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    PETIT LEXIQUE POUR BRILLER DEVANT LES MEDIAS ET EN SOCIETE...

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    PETIT LEXIQUE POUR BRILLER DEVANT LES MEDIAS ET EN SOCIETE...

    Message par admin le Mer 14 Mai - 12:44

    Les clés pour briller dans les débats d'actualité : "Le pouvoir d'achat est au plus bas", "les 35 heures ont freiné la croissance", "en France, seuls les diplômes comptent"...

    Qui n'a jamais entendu ces affirmations au détour d'une conversation ? Le point sur leur exactitude et les arguments pour faire avancer le débat.

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    "Le pouvoir d'achat des cadres ne cesse de baisser"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 12:52

    De nombreux cadres, comme beaucoup de Français, ont le sentiment de voir leur pouvoir d'achat se dégrader année après année. Qu'en est-il de la réalité ? D'où vient ce sentiment général?


    • Dans l'ensemble, le pouvoir d'achat augmente
    D'une manière simple, le pouvoir d'achat se calcule en rapportant le revenu disponible d'une personne ou d'un ménage à l'indice des prix à la consommation reflétant l'inflation.

    Globalement, si on observe son évolution chez les cadres depuis 2000, on constate une augmentation continue sur toute cette période, soit un gain de 8 % en six ans.

    En 2006, le pouvoir d'achat des cadres a augmenté de 2,1 %. Respectivement, les augmentations depuis 2002 étaient de 2 %, 1,8 % et 1,6 %.

    Cette hausse plus prononcée en 2006 s'explique principalement par un marché de l'emploi plus dynamique depuis fin 2004.


    • Dans le détail, la situation ne s'améliore pas pour tout le monde
    Et pourtant, 34 % des cadres ont en réalité perdu du pouvoir d'achat selon l'étude OSCAR 2007 (Observatoire du salaire des cadres et de leurs revenus) de la CFDT.

    La situation s'améliore malgré tout puisque cette part s'élevait à 43 % depuis 2003.

    En 2006, les femmes ont connu une hausse plus marquée que les hommes avec un gain de 2,7 % contre 1,9 %. Si l'on observe la tranche d'âge, les jeunes s'en sortent mieux que leurs homologues plus âgés.

    Seuls 28 % des 31-40 ans ont vu leur situation se dégrader contre 69 % chez les plus de 40 ans. Les jeunes cadres ont ainsi gagné 10,53 % de pouvoir d'achat depuis 2000.

    Enfin, ce sont les cadres de la fonction publique qui ont connu les gains les plus importants, allant jusqu'à 8,94 % en 2006.


    • Les augmentations individuelles sont plus profitables
    Ce qui influence le plus le pouvoir d'achat des cadres, c'est la façon dont ils obtiennent leurs augmentations. La plupart des cadres en bénéficient chaque année.

    Seuls 11,4 % d'entre eux n'en ont reçu aucune en 2006. Ceux-là ont effectiverment vécu une baisse de leur pouvoir d'achat.

    Parmi les bénéficiaires d'une hausse de salaire, ceux qui l'ont obtenu par le biais d'une augmentation individuelle (AI) ont gagné davantage de pouvoir d'achat que dans le cas d'une augmentation collective (AC).

    Dans le premier cas, le gain de pouvoir d'achat s'élève en moyenne à 3,43 % alors que dans le second, il n'est que de 0,61 %.


    Le pouvoir d'achat des cadres
    2002/20032003/20042004/20052005/2006
    Evolution moyenne du pouvoir d'achat des cadres (en %)21,61,82,1
    Part des cadres ayant perdu du pouvoir d'achat (en %)43434334
    Part des cadres n'ayant perçu aucune augmentation (en %)20,718,71111,4
    Part des cadres ayant perçu un augmentation individuelle (en %)49,349,552,754,1
    Part des cadres ayant perçu une augmentation collective (en %)54,659,865,365,2
    Source : Observatoire du salaire des cadres et de leurs revenus OSCAR 2007


    • L'augmentation des dépenses contraintes


    Il est également important d'observer la composition des dépenses. Les dépenses contraintes représentent les dépenses incompressibles d'un ménage telles que le logement, l'énergie, l'alimentation, et aujourd'hui les abonnements téléphoniques et internet.

