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    Re: Retraites

    Message par bye le Jeu 21 Oct - 11:20

    http://www.politis.fr/Sevriena-l-entreprise-sarkozyste,11865.html
    > >
    Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites
    par Thierry Brun

    > > Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros.

    > > « Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.

    > > Nicolas Sarkozy veut-il vraiment de sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation [1] au détriment de l’actuel système par répartition. Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric qui n’existe que depuis 2008 et est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

    > > Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel (voir plus bas) estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.

    > > Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis (numéro du jeudi 23 septembre 2010).

    > > Certes, ce n’est pas le cœur de la réforme, mais cette partie du projet de loi, nommée : « Mesures relatives à l’épargne retraite », décline une série de mesures dans un article 32 de cinq pages, qui va profondément modifier la réglementation de la retraite par capitalisation, jurent les spécialistes de l’épargne retraite. Pour les assureurs et les banques, un grand pas est désormais franchi : cet article 32 permettra de dynamiter le système de retraite par répartition, un souhait depuis longtemps exprimé par le groupe mutualiste Malakoff Médéric du frère de Nicolas Sarkozy.

    > > Pendant la procédure parlementaire accélérée, qui a débuté en juin 2010 par l’audition d’Eric Woerth à l’Assemblée nationale, dans un parfait timing, Malakoff Médéric a lancé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP) la nouvelle société d’assurance Sevriena. « Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile », a rappelé récemment Médiapart (ici). En clair, la réforme est un formidable outil qui conduira à « l’asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près ».

    > > D’ores et déjà sur les rangs, le groupe Malakoff Médéric a pris une longueur d’avance. Réunie à Paris le lundi 21 juin 2010, écrit Emmanuel Cogos, directeur adjoint du développement de l’agence de presse AEF, qui traite quotidiennement des questions de Protection sociale, de Ressources humaines (ici), « l’association sommitale du groupe de retraite et de prévoyance Malakoff Médéric a donné son feu vert à la réalisation du « projet M », nom de code du projet d’épargne retraite que prépare ce groupe, dirigé par Guillaume Sarkozy, avec la CNP, filiale de la Caisse des dépôts » (ici).

    > > Selon l’Agefi, agence économique et financière, le conseil d’administration de l’assureur coté « a approuvé les modalités de création de cette coentreprise, baptisée Sevriena » et le « démarrage opérationnel de Sevriena, qui héritera des portefeuilles de ses deux maisons mères, est prévu pour janvier 2011 » (ici) L’affaire est désormais bien engagée.

    > > L’autorité de la concurrence a officiellement enregistré le 18 juin 2010 l’opération de concentration en cours entre le Groupe Malakoff Médéric et le groupe CNP. Le document fourni par les parties indique que les deux groupes envisagent la création d’une société commune dont les activités seront « la création, la gestion, la distribution de produits de retraite complémentaire par capitalisation, à titre collectif ou individuel, principalement à destination des entreprises et de leurs salariés, des associations et de leurs adhérents, des travailleurs non salariés et des retraites ; la création, la gestion et la distribution de produits d’épargne salariale à destination des entreprises et des salariés des entreprises ainsi que la tenue de compte et conservation ; et, à titre accessoire, la distribution de services liés à la retraite ».

    > > Le document officiel du Bulletin des annonces obligatoires (Balo) daté du 23 juin 2010 a formalisé les opérations de capitalisation de Sevriena, qui se sont achevées fin juillet 2010. Et l’on apprend de source syndicale que Guillaume Sarkozy devrait en occuper le poste de président du conseil de surveillance.

    > > Notons ici la simultanéité des événements : la mise en place de la future société d’assurance, qui proposera ses produits de retraite par capitalisation en 2011, se fait dans la période pendant laquelle le gouvernement lance son projet de réforme des retraites. En fait, dès 2008. La caisse des dépôts et consignations (CDC), l’assureur public CNP et le groupe de protection sociale mutualiste Médéric veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites. Leur idée est de compenser l’érosion des taux de remplacement, c’est-à-dire du niveau des pensions versées par les régimes obligatoires, en proposant des solutions de retraite complémentaires aux salariés cadres et non-cadres.

    > > Médéric compte profiter de l’expérience de la CNP, un partenaire de premier plan d’entreprises de toutes tailles pour les retraites complémentaires. La CNP assure notamment la gestion des régimes Préfon (fonds de pension destiné aux agents de la fonction publique) et Fonpel (fonds de pension destiné aux élus locaux). Et la joint venture Sevriena promet de belles perspectives avec la réforme des retraites.

    > > Un document confidentiel daté de mars 2009, intitulé : « Projet de regroupement des activités d’épargne retraite et d’épargne salariale de CNP assurance, de Malakoff Médéric et de Quatrem »


    > >

    > >
    > > souligne qu’à l’horizon 2020, « une baisse du taux de remplacement de l’ordre de 8 % est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière ». Le document note ainsi que « Pour les salariés qui auront subi des « trous » de carrière et pour les générations qui prendront leur retraite après 2020, la baisse du taux de remplacement sera plus forte » et a estimé le montant potentiel de collecte d’épargne retraite « qui est nécessaire pour financer le maintien du niveau de vie des futurs retraités » en 2020.

    > > Ainsi un juteux gâteau est convoité, « compris entre 40 milliards d’euros et 110 milliards d’euros, suivant les hypothèses de comportement des individus ». Ce document de 2009 exprime aussi « la nécessité de développer une nouvelle offre d’épargne retraite » qui a quelques similitudes avec l’actuelle réforme.

    > > Rien n’a donc été laissé au hasard. L’émergence prochaine de Sevriena montre que Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont loin d’avoir tourné la page de la capitalisation. Ainsi, le document confidentiel de 2009 révèle que « la structure née d’un partenariat équilibré entre la CDC, CNP Assurances et le Groupe MM [Médéric] aura une action décisive dans la prise de conscience du marché et une contribution majeure au financement des besoins de retraite des salariés, cadres et non cadres. En dix ans, elle s’imposera comme le leader des solutions d’épargne retraite collective et individuelle avec une part de marché de plus de 17% en retraite collective et 4% en retraite individuelle » .

    > > La réforme Sarkozy vise justement à renforcer l’épargne retraite créée par la réforme Fillon de 2003. Elle répond aussi à une demande expresse du Medef qui, en mai, avait rencontré le ministre du Travail, Eric Woerth. Laurence Parisot, présidente du Medef, avait alors réclamé « un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation ». Avant sa rencontre avec le ministre, la patronne du Medef avait vanté les « vertus » de la capitalisation, qui « crée des richesses et n’en ponctionne pas », et estimé que, « sur le long terme, l’évolution des marchés est toujours gagnante ». On comprend désormais pourquoi le Medef, dont Guillaume Sarkozy a été un temps son vice-président, trouve tant de vertu à la capitalisation.

    > > Les discussions autour du projet de loi les incitent à aller vite. Le vœu de l’administratrice de la BNP Paribas, une des banques très favorables à la retraite par capitalisation, a été exaucé haut la main par les députés UMP proches des banques et des assureurs. Les amendements déposés par Xavier Bertrand, Arnaud Robinet et surtout par le très libéral Yannick Paternotte, secrétaire général des réformateurs, ont servi de base au texte adopté par l’Assemblée nationale.

    > > Xavier Paternotte a présenté pas moins de 15 amendements relatifs à l’épargne retraite, et en a cosigné pas moins de 90 autres avec ses collègues. Et en fervent promoteur du « second pilier de la capitalisation », le député a réussi son coup en obtenant, en juillet 2010, le feu vert de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et la bénédiction des assureurs.

    > > La logique du texte adopté est claire : « Nous voulons inscrire l’épargne retraite comme un appui [à la retraite par répartition] et non comme un tabou », a plaidé Arnaud Robinet. Ainsi, le projet de réforme des retraites prévoit que la moitié des sommes perçues par un salarié au titre de la participation aux résultats de l’entreprise sera, sauf avis contraire dudit salarié, obligatoirement versée sur le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).

    > > Les députés UMP ont étendu cette mesure à d’autres formes de capitalisation qui bénéficient d’avantages fiscaux : le plan d’épargne retraite d’entreprise (Pere) et le plan d’épargne retraite populaire (Perp). Enfin, pour renforcer l’attractivité de la retraite par capitalisation, l’homme lige de Nicolas Sarkozy, secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, est coauteur d’une mesure qui permet une sortie en capital, certes limitée à 20 %, lors du départ en retraite.

    > > Xavier Paternotte n’hésite pas à reprendre à son compte les arguments du Medef pour expliquer ce volet de la réforme des retraites : « Relancer l’épargne retraite constitue une urgence sociale et un gage de compétitivité du tissu économique, favorable à l’emploi de demain ». C’est oublier le caractère très inégalitaire et la logique de ces fonds d’épargne retraite qui cherchent à maximiser les rendements et prennent des risques sur les marchés financiers. La crise a par ailleurs infligé un cinglant démenti à ceux qui juraient que le rendement du système par capitalisation était supérieur à celui du système par répartition.

    > > Mais peu importe. Le recul de la retraite par répartition depuis les premières grandes réformes, qui ont commencé dans les années 1990 (voir l’encadré ci-dessous), s’est accompagné de la mise en place progressive des fonds de pension « à la française » qui sont un enjeu de taille pour les compagnies d’assurance et le capital financier. Laisser un champ de plusieurs centaines de milliards hors des marchés financiers leur est insupportable. Sevriena se chargera de récupérer cette manne.
    > > ___
    > > fin
    > >


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    Re: Retraites

    Message par bye le Ven 22 Oct - 12:11

    "La rage populaire franaise va dans une direction positive"

    Publié sur arrêt sur images: http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php

    Ce genre d'article devrait nous encourager à continuer notre lutte!!!!

    Les Français : "un exemple" (chercheur US / Guardian)
    Par Gilles Klein le 22/10/2010
    "La rage populaire française va dans une direction positive" estime Mark Weisbrot un chercheur américain du Center for Economic and Policy Research (CEPR, de tendance "progressiste") dans une tribune publiée sur le site du quotidien britannique The Guardian, signalé par LeMonde.fr.

    "Les Français sont descendus dans la rue par millions - avec des grèves à grande échelle - pour défendre leur retraite chèrement acquise." constate Weibrot


    "Je dois reconnaître qu'il était étonnant de voir les Français élire Sarkozy en 2007, alors qu'il a fait campagne sur l'idée que la France devait rendre son économie plus efficace à l'image des Etats Unis. Ceci alors que c'était le pire moment pour jouer ce refrain, alors que la bulle immobilère commençait à exploser. (...) Sarkozy a reçu de l'aide des grands médias, enchantés par le modèle américain, qui ont fait la promotion des mythes développés pendant sa campagne. Parmi eux, le fait que la protection sociale française, les aides sociales de l'Etat et les allocations chômage «ne peuvent subsister dans une économie globale"» et que les patrons recruteraient plus de gens s'ils pouvaient licencier facilement, et si les impôts baissaient pour les plus riches."

    "Une fois de plus, la plupart des medias pensent que les Français manquent de réalisme, et devraient faire comme les autres. La vie s'allonge, il faut travailler plus. (...) Mais la productivité et le PNB augmentent en même temps, les Français pourraient donc passer plus de temps en retraite et payer pour cela."

    "Il y a plusieurs moyens de conserver l'âge actuel de la retraite tout en financant le coût des pensions. L'une d'elle, soutenue par la gauche française (et même Sarkozy au niveau international) est la taxation des transactions financières."

    "Les Français se battent pour l'avenir de l'Europe – et c'est un exemple"


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    Re: Retraites

    Message par CHARPAL le Ven 22 Oct - 19:41

    Bye,
    Il est toujours motivant de constater qu'on n'est pas seul à penser ce qu'on pense ... Mais il est carrément jouissif de voir que des citoyens américains partagent exactement la même analyse des choses.Ce genre d' opinion est à diffuser partout. C'est une bonne baffe à tous ces salopards de "libéraux" ultra réactionnaires.
    Pour eux les Etats-Unis c'est la fille ainée de la sauvagerie économique mondialisée, comme jadis la France était la fille ainée de l' Eglise catholique !
    Ils n' imaginent pas, dans leur petite tête, que des américains condamnent leur propre système économique et social et soutiennent les luttes des travaileurs qui se battent pour leur dignité et pour vivre debout !
    Sans vouloir être obsédé par un journal, (mais ceux qui ne méritent pas d'être traîtés de torchon sont tellement rares), c 'est une des raisons qui me font tant apprécier Le Monde Diplomatique. Il y a très souvent des articles d' américains (journalistes, professeurs d'universités) qui tirent à boulets rouges sur les méfaits de la barbarie sociale ambiante et des inégalités insupportables.

