René Ménil a ainsi publié "Tracées ou le chemin de l'identité", et en 1999 "Antilles déjà jadis" (Prix Frantz Fanon 2000).
    Homme de convictions et de grande valeur, René Ménil bénéficiait d'un grand respect.

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    Max Élisée

    Message par admin le Mer 23 Avr - 22:21


    Max Élisée est né le 26 avril 1947 à Macouba en Martinique. Très tôt, sa sensibilité l'amène à s'intéresser à la littérature et aux moyens d'expression artistique.

    Arrivé en France en 1960 afin de poursuivre ses études, il entreprend en 1963 des cours d'Art Dramatique au sein du « cours Prévot », au grand dam de ses parents qui auraient plutôt souhaité le voir intégrer le service public.

    Ayant charge de famille et amateur de maisons anciennes, il devient entrepreneur en bâtiment, spécialisé en restauration, tout en ayant un œil sur le monde artistique.

    C'est ainsi qu'il devient assistant réalisateur sur le film Borsalino et par la suite, scénariste.

    Il signera bon nombre de scénarios pour des maisons de productions diverses, créera sa propre maison de production, sera acteur sur des moyens et longs métrages, mettra en scène des pièces de théâtre.

    Reconnu comme scénariste, il aura l'occasion de rencontrer Claude Chabrol, qui, intéressé par l'un de ses scénarios (« Chabin, mon frère »), devait en effectuer la mise en scène. Ce projet n'ayant pu aboutir pour des raisons financières, le scénario est devenu le premier roman de Max Élisée, Mémoires d'un Chabin, publié en 2000, puis face au succès, réédité en 2002.

    L'action de Mémoires d'un Chabin se déroule en 1935 à la Martinique : la famille Edgar compte un garçon pas comme les autres, Frédéric, né chabin, c'est-à-dire blanc de peau, bien qu'issu de parents noirs. Cette anomalie en fait le vilain petit canard de la petite communauté de Macouba. Maladroit avec les filles, malmené par un père autoritaire et un frère rebelle qu'il admire en secret, Frédéric trouve refuge auprès de la littérature et des rêves – habités, visionnaires.

    La condition de chabin est en effet pleine de superstitions dont Frédéric fait bientôt l'expérience douloureuse mais libératrice, cathartique. Un esprit visite ses rêves et le ramène en Afrique, où ses ancêtres ont connu la traite des esclaves, et où la malédiction s'est abattue sur la famille Edgard. Alors que les rapports de force s'exacerbent en Martinique entre les blancs et les noirs, compliqués par des mariages mixtes et de vieilles rancunes, Frédéric accomplit son étrange destin. De la Dominique à Saint-Louis du Sénégal, le protagoniste de ce premier roman d'Élisée cherche à s'affranchir de son passé.

    Roman initiatique créole, ces Mémoires d'un Chabin soufflent les Azilés, tantôt favorables, tantôt contraires, de l'acceptation d'une différence. Leur langue richement chamarrée, entre Faulkner et Chamoiseau, constitue une invitation au voyage sur les pas mélancoliques du Chabin.

    L'écriture étant le moyen d'expression préféré de Max Élisée, il sortira trois ans plus tard Un jour, je te dirai..., dont l'action se déroule dans les Cévennes. Parviendra-t-on cette fois à élucider le mystère de la disparition d'Isabelle Duranton et de son père ? C'est la question que se pose Roger, expert en assurances, envoyé par sa compagnie pour enquêter avant la remise d'une grosse prime d'assurance-vie à Hélène, la veuve et mère des disparus.

    Quatre années se sont écoulées depuis cette disparition qui a bouleversé la région du Gard. Pourtant tous les efforts des gendarmes et policiers avaient été mis en œuvre. Roger, antillais d'origine, découvrant la ville d'Alès, ses habitudes, ses notables et ses mœurs, ira de surprise en surprise. Il découvrira que tous les protagonistes liés de près ou de loin à l'affaire se révèleront tour à tour machiavéliques, faux, sensibles, désespérés, déterminés jusqu'à la découverte de la vérité qu'il faudra, un jour, dire...

    Max Élisée a su donner dans ce roman policier – grâce à son style très riche, découvert dans son premier roman Mémoires d'un Chabin – de la profondeur aux personnages et de la force à l'intrigue où la recherche de la vérité est plus nécessaire que jamais.