    La part de ces dépenses a augmenté dans le budget des ménages et de surcroît, subissent particulièrement l'inflation.

    Le résultat est une part de plus en plus réduite du budget allouée aux autres dépenses, ce qui renforce le sentiment de perte de pouvoir d'achat.

    Ceci d'autant plus vrai chez les cadres qui ont tendance à cumuler ces dépenses contraintes (gros forfaits téléphoniques, internet...).



    • Conclusion
    Au final, les statistiques montrent que le pouvoir d'achat des cadres, de manière générale, a augmenté.

    Le sentiment largement répandu de perte de pouvoir d'achat vient surtout du fait que les ménages accorde davantage d'attention à l'évolution des prix de certains produits comme l'alimentation ou l'essence.

    L'inflation touchant principalement ces produits, le sentiment d'appauvrissement s'explique mieux.

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    "Les 35 heures ont pénalisé l'économie française"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 12:59

    Dix ans après les débuts de la réforme du temps de travail, les opinions sont toujours partagées sur l'impact des 35 heures sur l'économie.

    Si à titre personnel, les Français se sont très vite appropriés les jours de RTT - à en croire la croissance concommitante des activités de loisir - des doutes subsistent sur la pertinence de cette mesure vis-à-vis de la problématique emploi.


    • Une création d'emploi inférieure aux prévisions
    Les études divergent pour comptabiliser le nombre d'emplois créés par la mise en place des 35 heures.

    Toutefois un certain consensus s'établit autour du chiffre avancé par la Dares de 350.000 emplois créés entre 1998 et 2002 - soit il est vrai moitié moins que ce qu'annonçait le parti socialiste pendant la campagne de 1997.

    Des chiffres à mettre cependant en parallèle avec la bonne santé économique du pays en 1999 et 2000, années qui ont connu des taux de croissance respectifs de 3,3 % et de 3,9 %.


    • Des effets collatéraux
    "Un certain consensus s'établit autour du chiffre avancé par la Dares de 350.000 emplois créés entre 1998 et 2002"

    Les "35 heures payées 39" auraient dû coûter très cher aux entreprises, menaçant leur productivité et leur compétitivité. Mais trois phénomènes sont venus neutraliser cet impact.

    • Les négociations des accords des 35 heures ont d'abord été l'occasion de renégocier l'organisation du temps de travail. Ils ont également permis plus de flexibilité dans l'agencement des horaires - notamment grâce à l'annualisation du temps de travail - et dans le recours faiblement onéreux aux heures supplémentaires pour les PME (majorées de 10 % au lieu de 25 % pour les 4 première heures).

    • Les hausses de salaire ont pâti de la loi : s'il est difficile de vérifier que les entreprises ont limité les revalorisations salariales dans les mois qui ont précédé la mise en place des 35 heures, le gel des salaires a bien souvent été écrit noir sur blanc dans les accords de réduction du temps de travail rédigés avec les partenaires sociaux, sur une période moyenne de 18 mois. La modération salariale a cependant été contreblancée par la mise en place des "garanties mensuelles de rémunérations", assurant aux salariés payés au Smic le maintien de leur salaire.

    • Enfin, l'impact financier de la mesure a largement été comblé par les allégements de cotisations patronales, soit près de 10 milliards d'euros annuels financés par l'Etat. On note cependant que les emplois créés rapportent cotisations, impôts, TVA...

    • La question de la compétitivité internationale
    Malgré la baisse du temps de travail légal, la productivité de la France s'est plus que maintenue : ainsi la productivité horaire du salarié français était en 2004 de 16,5 % supérieure à la moyenne de l’Europe des 15, contre un écart positif de 11 % en 1996.

