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    les élections, l'économie et le monde

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    les élections, l'économie et le monde

    Message par bye le Lun 29 Déc - 16:45

    Noam Chomsky est professeur de linguistique à l'Institut technologique du Massachusetts depuis 'un demi-siècle et est l'auteur de plusieurs dizaines de livres sur la politique étrangère des Etats-unis,sur le rôle des intellectuels et sur la fonction des médias de masse.Au plan politique, définit lui-même comme un « anarchiste socialiste » (cf. Wikipedia). Il est interviewé ici par la journaliste Amy Goodman à l'occasion de son discours à Boston*.

    Amy Goodman. Le Président élu Obama et , son vice-président Ioe Biden ont tenu une conférence de presse à Chicago pour annoncer formellement la composition de leur équipe de conseillers économiques et leurs plans pour redresser l'économie. Mais, alors qu'Obama constitue son cabinet et se prépare à prendre les rênes après le président Bush, de nombreuses interrogations apparaissent à pro-pos du changement qu'il compte apportera à Washington et dans le monde.
    En effet, les progressistes qui ont supporté la candidature d'Obama et célébré sa victoire sont consternés de le voir faire appel à des personnalités telles que les principaux conseillers..de l'ère Clinton, des personnages qui soutinrent la dérégulation financière, des figures plutôt belliqueuses en matière de politique étrangère.
    Noam Chomsky: Commençons avec les élections. Le mot qui tourne dans la bouche de tout le monde est« historique ». Des élections historiques. Et je suis d'accord avec ça.C'était des élections historiques. Avoir une famille noire dans la Maison Blanche est un exploit important. Mais en fait c'est historique dans un sens plus large. Les deux candidats démocrates étalent un afro-américain et une femme. Deux exploits remarquables. Il y a encore quarante ans cela aurait été impensable.Donc, quelque chose s'est produite dans le pays depuis quarante ans.Et c'est le fait d'un activisme grandissant, très constructif dans les années soixante, qui eut d'importantes répercussions. On peut citer essentiellement le mouvement féministe, qui s'est développé particulièrement dans les années soixante-dix, et les mouvements de solidarité des années quatre-vingt jusqu'à aujourd'hui. Cet activisme a civilisé le pays.Le pays est beaucoup plus civilisé qu'il y a quarante IDS et des exploits historiques illustrent ce fait. Cela est une leçon aussi pour la suite.
    La suite dépendra de s'il se passera encore la même chose. Les changements et progrès sont très rarement des cadeaux venant d'en haut. Ils résultent des luttes qui les précèdent.
    Et la réponse à « et après? »dépend de gens comme vous. Personne d'autre ne peut y répondre. Ce n'est pas prévisible, en quelque sorte comme l'élection, qui fut surprenante à certains égards.
    Une première chose surprenante est que les élections ne furent pas une victoire écrasante, Avec les conditions qui existent aujourd'hui vous vous seriez attendus à ce que le parti d'opposition gagne haut la main. Le président en fonction depuis huit ans était si impopulaire que son propre parti ne pouvait mentionner son nom et prétendre s'opposer à sa politique. Il présida dans la période d'après-
    guerre où on observa les pires statistiques en termes d'emploi, de confort, de sécurité, etc.
    Quel que soit le sujet, tout ce que touchait l'administration tournait au désastre. Le pays atteint le plus bas niveau de vie qu'il n'ait jamais vu. Et en même temps l'économie faisait le plein. Aujourd'hui, plusieurs récessions sont en cours. Pas seulement celle qui fait la une, la récession financière, mais aussi une récession dans l'économie réelle, l'économie de production, pourrait-on dire. Et les gens le savent.Ainsi, 80 % de la population pense que le pays va dans la mauvaise direction. Environ 80 % pensent que le gouvernement ne travaille pas dans l'intérêt de la population, mais qu'il travaille pour les intérêts d'une minorité.
    Un renversant 94 % se plaint que le gouvernement ne porte pas attention aux souhaits de la population. Dans ces conditions; on aurait pu s'attendre à une victoire écrasante de l'opposition. Mais il n'en fut pas ainsi. .
    Alors on pourrait se demander pourquoi il n'y a pas eu une telle victoire. Pour certains la réponse est plutôt familière. Une fois de plus,les élections ont été relativement achetées. À la fois Obama et McCain ont trouvé le gros du
    financement de leur campagne grâce aux institutions, et en particulier pour Obama par des compagnies juridiques, ce qui signifie essentiellement des lobbies. L'étude du financement des campagnes a été après coup un bon moyen
    d'anticiper quelles seraient les politiques soutenues. Pour ceux d'entre vous qui seraient intéressés, il y a un très bon travail sur le sujet,réalisé par Tom Fergusson de l'université de Massachussetts Boston. Il analyse ce qu'il appelle les théories d'investissements des politiciens. Il explique essentiellement que les
    élections sont des moments où des groupes d'investisseurs s'unissent pour investir afin de contrôler l'État et que ces investisseurs sont pour beaucoup dans le succès de tel ou tel candidat. Cela permet de mieux appréhender ce qui risque d'arriver avec Obama.
    Par bien des aspects ces élections sont intéressantes et instructives. On peut encore les analyser sous l'angle du thème majeur de ces élections: la démocratie. Elles ont été décrites comme un extraordinaire déballage de démocratie, un miracle qui ne peut arriver qu'en Amérique, etc. Beaucoup plus qu'en Europe. Si
    on se focalise sur les pays de l'Ouest, c'est plu tôt vrai que ça n'aurait pu arriver nulle part ailleurs. L'Europe est beauçoup plus raciste que les États-Unis et on ne pourrait s'attendre à un tel résultat d'élection là-bas.
    D'un autre côté, si on regarde sur l'ensemble du monde, ce n'est pas si grandiose.
    Prenons par exemple les pays les plus pauvres dans l'hémisphère Ouest: Haïti et la Bolivie.En Haïti, il y a eu en 1990 une élection qui fut vraiment une extraordinaire démonstration de démocratie. Bien plus qu'ici aujourd'hui. En Haïti, il j un des mouvements' de base, des mouvements populaires qui se développèrent dans Ies quartiers pauvres pauvres et les collines, auxquels personne ne prêtait attention. Et ils se dèbrouillèrent, même sans ressources financières, pour hisser au pouvoir leur propre candidat: un prêtre populiste, Jean-Bertrand Aristide .Dans ce cas, on peut parler de victoire de la démocratie: quand les mouvements populaires peuvcnt s'organiser et définir leur programme, choisir leur• candidat et le mettre au pouvoir. Ce qui bien sûr, n'est pas ce qui s'est produit ici. Ce que je veux dire c'est qu'Obama a su rassembler un grand nombre de personnes très enthousiastes au sein de ce que la presse a appelé l'Armée d'Obama. Mais l'armée est supposée obéir aux instructions, et
    non pas introduire et développer des programmes puis choisir son propre candidat qui devra les mettre en œuvre. Si l'armée s'en tient à sa condition, rien de plus ne va changer. Si au contraire on s'inspire des activistes des
    années soixante, il peut y avoir beaucoup de changements. C'est un des choix qui doivent être faits. Pour Haïti, bien sûr, ça n'a pas duré très longtemps. Quelques mois plus tard, il y eut un coup d'État militaire, une période de terreur, on ne va pas tout détailler .... A présent, les traditionnels tortionnaires de Haiti
    France et les États-Unis, se sont assurés l'avenir il n'y ait plus de victoire de la démocratie ici.