    Pour en revenir à la lutte actuelle, l' artillerie lourde médiatique est en marche ! Tous répondent présents pour se livrer aux grandes manoeuvres de culpabilisation pétainisto-masochiste!

    Les vilains prolos irresponsables vont coûter bien cher à notre cher pays que nous aimons tant !Voilà la facture et elle ne fait qu' augmenter ! Allez rentrez chez vous et dans vos usines (ceux qui ont un travail!) et demandez pardon! Repentez vous !

    Une seule réponse à ces salauds : MERDE ! MERDE ET MERDE !
    Le coup du pays qu'on assassine , il faut le faire ! Quand on sait que "ces gens là" n' en n' ont rien à foutre de ce pays et surtout de son peuple qu'ils détestent et méprisent. Ils l' aiment tellement la France qu'ils ne pensent qu' à se barrer dans les paradis fiscaux et à le trahir en important "le modèle" américain dans ce qu'il a de plus réac.
    Et les milliards donnés aux banques, en réalité un ramassis de spéculateurs escrocs ? Ils ont coûté combien "à la France", sans d' ailleurs aucune contre partie?

    Il va bientôt y avoir le G20, à Nice, il me semble. Je souhaite qu'il y ait un maximum de gens qui y aillent dire tout le bien qu'ils pensent de la "mondialisation heureuse"!
    Si l'internationale "socialiste" était autre chose qu'un rassemblement de mollusqes, elle appelerait à des manifestations massives dans tous les pays d' Europe. Tous ont des raisons de manifester contre l'organisation actuelle du monde, basée sur la dictature des marchés et d'un petite clique de privilégiés.
    La Grèce bien sûr, mais aussi l' Irlande, le Portugal,l' Espagne, l' Angleterre, la France etc ...

    DÉMOCRATES PROGRESSISTES DE TOUS LES PAYS RÉVOLTEZ VOUS !

    CHARPAL

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    Re: Retraites

    Message par CHARPAL le Ven 22 Oct - 20:01

    Erreur de manip. Sorry. Il y a 3 fois le même message ... Bye peux tu faire quelque chose, vu ma naiserie incommensurable en informatique ? Par avance ,merci.
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    Re: Retraites

    Message par bye le Ven 22 Oct - 22:59

    Je suis d'accord avec toi, Charpal.

    The Guardian a souvent des avis intéressants, et nul doute que dans le contexte britannique actuel ( Cameron promet une purge au peuple brittanique comme rarement il en a subi: 500 000 postes de fonctionnaires en moins, 140 milliards de déficit à éponger en 5ans,..) , il sera d'un grand recours pour nos amis britanniques désireux d'une presse libre et progressiste.

    Beaucoup de messages de soutien proviennent des syndicalistes allemands , grecs, espagnols,.. à l'adresse des militants et du peuple qui se bat en Franec contre ce régime abject.
    Beaucoup d'initiatives intéressantes actuellement, de jeunes au coude à coude avec les anciens, et c'est vraiement réjouissant.
    Non, la flamme n'est pas morte, et si parfois on peut douter du ressort des gens, preuve est faite que l'esprit de résistance est encore bien vivant!
    je reviens d'une manif interdite par la police, contre la réforme des retraites, et des centaines de personnes ont bravé cette interdiction, ainsi que leur fatigue pour crier leur révolte et leur insoumission. Il y a des moments que l'on voudrait ne pas voir finir!

    Concernant ta question d'ordre technique, Charpal, je vais me pencher sur la question.
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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 23 Oct - 5:52

    Ce vendredi soir, le tribunal administratif de Melun a suspendu l'arrêté
    préfectoral de réquisition des salariés de la raffinerie, en grève depuis
    dix jours. L'intersyndicale avait introduit dans la journée une procédure
    en référé pour faire annuler ces réquisitions.

    Le tribunal a considéré que l'arrêté préfectoral «a porté une atteinte
    grave et manifestement illégale au droit de grève et que son exécution à
    ce titre doit être suspendue». Le juge des référés a également ordonné le
    paiement d'une somme de 1.000 euros aux requérants.

    Le juge reproche au préfet de Seine-et-Marne, Jean-Michel Drevet, d'avoir
    réquisitionné «la quasi-totalité du personnel de la raffinerie», ce qui «a
    eu pour effet d'instaurer un service normal» au sein de l'entreprise.
    Toutefois, il a estimé que «cette décision ne fait pas obstacle à ce que
    le préfet puisse, le cas échéant, «faire usage» de ses pouvoirs, dans les
    limites prévue par la loi.

    Près de 170 salariés avaient été réquisitionnés pour procéder à des
    «livraisons, chargements, pompages, ainsi qu'aux mélanges, préparations»
    pour «tous les produits de la raffinerie de tous les clients qui se
    présenteront». Le préfet avait expliqué vendredi matin que cette
    réquisition était basée sur le risque de «troubles graves à l'ordre
    public».

    Vers 9 heures ce vendredi matin, les grévistes de Grandpuits, qui
    bloquaient l'entrée de la raffinerie, ont été dégagés par les forces de
    l'ordre. Trois salariés, légèrement blessés lors de l'intervention, ont
    quitté l'hôpital dans l'après-midi.



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    bye
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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 23 Oct - 17:22

    Retraites : les députés ont rejeté à la quasi-unanimité l’amendement n°249 Rect

    Victoire ! Victoire !
    L’amendement n° 249 présenté par M. de Rugy, M. Yves Cochet, M. Mamère et Mme Poursinoff a été rejeté par l’Assemblée Nationale.

    Que prévoyait cet amendement ?

    Il préconisait d’insérer après l’article premier de la réforme des retraites n° 2770, l’article suivant :

    « Le Gouvernement présente(ra) au Parlement, avant le 31 décembre 2010, un rapport établissant la situation des régimes spécifiques de retraite des membres du Gouvernement et des parlementaires et définissant les conditions d’un alignement rapide et effectif de la situation de leurs régimes spécifiques sur le régime général, visant notamment à un encadrement strict des pensions reversées, tant dans leurs possibilités de cumuls que dans leurs montants. »

    Sommaire de l’exposé justifiant cet amendement :

    « Nos concitoyens supportent de plus en plus difficilement l’idée selon laquelle leurs élus et représentants bénéficieraient, dans leurs rémunérations comme dans la gestion de leurs droits sociaux, de dispositions dérogatoires du droit commun. Les différents systèmes mis en place pour sécuriser l’exercice de responsabilités politiques demandent à être harmonisés, afin que l’ambition légitime de permettre à chacune et chacun de s’investir dans les affaires publiques ne soit plus perçue comme une tentative de créer ou laisser perdurer des privilèges indus. »

    Amendement rejeté !!!

    Victoire !

    Vous l’avez compris, la victoire est pour nos élus. (pardon pour l’éventuelle fausse joie)

    assemblee-nationale.fr/13/amendements/2770/277000249

    Alors que le gouvernement clame à tous vents qu’une réforme des retraites est nécessaire pour sauver notre système par répartition et que ceux qui se mobilisent contre cette réforme sont des irresponsables, les députés, irresponsables, donc, ont refusé de changer leur propre régime de pensions.

    Bel exemple que nos élus nous donnent là !

    Elus par le peuple et pour le peuple, il faut le rappeler car, eux, l’oublient.

    Exemple à suivre : Nous demandons, nous aussi, le rejet de la réforme des retraites nous concernant.

    Nous allons plus que le demander, nous allons l’exiger !


    --------------------------------------------------------------------------------
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    bye
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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 23 Oct - 17:24

    Cyber @ction N°377 Retraite des Parlementaires
    mercredi 20 octobre 2010

    Cyber @ction N°377 Retraite des Parlementaires Pour participer 1 simple CLIC ICI suffit http://www.cyberacteurs.org/actions...

    Par un vote du 9 septembre 2010, les députés ont rejeté à la quasi-unanimité l’amendement n°249 Rect. proposant d’aligner leur régime spécifique de retraite (dont bénéficient également les membres du gouvernement) sur le régime général des salariés.

    le texte de l’amendement des députés Verts http://www.assemblee-nationale.fr/1...

    le compte rendu de la séance est visible sur le forum http://www.cyberacteurs.org/forum/v...

    la video (6 mn) est visible http://www.rue89.com/2010/10/16/la-...

    Alors qu’ils n’ont de cesse d’expliquer l’importance de réformer rapidement un régime de retraite en déficit, les parlementaires refusent donc d’être soumis au régime de retraite de la majorité des Français. C’est ce qu’ils appellent une réforme "juste" paraît-il !

    Nos adhérents et don’@cteurs consultés depuis hier après midi ont donné leur accord pour cette action à 99% (897 Pour, 1 contre, 5 abst), nous n’avons donc pas jugé utile d’attendre que tout le monde ait voté pour lancer une action avant le vote du projet de loi au Sénat. Voir le vote de nos cyber @mis http://www.cyberacteurs.org/sondage... les votes précédents sont clos mais laissés à titre d’info sur notre méthode de démocratie cyber @ctive

    Si vous en êtes d’accord, nous vous proposons d’interpeller votre député et les sénateurs de votre département pour connaître leur avis sur ce vote.

    A faire suivre. Les Français ont le droit de savoir ...

    Alain Uguen Association Cyber @cteurs

    COMMENT AGIR ?

    Sur le site Cette cyber @ction est signable en ligne http://www.cyberacteurs.org/actions...

    Par courrier électronique C’EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

    1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ========== 2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte 3- Signez le : prénom, nom, adresse, commune 4- Rajouter l’objet de votre choix : retraite des parlementaires 5- Adressez votre message aux adresses suivantes : baccoyer@assemblee-nationale.fr cyberacteurs@wanadoo.fr

    Ou bien Cliquer ici :
    ou ici (selon votre logiciel de messagerie)
    Vérifiez que les 2 adresses apparaissent bien

    rajoutez le député de votre circonscription et les sénateurs de votre département dont vous trouverez l’adresse http://www.cyberacteurs.org/institu...

    6- Envoyez le message

    Par cette action, au Président de l’Assemblée nationale, au député de votre circonscription et à Cyber @cteurs pour nous permettre d’évaluer l’impact de cette action.

    ========== Prénom NOM profession adresse code postal commune,

    Madame, Monsieur le député Madame, Monsieur le Sénateur ;

    Par un vote du 9 septembre 2010, les députés ont rejeté à la quasi-unanimité l’amendement n°249 Rect. proposant d’aligner leur régime spécifique de retraite (dont bénéficient également les membres du gouvernement) sur le régime général des salariés.

    En tant que citoyen concerné par les votes que vous effectuez, je souhaiterais connaître votre avis sur ce vote afin d’en tirer des enseignements pour mes votes futurs.

    Dans cette attente, je vous prie de croire en ma vigilance citoyenne. ========== Pour connaitre son député Aller sur la carte des départements http://www.assemblee-nationale.fr/1...

    cliquer sur son département et à l’intérieur du département sur sa circonscription et la fiche du député apparait.

    Comme dans cet amendement, il est question de cumul, vous avez aussi la pétition : Pour avancer dans le sens d’un recul du cumul des mandats, nous proposons que les parlementaires montrent l’exemple en limitant les revenus des élu-e-s au revenu d’un parlementaire français ( Soit brut mensuel 7 064,84 €) http://www.cyberacteurs.org/actions...

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    Re: Retraites

    Message par bye le Dim 24 Oct - 6:48

    De belles photos sur un site étranger

    > FRANCE ON STRIKE

    http://www.boston.com/bigpicture/2010/10/france_on_strike.html?camp=localsearch%3Aon%3Atwit%3Artbutton


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    Re: Retraites

    Message par bye le Lun 25 Oct - 5:41

    Les jeunes et la mobilisation de octobre 2010 : entretien avec Camille
    Hamidi
    Alain Bertho | 24 octobre 2010 at 5:50 | Catégories : Bibliographie,
    Documents, riots, émeutes | URL : http://wp.me/p4cdK-3Z9


    24 octobre 2010
    Camille Hamidi est maître de conférences en science politique à l'université
    Lumière Lyon-2 et membre du laboratoire Triangle, qui a récemment publié La
    Société civile dans les cités, ainsi qu'un stimulant article dans le dernier
    numéro de la Revue française de science politique, «Classe, ethnicité,
    territoire : le rapport au politique des jeunes issus de l'immigration des
    quartiers populaires saisi lors de l'élection présidentielle de 2007». Ses
    recherches s'inscrivent dans la perspective originale initiée au début des
    années 90 en Californie par la sociologue Nina Eliasoph sur le rapport
    ordinaire et quotidien au politique (un travail enfin accessible en français
    depuis peu, avec la traduction, par Camille Hamidi de L'Evitement du
    politique. Comment les Américains produisent l'apathie dans la vie
    quotidienne).