    • Conclusion
    S'il est délicat de détacher l'impact des 35 heures des autres grandes variables de l'économie (croissance, taux de chômage, compétitivité structurelle...), il apparaît que le gros point noir de la mesure réside dans son coût.

    Les économistes soulignent également que cette loi a enfermé l'offre dans un carcan en limitant les possibilités de recours à la main d'oeuvre en cas de hausse soudaine de l'activité. Une demande visiblement entendue par le gouvernement avec la loi Tepa et l'accès aux heures supplémentaires défiscalisées.

    On objectera cependant que le problème ne se pose réellement qu'à taux de chômage proche du niveau structurel, sinon il est toujours possible de recourir à une embauche. Et malheureusement, ce n'est pas encore le cas.

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    "Le taux de change euro-dollar pénalise notre économie"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 13:05

    Les gouvernements des Etats membres de l'Union européenne s'inquiètent de manière croissante du danger que peut représenter un euro surévalué par rapport aux devises étrangères, et principalement le dollar. Cependant, il semble qu'un euro fort présente aussi des avantages.

    • Un euro fort pénalise nos exportations
    En effet, lorsque l'euro s'apprécie face au dollar, il en résulte une baisse du pouvoir d'achat des entreprises étrangères sur les produits français et européens.

    Cette situation pousse les entreprises de la zone euro à réduire leur prix de vente à l'étranger, ce qui réduit leurs profits et par là même la croissance de l'activité économique. Le risque majeur concerne les entreprises qui pourraient être poussées à délocaliser pour réduire leurs coûts.

    De plus, une appréciation de l'euro face au dollar pénalise fortement les entreprises exportatrices dont les factures sont libellées en billets verts. A titre d'exemple, une hausse de 10 % de l'euro face au dollar entraîne automatiquement une perte sèche d'un milliard d'euros de recettes pour EADS.

    D'ailleurs, le succès d'Areva, qui a obtenu de la Chine qu'une partie de sa facture soit libellée en euros, lui assure de moindres pertes en cas de nouvelle hausse de l'euro.


    • Certains s'en sortent mieux que d'autres
    Si l'euro s'apprécie de 10 % face au dollar, les entreprises françaises doivent baisser leur prix de 5 % alors que 1 % suffit aux allemandes.

    Bien que la situation des exportations françaises soit préoccupante (+ 3 % en 2007 contre + 8,7 % en 2006), il semble que l'euro fort ne constitue pas la seule cause de ces difficultés.

    En effet, l'Allemagne n'est que très peu pénalisée par la hausse de l'euro (+ 9,5 % de croissance des exportations en 2007 et un excédent commercial).

    Ces performances s'expliquent par la réputation historique des produits allemands.

    Le pays est spécialisé dans les produits exclusifs, haut de gamme, pour lesquels le savoir-faire allemand est très demandé (voitures, machines-outils,…).

    Une étude de HSBC France a mis en avant la sensibilité des entreprises françaises et allemandes face à une montée de l'euro.

    Si l'euro s'apprécie de 10 % face au dollar, les entreprises françaises sont contraintes de baisser leur prix d'environ 5 % alors qu'une baisse de 1 % suffit aux entreprises allemandes pour rester compétitives.

    Le problème français vient du fait que les entreprises ne jouent pas sur la compétitivité produit mais sur la compétitivité prix, ce qui n'est pas viable avec un euro surévalué.


    • Les importations deviennent moins chères
    Le premier avantage d'un euro fort est de limiter l'impact de la hausse du prix des matières premières.

    Avec un baril de pétrole qui frôle les 120 dollars, la force de l'euro permet à l'Europe d'atténuer le coût de sa dépendance énergétique.

    Il en va de même pour les autres matières premières qui font partie du processus de production des entreprises européennes.

