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    la rue

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    la rue

    Message par bye le Ven 23 Mai - 4:51

    Les manifestations portent dans la rue le ressentiment, la colère des salariés, des immigrés, des citoyens victimes de ce système d'exploitation, de soumission.
    C'est un droit reconnu, qui s'inscrit historiquement dans toute une suite de tragédies, de hurlements contre la gent armée ( massacre des ouvriers à Fourmies en 1882,..), de revendications contre la spoliation légalisée des patrons et des gouvernants.

    Elles sont observées minutieusement par les organisations syndicales et les représentants du pouvoir, car elles font figure de baromètre social, juste mesure de la colère engendrée par les coups répétés des décideurs, toujours plus affairés à démanteler les quelques acquis obtenus chèrement par les luttes sociales, qu'à redistribuer plus équitablement le fruit des richesses produites par les travailleurs.

    De récentes victoires obtenues comme l'abrogation du CPE ( 2006 ) justifient l'importance donnée à ces mouvements sociaux, cette expression de la rue, qui, de la manière la plus pacifique, s'insèrent dans toute une chaîne de contestation ( grèves,..) pouvant endiguer le raz-de-marée conservateur à l'oeuvre dans ce pays, et maintenant haute et digne la fierté des opprimés.
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 23 Mai - 4:52

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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 19 Jan - 16:58

    TOUTES ET TOUS EN GREVE LE 29 JANVIER !
    http://www.29janvier2009.fr/

    Les
    raison d’une grève


    La crise du capitalisme touche durement une grande
    partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en
    portent pas la responsabilité, les salariés, les demandeurs d’emploi et les
    retraités en sont les premières victimes. De plus, cette crise menace l’avenir
    des jeunes ; elle met en péril le système de solidarité et de protection
    sociales ; elle accroit les inégalités et la précarité.

    Les raisons de
    reconduire le mouvement les jours suivants


    Gouvernement et patronat
    ne lâcheront rien sans un mouvement fort, interprofessionnel et prolongé. C’est
    ainsi que les grandes conquêtes sociales (congés payés, Smic, retraites, etc.)
    ont toujours été obtenues. En reconduisant la grève dès le 30 janvier et en
    bloquant ainsi l’économie, les travailleurs ont les moyens d’instaurer un
    rapport de force décisif. Mais attention, la grève générale reconductible ne se
    décrète pas en appuyant sur un bouton ! Il s’agit d’organiser des assemblées
    générales sur nos lieux de travail (ou par secteur) et de mettre la grève du 29
    janvier et sa possible reconduction à l’ordre du jour de ces AG. Et là, il y va
    de la responsabilité de chacune et chacun d’être de véritables "militants de la
    grève" ! D’autant plus que certaines organisations syndicales ne se lanceront
    dans la bagarre que si leurs dirigeants se sentent fermement poussés par la
    "base"...

    Faire converger les luttes

    La grève du 29 janvier
    peu aussi être l’occasion de dresser la liste des revendications propres à
    chaque entreprise ou branche d’activité et de fédérer ces revendications à
    celles des autres entreprises ou branches d’activité. Faire converger les
    luttes, c’est renforcer le mouvement et favoriser la mobilisation de tous et
    toutes (salariés du privé et du public, chômeurs, retraités, étudiants,
    lycéens...).

    http://www.29janvier2009.fr/post/2009/01/06/Declaration-commune-du-Front-Syndical-au-5-janvier
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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 27 Jan - 17:48

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    Re: la rue

    Message par bye le Mer 28 Jan - 6:21

    La grève générale se poursuit en Guadeloupe


    lundi 26 janvier 2009
    La Guadeloupe en grève
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-01-26-Guadeloupe

    Le Collectif contre l’exploitation outrancière (LKP), qui regroupe
    quarante-sept syndicats, partis et associations de Guadeloupe, a
    annoncé le lundi 26 qu’il poursuivrait la grève générale contre la vie chère, entamée depuis le 20 janvier. Samedi 25, plusieurs milliers de
    personnes (25 000 selon les organisateurs) ont défilé à Pointe-à-Pitre. Durant plusieurs heures, les manifestants ont scandé « La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo : yo péké fè sa yo vlé an péyi an-nou » (« La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas : ils ne feront pas ce qu’ils veulent dans notre pays »).

    Le Collectif LKP réclame, entre autres, la baisse des prix des produits de première nécessité, celle des impôts, des taxes et des carburants, le gel des loyers ainsi qu’une augmentation des salaires et minima sociaux.
    Paralèllement, un mouvement de grève touche aussi les stations-service dont les patrons exigent l’établissement d’un numerus clausus des stations.
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    Re: la rue

    Message par bye le Mer 28 Jan - 6:24

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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 9 Fév - 17:45

    ci-après sur Daylimotion, vidéo de la manif du 29 à Rouen, plutôt assez bien
    filmée, même si ça pixelise... (ça dure 8 mn)

    http://www.dailymotion.com/video/x86soy_manif-du-29-01-09-rouen_news
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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 10 Fév - 6:30

    la prévention de la délinquance en action ???

    TOURISME DE MASSE EN GUADELOUPE

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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 10 Fév - 6:32

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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 10 Fév - 7:17

    Message du 08/02/09 16:11


    URGENCE AVANT MASSACRE GUADELOUPE
    dimanche 8 février 2009

    infos de Guadeloupe : 4000 militaires/gendarmes/CRS sont arrivés
    samedi 07 février 2009 - 22:29 par soutien

    Chers compatriotes,

    C’est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe.