    Pour Mediapart, Camille Hamidi a bien voulu prendre le risque de commenter
    la participation des jeunes au mouvement actuel de contestation de la
    réforme des retraites.
    Quel regard portez-vous sur les mobilisations de jeunes, lycéens plus
    qu'étudiants d'ailleurs, auxquelles nous assistons depuis quelques jours ?
    Etes-vous surprise par la nature et l'ampleur de ces mobilisations ?
    Effectivement l'enjeu de la mobilisation – la question des retraites – et
    son démarrage, à la fois tardif par rapport au temps du débat parlementaire
    et soudain, peuvent surprendre. Mais ce qui me frappe particulièrement,
    c'est l'hétérogénéité de la jeunesse mobilisée. Pour ce que j'ai pu
    observer, à Lyon, les manifestations rassemblent – ou du moins font
    cohabiter – des lycéens de centre-ville et des quartiers périphériques ainsi
    que des élèves d'âge très variable puisqu'à côté des lycéens, il y a aussi
    de jeunes, voire de très jeunes collégiens. Enfin, y compris dans les
    moments d'affrontement avec les forces de l'ordre, on a vu un nombre non
    négligeable de jeunes filles et de jeunes femmes, ce qui est là aussi assez
    inédit. Or cette hétérogénéité est très mal restituée par l'opposition
    souvent établie entre « lycéens » et « casseurs » (opposition qui a servi de
    grille de lecture à l'action policière, par exemple). Cela me fait penser
    aux résultats d'une des – rares – études empiriques qui a été menée sur la
    participation aux émeutes de 2005. Elle montrait que la distinction
    émeutiers/non-émeutiers n'est pas simple et qu'il vaut mieux parler d'un
    continuum entre les différentes formes de participation aux actes de
    violence, des jeunes « spectateurs » qui regardent ce qui se passe, suivent
    les événements à la fenêtre ou par téléphone aux « spectateurs actifs » qui
    sortent dans la rue, suivent l'action, rient, applaudissent, cherchent à
    titiller les forces de l'ordre tout en restant à une certaine distance de
    celles-ci, aux « jeunes engagés » dans l'émeute, enfin, qui prennent part
    plus directement aux actes de violence. Dans les mobilisations lycéennes
    lyonnaises, les spectateurs actifs, pour reprendre cette terminologie,
    étaient assez largement composés de jeunes filles, de lycéens de milieux
    sociaux plutôt favorisés et de très jeunes gens.
    Ces événements récents viennent-ils contredire le constat largement répandu
    d'une profonde dépolitisation de la jeunesse ?
    C'est une question complexe, car derrière le fait de savoir si ces
    manifestations sont politiques ou non, il y a un enjeu de
    légitimation/délégitimation de la mobilisation. Y voir du politique, c'est
    lui conférer légitimité et dignité, tandis que souligner l'absence de
    slogans, le peu de références au thème des retraites par exemple, c'est la
    faire basculer dans une action purement ludique et festive, voire dans la
    délinquance lorsque l'on choisit de mettre l'accent sur les scènes de
    violence qui se sont produites. La question se pose d'autant plus que
    certains groupes de manifestants portent effectivement peu de revendications
    explicites. Dès lors, le sens de leur action est très ouvert, et celle-ci
    devient le lieu de projection d'un tas de discours extérieurs possibles.
    Patrick Champagne avait montré que toute manifestation est aussi une «
    manifestation de papier », dont la signification est un enjeu de lutte au
    sein du mo nde médiatique, politique ou scientifique. C'est a fortiori le
    cas dans des mobilisations de ce type.
    Cela dit, il me semble que la mobilisation revêt des significations
    différentes selon les individus et les moments, et aussi qu'une même
    personne peut se mobiliser pour différentes raisons. Pour autant qu'on
    puisse en juger, mais ça appellerait de véritables études de terrain, une
    partie des jeunes se mobilisent effectivement clairement sur l'enjeu des
    retraites. A court terme, ils craignent qu'en retardant l'âge de départ à la
    retraite de leurs aînés, on diminue d'autant le nombre de postes qui seront
    ouverts aux nouveaux arrivants sur le marché du travail. A long terme, ils
    s'inquiètent de l'âge jusqu'auquel eux-mêmes devront travailler au rythme où
    vont les réformes.
    Au-delà, il y a aussi une exaspération politique plus vaste nourrie par le
    contraste entre le souvenir des plans de sauvetage des banques et les
    sacrifices demandés à la population sur les retraites, ou encore récemment
    par les affaires qui ont entaché la réputation d'Eric Woerth. Ces éléments
    sont plus ou moins présents et bien maîtrisés selon le degré de compétence
    politique des jeunes, mais même si les détails sont flous pour certains,
    cela contribue à renforcer un climat général de défiance politique. A cela
    s'ajoute la façon de gouverner de Nicolas Sarkozy, son omniprésence, son jeu
    sur les codes de la virilité, ses formules de défi vis-à-vis des grévistes
    («désormais quand il y a une grève personne ne s'en aperçoit») ou des jeunes
    des quartiers, qui personnalisent et cristallisent fortement sur sa personne
    ce sentiment diffus. A cet égard, il y a dans la mobilisation à la fois une
    dimension politique et une dimension de jeu et de défi relevé, et tous ces
    éléments peuvent se mêler, dans des proportions variables, chez une même
    personne. Ensuite, lorsque les mobilisations sont enclenchées, elles ont une
    dynamique propre et leur signification peut évoluer. Dans un contexte où une
    partie de la jeunesse, notamment dans les quartiers populaires, entretient
    des relations conflictuelles avec la police, les manifestations ont pu
    apparaître un temps comme l'occasion de renverser le rapport de force : au
    lieu d'être les objets de contrôles d'identité individuels fréquents et
    humiliants, les manifestations sont l'occasion de montrer une certaine
    puissance collective, qui plus est – notamment à Lyon – au cœur des
    centres-villes et devant les caméras. Ce phénomène de démonstration de force
    n'est d'ailleurs pas propre aux mobilisations de la jeunesse, même si elle
    est généralement d'ordre plus exclusivement symbolique dans d'autres
    manifestations.
    Que représente la politique pour les jeunes que vous avez interrogés et
    observés depuis plusieurs années ?
    Il faut d'abord rappeler que la jeunesse ne forme pas un groupe homogène.
    Comme n'importe quelle tranche d'âge, elle est profondément diverse selon
    les milieux sociaux, les niveaux d'éducation, les lieux de résidence, etc.
    Elle n'a pas non plus toujours un comportement politique si différent de
    celui de ses aînés. La très mauvaise image qu'elle a des hommes politiques,
    la conviction que «les hommes politiques ne se préoccupent pas des gens
    comme nous», par exemple, ne sont que le reflet d'une représentation
    désormais massivement partagée dans l'ensemble de la population, quel que
    soit le niveau de diplôme ou la tranche d'âge considérés. Les données
    statistiques dont on dispose témoignent cela dit d'une désaffection
    politique particulièrement accentuée chez les jeunes : refus de se situer
    sur l'axe gauche-droite, baisse de la proximité partisane, désintérêt
    déclaré pour la politique, taux d'abstention plus élevé... Elles indiquent
    aussi toutefois une propension plus marquée à l'action protestataire. Dans
    les travaux que j'ai menés, à la fois dans des associations de jeunes issus
    de l'immigration, et en interrogeant des jeunes gens à Vaulx-en-Velin, ce
    qui ressort est aussi d'une part une grande distance vis-à-vis de l'univers
    politique et d'autre part une représentation extrêmement négative de
    celui-ci.
    Il y a à la fois une dimension de méconnaissance et de désintérêt, d'autant
    plus forte que le niveau d'études est bas, mais aussi un jugement très
    critique, beaucoup de gens ayant le sentiment que les hommes politiques sont
    si différents d'eux socialement, et si peu préoccupés du sort des Français,
    qu'il n'y a rien à en attendre. En ce sens, la distance vis-à-vis du
    politique ne me semble pas forcément être de l'indifférence, on peut
    considérer qu'elle a également une signification politique.
    C'est une question complexe, car derrière le fait de savoir si ces
    manifestations sont politiques ou non, il y a un enjeu de
    légitimation/délégitimation de la mobilisation. Y voir du politique, c'est
    lui conférer légitimité et dignité, tandis que souligner l'absence de
    slogans, le peu de références au thème des retraites par exemple, c'est la
    faire basculer dans une action purement ludique et festive, voire dans la
    délinquance lorsque l'on choisit de mettre l'accent sur les scènes de
    violence qui se sont produites. La question se pose d'autant plus que
    certains groupes de manifestants portent effectivement peu de revendications
    explicites. Dès lors, le sens de leur action est très ouvert, et celle-ci
    devient le lieu de projection d'un tas de discours extérieurs possibles.
    Patrick Champagne avait montré que toute manifestation est aussi une «
    manifestation de papier », dont la signification est un enjeu de lutte au
    sein du mo nde médiatique, politique ou scientifique. C'est a fortiori le
    cas dans des mobilisations de ce type.
    Cela dit, il me semble que la mobilisation revêt des significations
    différentes selon les individus et les moments, et aussi qu'une même
    personne peut se mobiliser pour différentes raisons. Pour autant qu'on
    puisse en juger, mais ça appellerait de véritables études de terrain, une
    partie des jeunes se mobilisent effectivement clairement sur l'enjeu des
    retraites. A court terme, ils craignent qu'en retardant l'âge de départ à la
    retraite de leurs aînés, on diminue d'autant le nombre de postes qui seront
    ouverts aux nouveaux arrivants sur le marché du travail. A long terme, ils
    s'inquiètent de l'âge jusqu'auquel eux-mêmes devront travailler au rythme où
    vont les réformes.
    Au-delà, il y a aussi une exaspération politique plus vaste nourrie par le
    contraste entre le souvenir des plans de sauvetage des banques et les
    sacrifices demandés à la population sur les retraites, ou encore récemment
    par les affaires qui ont entaché la réputation d'Eric Woerth. Ces éléments
    sont plus ou moins présents et bien maîtrisés selon le degré de compétence
    politique des jeunes, mais même si les détails sont flous pour certains,
    cela contribue à renforcer un climat général de défiance politique. A cela
    s'ajoute la façon de gouverner de Nicolas Sarkozy, son omniprésence, son jeu
    sur les codes de la virilité, ses formules de défi vis-à-vis des grévistes
    («désormais quand il y a une grève personne ne s'en aperçoit») ou des jeunes
    des quartiers, qui personnalisent et cristallisent fortement sur sa personne
    ce sentiment diffus. A cet égard, il y a dans la mobilisation à la fois une
    dimension politique et une dimension de jeu et de défi relevé, et tous ces
    éléments peuvent se mêler, dans des proportions variables, chez une même
    personne. Ensuite, lorsque les mobilisations sont enclenchées, elles ont une
    dynamique propre et leur signification peut évoluer. Dans un contexte où une
    partie de la jeunesse, notamment dans les quartiers populaires, entretient
    des relations conflictuelles avec la police, les manifestations ont pu
    apparaître un temps comme l'occasion de renverser le rapport de force : au
    lieu d'être les objets de contrôles d'identité individuels fréquents et
    humiliants, les manifestations sont l'occasion de montrer une certaine
    puissance collective, qui plus est – notamment à Lyon – au cœur des
    centres-villes et devant les caméras. Ce phénomène de démonstration de force
    n'est d'ailleurs pas propre aux mobilisations de la jeunesse, même si elle
    est généralement d'ordre plus exclusivement symbolique dans d'autres
    manifestations.
    Que représente la politique pour les jeunes que vous avez interrogés et
    observés depuis plusieurs années ?
    Il faut d'abord rappeler que la jeunesse ne forme pas un groupe homogène.
    Comme n'importe quelle tranche d'âge, elle est profondément diverse selon
    les milieux sociaux, les niveaux d'éducation, les lieux de résidence, etc.
    Elle n'a pas non plus toujours un comportement politique si différent de
    celui de ses aînés. La très mauvaise image qu'elle a des hommes politiques,
    la conviction que «les hommes politiques ne se préoccupent pas des gens
    comme nous», par exemple, ne sont que le reflet d'une représentation
    désormais massivement partagée dans l'ensemble de la population, quel que
    soit le niveau de diplôme ou la tranche d'âge considérés. Les données
    statistiques dont on dispose témoignent cela dit d'une désaffection
    politique particulièrement accentuée chez les jeunes : refus de se situer
    sur l'axe gauche-droite, baisse de la proximité partisane, désintérêt
    déclaré pour la politique, taux d'abstention plus élevé... Elles indiquent
    aussi toutefois une propension plus marquée à l'action protestataire. Dans
    les travaux que j'ai menés, à la fois dans des associations de jeunes issus
    de l'immigration, et en interrogeant des jeunes gens à Vaulx-en-Velin, ce
    qui ressort est aussi d'une part une grande distance vis-à-vis de l'univers
    politique et d'autre part une représentation extrêmement négative de
    celui-ci.
    Il y a à la fois une dimension de méconnaissance et de désintérêt, d'autant
    plus forte que le niveau d'études est bas, mais aussi un jugement très
    critique, beaucoup de gens ayant le sentiment que les hommes politiques sont
    si différents d'eux socialement, et si peu préoccupés du sort des Français,
    qu'il n'y a rien à en attendre. En ce sens, la distance vis-à-vis du
    politique ne me semble pas forcément être de l'indifférence, on peut
    considérer qu'elle a également une signification politique.
    Peut-on parler d'un rapport spécifique au politique des jeunes des cités ?
    Là encore, il ne faudrait pas uniformiser excessivement cette catégorie de
    jeunes des cités comme on l'a fait souvent, par exemple en opposant les
    émeutes de 2005 qui auraient mobilisé les jeunes des cités et les
    mobilisations contre le CPE en 2006 qui auraient mobilisé lycéens et
    étudiants. Les premiers sont aussi, pour une partie non négligeable, lycéens
    et étudiants. Ils se retrouvent certes souvent dans des filières perçues
    comme de relégation, mais aussi dans des lycées généraux, des BTS, des IUT,
    des universités ou dans le monde du travail.