    Prenons le second pays le plus pauvre: la Bolivie.Il y eut une élection en 2005 presque inimaginable dans les pays de l'Ouest:la personne élue était un indigène! C'est la population indigène la plus oppressée de cet hémisphère, parmi celles qui ont survécu jusqu'à aujourd'hui. Lui est un pauvre pavsan. Comment en est il arrivé là? Eh bien il y est arrivé parce qu'il y avait une fois de plus un
    mouvement populaire de masse qui a élu son propre représentant. En outre, les élections étaient juste un. événement particulier dans une longue continuation de lunes qui commençait bien avant et durerait bien après. Il arrive qu'un jour les gens mettent un bulletin dans ruine, mais ce n'est qu'un événement parmi d'autres dans les luttes populaires en cours. Quelques années auparavant, il y eut une lutte majeure contre la privatisation de l'eau. Un problème qui dans les faits allait priver d'eau potable une grande partie de la population. Et il Y eut une lutte sans merci.
    Beaucoup de personnes moururent, mais les indigènes gagnèrent. En partie grâce à la solidarité internationale, qui aida beaucoup. Et cette dynamique a continué. Puis vint l'élection de 2005. Une fois encore, des projets, des
    programmes sont développés et approuvés par des mouvements populaires de masse qui sélectionnent leur propre représentant dans leurs rangs pour qu'il porte leurs revendications. C'est tout à fait différent de ce qui se passe ici.
    Actuellement, ce qui est arrivé ici est compris par une élite. L'industrie des relations publiques, qui dirige les élections ici, s'assure de mettre les problèmes de côté et se focalise uniquement sur les personnalités et leurs caractères. Elle le fait pour de bonnes raisons: elle connaît les études d'opinions politiques ; elle sait parfaitement que, au milieu d'une foule de problèmes majeurs, les 2 partis n'apporteront pas de solutions très différentes.Aux yeux de la population, ils passeront tous 2 pour des partis de droite. C'est une bonne raison pour garder les problèmes à l'abri des discours des candidats.
    Ainsi, chaque année, l'industrie publicitaire donne-t--elle un prix à la meilleure campagne de marketing de l'année. Cette année, c'est Obama qui l'a gagné. Et c'est réellement œ qui s''est passé. Mais c'est aussi totalement différent de ce qui s'est passé dans une démocratie qui a fonctionné comme dans le cas de la Bolivie ou d'Haïti, si on omet le fait qu'elles furent écrasées. Remarquez bien que, pour chacun de ces cas, ce fut une extraordinaire démonstration de démocratie en action, bien plus que ce qu'on a pu voir ici,aussi important que cela ait pu nous paraître.Le problème est que nos élections, analysées par rapport à nos standards, semblent un miracle extraordinaire. Mais, face aux standards d'une démocratie effective, ça n'a rien d' un miracle! En fait il Y a une différence dans la théorie démocratique, dans la vision même la démocratie, qui sépare les États -Unis de la Bolivie ou d'Haïti.
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    les élections, l'économie et le monde ( suite )

