LIBRE DISCUSSION DANS LES COULISSES DE DEMAIN

Débattons en toute liberté, dans le respect de l’autre, sur tous les sujets qui composent notre société : politique, économie, environnement, religion, philosophie, paranormal, sciences, famille, santé, mode, sexualité, loisirs, sports, divertissements…

Derniers sujets

» Gel des postes et du budget de l’éducation nationale : non, cette école ne nous convient pas !
par bye Mer 12 Juil - 13:56

» G 20 Hambourg
par bye Lun 10 Juil - 11:51

» Handicapée, je ne peux continuer à enseigner dans mon académie
par bye Mer 5 Juil - 6:21

» Pour une éducation populaire féministe
par bye Lun 12 Juin - 18:20

» La CNT a écrit aux Éditions Belin
par bye Mar 6 Juin - 10:20

» Blanquer ministre de l’Education nationale : au secours, Sarkozy revient !
par bye Jeu 25 Mai - 11:08

» L'accaparement des terres en Birmanie
par bye Mer 17 Mai - 18:42

» Un enseignant kurde témoigne...
par bye Lun 15 Mai - 17:50

» La métamatière et le Roi de la Terre
par De Bortoli Claude Mar 2 Mai - 9:52

» Au-delà des élections
par bye Mer 26 Avr - 17:26

» Les Etats-Unis ont utilisé leur plus puissante bombe non-nucléaire en Afghanistan, une première
par bye Dim 23 Avr - 18:35

» « Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël »
par bye Dim 23 Avr - 18:31

» « Enculé, ordure ! ». Philippe Poutou insulté par les flics
par bye Dim 23 Avr - 18:25

» La Sécurité sociale, une assistance ou un droit ?
par bye Dim 23 Avr - 18:22

» Birmanie: pour établir un mécanisme indépendant de réexamen de tous les cas de prisonniers politiques
par bye Ven 21 Avr - 6:02

» Gatti est mort. A la Parole Errante ses mots résonnent encore !
par bye Mer 12 Avr - 18:21

» Turquie : appel urgent au monde enseignant, aux associations et syndicats…
par bye Lun 3 Avr - 18:21

» APPEL À LA MOBILISATION CONTRE LE PROCHAIN SOMMET DE L’OTAN !
par bye Sam 1 Avr - 5:30

» Communiqué de presse de SUD éducation Guyane du 28 mars
par bye Jeu 30 Mar - 10:16

» Qu’est-ce qui ne va pas avec l’arabe à l’école ?
par bye Ven 24 Mar - 12:03

» Libérons l'oisiveté !
par bye Ven 17 Mar - 19:05

» Quand Espérance banlieues bat la campagne
par bye Ven 17 Mar - 19:00

» 8 mars : luttons toutes et tous pour l’égalité des droits !
par bye Mer 8 Mar - 11:01

» Désarmer la police, la proposition pas si saugrenue du NPA
par bye Mar 7 Mar - 12:50

» Fin du dispositif des Caomi: quelle orientation pour les mineurs isolés de Calais ?
par bye Sam 4 Mar - 9:58

» Les fonctionnaires répondent aux "menaces" de Marine Le Pen
par bye Sam 4 Mar - 6:25

» Réduction des indemnités et contrôles drastiques : Macron s’attaque aux chômeurs
par bye Sam 4 Mar - 6:22

» L'avenue Serge Dassault à Corbeil-Essonnes doit être débaptisée !
par bye Sam 4 Mar - 6:20

» Nouvelle révélation du Canard Enchainé : les copinages de Hamon et LVMH
par bye Sam 4 Mar - 6:18

» Une nouvelle menace pour les étrangers
par bye Mar 21 Fév - 12:02

» "Vous êtes la candidate du nanti-système", lance Charline Vanhoenacker à Marine Le Pen
par bye Lun 20 Fév - 20:30

» Vaccins : Marisol Touraine va-t-elle faire respecter la loi ou satisfaire les labos ?
par bye Lun 20 Fév - 20:26

» La tension monte d’un cran entre les Etats-Unis et le Venezuela
par bye Lun 20 Fév - 20:23

» Vandana Shiva : « Gandhi est plus pertinent qu’il ne l’a jamais été »
par bye Lun 20 Fév - 20:16

» Vague de froid en Europe : les migrants vulnérables
par bye Mar 7 Fév - 17:59

» Le centre pour les femmes et les familles migrantes a ouvert ses portes à Paris
par bye Mar 7 Fév - 17:56

» Des incidents éclatent à Aulnay-sous-Bois après les soupçons de viol de policiers
par bye Lun 6 Fév - 18:23

» Le maire rejette l'étude d'UFC-Que choisir sur l'eau potable
par bye Lun 6 Fév - 18:20

» DOCUMENT. Voici le contrat de travail de Penelope Fillon
par bye Lun 6 Fév - 18:17

» Le Hezbollah scrute avec inquiétude la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient
par bye Lun 6 Fév - 18:14

» Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale
par bye Mer 18 Jan - 20:06

» Délinquants solidaires : Pour en finir avec le délit de solidarité
par bye Mer 18 Jan - 13:29

» ACTUALITÉ SOCIÉTÉ ET POLITIQUE
par gramophone Sam 14 Jan - 11:34

» votre permis de conduire à portée de main
par neil89 Ven 13 Jan - 23:51

» Poursuivre la mobilisation pour une carte élargie des lycées de l’Education Prioritaire, en grève le 10 janvier !
par bye Mar 10 Jan - 11:50

» Grenade de désencerclement : un CRS mis en examen
par bye Sam 7 Jan - 20:59

» Les trois visages du vote FN
par bye Sam 7 Jan - 20:46

» Les deux jambes du militantisme
par bye Sam 7 Jan - 20:37

» Condamnés aujourd’hui pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe
par bye Sam 31 Déc - 10:17

» Échapper au chaos
par bye Jeu 22 Déc - 17:53

» Le sénateur Carle coupable de détournement de fonds publics ? SUD éducation le dit depuis 2009 !
par bye Jeu 22 Déc - 15:06

» Maths : résoudre un problème
par bye Lun 12 Déc - 13:25

» Journée Internationale des droits de l'Homme: une situation inquiétante en Birmanie
par bye Dim 11 Déc - 11:17

» Comment les services de renseignement font la chasse aux employés des télécoms
par bye Sam 10 Déc - 18:54

» ET SI LE MASCULIN NE L’EMPORTAIT PAS SUR LE FEMININ ?
par bye Sam 10 Déc - 18:49

» Un document interne provoque un malaise à la SNCF
par bye Sam 10 Déc - 18:38

» Le gouvernement repousse l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
par bye Sam 10 Déc - 18:29

