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    Re: la rue

    Message par bye le Mer 18 Fév - 20:00

    Message reçu:

    A l'heure où la Guadeloupe entre dans une phase de lutte plus dure et
    où un homme est mort, je vous transmet, de la part de mon ami
    frederic
    gerardin qui travaille là-bas, un blog alternatif d'info sur la
    situation

    http://www.chien-creole.blogspot.com
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    Re: la rue

    Message par bye le Mer 18 Fév - 20:01

    Antilles: mouvement de protestation se poursuit, une vidéo de FRANCE_24.
    France, 24, antilles, martinique, distribution


    [img][/img][img][/img][img][/img][img][/img]

    http://www.dailymotion.com/video/x8exa9_antilles-mouvement-de-protestation_news?from=rss
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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 23 Fév - 17:19

    .






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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 2 Mar - 8:50

    Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en Guadeloupe :

    Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT
    de canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l'intérieur. J'espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c'est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c'est cette question qui m'a poussé à écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...

    Pourquoi? Parce que j'imagine que vous entendez comme tout
    le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu'il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise au sein de PMP6.

    N.B: Je soutiens cette grève. Ce mail comporte donc une
    dose de subjectivité, mais je ne fais ni dans la propagande, ni dans le mensonge. Je reste objectif sur des faits dont vous n'entendez probablement pas parler.

    Let's go!

    En effet, la Guadeloupe connait depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s'agit pas tout à fait
    de cela).

    Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits
    (j'écris à mesure que ça vient et je m'excuse d'avance des fautes d'orthographe que ma vigilance laissera passer).

    Une grève contre la vie chère?

    Non. Pas vraiment.

    Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début
    de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.

    Mais alors qu'est-ce que cette grève?

    Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" :
    Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de la
    Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboite le pas, la réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.

    Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?

    Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux amis).
    La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont
    il sait déjà qu'il est pus faible que lui, pour le rendre encore plus
    subordonné.
    L'exemple type, est celui des enfants dans la cours de
    récréation d'une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cours des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n'auront que leur yeux pour pleurer. (N'est-ce pas mignon, notre cher et tendre enfance?)

    Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous:

    Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes
    alimentaires). Selon tous les experts, après analyse de la chaine, de la production au cadie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

    Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :

    -L'essence que payait les guadeloupeéns était l'une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la
    question, plus personne ne le conteste.

    -Le LKP a présenté à l'état son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat: tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) .
    Le secrétaire d'état aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas),
    cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.

    N.B: La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.

    -Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes
    est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.

    N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite.


    -Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coup de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s'est-il passé? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l'hexagone) ont pris connaissance des
    revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.

    Le reste des revendications?

    Elles traversent TOUS les domaines de la société.
    Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s'agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix).
    J'appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n'y peux rien. C'est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l'ensemble des domaines de la société.


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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 2 Mar - 8:51

    Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en
    Guadeloupe ( suite )




    Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d'autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.

    Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.

    Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande?

    Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s'y attendait, c'est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.

    Commentaire personnel : Je trouve ça dommage qu'un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de
    la Guadeloupe.

    N.B: Il s'agit d'une augmentation de 200€ des bas salaires

    Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors?

    Mais pas du tout !!
    C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du
    conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe :
    "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le réfrigérateur" !!

    La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...

    MAIS : La Guadeloupe s'organise. L'UPG (Union des Producteurs
    Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a
    jamais été aussi plein.

    Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux: des marchés populaires sont organisés devant les
    piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus
    là.

    Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n'avons
    jamais autant consommé local !!
    Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et
    ça coûte moins cher que d'habitude.
    En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.

    Si vous n'avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation?

    Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d'une manière assez surprenante.

    La première semaine, ils n'en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n'ont montré que des images de touristes dont les vacances
    ont été gachées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c'est la vie). Ils ont montré des rayons de super marché vide et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l'économie Guadeloupéenne.

    Puis Le secrétaire d'état aux DOM est arrivé en Gaudeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets baclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd'hui, l'information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.

    Les "vrais" reportages font leur apparition. France inter a fait une longue émission dessus, j'ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal Le Monde.
    Libération a publié un long texte d'Enest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.