    L'auteur quitte Paris en 2002 pour s'installer dans le Vaucluse, dont le cadre lui fournit également l'inspiration de son troisième roman en cours d'écriture : Le Kishkanu noir. Il s'agit d'un roman initiatique dont l'action se déroule entre les sapinières du Mont-Ventoux (Vaucluse) et les palétuviers de la Montagne Pelée (Martinique), où ésotérisme et paranormal s'affrontent avec ardeur.

    Mas Élisée partage son temps entre deux activités qui lui tiennent à cœur : la restauration de maisons anciennes et l'écriture.

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    Frantz Fanon

    Message par admin le Mer 23 Avr - 22:35


    Né le 20 juillet 1925* à Fort-de-France, Frantz Fanon, cinquième enfant dans une famille mulâtre de huit, reçoit son éducation secondaire au lycée Schoelcher où Aimé Césaire l'influencera.

    Fanon deviendra un penseur-phare du Tiers-mondialiste et de l'anti-colonialisme.

    En 1943, Fanon rejoint les forces françaises libres à la Dominique.

    Luttant côte à côte avec les « tirailleurs sénégalais », il est décidé à libérer la mère-patrie du nazisme.

    À ses amis qui lui disent que cette guerre n'est pas la leur, Fanon répond : « Chaque fois que la dignité et la liberté de l'homme sont en question, nous sommes concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes, et chaque fois qu'elles seront menacées en quelque lieu que ce soit, je m'engagerai sans retour ».

    **Son idéalisme prend alors une tournure marquante car la seconde guerre mondiale révèle au descendant d'esclaves que la France qui leur avait inculqué un sens du patriotisme tricolore, avait également instillé dans l'esprit martiniquais et guadeloupéen un complexe de supériorité par rapport aux Africains. La condescendance pour d'autres frères soldats d'Afrique, la différenciation sentie chaque jour entre troupes françaises et celles des colonies, la hiérarchie dans l'armée et les administrations mettent Fanon mal à l'aise. Ces années de guerre l'engageront sur la double piste d'une libération mentale et physique.

    Fanon entame des études de médecine à Lyon, loin de Paris, parce que, plaisantait-il, « il y a trop de nègres à Paris » et qu'il voulait s'y « lactifier » (cité par Manville). La médecine – aussi bien que des cours de philosophie et de psychiatrie – lui permet de voir plus clair dans le processus complexe de la colonisation et dans la désubjectivation du colonisé.

    La médecine est une porte qui conduit Fanon vers la psychologie en milieu colonial, c'est-à-dire une branche de la psychologie qui prend en compte l'univers de la violence et l'aliénation du colonisé.

    Il se désespère, lorsqu'il pratique en Normandie (Pontarson), que la nosographie soit occidentale, inapte à servir de cure au malade social et/ou colonial et en Algérie, il s'indignera des pratiques carcérales moyenâgeuses.

    En Algérie, Fanon fera adapter de nouvelles structures, la sociothérapie (la guérison par des pratiques sociales) et l'ergothérapie (la guérison par la pratique de métiers) et introduira des données spécifiquement « postcoloniales ». Préoccupé par le racisme qu'il affronte dans la vie quotidienne, il publie Peau noire, masques blancs en 1952, sa thèse de doctorat en psychiatrie.

    Peau noire, masques blancs dénonce d'emblée la citoyenneté de façade imposée par la politique assimilationniste, grandement intériorisée par la conscience antillaise. À travers l'opposition entre l'être et le paraître, Fanon opte pour le singulier de la couleur et le pluriel pour ses « masques ». De fait, confondus avec les Africains et les Africains Américains, les Antillais ont réagi par leurs attitudes et comportements mimétiques différents : du mimétisme le plus complet à la résistance à tout mimétisme.

    Pour faire sauter l'invisibilité que leur fait vivre la France, les manières sont effectivement multiples. Elles varient d'un mimétisme total (Homi Bhabha, « not quite, not white ») à l'auto-dérision et l'auto-destruction par le déni de cette part de son identité « criante », visible alors même que les Blancs le traitent d'invisible (Ralph Ellison). Fanon est devancé par un nombre d'Africains Américains qui à leur tour annonçaient les chefs de file de la « Harlem Renaissance », tel Edward Blyden.

    Responsable de l'hôpital psychiatrique à Blida de 1953 jusqu'à 1956, Fanon soigne de jour les blessés parmi les soldats français, de nuit plutôt les victimes de l'oppression coloniale.