» Légitime défense des policiers : faut-il tordre le droit ?
par bye Ven 9 Déc - 19:29

» Cadeau de fin d’année, un casier scolaire pour tous les marmots
par bye Mar 6 Déc - 13:59

» Violences policières, violences d’Etat
par bye Mar 6 Déc - 13:54

» La métamatière, les élites et les gouvernants
par De Bortoli Claude Ven 2 Déc - 9:54

» Comment les stups ont enfumé la justice
par bye Jeu 1 Déc - 12:26

» Quel opérateur
par bye Jeu 1 Déc - 12:24

» Fillon président ? Un coup de massue pour l’école
par bye Mer 30 Nov - 17:54

» « Pourquoi j’ai secouru des réfugiés. » Monument en l'honneur de Pierre-Alain Mannoni
par bye Mar 29 Nov - 13:06

» Jean-Luc Mélenchon ne passera pas au second tour de la présidentielle s'il ne se décide pas à parler au peuple
par bye Mar 29 Nov - 13:03

» Graeme Allwright : il t'a laissé la carte qui est si délirante qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
par bye Mar 29 Nov - 13:00

» Mort de Fidel Castro : bilan de santé de la révolution castriste
par bye Mar 29 Nov - 12:57

» Vinci, piraté par des hacktivistes
par bye Ven 25 Nov - 18:38

» Le Mouvement de la Paix solidaire de la lutte des infirmières et infirmiers
par bye Ven 25 Nov - 18:35

» presentation de moi
par bye Ven 25 Nov - 18:30

» tests
par Matteo13 Mer 23 Nov - 7:48

» Un système d'accueil italien saturé face au nombre toujours aussi important d'arrivées
par bye Lun 21 Nov - 19:08

» Comment fonctionnera le « centre humanitaire » de Paris ?
par bye Lun 21 Nov - 19:06

» Un quart des enfants européens est menacé par la pauvreté
par bye Lun 21 Nov - 19:02

» Cuba : Le Conseil d’État décrète l’amnistie de 787 condamnés
par bye Sam 19 Nov - 11:11

» TURQUIE : Cesser la « chasse aux sorcières » à l’encontre des employé(e)s de l’éducation
par bye Jeu 17 Nov - 18:57

» Ces magnats français qui contrôlent les médias
par bye Dim 13 Nov - 12:23

» Chômage, retraites et revenu universel : et si un cocktail était la bonne solution ?
par bye Dim 13 Nov - 12:20

» L'ANTIRACISME ET LA GAUCHE RADICALE SONT-ILS IRRÉCONCILIABLES?
par bye Dim 13 Nov - 12:16

» L'Amérique de Donald Trump
par bye Dim 13 Nov - 12:09

» Un an après les élections en Birmanie ...
par bye Mar 8 Nov - 18:59

» Fichier des Français : les oublis et les erreurs de Cazeneuve et Urvoas
par bye Mar 8 Nov - 11:54

» Burkina Fasso : Grève dans l’éducation les 3 et 4 novembre
par bye Mar 8 Nov - 11:49

» "Ni rire, ni pleurer, ni haïr. Comprendre"
par bye Mar 1 Nov - 11:58

» Besoin de crédit personnel
par filhastreanne Lun 31 Oct - 2:32

» L’usage informationnel acritique d’Internet à l’école primaire
par gramophone Dim 30 Oct - 10:06

» Un maire serbe à Srebrenica, tout un symbole, 21 ans après le massacre
par bye Lun 24 Oct - 12:39

» L'Arctique : eldorado ou mirage?
par bye Lun 24 Oct - 12:36

» Après le viol et le meurtre barbare d'une adolescente, les Argentines ont arrêté de travailler
par bye Lun 24 Oct - 12:33

» Si la mise en scène des manifestations spontanées de policiers, organisées en pleine nuit dans les rues de Paris, ont pu surprendre les riverains, elles inquiètent également la majorité à l'approche de la présidentielle.
par bye Lun 24 Oct - 12:30

» Sommet de Bratislava : vers une convergence des approches "sécuritaires" sur les questions migratoires ?
par bye Jeu 20 Oct - 18:28

» Démantèlement de Calais : quel plan de répartition pour les migrants ?
par bye Jeu 20 Oct - 18:26

» Première défaite pour Viktor Orbán
par gramophone Jeu 20 Oct - 6:27

LE SITE

Dans Les Coulisses de Demain

FORUMS & SITES AMIS

FORUM EST INSCRIT SUR


    Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Partagez

    tarte à
    Invité

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par tarte à le Mer 18 Mar - 22:10

    Ce qui va » , Claude Vercey – éditions le Dé
    Bleu –

    ce qui va, c'est que tu sois là!, Amadù By éditions les Dés espoirs sont par minous!!










    décidement, c'est le mois du chat! d'iran nous!








    scratch drunken
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Jeu 19 Mar - 6:05

    Au milieu





    Il se fige maintenant au milieu du pont, de la ville,


    De plus en plus semblable à une statue de cerf effondré


    Que le soir couvre comme un manteau et par le bord ondulant


    Transmet son frisson, déjà faible, à l’eau du fleuve, au
    grondement


    Lointain du trafic


    Sur les quais. Etouffant sous le poids des mères entassées,
    il s’interroge en silence


    Sur le secret d’une pitié sans nom qui, dans la pénombre,
    attendrit jusqu’à la pierre ;


    Le mot parapluie s’élève dans son regard, face au crachin,


    Comme une étoile de lambeaux noirs. Il n’y a pas où
    fuir ; sauf, comme d’habitude,


    Vers le centre tremblé de sa propre masse. Et vers l’éclair
    qui en fend


    La pierre par sa


    Veine d’or,


    Nouveau croisement.





    Le réveil





    Tu sais maintenant : le train qui vient de passer n’était
    pas un train


    Mais un pan du lointain replié sur lui-même, dans le matin,


    Depuis l’horizon étranger, la fraîcheur vers le haut.


    Et le parc qu’il a ainsi révélé sous le parc est une salle
    nue, sans parois,


    Entourée de toute part des seules vitres de l’instant


    Que lavent, à fond, le froid


    Et les cris retombant des petits





    Je t’appelle





    Tu réponds dans la pénombre des limbes lointains


    Sur laquelle vous régnez seules, avec tes sœurs, par des
    murmures


    Complices


    Où ma sonnerie se perd, interloquée,


    A peine eut-elle le temps d’en repêcher ta voix.