    Pour les plus courageux, j'ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l'analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).

    Xénophobie? Racisme? Les slogans?

    Non, non, et trois fois non!
    Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :

    "La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"

    Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous, La Guadeloupe n'est pas à eux. Ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre
    pays"

    Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle
    ne leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu'ils veulent dans notre pays."

    La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux?
    Nous = noirs?
    Eux = blancs? Si oui, lesquels? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d'esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d'influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l'époque esclavagiste, jusqu'à présent (sans la diluer dans le reste de la population car le béké fait souvent attention à "conserver la race" (**)

    Selon moi, il ne s'agit pas de ça.
    Moi qui vit ce mouvement de l'intérieur, moi qui reprend ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n'ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.

    Mais alors qui?
    Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n'est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché ou tout le monde peut venir faire ce qu'il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l'impression que c'est
    le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l'Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c'est par négligence).

    On en est à une situation ou il a fallu qu'un collectif de 49 association déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l'histoire de la Guadeloupe pour que l'Etat, enfin joue son rôle d'arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits,
    mais de manière isolées et sans réel résultat. Aujourd'hui, la tendance semble s'inverser. C'est ce eux là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)

    Quant au nous, il est prometteur de quelque chose de tout à fait
    nouveau, qui peut être enfin dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m'avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche!

    Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu'un qui lit son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l'abolition de l'esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.

    Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger sous prétexte de la race, une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.

    Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème de racisme en
    Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peux sont claires. Les races n'existent pas, c'est une vérité qu'il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l'histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu'ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d'ajouter que je
    suis assez optimiste sur cette question.(*)

    (*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d'une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.

    Scolarité en péril?

    J'étais à Paris 6 lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier
    que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de pâques, pentecôte et les jours fériés. D'ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de france télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignant sur les plateau de télévision, afin que tout le
    monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l'île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen!
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    Re: la rue

    Message par bye le Lun 2 Mar - 8:58

    Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en
    Guadeloupe ( suite et fin )


    Evolution statutaire?

    Peut être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s'exprime sous forme de grève mais la densité du
    cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question.
    Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonaumistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans
    exception) n'a jamais prononcé les mots "évolution statutaire". C'est un débat qui déchaine les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n'est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en
    avant ce que veulent les Guadeloupéens.
    Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référundum.

    Mon avis sur la question :

    Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité
    géopolitique précise. Celle d'une France au coeur de l'Europe, société post-industrielle. Elle n'ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passé par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités.
    Aujourd'hui, le systême d'intégration montre ses limites. Ceux qui jadis s'en accommodaient, aujourd'hui soutiennent massivement un mouvement social, qui -bien que ce ne soit pas son objectif- attire l'attention sur le fait que rien ne va bien et qu'il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.

    N.B: Quelque soit ce qui arrive, l'indépendance n'est
    absolument pas à l'ordre du jour. Ni l'Etat, ni le LKP, ni les nombreux
    manifestants qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l'ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l'autodétermination qui est un
    droit inalliénable inscrit dans la charte de l'ONU; mais s'accordent pour dire qu'il faut aller pas à pas, sans bruler les étapes.

    Les pistes avancées sont plutôt celles d'une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen!).

    Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74.
    http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#titre12

    Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en
    Guadeloupe.

    Je vous remercie d'avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j'expose là, ce que je comprends de ce mouvement.

    P.S: : J'ai commencé ce mail hier. Aujourd'hui, la situation
    a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.

    Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c'est le
    révérend Jessy Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n'exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un débordement (c'est le service d'ordre du
    LKP qui organise la sécurité générale).
    La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n'y a eu si peu d'agressions et de faits divers. 0u d'accidents de voitures (pas d'essence, tout
    le monde roule à 70 km/h).

    Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la repression a commencé face a un mouvement pacifiste
    depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d'arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de l'ordre (toux ceux qui s'y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c'est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM).
    Je ne fantasme pas sur le poids de l'histoire. Tout au long de la seconde moitié du 20è siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu'à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C'était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de mort, même si celle de mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.

