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    Conditions de travail

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    Conditions de travail

    Message par admin le Lun 26 Nov - 1:01

    « Travaillez plus pour gagnez plus », qu’en pensez-vous ? Est-ce une solution contre le chômage ? Quelles conséquences ont, pour vous, l’instauration des 35 heures ? Le stress a-t-il augmenté dans votre travail ? La pression psychique due au travail est-elle compréhensible et acceptable ? Selon vous, comment pourrait-on éviter que des salariés se suicident ? Sont-ils suffisamment écoutés et accompagnés ?

    admin
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    Re: Conditions de travail

    Message par admin le Mer 5 Déc - 12:33

    Rabasse du sud a écrit:Un texte qui nous interpelle au coeur même de notre actualité... A déguster sans modération!

    173. Les apologistes du travail.

    Dans la glorification du «travail», dans les infatigables discours sur la «bénédiction» du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail — on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir —, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême.


    Nietzsche, Aurore, livre troisième ; aphorisme 173.

    Si je vous invite à relire la dernière phrase de ce texte, vous vous rendrez compte que ça craint un max! vous voyez la divinité suprême règne et la sécurité toujours un cheval de bataille dans notre france politique!
    à méditer donc.......
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    Re: Conditions de travail

    Message par Ego autem semper le Mer 5 Déc - 15:02

    Excellent! Il faut lire beaucoup pour enrichir son esprit, il faut surtout, grandir en tant qu'humain, j'ai prends énormément de plaisir lors de ce genre de lectures, puis cela vienne de Nietzsche, ni plus ni moins, signe que la philosophie c'est quelque chose.

    Merci encore
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    Ego autem semper

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    Re: Conditions de travail

    Message par Ego autem semper le Mer 5 Déc - 15:21

    La volonté du patronat en compagnie avec le gouvernement se traduit par l'affaiblissement du code du travail: qui reste nécessairement synonyme d'accroissement de la précarisation des classes moins favorisées.

    Jusqu'à là, rien d'inquiétant, puisqu'il est normal que le patronat veuille, réduire à sa plus simple expression le coût de la production.

    Là ou le bas blesse, est dans la position des travailleurs, et je pointe sur sa représentation, attention à ne pas faire nécessairement amalgame entre syndicalisme et leaders ou porte parole des travailleurs; au risque d'stigmatiser le syndicalisme comment néfaste pour la société.

    Je crains en permanence, de ne pas me faire comprendre, mais une chose reste certaine, la tendance à concentration de richesses, implique l'appauvrissement d'une partie de la population; cela va à l'encontre du pouvoir d'achat, et que je sache c'est la consommation des ménages qui reste à la base de toute économie. La société entre dans une spirale : chômage, misère, violence dans le sens le plus large; symptôme d'un empire en déclin.

    Il y ici pour faire court deux problèmes l'autisme des leaders de la politique; et l'immobilisme de la classe ouvrière; un mélange très dangereux pour l'avenir de la société.
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    Re: Conditions de travail

    Message par Rabasse du sud le Mer 5 Déc - 15:56

    oui c'est peu cela, le patronat avec Parisot en tête, remet en question les 35 heures, les charges patronales et salariales, celles que chaque salariés payent dans le fruit de leur travail, les notions de rentabilité ( la productivité française est la meilleure au monde).

    Le revenu actuel médian est de 1500 euros, mais n'oublions que cela est une moyenne. En fait, 70% de salarié touche moins de 1300 euro et dans ces 70% 50% touche le smic. Pour les 25% restant, 5% touche plus de 150000. Ce qui signifie qu'un fort pourcentage de la population travailleuse à temps plein est aujourd'hui dans une situation précaire. On travail pour survivre, c'est terrible! curieusement peu de salarié sont syndicalisés. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres et les pauvres n'ont rien à perdre.
    les politiques ne sont pas autiste, au contraire, ils ont très bien compris les intérêts qu'ils en retirent! et sont de mèche avec leurs amis industiels, de par les actions, les exemples sont multiples....
    Quand à l'avenir de la société, la nature réagit à ce qu'on lui fait subir. Le réchauffement climatique induit des réactions économiquement à l'inverse du bon sens. Déjà l'immigration est forcée, les plantations pour les argros carburants sont très excessifs, les pollutions........
    Ce qu'il ne faut pas oublier c'est que si le gouvernement continu sa dictature, la guerre civile sera en marche!

    nannou
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    ca sert a rien

    Message par nannou le Jeu 21 Fév - 1:56

    ca sert a rien de gueuler
    ca sert a rien de se plaindre
    ca sert a rien de pleurer

    soit tu te sindics soit tu la fermes tout simplement
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    Rabasse du sud

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    Re: Conditions de travail

    Message par Rabasse du sud le Jeu 21 Fév - 12:26

    nannou a écrit:ca sert a rien de gueuler
    ca sert a rien de se plaindre
    ca sert a rien de pleurer

    soit tu te sindics soit tu la fermes tout simplement

    ca sert à rien d'être mou, nannou!
    ca sert d'être syndiqué, nénné!

    c'est pas demain la veille que je vais la fermer, au contraire ! JE L'OUVRE ! tout simplement !

    on attend tes propositions !
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    Re: Conditions de travail

    Message par ecotone le Jeu 21 Fév - 15:11

    nannou a écrit:ca sert a rien de gueuler
    ca sert a rien de se plaindre
    ca sert a rien de pleurer

    soit tu te sindics soit tu la fermes tout simplement

    C'est vrai ça! Tu devrais t'appliquer ton bon conseil, charité bien ordonée commence par soi-même.....
    Sinon, tu la F...... tout simplement.

    Si tu préfères te soumettre, c'est ton problème, ne nous demande pas de nous soumettre, comme toi, pour venir vociférer ici, tu ne fais pas avancer le débat!

    Et à part, ni gueuler, ni te plaindre, ni pleurer, tu fais quoi dans ta vie?

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    Manifestation contre la pénibilité du travail

    Message par admin le Jeu 6 Mar - 22:01

    Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à l’appel de la CGT devant le siège du Medef à Paris cet après-midi, où se tenait l’avant-dernière séance de négociation syndicats-patronat sur la pénibilité du travail.

    1500 personnes selon les organisateurs, 400 selon la police. Ce sont, en tout cas, plusieurs centaines de personnes qui ont répondu à l’appel de la CGT cet après-midi. Il s’agissait pour elles de faire monter la pression à l’intérieur du bâtiment, où syndicats et patronat étaient réunis pour une négociation qui patine.

    Dans le cortège, des salariés du groupe de BTP Eiffage, de Manpower, d’Alstom. Selon la CGT, d’autres manifestations auraient eu lieu à Bordeaux, Nantes et Marseille.

    En ouverture de séance, le patronat a proposé un état des lieux de la pénibilité, pour savoir combien de salariés sont touchés par le phénomène et seraient susceptibles de rentrer dans un dispositif de temps partiel spécifique en fin de carrière : “Si certains critères peuvent dès à présent être discutés entre nous, tels que la durée d’activité salariée, ou l’âge d’accès au dispositif, par exemple, d’autres, tels que la définition des critères de pénibilité mériteraient d’être confiée à un groupe de travail paritaire, qui aurait pour mission de préciser leur contenu”, explique un communiqué.

    Mécontents de cette proposition, les syndicats ont décidé d’une nouvelle réunion le 21 avril, alors que cette négociation devait normalement se terminer le 25 mars.

    Une autre manifestation est prévue le 29 mars, à l’occasion d’un rassemblement inter-professionnel au sujet des retraites.
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    bye
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 6 Mar - 22:35

    Oui, nous étions un certain nombre également mardi 4 mars devant les portes du MEDEF de Rouen, avec des salariés d'EDF-GDF, SNCF, Communaux, .. Shell et d'autres entreprises privées pour manifester notre impatience à voir conclure de la meilleure manière qui soit, un accord au bénéfice des catégories de personnel ayant dû supporter des conditions de travail pénible.

    Cette négociation dure depuis trois ans. A l'approche du rendez-vous sur les retraites avec le gouvernement, CGT et CFTC ont haussé le ton cette semaine, la première pour reprocher à la majorité "son inertie" depuis 2003, la CFTC pour dénoncer l'"immaturité" du Medef.
    "Les partenaires sociaux ont eu le sentiment, tout à fait à tort, que la partie patronale mettait en cause le fait qu'il y avait des différences d'espérance de vie selon les catégories de salariés. Ce n'est pas en cause, il suffit de regarder les statistiques pour constater que c'est une réalité", a ajouté Michel de Virville.
    Concernant un mécanisme qui permettrait de “caractériser les situations pénibles qui ouvrent droit au système", il a évoqué un "atterrissage possible".
    En revanche, il a rejeté par avance, et sans donner de détail, un système de bonus/malus pour augmenter l'emploi des seniors dans les entreprises, suggéré récemment par le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

    Cet accord pourrait donc permettre une amélioration du départ programmé de certains salariés; et, comme par hasard, les négociations traînent.De plus, le gouvernement n'a pas jugé bon d'adresser un ultitatum pour que cet accord débouche rapidement. Etonnant, non ?
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    Re: Conditions de travail

    Message par ecotone le Mar 25 Mar - 13:37

    PENIBILITE AU TRAVAIL
    Réunion de la dernière chance aujourd'hui

    NOUVELOBS.COM | 25.03.2008 | 07:47
    1 réaction
    Patronat et syndicats vont tenter de sauver la négociation sur la pénibilité du travail, qui depuis son lancement il y a trois ans, semble effectuer "un retour en arrière", selon les syndicats.









    Aquelques jours du début de la concertation sur les retraites, patronat et syndicats vont tenter mardi 25 mars de sauver la négociation sur la pénibilité au travail, lors d'une réunion qui s'annonce pour les syndicats comme celle de la dernière chance.


    Une négociation qui s'enlise

    En effet, trois ans après son lancement, la négociation semble s'enliser et même effectuer "un retour en arrière" selon les syndicats. La dernière proposition patronale a consisté à entamer un état des lieux des salariés susceptibles d'être concernés par la mise en place d'un dispositif de départ anticipé à la retraite, s'ils ont été exposés à de trop fortes pénibilités (charges lourdes, environnement agressif, etc).
    "On n'a plus le droit d'être optimiste dans une négociation qui a pris cette trajectoire et ce rythme", reconnaît Jean-Louis Malys (CFDT), mais "on y va avec entêtement et volontarisme".
    Théoriquement, une seule et dernière réunion est prévue le 21 avril, mais certains syndicats n'excluent pas de poursuivre, si la réunion de mardi "s'engage sur la bonne trajectoire. Sinon, le 21 avril sera l'enterrement de cette négociation", explique la CFDT.

    Critères de pénibilité

    Lors de la réunion de mardi, les partenaires sociaux doivent notamment essayer de se mettre d'accord sur les critères de pénibilité. Concrètement, ils doivent déterminer par exemple à partir de quels degrés de décibels et de quelle durée, une nuisance sonore peut être considérée comme pénible, et donc permettre peut-être une cessation d'activité précoce.
    Les critères de pénibilité sont regroupés en trois groupes : contraintes physiques (charges, postures, vibration), environnement (toxiques, températures extrêmes, bruits, poussières et fumées, intempéries), rythmes de travail (travail de nuit, en alternance, déplacements fréquents).
    Statistiquement, un ouvrier, plus exposé à ces nuisances, connaît une espérance de vie plus courte que les autres catégories professionnelles.
    "On va voir si le patronat fait des propositions qui vont dans le bon sens", précise Jean-Louis Malys, qui souhaite notamment que le Medef "indique explicitement qu'il y aura une cessation anticipée d'activité" pour les salariés exposés à de fortes pénibilités.
    Le patronat a en effet changé d'avis à plusieurs reprises sur la question. Après en avoir accepté le principe, il avait proposé début février un mi-temps en fin de carrière, dénoncé par les syndicats comme "un recul".