    La voix qu’en vain j’appâte – sans cesse elle se dérobe dans
    ce susurrement


    De robes et de laines, de tissages, dans les craquements
    obstinés de bûchettes pour le feu, les claquements des langues trempés avec patience


    Avant qu’ils comblent la fissure dans la masse du Sphynx.
    Déjà, tu fais retomber le combiné, lourde paupière,


    Te recouches à côté des autres, sous l’aile protectrice


    De l’aînée. Sœur dont le sexe, pour tout goût, a la fadeur
    du frisson pluvieux


    De l’arbre affleurant à peine dans la vitre déserte.





    Le lendemain





    Toute la nuit, la pluie tomba si obtuse dans les jardins


    Que quelqu’un, là-bas, semblait enterrer en secret des tas
    de morts.


    Tous, pourtant, sortent maintenant le nez au soleil


    Pour humer l’air bleu sur la jetée luisante,


    S’asseyent, le pinceau en main, devant le chevalet,


    Ecoutent brièvement avant de saisir le marteau


    Et couvrir le silence en eux par des coups ; presque


    Comme si c’était toujours eux-mêmes, et en face de nouveau
    se levait l’étendue


    De jours prochains. Même toi, pour un peu, tu vivrais
    vraiment ici,


    Tournée vers mon amour sous l’azur briqué à l’os – ce qui
    continue, par bonheur,


    Ne cesse d’être une guerre ; le souffle des salles
    bleues au fonds des terrains de jeu déserts,


    L’éclair lent et nu ce la dormeuse, comme maintenant elle
    glisse , à peine réveillée,


    A travers la chambre d’après-midi, disent eux-mêmes
    seulement « toute la nuit


    Dans les jardins, pluie assassine et enterrement en
    secret »





    Eux





    Viennent les envoyés ; quelque chose derrière la tête,
    la serviette pleine de murmures d’insidieux


    Papiers, comme couverts par l’eau des ans.





    Ils viennent, lustrés de frais, obscurs jusqu’à l’intime.


    S’agiter avec des gestes experts dans la masse de la saison,





    Envahir les salles et les tables, hors de la portée des
    familles


    En train de mûrir. Ils vont, pleins d’intentions, le vide
    bat encore en eux ,





    Demain, à chaque pas, bâille entre els jambes,


    Les envoyés, cliquetis vifs de pointes-bic, de mallettes,





    Nécessaire à la marche, frisson courroucé des bâtons de
    messieurs nonobstant l’indifférence des jardinets, près du chemin. Vont
    parlementer , le temps à la recherche d’un nom





    Roule aveugle. Sur la langue de chacun un discours
    d’ouverture, déjà prêt à claquer,


    Et entre chacun et tous la même plaine sans bords.





    Petr Kräl





    Revue « Le Mâche-Laurier » n° 1
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Ven 20 Mar - 6:09

    Il y a un arbre devant les larmes.





    Il n’est pas l’absent, il n’est pas l’absolu,


    C’est des milliers de feuilles sans nom.


    Il y a un arbre et pas de larmes.





    Le ciel aussi, le repas du visage.





    Moi qui suis dans le paysage,


    Il y a un enfant là-dedans.





    Un visage plus petit monte pour que l’œil apparaisse. Je me
    penche sur l’eau réveillée où le mien se baigne et va l’être.


    La fleur que l’eau redresse.





    Les nuages que le ciel prononce.





    On dit, donner le jour. Heureux, si c’était.


    Il fait jour, oui, mais tant de mains lâchées


    Qu’autant manger son poing et sourire à moins.





    Mais viens.





    Je bois aussi à l’arbre.





    Autant de fois qu’il veut l’homme peut frapper du sexe pour
    entrer , la maison était sans murs.Mais un enfant est monté, c’est lui les
    ailes de coups inconnus, les fronts qui dansent.





    Je n’ai que des robes blanches, même les sombres


    Vont. Bateaux qui ont des jambes, mon petit.





    On est poussée par une main dans les reins


    Large, si large qu’elle ne se montre pas.





    J’embrasse de l’arbre le visage mentalement.











    Neige en Novembre, Noël en décembre





    Le ciel a basculé dans notre sens,





    Qui ne l’attendons jamais aussi blanche.





    Catherine se réveille. Qui me dira son âge ? A qui est
    derrière son visage ?





    Touchant, ne bouge plus la neige.





    XX





    La terre attendait.





    C’est une fois le rêve tellement jour.


    Qu’on peut mettre dans sa main


    Et c’est différent.





    La pluie tombe mais la neige atterrit.





    XX





    Elle seule ouvrant la porte de Noël.





    Une petite fille qui me regarde me remet en face. Ce que je
    veux, ce que je peux, ce que je montre.





    Catherine se réveille. Est-ce que c’est le jour ? Pour
    s’assombrir, pour se coucher peu à peu et c’est demain ? On m’a mise sur
    la terre.





    XX





    Je me retourne dans la durée et j’écrase les fêtes.





    Parfois en ouvrant cette fenêtre


    On voit la neige pour nous dire de marcher.





    Et c’est un jour et aps deux.





    XX





    Catherine ouvre els yeux


    Car la neige réveille dehors et dedans





    Les mots aussi trouvent la page, lui donnent


    Les pas dans la neige, le sang petit à petit.





    Alors je sors.





    XX





    Nous sommes debout en rêve.





    La neige danse comme si elle ne descendait pas





    Mais dans la bouche les hosties immédiates


    Qui ont donné comme els accents de la poésie


    A boire à boire à boire.





    XX





    Ainsi le cœur dure par petits coups.


    C’est cette distance battante entre les flocons.





    Je serre très fort les mains de Catherine.


    C’est aussi peu que deux flocons pendant qu’ils tombent mais
    c’est écrit.


    Je serre fort ses mains jusqu’à les tremper.





    Si mourir était cette douceur de tomber pour aller embrasser


    Toute une face dans sa noblesse d’abord


    Et sa pauvreté surtout.





    La neige est le cadeau qui enveloppe la terre.





    XX





    Tournant la tête


    Regarde ce sourire qui arrive si vite au visage,


    Ce beau sourire qui réveille


    Et qui est une seconde.





    Mais en vomissant très longuement cela peut être amoureuse.





    XX





    Au bout d’un moment la neige s’arrête


    Même si j’essaye que les mots arrivent


    Que j’appelle comme une musique déportée





    Flocons noirs quand on essaye en paroles.





    XX





    La neige n’attend que nous pour faire de la boue.





    Et c’est encore d e l’eau.