    Message par bye le Lun 29 Déc - 18:57

    La question est qu'est-Ce qu'une démocratie est supposée être? C'est clairement un débat qui renvoie à notre convention constitutionnelle. Dans les dernières années du XX" siècle, ç'a été plutôt bien expliqué par des personnages importants. D'un point de vue libéral, progressiste, l'intellectuel majeur du XX" siècle fut Walter Uppman. Un progressiste à la Wilson, Roosevelt ou Kennedy. Beaucoup de son travail a porté sur une théorie démocratique et il était plutôt franc à ce sujet.Sa position n'est pas si différente de celle de James Madison. En gros, il dit que dans une démocratie, la population a un rôle. Son rôle est d'être spectateur, pas participant. Il n'appelle d'ailleurs pas ça la population. Il appelle ça les ignorants et indiscrets observateurs . Les ignorants et indiscrets observateurs ont le rôle dee regarder ce qui se passe, à l'occasion de mettre un bulletin dans l'urne, et puis de rentrer à la maison. Quant aux vrais participants, ce ne sont pas la population. C' est nous, nous les privilégiés, nous les personnes intelligentes! Voilà une autre conception de la démocratie. Comme on l'a vu dans les sondages que j'ai cités, la population très souvent n'accepte pas ce rôle qu'on voudrait lui imposer. Mais ils sont atomisés, séparés, Beaucoup d'entre eux se sentent sans espoir, désorganisés, et pensent qu'ils ne peuvent rien y faire. Alors ils baissent les bras. Et c'est là que tout s'arrête.
    Dans une démocratie effective, comme cité en Bolivie où aux États:Unis dans des périodes plus anciennes, il y eut des mouvements pour la faire vivre. c'est pourquoi nous avons eu les programmes du New Deal ou de la Great Society. En fait à propos de toute avancée, droit des femmes, abolition de l'esclavage, remontez aussi loin que vous le voulez, rien n'est jamais arrivé comme un cadeau. Et ça ne sera pas plus le cas dans le futur. Les journalistes sont très
    conscients de cela. Ils ne le disent pas de la façon que je le fais, mais si vous lisez la presse, cela ressort: Prenez le plus à gauche des journaux locaux, le Boston Globe!, qui a passé juste après les élections une histoire en une sur
    comment Obama a développé une merveilleuse armée.de base à qui il ne devait rien.
    Ce qui est supposé être une bonne chose. Il est libre de faire ce qu'il veut parce qu'il ne doit rien à personne. Ce ne sont pas les canaux démocrates habituels (travailleurs, femmes, minorités, etc.) qui l'ont élu, donc il ne leur
    doit rien.