    "Problème de crédibilité"

    Lors de la dernière réunion, début mars, le chef de file du Medef, François-Xavier Clédat, avait finalement évoqué trois dispositifs possibles, en fonction des pénibilités subies : "allègement de la charge de travail" (mi-temps ou temps partiels), départ anticipé (mais seulement pour une "fraction" de salariés), ou un mélange des deux.
    Michelle Biaggi, de FO estime qu'il est "urgent qu'on avance" et "qu'on n'a pas fait grand-chose en trois ans". Pour elle, "si le patronat revient avec un accord de cessation anticipée d'activité et qu'il est acceptable pour tout le monde, on peut signer tout de suite".
    A deux jours du début de la concertation sur les retraites entre le gouvernement et les partenaires sociaux, Danièle Karniewicz (CFE-CGC) se dit elle aussi "un peu sceptique à l'heure actuelle" sur la suite de la négociation, jugeant que "tous les facteurs sont là pour que l'Etat s'en mêle".
    De son côté Jean-Christophe Le Duigou (CGT) se demande "si le Medef utilise cette négociation comme moyen de contourner l'exigence de la mise en place d'un système "pénibilité", ou s'il veut vraiment aboutir".
    Il y a selon lui "un problème de crédibilité vis-à-vis des salariés", et les partenaires sociaux doivent accélérer, en se réunissant par exemple "une fois par semaine, de manière à pouvoir présenter un projet au gouvernement".
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/20080325.OBS6491/reunion_de_la_derniere_chance_aujourdhui.html


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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 5 Juin - 15:41

    Sujet : Durée du travail en France, un mensonge d'Etat


    pour info

    Durée du travail : apparences et réalités
    France et autres pays



    Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et 36,3 heures pour l'ensemble des emplois. Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l'ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis (Usa) et dans plusieurs pays en Europe.

    Durée du travail en France

    A l'encontre d'une idée répandue mais fallacieuse, les français ne travaillent pas 35 h par semaine alors que les citoyens d'autres pays travailleraient beaucoup plus. L'horaire officiel, légal ou conventionnel, n'est pas la réalité des entreprises et des travailleurs. En France, trois notions bien différentes expriment la durée hebdomadaire du travail :
    · la durée légale de 35 heures des lois de 1998 et 2000, applicables en 2000 et 2002,
    · la durée affichée par les entreprise, durée théorique mesurée par les enquêtes Acemo,
    · la durée effective (réelle) de travail, mesurée par les enquêtes emploi de l'Insee.

    La durée légale est simplement une durée de principe et sert à fixer le point de départ des heures supplémentaires, lorsque celles-ci sont rémunérées. Trop souvent, celles-ci ne sont pas payées et des salariés sont licenciés pour simplement demander le respect de leurs droits - le CNE arrange bien les employeurs malhonnêtes à cet égard.

    La durée affichée constitue la durée de principe de l'entreprise ou de l'établissement et peut différer selon les services (production, administration ...). La durée affichée concerne les salariés à temps complet. Cette durée collective (ou offerte), affichée sur les lieux de travail, comprend les heures supplémentaires faites de façon habituelle (exemple : l'horaire d'une entreprise est resté à 39 h par semaine). Mais bien souvent, la réponse des entreprises à l'enquête Acemo est d'indiquer l'horaire légal (35h) sans se préoccuper de la réalité de l'entreprise. Cette enquête (Activité et conditions d'emploi de la main-d'ouvre) porte sur les salariés des secteurs concurrentiels (hors agriculture, sylviculture, pêche, éducation, santé, action sociale et administration) des entreprises de 10 salariés et plus.

    La durée effective (réelle) est la durée de travail effectuée en tenant compte de l'ensemble des heures travaillées, normales et supplémentaires (payées ou non), pendant une semaine représentative de l'emploi (ou une semaine moyenne en cas d'horaires variables). Depuis plusieurs années, la durée effective dépasse la durée affichée de trois heures environ par semaine (emplois à temps complet). L'enquête emploi de l'Insee indique la durée effective des emplois à plein temps, celle des emplois à temps partiel et la proportion d'emplois à temps partiel dans l'ensemble des emplois.

    La durée moyenne de l'ensemble des emplois est obtenue à partir de la durée effective des emplois à temps plein et à temps partiel, en multipliant chacune de ces durées par la proportion de chacun de ces emplois dans l'emploi total.


    Durée du travail en France, en heures par semaine
    durée temps complet durée temps partiel durée ensemble taux emplois temps partiel durée affichée
    2001 38,3 h 23,3 h 35,8 h 16,4 % 36,1 h
    2002 37,7 h 23,0 h 35,3 h 16,2 % 35,9 h
    2003 38,8 h 23,2 h 36,2 h 16,5 % 35,8 h
    2004 38,9 h 23,0 h 36,3 h 16,6 % 35,6 h
    2005 39,0 h 23,2 h 36,3 h 17,2 % 35,7 h

    Durée effective du travail (temps complet, temps partiel, moyen) et durée affichée.
    Durée affichée : entreprises de 10 salariés et plus (une heure de plus pour 1 à 9)

    Sources : Insee : enquêtes emploi - Dares : enquêtes Acemo (années citées)






    Durée du travail dans d'autres pays

    Selon les pays, la durée officielle de l'emploi à temps complet est fixée par la loi ou par les conventions collectives. Par exemple, elle est de :
    - 37 heures au Danemark (conventions collectives),
    - 38 heures aux Pays-Bas depuis 1982 (loi) et 36 heures pour la moitié des salariés (conventions collectives),


    Durée effective du travail par semaine dans différents pays

    Pays Ensemble des
    emplois Emplois à
    temps plein Emplois à
    temps partiel Taux de
    temps partiel Année
    France 36,3 h 39,0 h 23,2 h 17,2 % 2005
    Allemagne 33,6 h 2005
    Danemark 35,1 h 21,6 %
    2005
    Espagne 33,2 h 35,5 h 16,4 h 12,4 % 2005
    Grande Bretagne 31,7 h 37,2 h 15,7 h 25,5 % 2005
    Italie 36,2 h 12,7 % 2004
    Pays-Bas 29,2 h 36,9 h 18,9 h 44,0 % 2005
    Suède 36,1 h / 30,1 h 20,3 % 2004
    Usa 33,8 h 2005


    Sources :
    France : Insee (insee.fr) - Enquête emploi 2005 - IP1070
    Allemagne: Statistisches Deutschland (destatis.de) Statistische Jahrbuch 2006 - Arbeitsmarkt 3.7 Wochenarbeitsstunden
    Danemark : Statistics Denmark (dst.dk - statbank.dk) séries atr1 - aku10
    Espagne : Instituto Estadistica (ines.es) - Population active, séries 1.4 - 3.79 - 3.80
    Grande Bretagne : National statistics (statistics.gov.uk) Labour market, séries ybuy - ycbe - ybvb - ycbh
    Italie : Istituto di statistica (istat.it) - Annuario statistico 2005 - Lavoro - Ore effettivamente lavorate
    Pays-Bas : Centraal Bureau voor de Statistiek (cbs.nl) Statline : arbeidsduur
    Suède : Statistiska centralbyran (Statistics Sweden) (scb.se) Statistical yearbook 2006, tableaux 329 et 337 - Women and men in Sweden 2004
    Usa : Bureau of labor statistics (bls.gov/ces) table B-2 Average hours and earnings (empsit_ceseeb2)

    Observations :
    Danemark : Hommes : 37,8 h - Femmes : 32,1 h - Ensemble : 35,1 h. Dans le Statistical yearbook 2006 - (4) Labour market, la table 140 indique une durée usuelle de 38,5 h (H) - 32,5 h (F) - 35,7 h (H+F) et une durée réelle de 33,6 h (H) - 26,4 h (F) - 30,2 h (H+F)
    Grande Bretagne : 31,74 heures à partir des séries (statbase) ybuy - ycbe (temps plein) et ybvb - ycbh (temps partiel) et 32,1 heures à partir des séries ybus - mgrz ou selon la série ybuv
    Italie : 36,0 h pour les salariés (71,9 % des emplois) et 36,7 h pour les indépendants (28,1 % des emplois)
    Pays-Bas : Durée du travail > Hommes : 33,29 heures - Femmes : 24,2 heures - Ensemble : 29,22 heures - Temps partiel > Hommes : 20,1 % - Femmes : 73,1 % - Ensemble : 44,0 % - Temps partiel inférieur à 12 heures par semaine > Hommes : 6,8 % - Femmes : 16,4 % - Ensemble : 11,1 %
    Suède : En 2004, le nombre d'heures travaillées est de 126.700.000 par semaine, pour 4.213.000 personnes ayant un emploi, dont 3.508.000 réellement au travail. La durée hebdomadaire du travail est ainsi de 30,07 h pour les personnes ayant un emploi et 36,12 h pour celles qui travaillent réellement.
    Usa : Le nombre d'heures travaillées par semaine est de 33,8 heures pour l'ensemble des emplois et de 25,7 h à 41,1 h selon les secteurs d'activité (exception de 45,6 h du secteur minier : 0,5 % des emplois)

    La durée des congés payés est de cinq semaines, parfois six (conventions collectives) dans les pays européens cités, la loi indiquant quatre ou cinq semaines selon les pays. Aux Etats-Unis, la durée est de trois semaines (ou plus selon les branches d'activité ou les entreprises).

    Voir aussi les articles consacrés à la Grande Bretagne et au Danemark, sur le même site, en particulier :
    Durée du travail : 32 heures en Angleterre et Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite






    Durée du travail, productivité du travail et chômage

    Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1965-1980, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité ou en préretraite (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark ...).
    En France, de 1997 à 2003, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l'ensemble de l'activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d'emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d'emplois entre secteurs d'activité, le nombre d'emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage officiel aurait disparu et le chômage réel aurait beaucoup diminué.
    Voir l'article Gains de productivité du travail - 1997-2003






    Trois choses essentielles

    Dans tous les pays, un chômage réel très important (15 à 20 % selon les pays, en grande partie caché) s'est installé avec le libéralisme économique, la disparition du contrôle des mouvements de capitaux et de celui des mouvements de marchandises, la perte de souveraineté sur la monnaie, que les gouvernements soient de droite ou de gauche.
    Trois choses essentielles sont à faire pour recréer un réel plein emploi (pas le 5 % de chômage prétendu structurel) en France et pour permettre à une politique keynésienne de relance économique par la consommation des ménages d'être efficace :
    - réduire de façon importante la durée effective du travail, en prenant soin de réaliser une formation de grande ampleur dans certains métiers (santé, construction ...),
    - transférer une part importante ou la totalité des cotisations sociales (employeurs et salariés) sur l'impôt et la Tva sociale (à laquelle contribueront les produits importés),
    - rétablir les frontières économiques afin d'éviter la destruction de notre tissu industriel par le "dumping" des pays à très bas coût de main-d'oeuvre (droits de douane et quotas) y compris avec les pays d'Europe à 15, à 25 ou à 27.