    Ariane Dreyfus « Les miettes de décembre »
    Editions Le dé Bleu





    Ariane Dreyfus est née le 6 octobre 1958. Elle a publié des
    articles critiques sur Nabokov, Jacottet, J.Sacré et d es poèmes dans des
    revues. Plusieurs recueils et plaquettes sont parus, chez Tarabuste, les
    éditions De, Flammarion,..





    « Une petite fille arrive en courant ». Elle
    arrive dans les mots : quelques chose de vivant, déjà morte souvent. Elle
    a plusieurs noms, Catherine, Carrie, d’autres ; peut-être aussi celui
    d’Emilie, sa maman. Une petite fille, une maman, un je qui les conjugue et les
    écartèle. Le feu, le vent, lui qui n’a pas de nom.


    Une petite fille, ça va de soi ; mais c’est aussi les
    phrases qui arrivent en courant, la grammaire et els mots qui trébuchent parce
    que trop ou mal vivants.


    On entend de la tragédie et d’innocentes rengaines
    d’enfance, un récit qui s’émiette en douleurs. Quelque chose manque :
    « voyez comme els mots ne disent rien ». mais on les voit :
    « visage arrêté dans la langue ».


    Les poèmes d’Ariane Dreyfus : leur « eau se
    mêle » ; écrire « éclabousse ».


    « Une petite fille arrive en courant


    elle respire d’avoir couru ». Nous aussi.





    James Sacré
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Sam 21 Mar - 8:31

    Bête, j’entre avec la faim de m’apprendre


    Par les racines qu’on ronge et les commencements.


    Je compte mes doigts, mes dents, les pierres


    Disjointes de la langue ; bientôt


    Je touche au bulbe, au rond du jour ; bientôt


    A la main close comme une mère en sommeil.


    J’apprends le naître, le boire-au-sein,


    Le parler. Le vide sur l’épaule lourde.





    Le vide. Déjà mon toit, ma table.


    Et les commencements sont ravalés.


    Je suis l’ici de la canicule ; l’inutile


    Nœud de toutes les routes ; la clarté ?


    -
    mon ombre qui me devance la piétine


    et s’y brûle les pieds. Le monde se résume


    à ma bouche ensablée dans le désir de dire


    une passerelle, un abreuvoir, un œil.





    XX





    Hauteporte





    Le pas d’un homme creusait. Il ne traçait


    Aucune route. Il avançait en sandales


    Et stigmates, revenait sur soi, pénétrait


    La profondeur. Lèvres coupées, un trou


    Dans le mou de la langue, ses mots raclaient


    La caillasse, roulaient entre els couteaux


    Du vivre-ici. Sa lèpre était lumière.


    Il désignait, oblique et résolu, au nord


    De ce qui sera, l’unique rose cardinale


    Epanouie d’avoir été coupée. Sans elle


    Et serrant son épine, un homme par hauteporte


    Passera : son démantèlement l’a précédé.





    XX





    Une voix dans le désert


    Plante des tentes de mille ans


    Qui brûlent avant l’aube.





    Nomade sans salut


    La rose de roche à la source est-elle


    Bue, comme en silence ?





    Le sol s’ouvre et voici


    Le ventre, le saccage


    Où l’arbre naît avec la peur.





    Des recommencements.


    Le viol est anonyme.


    A chaque jour une arme est vraie :





    Privé de sa langue à jamais


    Le criminel ira sous le soleil


    Maudire un frère, et la cité creuse.





    Cédric Demangeot « Désert natal » éditions Fata
    Morgana
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Dim 22 Mar - 8:43

    Toi mourant man au téléphone pernoctera pas voir papa.


    Le train foncé sous la pluie dure pas mourir oh steu plaît
    tends-moi me dépêche d’arriver.


    Pas mouranrir désespérir père infinir lever courir –


    Main montre l’heure sommes à Vierzon dehors ça tombe des grêlons.


    Nous nous loupons ça je l’ignore passant Vierzon que tu es
    mort en cet horaire.


    Pas mourir steu plaît infinir jusqu’au couloir blanc
    d’infirmières.


    Jusqu’à ton lit comme la loco poursuit vite vers Lyon la
    part-Dieu.


    Jusqu’à ton front c’est terminé tout le monde dans la petite
    chambre rien oublier.








    Là plantée ni bronchante ni pensante ni rien.


    Et de ta façon sûre des arbres et définitive en chêne.


    Comme rien comme personne ta vie.


    Mal mouchée dans des mouchoirs d’au revoir de rêve, soufflée
    d’un coup.


    Du vent, des clous.





    Ne plus tenir debout quelquefois tu disais.


    Depuis quoi j’ai rêvé que je te relevais que je te relevais
    et que tu retombais.


    Dans la pièce la plus froide tu te serais cassé.


    Quand bien même je t’aurais mis debout et tenu aux épaules
    et parlé à l’oreille apporté des lilas ça n’aurait pas marché.


    D’ailleurs je t’ai pleuré dessus ça ne t’a pas remué ni
    quand je t’ai pris ta main dans mes mains bonnes à rien ni rien.


    Tu te serais cassé.


    Trêve d’éternité.





    Valérie Rouzeau
    « Pas revoir » éditions Le dé Bleu





    Née le 22 août 1967 à Cosne-sur-Loire ( Nièvre ) Valérie
    Rouzeau vit à Tours. Elle a publié plusieurs recueils, traduit des poèmes (
    Sylvia Plath, William Carlos Williams, Denise Levertov, Anne Sexton, Emily
    Dickinson,.. )et publie avec Jean-pascal Dubost, dans la revue Décharge, des dossiers consacrés à des
    poètes contemporains.
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Lun 23 Mar - 6:53

    L’ AME DEROUTEE





    L’âme déroutée – un ange, tombé dans la boue


    Des routes, plumé comme s’il était poule,


    Comme s’il était plumeau, las de se battre


    Contre poussière ; obligé de sourire,


    D’être une lumière, telle une ampoule,


    Allumée et éteinte. L’âme, débranchée


    Du mur qui faisait la cour


    A l’ampoule. C’est dur,


    L’âme sèche et saoule !





    Les taches de naissance font preuve qu’au départ tout le
    monde était noir. Ces traces franchissent la peau encore plus sous forme de
    taches de rousseur quand il fait beau, quand il y a du soleil.





    Je tiens à mon albinisme, à ma peau délavée qui cache un
    diamant, suspendu sur les fils des nerfs et des vaisseaux, sur les chaînes de
    ARN et ADN : l’âme, toute noire, brûlée du soleil impitoyable d’amour.
    L’âme, étoile sombre, n’est qu’une membrane, alors on peut la percer si on
    veut. On peut la tuer bien qu’elle soit immortelle.