    Un collectif de 52 organisations comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d’associations, les
    plus grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc
    a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

    Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec
    autour de la table de négociation, une représentation de l’ensemble des décideurs de la Guadeloupe :

    Le collectif : *Lyanag kont profitasyon* - Rassemblement contre les profiteurs

    Les élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les Députés - Les Sénateurs

    Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc

    L’Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d’administration centrale

    Suite à la lecture d’une note émise par le Secrétaire d’Etat à
    l’Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d’abandonner la table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

    Aujourd’hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes
    ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l’histoire de France ; car, c’est la première fois qu’un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d’une Région et sans exclusive.

    La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une
    fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l’occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de...

    L’Etat Français s’est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a
    assisté en direct à la démission du gouvernement.

    Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision
    locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage.

    17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu’aux dents. Des chars d’assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d’euros par jour au contribuable français.
    Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

    L’Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 - 1925 - 1952 - 1967En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l’Etat.

    Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites localement. Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l’Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques
    coloniales.


    Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l’on se bat pour l’ordre juste et contre les profiteurs de toute nature. *"La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo - yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou"

    * /*"La Guadeloupe est à nous - la Guadeloupe n’est pas à eux -
    ils veulent faire ce qu’ils veulent - dans notre pays"
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    Re: la rue

    Message par bye le Jeu 12 Fév - 7:31

    comment-sarkozy-et-le-gouvernement-font-les-affaires-de-sud-rail


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://www.liberation.fr/politiques/0101317522-comment-sarkozy-et-le-gouvernement-font-les-affaires-de-sud-rail
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 7:45

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?

    De : Arsène MARIE-JOSEPHE
    POINTE A PITRE, vendredi 30 janvier 2009



    Chers compatriotes,

    C'est un appel de soutien que je lance depuis la
    Guadeloupe.

    Un collectif de 52 organisations {comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d'associations, les plus
    grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc} a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

    Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour de la table de négociation, une représentation de l'ensemble des décideurs de la Guadeloupe :
    - Le collectif : *Lyanag kont profitasyon* - Rassemblement contre les profiteurs - Les
    élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les Députés - Les Sénateurs
    - Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc
    - L'Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d'administration centrale

    Suite à la lecture d'une note émise par le Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d'abandonner la table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

    Aujourd'hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de
    Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l'histoire de France; car, c'est la première fois qu'un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d'une Région et sans exclusive.

    La Guadeloupe réclame la venue du Premier
    Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l'occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de...

    L'Etat Français s'est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a assisté en direct à la démission du gouvernement.

    Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage.

    17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu'aux dents. Des chars d'assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d'euros par jour au contribuable français. Les Guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

    L'Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe :1910 - 1925 - 1952 - 1967

    En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l'Etat.

    Pendant que je rédige ce document, le
    gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites localement.





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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 7:52

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?( suite )


    }
    Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l'Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales.

    Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l'on se bat pour l'ordre juste et contre les profiteurs de toute nature.

    *"La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo - yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou"

    * /*"La Guadeloupe est à nous - la Guadeloupe n'est pas à eux - ils veulent faire ce qu'ils veulent - dans notre
    pays"*


    ___________________________________________________________________


    Pouvons-nous encore espérer, nous autres
    Antillais ?


    09 fév 2009 Par David
    Dahomay


    Le 18 décembre 2008, les élus régionaux et départementaux martiniquais réunis en Congrès, se sont prononcés à une forte majorité en faveur de l’article 74 de la Constitution, c’est-à-dire pour l’accession à une forme d’autonomie de la Martinique. C’est un événement politique important qui mérite toute notre attention, nous Antillais,
    Guadeloupéens comme Martiniquais. Car cela nous renvoie cinq ans en arrière, lorsque le 7 décembre 2003 nos concitoyens des deux « îles sœurs » s’étaient
    opposés à toute évolution statutaire – il s’agissait lors de cette consultation d’opter pour la création d’une collectivité unique administrée par une seule assemblée, et se substituant à la Région et au Département, mais toujours dans le cadre de l’article 73 réaffirmant le principe de l’identité législative avec des possibilités d’adaptation –, tandis que dans le même temps Saint-Martin et Saint-Barthélemy, îles administrées auparavant par la Guadeloupe, accédaient à
    l’autonomie.


    Or,
    si nous ne voulons pas reproduire les mêmes échecs qu’en 2003, tâchons de comprendre pourquoi, alors que la classe politique de droite comme de gauche appelait de ses vœux l’évolution statutaire, les électeurs de nos régions
    monodépartementales ont refusé le changement (Le « non » l’a emporté à 73% en Guadeloupe, et à une très courte majorité en Martinique). Aussi, plusieurs raisons ont été avancées ici ou là : Les débats publics qui ont précédé la
    consultation auraient trop souvent porté sur des aspects purement technico-juridiques au détriment d’une vision politique forte ; beaucoup d’électeurs semblaient inquiets de perdre leurs droits acquis, et tout particulièrement les acquis sociaux ; une large frange de la population aurait été très méfiante à l’égard de la classe politique locale soupçonnée de taire les supposés vrais enjeux. Avec le recul, nul doute que toutes ces explications ont chacune leur part de vérité. Mais elles mettent toutes en évidence quelque chose à mon avis d’essentiel : Un fossé sépare trop souvent les partis
    politiques et leurs dirigeants des préoccupations des simples citoyens. Excepté peut-être en période électorale où nombre de femmes etd’hommes politiques usent et abusent de rhétoriques populistes à courte vue pour être réélus, force est
    d’admettre que le discours politique ne fait plus sens pour de nombreux concitoyens dès lors que celui-ci s’élève au-dessus du tohu-bohu de la cité pour tenter d’atteindre les plus hautes cimes du politique. Pour autant, il serait un peu facile de discréditer dans son ensemble la classe politique, car celle-ci
    n’est que le reflet de l’état pitoyable de notre conscience politique commune.