    Graphiques


    Durée du travail : apparente, à temps complet, à temps partiel, moyenne
    agrandir l'image


    Durée affichée du travail (apparente) de 1946 à 2004
    agrandir l'image



    Ce texte est de 2006 Pour imprimer le texte d'origine, ouvrir le fichier durée du travail




    --------------------------------------------------------------------------------


    La croissance ne crée pas d'emploi
    Des mythes autour de l'emploi
    Evolution de l'emploi en France : 2002 - 2007
    Cinq ans d'emploi du secteur privé en France : 2001-2005

    La population active de 2005 à 2050 et 1995 à 2040
    Gaulois et Goths chez les Grands-Bretons
    --------------------------------------------------------------------------------
    Grande Bretagne
    Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans
    Durée du travail : 32 heures en Angleterre
    Le modèle libéral britannique : emploi et chômage

    --------------------------------------------------------------------------------
    Danemark
    Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite
    Le modèle danois : beaucoup d'emplois publics
    --------------------------------------------------------------------------------
    Usa - Etats-Unis
    Travail : 34 heures par semaine aux Etats-Unis

    --------------------------------------------------------------------------------
    --------------------------------------------------------------------

    Adresse du site : http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm




    --------------------------------------------------------------------------------


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    sam

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    Re: Conditions de travail

    Message par sam le Ven 6 Juin - 14:05

    Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et 36,3 heures pour l'ensemble des emplois. Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l'ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis (Usa) et dans plusieurs pays en Europe.

    ...

    Edifiant!! et moi qui croyait qu'en France on travaillait beaucoup moins!
    Merci pour ce rappel, Bye, qui montre bien encore une fois, qu'on peut faire dire ce qu'on veut aux chiffres pour arriver à ses fins.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 12 Juin - 16:03

    Les Français ne travailleraient pas assez… Info ou intox ?

    .
    Depuis la présidentielle, ça tire tous azimuts. Il faudrait “réhabiliter la valeur travail”, renoncer à l’aberration des 35 heures, penser à chercher un boulot quand on est au chômage, être plus productifs… En bref, on se la coulerait douce dans l’Hexagone. Faux, répondent deux spécialistes (on en a pris deux pour être sûrs), respectivement inspecteur du travail et chercheur en économie, dans deux petits essais pas chers et forts utiles ces temps-ci. Démonstration, chiffres à l’appui.



    La France qui se lève tôt a des bleus à l'âme. Voilà qu'on lui répète sans cesse que les Français ne bossent pas assez. Cette idée s’est durablement installée dans le débat public depuis la dernière campagne présidentielle.
    Les projets de loi sur la durée du travail ou sur les « droits et obligations des chômeurs » sont tous présentés par le gouvernement comme une façon de « réhabiliter la valeur travail ». En version sous titrée, de remettre au turbin les planqués et d'assouplir le code du travail.
    Cette France qui se la coule douce est-elle une idée reçue ou une réalité ?
    Deux économistes répondent dans des essais polémiques : Salariés si vous saviez est signé par l’inspecteur du travail et militant socialiste Gérard Filoche ; Sarkonomics est un court pamphlet de Liêm Haoang-Ngoc, maître de conférences à Paris 1 et chercheur au Centre d’économie de la Sorbonne.

    41 heures hebdomadaires… ou beaucoup plus
    Les deux auteurs font bien la différence entre la durée légale du travail (35 heures) et la durée effective (une moyenne de 41 heures, ou plus). D’après Liêm Haoang-Ngoc, la durée effective hebdomadaire en France serait de 41 heures. Pour des millions de salariés, Gérard Filoche estime qu'elle est même plus proche de 45 voir 50 heures que de 35 heures.
    « Les statistiques officielles ne prennent pas correctement en compte, en général, les heures supplémentaires, basant leurs enquêtes sur les seules déclarations des employeurs, et en excluant les entreprises de moins de vingt salariés », poursuit Gérard Filoche.
    Mais même si on se fie aux chiffres – bas – de l’Office statistique des communautés européennes (Eurostat), un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006, contre 36,1 heures dans l’Union européenne (à quinze à l’époque).

    Autant que les Anglais, plus que les Allemands
    Les Français travaillent autant que les Anglais (36,5 heures), plus que les Danois (34,6 heures), que les Allemands (34,5 heures) et que les Néerlandais (29,8 heures). C’est en Grèce (39,9 heures) et au Portugal (39,2 heures) qu’on travaille le plus.
    Les Français ne travaillent effectivement pas moins que les autres Européens, confirme Liêm Hoang-Ngoc, car les entreprises qui le souhaitent peuvent utiliser des heures supplémentaires dans la limite de 220 par an et par salarié, sauf accord de branche fixant une limite inférieure. 50% des établissements de l’industrie y ont recours.

    Paresseux les Français ?
    Difficile à croire, puisque notre pays possède l’une des productivités les plus fortes du monde. En productivité horaire, les Français se placent en troisième position, juste derrière les travailleurs norvégiens et américains. Une heure de travail engendre plus de richesses en France qu’en Grande-Bretagne, où la durée effective du travail est, on l’a vu, quasiment égale.
    .

    A LIRE (absolument) :
    “Salariés si vous saviez”, de Gérard Filoche. Ed. La découverte, 130 p., 10 €.
    “Sarkonomics”, de Liêm Haoang-Ngoc. Ed. Grasset, 100 p., 9 €.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 12 Juin - 16:09

    La réforme du droit du travail signe-t-elle la fin de la solidarité ?
    Salariat, maladie, retraite... jamais le droit social n’a été autant battu en brèche, et les attaques aussi virulentes contre le code du travail. Une politique libérale qui lorgne sur les Etats-Unis, où licenciements et précarité sont devenus un phénomène de masse. Jusqu’au 17 juin, journée de mobilisation nationale, nous nous proposons de faire un peu le point sur ces questions.



    Les Français ne travailleraient pas assez… Info ou intox ?

    Ernest-Antoine Seillière, quand il était à la tête du Medef, l'avait fait peser : 1,25 kilo, avait dénoncé la balance. Laurence Parisot, la nouvelle présidente, l'a mesuré : « Un labyrinthe de 3 600 kilomètres », s'est-elle écriée, en décembre dernier, sur France 2. Tous nos malheurs viendraient ainsi de lui : le chômage, la stagnation des salaires, les pesanteurs qui « écrasent » nos entreprises et les rendent moins compétitives. La chanson a fini par entrer dans les têtes. Le code du travail, et avec lui tout notre système de protection sociale, est aujourd'hui au coeur du débat public, Nicolas Sarkozy ayant pris le relais des représentants patronaux. En quelques mois, ses chantiers de « réforme » ont fleuri de tous côtés et suscitent actuellement de vives réactions, manifestations et grèves. Entre 2004 et 2007, le code du travail a été entièrement réécrit, théoriquement pour le rendre plus « accessible ». Au début de l'année, un accord sur la « modernisation du contrat de travail » a introduit, à côté du licenciement et de la démission, la « rupture conventionnelle », c'est-à-dire la séparation à l'amiable entre employeur et salarié. Le 18 juin, encore, le conseil des ministres examinera un texte qui, s'il maintient la durée légale du travail à 35 heures, la vide de sa substance en renvoyant au niveau de l'entreprise la négociation sur sa durée réelle. Et ce n'est pas fini. En matière de retraite, l'allongement de la cotisation à 41 ans est dans les tuyaux tandis que de nouvelles franchises sur les remboursements maladie devraient voir le jour après l'été. Ainsi serons-nous peu à peu délivrés du « carcan » du code du travail, ainsi sortirons-nous enfin des « griffes » des 35 heures.

    « La liberté de penser s'arrête là où commence le code du travail », a dit Laurence Parisot. Une phrase qui fait bondir Gérard Filoche, bouillant inspecteur du travail, auteur d'un livre argumenté, Salariés, si vous saviez... « Attaquer le code du travail, c'est s'en prendre à l'état de droit dans l'entreprise. Restaurer la loi de la jungle et de la soumission, rompre avec soixante ans de notre histoire sociale », tempête-t-il.
    Quoi qu'on en pense, les revendications du Medef et les réformes en cours répondent à deux objectifs. Remplacer la loi par le contrat. Et passer du droit collectif à celui de l'individu. Sur ce second point, l'exemple des retraites est éclairant. On tire la sonnette d'alarme sur l'avenir des systèmes collectifs par répartition et on incite les salariés à se constituer une retraite personnelle par capitalisation. C'est-à-dire qu'on privilégie la protection individuelle au détriment de la solidarité. De même dans le domaine de la santé. La loi de finances de la Sécurité sociale 2008 instaure trois franchises médicales, payées par les malades, pour financer le plan Alzheimer. Après l'été, on le sait, ces déremboursements devraient être étendus. Comme le remarque Liêm Hoang-Ngoc, chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne, dans un livre plaisamment intitulé Sarkonomics, ce mécanisme de la franchise « rompt le principe de solidarité entre bien-portants et malades puisque les malades seuls sont mis à contribution ». Solidarité entre bien-portants et malades, entre actifs et inactifs, entre chômeurs et travailleurs, ce sont les fondements mêmes de notre modèle social qui sont battus en brèche. Au profit de l'individualisme.
    Donner une place plus importante au contrat de manière à réduire le rôle de la loi est l'autre caractéristique des réformes en cours. On le voit en matière de durée du travail, dont on prévoit de fixer les modalités au niveau de l'entreprise. « C'est la même chose avec la "rupture conventionnelle", ce licenciement à l'amiable mis en place en janvier dernier, remarque Gérard Filoche. On organise ce que Mme Parisot appelle la "séparabilité", un moyen de rompre facilement le contrat de travail, à la manière d'un divorce. Et l'on voudrait nous faire croire que le salarié va pouvoir négocier à égalité avec son employeur ! »

    « La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » a déclaré Laurence Parisot. Il est un pays où il l'est, qui sert de référence constante aux détracteurs du modèle social français : les Etats-Unis. Là-bas, nous dit-on, les règles sont souples, les entrepreneurs, libres de toutes les audaces, et le chômage est insignifiant... Voire. Deux livres récemment parus invitent à nuancer ce tableau idyllique. Le premier, Le Salarié jetable, est le résultat d'une enquête menée par un journaliste du New York Times, Louis Uchitelle. Au tournant des années 1970, explique-t-il, après quarante ans d'influence keynésienne qui voyait dans la complémentarité de l'Etat et du secteur privé la source de la prospérité et du plein-emploi, la théorie néoclassique connut un retour en grâce. Et avec elle, l'individualisme. « Wall Street et la Silicon Valley étaient à l'unisson ; on y recrutait des hommes et des femmes instruits et égocentriques, qui se considéraient en grande partie maîtres de leur vie et pour qui un pays libre de toute contrainte étatique, ou tout au moins des contraintes pesant sur les activités qu'ils entendaient mener, prospérerait grâce aux efforts irréfrénés de millions d'individus comme eux, dynamiques, autonomes et souverains. » Depuis, fusions, acquisitions, délocalisations se sont multipliées et le licenciement et la précarité sont devenus un phénomène de masse. En vingt ans, trente millions de personnes ont perdu leur emploi. « Le mythe [...] veut que la flexibilité et la santé de l'économie américaine permettent aux actifs qualifiés et compétents de trouver du travail bien rémunéré. Les chômeurs n'ont qu'à se former et développer leurs compétences, et leur recherche d'emploi aboutira. » La réalité est malheureusement moins simple. L'économie américaine compte aujourd'hui des millions de salariés surqualifiés. C'est particulièrement vrai pour les diplômés de l'enseignement supérieur qui « se retrouvent parfois à devoir gagner leur vie en travaillant comme vendeurs ou administrateurs de bureaux »...