    _Nous avons donc eu affaire à une armée qu 'Obama a constituée avec des gens qui faisaient de la publicité pour lui. C'est ce que la presse a appelé la marque Obama. En ce sens , on voit que que presse était sur la même longueur d'ondes que les publicitaires. Cette armée était mobilisée pour le faire élire. Les gens ont vu ça comme une bonne chose, suivant les conceptions démocratiques de Lippmann: les ignorants et indiscrets observateurs sont supposés faire ce qu'on leur dit et ensuite rentrer chez eux.

    À l'opposé du spectre politique, le Wall Street ]oumaP a également fait un article sur le même sujet, paru à peu près au même 'moment. Il parle de l'énorme armée populaire qui a battu campagne et qui maintenant attend
    les ordres. Qu'est-ce qu'elle devrait faire ensuite pour coller à l'agenda d'Obama ?
    N'importe quoi. Mais, quoi que ce soit, l'armée est supposée attendre les instructions puis exécuter. Le Los Angeles Times a passé des articles
    similaires, tout comme dans bien d'autres journaux. Ce que ces journalistes n'ont pas l'air de réaliser.est que ce qu'ils décrivent, l'esprit de ce qu'ils décrivent, c'est la dictature, pas la démocratie. Ou peut-être celle de Lippman - je le cite lui parce qu'il est très connu, mais c'est une position standard. Du moins ici, mais pas dans les pays du Sud, où les mouvements populaires de masse développent des programmes, s'organisent pour prendre part aux élections, â l'inténeur d'un
    processus continue de lutte, et élisent quelqu'un de leur camp pour appliquer leur programme. Voilà une autre forme de démocratie.
    Alors c'est à nous de choisir quel type de démocratie nous voulons. Et encore une fois cela déterminera ce qu'il adviendra après.

    Alors pouvons-nous anticiper si l'armée populaire, l'armée de base, décidera de continuer à jouer le rôle de spectateur ou prendra-t-elle celui de participant? il y a deux façons de répondre. il y a la rhétorique et il y. a l'action. La rhétorique, comme vous le savez, est très exaltante. Changement. espoir, etc. Le
    changement était très réfléchi. N'importe quel cadre de parti qui a lu les sondages, dont ceux que j'ai cités, a compris dans l'instant que notre thème pour les élections était le changement. Les gens en avaient marre de ce qui se
    passaient. Alors le thème choisi fut le changement. En fait, les deux partis choisirent ce même thème : rupture avec le passé, fin des vieux politiciens, de nouvelles choses vont se produire, etc. La campagne Obama fut la meilleure et gagna ainsi la récompense du marketing, pas la campagne de McCain.

    Et notez au passage que les institutions qui dirigent les élections, l'industrie des relations publiques, les publicitaires, ont eu un rôle majeur de promotion commercial. Car vendre un candidat est une sorte de règle sous-entendue. Dans le monde de la promotion, tout ceux qui ont déjà regardé un programme télé
    savent que la publicité ne propose pas de fournir de l'information sur un produit. Je n'ai pas besoin d'approfondir ce sujet, c'est évident. Le but de la publicité est de distraire les gens avec de l'imaginaire, vous savez, des contes de joueurs de foot, des actrices sexy, conduire une voiture sur la Lune, des choses comme ça. Mais ce n'est œrtainement pas d'informer les gens. Au contraire, c'est plutôt de garder les gens désinformés.