    La chose est que, quand on touche le fond, on sursaute au
    plafond, à quel propos les autres disent : eh ! oui, il y a des hauts
    et des bas !





    ON EST DANS LE CERCLE





    On est dans le cercle. La fuite centrifuge et le courant
    centripète qui s’entrechoquent. Le bout du cercle rougit de sang échaudé qui
    risque de gicler au-delà, il jette les reflets de flamme partout comme des
    signaux d’alarme.





    L’ourlet du cercle, la coupole où le sperme amoureux grimpe,
    glisse, saute, monte en renversant la hauteur, en tombant en elle.





    Il la remplit en pétillant, et elle gonfle : la voûte
    céleste qui scintille de ses points récepteurs.





    La nuit, dans le vide des réflexions, l’anneau rouge marque
    la frontière entre le creux infini de l’espace et la défense d’entrer : le
    miroir.





    Tatiana Chtcherbina « L’âme déroutée » Ecrits des
    Forges/ Le Dé Bleu





    Née en 1954 à Moscou, Tatiana Chtcherbina a publié six
    ouvrages dans son pays natal. En 1992 paraissait Parmi les alphabets ( le
    castor Astral/Ecrits des Forges), un choix de poèmes traduits en français par
    Christine Zeytounian-Beloüs. L’âme déroutée propose des poèmes écrits
    directement en français, la plupart au cours d’un long séjour parisien.
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Mar 24 Mar - 6:39

    Dans la proximité du vrai








    Le





    Mage le dit comme un mauvais


    Archer l’ombre





    Atteignit au milieu du corps de même le


    Faux son propre





    Monde à côté de lui il dit


    Le Français nous n’avons ni





    Corps ni âme C’est


    Bien sûr des apparitions





    Nous sommes dans le vrai monde


    Des fantômes Jésus avait





    Parlé d’illuminés





    XXXXX





    Comment





    Dit il depuis le futur


    Le mage Pourquoi nous devrions





    Nous pensant au mensonge de notre nature


    Etre horrifiés si nous





    Considérons que ce n’est pas le choix


    Du vrai mais celui





    Du faux qui est une loi


    De notre volonté





    XXXXX





    Le





    Faux comme on le comprend ici


    Est en tant que faux non exact





    Non pas un contraire mais situé


    Dans la proximité du vrai





    Entièrement dans d’autres


    Positions il pénètre





    Dans le vrai tout en ceci est


    Alors privé de cette violence





    D’une affirmation absolue il est


    Pourrait on dire trop faible





    Pour cela





    XXXXX





    La plupart juste comme exemple


    De ce que nous retirons de


    Cette nature ici





    Et transformons comme elle ne peut


    Du tout exister sans elle et


    Ce qui d’elle est





    Faux à notre sens le devient


    Seulement parce que dans elle c’est


    Faux ce qui signifie





    Que le faux ne peut absolument pas


    Etre là inexact pour nous cela fait


    En somme peu de différence





    XXXXX





    Quasiment





    Sans arrêt on passe pourtant


    De l’un à l’autre





    Et ce n’est pas si


    Facile comme





    Si ici tout devait être


    Vrai et





    Là tout devenir


    Faux rien n’





    Est fixe pour nous cela peut


    Juste être





    Faux comme c’est cela


    Ne fait rien





    Qu’une certitude s’en dégage


    Oui mais pas





    Complètement pour s’amplifier plutôt


    Pour vraiment s’écrouler





    XXXXX





    Maintenant





    Tout de nouveau demande à se résoudre


    Comme une fois déjà avec un autre


    Veau qu’





    Avec notre raison il est à souhaiter


    Que ne creuse personne





    Qui aujourd’hui projette l’ombre d’un


    Sens s’il fait





    L’amour tourner le monde deviendrions


    Nous indispensables par contre si nous


    Devons nous comprendre





    Le monde fait il l’amour tourner





    Xxxxx





    La





    Nature est correcte il s’agit d’


    Une harmonie sanglante sur laquelle


    Sa paix repose dans la guerre en une





    Succession naturelle vivent les


    Humains ils agissent correctement quand


    Leur paix saigne dans la guerre mais





    En opposition avec la nature l’humain


    Elèvera celle-ci au-dessus de son être faux à lui


    Vers celui sien vrai à elle là où son





    Harmonie ne saigne plus au-dessus de la


    Guerre qui n’est pas déclenchée là où


    Il n’y a ni vrai ni faux





    XXXXX





    Sera





    t-il notre monde au dernier


    jour jugé tout faux





    ou la réponse dans sa sécheresse est-elle


    non désert du sable





    sur lequel ce qui n’est jamais pour nous


    fut vrai s’écoule entièrement





    entre les mains et nous


    ne sommes pas assis au bord





    des fleuves





    Paul Wühr – Poèmes traduits de l’allemand par Jean-René
    Lassalle – Revue « Grèges »




    Paul Wühr – Allemand né en 1927, instituteur pendant la reconstruction
    de l’Allemagne en ruines, avant-gardiste bavarois marquant, vit maintenant
    retiré dans un village italien. Dans sa somme baroque de 800 pages, Salve Res
    Publica Poetica ( Hanser, Munich 1997 ), il ouvre chaque cycle thématique par
    des citations contradictoires, réunit philosophes et poètes ( Montaigne, Hamman
    le « mage du Nord », Novalis, Cioran,..) en dialogues imaginaires. Il
    conjugue une tradition « atomisante » de la poésie allemande, où les
    vers courts sont formés de mots-particules ( August Stramm, Ernst Jandl ) ,
    avec une polysémie radicale influencée par des philosophies démystificatrices,
    obtenant une tension riche et bizarre entre le minimalisme des phrases et la
    multiplicité des pensées
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Mer 25 Mar - 7:26

    Figures de la première humanité





    Fig. 320





    J’ai longtemps vécu sous la terre, à regarder blanchir mes
    cheveux, à vouloir brûler mes yeux. Aujourd’hui la terre aussi est blanche,
    brûlée par sa propre lumière, je peux sortir. Fasse dehors nuit ou fasse jour
    peu importe , accord tenu – n’y verrait-on que du feu – je passerai inaperçu.


    Et j’ai vu l’homme agenouillé devant le feu, ses yeux dans
    la flamme danser, le sang virer au noir.Que de ma langue je els lèche ? –
    il m’aurait vu. Alors avec eux qu’elle danse ma langue, figures de chair par-ci
    figures de cendre par-là, fasse trois petits mots et puis s’en aille. Qui
    sait ?





    Fig.321





    La Chaussée des Pierres Noires





    Là devant soi pierre à ses pieds enfin.