    Après des années de dérégulation du marché du travail et du droit social, la situation américaine apparaît ainsi contrastée. Rentré en France après avoir vécu huit ans aux Etats-Unis, Michel Desmurget, chercheur à l'Inserm, confirme ce point de vue en passant en revue tous les aspects de la situation sociale dans un livre documenté et précis, Mad in USA « Les politiques libérales menées depuis trente ans aux Etats-Unis ont abouti à l'enrichissement massif des plus favorisés, à la paupérisation progressive de la classe moyenne et à la création d'une immense cohorte de travailleurs pauvres. Ainsi, 25 % des travailleurs américains, soit trente millions d'individus, travaillent pour des salaires qui ne leur permettent pas d'extraire leur famille de la pauvreté. Ces gens sont corvéables à merci, ils n'ont pas de congés payés, pas de couverture maladie, pas de droits. [...] J'entends souvent parler en France et en Europe des charges et des contraintes qui asphyxient l'emploi et ruinent l'esprit d'initiative. Malheureusement, je n'entends jamais parler des charges et des contraintes qui offrent à tous, et en particulier aux plus pauvres, une retraite décente, une assurance pour se soigner, des congés payés pour se reposer et des droits pour se défendre. » A lire les préconisations de nombreux chercheurs américains pour remédier aux défaillances de leur « modèle », il est frappant de constater les ressemblances avec ce qui existe déjà en Europe. Même si le système français mérite des réformes et des adaptations, peut-être, comme le dit Michel Desmurget, « ne sommes-nous pas aussi en retard que cela ».


    .


    A lire :
    “Salariés, si vous saviez..., Dix idées reçues sur le travail en France”, de Gérard Filoche, éd. La Découverte, 130 p., 9 EUR.
    “Sarkonomics”, de Liêm Hoang-Ngoc, éd. Grasset, 134 p., 9 EUR.
    “Le Salarié jetable, Enquête sur les licenciements aux Etats-Unis”, de Louis Uchitelle, éd. Demopolis, 320 p., 23 EUR.
    “Mad in USA, Les ravages du ‘modèle américain’", de Michel Desmurget, éd. Max Milo, 276 p., 19,90 EUR.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Mer 18 Juin - 8:56

    Gérard Filoche : “Demandez des hausses de salaires partout !”
    Le 17 juin 2008 à 16h30

    Menaces sur les retraites, les 35 heures, le code du travail… Nous avons choisi ce mardi 17 juin, journée de protestation sociale, pour accueillir Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste. Durant une heure, il a répondu en direct à vos questions. Voici la transcription de la discussion.



    La réforme du droit du travail signe-t-elle la fin de la solidarité ? | 11 juin 2008

    Gérard Filoche : Bonjour !

    J.H. de la Roche-Bernard : Cher Monsieur, Télérama vous présente comme « inspecteur du travail et militant socialiste ». A quel titre allez-vous intervenir pour qu'il n'y ait pas mélange des genres ?
    Gérard Filoche : Comme militant syndical et politique. En cette journée de grève, c'est normal

    bigk87 : Bonjour, je lis assidûment Gérard Filoche, alors j'ai bien conscience de la casse.... mais ils attaquent de partout pour faire tomber l'édifice « protection & acquis sociaux » (retraites, 35h, code du travail…), alors de quel côté défendre en premier pour éviter que la belle structure ne s'effondre ?
    Gérard Filoche : Il faut se battre en priorité pour l'augmentation des salaires, car tout le reste en dépend. Si vous augmentez les salaires, vous renflouez en même temps les caisses de retraite et de Sécurité sociale. Si vous augmentez les salaires, les gens peuvent faire face à la hausse des prix de l'essence et du logement. Si vous augmentez les salaires, vous prenez aux profits une grande part de ce que, depuis vingt ans, ils ont pris aux salariés. Et en défendant les 35 heures, on défend aussi les salaires, car toute attaque contre les 35 heures, dorénavant, ne peut avoir comme résultat que la baisse des salaires.

    Justine : Ne pensez-vous pas qu'il est grand temps d'en finir avec la semaine de 35 heures ?
    Gérard Filoche : En 70 ans, la France a prouvé qu'elle pouvait faire trois choses à la fois : réduire la durée du travail de 40 h à 39 h et à 35 h, augmenter la productivité, et augmenter les salaires. C'est une aspiration de toute l'humanité de pouvoir travailler moins, travailler tous et gagner plus. Pourquoi les néolibéraux conservateurs qui sont au pouvoir actuellement en France inverseraient-ils une si belle tendance affirmée depuis 70 ans ?

    Jean : Les Français ne travaillent pas assez… D'après les statistiques eurostat, c'est exactement l'inverse, que ce soit par semaine ou sur l'année, les français travaillent plus que les Anglais, Allemands, Hollandais, Belges. Pourquoi ce silence étourdissant ?
    Gérard Filoche : Parce que le pouvoir actuel, pour faire passer sa politique, a besoin de mentir. En mentant, il n'a déjà plus que 35 % d'opinion favorable. S'il disait la vérité, il serait à - 5%. Donc ils mentent sur tous les chiffres. Par exemple, ils disent que les caisses sont vides, que la France est en faillite. C'est un mensonge énorme, la France n'a jamais été aussi riche, et les richesses, aussi mal redistribuées. Les caisses privées débordent : 105 milliards d'euros de bénéfices pour le CAC 40 l'an passé, le double d'il y a cinq ans, les 500 premières familles ont touché 80 milliards d'euros de plus l'année dernière que l'année précédente. Il y a 72 milliards d'euros dans les niches fiscales. L'Etat donne 65 milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales aux entreprises. Et « bling-bling » a ajouté 15 milliards de cadeaux fiscaux l'an passé. Avec tout ça, la France pourrait vivre autrement si ses richesses étaient mieux distribuées. Nous n'aurions pas de problème, ni dans nos quartiers, ni dans nos écoles, ni dans nos hôpitaux, ni dans nos services publics...

    bouh : Qu'en est-il de la réforme envisagée du repos dominical ?
    Gérard Filoche : Vouloir faire travailler des femmes caissières, pauvres, précaires, le dimanche s'apparente à du vandalisme social. Ça fait un siècle qu'on a conquis le droit au repos dominical. Il faut vraiment être sacrément réactionnaire pour vouloir le remettre en cause.
    Cela reviendrait à remplacer la civilisation du loisir par la civilisation du Caddie, à empêcher un jour commun de rencontre dans toute la société entre les femmes, les hommes, les enfants, les familles, les amis, les associations, etc.

    nadine55 : Monsieur Filoche, comment prétendez-vous défendre les droits sociaux alors que votre parti s'est rallié ce week-end aux dogmes du libéralisme ?
    Gérard Filoche : Vous n'avez pas bien lu la déclaration de principe adoptée par le Parti socialiste. Elle situe le parti dans la tradition du mouvement ouvrier du XIXe et du XXe siècle en faisant explicitement référence à la Commune de Paris, à mai-juin 1936, à la Libération, à Mai 68, et cela me convient très bien. Le sort du PS n'est pas joué. Il y a de vrais sociaux libéraux qui veulent mettre la main dessus et en chasser des militants de gauche, comme moi et mes amis. Mais on n'est pas décidés à se laisser faire.

    Laurent : Je déprime face à la faible réaction des salariés. La France est mise au pas. Le PS devient officiellement un parti de droite. Comment faites-vous pour être encore optimiste ?
    Gérard Filoche : Parce que, justement, j'ai confiance dans le salariat. Il n'a jamais été aussi puissant numériquement, homogène sociologiquement et prêt à se mobiliser socialement et politiquement. Nous sommes un pays qui a une forte tradition de mouvement d'ensemble depuis Mai 68. C'est pour ça que Sarkozy veut liquider Mai 68, c'est parce que, 40 ans après, ça l'obsède encore. Mais moi, je milite pour que ce soit un nouveau Mai 68 qui liquide Sarkozy.

    Gabrielle : Quelle peut être notre action, concrètement?
    Gérard Filoche : Concrètement, syndiquez-vous ! Concrètement, faites grève aujourd'hui. Concrètement, manifestez. Concrètement, demandez des augmentations de salaire partout, le smic à 10 euros de l'heure, à 1 500 euros par mois, 200 euros d'augmentation pour tous. C'est la solution pour notre économie, redresser notre pays, redistribuer les richesses accumulées.

    Renaud +D : Au train où vont les réformes, quelles seront les principales différences entre la situation d'un travailleur dans 5 ans et maintenant ?
    Gérard Filoche : Bling-bling et Fillon veulent détruire la France telle qu'elle est depuis le Conseil national de la Résistance. Ils l'ont dit explicitement, ils ne veulent plus de la Farnce des soixante dernières années. En fait, ils veulent un monde anglo-saxon, tel que Thatcher et Reagan l'ont fabriqué. Si vous voulez savoir ce qui arrivera s'ils parviennent à leurs fins, regardez les 40 millions de pauvres aux Etats-Unis, les 40 millions de privés de Sécurité sociale, les 40 millions de retraités qui sont dans les mouroirs, le recul de l'espérance de vie et la progression de la mortalité infantile, les inégalités criantes qui existent entre New York et San Francisco, Denver et Houston, Chicago et Dallas. Regardez là-bas, et réfléchissez. Notre monde est meilleur, protégeons-le.

    patfromnice : Comment expliquez-vous le silence généralisé des organisations syndicales sur la nouvelle mouture du code du travail ? Gérard Filoche : Les organisations syndicales s'y sont globalement opposées. Elles n'ont sans doute pas fait tout ce qu'elles pouvaient faire contre. Elles ont eu du mal à apprécier la gravité des changements, le sale boulot fait par les recodificateurs, le fait que le Code ait été passé à l'acide des exigences du Medef. Mais enfin, toute la gauche a voté contre : PS, PC, Verts, et tous les syndicats, aujourd'hui, essaient de défendre le Code et d'en revenir à des droits plus protecteurs pour les salariés dans les entreprises. Pour y arriver, il faut l'unité des huit syndicats de ce pays : CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Sud, CGC, CFTC.

    ariane : Monsieur Filoche, d'abord merci pour toutes vos brillantes interventions : je voulais vous signaler qu'il y a de plus en plus de discriminations liées à l'âge dans le monde du travail. Moi-même, la quarantaine, munie d'un doctorat d'Etat, alors qu'il y a peu je trouvais sans difficulté, je me retrouve aux abois... Lors de mon dernier entretien d'embauche, qui a duré 2 heures, je me suis entendu dire : « d'habitude, je recrute des jeunes » !
    Gérard Filoche : Oui, bien sûr, vous avez raison. D'ailleurs, deux personnes sur trois arrivent à l'âge théorique de la retraite sans être en activité. Elles sont soit au chômage, licenciées, soit inaptes, malades, et cela est dû au fait que les entreprises les chassent dans la cinquantaine. Ce qui fait un paradoxe énorme avec les prétentions de M. Fillon de nous faire travailler 41 annuités pour toucher une retraite décente. Puisque les Français travaillent en vérité 37 ans en moyenne. Prétendre les faire travailler 41 annuités, c'est les faire sauter à la perche sans perche ! Ils n'ont aucune chance d'y arriver, en moyenne. Le seul résultat est donc de faire baisser leurs retraites, qui sont déjà trop basses. C'est tout un processus, que vous avez raison de dénoncer, de ségrégation, de discrimination, d'exclusion par le management des entreprises qui se produit dans la cinquantaine, et peut même vous arriver, comme à vous, dans la quarantaine.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Mer 18 Juin - 8:57