    Evidemment, de l'eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le prefet et l'état jouent à un jeu dangereux. Car l'ensemble des mobilisés connait le poids de l'histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas...
    Le LKP a appelé au calme. Il appellent à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L'immense majorité des interpellés aujourd'hui ont été relachés ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension
    redescend petit à petit.
    Le préfet avait promi que les environ 4000 CRS débarqués en Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité
    qu'il souhaitait de tous coeurs ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d'autres ont débarqué...

    Sadi SAINTON

    Et comme on
    dit dans les îles :

    Kimbé rèd pa molir

    Sadi SAINTON
    http://hns-info.net/spip.php?article17496
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 6 Mar - 4:58

    DE YA BASTA AUX LENDEMAINS QUI CHANTENT !





    Depuis le 20 janvier, la Guadeloupe connait une grève générale. Le ras le bol de la misère, du racisme, du colonialisme ont mis le feu aux poudre. Le gouvernement a laissé pourrir la situation, n'apportant que des réponses parcellaires aux revendications des
    personnes. La Martinique emboîte à son tour le pas de la grève générale. Dans le sillage de ces mobilisations, les Réunionnais et les Guyanais s'échauffent également. Ainsi une bonne partie des colonies françaises ont pris le chemin de la lutte. Il est difficile de prévoir l'avenir ; mais il est aussi conditionné à la solidarité que nous pourrons construire et de notre capacité à créer des mouvements sociaux en France.


    La tension est montée d'un cran ces derniers jours en Guadeloupe. Des barrages des voies de communication ont été érigées dans l'île. La répression s'en est suivie avec l'intervention musclée des flics. Ils ont arrêté plusieurs personnes. On dénombre aussi plusieurs blessés. La situation sur les barrages s'est d'autant plus tendue. Malheureusement, on déplore le décès d'un militant syndicaliste de la CGTG. Quelque soit l'auteur de ce coup de feu, c'est l'Etat français qui est responsable. On ne peut laisser pourrir une situation, sans prendre le risque de dérapages les plus graves, tant les gens sont excédés !





    La Guadeloupe, la Martinique, bientôt la Réunion et peut être la Guyane nous montrent le chemin !


    Les colonisés n'ont pas attendu les consignes des confédérations syndicales pour s'organiser et engager la lutte.
    Ils ne s'en sont pas remis à des journées coup de poing, à raison d'une tous les deux mois (29 janvier, 19 mars) !


    La crise est là avec son lot de chômage, de précarité de misère grandissants. D'un côté, l'Etat peut soutenir financièrement
    les capitalistes pour qu'ils continuent encore plus à nous exploiter ou à nous jeter comme des mouchoirs en papier, et de l'autre, il reste passif pour endiguer la misère grandissante. Ainsi, on doit accepter que nos conditions de vie se dégradent de jour en jour sans broncher, ou à exprimer notre mécontentement dans des manifs traines savates tous les mois. Chacun sait qu'il n'y a pas
    d'issue dans ces conditions ! Pourquoi attendre le 19 mars ? La grève générale, c'est pour quand, maintenant ou à la trinité ?


    Chacun sent que la société est en train de bouillir. Chacun
    se rend
    compte que l'avenir est de plus en plus angoissant : développement de l'appauvrissement de pans entiers de la population, alors que les capitalistes s'enrichissent de plus en plus. En 2005 plusieurs quartiers ghetto explosaient.
    Leurs habitants supportent de moins en moins le harcèlement policier quotidien. L'apartheid social se développe. Les personnes
    paupérisées sont refoulées des centres ville, une partie d'entre elles est jetée à la rue, grossissant les rangs des SDF. L'Etat ne peut plus offrir de perspectives ''radieuses'' pour bon nombre d'entre nous. Le sécuritaire devient l'alpha et l'oméga de la ''politique sociale'' se complétant avec la chasse aux chômeurs, l'expulsion des logements, etc. L'Etat veut masquer la pauvreté,
    cacher les pauvres, les précaires, les chômeurs en les rejetant vers les périphéries, les réprimant, les incarcérant, mais ils reviennent par les fenêtres de la lutte.