    Le temps de se baisser, écarter l’herbe voir la figure lire
    le nom, et sitôt fait l’affaire aurait été dans le sac, le salut assuré, salut
    à toi salut à l’autre enfin.Le temps de se baisser la nuit déjà. La nuit
    inadmissible.


    Impossible de retrouver pierre à ses pieds aussi de
    continuer de l’avant sans l’avoir retrouvée – quoi lire y réussirait-on ?
    – aussi la peur à jamais de buter chute encore. La nuit est illisible.


    Reste là en soi à faire le noir lentement le faire au fil
    des jours qu’un jour se confondent nuit au-dedans nuit au dehors, la tâche
    réalisée enfin, et sitôt dire : « figure sans nom, nom sans figure,
    je suis le sens », et disparaître.





    Fig.322





    La Plaine de l’Ecuelle Trouée.





    Je ne sais plus. Deux ans déjà que l’ange est tombé. Je
    crois l’avoir vu dérouler les bandages qui enveloppaient sa main, avoir vu sa
    chair fendue en deux, le trou à la place de l’index. Cette main je crois
    l’avoir embrassée, je n’aurais pu la regarder plus longtemps. Je crois l’avoir
    entendu dire : « je suis le dernier survivant d’un pays dispersé, je
    n’annonce rien j’ai mal ».


    Le reste, je ne sais plus.


    J’aurais dû pourtant me souvenir : l’ange était noir,
    chair noire sang noir. Oui, il aurait mieux valu.





    Fig. 323





    Le chemin de Sainte-Blanche.





    Autrefois là il avait connu l’étrangère. Que s’était-il
    passé entre eux ? Personne pour le dire. On peut toutefois penser qu’elle
    lui avait révélé son nom. Bien sûr il avait dit à l’instant même l’oublier,
    question de vie et de mort.


    L’instant de l’origine, celui où quelque chose a eu lieu qui
    demandera une vie entière pour ne pas en mourir.





    Fig. 324





    La Fosse aux femmes.





    L’étrangère a retrouvé les siens, regagné son pays, vous
    savez ce pays sous la terre – elle seule connaît la porte qui y mène. Partant,
    elle s’est retournée, m’a demandé son nom. Sans réfléchir j’ai répondu :
    « l’étranger ». Le soir même, ceux qui m’avaient entendu – y eut-il
    seulement des témoins ?- me chassèrent. Où aller, alors que peut-être
    j’étais né ici ? Elle, l’étrangère, je ne sais pas, rien d’elle. Parfois,
    marchant sur le bas-côté des routes, je m’arrête, frappe du pied, une fois deux
    fois trois fois. Il arrive que le sol sonne creux, un deux, trois coups. Alors
    j’attends avant de reprendre la route : un quatrième serait-il frappé, il
    le serait par l’étrangère, sûr. Rien encore, non rien. A faire le tour du bas-côté
    du monde, un jour je trouverai bien et, sûr, elle répondra.





    Jean-Pierre Chevais « le livre des figures »
    éditions Atelier la Feugraie
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Jeu 26 Mar - 5:32

    Nombreux.


    Sont foule.L’un à l’autre


    Serrés par


    Cela même qui les tient écartés.


    S’en sont allés. Une


    Eternité déjà qu’ils ont


    Perdu pied, abordé.


    Plus un courant ne les roule.








    Face


    Là, de face :


    Se lit comme


    Parchemin-paysage dont le jour,


    Son acide, ronge les rigole, gonfle


    Les bourrelets d’ombre ; pour ça


    Que son regard écarquille le regard, pour


    Ce que l’extrême de fixité supportable


    Lui apprendrait, qui luirait là-bas


    Recraché du rivage ; et la bouche


    Esquisse l’arrachement


    De quitter la geôle ;








    Ou bien


    Humide, la fente sombre


    S’attache rouge à ses doutes, mais


    S’interroge plus, sait,


    A tout vu,


    Ricane
    ( c’est la bouche )


    -
    effectivement entre


    parenthèses –


    si ruisselle


    de partout la lumière,


    encore


    il la discerne,


    lumière sous le circonflexe, dernier


    signe


    qu’il dédie à la fabuleuse


    comédie :








    belle


    tourmentueuse, chaque réveil


    en ressuscite la vieille et neuve scène ;


    pour s’aboucher à son interminable


    effluence, devraient ( comme


    déchirement de paupière ) nous suffire


    ces deux trouées suceuses de corps,


    de matières,


    qui nous la livrèrent


    un jour, dans son cocon du matin,


    depuis quoi s’ouvrant se fermant il ne sait


    lui qu’apprendre, l’œil


    par où la chaleur inonde,


    par où s’écoule


    du désir.





    Jean-Claude Schneider « Membres luisant dans
    l’ombre » éditions Fourbis
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Ven 27 Mar - 7:37

    Dans la douleur blanche


    Le désir.


    Autour


    L’air est plus vaste.


    La vue passe.





    A l’intérieur du livre


    La durée


    Attend de vivre


    Attend de se pulvériser.











    Obscur et consenti


    Dans la lueur du temps,


    Langage ( runes et tildes ).


    Sur les bords


    Les feuilles lentes s’épanouissent


    Les fleuves confondent les métaux.





    Nommer l’aiguade.


    Enrichir le signal des forêts.














    Le regard avance.


    Les bruits disloqués.


    La couleur immense.





    Vivre que tu suis


    Le fleuve.





    Un goût d’herbe froide


    Serre la voix.





    Plus loin


    La ruine du vent,


    Les joncs flagellants.





    L’heure baisse.


    Le toit pourrit.


    L’eau, complice du gel,


    Est-elle vivante ?











    Contre les larmes


    Une falaise.





    La force de dire


    Est aussi


    Ne pas se retourner.





    Plus tard, je descendrai,


    Lourde bête sacrificielle


    Escortée de mouches.











    La clarté entièrement seule


    Rive le ciel.





    Tout transparaît, durable et calme,


    Mais une marée d’épaves


    Remue cette beauté visible


    Tachée de lèpre


    A l’envers.











    Tant de lassitude érode les murs que, s’ouvrant d’eux-mêmes,
    ils nous montrent leurs morts – échardes miroitantes. Nous les reconnaissons.





    Plus tard, vides, la chair instable, quel glissement nous
    assure qu’ils prennent place en nous, une autre voix, tel cœur jamais senti.





    Jouer l’office d’un cercueil.





    Midi plisse l’aubier des saules. La profondeur végétale
    acquiesce le drame.











    Le réveil assiste


    Aux fronts balisés.





    La bouche se dit


    Loin de jour en jour .