    Gérard Filloche: "demandez des hausses de salaires partout" (suite)

    james : Que pensez-vous de la future et nouvelle définition de la représentativité des syndicats telle que définie dans la position commune ?
    Gérard Filoche : C'est l'ANI (Accord national interprofessionnel du 9 avril), signé par deux syndicats sur huit, la CGT et la CFDT. Il pose sans doute plus de problèmes qu'il n'en résout. Il a l'énorme défaut de supprimer la « présomption irréfragable de représentativité » pour cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC) au lieu de l'accorder aux trois (Unsa, SUD, FSU) qui ne l'avaient pas. Du coup, tous les syndicats, grands et petits, vont se retrouver face à des règles plus difficiles pour se faire reconnaître. Ils devront passer la barre de 8 à 10 % aux élections professionnelles, il faudra deux ans pour qu'un syndicat soit reconnu dans une entreprise, un délégué syndical nouvellement nommé ne disposera plus que de 4,5 heures de délégation par mois au lieu de 20, et il perdra son mandat s'il ne franchit pas la barre des 10 % aux élections d'entreprise suivantes, lesquelles ne se tiennent que tous les quatre ans. On voit que la représentativité syndicale sera plus dure à obtenir dans toutes les petites entités économiques. C'est vrai, les gros syndicats peuvent ne pas avoir de souci, c'est sans doute pour ça que la CFDT et la CGT ont signé. Mais 97 % des entreprises ont moins de 50 salariés, et je crains que les nouvelles règles ne nuisent à l'extension du syndicalisme.

    gab : Lorsque l'on vous écoute, les choses semblent simples (les relations entre les différents acteurs – salariés, patronat, politiques –, les intérêts des uns et des autres, les mesures à mettre en œuvre pour une plus grande justice sociale...). La réalité est-elle vraiment si complexe, comme on nous le répète souvent pour expliquer que telle mesure aurait des effets collatéraux négatifs sur l'économie, ou ne s'agit-il que d'un écran de fumée pour faire passer des décisions contestables ?
    Gérard Filoche : La propagande de TF1 est entièrement faite pour rendre complexes des choses qui sont simples. Les salariés ont intérêt à voir augmenter les salaires et à reprendre au capital une grande partie de ce qu'il leur a volé depuis vingt ans. C'est simple, très simple, mais les grands médias sont là pour obscurcir cette vérité, expliquer que c'est impossible, que les capitaux vont fuir, qu'on ne peut pas, qu'on n'y arrivera pas, qu'il ne faut pas, etc. Pourtant, en Mai 68, le patronat a de lui-même proposé, sous la menace de la grève générale, 33 % d'augmentation de salaire pour le Smig, et 55 % pour le Smag. Ça s'est fait, c'était possible. Pendant une décennie, les salariés ont mieux vécu, ils ont pu acheter des choses qu'ils ne pouvaient pas acheter avant, les salaires étaient indexés sur les prix, c'était bien. Ce qui a été possible une fois peut l'être encore. Si l'on appliquait l'augmentation de Mai 68 au Smic d'aujourd'hui, celui-ci atteindrait immédiatement 1 750 euros. Croyez-moi, ne croyez pas TF1.

    sergpert : La possibilité de partir à la retraite pour les gens ayant commencé à travailler tôt va t-elle évoluer ? J'ai 55 ans cet été et jai commencé à travailler en 1969 à l'âge de 15 ans et demi.
    Gérard Filoche : Moi aussi, j'ai commencé à travailler à l'âge de 16-17 ans, et j'en ai 63. Croyez moi, le problème des retraites est un problème de répartition des richesses, et non pas d'espérance de vie. Car l'espérance de vie elle-même est liée à l'âge de la retraite. Si vous travaillez plus tard, au-delà de 60 ans, vous vivrez moins longtemps. Les assurances qui se précipitent dans vos boîtes à lettres pour vous faire des propositions afin de remplacer l'échec organisé par M. Fillon de la retraite par répartition, ces assurances ont des tables de mortalité. Ces tables de mortalité signifient que si vous travaillez jusqu'à 61 ou 62 ans, vous avez six mois de moins d'espérance de vie. Si vous travaillez jusqu'à 63 ans, vous avez un an de moins, jusqu'à 65 ans, deux ans de moins. Vous voulez vraiment renoncer à la retraite à 60 ans ?

    Préretraité : Comment assurer les retraites à venir quand on voit la précarité et les maigres salaires actuels ? Qui a la recette miracle ?
    Gérard Filoche : Je l'ai ! Il faut augmenter les cotisations sociales pendant la période où les baby-boomers d'après guerre vont être en retraite. Le COR (Conseil d'orientation des retraites) a calculé qu'avec 0,37 % d'augmentation des cotisations dans les trente ans à venir, nous n'aurions aucun problème pour financer nos retraites à 60 ans, et même à 55 ans dans les métiers pénibles physiquement et mentalement. Les néolibéraux n'envisagent qu'une seule chose, la baisse du niveau des retraites. Nous avons une solution alternative : la hausse des cotisations sociales, salariales et patronales. Dans les trente ans à venir, le PIB va doubler. Même avec une faible croissance de 1,7 point. Avec 1 800 milliards d'euros de plus, on peut mettre 216 milliards pour conserver nos retraites. C'est un choix de société.
    Il ne plaît pas aux fonds de pension, il ne plaît pas aux actionnaires, il ne plaît pas au Medef, mais il est sûr qu'il plaît aux 24 millions de salariés qui produisent les richesses de notre pays et n'en reçoivent pas la part qu'ils méritent.

    dylan : Une hausse des salaires, en même temps que l'actuelle hausse des prix, ne nous mènerait-elle pas vers une spirale inflationiste ?
    Gérard Filoche : Monsieur, vous vous trompez totalement. Cela fait 25 ans qu'on nous dit qu'il ne faut pas augmenter les salaires parce que cela crée de l'inflation, donc les salaires n'ont pas augmenté. Mais vous contasterez que nous avons de l'inflation quand même. Donc l'inflation n'est pas due à la hausse des salaires. Elle est due à la spéculation et à la hausse des profits. Je vous propose d'augmenter les salaires.

    Cesu : Des journalistes des Echos vous accusent d'avoir plagié leurs articles pour votre livre Les Caisses noires du patronat. Que leur répondez-vous ?
    Gérard Filoche : C'est bien la première fois qu'on peut m'accuser d'avor plagié Les Echos ! En général, ce que j'écris est assez contradictoire avec la ligne éditoriale et les articles de ce journal. Par contre, il est vrai qu'il y a des informations communes dans les dépêches de l'AFP, de Reuters, des articles de Marianne, de L'Humanité, du Monde, du Figaro, des Echos et de quelques chercheurs, historiens, comme Joseph Pinard, qui a travaillé sur ces questions et dont je me suis inspiré. Quand on écrit l'organigramme du Medef, il n'y a pas trente-six façons de le faire. Quand on écrit la liste des anciens patrons de l'UIMM, il n'y a pas trente-six façons de le faire. Parmi les reproches que me fait la société Les Echos, il y a le fait d'avoir écrit que 0,04 % des entreprises de la métallurgie cotisaient à la caisse noire de M. Gauthier-Sauvagnac. Cette information était, je crois, dans ma revue Démocratie socialiste avant d'être dans Les Echos. Je n'ai rien eu besoin de plagier, même si nous avons été nombreux à écrire des choses similaires. Mais je m'étonne que la société Les Echos, dirigée par M. Bernard Arnaud, prenne le temps de s'occuper d'un modeste livre qui dénonce les caisses noires du patronat. Il me demande 25 000 € au total, c'est un peu plus de dix mois de salaire. Si par malheur un juge leur donnait raison, ma retraite s'annonce mal...

    gab : On fait rarement la distinction entre grandes et petites entreprises (en caricaturant : « patrons tous voyous » pour la gauche, « tous croulant sous les charges » pour la droite). N'y a-t-il pas de réelles différences dans les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises, et le débat (et les mesures politiques qui en découlent) n'y gagnerait-il pas si l'on faisait ces distinctions ?
    Gérard Filoche : Bien sûr, excellente question. Ce n'est pas la même pour le million de petits patrons d'entreprises de moins de dix salariés et pour les patrons des mille entreprises de plus de 1 000 salariés. En vérité, telle qu'est organisée notre société, tout dépend des donneurs d'ordre et de ces 1 000 entreprises qui produisent 48 % du PIB. En dessous, il y a une cascade de sous-traitances dans laquelle le droit se dissout, l'exploitation s'aggrave, la précarité augmente.
    Moi, je milite pour qu'il y ait trois changements juridiques : le premier, c'est que le donneur d'ordre, dans toute passation de marché, soit pénalement, fiscalement, financièrement, juridiquement responsable de tout ce qui se passe sous ses ordres pendant la réalisation du marché ; le deuxième, c'est que toute entreprise intervenante, sous-traitante, le temps de sa mission, soit alignée sur la convention collective du donneur d'ordre, comme c'est le cas pour un CDD ou un intérimaire qui est théoriquement aligné sur celui qu'il remplace ou sur celui qu'il côtoie ; la troisième mesure, c'est qu'on facilite la reconnaissance juridique des unités économiques et sociales des groupes, afin d'éviter la fausse sous-traitance, le prêt illicité de main-d'œuvre, le marchandage, les fausses franchises. Ces trois approches juridiques permettraient de protéger les petits employeurs et leurs salariés de la rapacité des donneurs d'ordres. Quand j'entre dans un chantier, je vois un grand major du bâtiment qui en est le chef et 70 entreprises en cascade qui travaillent dans des conditions épouvantables et pour des salaires misérables. C'est là qu'il y a le plus de fraudes, d'accidents du travail, de précarité. C'est cela qu'il faut moraliser avec les trois règles juridiques que j'ai proposées ci-dessus.

    Modérateur : Le tchat se termine. Un dernier mot pour conclure ?
    Gérard Filoche : Je remercie ceux qui ont bien voulu poser des questions. J'espère que vous allez vite quitter votre écran pour aller aux manifestations qui se tiennent aujourd'hui. Pour ma part, je suis en grève, je vais en profiter pour aller faire un meeting à Pau en défense du droit du travail, des 35 heures, de la retraite à 60 ans, contre la politique de Bling-bling et du Medef. Je milite pour qu'il ne tienne pas cinq ans, avec un grand mouvement social qui fasse redevenir la France ce qu'elle a toujours été depuis 1968. Il faut arrêter le hold-up de ces néolibéraux sur notre protection sociale et notre civilisation solidaire.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Lun 23 Juin - 5:49

    Malgré l’opposition unanimes des syndicats et associations de salarié-es, le projet de loi devrait être examiné
    du lundi 23 au mercredi 25 juin par le Sénat.

    _____________________________

    APPEL pour le RETRAIT du projet de loi sur l’ « offre raisonnable d’emploi »


    Le gouvernement prépare un projet de loi qui veut imposer aux salariés au chômage une mesure inadmissible : ils seraient obligés, sous peine de perdre leur allocation, d’accepter une offre d’emploi dite « raisonnable » dès lors que cette offre proposerait un salaire inférieur de 5 % au salaire antérieur après 3 mois de chômage, de 15% après 6 mois, ou, après un an de chômage, toute offre proposant un salaire supérieur à l’allocation de chômage (de 57% en moyenne, mais pouvant être inférieure dans le cas de l’allocation de solidarité spécifique de 14 euros par jour).