    En France, comme dans les colonies, la crise économique
    va continuer ses ravages, à moins que nous mettions un terme à cette évolution. Malgré la répression des squats sont ouverts, des supermarchés sont réquisitionnés, des zones de gratuité voient le
    jour, des alternatives au salariat et aux rapports de consommation sont imaginées, concrétisées... offrant des solidarités concrètes,
    des parcelles d'émancipation face aux chaînes du sécuritaire normatif, de l'exploitation et de la pauvreté, ouvrant les portes d'autres possibles et des lendemains qui chantent.



    La mobilisation du 29 janvier a montré que dans le secteur public mais aussi dans le privé, les travailleurs en ont plus qu'assez que l'Etat, la Communauté Européenne trouvent des centaines de milliards d'euros pour sauver les banques et des entreprises (en fait les capitalistes), mais qu'il n'y a jamais d'argent (ou des miettes) pour lutter contre la misère.
    Plusieurs secteurs sont en lutte, plus ou moins visibles dans les médias. Pour en évoquer certains : d'universités sont en grève ; les lycées frémissent ;dans les hôpitaux le colère gronde ; le secteur social et médico-social est sous tension.


    Ce qui est commun à toutes ces mobilisations c'est la demande de retrait des projets gouvernementaux ou patronaux :


    universités : retrait de la loi LRU (imposant une pseudo autonomie des universités, conduisant à la mise en concurrence entre elles. Elle remet en cause les diplômes nationaux, transforme leur président en chef d'entreprise), du décret refondant la fonction d'enseignant/chercheur, de la réforme concernant la formation des
    futurs professeurs du secondaire ;


    lycées: retrait de la réforme Darcos et l'arrêt des suppressions de postes (pourquoi ne pas demander la réintégration des 11000 postes supprimés l'année dernière ?);


    hôpitaux : retrait de la loi Bachelot (elle prévoit de passer de 1035 hôpitaux à 300 territoires de santé, avec à la clef la suppression d'au moins 30000 emplois) ;



    secteur social et médico-social : retrait du projet patronal de réforme de la convention collective 66 (mettant en péril les statuts de l’ensemble des salariés du secteur social et médico-social et de ses conditions de travail déjà très insatisfaisantes).


    Pour que ces mobilisations puissent obtenir satisfaction, il faut amplifier le rapport de forces, en faisant en sorte que chacun de ces secteurs en lutte converge et demande ensemble les
    retraits des projets.


    Dernière édition par bye le Ven 6 Mar - 5:04, édité 1 fois
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 6 Mar - 4:59

    DE YA BASTA AUX LENDEMAINS QUI CHANTENT( suite ) !


    Cette convergence ne doit pas se limiter à dire non
    .


    La lutte sert aussi à imaginer, à exprimer, des revendications concernant à la fois les travailleurs et les usagers. C'est le moment de poser les questions autour du partage des richesses, de la gratuité des services publics, de la santé. Pour en finir avec
    la privatisation de celle-ci, conduisant à sa dégradation, la Sécurité Sociale doit prendre en charge intégralement les soins. On n'aura plus besoin de faire appel à des mutuelles de plus en plus privatisées. Le trou de la Sécu n'est pas dû aux remboursements des frais médicaux des usagers, mais aux exonérations de
    charges pour les entreprises, à l'Etat qui ne paye pas l'intégralité des cotisations qu'il doit par rapport aux fonctionnaires et aux grosses entreprises agissant de même.


    L'Education nationale doit-elle former des personnes en fonction des besoins du patronat ou participer à l'éducation des gens ? La tendance à la transformer en organisme de formation a-t-elle
    permis d'endiguer le chômage, la précarité ?


    Pourquoi les transports ne seraient-ils pas gratuits ? Est-ce que le tout TGV correspond à nos besoins au détriment des transports locaux et de l'environnement ? Peut-on accepter que la SNCF ferme
    une ligne de chemin de fer sous prétexte qu'elle n'est pas rentable, obligeant les usagers à avoir recours à la voiture ou au système D ?