    Il en résulte une réduction des coûts de production pour les entreprises faisant appel à ces produits étrangers échangés en dollars (énergie, produits agricoles, produits semi-finis,…). Ce mécanisme réduit les pertes en facilitant les baisses de prix imposées aux entreprises exportatrices.

    De même, des importations à bas prix réduisent les risques inflationnistes. Enfin, pour les particuliers, un euro fort est un avantage visible lors de voyages dans des pays dont les monnaies suivent l'évolution du dollar. 1.000 euros permettent de dépenser environ 1.500 dollars aux Etats-Unis, alors que les pouvoirs d'achat sont assez proches. Les produits de haute-technologie, par exemple, deviennent beaucoup plus attractifs sur les marchés hors zone euro.


    • Conclusion
    La position de force actuelle de l'euro pose différents problèmes au développement de l'activité économique, suscitant les plaintes des dirigeants des Etats membres.

    Mais lorsque l'euro était faible, comme lors de sa création, ces mêmes dirigeants craignaient de devoir commercer avec une "monnaie de singe".

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    "La part des salaires dans la valeur ajoutée ne cesse de décroître"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 13:33

    Chaque année, on commente l'évolution du PIB. Composé de la somme des valeurs ajoutées des entreprises, il représente la création de richesse à l'échelle du pays. Mais à qui profitent ces gains ? Aux salariés ou aux détenteurs de capital ?

    • Un niveau historiquement bas
      Partage de la valeur ajoutée des sociétés non-financières
      196019701981199520002006
      Salaires et cotisations sociales67,369,771,263,463,665,8
      Impôt sur la productionNS2,53,64,74,85,5
      Excédent brut d'exploitation29,129,426,433,032,532,5

      Source : Insee et OFCE / 2007


      La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (hors entrepreneurs individuels) connaît, depuis le début des années 90, des niveaux relativement stables - avec une légère tendance à la remontée ces dernières années - et les plus bas depuis les années 60. Historiquement, la répartition de la valeur ajoutée s'est progressivement améliorée en faveur des salaires à partir du choc pétrolier de 1973 jusqu'à atteindre un point culminant en 1981. La "bulle" s'est progressivement dégonflée pour perdre 10 points en 10 ans.

    • A qui profite cette baisse ?
    L'excédent brut d'exploitation sert à rémunérer les actionnaires et à financer l'investissement productif. Ce sont les dividendes qui ont le plus augmenté, passant de 2,9 % de la valeur ajoutée en 1981 à 7 % en 2000. Entre 1981 et 1995, les entreprises ont profité du surplus d'EBE pour se désendetter. Le financement des entreprises s'est ainsi progressivement détourné de l'emprunt pour rechercher des apports en fonds propres, rémunérés par les dividendes.

    • L'actionnariat salarié
    La répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital est l'un des grands sujets de débat des défenseurs des salariés. Mais le développement de l'actionnariat salarié, même s'il ne remet pas fondamentalement en cause les données du problème, vient brouiller les cartes. Selon l'Association française de la gestion financière, il représente 43,2 milliards d'euros investis en 2006 (en hausse de plus de 20 % par rapport à 2005).

    • Conclusion
    Deux écoles coexistent dans l'analyse de la répartition des richesses entre le capital et le travail. Ceux qui pensent que la perte de 10 points de valeur ajoutée depuis la fin des années 80 représente un durcissement sans précédent des conditions salariales et ceux qui analysent les chiffres avantageux des années 1975-1985 comme une exception à la norme qui prévaut depuis le début des années 60.

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    "En France, il n'y a que les diplômes qui comptent"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 13:56

    Les recruteurs français seraient des obsédés des grandes écoles, à la recherche avide des anciens élèves de ces dernières. C'est ce que ressentent nombre de diplômés universitaires et autodidactes, mettant en avant la meilleure prise en compte de l'expérience par les entreprises étrangères.