    Unanimement dénoncée par les syndicats, cette mesure vise à faire croire que les chômeurs seraient responsables de leur chômage. Elle créerait, si elle était adoptée, une pression à la baisse sur les salaires de TOUS LES SALARIÉS. Enfin, le chômeur n’est plus libre du choix et des conditions de son emploi.


    Ce projet de loi s’inscrit dans une attaque globale contre les droits des salariés, en poste ou au chômage (suppression des 35H, recul de l’âge de la retraite, réécriture du code du travail, …) et des jeunes (précarité, stages non rémunérés). Il prolonge l’attaque déjà lancée avec l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2008, transposé dans une loi votée le 12 juin dernier, qui allonge considérablement les périodes d’essai, crée la séparabilité à l’amiable, un nouveau CDD à terme incertain, et rend plus difficile la saisie des prud’hommes. Or, cet accord encadre déjà les négociations sur l’assurance-chômage qui vont s’engager au second semestre 2008.

    Le projet de loi « Droits et devoirs des demandeurs d’emploi » ainsi que la loi sur la « modernisation » du marché du travail doivent être retirés. Les chômeurs comme les salariés doivent avoir une garantie de revenu décent et une continuité des droits sociaux. Le libre choix de son emploi et de sa formation doivent être garantis.

    Réunion publique à Paris le 25 juin à 18H (à la Bourse du travail 67 rue de Turbigo (M° Arts-et-Métiers ou République)

    Premiers signataires : Thierry Bailly, APEIS, Louis-Marie Barnier, Fondation Copernic, Mehdy Belabbas, maire-adjoint d’Ivry, Daniel Bensaïd, LCR, Olivier Besancenot, LCR, Martine Billard, députée, les Verts, Michel Bock, les Verts, Frédéric Bodin, SUD-Rail, Jean-Jacques Boislaroussie, les Alternatifs, Paul Bouffartigue, sociologue, Patrick Cingolani, sociologue, Pierre Concialdi, économiste, Antonella Corsani, économiste, Aurianne Cothenet, juriste, Daniel Couy, APEIS, Annick Coupé, Union syndicale Solidaires, Pierre Cours-Salies, sociologue, Jean Desessard, Sénateur, les Verts, Emmanuel Dockès, juriste, Marie-Thérése Dufour, SUD-Travail, Jean-Baptiste Eyraud, DAL, Patrick Farbiaz, les Verts, Christian Favier, Président du Conseil Général du Val de Marne, PCF, Gérard Filoche, inspecteur du travail, Alain Fournier, maire-adjoint de Clichy, Bernard Friot, économiste, Jean Gadrey, économiste, Laurent Garrouste, juriste du travail, Armelle Gorgeu, économiste, Célia Gourzones, ATTAC-Campus, Jean-Marie Harribey, co-président d’ATTAC, Michel Husson, économiste, Beiroto Ilidio, Pierre Khalfa, Solidaires, Alain Krivine, LCR, Catherine Lebrun, Solidaires, Catherine Lévy, sociologue, Abdel Mabrouki, Stop Précarité, Christian Mahieu, SUD-Rail, René Mathieu, économiste, Jean-Luc Mélenchon, sénateur, PS, Henri Mermé, les Alternatifs, Roland Mérieux, les Alternatifs, Marc Moreau, AC !, Alain Obadia, PCF, Michel Pialoux, sociologue, Evelyne Perrin, AC !, Romain Prunier, JCR, Catherine Quentier, AC !, Michel Rousseau, Marches Européennes, Edith Soboul, Alternative Libertaire, Maya Surduts, Collectif National Droits des Femmes, Aurélie Trouvé, co-présidente d’ATTAC, Carlo Vercellone, économiste, Philippe Villechalane, APEIS, Claire Villiers, Conseillère régionale Ile de France, Alternative Citoyenne, Pierre Zarka, PCF, OMOS… AC !, APEIS, ATTAC-Campus, CNDF, DAL, Fondation Copernic, Marches Européennes, MNCP, Réseau OUPS, SNU-TEFI, Stop Précarité, Union syndicale Solidaires. Avec le soutien de : Alternatifs, Alternative Libertaire, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires, JCR, L’Appel et la Pioche, LCR, MJS, Zone d’Ecologie Populaire

    http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&topic_id=10&page_id=117

    PETITION : http://www.pourdesdroitsnouveaux.org/spip.php?article45
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    Re: Conditions de travail

    Message par jeffe le Lun 23 Juin - 10:36

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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Mer 17 Sep - 7:04

    24 600 salariés menacés par la fusion HP-EDS


    marché
    24 600 salariés menacés par la fusion HP-EDS
    Dans la nuit du 15 au 16 septembre, Mark Hurd a envoyé un e-mail à tous les employés de HP et d'EDS. 24 600 d'entre eux vont subir le contrecoup
    du rachat. Les syndicats réagissent.
    Alexis Grondin, 01net., le 16/09/2008 à 17h35


    Cela avait été annoncé au mois de mai dernier, en préambule de l'opération de rachat. La plus grande acquisition de société de services informatiques
    de tous les temps ne se ferait pas sans rationalisation. Dans la nuit du 15 au 16 septembre, Mark Hurd, PDG de HP, n'a pas dit autre chose.
    En marge de la fusion de son entreprise avec EDS, 24 600 emplois seront touchés. Selon un communiqué de l'entreprise, la moitié concernerait les
    Etats-Unis. Pour les chiffres européens, il faudra attendre le 25 septembre et le comité d'entreprise européen HP-EDS.
    Des réactions syndicales contrastées
    Forcément, chez les salariés des deux entités, l'ambiance n'est pas à la sérénité. « Rien n'avait transpiré avant cette annonce. On a donc reçus cette
    nuit un e-mail annonçant "l'élimination de 24 600 positions" pour "le bien des 300 000 restantes et pour ouvrir des opportunités aux actionnaires" »,
    explique Jean-Paul Garagnon, délégué syndical SUD d'EDS.
    L'incompréhension est de mise. « Ces suppressions de postes n'ont pas d'intérêt puisqu'ils nous rachètent, tempête Serge Gargaud, délégué CGT
    d'EDS. Pourquoi licencier les forces vives d'une entreprise que l'on intègre à son organisation ? »
    D'autres sont plus tempérés. « Nous n'allons pas réagir de manière prématurée puisque, pour le moment, on ne sait pas grand-chose, temporise
    Valérie Pau, délégué CFDT d'EDS. Nous sommes très vigilants, mais on ne sait toujours pas si ce chiffre de 24 600 concerne des modifications, des
    changements de positions ou des licenciements secs. Nous attendrons le 25 septembre pour décider d'une action concertée à mener. Mais nous ne
    sommes pas optimistes. »
    Un certain fatalisme se fait ressentir. « c'est la troisième fois qu'on subit ce type d'opération, après le rachat de Compaq, la nomination de Mark Hurd
    et, enfin, l'acquisition d'EDS », rappelle Guy Benoist, membre de la CFTC chez HP.
    HP également touché
    En effet, le communiqué précise bien que le chiffre concerne les salariés des deux entreprises. « C'est un sentiment personnel, mais le chiffre devrait
    concerner à 70 % EDS et à 30 % HP, explique Bruno Le Calvez, membre de la CFTC d'EDS. Ils vont en profiter pour alléger les effectifs chez HP. De
    plus, en ce qui concerne la France, on ne sait toujours pas comment vont fonctionner les deux entités en matière juridique. » Car, si le nom a déjà été
    décidé (sur le site Internet d'EDS on peut lire « EDS An HP Company »), on ne sait pas si EDS sera une filiale de la holding HP ou si elle sera ingérée
    entièrement par le géant.
    « Si EDS devient une filiale, HP pourrait en profiter pour transférer certains de ses salariés chez EDS, les faisant ainsi passer du régime de la
    convention de la Métallurgie au régime de la convention Syntec », poursuit Bruno Le Calvez. « Effectivement, c'est une chose possible, reprend Guy
    Benoist, Dans le cas d'un schéma filiale-holding, les transferts de HP à EDS signifieraient une baisse des coûts et également un rabaissement des
    conditions sociales, la convention Syntec étant beaucoup plus dure que la convention Métallurgie pour ce qui est des primes à l'ancienneté et des
    accords de licenciement, par exemple. »
    Quid des 19 salariés de l'AS400 ?
    Outre cette incertitude sur la structure juridique viennent se greffer des questions quand au devenir de certaines divisions d'EDS. Le cas des activités
    liées à l'AS400 est en ce sens évocateur. « J'appartiens comme 18 autres personnes au secteur développement logiciel de l'AS400, explique Bruno Le
    Calvez, Et ce secteur n'entre plus dans le coeur de cible d'EDS. De plus l'AS400, produit d'IBM, est un concurrent direct des serveurs d'HP. L'entreprise
    n'a donc aucun intérêt à nous garder. »
    Les syndicats attendent avec impatience le 25 septembre pour avoir plus d'informations sur une situation très floue, ils sont prêts à réagir à des
    décisions qui, si elles suivent la tradition de HP sous Mark Hurd, pourraient être très rapides.
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Dim 5 Déc - 20:30

    si vous avez le temps ...
    ci-après, le site d'un "camarade" (il est à Partisan!!!), prof et habite à côté de chez moi. De temps en temps, il met en ligne pour ses élèves et autres des documentaires intéressants.
    là, il s'agit de l'émission "strip tease" et d'une usine qui s'appelait Maryflo. On voit les conditions de travail, le directeur qui est une vraie saloperie... il y a eu conflit...
    donc, le doc est découpé en 4 "épisodes"...
    voilà
    bye





    Bienvenue dans le désert du réel, où croît aussi ce qui sauve.
    Description : Rendre lisible certains espaces du réel en leur pauvreté
    brutale. Et repérer ce qui échappe à cette pauvreté, et qui fait signe
    vers la joie.
    http://ledesertdureel.over-blog.com/
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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Sam 11 Déc - 1:08

    SNCF : il ne verbalise pas assez, il est mis pied

    Un contrôleur de trains de la SNCF se trouve sous le coup d'une mise à pied de cinq jours. L'un de ses collègues est dans l'attente d'une sanction identique. La faute qu'ils ont commise ? « La direction de Toulouse estime que ces agents sont en échec commercial. On leur reproche de ne pas contrôler suffisamment de billets, mais aussi de ne pas délivrer assez de PV », explique Julien Lassalle, secrétaire régional Sud Rail, dont le syndicat s'est saisi de ce dossier et portera, s'il le faut, l'affaire devant la justice. Car aux yeux de Sud Rail, les deux contrôleurs sont l'objet de procédures abusives. « Légalement, ces agents ne sont soumis à aucun objectif commercial.
    Les textes qui encadrent leurs missions sont d'ailleurs parfaitement clairs : accueil et sécurité des voyageurs, renseignements et contrôle », souligne Julien Lassalle, en dénonçant « un excès de zèle de la direction toulousaine. La preuve : les collègues de Sud Rail que nous avons interrogés un peu partout en France n'ont pas relevé chez eux d'autres exemples dont la répétition pourrait trahir une évolution de la politique d'entreprise », indique le représentant syndical, qui conteste la fiabilité de la méthode employée par la direction pour mesurer la performance commerciale de ses agents. « Aujourd'hui, les cartes d'abonnement sont scannées par un lecteur optique à mémoire, mais la majorité des usagers continue d'utiliser des titres de transport classiques que les personnels SNCF poinçonnent à la pince mécanique. Le nombre de contrôles effectués est invérifiable », considère Julien Lassalle, en s'indignant enfin « de méthodes visant à enfermer le contrôleur dans un rôle répressif, au service du chiffre d'affaires de l'entreprise ».
    Interrogée par « La Dépêche du Midi », la direction n'a pas souhaité « commenter des sanctions émises envers des agents SNCF dans le cadre de leur mission ».