    Défendre la Poste comme service public est fondamental. Mais quelle Poste voulons nous ? Celle qui exploite de plus en
    plus de salariés précaires, détériorant les conditions de travail de l'ensemble des postiers ? Celle qui impose des services de plus en plus chers et dégradés afin qu'elle soit de plus en plus rentable d'un point de vue capitaliste ?


    Comment accepter que des gens puissent se retrouver à la rue, alors qu'il y a tant de logements vides ? La loi prévoit que les préfets ou les maires peuvent réquisitionner des habitations vacantes ?
    Il n'y a donc aucun problème matériel et juridique pour que tout le monde ait un toit !


    Comment les services sociaux peuvent-ils répondre aux besoins des usagers lorsque le coût de la vie augmente sans cesse, que les revenus (salaires, minimas sociaux...) n'augmentent pas et même pour certains se réduisent ?


    Dans le privé, des grèves naissent et meurent un peu partout, face aux dégradations de conditions de travail et aux licenciement.
    Le travail salarié nous est présenté comme une valeur centrale. Il doit, d'après l'État et la classe dominante,rester notre principale activité (en dehors de lui, on nous qualifie d'exclus, n'ayant plus voix au chapitre) autour de laquelle s'organise notre vie (organisation du temps, choix du lieu d'habitation pour beaucoup...). Seuls, les décideurs économiques et politiques déterminent les finalités de l'organisation sociale : la recherche de profits en nous exploitant. Le labeur doit retrouver sa place
    : une activité sociale parmi d'autres. Les relations humaines, les rapports sociaux retrouveront une place prépondérante. Nous pourrons ainsi vivre autrement, œuvrer pour un autre futur.


    Un revenu garanti et décent, bien qu'il ne remette pas en cause les inégalités et la hiérarchie sociales, , dès aujourd'hui, de porter un coup à la misère et atténuerait la concurrence entre les travailleurs.


    Revendiquer, en premier lieu, l'augmentation du pouvoir d'achat, comme le propose bon nombre d'organisations syndicales et politiques, n'offre pas d'alternatives. Cette revendication est une fuite en avant qui maintient dans des rapports de plus en plus individualisés, n'augmentant,pour de brèves échéances,
    n
    ''pouvoir'' de consommer... ce que d'autres auront décidé. Ainsi, la
    pub a de beaux jours devant elle ; l'aliénation continue, nous imposant d'avoir un ''look'' conforme aux unes des médias. Les inégalités sociales persistent, la domination perdure, l'exploitation se développe : le capitalisme se refait une santé, réglant ainsi la crise actuelle ! Au mieux, on favorise la société de consommation tant décriée en 68 ; au pire, on contribue aux crises climatiques, à la à la destruction de la planète.
    L'avenir n'est que la reproduction du présent, la catastrophe écologique en plus !





    Répression, xénophobie encore, solidarité toujours !


    Si jamais les tensions sociales se durcissent ou si l'Etat n'arrive pas à répondre à la crise, il se cachera encore une fois derrière le bouc émissaire traditionnel : l'immigré. Depuis très longtemps l’immigration est associée à la misère. On ne peut accueillir toute la misère du monde », déclarait Roccard. L’ouverture des frontières développerait le chômage, conduirait à l’explosion des systèmes de protection sociale.