    Il dure sans pleurs


    Une vitre, une blessure,


    Une impossible exhalaison.





    La feuille perverse


    Maintient sa fraîcheur.





    Le sommeil ancien


    Recouvre la ville.








    Jean-Luc Steinmetz « L’Echo traversé » éditions La Rivière échappée/Castor Astral





    Publié en 1968, l’Echo traversé surprend encore par la gravité et la sobriété de ses poèmes. Ce livre était devenu introuvable. L’auteur l’a augmenté de dix poèmes datant de la même époque.


    Ici le langage résonne, écho du moindre instant. En quelques
    mots, il conduit au surgissement de la vue ou de la mémoire. Les fragments d’un désir scintillent comme des proverbes. L’inutile devient nécessité. C’est suffisamment dire combien ce bref manuel de contemplation doit faire partie de nos vies.





    Jean-Luc Steinmetz, né en 1940, a publié plusieurs recueils
    de poèmes, notamment Ni même ( Ubacs, 1986, préfacé par Jean Tortel ), Aujourd’hui de nouveau ( Ubacs, 1990 ), Chute libre dans le matin ( le Castor Astral , 1994 ).


    Il est également l’auteur d’oeuvres critiques comme le Champ d’écoute ( La Baconnière ), la Poésie et ses raisons ( Corti, 1990 )
    et Signets ( Corti, 1995 ), ainsi que d ‘une biographie, Arthur Rimbaud, une question de présence ( Tallandier ).
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Sam 28 Mar - 9:16

    Il faut qu’un puits soit fermé


    Et pollen.


    Et qu’il se crispe sous la caresse de l’assassin.





    XXX





    La neige n’a rien répété


    Ni la pierre réouvert


    Quelles mains


    Ni hissé sa confiance.





    Les fruits ( des anges ! ) pour-


    Suivent leurs paroles brûlées


    Sur le sol.





    XXX





    La destination n’a pas changé.


    Ni la naissance.


    La bouche rampe dans la bouche


    Avec la beauté des pommiers





    XXX





    Veiner. Réunir dans le ciel.


    Une poupée de force et d ‘horizon


    Poupée de lutte


    Elle brodée d’inquiétude


    Et d’évanouissement


    De sel de sel





    XXX





    Là. Sous tes épées disparues escarpées





    J’y mène


    Ma bouche trouée ma bête


    Incendie qui rumine et ressasse et débouche





    Dans sa beauté





    XXX





    Comme j’ai vécu je veux mourir en pente.


    Et vraiment crû


    J’aurai le désir du convive


    De tout ce qui, brûlant, s’attable.





    XXX





    Et plus maigre le coup d’épaule


    Contre le jour contre


    Toute forme de jour


    De tant de faim de reconnu de tout


    Et tout si jour encore





    XXX





    Aux maîtres sans sommeil nos ronces


    Nidifient dans la tempête mendiante


    Et nous sommes en lambeaux


    Pour imposer le ciel


    Pour imposer l’étau


    Et nous jeûnons


    Pour ne plus diminuer


    Sans réveiller les fruits





    Guy Viarre revue « Encres Vives »


    Guy Viarre a mis fin à ses jours le 17 octobre 2001 ;
    il venait d’avoir 30 ans.
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Dim 29 Mar - 9:00

    LUI EST UN DE MEMOIRE


    Jonché mangeant mémoire,


    De l’ensemble-mort :


    Un des pierres, un de la fosse qui l’a ceint,


    L’avait – l’ancienne dans le champ – l’eût





    Passé mangeant








    SECRET DES BAILLONS


    Visse


    A l’alternance ou la fouille profonde





    Aux coups





    Nuits qui haussent et font disparaître


    Haut creusant, millions :





    La honte de ce dépôt








    GUERRE pour les coups oubliés


    Guerre par corps brutaux


    L’oubli d’enterrer


    Où l’épidémie ferme





    TEMPS DES FERS


    Et ne retombent les corps


    Millions d’oiseaux extrêmes


    Au site des fièvres


    Emplies de plomb, et sèches








    LE CORPS EST FENDU d’un spasme sec


    Venu de la colère


    Et le champ des nerfs


    L’arrachement aux câbles


    La question de l’arrachement aux câbles





    LE FREMISSEMENT D’ATTENTE


    Visage comme il deviendra





    Une autre science entendue par volonté ou par cloître





    Car la flamme est épaisse :


    De l’ombre égale de son bâillon





    CADASTRE CLOS





    Devant les amoncellements


    L’écuelle des demi-chairs et creux


    Le désemplissage de chaque, l’évidage


    L’amoncellement de vide





    PERCEMENT PAR LES CHIENS


    Là-dedans les demi-corps creusés


    Et le silence des frottoirs


    Devant les sexes pendus








    PAR AU-DEDANS


    L’usure fer blanc


    Des prisonniers de chaque part de jour


    L’ennui des lavages leur ronce





    ETUDE DES CREUSERS


    Jamais au bout des tranchées


    Corps heurtant chaque fois chaque corps


    Demis sur demis


    Enté chaque sur chaque des tas


    Combien anéanti leur sillage








    FOSSES NOS CREUX


    Et les liquides dedans que nous pouvons charrier


    Amples, amples furent nos capacités





    Portes forgées, nos charnières


    Et toutes nos hampes





    : présences








    DE VEINES


    Gales


    Chemins de teigne tracés


    Têtes sèches


    Etoiles sur nos tempes de l’insecte


    Galeries de noirs


    Comme peu de poids sont nos gages





    Léger saccage de chaque tête








    CORPS TOUCHES D’UN FEU


    L’ex-combien


    Il est dit


    Milliers de moins


    De têtes courantes


    A la langue de herse


    Et pourpre et vissée de moins





    Rodrigue Marques De Souza
    revue « Moriturus »
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Lun 30 Mar - 9:48

    Dans sa lettre aux dépossédés il écrit


    « on voudrait éloigner les hommes


    tant l’odeur est insoutenable


    à croire que la charogne flatte


    d’abondance le palais


    nous n’aurons d’être que


    de tout perdre »





    le bègue a pris par la montagne


    avec sa paille de neuvaine


    il entraîne ses loups


    conjugue els abois


    plisse le grain gris et salin des peaux


    jusqu’à leur os ultime





    il vague sous les contours du jour


    dans l’incartade des cernes


    prend les tirs de noix sèches


    pour un son d’innocence


    dans quoi vient choir


    un corps





    et vous qui mangez


    l’herbe depuis beau temps


    vous avez mis pierres et futaies


    pour troubler votre absence


    pour lui donner rythme


    et semblant de nature


    mais que vous laissiez l’autre


    dans l’état du mort


    qui vous le compte ?