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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 16 Juin - 4:57

    Seine Maritime : Paluel - Penly
    Nucléaire : EDF incite à sous-déclarer les accidents du travail
    mediapart.fr
    15 juin 2011 | Par Jade Lindgaard

    Jeudi matin à Rouen, au tribunal de police, se tient une audience judiciaire dont les enjeux concernent toute la filière nucléaire française : l'inspection du travail de la région Haute-Normandie poursuit la société Endel, spécialisée dans la maintenance industrielle, filiale de GDF-Suez, pour non-déclaration d'un accident du travail. Derrière la cas particulier de Dominique Samson, 53 ans, soudeur contaminé en novembre 2007 alors qu'il remplaçait un robinet sur une canalisation de la centrale de Paluel, c'est le procès du défaut de surveillance sanitaire et social des soustraitants de la filière qui s'ouvre.

    Le 6 novembre 2007, ce salarié d'Endel est en train de souder un robinet sur un tuyau du bâtiment réacteur de la centrale de Paluel, grosse installation d'EDF en Haute-Normandie, sous la protection d'un « déprimogène », appareil qui sert à aspirer les particules radioactives. Mais soudain, la machine, branchée deux étages plus bas, s'arrête : « Le temps que je me dégage, en quelques secondes je me retrouve contaminé », raconte aujourd'hui Dominique Samson. L'arrêt de la machine l'expose en effet immédiatement aux radio-éléments émis par l'opération. Que s'est-il passé ? La machine qui le protégeait a été débranchée. « Aussi incroyable que cela puisse paraître, on manque de prises dans les centrales nucléaires, explique-t-il, les bâtiments réacteurs sont labyrinthiques, avec des gens partout, qui ne voient pas ce que font les uns et les autres. »

    Une fois le déprimogène rebranché par ses soins, Dominique Samson achève sa tâche. En quittant la « zone contrôlée », c'est-à-dire le périmètre radioactif de la centrale, il passe sous un premier portique de sécurité, le « C1 ». Il sonne, signal qu'il est porteur de radioactivité. Le soudeur ne peut pas sortir. Il se déshabille, et passe sous un second sas de contrôle, le « C2 », qui détecte alors une contamination externe, c'est-à-dire la présence de particules radioactives sur ses cheveux et sur son visage. Il est conduit à l'infirmerie, décontaminé à l'aide d'un jet et de shampoings. Mais il est déjà trop tard pour éviter la contamination corporelle interne : le contrôle dit « d'anthropométrie » révèle la présence de particules de cobalt 58 et 60, un isotope radioactif, ainsi que d'antimoine, un métalloïde, dans son organisme.

    Le collègue avec lequel il travaillait en binôme, un tuyauteur, est lui aussi contaminé. « On m'a dit que ce n'était pas grand-chose ce que j'ai pris, que c'était en dessous du seuil de quarantaine, mais ça ne m'a pas vraiment rassuré. J'ai un collègue qui souffre aujourd'hui d'un cancer du poumon alors qu'il n'a jamais fumé. » Soudeur depuis 30 ans, il gagne 1300 euros net par mois.

    Des accidents jamais déclarés
    Dans les 48 heures qui suivent, l'exposition de ces deux salariés aux radionucléides n'est pas déclarée par Endel comme accident du travail auprès de la Sécurité sociale. Furieux, Dominique Samson prend alors l'initiative, par le biais d'un représentant du personnel, d'alerter l'inspection du travail sur cette non-déclaration. En octobre 2009, Endel est condamné à une contravention de 135 euros pour défaut de déclaration. Mais le soustraitant de GDF-Suez s'oppose à cette ordonnance pénale. Et le litige se retrouve devant le tribunal de police de Rouen.

    Pour Camille Lasoudris, avocate de Dominique Samson : « C'est inadmissible. Habituellement, lorsque l'inspection du travail demande à une employeur de déclarer un accident du travail, il le fait. » Concrètement, cette déclaration d'accident du travail n'aurait pas de conséquence immédiate pour Endel. Mais elle faciliterait les démarches du salarié s'il déclarait dans les années à venir une maladie qui pourrait être liée à l'événement de novembre 2007.

    Mais pour Endel, dont Mediapart a joint un responsable de la communication : « Ce n'est pas un accident du travail car il n'y a pas eu de lésion corporelle constatée au moment des faits. » Pour sa défense, Patrick Saussaye, directeur d'agence d'Endel, et employeur de Dominique Samson, explique à la justice que « jusqu'à maintenant ce genre d'accidents n'a jamais fait l'objet de déclaration d'accident du travail ».

    Pourtant, des contaminations, il s'en produit dans les installations nucléaires. Si souvent que les syndicats ont alerté la direction d'EDF, qui exploite la grande majorité des centrales françaises, à ce sujet. Que répond l'électricien ? Dans une note interne de 2008 que Mediapart s'est procurée, on découvre qu'EDF demande aux directeurs de centrale de ne pas déclarer comme accidents auprès de l'assurance-maladie les contaminations externes, même en cas de « suspicion de contamination interne », ni les irradiations externes dont la dose reçue est inférieure à la limite réglementaire .

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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Dim 21 Aoû - 12:20

    19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail à Istanbul

    http://www.newspress.fr/Communique_FR_244652_784.aspx

    OIT- Organisation Internationale du Travail

    19/08/2011 10:55:00

    19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail: 11-15 septembre 2011
    Quelque 3000 responsables politiques, experts, dirigeants professionnels et syndicaux de plus de cent pays vont se réunir à Istanbul, en Turquie, du 11 au 15 septembre, pour le 19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail.

    Le 19e Congrès est organisé conjointement par l'Organisation internationale du Travail (OIT) et par l'Association internationale de la sécurité sociale (AISS), en collaboration avec le ministère du Travail et de la Sécurité sociale de Turquie, sur le thème «Développer une culture de la prévention pour un avenir salubre et sûr».

    Le Congrès se tient tous les trois ans; c'est le plus grand événement à l'échelle mondiale visant à promouvoir les efforts de réduction des accidents du travail et des maladies professionnelles dans le monde du travail. Dans son rapport au Congrès, l'OIT évaluera l'impact global des maladies et accidents liés au travail et passera en revue les stratégies nationales et internationales destinées à améliorer la sécurité et la santé au travail.

    La Déclaration de Séoul sur la sécurité et la santé au travail, adoptée lors du 18e Congrès mondial en 2008, reconnaît, pour la première fois dans une déclaration internationale, le droit à un environnement de travail sûr et salubre comme un droit de l'homme fondamental. Le Congrès mondial a pour but de renforcer l'engagement mondial pour la promotion d'une culture de prévention en faveur de la sécurité et de la santé; il fera le point et s'appuiera sur les actions entreprises depuis 2008.

    Les participants au Congrès mettront l'accent sur la nécessité de développer et d'entretenir une culture de prévention dans le domaine de sécurité et de la santé au travail (SST) en débattant des approches globales et proactives de la SST; de l'introduction et de l'application d'une démarche systémique de la SST au niveau national; de l'instauration de partenariats mutuellement bénéfiques et de l'innovation en faveur de la SST grâce au dialogue social; des nouveaux défis d'un monde du travail en mutation et à l'heure de la mondialisation; et de toute une série d'autres thèmes.

    Le Congrès comprend aussi un Festival international du film et du multimédia organisé par l'AISS qui verra concourir plus de 200 courts métrages et présentations multimédias sur la sécurité et la santé au travail. Une exposition internationale sur le même thème se déroulera parallèlement au Congrès et fera découvrir les technologies et les produits d'une multitude d'entreprises opérant dans le domaine de la SST.

    Des visites techniques seront également organisées pour les participants qui souhaitent voir par eux-mêmes comment les problèmes de sécurité et de santé au travail sont gérés dans les grands secteurs d'activités.


    19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail: http://www.safety2011turkey.org
    Le 19e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail a lieu du 11 au 15 septembre 2011 à Istanbul, en Turquie. Organisé tous les trois ans, c'est le plus vaste événement mondial consacré à la prévention pour les dirigeants politiques et les spécialistes de la SST. Le 19e Congrès est organisé conjointement par l'Organisation internationale du Travail et l'Association internationale de la sécurité sociale, en collaboration avec le ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale, sur le thème «Développer une culture mondiale de la prévention pour un avenir salubre et sain». www.safety2011turkey.org


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    Re: Conditions de travail

    Message par bye le Jeu 22 Sep - 12:04

    Le travail, facteur d’isolement ?

    Au chevet de l’organisation du travail

    Dr Blandine Devaux

    Septembre 2011

    Quelles pathologies liées au travail observez-vous sur votre région ?

    Dr Blandine Devaux – L’institution de la médecine du travail vit un paradoxe. Créée en 1946, elle n’a pas eu pour objet de produire de la connaissance sur la morbidité des salariés. Si bien que soixante-cinq ans après, alors que tous les salariés ont été reçus en visite médicale tous les ans, nous disposons de très peu de données objectives relatives à leur état de santé [1].
    En Haute-Normandie, plus des trois quarts des maladies professionnelles reconnues et indemnisées sont des affections péri-articulaires provoquées par des gestes ou postures de travail et des pathologies lombaires. Une maladie professionnelle sur cinq est liée à une exposition à l’amiante. Dans un cas sur six, il s’agit d’une surdité professionnelle. Mais les données sur les maladies professionnelles ne sont qu’un reflet tronqué de la réalité. Elles résultent d’un compromis social dans une logique de réparation, qui se cristallise autour de la création et la révision des tableaux de maladies professionnelles. De nouvelles conditions de travail et une meilleure connaissance du sujet ont contribué à en allonger la liste ces quinze dernières années, mais la sous-déclaration reste une réalité : les chiffres de cancers professionnels, par exemple, sont très inférieurs au nombre de cas attribuables estimé par l’institut de veille sanitaire.
    À défaut de données régionales systématiques, plusieurs enquêtes [2] éclairent cependant les évolutions des conditions de travail en France. Depuis 1994, elles montrent que l’exposition à la majorité des contraintes (physiques, biologiques, chimiques et psychiques) auxquelles sont soumis les salariés a augmenté. Enfin, plusieurs études régionales apportent des informations sur les pathologies à l’origine des inaptitudes médicales au poste de travail. En Haute-Normandie [3], les secteurs du BTP et des services à la personne sont plus touchés par le phénomène, le plus souvent en raison de pathologies de l’usure ou d’une hyper-sollicitation physique et/ou psychique. Il s’agit surtout d’atteintes articulaires (troubles musculo-squelettiques dans 55 % des cas) et de troubles mentaux et psychologiques (18,5 % des inaptitudes). Ces constats sont identiques depuis 2005. On observe aussi une surreprésentation des seniors : en 2005-2006, ils représentaient 45 % des salariés déclarés inaptes, mais 17 % seulement des effectifs.

    Voyez-vous évoluer les pathologies face aux nouvelles organisations de travail ?