    Il s'engage dans le politique car, comme il l'écrira dans sa lettre de démission, il y a un lien entre la psychose et l'aliénation colonialiste : « La folie est l'un des moyens de l'homme de perdre sa liberté. [...] Si la psychiatrie est une technique médicale qui se propose de permettre à l'homme de ne plus être étranger à son environnement, je me dois d'affirmer que l'Arabe, aliéné permanent dans son pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolue ».

    Fanon importune parce qu'il voit plus large que son île : il dissèque les corrélations entre différentes sphères de la société coloniale ; sous l'angle sociologique, philosophique et psychanalytique, il aborde la question de la (dé)colonisation en connectant plusieurs ères.

    Rassemblant Algériens et Antillais – « nous portions la calotte et eux la chéchia » (Manville) – Fanon est allergique à tout autoritarisme.

    La lutte tenace et la guerre fort inégale entre colonisateurs et colonisés lui révèlent les divergences dans les expériences de colonisation et de colonies : car si les Antillais ont opté pour rester dans le giron de la France-mère, l'Algérie et d'autres nations colonisées par la France paieront un lourd tribut pour l'indépendance.

    De jour, Fanon soigne les blessés français, les soldats effondrés par les brutalités commises ; de nuit, Fanon traite les victimes de l'oppression coloniale.

    Constatant la vanité d'un traitement intra muros si la société extra muros tout entière est malade, Fanon décide de ne plus exercer. Deux ans après le déclenchement de la guerre de libération, Fanon démissionne de son poste à Blida.

    Il sera expulsé d'Algérie en 1957 par les autorités françaises et s'installera à Tunis, où il rejoint le Gouvernement provisoire de la République algérienne.

    Il devient membre de rédaction d'El Moudjahid, organe important du FLN (le Front de libération nationale) et en 1959, fait partie de la délégation algérienne au Congrès pan-africain d'Accra. En mars 1960, Fanon est nommé ambassadeur de l'Algérie au Ghana et assume un rôle diplomatique. Il publie L'An V de la révolution algérienne en 1959 et Les Damnés de la terre en 1961.

    Mort à Washington le 6 décembre 1961 d'une leucémie aiguë, Fanon a été inhumé au cimetière de Chouhadas, toponyme qui signifie aussi « les martyrs de la guerre », près de la frontière tunisienne, à quelques mois de l'Indépendance.

    Au carrefour de plusieurs disciplines, Frantz Fanon a été le meilleur pionnier et passeur d'études post-coloniales : n'est-ce pas lui qui inspire directement Homi Bhabha qui écrit une préface à la traduction de Peau noire, masques blancs ? N'est-ce pas lui encore qui est cité par Edward Saïd dans Orientalisme et Culture et Impérialisme ? Par son utilisation du concept de mimétisme, Fanon est au berceau des études post-coloniales.

    Les traductions des essais de Fanon sont nombreuses. Dans sa deuxième traduction en anglais (2004), on présente Les Damnés de la terre comme livre essentiel sur la réorganisation sociale pour les dirigeants des nations naissantes, d'une importance majeure sur les revendications des droits civiques et pour les mouvements anti-colonialistes et des consciences noires à travers le monde. D'une actualité brûlante, l'œuvre fanonienne continue de lancer des étincelles de révolte justifiée et de lutte acharnée contre toutes les inégalités.


    * Il y a des biographies qui donnent sa date de naissance le 6 février, le 20 juillet et le 25 juillet 1925.

    ** Cité par Marcel Manville (« Témoignage d'un ami et d'un compagnon de lutte ») dans l'ouvrage collectif, L'Actualité de Frantz Fanon (voir la bibliographie ci-dessous). Voir aussi Frantz Fanon (1925-1961), texte basé sur un chapitre de Petits moments de la psychiatrie en France (2005) de Patrick Clervoy et Maurice Corcos (LDH-Toulon).

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    Édouard Glissant

    Message par admin le Mer 23 Avr - 22:42


    Docteur ès lettres, Edouard Glissant « l'un des plus grands écrivains contemporains de l'universel » (Jacques Cellard, Le Monde) est né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928.

    Formé au lycée Schoelcher de Fort-de-France, il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne et d'ethnologie au Musée de l'Homme.