    Dans l'étude que j'ai menée à Vaulx-en-Velin, en me concentrant sur les
    jeunes immigrés et enfants d'immigrés non européens, j'ai distingué trois
    profils de rapport au politique, et seul un de ces profils correspond à un
    type de rapport au politique qui leur soit spécifique.
    Il concerne les jeunes gens les moins diplômés (qui ont au plus un bac
    professionnel, et souvent moins), dont l'avenir professionnel est le plus
    incertain et qui sont les plus attachés au quartier, dont ils sont rarement
    sortis durablement. La question territoriale occupe une place centrale dans
    leur vision de la société, comme si la frontière structurante qu'ils
    utilisaient pour penser la société française était l'opposition entre « les
    quartiers » et « le reste » (qui renvoie aussi bien au centre-ville qu'aux
    campagnes). Cette opposition territoriale cristallise et englobe la question
    ethnique et la question sociale, comme si tous les habitants des quartiers
    étaient immigrés et tous les immigrés étaient pauvres. Ce sont ces jeunes
    qui font preuve du rapport le plus distant à la politique. Ils ont voté lors
    de l'élection présidentielle de 2007, dans le contexte du sursaut de la
    participation face à la candidature de S arkozy, mais se sont abstenus aux
    élections législatives puis municipales qui ont suivi. Ils ont peu de
    repères politiques, que ce soit en termes partisans ou de clivage
    gauche-droite, au niveau national comme au niveau local. Or on sait que les
    électeurs les plus désinvestis tendent à s'appuyer sur leurs expériences de
    la vie quotidienne lorsqu'ils doivent se prononcer sur des questions
    politiques, plutôt que sur des grands principes idéologiques ou politiques
    abstraits. Ils s'intéressent aussi essentiellement aux questions politiques
    qui les affectent le plus directement. Dans ce contexte, lors de la campagne
    présidentielle de 2007, leur identification ethnique et territoriale leur a
    servi de point de repère dans l'univers politique. Ils disent qu'ils ont
    voté Royal ou Bayrou uniquement «pour empêcher l'élection d'un autre
    candidat», généralement Sarkozy (mais parfois aussi Le Pen), et en
    entretien, ils reviennent fréquemment sur les propos que Sarkozy a tenu su r
    la «racaille» et le «karcher». Leur vote étant très conditionné à la
    présence de l'enjeu ethnico-territorial, ils sont susceptibles de s'abstenir
    lors d'une élection présidentielle où celui-ci ne serait pas mis en avant
    par les candidats. Il est aussi très fortement personnalisé, sur le mode de
    l'opposition à la personne de Nicolas Sarkozy. Certains jeunes interrogés
    disent ainsi qu'ils ne savent pas encore s'ils iront voter lors de la
    prochaine élection présidentielle, sauf si Sarkozy se présente : là ils sont
    sûrs d'y aller. La particularité des jeunes des cités qui relèvent de ce
    profil, c'est donc l'importance de l'enjeu ethnico-territorial comme moyen
    de se situer politiquement. Pour le reste, leur rapport au politique est
    très semblable à ce que d'autres travaux qui portent sur les milieux
    populaires ont pu mettre en évidence.

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    Re: Retraites

    Message par bye le Lun 25 Oct - 13:22

    Appel de la Coordination Nationale Lycenne (réunie Paris le 24/10)

    Nous, lycéens de 8 villes réunis en coordination nationale le 24 octobre
    2010, constatons l’ampleur de la mobilisation dans la jeunesse. Les
    manifestations des jeudi 14 mardi 19 octobre et jeudi 21 ont été une
    réussite pour tous, mais plus particulièrement pour les lycéens, qui étaient
    plusieurs dizaines de milliers dans les cortèges. Nous refusons d’être une
    génération sacrifiée, de nous résigner à un avenir de misère et de
    précarité. Nous faisons peur au gouvernement, car nous nous sommes nombreux
    et nous donnons confiance au reste des travailleurs pour qu’ils continuent
    la mobilisation, ce gouvernement qui n’hésite pas à employer une répression
    brutale à notre encontre : arrestations, lycéens blessés...

    Cette réforme est injuste, car elle fait payer aux travailleurs le prix d’une
    crise dont ils ne sont pas responsables. Pour ceux qui ont un emploi elle
    signifie se tuer à la tâche, et pour ceux qui en sont privés ou qui n’en n’ont
    pas encore comme les jeunes elle est synonyme de plus de chômage. Il nous
    faut des emplois et des vrais salaires. Au contraire, le gouvernement
    supprime des postes, notamment dans l’Éducation nationale. Pour les jeunes,
    c’est la double peine : éducation au rabais pour se retrouver au chômage.

    Nous ne nous laisserons pas faire ! Chaque jour, des manifestations ont lieu
    dans de nombreuses villes : manifestations de lycéens, mais aussi avec les
    autres secteurs en grève. Les grèves reconductibles qui se multiplient dans
    différents secteurs (transports, raffineries, éducation, communaux.) rendent
    crédible la possibilité de faire céder le gouvernement et d’obtenir le
    retrait de la loi. Mais pour cela, il ne faut pas relâcher la pression
    malgré les vacances et le vote de la loi au Sénat. Avec l’exemple du
    mouvement contre le CPE, nous savons qu’il est possible d’obtenir le retrait
    d’une loi déjà votée.

    C’est pourquoi, nous appelons les lycéens a rester mobiliser pendant les
    vacances en participant aux manifestations et actions organisés par les
    autres secteurs et en continuant à se réunir en comité de mobilisation,
    coordinations lycéennes locales. Dès maintenant, nous appelons à une
    nouvelle journée de grève et de manifestation le mardi 9 novembre. A ces
    occasions, nous appelons l’ensemble des lycéens qui ne sont pas encore
    mobilisés à rejoindre la grève. Nous invitons aussi l’ensemble des autres
    secteurs mobilisés à participer à ces échéances.

    Pour que la mobilisation se poursuive et pour que les lycéens prennent en
    main leur propre lutte, il faut la structurer et la coordonner. Nous
    invitons l’ensemble des lycéens à organiser des assemblées générales sur
    leur lycée, pour organiser le mouvement localement et pour préparer des
    cortèges et banderoles par lycée. Nous invitons les lycéens à organiser des
    coordinations entre les lycées d’une même ville, département ou région afin
    de décider d’actions communes et de s’entre aider.

    Nous appelons à une nouvelle coordination nationale lycéenne le week-end des
    13 et 14 novembre à Paris.

    Nous invitons l’ensemble des lycéens mobilisés à développer des liens avec
    les autres secteurs mobilisés étudiants et salariés en participant à des
    cortèges communs dans les manifestations, à des actions communes pour
    étendre la grève ainsi qu’aux AG interprofessionnelles qui existent. Nous
    invitons les lycéens à prendre contacts avec les cheminots grévistes pour
    organiser des actions communes dans les Gares le vendredi 5 novembre.

    Le mouvement doit s’accélérer et s’amplifier pour aller vers la grève
    générale, seul moyen de faire céder le gouvernement.

    Nous exigeons :
    - Retrait de la loi
    Retraite à 60 ans à taux plein
    à 37,5 annuités
    prise en compte de la pénibilité au travail
    prise en compte des années de formation et des périodes d’inactivité forcée
    dans le calcul des annuités

    Forum de la CNL : http://lecrc.forumactif.fr


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    Re: Retraites

    Message par CHARPAL le Lun 25 Oct - 19:40

    Que ça fait du bien de lire ça ! Quelle gifle pour les réacs de toutes sortes qui ne cessent de trainer les jeunes dans la boue! Une belle preuve de maturité politique :ils ont compris que l'union fait la force et que la grève générale est la bonne voie.
    Lutter contre ce projet et au delà contre toutes les formes d'injustices et d 'aliénations, concerne tout le monde, de 15 ans à 120 ans et plus !
    Jeunes, moins jeunes et anciens : même combat !
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    Re: Retraites

    Message par bye le Mar 26 Oct - 4:37

    oui, mon cher Charpal, contrairement à tout ce que l'on peut entendre, les jeunes ont aussi beaucoup de résistance à faie valoir contre les projets néfastes de Sarkozy and Co.
    Il est d'ailleurs notable de remarquer qu'on les croise notamment, sur les "points durs": blocage de sites de production, dépôts de carburant, ralentissements,..là où l'économie peut être grippée. Car, comme chacun sait, c'est au porte-monnaie que l'on atteint significativement, le capitalisme.
    Les jeunes salarié(e)s, étudiant(e)s sont intéressées par des actions radicales, et c'est un enseignement à tirer ou confirmer de cette lutte, mais aussi un fameux encouragement pour les combats futurs!
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    Re: Retraites

    Message par bye le Jeu 28 Oct - 16:13

    A ne surtout pas manquer, foncez voir cette vidéo...

    Premier article, on verra si y'en aura d'autres.

    http://www.bakchich.info/La-CNT-squatte-chez-Guillaume,12251.html


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    Re: Retraites

    Message par CHARPAL le Ven 29 Oct - 0:12

    Un peu moins de monde dans la ville où j'ai manifesté mais aucun sentiment d'échec.

    Toujours la même détermination et la même conscience politique "d'être dans le vrai" pour ce combat ci et les combats à venir ( sécu, enseignement -16 000 postes supprimés à la rentrée 2011- massacre à la tronçonneuse des services publics, exploitation, mépris des travailleurs, chômage, précarité, pauvreté etc...).

    Pendant les grêves et les manifs, les laquais du fric triomphant continuent leur politique sadique ( sauf que nous ne sommes pas maso !). L'UE vient de décider un plan drastique ( "courageux" diraient les abrutis de Dassault - Journal) de serrage de vis des peuples. Ils n'en bavent pas assez ! Ils vont voir de quoi nous sommes capables. La réforme des retraites c'est les amuses gueules !

    Donc les Etats qui seraient tentés d'être "laxistes" vont être "punis" financièrement.Il faut préciser que pour ces larbins de la finance internationale, il s'agit des dépenses sociales absolument nécessaires pour les plus démunis et ceux qui ont absolument besoin d'être secourus pour survivre. Dépasser 3% de déficit budgétaire est un crime abominable de "lèse profit".

    Tous les économistes sérieux n'arrêtent pas de dire que ce chiffre ne correspond absolument à rien ! Il doit faire hurler de rire Keynes dans sa tombe. Mais peu importe, rétorque le gratin de cette Europe de m... ultra réactionnaire et sourde aux souffrances des peuples. Sa réponse: cause toujours, tu m'intéresses pas !

    Outre que cette politique est injuste, elle est idiote. C'est celle de gribouille : les peuples sont dans la m...eh bien pour les en sortir "y a qu'à" (les "y a qu'à" c'est eux !) les enfoncer encore plus. C'est le seul moyen de conserver (c'est bien le cas de le dire !) l'augmentation constante de leurs super profits.

    Mais la cerise sur le gâteau c'est que les gouvernements recourent encore, comme si ça allait faire illusion, à cette vieille ficelle consistant à présenter cette "politique" comme une contrainte européenne tombée du ciel.