    Et je voudrais me risquer à avancer quelques causes sociohistoriques, même si de telles idées ne sont pas neuves mais prennent aujourd’hui une résonnance toute
    particulière en Guadeloupe, qui traverse certainement l’une de ses plus graves crises sociétales et politiques depuis la départementalisation octroyée en 1946 :
    Notre point de départ sera sans conteste les événements de mai 1967 – suite à une grève déclenchée dans le secteur du bâtiment, l’armée appelée en renfort tire sur les manifestants rassemblés à Pointe-à-Pitre, ce qui déclenche une
    insurrection civile qui durera plusieurs jours ; on déplorera plusieurs dizaines de civils tués par les « bérets rouges » –, qui marquèrent un tournant dans la radicalisation des positionnements politiques de la jeunesse étudiante, plus que
    jamais consciente de vivre en République coloniale. Désormais, celle-ci directement sous la double influence des mouvements de libération des peuples colonisés des années soixante d’une part, et du marxisme et de la révolution
    culturelle de Mao d’autre part, participera activement aux mouvements indépendantistes révolutionnaires. Bien entendu, la réflexion autour du changement de statut de nos départements d’outre-mer avait débuté bien avant le
    dramatique épisode de 1967 – d’autant que des émeutes similaires étaient survenues en Martinique en 1959 –, et l’on doit souligner l’importance du rayonnement des associations antillaises de Paris au début des années 1960 (l’AGEM pour la Martinique et l’AGEG pour la Guadeloupe, avec des personnalités phares à l’instar du jeune Edouard Glissant). Il n’empêche, les années 1970 sont celles de l’activisme révolutionnaire d’une large frange de la jeunesse
    antillaise éduquée, peut-être plus marqué encore en Guadeloupe qu’en Martinique.
    Et c’est cette jeunesse éduquée qui se retrouvera à la tête de plusieurs organisations syndicales et politiques radicales mais influentes – on pense notamment en Guadeloupe au syndicat UTA (Union des travailleurs agricoles) devenu ensuite l’UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens), et au
    parti politique UPLG –, avec en toile de fond le maoïsme et le séparatisme.
    Pourtant, ce qui frappe dans le cas de ces organisations dites révolutionnaires, c’est que cela n’ait jamais débouché sur une véritable lutte armée, tandis que les autres îles de la Caraïbe accédaient les unes après les autres à l’autonomie ou l’indépendance, le cas le plus emblématique étant certainement Cuba en 1959.
    Certes, il y eut quelques tentatives isolées dans les années 1980 – On pense notamment au Groupe de Libération Armée (GLA) et à l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) qui revendiquèrent plusieurs attentats à la bombe en Guadeloupe et à Paris, mais sans réelle volonté de tuer des civils –, mais celles-ci n’eurent pas l’assentiment populaire escompté, bien au contraire, y compris d’ailleurs parmi les activistes pseudo-révolutionnaires. Alors, se pourrait-il que cette jeunesse antillaise, tout en se sentant aliénée par un contexte socioéconomique et politique vécu comme la continuation du passé colonial de la France, n’ait jamais vraiment cru possible l’accession à l’indépendance de nos départements
    d’outre-mer ?
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 8:00

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?( suite )


    Ainsi, c’est cette indécision voire ce renoncement à
    envisager sérieusement l’avènement d’Etats-nations aux Antilles – au point qu’au milieu des années 1990, l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG), parti indépendantiste incontournable en Guadeloupe, déclare
    solennellement renoncer provisoirement à l’indépendance –, qui pourrait en partie expliquer ce glissement progressif d’un nationalisme politique vers un nationalisme culturel, c’est-à-dire avant tout basé sur des ressentiments et des
    revendications de type exclusivement identitaires. Avec une nuance cependant en Martinique, où grâce au génie politique d’Aimé Césaire, celui-ci comprenant très tôt que nos populations antillaises ne souhaitaient pas rompre irrévocablement avec « la métropole », un projet politique viable d’accession progressive à l’autonomie fut porté par la Parti progressiste martiniquais (PPM).


    Reste que nombre de cadres dirigeants de ces organisations nationalistes, tout en cessant de croire même de façon subconsciente à l’indépendance, continuèrent d’appliquer les préceptes marxistes voire même maoïstes dans leurs pratiques militantes. Et cette culture militante spécifique, associée de surcroît à l’exacerbation du sentiment national, donna un mélange tout à fait détonnant, perceptible surtout au travers des luttes syndicales.
    Aussi, force est de constater que trente ans après, cette culture militante empreinte de nationalisme identitaire persiste, soit que les mêmes cadres des années 1970 sont toujours en place, soit que de telles pratiques idéologiques
    ont été transmises aux nouveaux militants. Dès lors, comment s’étonner des dérives graves constatées dans les méthodes syndicales, contribuant le plus souvent à affaiblir la légitimité des revendications ainsi que la popularité des
    luttes ? L’écrivain Patrick Chamoiseau n’a-t-il pas déclaré récemment, « Oui, il y a un
    macoutisme latent dans la société martiniquaise » ? Et ce constat lucide pourrait tout aussi bien s’appliquer à la société guadeloupéenne.