    Dr Blandine Devaux – Ce ne sont pas les pathologies qui évoluent mais leur expression. Reste qu’on s’interroge quand, malgré le progrès technique, l’automatisation et la robotisation qui laissaient présager une diminution de la charge de travail, on voit apparaître beaucoup de pathologies de surcharge psychique et physique : burn-out, troubles musculo-squelettiques, syndrome anxio-dépressif. Ces pathologies concernaient auparavant les travailleurs exposés à des tâches à fortes contraintes physiques. Aujourd’hui, ce sont aussi les employés de bureau qui s’en plaignent.
    L’être humain ne se résume pas à un corps répondant à une mécanique biologique. Pour être en bonne santé, il a besoin de sens, de but, de valeurs, de connaissance, d’attention, de respect, de sécurité, ce qui nécessite un espace de verbalisation, qui donne l’occasion d’apaiser les tensions dues au travail… Or les organisations de travail ont réduit, voire supprimé, ces temps de travail non directement productifs. La mise en concurrence, l’évaluation davantage individuelle, favorisent les situations d’isolement et conduisent progressivement au délitement du collectif et de la solidarité entre salariés. Dès lors, il existe un risque pour l’entreprise d’entrer dans un processus délétère pour la santé individuelle et l’équipe de travail : plaintes, accidents de travail, aléas, malfaçons…
    Lorsque la parole devient impossible, c’est le corps qui s’exprime. Même sans données épidémiologiques pour l’étayer, on le constate en consultation : le développement de complications de type algodystrophie (syndrome douloureux locorégionaux) est plus fréquent lorsque le traumatisme de l’appareil locomoteur fait suite à un accident de travail qu’après un accident domestique. « L’apparition de troubles musculo-squelettiques, de phénomènes de ‘harcèlement’, de démotivation, de phénomènes anxieux », relèvent Fabienne Bardot et Annie Loubet-Deveaux [4], « doit systématiquement faire rechercher des problèmes d’organisation du travail qui ne peuvent plus se régler, car on ne peut plus se parler du réel, faute de lieu, faute de temps. ». Christophe Dejours parle de pathologies « du harcèlement » et « de la solitude » [5].

    Que représente l’inaptitude au travail dans votre région ?

    Dr Blandine Devaux – En Haute-Normandie, les inaptitudes représentent 1,2 % des avis émis par les médecins du travail. Les personnes définitivement inaptes représentent moins de 0,6 % de la population salariée. Elles travaillent essentiellement dans des entreprises de moins de 50 salariés. Dans les grandes entreprises, les modalités de retraite anticipée ou d’arrêts prolongés ont longtemps offert des solutions temporaires jusqu’à la retraite. Mais la réalité démographique et les évolutions réglementaires laissent présager que les médecins du travail vont devoir aider les entreprises à faire face à davantage de situations personnelles difficiles. Les textes portant sur la pénibilité ne permettront de résoudre que partiellement le problème.
    Dans des situations de conflit, de mal-être, la procédure d’inaptitude est une demande de certains salariés qui cherchent à rompre leur contrat de travail sans démissionner. Quelques employeurs y voient aussi une solution rapide pour régler un différend et transférer leur responsabilité sur le médecin du travail. Mais la solution est souvent illusoire, car la procédure fait peser sur l’employeur une forte obligation d’aménager le poste ou de prouver l’absence de poste.
    En Haute-Normandie, le nombre d’avis d’inaptitude a baissé de 17 % entre 2004 et 2009 ; la possibilité de rupture conventionnelle du contrat de travail est une des explications, car cette procédure apporte une voie juridique pour quitter l’entreprise tout en pouvant s’inscrire au chômage : l’inaptitude n’est plus la seule option dans pareil cas. En revanche, l’activité des médecins du travail ne baisse pas. Sur la même période, le nombre d’équivalents temps plein a chuté de 25 % dans la région et les effectifs de salariés suivis par chaque médecin ont été multipliés par deux ou trois : 2 800 en 2004, entre 4 500 et 9 000 en 2009. Les cas d’inaptitude traités par chaque médecin ont augmenté de moitié, alors que les problématiques des salariés – ceux pour lesquels la rupture conventionnelle n’est pas possible – sont devenues plus complexes.

    Quel rôle l’entreprise fait-elle jouer au médecin du travail qui prononce un avis d’inaptitude ?

    Dr Blandine Devaux – L’avis d’inaptitude survient le plus souvent après un long processus (multiples arrêts de travail et reprises, sur une période de un à trois ans pour les troubles musculo-squelettiques), alors que dans les trois quarts des cas, il n’existe pas dans l’entreprise de poste adapté disponible. Par ailleurs, l’influence des contraintes psychosociales sur l’inaptitude est grandissante. La souffrance mentale liée au travail n’est pas récente mais elle est davantage verbalisée depuis 2002, date de son inscription dans le Code du travail. Face à des situations de travail difficiles, des salariés n’ont parfois d’autres moyens que d’utiliser le langage du corps pour exprimer leur mal-être. Ils cherchent une réponse médicale à une problématique d’un autre ordre ou à la gestion d’un conflit interpersonnel. Le médecin du travail leur offre alors le seul espace où la parole concernant le travail se libère. Mais il dispose trop rarement du temps disponible pour accompagner le salarié en souffrance, ou le collectif de travail en crise : l’inaptitude lui paraît alors la seule solution.
    Et la réponse satisfait le plus souvent toutes les parties ! Le médecin exerce son rôle de pathologiste clinique, le salarié se sent protégé par son statut de victime et le cadre dispose d’une réponse temporaire à un problème de personne. Chacun attend une solution, plus souvent financière que médicale, qui le déresponsabilise. Dès lors, des conflits individuels sont souvent réglés via l’inaptitude au poste de travail. Mais rapidement, c’est le désenchantement. Le cadre n’a pas réglé le problème du collectif de travail et se retrouve confronté à des situations similaires. Le salarié perd son travail, ses revenus et entretient un processus pathogène de rancœur vis-à-vis de l’entreprise qui ne facilite pas sa recherche d’emploi. Les collègues ou les cadres pensent que le médecin s’est fait manipuler ou voient en lui le seul recours pour échapper à la crise collective. Le médecin du travail se trouve bientôt confronté à d’autres demandes d’inaptitude et perd son crédit dans l’entreprise. C’est ainsi que s’engagent des procédures de contestation d’aptitude auprès de l’inspecteur du travail.
    Ces stratégies de fuite dans la maladie ou l’inaptitude introduisent un biais dans l’impact du travail sur le corps et donc sur le développement des pathologies professionnelles. La prise en compte de la santé mentale peut rééquilibrer le problème, car le lien à une situation de travail délétère est reconnu. Pour autant, il n’existe pas de tableaux cliniques d’atteinte à la santé mentale propres à tel ou tel type de conditions de travail. Une solution existe-t-elle pour concilier santé des salariés, allongement de la durée de vie au travail et efficacité productive dans l’entreprise ? Le travail reste une aliénation, mais l’être humain ne peut être considéré comme une simple variable d’ajustement, quand ce sont l’argent, la gestion, les actionnaires, le conseil d’administration qui prévalent.
    Le défi est dans l’organisation du travail. On ne trouve plus ni la régulation et l’entraide dans les collectifs de travail, qui favorisaient un allègement de l’activité, ni le mode de management participatif, qui prenait en compte les difficultés des salariés. Dès lors, la défaillance de l’un du fait de son état de santé peut-elle être assumée par les autres à leur corps défendant ?

    Le médecin du travail ne peut-il pas s’emparer du comité hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT) pour aborder les conditions de travail dans leur dimension collective ?

    Dr Blandine Devaux – La médecine du travail est fondée sur la notion de prévention secondaire : le dépistage de maladie. Depuis 1946, son rôle a été centré sur l’acte médical individuel. La demande des employeurs, que la réglementation rend pénalement responsables d’une carence en ce domaine, est d’avoir « ses visites médicales à jour ». Les partenaires sociaux considèrent cette visite comme un acquis social. D’où un enfermement progressif de l’image et de l’action de la médecine du travail française dans un suivi individuel.
    Mais depuis 2002, le développement des risques psychosociaux en souligne les limites : l’action individuelle sans action collective est inopérante. La gestion de ces risques oblige le médecin à se positionner comme un acteur légitime pour donner le point de vue de la santé au travail. Il ne s’agit pas de dénoncer sans analyse une situation délétère, mais d’établir un diagnostic de situation à partir des données de santé recueillies lors de visites médicales et à partir du contexte de l’entreprise. Le médecin inscrit son action dans une perspective transdisciplinaire qui étudie les relations entre les individus, et avec leur environnement. Il qualifie ainsi la plainte et met à la disposition de l’employeur, des salariés et de leurs représentants des informations et des outils leur permettant de faire des choix. Au-delà d’un rôle d’alerte, renforcé par la loi du 20 juillet 2011 [6], le médecin du travail a donc vocation à accompagner les partenaires sociaux dans le dialogue social, en les aidant à problématiser les questions de santé. En cohérence avec les principes de la directive européenne de 1989 fondée sur la prévention primaire, il apporte aux membres du CHSCT des outils de compréhension de la situation et des pistes d’action, tel que le recours à une intervention extérieure pour établir un état des lieux, mettre en œuvre des changements en faveur de la santé et les évaluer.
    La promotion de la santé au travail passe par une approche participative, qui soutienne l’habileté des individus et des collectivités à développer les comportements sains. La charte d’Ottawa (1986), issue d’un mouvement en faveur de la santé publique dans le monde, précise que la promotion de la santé est le « processus qui confère aux populations les moyens d’assurer le plus grand contrôle sur leur propre santé et d’améliorer celle-ci ». Une telle démarche suppose que le médecin du travail déborde la logique de la visite médicale pour appréhender autrement les problèmes de protection de l’homme au travail. Faute de quoi, son unique réponse aux risques psychosociaux dans l’entreprise sera la prescription de l’inaptitude.
    La pénurie de médecins du travail, notamment dans notre région, en conduit certains à désinvestir l’intervention en milieu de travail et les actions collectives pour n’assurer que les visites médicales dites urgentes. Avec près de 8 500 salariés par médecin, même les visites de reprise ne sont pas toutes possibles. Le suivi médical individuel demande d’être repensé pour être articulé à une dimension collective.

    Propos recueillis par Christophe Duval-Arnould et Jean Merckaert



    Dr Blandine Devaux,

    Blandine Devaux est médecin inspecteur régional du travail en Haute-Normandie.

    Notes

    1 Hervé Gosselin suggère d’ailleurs d’accroître la contribution de la médecine du travail à la veille sanitaire et à l’épidémiologie (« Aptitude et inaptitude au travail : diagnostic et perspectives », Rapport pour le ministère délégué à l’emploi, au travail et à l’insertion professionnelle des jeunes, janvier 2007).

    2 Enquêtes SUMER (Surveillance médicale des risques professionnels) et conditions de travail portées par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et la Direction générale du travail.

    3 Étude CASIM 2005-2006 et 2008-2009.

    4 « Une nouvelle pratique : la clinique médicale du travail », Travailler, 2003/2 n° 10, pp. 13-38.

    5 « Aliénation et clinique du travail », Actuel Marx, 2006/1 n° 39, p. 123-144.

    6 Loi relative à l’organisation de la médecine du travail, qui réaffirme fortement ce rôle à l’article 2 : « Lorsque le médecin du travail constate la présence d’un risque pour la santé des travailleurs, il propose par un écrit motivé et circonstancié des mesures visant à la préserver ».





    Pour citer cette page

    Dr Blandine Devaux, « Au chevet de l’organisation du travail », Ceras - revue Projet n°323, Septembre 2011. URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=5220.

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