    Or ce "plan", qui n'est en fait qu'une décision politique ignoble, est celui des gouvernements. Autrement dit, la France non seulement est d'accord avec ses orientations mais fait partie des pays qui ont demandé expressément qu'il soit mis en oeuvre.

    Sous couvert d'Europe, il s'agit pour ce qui concerne notre pays, d'une volonté pleine et entière du "gouvernement" Sarkozy. Il se dit que l'Europe, au point du niveau d'impopularité où elle est arrivée, peut bien faire avaler au peuple cette couloeuvre de plus, ça ne changera pas grand chose pour elle. Gribouille, toujours Gribouille...


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    Re: Retraites

    Message par CHARPAL le Ven 29 Oct - 0:28

    Complément à mon message précédent :
    Bye,
    Je viens de voir la video "chez Guillaume Sarkozy". Super !!

    A voir absolument ! Voila un bel échantillon de Révolution pacifique. Pas de casse, mais beaucoup d' énergie et de détermination ! Juste ce qu'il faut de violence verbale, écho légitime à la violence des sauvages du capitalisme fou !

    C ' est en multipliant ce genre d'actions partout en Europe que le Veau d' Or,symbole de la dictature des marchés qui veut soumettre les peuples, mordra la poussière !
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    Re: Retraites

    Message par bye le Ven 29 Oct - 11:13

    oui, Charpal,d'autres idées d'action pacifique sont dans l'air: "grève" de la consommation (en-dehors des aliments de base ), retraits de l'argent à la banque ( en-dehors du minimum pour loyers,..)ou la Caisse d'Epargne, arrêts des prélèvements mensuels pour impôts,..aucun achat avec emprunt,..

    Voici un extrait du tract que nous avons distribué hier:

    Le salariat c’est la misère !

    La bonne résistance à la base des salarié(e)s, étudiant(e)s, lycée(n)n(e)s, contre la mise en coupe réglée du régime des retraites est à saluer. D’autant qu’elle se dresse contre la tergiversation patente des bureaucraties syndicales : encore une journée d’action prévue le 28 octobre, puis le 6 novembre,..A quand la grève générale ?

    De multiples actions nouvelles et intelligemment gérées ont vu le jour : blocage de dépôts de carburant, blocage d’accès aux aérodromes, aux ports,..auxquelles viennent s’ajouter ici et là de multiples ralentissements à l’entrée des villes, les arrêts de production dans les raffineries de pétrole ou baisse d’activités à la SNCF, RATP, EDF, GDF, Education Nationale ainsi que dans de nombreuses entreprises privées.

    Toutes ces luttes, ces prises d ‘outil de travail augurent des espoirs nouveaux pour un prolétariat moins que jamais à terre !
    Mais devons-nous en rester là ? Notre souffle de révolte peut-il se satisfaire d’une accalmie dans l’exploitation, que symboliserait le retrait de la loi Woerth-Sarkozy contre le régime des retraites ?

    Le capitalisme est au centre de toute cette régression sociale, aggravée notamment par les suppressions de postes dans la Fonction Publique, les franchises médicales, le chômage accru suite à leur « crise », les iniques lois Besson contre les immigrés, les Roms, les gens du voyage,..
    Il est largement temps de profiter de cette vague de résistance pour porter le fer au cœur de ce système générateur de misère, d’injustice, de violence sociale et de racisme.
    Nous n’aurons peut-être pas d’occasion de jeter cette hydre au fossé avant longtemps !

    A leurs coups bas contre le régime par répartition des retraites, ne répondons pas seulement par une victoire espérée et ponctuelle, mais par un reflux général du capitalisme et de l’Etat de notre société.

    La retraite, c’est le salariat ; et le salariat, c’est la misère, l’obole octroyée par les possesseurs des moyens de production, et plus généralement de nos vies, contre notre force de travail.

    Ne ratons pas cette occasion inespérée d’aller plus loin que de reconquérir le terrain perdu, mais exproprions les propriétaires !

    Autogestion sociale et libertaire !
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    Re: Retraites

    Message par bye le Lun 8 Nov - 5:48

    automne 2010 : anatomie d’un grand mouvement social

    Chercheurs en sciences politiques, Sophie Beroud et Karel Yon analysent à chaud, dans cet entretien, le grand mouvement social de l’ automne 2010. Ils décrivent les principales caractéristiques de ces mobilisations, la manière dont elles s’articulent à un processus de transformation du champ syndical et pointent les questions stratégiques mises à l’ordre du jour par ces semaines de luttes.

    ContreTemps - Le mouvement contre la réforme des retraites lancé au printemps dernier s’inscrit une lignée de grands conflit sociaux...

    La puissance du conflit, son contenu politique et la dramaturgie même de cette opposition massive de la rue au pouvoir contribuent à inscrire ce mouvement comme un moment aigu des luttes de classes en France.

    Il s’inscrit d’abord, bien évidemment, dans la filiation directe des mouvements de 1995 et 2003, qui avaient vu des centaines de milliers de salariés descendre dans la rue et certains secteurs se mettre en grève sur le même thème : l’opposition à la réforme des retraites, celle des régimes spéciaux en 1995, celle du régime général en 2003. La question des retraites produit toujours de grands conflits sociaux. Il s’agit, en effet, d’un élément qui a joué un rôle central tant dans la stabilisation de la condition salariale que dans l’ancrage, via leur participation à la gestion des institutions du salariat, du pouvoir des organisations syndicales.

    Par sa durée, par l’ampleur des manifestations, par le blocage quasi total de certains secteurs d’activité, le mouvement présente, en outre, des traits comparables à d’autres grandes séquences de conflictualité sociale. Il s’inscrit dans la lignée des conflits sociaux de l’automne 1995, mais aussi de l’hiver 1986 en raison de sa dynamique d’élargissement progressif et du soutien qu’il a reçu dans la population. La mobilisation s’est étendue des salariés vers une partie de la jeunesse, avec les lycéens et dans une bien moindre mesure les étudiants. En 1986 et 1995, la dynamique était cependant inverse : les mobilisations de la jeunesse scolarisée avaient préfiguré celles des salariés. Au printemps 2006 également, c’est la crainte d’une entrée massive des salariés dans un conflit centré sur le monde éducatif qui avait conduit le Président de la République à céder sur le CPE. Le rôle moteur joué par le front uni des organisations syndicales rappelle bien sûr cette mobilisation contre le CPE de 2006, mais aussi celle de 2009 contre la crise.

    Enfin, et là le lien est direct avec la séquence antérieure du printemps 2009, le mouvement s’est certes construit sur la contestation de la réforme des retraites, mais il a été en même temps irrigué par un rejet beaucoup plus large de la politique sarkozienne. De ce point de vue, le contenu politique de la mobilisation actuelle est nettement plus explicite, plus tangible que par exemple en 2003, alors même que Jacques Chirac venait d’être élu, par défaut, face à Jean-Marie Le Pen. La dimension de crise politique est indéniablement plus forte, ce qui explique les références marquées à Mai-juin 68. Elle résulte d’une délégitimation importante du pouvoir politique, qui a été particulièrement mise en lumière par deux événements : l’affaire Woerth-Bettencourt, et la construction d’un « problème Rom » par le gouvernement, ce second événement ayant été assez largement interprété comme une scandaleuse diversion destinée à faire oublier le premier. Plus profondément, il faut noter que ce mouvement s’inscrit après la séquence du printemps 2009, marquée par d’importantes mobilisations contre la crise. La combinaison de ces éléments engendre un profond sentiment d’injustice. L’image d’un pouvoir qui gouverne pour les milieux d’affaires, qui invite toujours les mêmes à faire des sacrifices s’est imposée. Les contradictions résumées dans la personnalité de Sarkozy, qui se voulait tout à la fois héraut du pouvoir d’achat et président « bling-bling » – le « président des riches », comme disent les Pinçon – ont éclaté à l’occasion de ce conflit.

    CTPS - Cette mobilisation semble, en effet, se distinguer fortement des mobilisations précédentes. D’abord, peut-être, par la durabilité de l’intersyndicale. Comment analysez-vous la tactique syndicale : la situation actuelle en est-elle la conséquence logique vu l’attitude du pouvoir ou, s’agit-il plutôt de la poursuite d’un processus ouvert dont l’évolution a largement pris de court les directions syndicales ? Dans quelle mesure, en particulier dans le cas de la CGT, est-il important d’avoir à l’esprit les contradictions internes à l’organisation pour comprendre l’attitude de la direction dans le mouvement ? Quelles sont les difficultés face auxquelles se trouve aujourd’hui cette structure intersyndicale et quel rôle peut-elle encore jouer ?

    On a vu émerger cette intersyndicale à l’occasion du mouvement contre le Contrat première embauche, mais ce sont surtout les manifestations contre la crise qui lui ont donné sa légitimité. C’est une nouveauté dans le paysage syndical français, marqué par les rivalités organisationnelles, que de voir se pérenniser une structure qui reconnaisse le pluralisme du mouvement syndical – y compris jusqu’à ses composantes habituellement maintenues à l’écart – tout en essayant de fabriquer une cohérence.

    On peut même noter que le mouvement n’a pas été marqué, jusqu’au vote de la loi en tous cas, par un décrochage entre les équipes syndicales à la base et les directions fédérales ou confédérales. Cela avait été le cas en 2009, où de vifs débats avaient notamment traversé la CGT et Solidaires au sujet d’un cadre intersyndical accusé d’avoir épuisé le mouvement faute de stratégie alternative aux journées d’action « saute-mouton ». Cette année, la construction progressive du mouvement et le succès qu’il n’a cessé de rencontrer, sur le plan de la participation, n’ont pas placé des équipes militantes en position d’affrontement avec leur propre organisation. Nous sommes donc très loin d’une configuration comme celle de 1986 où les coordinations apparaissaient comme l’outil indispensable aux militants pour maîtriser leurs luttes.

    Le fait que le cadre de l’intersyndicale ne soit que peu contesté ne veut pas dire qu’il ne fasse pas l’objet de critiques. Les journées d’action ont pu paraître trop espacées au début, l’appel à la grève reconductible dans tous les secteurs n’a jamais été formulé et le fait de revendiquer l’ouverture de négociations, soit une autre réforme, a empêché l’accord sur le mot d’ordre clair du retrait du projet de loi. Mais la dynamique créée par l’intersyndicale et le fait que rien n’est venu s’y substituer a renforcé le rôle central des syndicats. Il aurait pu y avoir un mouvement citoyen à partir des comités unitaires comme sur le TCE par exemple. Or, les comités unitaires pour la retraite à 60 ans, qui ont initialement contribué à labourer le terrain idéologique, ont vite été éclipsés par la mobilisation syndicale et n’ont pas réussi à se développer en lien avec celle-ci. L’acceptation du pluralisme des options syndicales, et le choix fait par Solidaires et FO d’un côté, la CGC et l’UNSA de l’autre, d’assumer publiquement leurs désaccords à diverses occasions, a permis à l’intersyndicale de se présenter comme un cadre démocratique. Il ne s’agit pas d’un état-major syndical qui s’impose en écartant les opinions dissidentes, mais d’un cadre de coordination dont la diversité interne entre en résonance avec la pluralité des options auxquelles les salariés sont confrontés localement. De la sorte, l’intersyndicale s’est présentée comme un cadre souple qui n’empêchait pas d’autres formes d’action, plus radicales, dès lors qu’elles étaient décidées localement. Mais la logique même du cadre l’empêchait d’être la caisse de résonance de ces stratégies. On l’a vu dans l’attitude de l’intersyndicale, face à la dynamique de radicalisation – ancrage de la grève dans certains secteurs, actions de blocage et affrontements en marges des manifestations lycéennes. Si le communiqué du 21 octobre évoque la responsabilité du mouvement syndical, le soutien de l’opinion publique et « le respect des biens et des personnes », aucun soutien explicite n’est donné aux mouvements de grève en cours, comme si ces derniers n’avaient pas droit de cité dans ce cadre.

    La ligne est donc ténue et maintenant que nous entrons dans une phase perçue comme étant celle de la décrue du mouvement, on voit bien qu’on pourrait rapidement connaître une dynamique de dissensions quant à la suite des actions à entreprendre. Le lien entre les équipes syndicales et les salariés mobilisés localement avec les porte-parole syndicaux nationaux est strictement représentatif. Le contrôle sur les orientations nationales est renvoyé aux mécanismes démocratiques internes à chaque organisation. Les responsables de la CGT ont ainsi investi beaucoup de temps dans la fabrication de « choix partagés » au sein de la confédération, à travers des réunions des fédérations notamment, mais aussi des unions territoriales, tout au long du mouvement.