    Alors apparaît inévitablement une autre interrogation sous-jacente : Les intellectuels antillais ont-ils produit de façon significative une sévère critique de ce macoutisme latent ? Et c’est peut-être là où le bât blesse. Car force est
    d’admettre que depuis trente ans trop d’intellectuels se taisent sur ces questions sensibles. Et ils se taisent parce que la plupart ont participé activement durant leur jeunesse aux mouvements indépendantistes révolutionnaires – et je ne porte pas ici de jugement moral, tant il est probable que si j’avais eu vingt ans dans les années 1960 je serais parmi eux –, et que ceux qui ont aujourd’hui pris leur retraite militante continuent à cautionner de tels égarements, ou simplement n’osent pas formuler de telles critiques de peur d’être qualifiés de « faux martiniquais » ou « faux guadeloupéen ». Comme me le répète souvent Georges Trésor, intellectuel antillais lucide, de telles critiques ne peuvent être formulées car « les esprits ne sont pas libres » !


    Et nous touchons là le cœur de notre analyse sociohistorique : La stupéfiante haine de l’intellectuel critique – certainement encore beaucoup plus marquée en Guadeloupe, et tout particulièrement chez les classes populaires – engendrée par ces mouvements pseudo-révolutionnaires fortement influencés par la révolution culturelle de Mao Zedong. Mais pire encore, beaucoup de ces
    idéologues militants, révoltés – et nous pourrions même dire aliénés – à la fois par le legs historique assujettissant de l’esclavage et par un contexte insulaire vécu comme la perpétuation d’une domination « blanche » colonialiste,
    vouent jusqu’à ce jour une haine indicible à tout ce qui de près ou de loin est assimilé aux valeurs occidentales. Quitte à rejeter aussi le « Siècle des Lumières » pourtant au cœur du pari humaniste et universaliste ! L’écrivain et universitaire martiniquais Raphaël Confiant n’a-t-il pas déclaré dans un texte assez récent, « quand un Euro-américain me fait une leçon de morale, de démocratie, d’antiracisme, de droits de l’homme et bla-bla-bla… Je me marre » ?
    Mais si nous devions rejeter le bébé avec l’eau du bain, sur quels fondements moraux pourrions-nous assoir notre condamnation du passé esclavagiste et colonialiste de la France et de l’Europe ? N’aurions-nous pas le droit nous
    aussi de prétendre à la liberté en tant qu’Hommes ? Confiant qui cite pourtant Fanon devrait relire
    Peau noire, masques blancs : « Je suis un homme, et c’est tout le passé du
    monde que j’ai à reprendre. Je ne suis pas seulement responsable de la révolte de Saint-Domingue… Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc… Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge.
    »


    Bien entendu, nous serions malhonnêtes de passer sous silence les quelques esprits libres aux Antilles qui très tôt réinterrogèrent leur engagement idéologique, et notamment celui de l’option marxiste-révolutionnaire.
    Est-il utile de rappeler ici que bien avant Sartre, Aimé Césaire dans sa
    lettre à Maurice Thorez en 1956 condamnait déjà implicitement le communisme soviétique ? Il serait tout aussi malhonnête de taire ce que dit Edouard Glissant dans Esthétique 1 : « Nos sociétés colonisées adoptent pourtant sans aucune révision critique la dimension close de l’identité que les divers colonisateurs nous ont inculquée. La plupart des anciennes luttes anticolonialistes dans le monde ont
    été menées selon ces approches d’une identité absolue et s’en sont trouvées catastrophiques, et quant à leurs conséquences, et dans leurs prolongements, sectarismes, égoïsmes nationaux, non-rapport à l’autre. » Ou encore les
    critiques très pertinentes formulées par le philosophe Jacky Dahomay – mon père, devrais-je dire ? – à l’égard du
    macoutisme antillais (et je voudrais citer ici l’un de ses
    premiers textes critiques importants,
    Habiter la créolité).
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 8:08

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?( suite )



    Cependant, quelles que soient la force et la pertinence de telles critiques, nous devons admettre qu’elles n’ont pas eu l’impact espéré. Le dédain palpable des sociétés antillaises vis-à-vis de toute pensée critique libre est là pour en témoigner. Aussi, il saute aux yeux à tout observateur
    attentif que l’absence d’un véritable espace public libre et rationnel, condition pourtant nécessaire à l’avènement de toute démocratie moderne « participative », est consubstantielle au mépris affiché par les nationalismes
    identitaires à l’égard des intellectuels dissidents. Il est en effet toujours affligeant de constater la pauvreté intellectuelle des débats lors d’émissions radios interactives, où une certaine opinion publique qui s’exprime ne cache pas ses relents populistes et quelquefois xénophobes. Trop de responsables – cette ex-jeunesse éduquée des années 1970 – de la société civile ont déserté le terrain de la pensée et dupolitique pour ne se consacrer souvent qu’aux revendications identitaires au travers des luttes syndicales et associatives, ou des manifestations culturelles. Pourquoi reprocher ensuite aux dirigeants politiques de ne s’intéresser qu’à leur réélection, quand il n’y a pas de conscience politique commune minimale, ou plus précisément une commune adhésion à un projet politique qui fasse sens et qui nous permette d’espérer ?