    Officiellement les frontières sont fermées à l'immigration depuis 1974. Pour autant, nos conditions de vie ne cessent de se dégrader depuis des décennies : développement du chômage, de la précarité, de la misère, remise en cause des acquis sociaux… C’est démagogique d’en faire reposer la responsabilité aux immigrés. Plus on durcira les lois concernant l’immigration, plus on renforcera la précarité de nos conditions de vie. L'Etat ne pourra pas expulser tous les sans papiers. D'ailleurs le souhaite-t-il vraiment ? Seule
    une minorité d'entre eux est effectivement expulsée (il y aurait entre 200 000 et 400 000 sans papiers en France selon le ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Ce dernier se vante d'avoir exécuté un peu moins de 30 000 expulsions en 2008. En supposant que ce chiffre ne soit pas falsifié, à ce rythme il faudrait au moins 10 ans pour expulser l'ensemble des sans papiers
    actuellement sur le territoire. Or les frontières sont loin d'être étanches.
    Tous les ans plusieurs milliers ou dizaines de milliers de personnes rentrent clandestinement en France). En organisant la chasse aux clandestins pour qu'ils vivent dans la terreur de l'expulsion, il les instrumentalise afin de durcir l'exploitation de la force de travail. Vivant dans la terreur du gendarme, les sans papiers sont obligés d'accepter des conditions de travail de plus en plus dures. Des pans entiers de la production (agriculture, confection,
    restauration, bâtiment...) ne peuvent survire économiquement parce que ces personnes acceptent, bien malgré elles, des conditions d'exploitation relevant de l'esclavage, rentrant ainsi en concurrence avec des salariés pouvant faire respecter un tant soi peu leurs droits. La liberté de circulation et d'installation, l'ouverture des frontières, la fermeture des camps de rétention, la régularisation de tous les sans papiers font partie des conditions nécessaires pour la construction d'un monde solidaire et ouvert.


    Qui sont les responsables de la crise, les immigrés ou les capitalistes ? Qui impose la dégradation des services publics, de notre santé, les immigrés ou les capitalistes ? Qui licencie, précarise les emplois, les immigrés ou les capitalistes ?


    Pour réprimer les mouvements sociaux, traquer les modes de vie en rupture avec le système capitaliste,faire la chasse aux immigrés, l'Etat, protégeant les intérêts des capitalistes, se dote de moyens de plus en plus conséquents : développement et armement croissant corps de police publics et privés, banalisation de la présence de militaires dans des lieux publics (gares, aéroports...), législation antiterroriste (l'affaire de Tarnac en est le dernier exemple de son application), création de fichiers en tous genre,construction de prisons (où s'y retrouvent bon nombre de personnes victimes de la misère), de camps de rétention
    pour y enfermer des sans papiers en attente d'être expulsés(dont le coût est d'environ 20000 €, incluant l'achat du billet d'avion, la rétention dans un camp...), etc. La lutte contre la répression sous toutes ses formes, la mobilisation contre la criminalisation de tous les opposants à cet ordre social est primordiale. Il n'y a pas de casseurs ; il y a des hommes, des femmes révoltés qui ne supportent plus le cynisme, l'arrogance, la domination, la violence qu'on subit quotidiennement !


    Dans l'immédiat, il nous faut construire des articulations concrètes entre les différents secteurs en lutte, les travailleurs, les usagers. C'est par la convergence des intérêts de classe que nous commencerons à ébranler les fondements du capitalisme. Pour en finir avec cette société, qui nous emmène droit dans le mur et
    est source
    de tant d'inégalités, de souffrances, prenons nos affaires en main pour connaître et maitriser nos conditions d'existence.
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    Re: la rue

    Message par bye le Sam 7 Mar - 8:03

    Morault…VACHE !





    Les patrons voyous n’en finissent pas de perpétrer leurs sales coups contre les salariés et leurs représentants syndicaux.


    Pour les 56 salarié-e-s d'ION (Imprimerie offset numérique) qui vont se retrouver sur le carreau, l'explication fournie par leur patron est un peu rapide. Certes, les jaquettes de CD représentent le gros des commandes de cette imprimerie située sur la zone du Madrillet ( Saint Etienne du Rouvray dans le 76). Et le marché du CD s’effondre depuis qu'on peut télécharger la musique à partir d'un ordinateur.
    Mais pour les salariés du Silpac-CGT (Syndicat des industries du livre, du papier et de la communication), la véritable explication est ailleurs. « Les ennuis ont commencé quand on a monté un comité d'entreprise », soulignent Florence Sainsaulier et Didier Rougeolle, élus au CE.
    La CGT ne serait pas la bienvenue au sein du groupe Morault, qui compte douze entreprises en Normandie, en Picardie et en Champagne.