    drument serrés aux abords des charniers


    ils ont les yeux somnambuliques


    est d’ailes grasses celui d’un coin de nuit


    zigzaguant dans le jour je vous entends de loin


    crieurs glacés des passages je vous sais de partout





    caquets grêles de ceux


    qui eurent d’être leur amoncèlement


    la combe dort dans les crissages





    les cendres ont des déserts opaques


    et des miroitements





    l’herbe regagne sa saison électrique


    et l’énigme funambule du futur





    la rivière claque ses signes la délabrent


    combien de temps peut noyer un caillou ?


    et devant les écorces


    la vertèbre mentale


    d’un coup perd toutes ses eaux :


    elle a l’excuse des feuilles


    et des pas morts pour vérité


    : des têtes de cactus


    et le grenier deuillé du temps





    d’avoir roulé la langue et roulé son rocher


    le corps n’a plus de corps il n’a plus d’âme aussi


    et le temps sans écho tombe de loin


    tombe depuis toujours


    dans la caisse si grincée de l’être


    : ni musique ni géométrie





    Lambert Barthélémy -
    revue « Grèges »
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Mar 31 Mar - 6:14

    Rêver la page la soie
    du ciel





    Avant l’écriture se lève la page, morceau de monde déjà là,
    source qui crie dans le regard. Mince comme une lune. Affiche du silence,
    effigie mais de quoi ? Ecran vide où la terre semble dessinée du ciel.
    Mais comment entrevoir le commencement de ça
    qui toujours nous précède engourdi dans le mystère endormi des
    origines ?





    Est-ce la grâce aventureuse d’une main voulant saisir le
    bord de quelque chose la première fois qui l’inventa ? Est-ce un danseur
    tumultueux dont les pieds éblouis auraient soudain senti la douceur d’un
    jardin ? Ou rêvait-elle en nous depuis toujours comme un rivage, une plage
    enchantée ?





    D’où savions-nous obscurément la respirer, l’expirant aux
    heures de son immensité, la repliant à l’intérieur de nous dans le vertige
    étroit d’un souffle, d’une larme, d’un pétale suspendu entre veille et sommeil,
    d’une syllabe d’or offrant son clair miroir ? Combien de temps, immobiles
    au milieu d’un pont, l’avions-nous attendue, écoutant dans le noir ce bruit comme
    un craquement d’articulations étonnées, une rumeur de choses qui se
    rassemblent ?





    Etait-ce ainsi de nulle part, qu’elle était née, d’une plus
    grande nostalgie, d’un murmure dans la chair ?





    Pour toujours était-elle unique, livrant en un éclair le sceau
    rapide d’un secret qui tiendrait (peut-être ) en un seul mot, de feu, de
    sang,de sel, un seul sanglot de la nuit-mimosa, une seule neige
    déchirante ?





    Ou bien y aurait-il une infinité de pages glissant d’un
    livre infatigable aux mains de sable, traçant la fuite d’une révélation sans cesse différée ?
    La page pouvait-elle finir ?





    Anne Zali - revue
    « la polygraphe »
    avatar
    bye
    Administratrice

    Masculin
    Nombre de messages : 8749
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par bye le Ven 7 Mar - 19:29

    Le Printemps des poètes du 8 au 23 mars 2014 : Au cœur des arts

    J’ai reçu en service de presse pour la revue N’autre école 3 livres des éditions Rue du monde à l’occasion du Printemps des poètes.
    Vous trouverez donc trois notes de lecture précédées d’une adresse de l’éditeur qui soutient le Printemps des poètes, manifestation qui faillit disparaître lors de la dernière édition et toujours en danger... Sylvie Nicolli
    Le Printemps des poètes du 8 au 23 mars
    Parmi les 3 livres que Rue du monde publie à cette occasion, un album va faire événement : « Affiche ton poème ! ». C’est un livre dans lequel 27 poètes vivants offrent un court texte inédit, en solidarité avec le Printemps des poètes (tous les droits d’auteur de l’ouvrage seront reversés au Printemps des poètes).
    Nous avons souhaité monter ce projet inhabituel parce que nous n’acceptons pas l’idée que les pouvoirs publics sous-estiment aussi gravement l’importance de partage de la culture poétique et négligent l’impact de l’action du Printemps des poètes.
    Nous comptons sur votre soutien pour partager ces poèmes-images forts.
    Alain Serres de Rue du monde
    Affiche ton poème : 27 poètes pour le droit des enfants à la poésie
    Rue du monde, 2014, 62 p., 20,20 €.
    Un album très grand format (28x36 cm) de poèmes courts et inédits composé de 27 poèmes-affiches détachables pour les exposer de manière à donner à voir la poésie dans n’importe quel lieu de vie. Le typographisme (à la manière des futuristes russes ou des dadaïstes) donne une forme vivante et artistique à ces œuvres originales écrites par 27 poètes d’aujourd’hui. L’idée est vraiment d’imprégner les enfants de poèmes pour leur donner l’idée d’en créer à leur tour et de les afficher. Tous les droits d’auteur de l’ouvrage seront reversés au Printemps des poètes en solidarité avec cette manifestation fragilisée par les pouvoirs publics.


    Le petit musée du rouge, Alain Serres
    Rue du monde, 2014, 32 p., 16 €.
    13 reproductions de grands peintres des XIX èmes et XX èmes siècles (Van Gogh, Basquiat, Chagall, Picasso....) accompagnés de 13 poèmes qui suivent le fil du rouge d’un toit, d’une tomate... ce rouge qui peut évoquer la colère, la passion, la douleur que nous révèlent les textes d’Alain Serres. Cette promenade artistique au regard poétique permettra de s’attarder sur les tableaux et de lâcher son imagination. A partir de 6 ans


    La pluie est amoureuse du ruisseau, poèmes de David Dumortier, gravures de Julia Chausson
    Rue du monde (Graines de mots), 2014, 44 p., 16 €.
    Des poèmes qui racontent une histoire, celle de la pluie amoureuse du ruisseau, mais qui peuvent aussi se lire indépendamment les uns des autres. C’est drôle et ludique, plein de jeux de mots, de jeux avec les lettres, ça sautille, ça gambade. Les illustrations, elles aussi sont poétiques et délicates et font écho aux textes. A partir de 6 ans

    http://www.questionsdeclasses.org/?Le-Printemps-des-poetes-du-8-au-23

    Contenu sponsorisé

    Re: Printemps des poètes d'aujourd'hui

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Jeu 27 Juil - 3:48