    • Le poids du diplôme : une spécificité française
    Part d'annonces affichant un critère de formation et d'expérience
    FranceEspagneGrande-Bretagne
    Critère de formation 73 %63 %27 %
    Critère d'expérience81 %77 %75 %
    Source : Centre d'études de l'emploi / 2005

    Dans une étude sur les critères utilisés dans les offres d'emploi, le Centre d'études de l'emploi montre que les recruteurs français effectuent un filtrage "serré et précoce" autour de critères de formation. Plus de 70 % des annonces mentionnent un critère de formation contre seulement 27 % en Angleterre. L'organisme dénonce ainsi un "élitisme" des annonces françaises.

    Cependant, les annonces françaises sont également, dans une moindre mesure, plus nombreuses à faire mention d'une exigence d'expérience.

    Dans son enquête "Offre d’emploi et recrutement" (2007), la Dares a demandé aux recruteurs quels critères de sélection avaient prévalu lors de leur dernier recrutement. Si le niveau et la filière de formation affichent des scores élevés, les critères liés à l'expérience et à la personnalité sont encore plus cités.

    Critères de sélection utilisés par les recruteurs*
    Niveau de formation64 %
    Filière de formation 50 %
    Durée de l'expérience58 %
    Contenu de l'expérience74 %
    Compétences techniques72 %
    Personnalité79 %
    Présentation, apparence, soin79 %
    Façon de s'exprimer71 %
    Motivation94 %
    Disponibilité horaire67 %
    Disponibilité immédiate78 %
    * Dans le cadres de procédures de recrutement ayant abouti / réponses multiples
    Source : Enquête "offre d'emploi et recrutement", Dares / 2007
    • Une importance qui décline avec l'expérience
    Mais l'importance donnée à ces deux critères évoluent au fil de la carrière, le poids du diplôme diminuant au fur et à mesure de l'expérience aux yeux des recruteurs. Ainsi, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq), dans une étude parue en mars 2008, remarque "l'existence de modes de sélection différenciés entre segments d'emploi selon qu'ils sont ouverts ou non aux débutants". Lorsque le poste ne s'adresse pas à un débutant, l'expérience, les compétences, le réseau sont privilégiés au diplôme.

    • Evaluation ex-post
    Le Cereq met également en avant l'appréciation a posteriori du recruteur sur la nouvelle recrue. Il est amusant de constater qu'avec le recul, "80 % des recruteurs auraient volontiers embauché quelqu'un de plus expérimenté et de moins diplômé."

    • Conclusion
    Les diplômes restent une marque de fabrique largement recherchée par les recruteurs français, qui y sont beaucoup plus sensibles que les Britanniques. Cette recherche de sécurité diminue cependant lorsque le candidat a pu "faire ses preuves" lors d'expériences professionnelles.

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    "Les entreprises allemandes exportent plus que les françaises car elles sont plus compétitives"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 14:12

    Alors que l'Allemagne voit le solde de sa balance commerciale progresser, le déficit français ne cesse d'atteindre des records. Le dynamisme des exportations est-il en cause ? Pourquoi ?
    Balance commerciale française et allemande en milliards d'euros* *La balance commerciale recense les exportations et les importations de biens
    20032004200520062007
    Solde français+2,4-5,1-21,2-28,4-39,2
    Solde allemand+135,8+156,1+158,2+ 161,9+ 198,8
    Source : Insee et OFS Allemand
    • Les spécialisations sectorielles

    Les marchés de l'Allemagne et de la France à l'exportation sont sensiblement les mêmes, à ce point près que notre voisin outre-Rhin exporte moins vers les pays de l'Europe des 15 (55 % de ses exportations contre 65 % pour la France). Le commerce extérieur français est par ailleurs marqué par une forte dépendance envers l'Allemagne, qui représente 15 % de ses exportations (contre moins de 10 % dans le sens contraire). La France en souffre d'ailleurs car la consommation intérieure allemande est atone.