    Ce qui est donc clair, c’est que les formes prises par les dernières mobilisations ont remis les organisations syndicales au centre du jeu, et que le cadre de l’intersyndicale a beaucoup contribué à cela. Deux faits majeurs expliquent ce phénomène de l’intersyndicale : la réforme de la représentativité syndicale qui se déploie depuis 2008 et la réorientation stratégique de la CGT, entamée dans les années 1990.

    En faisant de la représentativité syndicale un droit ascendant et évolutif, qui se conquiert à partir des résultats recueillis dans les élections d’entreprise, la réforme de 2008 a rendue obsolète la frontière qui opposait les cinq confédérations bénéficiant d’une représentativité « irréfragable » – CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC – aux autres organisations – UNSA, Solidaires, FSU. On saura en 2013 quelles organisations sont représentatives au plan national interprofessionnel. En attendant, il n’y a plus d’enjeu à plus ou moins fermer ou ouvrir le jeu. Cet aplanissement des conditions de la concurrence syndicale se manifeste déjà dans l’accès de Solidaires aux subventions prud’homales ou à certaines instances du « dialogue social » comme les conseils économiques, sociaux et environnementaux national et régionaux. Le mort saisissait le vif en 2009, et c’est au regard de rationalités antérieures qu’il devenait possible d’intégrer les organisations syndicales « non-représentatives » à l’intersyndicale. Ces dernières - la FSU, Solidaires, l’Unsa - étaient elles-mêmes soucieuses de ne pas se couper du cadre unitaire. En 2010, on assiste à une reconfiguration : le champ ne se partage plus entre organisations représentatives et non-représentatives, mais entre dominants et dominés dans le jeu syndical. Le changement de logique de représentativité est intégré et les organisations syndicales dominées s’accordent plus de liberté, celle-ci pouvant devenir une position distinctive. On le voit bien en particulier avec FO, dont la position est déstabilisée par la réforme – qui met fin à l’image des « trois grandes confédérations » – mais qui a les moyens de tenir une position autonome. Solidaires a de même pu s’autoriser une plus grande liberté en décidant de signer au coup par coup les déclarations de l’intersyndicale.

    Mais pour que l’intersyndicale existe, il fallait aussi que les organisations syndicales dominantes dans le champ en décident ainsi. La CFDT, après l’épisode traumatique de 2003, avait tout intérêt à éviter le cavalier seul. Mais c’est indéniablement la CGT qui porte avec le plus de volontarisme ce cadre unitaire. Elle l’inscrit en effet dans la perspective stratégique de ce que ses dirigeants appellent le « syndicalisme rassemblé » depuis maintenant la fin des années 1990. C’est le choix d’un cadre unitaire sans exclusive, mais dont l’axe privilégié repose sur la relation avec sa principale rivale, la CFDT. Cette stratégie semble ici porter ses fruits, avec une fragilité intrinsèque liée évidemment au positionnement de la CFDT. Quelque part, le pari fait par la direction de la CGT semble donc gagné : celui d’adopter une posture ouverte, d’appel à la négociation, pour faire porter la responsabilité de la radicalisation du mouvement au gouvernement et « gagner l’opinion publique » ; celui de laisser les salariés « acteurs » décider de leurs façons d’entrer dans le mouvement et de leurs modes d’action ; celui de miser sur une intersyndicale incluant des organisations comme la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Ce pari semble aussi bien engagé du côté de la démarche de syndicalisation : les équipes CGT réalisent actuellement, dans différents secteurs du privé, un gros travail de distribution de tracts et de prise de contacts avec les salariés dans des entreprises sans présence syndicale. Les résultats concrets de ce travail de sensibilisation se voient bien d’ailleurs dans la participation aux manifestations, avec un renouvellement permanent des cortèges (du point de vue des entreprises, mais aussi des manifestants isolés, plus jeunes, du nombre de femmes qui suivent les banderoles CGT). De même, les cortèges Solidaires, notamment à Paris, sont impressionnants pour ce qu’ils disent de cette capacité à attirer des sympathisants, des salariés pas nécessairement organisés. Quelque chose est bien en train de se jouer, sans qu’on puisse être certain pour autant que cela débouche vraiment sur de la syndicalisation et la création de nouvelles bases syndicales durables.

    Si la force du mouvement conforte la direction de la CGT dans ses choix – et la conforte sans doute auprès d’une large partie de ses adhérents –, elle n’enlève rien à l’ambiguïté de ces derniers. L’idée que c’est aux salariés de décider par eux-mêmes, par respect des pratiques démocratiques – dimension qui est effectivement très importante – masque aussi une forme de retrait syndical : on ne veut pas que ce soient les équipes les plus militantes, celles prêtes à entrer en grève reconductible, à bloquer l’appareil de production qui portent le mouvement afin de mieux élargir celui-ci, de toucher d’autres salariés. Le point de vue s’entend, mais il n’empêche que cela n’annule pas la question de la construction d’un rapport de force réel. On peut légitimement s’interroger sur ce qu’aurait été le mouvement sans le blocage des raffineries ! L’idée de parler en priorité à l’opinion publique, dans un rapport le plus souvent acritique à cette notion et aux instruments de sondage, constitue une étrange intériorisation de la faiblesse structurelle du syndicalisme français. L’opinion publique est saisie comme un tout flottant et cela conduit à évincer un discours qui prendrait appui sur une analyse en termes de classes sociales. Il s’agit d’appréhender comme une finalité décisive l’image du syndicalisme auprès de la population, cette bonne image – le syndicat comme un interlocuteur social légitime, responsable – étant posée comme une condition pour gagner des adhérents. Mais à l’opposé, ce discours conduit à fuir toute projection trop politique où il s’agirait de dire le « nous » mobilisé, à représenter le salariat dressé contre la politique menée en faveur des classes dominantes.

    Au regard de ces deux points, il ne semble pas que les directions syndicales « aient été prises de court ». Le cadre intersyndical ne leur est pas imposé par la base, c’est bien elles qui l’ont créé et qui se l’imposent comme une condition sine qua non de la réussite de toute mobilisation. En revanche, la participation massive des salariés – c’est-à-dire aussi l’ampleur de la contestation du gouvernement actuel et de la politique menée par N. Sarkozy – a servi cette intersyndicale en lui permettant de dépasser ses tensions internes, sa faiblesse structurelle liée aux profondes divergences existant au sein de l’arc syndical, de Solidaires à la CFE-CGC. Savoir s’il était possible de faire autre chose de ce potentiel exceptionnel de contestation renvoie à un débat important, mais ce débat n’a pas réellement pris en raison de la mobilisation.

    CTPS -Un autre fait marquant est que, contrairement aux grandes mobilisations des deux dernières décennies, la locomotive du mouvement ne vienne cette fois-ci ni de l’enseignement, ni des transports – bien que les grèves aient été dans ces deux secteurs importantes- mais du secteur privé avec les salariés des raffineries. Comment expliquer cela ? Plus largement, comment analysez-vous, au niveau sectoriel, la diversité des dynamiques de la mobilisation en cours et, l’articulation entre luttes de salariés et luttes de la jeunesse ?

    En raison de la présence plus relative, dans les grèves, des salariés du public qui ont pourtant été les principaux moteurs des luttes interprofessionnelles depuis 1995 (SNCF et éducation nationale, mais aussi La Poste, EDF-GDF…), ce mouvement a plutôt pris la configuration de manifestations massives avec une forte présence de salariés du public mais aussi de salariés de multiples entreprises du privé, combinées à des mouvements de grèves – parfois minoritaires – dans différents secteurs : les cantines scolaires, le transport routier, les convoyeurs de fond, le ramassage des ordures, et bien sûr les raffineries…

    Il faut à la fois penser les conditions qui ont pu entraver la mobilisation des secteurs habituellement les plus mobilisés, et celles qui ont favorisé l’émergence de nouveaux fronts de mobilisation. Du côté des obstacles à la mobilisations des cheminots ou des enseignants, on les trouve facilement : dans l’échec de leurs mobilisations précédentes ! Depuis 2003, ces deux secteurs ont été le fer de lance de nombreuses luttes qui ont globalement débouché sur des échecs. Cette situation explique à la fois la difficulté à mobiliser largement les salariés de ces secteurs et la persistance d’une contestation menée par une minorité radicalisée : la faiblesse des taux de grévistes et leur persistance dans le temps. Plus largement, il ne faut pas oublier que l’impact économique et symbolique d’un arrêt des transports urbains et ferroviaires a été considérablement amoindri avec la loi du 21 août 2007 sur le service minimum. Si les militants syndicaux parviennent à contourner, via des grèves tournantes notamment, les nouvelles contraintes liées à l’obligation de continuité du service public, ce dispositif, avec l’obligation individuelle de se déclarer en grève 48h à l’avance, n’en a pas moins les effets attendus en termes d’obstacles supplémentaires à l’action collective.

    Ça aura été de ce point de vue une surprise de voir les salariés des raffineries – et, dans une moindre mesure, les transporteurs routiers – prendre le relais des cheminots et des chauffeurs de bus. Si la pointe de la mobilisation était cette année, fait rare, dans le secteur privé, il s’agit cependant d’un secteur que les conditions et la rémunération du travail rapprochent des entreprises publiques. En outre, le rôle joué par les raffineries est très certainement à rechercher du côté des dynamiques propres à ce secteur où plane la menace d’une désindustrialisation de plus, avec la délocalisation du raffinage au plus près des activités d’extraction pétrolière. La lutte pour le maintien de la raffinerie Total de Dunkerque, au cours du premier semestre 2010, a constitué une répétition permettant aux salariés de faire l’expérience de l’efficacité de certains registres d’action. Il faut sans doute également prendre en compte les problématiques internes à la CGT, sa fédération des industries chimiques étant parmi les critiques de la ligne du « syndicalisme rassemblé ».

    De même, on doit noter l’ancrage territorial des mobilisations, comme l’illustre la force et l’étendue du mouvement à Marseille et dans les Bouches du Rhône. Le fait qu’il y ait des grèves reconductibles lancées début octobre dans les Monoprix ne peut pas se comprendre sans faire référence à une participation beaucoup plus importante et régulière de salariés du secteur privé à Marseille lors des mobilisations de 2003, 2006 ou 2009. La configuration marseillaise renvoie à la fois à la situation de l’emploi, à l’histoire sociale locale et au travail militant réalisé depuis des années du côté des chômeurs et des précaires.

    Dans le commentaire d’un article que nous avions précédemment publié sur contretemps, à propos des mobilisations du printemps 2009 contre la crise, un internaute évoquait une hypothèse. Les mobilisations contre la crise auraient constitué un tournant dans les formes de mobilisation. On passerait de mouvements tirés par des secteurs en lutte, souvent du secteur public, à des formes de mobilisation plus hétérogènes, davantage structurées sur un plan territorial, impliquant davantage d’entreprises du secteur privé… interdisant dans tous les cas de penser les dynamiques de mobilisation comme la résultante de l’action d’un secteur professionnel se plaçant en avant-garde. Cette réflexion est pertinente dans le cadre d’une pensée stratégique orientée par l’objectif d’un « Tous Ensemble ». Elle renvoie à un équilibre qui évolue entre secteurs public et privé : la puissance du public est entamée, de nouvelles forces émergent dans le privé, parfois issues du public, et la précarité se diffuse partout. Elle tient au renouvellement du salariat et aux politiques managériales qui entament les cultures professionnelles et militantes, qui étaient souvent imbriquées… Cette réflexion invite ainsi à repenser les dynamiques de mobilisation, et en particulier à dépasser l’opposition entre partisans de la grève générale et partisans des manifestations le samedi pour réfléchir à l’articulation de ces formes d’action, en essayant de retourner l’obstacle que constitue l’hétérogénéité croissante du salariat en un atout (voir ce qu’écrit à ce sujet Philippe Corcuff dans Mediapart). La réalité du mouvement syndical aujourd’hui est cependant marquée par l’absence d’une telle pensée stratégique. Si l’on peut rationnellement considérer que seule une dynamique de généralisation du mouvement, de blocage effectif de l’économie permettrait de faire plier le gouvernement, une grande majorité des syndicalistes partent aujourd’hui du principe, soit qu’une telle dynamique est impossible, soit qu’elle n’est pas souhaitable.