    « Par le biais de Lecerf Imprimerie, qui appartient au groupe, nous assurions tous les imprimés de la Matmut. Un marché énorme ! ajoutent les élus du personnel, qui reprochent au patron de ne pas tout faire pour sauver l'imprimerie stéphanaise. Aujourd'hui, les imprimés partent à Reims. Alors que le siège national de la Matmut est à trois kilomètres d'ici ! »





    Par ailleurs, même si le marché du disque s'effondre, il y a selon les élus du CE « d'autres choses qui se développent, comme celui des
    jaquettes de jeux vidéo ».
    Ils accusent enfin leur patron d'avoir fait de l'argent sur le dos de
    l'imprimerie. « Même s'il a été revu à la baisse, ION payait 260 000 euros de loyer annuel au groupe. Des machines étaient louées à ION par une société du groupe, la maintenance était assurée par une société du groupe, la facturation aussi ».
    Autant d'arguments que le patron réfute. « Il existait 6 000 imprimeries il y a trois ans, il n'en reste plus que 3 000 aujourd'hui. Et 95 % d'entre elles connaissent des difficultés », martèle Yves-Marie Morault. Il prend l'exemple du Quid, qui n'existe plus, 2 000 pages tirées à des centaines de milliers d'exemplaires, ou les administrations qui passent par internet. « L'imprimerie, c'est fini ! »
    « Je ne vais pas faire couler le groupe pour sauver la boîte », poursuit-il, en précisant qu'il perd le capital qu'il avait réinjecté dans l'affaire. « A 63 ans, j'ai les boules… », lâche-t-il, en reconnaissant que ça ne l'empêche pas de dormir la nuit.
    Les salariés aussi ont les boules. Lundi soir, les élus ont négocié les
    indemnités de départ avec la direction. Vendredi, ils partiront avec un chèque représentant grosso modo un mois de salaire par année de présence, soit le minimum légal (la plupart ont entre 15 et 20 ans d’ancienneté). Une cellule de reclassement va également être mise en place. De quoi voir venir et se préparer… à quelques nuits sans sommeil.





    Parole tenue !





    Avant les élections professionnelles de décembre 2007, YM Morault lâche : « Si un syndicat s’implante, je ferme l’entreprise ». Entre les 2 tours, il change le siège social de Rouen à Paris.





    Parole tenue : en effet, par décision du Tribunal de commerce du 19/1/09, cette imprimerie employant 56 salariés, est mise en dépôt de bilan le 31/1 /09. Simultanément, ils apprennent que le
    matériel doit être démonté à Saint-Etienne du Rouvray pour être rétrocédé à son propriétaire, une autre société du groupe, pour être remonté à Amiens, vierge de syndicalistes.





    Donc, depuis le 24 février les salarié-e-s soutenu-e-s par la CGT
    campent devant leur entreprise de jour comme de nuit. Ils-elles réclament des indemnités de licenciement complémentaires à hauteur du préjudice subi. Tout d’abord, la décision du tribunal de Commerce s’est inscrite sur un déficit truqué (charges locatives exagérées..). De plus, pour retrouver du travail dans cette activité, c’est quasiment mission impossible, et même dans d’autres secteurs.





    Le 5 mars 2009, onze salarié-e-s (quasiment tous les syndicalistes et membres du CE, comme par hasard) ont été assigné-e-s à
    comparaître devant le tribunal de Grande Instance de Rouen, suite au blocage de l’accès de l’entreprise. Près de 70 personnes étaient venues soutenir les syndicalistes (salariés de l’entreprise, mais aussi par solidarité, des enseignants, des cheminots, électriciens et gaziers, travailleurs de la santé).





    Le liquidateur a réitéré la demande de YM Morault de débloquer l’entrée de l’entreprise et de permettre ainsi la restitution des machines à son propriétaire.