    Ses premiers poèmes (Un champ d'îles, La terre inquiète et Les Indes) lui valent de figurer dans l'Anthologie de la poésie nouvelle de Jean Paris. Il joue un rôle de premier plan dans la renaissance culturelle négro-africaine (congrès des écrivains et des artistes noirs de Paris en 1956 et de Rome en 1959) et collabore à la revue Les Lettres nouvelles. Le prix Renaudot, remporté en 1958 pour son premier roman, La Lézarde, consacre sa renommée. Co-fondateur avec Paul Niger en 1959 du Front antillo-guyanais et proche des milieux intellectuels algériens, il est expulsé de la Guadeloupe et assigné à résidence en France. Il publie en 1961 une pièce de théâtre, Monsieur Toussaint, et en 1964, un second roman, Le Quatrième Siècle.

    Rentré en Martinique en 1965, il fonde un établissement de recherche et d'enseignement, l'Institut martiniquais d'études, et une revue de sciences humaines, Acoma. Son œuvre ne cesse de croître en ampleur et en diversité : une poursuite du cycle romanesque avec Malemort, La Case du commandeur et Mahagony ; un renouvellement de la poétique avec Boises, Pays rêvé, pays réel et Fastes ; et un épanouissement de la pensée avec trois essais majeurs, L'Intention poétique, Le Discours antillais et Poétique de la relation.

    De 1982 à 1988, il est Directeur du Courrier de l'Unesco. En 1989, il est nommé « Distinguished University Professor » de l'Université d'Etat de Louisiane (LSU), où il dirige le Centre d'études françaises et francophones. Depuis 1995, il est « Distinguished Professor of French » à la City University of New York (CUNY).

    De nombreux colloques internationaux lui ont été consacrés en des lieux divers : Université de Porto (Portugal), Louvain (Belgique), Université de l'Oklahoma (Norman), Guadeloupe, Martinique, Parme (Italie), Paris et à CUNY (New York).

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    Marie-Reine de Jaham

    Message par admin le Sam 26 Avr - 23:08

    Issue d'une lignée de planteurs établie aux îles depuis Richelieu, Marie-Reine de Jaham naît à la Martinique le 7 février 1940. Elle passe son enfance à l'ombre du volcan Pelée. À 17 ans, elle épouse un autre Béké* (descendant de colons français) et suit son époux aux États-Unis, où elle embrasse la carrière publicitaire, d'abord à New York, puis à Paris, où elle fonde sa propre agence.

    Attirée depuis toujours par l'écriture, Marie-Reine de Jaham décide de tenter l'expérience avec un premier roman. Publié chez Robert Laffont en 1989, La Grande Béké devient un bestseller. Roman historique, il décrit la société créole des années cinquante. Deux ans après, l'auteure publie un deuxième volume du roman, Le Maître-savane. Line Renaud incarnera le rôle de Fleur de la Joucqerie quand La Grande Béké est adaptée à la télévision en 1998 par Alain Maline.

    Dans une vaste fresque romanesque et historique, L'Or des îles, Marie-Reine de Jaham retrace l'âpre et flamboyante épopée des Créoles (L'Or des îles et Le Sang du volcan, 1996-1997). L'auteure publie par la suite, toujours chez Laffont, deux thrillers, Bwa bandé et Le Sortilège des marassa, qui peignent la Caraïbe d'aujourd'hui, entre économie offshore et rituels vaudou.

    Publiés chez Anne Carrière en 2004 et 2007, La Véranda Créole et La Caravelle Liberté dépeignent la société créole à l'époque cruciale du XVIIIe siècle. L'Ancien Régime agonise. Le souffle des idées nouvelles attise les révolutions en Europe comme en Amérique. Placées à la charnière de ces deux mondes, les Antilles affrontent pour la première fois la question abyssale de la liberté. Deux femmes, Iris et Ruth, jetées dans la tourmente, frayent leur destinée au milieu de tragiques bouleversements.

    En 1992, Marie-Reine fonde l'association culturelle Patrimoine Créole. L'association réalise de nombreux événements à Paris, dont « Le Printemps créole », des colloques (tel « Avenir créole » au Sénat), des expositions au Musée des Arts et Traditions Populaires et à la galerie Le Monde de l'Art, et l'événementiel « Monde créole » au magasin Printemps-Haussmann.