    Ainsi donc, nous voici parvenus à la croisée des chemins, nous autres Antillais. Au fond, si la consultation du 7 décembre 2003 sur l’évolution statutaire de nos deux départements fut un tel échec, c’est peut-être aussi parce qu’un tel projet, pourtant pour une fois éminemment politique, arriva à l’époque comme un cheveu sur la soupe : La classe politique et les intellectuels ralliés avaient déserté le terrain politique – et je distingue ici politique de politicien –, et
    puis soudain ils voudraient que nos concitoyens adhèrent à une si grande entreprise, qui eut pourtant nécessité une maturation longue – un mûrissement des idées et de la conscience politique –, et donc un vrai débat public non
    politicien et dépassionné. Allons messieurs, admettez au moins que nos populations vous ont donné ce jour-là une vraie leçon de démocratie ! Il y a quoi qu’on dise un certain bon sens populaire. C’est en partie pour cela que
    personnellement j’avais refusé un tel changement. Mais aussi parce que je considérais de surcroît que nos concitoyens avaient droit à plus de considération : En effet, on nous posait une question simple sinon simpliste, « êtes-vous pour ou contre une collectivité unique administrée par une seule
    assemblée, et se substituant à la Région et au Département ? », et puis c’était tout. Aucunes questions ou remarques annexes venant préciser quelles nouvelles compétences nous souhaitions voir dévolues à ces nouvelles collectivités ! En
    votant « oui », nous laissions ainsi le soin – en tout cas en Guadeloupe – à la très populiste Lucette Michaux-Chevry, ancienne présidente de Région adepte du népotisme, de décider seule avec le président de la République Jacques Chirac et ses camarades de l’UMP, le choix de telles compétences. Inacceptable et antidémocratique !


    Nous voici à la croisée des chemins, disais-je. Car Il y a ces jours-ci dans la moiteur tropicale de nos deux « îles sœurs » comme un indicible éveil des consciences politiques. N’est-ce pas en effet étonnant qu’à un mois d’intervalle près, la classe politique martiniquaise se prononce en faveur de
    l’autonomie, tandis qu’en Guadeloupe le collectif « Liyannaj kont pwofitasyon » (LKP) déclenche une grève générale d’une ampleur inégalée, tant par sa popularité que par sa durée ? Et les événements survenus en Guadeloupe méritent qu’on s’y attarde : Lorsque le collectif LKP a déclenché le mouvement social le 20 janvier 2009, certains d’entre nous doutions de sa réussite, et ne pensions pas qu’il deviendrait si populaire. Qui plus est, nous nous interrogions sur les supposées vraies motivations – bien que non avouées – des leaders du LKP, qui
    pour nombre d’entre eux sont depuis longtemps véritablement habités par les problématiques identitaires, c’est-à-dire travaillés par l’obsédante question de la
    guadeloupéanité. Mais le 26 janvier, en suivant en direct à la
    télévision les négociations entre le LKP, le préfet, les élus locaux et les socioprofessionnels, ce fut « une divine surprise ». Et d’affirmer ici à quel point cette retransmission en direct, suivie par un très grand nombre de concitoyens, a aidé à rendre le LKP très populaire, tant il est apparu que leurs
    revendications, et tout particulièrement celles liées au pouvoir d’achat, étaient légitimes. En outre, contrairement aux craintes soulevées quant à leurs motivations réelles, Elie Domota, porte-parole du LKP et par ailleurs doué de talents rhétoriques indéniables, réaffirma à maintes reprises que le collectif souhaitait voir satisfaire toutes les revendications, mais « rien que les revendications ». Nul doute aussi que le coup de théâtre du mercredi 28 janvier – le préfet, alors qu’il avait entamé les négociations et signé l’accord de méthode, annonce qu’il se retire de la table des négociations – a fortement contribué à faire basculer l’opinion publique du côté du collectif, et cela d’autant plus que les élus locaux, dépités par le départ désinvolte du représentant de l’Etat, apportèrent sur le champ – en direct donc – leur soutien
    au LKP. Aussi, il se pourrait bien que ce basculement de l’opinion lié notamment au ralliement immédiat des élus locaux – basculement qu’il ne serait pas exagéré de qualifier, comme le suggère l’historien Jean-Pierre Sainton, d’historique – réside essentiellement dans le rapprochement – rapprochement que nul n’avait vu venir, tant les ressentiments entre les uns et les autres étaient jusqu’alors
    tenaces – de la classe politique et du LKP, dès lors que le préfet en se retirant était disqualifié. Etrange ressemblance avec la Révolution de 1789, où lorsque Louis XVI, après avoir tenté un coup de force, se retire le 23 juin laissant les députés de la toute nouvelle « Assemblée nationale » délibérer
    seuls, pour finalement entériner le fait le 27 juin.
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 8:18

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?( suite )


    Quoi qu’il en soit, les faits qui se déroulent sous nos yeux, en dépit de leur caractère exceptionnel, ne pourraient être qualifiés de fièvre révolutionnaire, n’en déplaise à mes amis marxistes. En outre, force est d’admettre – et pour ma
    part je le regrette vivement – que ce rapprochement entre les leaders syndicaux et les élus locaux n’aura été que de courte durée, les vieux réflexes et les vielles rancœurs reprenant vite le dessus. Et peut-être que de ce fait, le LKP a
    malheureusement foncièrement manqué de dimension politique, au sens noble du terme. Mais il n’empêche, le basculement historique lui a bien eu lieu, et il a
    indéniablement précipité l’éveil des consciences. Comment expliquer que 60 000 personnes vinrent manifester le 30 janvier dans les rues de Pointe-à-Pitre, et de façon étonnement pacifique et apaisée ? Et que dire aussi de l’incroyable effervescence des opinions qui s’expriment actuellement sur Internet, à travers les médias audiovisuels ou dans la presse ? Que dire encore du nombre considérable de textes de réflexion qui circulent en ce moment sur la Toile,
    chacun y allant d’un réel effort d’analyse et de clairvoyance ? Enfin, que penser du fait qu’à travers diverses associations ou comités créés tout récemment, les jeunes lycéens et étudiants découvrent qu’ils sont une des pièces maîtresses de nos sociétés ? N’est-ce pas là des signes tangibles d’une amorce de prise de conscience collective d’enracinement dans une réalité territoriale et socioéconomique tout aussi complexe que singulière, mais sur laquelle nous voudrions désormais avoir prise ?