    L’avocate ayant fait valoir la pratique régulière du groupe (550 salariés répartis sur 12 sites) de faire régner un climat de terreur et d‘intimidation (récemment, une salariée gagne son procès aux Prudhommes dans une société du groupe ; devant le non-paiement des sommes exigées, l’huissier commis pour faire exécuter la décision veut saisir du matériel pour obtenir satisfaction, mais ce matériel disparaît ), l’appréciation de l’expert-comptable assurant que le créneau : DVD, jeux vidéo , … est porteur, que le dépôt de bilan a été truqué, que les salarié-e-s ont été floué-e-s par la volonté de leur patron de vouloir fermer l’usine par anti-syndicalisme primaire, demande qu’une médiation intervienne pour discuter des revendications des salariés.


    Après une courte interruption de séance, les salariés obtiennent un répit par le souhait exprimé par le groupe Morault (et non plus seulement, YM Morault) de réfléchir à cette possibilité.


    L’audience est donc renvoyée au 12 mars.

    Le pire scénario a été évité, c’est-à-dire, la décision de débloquer immédiatement l’accès de l’entreprise ; la solidarité interprofessionnelle a joué un rôle important, même si la perte d’emplois n’est pas enviable.





    Au moment où on écrit ces lignes, une dizaine de salarié-e-s tient encore la grille, façon piquet de grève, afin d’empêcher le démontage des machines. Feu de camp, café, sandwichs, émaillent les discussions et la rancœur n’a pas atténué la révolte. Au moins, la dignité des salarié-e-s se sera faite entendre et respecter.


    A suivre…
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    Re: la rue

    Message par bye le Ven 13 Mar - 5:43

    Morault : l’occupation continue…



    Une réunion pour rien. C'était le sentiment des salariés de l'ION quand ils
    sont sortis de la mairie ce 10/3. Ils avaient rendez-vous avec le patron du
    groupe Morault, après la fermeture de l'Imprimerie Offset Numérique et le
    licenciement de ses 56 employés .
    « Il nous propose 167 euros par personne et par année d'ancienneté », résume
    Florence Sainsaulieu à ses camarades en sortant de la réunion. Découragement de
    ses collègues, qui ne comprennent pas qu'on puisse leur octroyer des primes de
    licenciement aussi faibles. Alors que la famille Morault, à la tête du groupe
    qui compte douze entreprises, mène d'après leurs informations, grand train de
    vie, avec yacht et voitures de collection.
    « Ils sont à des années-lumière de nous, commente la syndicaliste, qui ne
    compte pas s'arrêter là. Nous demandons une prime de licenciement de 20.000
    euros, plus 1.500 euros par année d'ancienneté ».

    En effet, lors de l’audience de renvoi décidée par le président du tribunal
    de Grande Instance de Rouen au 12/3, les parties sont bien éloignées l’une de
    l’autre.

    Le représentant du liquidateur fait part des positions de départ : une
    enveloppe globale de 150 000 € proposée par le groupe Morault et la
    demande des salariés estimée à 2 400 000 € : un fossé !

    Les négociations, réunions entreprises ces derniers jours ( avec
    participation de la directrice départementale du travail ), ont fait monter
    légèrement la barre à 176 000 €, mais c’est nettement insuffisant :
    cette nouvelle « largesse » d’esprit des patrons n’atteint même pas 3000
    €, en moyenne par salarié..

    Le représentant du liquidateur a bien tenté de faire pleurer la salle ( où
    plus de 70 personnes assistaient à l’audience ), en avançant que d’autres
    créanciers restaient à satisfaire, des loyers à honorer,..

    Il est certain que le blocage de l’accès à l’entreprise a permis d’accélérer
    le calendrier des différentes réunions, et de revoir à la hausse le montant des
    indemnités de licenciement préalablement prévues.

    Le Président prenant en compte notamment la mauvaise volonté des
    représentants du groupe Morault, la solidarité interprofessionnelle, la
    motivation des salariés et leur désir de vouloir négocier les conditions
    légitimes de leur proche avenir et de sortir du conflit la tête haute, remet sa
    décision au 19/3 ( le 19/3, comme c’est bizarre..).

    Ce répit supplémentaire va donner l’occasion d’entamer de nouvelles
    négociations, de sensibiliser les autres salariés du groupe, de renforcer la solidarité au
    piquet de grève,. A suivre donc..

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    Re: la rue

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