    L'une des différences de positionnement qui avantage l'Allemagne est son implantation sur les segments à forte valeur ajoutée des biens d'équipements (notamment les machines-outils, équipement mécanique et électronique), peu sensibles aux variations de conjoncture.


    • Une compétitivité défaillante
    Les économistes s'accordent pour dire que les bons chiffres du commerce extérieur allemand dépassent ces simples critères.

    • Le pays a engagé son économie vers la voie de la compétitivité-prix depuis le début des années 2000, en menant une politique de délocalisation et d'austérité salariale. Si la demande intérieure en a été pénalisée, les entreprises sont devenues plus compétitives.

    • L'argument n'est cependant pas suffisant puisque la Commission permanente de concertation pour l'industrie (CPCI) observe que "depuis dix ans, les prix des produits exportés par l'Allemagne sont, en moyenne, de 5 % supérieurs à ceux des produits français similaires."

      La France paraît avoir une compétitivité hors-prix - liée à sa capacité à innover - moindre que celle de son rival économique.

      Les exportateurs sont ainsi plus sensibles aux chocs de demande : lorsque la conjoncture se dégrade, ils doivent rogner leurs marges pour rester dans la compétition. A l'inverse, ils profitent moins du dynamisme de la demande mondiale.
    • Un tissu entrepreneurial peu propice
    L'Hexagone dispose incontestablement de moins d'exportateurs que son voisin. L'économiste Jean Pisani-Ferry explique que les deux pays exportaient environ un quart de leur production lors du passage à l'Euro. Aujourd'hui, l'Allemagne a fait grimper ce chiffre à 40 % lorsque la France s'est maintenue. Un tissu économique composé d'entreprises trop petites et donc insuffisamment innovantes explique ce handicap.

    • Conclusion
    La France souffre réellement d'un manque de compétitivité à l'export. A noter toutefois que l'excédent enregistré par l'Allemagne provient aussi d'une stagnation de ses importations due à la mauvaise santé de sa consommation intérieure.

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    "Si les PME peinent à se développer, c'est parce qu'elles manquent de financement"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 14:18

    Le financement des PME est au coeur des inquiétudes et des débats sur la croissance économique française. Il semble qu'elles peinent encore à trouver des sources de financement adaptées, ce qui ralentit leur développement, voire empêche certains projets de se développer. Le financement est-il le seul coupable?

    • Les banques s'adaptent de plus en plus au financement des PME
    La création d'entreprises en France est devenue plus dynamique qu'auparavant. En effet, en 2007, plus de 320.000 sociétés ont été créées contre 170.000 en 2000. Cette amélioration s'explique notamment par la mise en place de la loi Dutreil qui simplifie les démarches administratives. De plus, les pouvoirs publics ont contribué à la création de nouveaux organismes de financement et d'accompagnement en complément des apports bancaires (Oseo, France Initiative...).

    De leur côté, les banques ont multiplié les produits de crédit afin de s'adapter aux différentes activités des PME ainsi qu'aux divers stades de leur évolution. En 2007 en France, 460 milliards d'euros de crédits (de plus de 76.000 €) ont été accordés aux PME, soit 12 % de plus qu'en 2006. Aujourd'hui, seules 6 % des PME estiment qu'un meilleur accès au financement assuserait le développement de leur entreprise, selon l'Eurobaromètre 17 de 2006.


    • Un manque de financement pour les entreprises innovantes et exportatrices
    Pourtant, certaines PME ou TPE connaissent encore des obstacles à leur financement. Ceci s'explique notamment par l'incapacité de certaines d'entre elles à fournir les informations requises par les banques, par manque de moyens.

    Quant aux banques, elles éprouvent toujours des difficultés à connaître et à maîtriser le risque PME. L'obstacle majeur au financement des PME tient aux problèmes de communication entre les banques et les entreprises.

    Ceci est particulièrement vrai pour les entreprises innovantes et/ou exportatrices. Ces dernières ne rentrent pas dans le moule du financement des PME traditionnelles. En cherchant à pénétrer un nouveau marché, elle présente un risque supplémentaire pour les banques qui ne peut être évalué comme pour les autres PME.