    En 2000, Marie-Reine s'établit à Nice. Elle y fonde le Cercle Méditerranée Caraïbe (CMC), qui se veut une passerelle culturelle entre les régions de la Méditerranée et de la Caraïbe. Le CMC a réalisé de nombreuses conférences-débats dans la région niçoise (à Fréjus, Monaco, Nice et Saint-Raphaël) et le Festival Créole de Nice, en 2001 et 2002, et le Festival Créole de Menton en 2007.

    Marie-Reine de Jaham a reçu les insignes de Chevalier des Arts et des Lettres en 1996.


    * Béké: Le terme désignait dès l'époque coloniale les blancs des îles et garde le sens de blancs créoles qui détiennent le pouvoir économique et dont les ancêtres sont arrivés aux Antilles pendant la periode coloniale et esclavagiste (ce qui les distinguent de ceux qui sont arrivés après l'abolition : des « blancs », « blancs France », des « zorey », des « béké griyav » ou « blancs-pays ». L'origine du mot béké demeure incertaine ; il serait dérivé du bambara, bìlen (rouge) et tchè / (homme), pour signifier l'homme rouge, le « rougeaud », allusion ironique au teint des planteurs sous l'effet su soleil. À la Jamaïque, un terme parallèle, backra (ou buckra), serait dérivé du mot igbo et efik, mbakara, qui désigne le Blanc ou celui qui gouverne. Marie-Reine de Jaham ne féminise pas le nom d'origine étrangère en békée. (Voir F.G. Cassidy et R.B. Le Page, A Dictionary of Jamaican English, 2nd ed. 2003, et G. Durand, « The Survival of Names of African Origin in Martinique After Emancipation ». Dialectical Anthropology 26 (2001): 193-233.)

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    Mireille Jean-Gilles

    Message par admin le Sam 26 Avr - 23:13

    Mireille Jean-Gilles est née à Cayenne le 28 novembre 1962. Après des études d'agronomie tropicale à Montpellier, elle travaille notamment au Tchad et à Madagascar. Épouse du poète Monchoachi, elle vit aujourd'hui en Martinique.

    Allez comprendre la quête de celle qui s'est mise en tête de partager aussi... l'absolu. Tout commence par cette tentation exclusivement féminine : saisir, pour annihiler les doutes, l'essence du beau dans le perpétuel bouillonnement que sont les désirs, les craintes, les plaisirs et les désillusions.
    La poésie de Mireille Jean-Gilles ne peut être lue comme une succession d'états d'âme, mais plutôt comme l'état d'une âme, par nature plus que par hasard : « Le quotidien étant ce qu'il est, un matin le réveil fut cruel que je décidai, une fois pour toutes, qu'il valait mieux écrire la vie que de la vivre. Je pris mon coupe-papier, me tranchai une veine, y trempai une plume, l'enduisis d'encre rouge, et voilà... ».
    Le fruit de cette rupture d'avec la vie, glisse sur l'immaculé « cahier » et par le pouvoir du vers, soudain, l'être devient libre enfin. Toute aspiration s'exprime, toute sensation s'accomplit totalement.

    Les nouvelles, pages – pourtant très travaillées – sont écrites comme on se ronge les ongles, comme on arrache des écorces. Elles relèvent presque de l'indiscrétion, d'une pudeur violée. Certains lecteurs pourraient y trouver de la complaisance, comme un retour coquet sur soi, là où il y a un acharnement à trouver les mots justes et une bouleversante sincérité.
    Il serait vain de jauger ces nouvelles à l'aune du modèle classique, c'est-à-dire en termes d'action, de progression, d'introduction et de chute. Ce sont des « textes » au sens barthien du terme, où la magie de l'écriture sorcière conduit le lecteur dans une galerie de miroirs. Les phrases narratives sont parfois des incantations parfois un balayage quasi cinématographique des plans de la réalité, ou encore un lent questionnement. Mireille Jean-Gilles, de sa traversée avide des mondes les plus hétérogènes, ramène avec elle une essence de liberté, écriture sinueuse, répétitive, bouclée sur ce qu'elle raconte ; ses « voyages » ne se lisent pas sans éprouver le joug d'un charme troublant.

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    André Lucrèce

    Message par admin le Sam 26 Avr - 23:16


    Écrivain, critique littéraire et sociologue, André Lucrèce est né le 8 juin 1946 à Fort-de-France (Martinique). Il a fait ses études secondaires au Lycée Schoelcher et au Lycée Rodin à Paris, ses études supérieures de sociologie, de lettres et de linguistique à Bordeaux, Aix-en-Provence, puis à Paris. Il est Docteur en sociologie de l'Université de Paris.