    Le but de la publicité est de créer des consommateurs désinformés qui feront des
    choix irrationnels. Ceux parmi vous qui souffrent dans des études d'économie savent que marchés sont supposés être basés sur des consommateurs informés faisant des choix rationnels. Mais l'industrie dépense des centaines de millions de dollars chaque année pour fausser les marchés et s'assurer d'avoir des consommateurs désinformés faisant des choix irrationnels. Et, quand ils se mettent à vendre un candidat, ils font exactement la même chose. Ils veulent des consommateurs désinformés, des électeurs non informés qui
    es choix irrationnels, fondés sur le succès de l'illusion, la diffamation, le langage du corps ,ou n'importe quoi d'autre supposé être important. Et c'est ainsi que vous faussez la démocratie plus ou moins de la même façon que vous faussez les marchés. C'est la nature ces élections lorsqu'elles sont dirigées par le monde des affaires, et on s'attend que ce soit comme ça. Il ne devrait pas y avoir de surprise
    à ce niveau. Et il devrait en résulter que le candidat élu ne doit rien à personne. Vous voyez donc que la marque Obama peut être ce qu'ils décident qu' elle est, pas ce que la population décide qu'elle devrait être. Je dirai, en aparté, que cela est peut-être un véritable exemple du slogan, très familier et habituellement vidé de son sens, du choc des civilisations. Peut-être qu'il y vraiment un choc, mais il n'est pas du genre dont on parle d'habitude.

    Alors revenons aux preuves que nous cherchons: rhétorique et action. On connaît la rhétorique, mais qu'en est-il pour l'action? Jusqu'à présent l'action majeure est la sélection par le président de son équipe qui va mettre en œuvre la marque Obama. Le premier choix fut le vice-président, Joe Biden, un des plus fervents supporters de la guerre en Iraq devant le Sénat, un intime de longue date de Washington, déviant rarement des consignes de vote du parti. Le choix de Biden est un acte délibéré de mépris pour les gens qui ont voté pour Obarna, surtout ceux qui l'ont soutenu comme le candidat antiguerre.

    Ensuite, le premier rendez-vous post-élection est pour choisir le chef de cabinet, rendez-vous crucial qui détermine une large partie de l'agenda du président. Le choix se porta sur Rahm Emanuel, un des plus importants supporters de la guerre en Iraq au gouvernement. Et lui aussi un intime de longue date de Washington.Il est également un des principaux leveurs de fonds des institutions financières au Congrès et lui-même est trader.
    C'est son cursus. Et c'est le chef de cabinet.

    Les rendez-vous suivants concernaient le premier problème important auquel le gouvernement devrait faire face: la crise fmancière. Le choix d'Obama a été de s'entourer de Robert Rubin et Larry Summer pour s'attaquer à ce' problème. Ces deux personnes étaient secrétaires au Trésor sous Clinton. Elles sont parmi les personnes les plus largement responsables de la crise. Dean Baker, un économiste majeur, un des rares qui ont vu juste en prévoyant la crise, remarqua que sélectionner ces deux individus revenait à sélectionner Ben Laden pour diriger la guerre contre le terrorisme!

    Je vais en finir avec les élections. Laissez moi faire un dernier commentaire à ce propos. Le 7 novembre, Obama convoqua une réunion d'Un groupe de conseillers pour parler de ,la crise financière. Des revues de presse sur la carrière des ces personnes furent éditées.
    Dans Bloomberg News il y eut un article mettant en lumière le parcours de ces conseillers. L'article conclut que, pour la plupart de ces personnes, on ne devrait pas leur demander de 'conseils en économie - on devrait leur demander une assignation en justice! Une grande partie d'entre elles étaient impliquées
    d'une façon ou d'une autre dans des fraudes financières, y compris Ralun Emanuel. Quelle raison peut nous pousser à croire que les per-
    sonnes qui ont créé la crise sont les mêmes qui vont nous en débàrrasser?

    Voilà, j'ai donné quelques pistes pour essayer d'anticiper ce qui risque d'arriver, au moins en termes d'action. Vous pouvez essayer d'approfondir. Demandez-vous ce que vous vous attendez à voir dans' un cas pareil. Il y a des réponses dans les déclarations du site web d'Obama, Je ne mentionnerai qu'une chose à
    propos de ce site, qui donnera d'autres pistes sur l'avenir: parmi les problèmes cruciaux qui pointent à l'horizon il y a l'Afghanistan et le Pakistan. C'est plutôt très sérieux. Jetez un œil sur le site web d'Obama, dans la section politiq ue étrangère. Ces noms n'apparaissent même pas. Ce que ça veut dire une fois de
    plus? Nous sommes supposés être des ignorants et indiscrets observateurs. Nous ne sommes pas supposés savoir ce qu'est la marque Obama. Voilà comment vous pouvez en savoir plus. Je m'arrête là. Maintenant c'est à vous de continuer.


    Le Monde Libertaire

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