    CTPS -Ce mouvement fait apparaître à nouveau un phénomène souvent considéré comme paradoxal : d’un côté, la mobilisation est extrêmement forte si l’on considère la participation aux manifestations et la popularité dont la crédite les sondages, y compris dans son durcissement ; d’un autre côté, les grèves reconductibles, n’ont pas véritablement pris. Ce type de phénomène avait déjà été évoqué en 1995 avec l’idée de « grève par procuration », cette logique est explicite lorsque les salariés des raffineries en lutte déclarent : « On bloque pour ceux qui ne peuvent pas faire grève » . Cette fois, cependant, la multiplication des actions de blocage ( routes, flux de combustibles, déchetteries..) mises en oeuvre par des collectifs interprofessionnels semble esquisser un nouveau modèle : on fait la grève si l’on peut, on s’arrange pour participer aux manifestations mais l’inscription dans la mobilisation implique aussi une recherche d’effets économiques concrets.. Une telle dynamique n’est pas sans rappeler le rôle crucial des barrages routiers dans les lutte des piqueteros en Argentine en 2002-2003 ou, plus encore dans le cycle de mobilisations qui dans la première moitié des années 2000 a précédé l’accession au pouvoir du MAS d’Evo Morales en Bolivie.. En bref, la dégradation de la position de nombre de salariés sur leur lieu de travail aurait donc bien pour effet de rendre extrêmement difficile une généralisation des grèves mais, par contre, elle pourrait laisser la place à une plus grande diversité d’expression de la conflictualité qui n’exclue pas des processus de radicalisation. Que pensez-vous d’une telle lecture ? Et si on la suit, dans quelle mesure peut-on considérer que cette mobilisation marquerait l’entrée, pour la France, dans un nouveau modèle de grand conflit social ?

    Le printemps 2003 avait été marqué par des tentatives, portées par les enseignants, de porter leur lutte auprès des salariés du privé. Le CPE, en 2006, avait marqué plus nettement cette volonté de jonction entre le monde éducatif entendu au sens large et le « monde salarial » (bien entendu, l’éducation est aussi un monde du travail !), à travers l’organisation d’assemblée générales interprofessionnelles, mais aussi à travers beaucoup d’actions coup de poing, tout à la fois censées frapper l’opinion et entraver le fonctionnement normal de l’économie. On retrouve ces formes aujourd’hui, et ce qui est peut-être intéressant c’est de voir que la logique des actions coup de poing, des blocages, qui était initialement surtout portée par les franges les plus radicales, est aujourd’hui largement reprise au sein des organisations syndicales elles-mêmes. La diffusion de ces pratiques, parce qu’elle engage des acteurs divers, participe de la recomposition d’une identité collective dont les « grèves par procuration » constituent un autre symptôme. Ce phénomène a été particulièrement visible pendant le mouvement, avec une multitude de soutiens spontanés en faveur des grévistes, la multiplication des caisses de grève et des actions de solidarité, d’habitants, de citoyens, d’enseignants. Certains médias, comme Mediapart, ont joué un rôle important dans la construction de ce mouvement de solidarité. Les cortèges des manifestations, s’ils étaient structurés par les délégués syndicaux, se sont avérés plutôt hétéroclites. L’alignement du privé et du public a effacé le passif de 1993. Le mouvement contre le CPE a révélé l’imbrication désormais étroite entre le monde du travail et celui de l’école. Le mouvement a développé une conscience de sa propre légitimité qui lui a permis de ne pas tomber dans le piège de la stigmatisation des casseurs. Autant d’éléments qui participent de la reconstitution d’une identité commune.

    Mais il serait à notre avis erroné de trop insister sur la nouveauté d’un modèle de mobilisation qui, de fait, supposerait que les anciens sont dépassés. Il est d’abord très risqué d’aller au-delà des analogies formelles avec l’Amérique latine dont les structures sociales sont très différentes. Par exemple, le phénomène argentin des piqueteros, sa nature de mouvement de privés d’emplois, son inscription territoriale renvoient à une liquidation des institutions de l’Etat-providence et du salariat sans commune mesure avec ce que connaît la « vieille Europe ». En outre, le « vieux » conflit industriel, fondé sur la grève et sur l’entreprise comme champ de bataille, reste central. Les derniers développements du mouvement l’illustrent bien : la reprise du travail dans les raffineries a été vécue comme la fin de la mobilisation. Le registre de la grève reste central pour ancrer l’action dans la durée et le choix de blocages « de l’extérieur » est souvent un aveu de faiblesse quant aux possibilités de peser de l’intérieur même des entreprises.

    Plutôt que de modèle de mobilisation, il serait sans doute plus heureux d’appréhender ces phénomènes avec la notion plus souple de « répertoires d’action collective ». Il y a indéniablement des formes nouvelles de mobilisation qui renvoient aux transformations du capitalisme et de l’organisation du travail. Dans un monde salarial de plus en plus éclaté, où le collectif de travail est désormais moins unifié par sa concentration spatiale que façonné par un ensemble de flux – de travailleurs, de produits, de communications – le blocage de stocks de produits, de carrefours industriels ou de voies d’échanges est un moyen d’atteindre les salariés et de peser réellement sur le fonctionnement de l’économie. Indéniablement, le répertoire d’action s’enrichit, car les registres d’action collective s’ajustent aux modes de domination. Mais derrière l’image du capitalisme en réseau, on assiste dans les entreprises à des phénomènes de concentration financière (par la constitution de groupes toujours plus importants) et de recentralisation du pouvoir stratégique – que N. Lichtenstein décrit bien à travers le modèle managérial de Wal-Mart. Si les entreprises sont de plus en plus interdépendantes, il n’est pas certain que cette interdépendance se traduise par une dilution du pouvoir.

    En outre, un risque important pèse, qui fut particulièrement visible dans les mouvements universitaires, du CPE à la LRU : les pratiques de blocage et l’échappée hors des lieux de travail (salarié ou scolaire) peuvent conduire à la fuite en avant, en creusant la coupure entre les secteurs les plus radicalisés et le plus grand nombre moins impliqué.

    Enfin, si l’on doit souligner des nouveautés, il faudrait évoquer d’autres éléments, comme le recours au suffrage : la mobilisation collective, parfois la grève, ont pu s’appuyer sur le recours aux urnes présentées comme une garantie de transparence démocratique. Cela témoigne de fluctuations intéressantes, dans l’histoire du mouvement ouvrier, quant aux conceptions et pratiques légitimes la de la démocratie ouvrière. Quand des organisations de la CGT proposent le vote à bulletin secret, on est loin d’un élément (le vote à main levée par ceux qui sont engagés dans la lutte) qui a longtemps été perçu comme identitaire : il avait d’ailleurs été au principe de la scission de FO au moment des grèves insurrectionnelles de 1947 ! Longtemps, en effet, le recours au vote secret fut dénoncé comme une manœuvre de démobilisation, désagrégeant le collectif mobilisé au profit des rationalités individuelles.

    Mais ces évolutions renvoient aussi à la façon dont les pratiques démocratiques sont investies et mises en œuvre par des individus qui n’ont plus la même socialisation politique. Les assemblées étudiantes durant le CPE ont été des lieux d’intenses débats, notamment sur l’organisation des votes, sur les conditions de légitimité de ceux-ci par rapport aux blocages. Dans une autre optique, le fait d’organiser une votation citoyenne sur le devenir de la Poste ou de demander un référendum sur celui d’EDF sont vus comme des moyens d’élargir la mobilisation au-delà des salariés de ces entreprises, d’impliquer la population en s’appuyant sur le statut d’usager. De telles démarches illustrent là encore la recomposition d’un répertoire d’action qui mobilise à la fois les registres syndicaux traditionnels tout en s’inspirant d’autres mouvements (on peut penser au mouvement féministe ou à la défense des droits des immigrés pour l’usage des urnes et des votations citoyennes).

    CTPS – Ce mouvement est une mobilisation sur la réforme des retraites. Mais, c’est sans doute beaucoup plus que ça : la question des retraite semble avoir été prise comme un casus belli pour rejeter, plus largement, ce pouvoir et sa politique. Comment appréhendez-vous cette dimension systémique du mouvement et quelles sont ses implications, la victoire ne pouvant être que politique ?

    Sans qu’il y ait nécessairement de hiérarchie entre eux, il nous semble possible de lister un certain nombre de points, partiellement imbriqués, permettant de réfléchir à cette dimension politique :

    1- La centralité incontestée des organisations syndicales dans le mouvement est allée de pair avec une faible visibilité des partis de l’opposition. Le PS s’est affiché contre la réforme menée par le gouvernement Fillon, mais en partage les prémisses économiques libérales. A la gauche de la gauche, les diverses organisations ont plutôt privilégié leur apparition propre dans le cours du mouvement au détriment d’une intervention politique commune : on est loin ici de la coordination souple dont nous parlions avec l’intersyndicale (sans idéaliser pour autant celle-ci !). C’est la division qui l’emporte, de telle sorte que les partis n’ont pas été en capacité d’être les catalyseurs d’un ras le bol qui dépasse effectivement le cas des retraites, qui renvoie au sentiment d’immoralité et d’illégitimité du pouvoir, de violence et d’injustice de sa politique.

    2- Mais les organisations syndicales ne jouent pas davantage ce rôle, car elles ne souhaitent pas l’endosser pour la plupart d’entre elles. Déjà en 2009, Bernard Thibaut insistait sur le fait que la métropole n’était pas la Guadeloupe et qu’une stratégie de type LKP serait une erreur. De fait, il est clair que l’institutionnalisation du champ syndical en France se traduit, dans la façon dont les acteurs conçoivent leur possibilité d’action et leur légitimité, par l’acceptation d’un cloisonnement fort entre les sphères associative, syndicale et politique. Le registre d’argumentation que mettent en œuvre les organisations dominantes dans le champ syndical est celui du dialogue social. Elles n’envisagent pas la construction d’un front large, socio-culturel, permettant la contestation la plus large possible du pouvoir, car elles considèrent que ce n’est pas leur rôle.

    3- De ce point de vue, le dossier des retraites révèle la part de mythe qui structure les discours sur le dialogue social, sur une démocratie sociale qui pourrait tranquillement s’épanouir, avec ses règles et sa temporalité propres, à l’écart de la démocratie politique. L’idée d’une subordination consentie des acteurs syndicaux face au pouvoir politique a montré ses implications pratiques : un gouvernement qui oublie, quand il a décrété l’urgence de réformer, toute procédure de négociation préalable. Au final, aucun responsable syndical n’aura d’ailleurs consenti à s’autodésarmer en partant du principe qu’une fois la loi votée, la contestation devait quitter le terrain de la rue. Seule une minorité d’organisations a maintenu ce discours (UNSA, CFE-CGC), mais tout en restant dans le cadre de l’intersyndicale.

    4- Si les organisations syndicales acceptent aujourd’hui une part de responsabilité politique, celle-ci est le plus souvent transfigurée sur le mode de l’expertise. Il s’agit de convaincre de la crédibilité de ses propositions, en argumentant sur des points internes à la réforme comme dans le cas de la CFDT ou en proposant, comme le font la CGT, la FSU et Solidaires une autre réforme, en lien avec des économistes et des organisations telle ATTAC. Il s’agit ici évidemment d’un travail extrêmement précieux dans la mesure où il arme le syndicalisme, permet dans une certaine mesure de se faire entendre des médias et crée des liens avec d’autres secteurs. Mais pour que ce réalisme technique ne perde pas de vue ses objectifs stratégiques, il lui reste à s’articuler à une pensée « chaude », à des valeurs, à l’affirmation pratique de la vision du monde que servirait un réel projet de sauvegarde des retraites par répartition.

    5- Ce qui conduit à un dernier point de réflexion : les meilleurs projets du monde n’ont aucune portée s’ils ne sont pas sous-tendus par un enthousiasme populaire, s’ils ne s’indexent pas à des images de la société désirée, s’ils ne s’inscrivent pas dans une histoire collective. Le mouvement peut être l’occasion pour les responsables syndicaux de prendre conscience de cette responsabilité qui leur incombe et qui renvoie aux plus grandes heures du mouvement ouvrier – quand les propositions des organisations syndicales irriguaient le débat politique, du planisme cégétiste des années 1930 aux nationalisation et à la sécurité sociale à la Libération, jusqu’au socialisme autogestionnaire dans les années 1970. Alors que la gauche est atone et divisée, il serait possible que d’importante fractions du mouvement syndical servent de catalyseur à l’élaboration d’un véritable agenda de transformation sociale. Une élaboration qui ne résulte pas de « l’audition » des organisations syndicales par les dirigeants politiques, mais d’une dynamique autonome permettant aux syndicalistes de tisser des liens durables entre eux et avec tous ceux, citoyens, associations, mouvements sociaux qui ont contribué à nourrir la contestation des dernières semaines.