    Alors je le dis avec tout l’esprit de responsabilité qui m’anime : L’heure est venue je crois, de relancer le débat sur l’évolution statutaire aux Antilles, même si l’on doit reconnaître que la Martinique a un temps d’avance, ou du moins la classe politique martiniquaise. Mais en évitant cette fois-ci les écueils qui nous ont conduits à l’échec de la consultation du 7 décembre 2003. Ou plus précisément, en évitant que le débat ait lieu uniquement dans les partis
    politiques et dans des cercles fermés, à l’abri de l’opinion publique. Donc en évitant toute césure entre la classe politique, les intellectuels, et les simples citoyens. Et je vois déjà poindre un tel risque en Martinique au travers des divergences de fond qui se font jour entre leaders politiques sur cette éminente question. Car que penser du coup de force d’Alfred Marie-Jeanne et de Claude Lise à l’égard de Serge Letchimy et du PPM, concernant le choix du mode de scrutin d’une éventuelle prochaine assemblée unique ? Autant il me semble louable que les élus martiniquais se prononcent en faveur de l’autonomie au travers de l’article 74 de la Constitution, autant je trouve pour le moins curieux que les Présidents des deux collectivités – Région et Département – font du mode de scrutin à la proportionnelle intégrale une condition non négociable de l’accession à l’autonomie de la Martinique. Par ce diktat si peu démocratique, seraient-ils malgré eux en train de tuer la poule dans l’œuf ?
    Parce que nos concitoyens martiniquais ne comprendraient pas que tels leaders décident seuls d’une question aussi sensible, sans qu’eux y soient associés!
    D’autant que si demain cette assemblée unique devait disposer de quelques prérogatives législatives, il semble que le mode de scrutin le plus démocratique – à l’instar de celui de l’Assemblée nationale – reste et demeure le scrutin
    majoritaire uninominal à deux tours ; les citoyens doivent connaître qui ils élisent, et le mandataire doit avoir des comptes à rendre à ses mandants.
    Resterait alors à redessiner la carte de ces nouvelles circonscriptions, en s’appuyant par exemple sur celle des anciens cantons qui pourraient être scindés en deux. Certains affirment pourtant que le mode de scrutin à la proportionnelle
    permet de garantir la représentativité de toutes les sensibilités politiques.
    Soit, bel argument en théorie, mais que constate-t-on dans les faits, et notamment lors des élections régionales ? Que l’on vote pour une tête de liste – le plus souvent les potentats locaux –, sans se soucier le moins du monde des autres figurants, qui pour certains sont des illustres inconnus. C’est ainsi qu’en Guadeloupe, une ancienne présidente de Région avait pu proposer à son coiffeur ou son bijoutier – ou que sais-je encore ? – d’être en position éligible. Et des exemples similaires pourraient être donnés à foison. Donc, aux
    martiniquais à se saisir du débat sur le mode de scrutin, et plus largement sur celui de l’autonomie !


    Et pour ce qui est du débat en Guadeloupe ? Il n’est que temps de le relancer, une fois que l’effervescence sociale de ces derniers jours sera retombée. Alors par où commencer ? Les intellectuels critiques, les universitaires, et les partis
    politiques doivent bien évidemment avoir un rôle moteur. Mais ils ne peuvent confisquer le débat, tout au contraire, ils doivent coûte que coûte s’efforcer de le rendre public, et dès à présent. Cela suppose l’existence d’un espace public digne de ce nom, qui jusqu’à récemment semblait balbutiant. Mais les
    événements sociaux ont certainement précipité l’éveil des consciences politiques, et il faut espérer que nos concitoyens resteront éveillés au moins jusqu’aux régionales de 2010, et même au-delà.