    Le résultat se manifeste par un crédit plus cher qui rend coûteux l'investissement. Les investisseurs institutionnels qui pourraient combler ce déficit de financement se font encore rares du côté de ces PME, la crise de la bulle Internet de la fin des années 90 ayant calmé les ardeurs.


    • Le manque de financement n'est qu'un élément du problème
    Il existe d'autres facteurs qui peuvent expliquer les obstacles au développement des PME françaises. La fiscalité est généralement jugée trop lourde. D'ailleurs, la loi de finances de 2007 a apporté des avantages fiscaux spécifiques aux PME de croissance (fortement créatrices de valeur et d'emploi) visant à favoriser l'investissement.

    La culture d'entreprise française peut également être responsable. L'excellence technique l'emporte, en France, sur la culture du management, ce qui pourrait expliquer davantage de lenteur et de difficultés dans le développement des PME.

    De même, la mauvaise réputation du Code du Travail, bien qu'il ait souvent été modifié, conduit les employeurs à penser qu'une nouvelle embauche entraîne de nouveaux risques de conflits sociaux en cas de rupture de contrat.

    Le nouveau Code du Travail, entré en vigueur le 1er mai, vise, entre autres, à clarifier les modalités d'embauche et de licenciement. En 2006, 48 % des PME françaises estimaient qu'une meilleure adaptation de la législation sociale et fiscale leur permettrait de se développer.

    Enfin, l'absence cruelle de réseaux étendus et efficaces, tant en France qu'à l'étranger, réduit le potentiel de croissance des PME. Services publics, ambassades, organismes d'expansion économiques, banques... tous ces acteurs sont en retard sur la connaissance des marchés, selon le secteur d'activité ou géographique, et les méthodes d'accompagnement des PME naissantes.


    • Conclusion
    Il semble que le financement ne soit plus l'obstacle majeur à la croissance des PME, mais plutôt le retard pris par l'Etat et les institutions financières pour faciliter et accompagner leur développement en France et surtout sur les marchés étrangers.

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    "Jean-Claude Trichet a tort de ne pas baisser les taux d'intérêt"

    Message par admin le Mer 14 Mai - 14:23

    "Les hauts taux tuent les totaux" écrivait Arthur Laffer, économiste américain. Ce type de rengaine se fait généralement entendre dès lors que l'on aborde la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Jean-Claude Trichet fixerait des taux d'intérêt directeurs trop élevés qui pénaliseraient notre économie.

    • Un frein à l'activité économique
    Les taux d'intérêt directeurs sont les prix auxquels les banques européennes peuvent se financer auprès de la BCE. Ils influent sur le taux auquel les banques se prêtent de l'argent entre elles, l'Euribor, et donc sur le taux auquel ces banques prêtent aux entreprises et aux particuliers. D'aucuns pensent que ces taux directeurs, actuellement à 4 %, pénalisent l'économie nationale et européenne car ils rendent plus cher le coût de l'emprunt destiné à l'investissement. De plus, ils génèrent un surplus d'épargne car l'argent placé bénéficie d'une rémunération intéressante. Conséquence : une consommation moindre des ménages. A l'échelle macroéconomique, ce frein à l'investissement et à la consommation tend à réduire le potentiel de croissance.


    Evolution des taux directeurs de la BCE depuis 2000 (taux de référence) Source: Banque de France

    • La menace inflationniste
    Plusieurs éléments expliquent la position de la BCE. Parmi les missions qui lui sont confiées, deux objectifs principaux doivent être atteints. La stabilité des prix et le soutien à l'activité économique. Pourtant, ces deux logiques s'opposent. En effet, une forte activité économique a tendance à générer de l'inflation alors qu'un ralentissement freine la croissance des prix. Le problème vient du fait que la BCE peut soutenir l'activité économique mais "sans préjudice de la stabilité des prix", comme ses statuts l'indiquent. Sachant que l'inflation est supérieure à la limite fixée à 2 % depuis plusieurs mois (3,6 % en mars 2008), la BCE décide de maintenir ses taux.