    Un tel processus supposerait que se mettent en place des structures ad hoc, car bien évidemment le cadre de l’intersyndicale, dont l’intérêt n’est pas en cause, revêt une autre fonction. Entre une intersyndicale qui tient par la recherche du consensus et la guerre de tous contre tous que se livrent les organisations confrontées à la conquête de leur représentativité dans les entreprises, il existe un espace intermédiaire à occuper, celui d’une coopérative d’élaboration stratégique.

    Sophie Béroud and Karel Yon


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    Re: Retraites

    Message par bye le Jeu 14 Avr - 15:47

    DEJA 350000 SIGNATURES !!!! SI TOUT LE MONDE S’Y MET ET L’ ENVOIE A TOUS SES CONTACTS LES 4 MILLIONS SONT ATTEIGNABLES.






    >
    >

    : Les retraites : pas trop tard grâce à cafouillage législatif
    >
    >
    >
    >
    > Sujet : Les retraites : il n'est pas trop tard grâce à un cafouillage législatif de Sarko
    > À signer et diffuser largement et VITE !
    >
    > Le peuple souverain ?
    > Une piste de résistance : une pétition lancée par le journal POLITIS.
    > Sujet : urgent retraites
    > Même si la réforme des retraites a été adoptée par le Sénat et l'Assemblée Nationale, tout n'est peut-être pas perdu car la loi peut ne pas être appliquée.
    > Cafouillage du sarkozisme, la réforme constitutionnelle de 2008 (article 11) pourrait donner aujourd'hui moyen de contraindre le Président de la République à organiser un référendum sur les retraites: ce référendum doit être demandé par 1/5 des parlementaires , eux-mêmes soutenus par 1/10 des électeurs (nous).
    > SOIT 4,4 millions de signatures: la mobilisation récente rend en théorie l'objectif facile ! Il est encore temps de tout mettre en œuvre pour s'opposer à cette réforme des retraites.
    > Voici donc le lien pour signer cet appel :
    >
    > http://www.referendumretraites.org/
    >
    > 1/10e des électeurs, ça fait du monde ! À nos claviers ! Envoyez ce lien à tous ceux que vous connaissez, sur toutes les listes que vous possédez, pour faire boule de neige. Si vous recevez ce message et êtes déjà retraité, pensez aux autres, à vos enfants.... aidez-les en signant> -------------------------------------------------------------------------------------->
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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 21 Mai - 15:54

    Travailler plus... Le Sénat lève la limite d’âge pour certains hauts fonctionnaires...
    | lagazettedescommunes.com | 16 mai 2011

    mardi 17 mai 2011

    Le Sénat a adopté vendredi 13 mai 2011 un projet de loi permettant à certains hauts fonctionnaires d’être maintenus dans leurs fonctions au-delà de l’âge limite de 65 ans, un texte, selon l’opposition, taillé sur mesure notamment pour le préfet de Seine-Saint-Denis.

    « A qui profite ce projet de loi ? Nous avons trouvé la réponse dans un +confidentiel+ du Figaro du 26 avril : le préfet Lambert est indispensable au président de la République », a assuré la sénatrice de Seine-St-Denis Eliane Assassi (CRC-SPG, communiste et parti de gauche).

    « Tout est bien ficelé pour fêter les 65 ans de M. Lambert… le 5 juin prochain. Faut-il voter autant de textes que de cas particulier ? Les lois individuelles nous feront passer de l’Etat de droit à l’Etat de passe-droit ! », a tonné Jacques Mahéas (PS) également sénateur de Seine-St-Denis.

    500 à 600 personnes concernées – Ce projet de loi, inscrit en urgence (une lecture par assemblée) et d’application immédiate (sans décret d’application) prévoit une possibilité de dérogation « à titre exceptionnel » et pour une durée limitée à 2 ans sur décision du gouvernement.
    Cette dérogation « ne vise que les emplois supérieurs (préfets, ambassadeurs, recteurs, directeurs d’administration centrale) dont le nombre peut être estimé entre 500 et 600 », a expliqué le rapporteur Jean-Pierre Vial (UMP).

    « Il s’agira de décisions exceptionnelles, prises dans des circonstances exceptionnelles et dans l’intérêt du service », a justifié le secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron.
    « L’état du droit, peu lisible, frappe les fonctionnaires mais épargne les non-fonctionnaires », a-t-il ajouté.

    Le préfet Christian Lambert, nommé en Seine-Saint-Denis en avril 2010 est considéré comme un proche du président de la République. Alors chef du Raid, il a arrêté Yvan Colonna et a également été patron des CRS lors des émeutes en banlieue en 2005.

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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 15 Juin - 10:58

    Rapport Moreau : une nouvelle réforme des retraites qui aggravera les conditions de vie des salariés et des retraités
    L’UFAL | UFAL.INFO | MERCREDI 12 JUIN 2013
    mercredi 12 juin 2013

     

    Rapport Moreau : L’UFAL dénonce une nouvelle réforme des retraites qui aggravera les conditions de vie des salariés et des retraités
    l’UFAL | ufal.info | mercredi 12 juin 2013

    La Commission pour l’avenir des retraites remettra son rapport dans les prochains jours au Gouvernement. Le texte de la Commission présidée par Yannick Moreau servira de base à la nouvelle réforme des retraites menée avant la fin de l’année. L’UFAL est fermement opposée à tout projet qui aggraverait encore les conditions de vie des retraités et des salariés âgés, déjà fortement détériorées par les réformes de 2003 et 2010.
    Or, moins de trois ans après la loi Woerth qui avait conduit à un recul de 2 ans de l’âge légal de départ en retraite, de nouvelles mesures de régression sociale sont annoncées, sous prétexte de « rétablir le solde de la branche vieillesse ».
    Tout d’abord, les revenus des retraités diminueraient encore via un relèvement de l’assiette de la CSG et la suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour frais professionnels. Certes le rapport prévoit une légère augmentation des taux de cotisations patronales déplafonnées (de 1,6 % à 1,9 %). L’UFAL, attachée au principe du financement de la protection sociale par la cotisation sociale, ne conteste pas cette mesure qui rompt avec les logiques antérieures, dictées par le MEDEF, de non-revalorisation des taux de cotisations patronales vieillesse.
    Toutefois, cette mesure serait prise en contrepartie d’une sous-indexation des cotisations des salariés (à l’instar du dispositif en vigueur dans les régimes complémentaires par points AGIRC et ARRCO), donc de la baisse de leurs droits-retraite.
    Les retraites des fonctionnaires seraient calculées sur les traitements des 10 meilleures années et non sur les 6 derniers mois d’activité. Or, ce n’est en rien une mesure égalitaire, puisque les pensions de fonctionnaires sont calculées hors primes, donc sur une partie seulement de leur rémunération d’activité. Par ailleurs, la « carrière » des fonctionnaires étant fondée sur une évolution progressive de leur rémunération, qui part de plus bas que les salaires du privé, la règle des 10 meilleures années se traduirait par une baisse générale et grave des pensions publiques.
    Il est donc faux de prétendre que les fonctionnaires seraient privilégiés en matière de rémunération et de retraite par rapport aux salariés du privé.
    Enfin, le rapport proposera sans doute un nouvel allongement de la durée d’assurance pour atteindre 44 annuités. L’UFAL dénonce avec force une mesure qui, dans un contexte de chômage de masse et d’entrée tardive des travailleurs dans la vie active, interdira dans les faits à la plupart des salariés de liquider une retraite à taux plein.
    Dans le cadre néo-libéral actuel, les réformes des retraites (chaudement encouragées par Bruxelles) consistent en réalité à diminuer leur montant et poursuivent un objectif d’appauvrissement programmé des retraités. Elles contraignent par ailleurs les salariés qui le peuvent à recourir massivement à l’endettement pour compléter leur retraite avec les revenus du patrimoine qui renforcent l’emprise de la finance sur l’économie réelle : acquisition de logements, épargne retraite par capitalisation et placements en produits financiers.
    Dans le même temps, de plus en plus de retraités sont d’ores et déjà obligés de cumuler leur retraite avec un emploi salarié, ce qui constitue une régression sociale inacceptable pour notre mouvement.
    L’argument de l’allongement moyen de l’espérance de vie ne tient pas : en effet, l’espérance de vie en bonne santé est en train de baisser, notamment sous l‘effet de la détérioration des conditions de la retraite.
    L’UFAL rappelle que les projections démographiques à 40 ans ne reposent sur aucune hypothèse crédible et que les besoins de financement des régimes de retraites peuvent être couverts par l’évolution de la richesse nationale et de la productivité du travail. Selon le Conseil d’Orientation des Retraites, 2 à 5 points du Produit intérieur brut permettraient d’équilibrer les régimes de retraite. À l’horizon 2040, les plus de 60 ans représenteront 26 % de la population, consacrer 18 % de la richesse nationale au financement des retraites constitue un choix de société accessible et équitable.
    Pour l’UFAL, l’équilibre des régimes de retraite doit reposer sur deux piliers :

    • le dynamisme de l’emploi et des salaires ;
    • l’augmentation des cotisations sociales.

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    À court terme, l’UFAL réaffirme la nécessité de garantir la pérennité financière des régimes de retraite par répartition. Cela passe par :
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    • le déplafonnement intégral des cotisations d’assurance vieillesse ;
    • l’extension de l’assiette des cotisations sociales aux éléments de rémunération qui en sont actuellement exemptés (intéressement, participation, épargne salariale, stock options) ;
    • l’augmentation progressive des cotisations patronales affectées à la branche vieillesse.

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    L’UFAL entend être pleinement partie prenante du devenir de la sécurité sociale et de ses différentes branches, socle fondamental de notre République laïque et sociale, et défendra sa nature à la fois solidaire et intergénérationnelle. L’UFAL prendra toute sa part et toute sa place dans le débat en tant qu’organisation représentative des familles, toutes les familles, quelle que soit leur composition et condition.

    http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/rapport-moreau-lufal-denonce-une-nouvelle-reforme-des-retraites-qui-aggravera-les-conditions-de-vie-des-salaries-et-des-retraites/7558[/font][/color]
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    Re: Retraites

    Message par bye le Sam 14 Sep - 15:34

    Retraite : Hollande nous refait le coup de la panne !

    1993, 1995, 2003, 2010 et maintenant 2013, décidément depuis 20 ans quasiment tous les gouvernements ont voulu « sauver » nos retraites. Avec à chaque fois les mêmes recettes : reculer l’âge de départ et augmenter le nombre d’annuités. Pourtant sur ces mêmes 20 années, les allègements de charges ont eux explosés, pour atteindre 22,9 milliards d’euros en 2009. Soit les déficits cumulés du régime général des retraites et de la Sécurité Sociale ! Alors que ce pseudo-gouvernement de gauche parle de « ras-le-bol fiscal », le taux d’imposition moyen des entreprises est plus bas en France qu’aux Etats-Unis ou au Japon (source Le Monde)
    Une hausse de l’espérance de vie : pour qui ?
    Pire, c’est au moment où l’INSEE annonce que l’espérance de vie en bonne santé tend à diminuer en France (à peine 62 ans pour les hommes et 64 pour les femmes), qu’Hollande attaque à son tour les retraites en proposant de passer à 43 ans de cotisations et en maintenant à 62 ans l’âge de départ à la retraite. Acceptera-t-on d’être pressurés jusqu’au dernier souffle ?
    Trop de retraités, pas assez de cotisants ?
    C’est leur sempiternel argument, pourtant ce n’est pas en nombre de travailleurs qu’on doit raisonner mais bien en richesse produite. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30 % en euros constants. Cela signifie que 2 actifs d’aujourd’hui produisent quasiment autant de richesses que 3 actifs de 1983.
    Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils auraient dû contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires. C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites. Depuis 1982, les salaires ont perdu 8 à 10 points dans le partage de la richesse créée ! Si cette richesse n’avait pas été perdue par les salariés, on n’aurait aucun mal à financer aujourd’hui les retraites, compte tenu de la masse de cotisations supplémentaires que générerait une hausse de la masse salariale.
    Seul un mouvement social d’ampleur et une grève générale nous permettront d’envisager un nouveau partage des richesses pour exiger :
    - Age du départ à la retraite à taux plein à 60 ans
    - Retour aux 37,5 annuités
    - Indexation des pensions sur les salaires
    - Pas de pension inférieure au SMIC ! (réévalué à 1700 euros net)
    - Fusion de tous les systèmes de retraite complémentaire (Agirc-Arrco, RAGP, etc.) dans le régime de base, et remplacement de tout modèle contributif par points par un système à prestations définies
    - Harmonisation de tous les régimes par le haut afin de mettre fin au corporatisme
    - Refus des retraites par capitalisation
    - Exclusion du patronat des instances de gestion des organismes de solidarité
    - Gestion des organismes de solidarité par les salariés eux-mêmes.

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    Re: Retraites

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