    Aussi, puisqu’il s’agit d’ouvrir le débat, je voudrais d’ores et déjà lancer quelques pistes, notamment au travers du choix entre les articles 73 ou 74 de la Constitution. Car dans les deux cas, nous avons la possibilité d’opter pour la création d’une collectivité unique se substituant à la Région et
    au Département, et de décider quelles nouvelles compétences pourraient être dévolues à cette collectivité, dans des domaines ne touchant pas aux libertés et aux droits fondamentaux, ainsi qu’aux prérogatives régaliennes de la République. Mais alors, quelle différence entre ces deux articles ? Je dirais qu’elle est d’ordre « philosophique » : L’article 73 réaffirme le principe de l’identité législative – toutes les lois promulguées au niveau national sont immédiatement applicables ici – pour nos départements d’outre-mer. Aussi, les adaptions aux lois et règlements prévues dans le cadre du « 73 », ne peuvent l’être qu’en
    invoquant les fameuses « caractéristiques et contraintes » de nos collectivités.
    D’autant qu’au préalable le législateur – donc le Parlement – doit avoir consenti à de telles adaptations. Tandis que l’article 74 fait explicitement référence aux « intérêts propres de chacune » de nos collectivités, et consacre le principe de la spécialité législative : Les lois et règlements nationaux ne
    sont pas immédiatement applicables, et une loi organique, « après avis de l’assemblée délibérante » des collectivités susvisées, définit les conditions dans lesquelles ceux-ci sont applicables. En outre, le « 74 » prévoit d’autres dérogations possibles dans le cadre d’une autonomie renforcée, notamment un réel pouvoir législatif de l’assemblée délibérante, ou encore des mesures justifiées par les nécessités locales en faveur de nos populations, d’accès à l’emploi, de droit d’établissement pour l’exercice d’une activité professionnelle ou de protection du patrimoine. C’est dire donc toutes les possibilités offertes dans le cadre du « 74 », et non des moindres. Et pour ceux qui s’inquièteraient de la
    perte de dotations financières étatiques conséquentes une fois l’autonomie octroyée, rappelons que l’article 72-2 de la Constitution prévoit que « tout transfert de compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales s’accompagne des ressources équivalentes », d’autant que la loi est censée
    prévoir des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l’égalité entre les collectivités. Reste que ce principe de péréquation est pour l’instant peu effectif, voire inexistant. D’autant que l’article 72-2 se contredit en posant le principe de l’autonomie financière de chaque collectivité : « les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent, pour chaque catégorie de collectivités, une part déterminante de l’ensemble de leurs ressources ». Et cela vaut bien entendu pour toutes les
    collectivités de France et de Navarre, l’universitaire Pierre-Yves Chicot l’a récemment souligné lors d’une interview télévisée. Donc, tout en étant attentifs
    aux transferts de ressources équivalentes dans le cadre de l’accession à l’autonomie, nous devrons aussi réfléchir à la création de nouvelles ressources propres – comme c’est par exemple actuellement le cas pour l’octroi de mer –, qui seraient les moins injustes possibles. Et pour ma part, je vois déjà une piste intéressante : la création d’une taxe portuaire et aéroportuaire – d’un montant non exorbitant fixé par la collectivité unique – dont devrait s’acquitter toute personne en visite dans nos départements qui ne serait pas résidante. D’où aussi l’idée implicite d’une carte de résidant, mais qui bien entendu ne serait pas basée sur « le droit du sang », mais le « droit du sol ».
    Quoi qu’il en soit, le débat ne fait que commencer.
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 8:25

    Pouvons-nous encore espérer, nous autres, Antillais ?( suite et fin)


    A moins de se placer résolument dans une perspective – comme semble le proposer le député-maire de Fort-de-France Serge Letchimy – d’accession à la pleine souveraineté, auquel cas nous demanderions un statut constitutionnel spécifique, comme c’est actuellement le cas pour la Nouvelle-Calédonie (voir le titre XIII de la Constitution). Pour ma part, je crois que nous devrions nous défaire de ce schème de pensée qui a prévalu tout au long du 20ème siècle : Celui de la politique des nationalités ne pouvant aboutir qu’à la création d’Etats-nations. Comme le fait très justement remarquer l’éminent historien Eric Hobsbawn dans son livre Nations et nationalisme, les nations ne sont pas aussi vielles que l’Histoire, d’autant qu’un tel concept n’est apparu qu’à partir de la fin du XVIIIème siècle. Les nations sont des « entités historiquement nouvelles, qui émergent à peine, qui changent, et qui, même aujourd’hui, sont loin d’être universelles ». Mais plus fondamentalement, c’est la question de l’identité et de l’antillanité qui est en substance posée au travers de ce débat. Alors, je voudrais avancer ici l’idée de stratification des identités : C’est avant tout mon vécu parental et familial qui fonde mon être
    psychique ; je suis enraciné dans une communauté d’individus liés par un petit territoire insulaire, une histoire, une culture, sans en être pour autant prisonnier ; je me reconnais dans les idéaux humanistes et universalistes portés par la « vieille Europe » – malgré ses contradictions – et j’assume pleinement mon appartenance à la communauté politique française – sans rien oublié par ailleurs des abominations de l’esclavage et de la colonisation – ; je suis citoyen du monde et la destinée de l’espèce humaine m’interpelle au plus haut
    point.


    Cela a été dit, il y a trop souvent aux Antilles confusion entre nationalisme culturel et nationalisme politique. Aussi, ne pourrions-nous pas concevoir un plein épanouissement culturel en tant qu’antillais, tout en envisageant une
    appartenance à une communauté politique plus large, qui elle-même assumerait sa composition multiculturelle ? C’est en tout cas l’idée que défend Jacky Dahomay et à laquelle j’adhère, en rappelant la distinction essentielle entre identité
    culturelle et identité politique. Ainsi, je crois que l’accession à l’autonomie de nos départements d’outre-mer dans le cadre de l’article 74 pourrait pleinement répondre à de telles aspirations : Cela répondrait en partie à notre mal-être identitaire ; nous pourrions prendre en charge localement des
    responsabilités politiques de premier plan, notamment en renforçant encore davantage la coopération régionale caribéenne ; mais nous assumerions une fois pour toute notre ancrage dans un ensemble politique, et non culturel, plus vaste que sont la République française et l’Union
    européene.