    • Monnaie forte ou faible?
    Au niveau monétaire, la BCE doit également faire face à des forces contraires. Une baisse des taux directeurs provoquerait la fuite de capitaux détenus en euros vers des placements dans une devise plus rentable. Cette fuite de capitaux se traduirait donc par une moindre demande pour l'achat d'euros, entraînant une dépréciation de celui-ci par rapport aux autres devises. Or, un euro faible renchérirait le coût des importations. L'exemple du niveau actuel des prix du pétrole confirme l'intérêt d'une monnaie forte pour atténuer le coût de la dépendance énergétique. En revanche, un euro fort réduit la compétitivité des exportations et constitue un frein supplémentaire à la croissance.

    • Conclusion
    En réalité, la polémique vient surtout d'une opposition théorique entre la priorité donnée à la lutte contre l'inflation ou bien au soutien de l'activité économique. La comparaison avec la Réserve fédérale américaine s'avère, à ce titre, intéressante, car elle montre l'existence de ces différents crédos. En effet, la Fed a tendance à réagir automatiquement à l'activité économique américaine et à ajuster ses taux en conséquence. A titre d'exemple, elle vient à nouveau d'abaisser ses taux directeurs à 2 % alors que l'inflation américaine s'élève 4 % au mois d'avril 2008. Mais elle connaît également des détracteurs.
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    bye
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    Re: PETIT LEXIQUE POUR BRILLER DEVANT LES MEDIAS ET EN SOCIETE...

    Message par bye le Mar 3 Aoû - 6:23



    Raoul VILETTE, avec la collaboration d’Esther Debois
    LA LANGUE DU CAPITAL, mise à nu par ses locuteurs mêmes



    Décodeur du sabir politico-médiatique
    Politiciens de tous les partis, journalistes de tous les médias, fabricants et marchands de toutes les nuisances, universitaires de toutes obédiences, communicants, sondeurs, chefs syndicalistes… pratiquent un langage particulier qui oscille constamment entre l’odieux et le ridicule. Qu’ils enjolivent les réalités, les travestissent, les noircissent ou en épuisent le sens à force de répétitions, les mots de ce sabir sont forgés en conformité avec les intérêts des possédants. Aujourd’hui, il s’est mondialisé sous le double effet de l’unification économique menée sous la bannière du libéralisme et de l’essor prodigieux des télécommunications – avec pour conséquence la fusion des espaces politique et médiatique. De sorte que le politico-médiatique n’est plus aujourd’hui que la section française de la langue mondiale du capital, dont les concepts et les mots, issus principalement de l’anglais, se retrouvent dans tous les idiomes, copiés tels quels ou adaptés.
    Ce lexique avait paru une première fois en 1997 sous le titre : Les Mots du marché/ Le Marché des mots. La présente édition comporte quelque 630 définitions – dont 280 nouvelles ; les autres ayant été actualisées – et 900 citations, toutes issues de la première décennie du xxie siècle. Par définition, n’entendons pas bien sûr la révélation du « vrai sens » des mots, mais l’indication de leurs modalités d’emploi, ce qui suffira à restituer les réalités qu’ils recouvrent. Nos jugements nous appartiennent, mais on verra qu’ils sont corroborés par les citations prises aux sources les plus autorisées de la parole médiatique, dont la juxtaposition produit d’ailleurs un effet comique constant. La langue du capital est ainsi mise à nu par ses locuteurs mêmes.
    Les nuits rouges, 300 pages, 08/2009, 15 €
    ISBN : 9-782-913-37-4


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    Re: PETIT LEXIQUE POUR BRILLER DEVANT LES MEDIAS ET EN SOCIETE...

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