    André Lucrèce a été président de l'Association Générale des Étudiants Martiniquais (AGEM) dans les années 1970. Il a été membre fondateur des revues Archipelago et Carbet, et il est créateur du Prix Carbet des Caraïbes et des Amériques. André Lucrèce a produit et animé plusieurs émissions littéraires à RFO.

    Il est l'auteur de très nombreux articles consacrés à la poésie, au théâtre et à la peinture. Dans le domaine du théâtre, il a mis en scène en décembre 2003 à l'Habitation Pécoul à Basse-Pointe (Martinique) Serpent délire et paix, un récital poétique et musical dédié à Aimé Césaire, à partir des textes du poète. Lucrèce se consacre également à une adaptation d'une pièce de Shakespeare. Il est le Directeur du premier Salon du livre de Martinique intitulé Écritures métisses qui aura lieu en octobre 2004.

    André Lucrèce vit aujourd'hui en Martinique où il poursuit ses recherches sur les mythes, les croyances, les pratiques culturelles traditionnelles des sociétés antillaises et leur influence sur la modernité de ces sociétés.

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    René Maran

    Message par admin le Sam 26 Avr - 23:22


    Né à Fort-de-France le 5 novembre 1887, René Maran demeure le grand oublié de cette littérature que l'on nomme aujourd'hui « francophone ».

    Alors que Léopold-Sédar Senghor en a lui-même fait le « précurseur de la négritude », et malgré un prix Goncourt gagné deux années après la victoire de Proust, le nom de Maran reste méconnu de la plupart des spécialistes en lettres francophones.

    Il est vrai que les origines de Maran font de lui un auteur difficile à catégoriser.

    Le jeune Maran fut très vite contraint de déménager dans « la métropole », à Bordeaux plus précisément, alors que son père est muté au Gabon.

    D'autre part, ses parents n'étaient pas d'origine martiniquaise, mais guyanaise.

    Enfin, l'auteur de Batouala passa la plupart de sa vie entre la France et l'Afrique, en Oubangui notamment, ce qui rend d'autant plus problématique la catégorisation de l'appartenance géographique de cet écrivain, mais ceci explique aussi son intérêt pour la communauté noire, non seulement antillaise, mais aussi d'Afrique, de France et des États-Unis (on notera au passage l'importance de sa correspondance avec Alain Locke).

    L'œuvre de René Maran est celle du déchirement : fidèle corps et âme à la France (il voudra même s'engager dans l'armée lors de la première guerre mondiale), il n'en demeure pas moins critique du système colonial, système qui empêcha son père d'obtenir la Légion d'honneur.

    Sa fonction d'administrateur des colonies le met dans une position délicate : il se doit de servir son pays qu'il chérit tant, mais ne peut s'empêcher de se sentir solidaire des peuples d'Afrique équatoriale française. Ce sentiment de double appartenance sera cristallisé dans son roman Un homme pareil aux autres.

    Mais c'est surtout avec Batouala, roman qu'il juge « trop noir et ineuropéen » pour les Français, qu'il se fera connaître, roman qui force l'admiration des uns, et provoque la colère des autres, notamment des responsables de l'administration coloniale qui interdit la diffusion du livre en Afrique (Maran sera contraint de démissionner de son poste).

    La préface de Batouala (1921) constitue en effet une véritable diatribe contre le système colonial puisque Maran s'attaque de manière directe à la façon dont l'administration coloniale gère ses territoires de l'Afrique Équatoriale Française.

    La corruption de cette administration coloniale – que Marguerite Duras dénoncera également en parlant de l'Indochine – s'accompagne de débordements en tous genres de la part des hauts fonctionnaires.

    Ces débordements, surtout causés par les abus d'alcool, seront justifiés par la fameuse « mission civilisatrice » de la France que Maran attaque de plein fouet, racontant dans cette préface que les villages concernés sont peu à peu pillés et dépeuplés.

    Toutefois, la prise répétée de quinine, le manque répété de sommeil, et la mort de ses proches pousseront René Maran à un retour en France sans fanfare, où il meurt le 9 mai 1960, laissant derrière lui une œuvre inspirée du naturalisme à la Balzac, mais qui emprunte également des rythmes de l'Afrique qu'il a tant aimée.

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