    Il nous faut maintenant conclure, et je voudrais pointer du doigt ces liens si étroits – territoriaux, historiques, culturels, économiques et politiques – qui rapprochent la Guadeloupe et la Martinique, les deux « îles sœurs » de la
    Caraïbe. Faut-il notamment rappeler que les lois encadrant l’octroi de mer considèrent nos deux îles come un « marché intérieur » commun ? Tout porte à croire que la Guadeloupe et la Martinique ont une destinée commune. C’est pourquoi toute évolution statutaire de l’une ne pourrait être envisagée sans évolution identique de l’autre. Gardons-nous par conséquent de précipiter les choses, d’autant que nos concitoyens doivent au préalable opérer un mûrissement
    des consciences politiques sur cette essentielle problématique. Le président du Conseil Régional de la Guadeloupe, Victorin Lurel, a récemment suggéré à ce sujet un calendrier qui me semble pertinent : Lors des régionales de 2010, les partis politiques devront clairement expliciter dans leur programme la question de l’évolution statutaire, en proposant un échéancier en vue de la consultation populaire. La date de 2013 a été avancée, cela me semble raisonnable, d’autant que cette consultation surviendrait un an après les présidentielles de 2012. Car n’oublions pas que c’est le président de la République qui décide en dernier ressort de consulter les électeurs inscrits dans nos départements d’outre-mer. Et l’évolution statutaire de nos deux îles pourrait ainsi être effective à compter de 2014 ou 2015. Et puisqu’il est ici permis d’espérer, pourquoi ne pas envisager sur le long terme une union toujours plus étroite entre nos deux îles
    ? N’aurions-nous pas intérêt une fois l’évolution statutaire amorcée, à envisager la création d’un Congrès des élus martiniquais et Guadeloupéens, d’autant qu’il semble qu’un projet de gigantesque pont reliant nos deux îles soit en cours ? A bon entendeur, salut.


    David Dahomay, enseignant en Guadeloupe, et membre du Parti socialiste.

    Source : http://www.mediapart.fr/club/blog/david-dahomay/090209/pouvons-nous-encore-esperer-nous-autres-antillais

    _______________________________________

    Pourquoi les martiniquais et les guadeloupéens
    sont-ils en colère ?
    [/size]


    http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/6450-pourquoi-les-martiniquais-et-les-guadeloupeens-sont-ils-en-colere-.html[/size]

    _______________________________________________________________

    Jégo de retour en Guadeloupe, le LKP "ne lâche
    pas"
    [/size][/size]



    "Je sais combien mon départ a pu vous surprendre et combien il était important que nous reprenions, sans plus attendre, le dialogue", a déclaré le secrétaire d'Etat à son
    arrivée.
    [/size]
    [/size]


    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/20090211.OBS4175/jego_de_retour_en_guadeloupe_les_syndicats_promettent_u.html[/size]


    Antilles : une note accable les compagnies
    pétrolières



    Les compagnies pétrolières y sont accusées de s'enrichir "sans cause" sur le dos des consommateurs. Le document met également en cause "le dispositif actuel de
    fixation des prix par les préfets".
    [/size]
    [/size]


    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090211.OBS4274/antilles__une_note_accable_les_compagnies_petrolieres.html



    NOUVELOBS.COM | 11.02.2009



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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Fév - 18:02

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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 16 Fév - 17:09

    Neuf intellectuels antillais lancent un manifeste de la révolte |
    Mediapart


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://www.mediapart.fr/journal/france/160209/neuf-intellectuels-antillais-lancent-un-manifeste-de-la-revolte
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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 16 Fév - 17:20

    Guadeloupe: des infos venues de là -bas - 29 janvier 2009






    pour suivre les infos sur la Guadeloupe : http://www.lkp-gwa.org/

    Site officiel du collectif d'organisations syndicales, associatives,
    politiques & culturelles de Guadeloupe - L’unique voix du LKP en
    ligne
    Le mouvement est très suivi, même si les médias métro ont comme une tendance à ne passer que des entretiens avec des opposants
    pleurnichards, comme cette retraité qui regrettait d'avoir acheté en Guyane et non en Tunisie (sans commentaire).

    D'après les renseignements que j'ai, la grève en Martinique se double d'un ras le bol de voir les békés (blanc descendants d'esclavagistes) détenir + de 90 % des terres et des richesses ...
    La Guyane est en plein carnaval (jusqu'au mercredi des cendres), mais il se pourrait que malgré la grève générale de décembre, grâce à laquelle le prix de l'essence a baissé (mais c'est pour 3 mois en attendant un rapport qui tarde à arriver), les mouvements repartent contre la chèreté de la vie.

    A suivre, à suivre aussi les différentes manifs de soutien. Et si les
    DOM nous donnaient l'exemple ?
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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 16 Fév - 17:36

    MEGAVIDEO - Je le regarde Martinique les békés







    http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 16 Fév - 17:56

    Un Ti Colon (La Chanson du Dimanche S04E07), une vidéo de la chansondudimanche.
    chanson, dimanche, colon, reunion, jego







    http://www.dailymotion.com/user/lachansondudimanche/video/x8drly_un-ti-colon-la-chanson-du-dimanche_music
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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 17 Fév - 6:41

    Antilles,Paris,manifestation, une vidéo de rue89.
    Antilles Paris manifestation guadeloupe NPA LO parti, de, gauche


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://www.dailymotion.com/video/x8eafn_antillesparismanifestation_news?from=rss
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    Re: la rue

    Message par bye le Mar 17 Fév - 15:53

    Affrontements en Guadeloupe février 2009 « anthropologie du
    présent


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://berthoalain.wordpress.com/2009/02/17/affrontements-en-guadeloupe/
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    Re: la rue

    Message par bye le Mer 18 Fév - 15:04

    Flambée de violence en Guadeloupe - Politique - Le Monde.fr


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://www.lemonde.fr/politique/portfolio/2009/02/18/flambee-de-violence-en-guadeloupe_1156873_823448.html#ens_id=1146113&xtor=RSS-3208

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