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    essais nucléaires français

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    essais nucléaires français Empty essais nucléaires français

    Message par bye Jeu 4 Sep - 18:42

    Essais nucléaires français dans le Sud algérien
    L’AVEN s’alarme des décès causés par le cancer à Tamanrasset
    http://www.elwatan.com//actualite/l-aven-s-alarme-des-deces-causes-par-le-cancer-a-tamanrasset-30-08-2014-269632_109.php

    le 30.08.14 | 10h00

    Les essais nucléaires français s’étendaient sur une grande partie du Sud algérien (ici Djebel Taourirt à Aïn M’guel)
    Le bilan des décès causés par les maladies radio-induites ne cesse de s’alourdir à Tamanrasset.  Au  total 20 cancéreux, entre femmes, hommes et enfants, sont morts en juillet dernier, s’alarme Ibba Boubakeur, secrétaire général de l’Association des victimes des essais nucléaires à In Eker (Aven), Taourirt.
    «Nous avons assisté à l’enterrement d’enfants amputés de leurs membres inférieurs et de  femmes à la fleur de l’âge. Le pire, c’est qu’aucune de ces victimes ne possède un dossier médical, hormis les quelques certificats délivrés par les médecins exerçant dans la région», se plaint-il. 52 ans après cette tragédie que la France ne veut toujours pas réparer, l’Association de Taourirt dresse un réquisitoire contre un crime inouï dans l’histoire de l’humanité et en appelle à toutes les institutions et organisations internationales pour rétablir les victimes dans leur droit à l’indemnisation morale et matérielle.
    «La géopolitique de l’époque obligeait nos dirigeants négociateurs à fléchir et faire des concessions en autorisant la réalisation de ce que la France appelait  ‘‘les expériences scientifiques propres’’. Malheureusement, après toutes ces années, nous continuons à vivre les conséquences affreuses d’une tragédie commise par un pays qui prône pourtant le respect de la justice et des droits universels», souligne Touhami Abdelkrim, vice-président de l’association.
    Et de poursuivre : «L’association continuera ses démarches, même voir le diable s’il le faut pour montrer ce qui s’était réellement passé et dévoiler au monde entier l’atrocité et la monstruosité du colon français qui voulait coûte que coûte faire aboutir sa stratégie nucléaire et développer une arme de dissuasion aux dépens des milliers de vies d’innocents algériens.»  L’association  qui a dernièrement saisi tous les départements ministériels concernés, entre autres les ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales,  de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui des Moudjahidine, compte prendre attache avec les AVEN d’outre-mer  afin de réunir toutes les données liées à ce lourd dossier, notamment en Polynésie et à Tchernobyl également secoués par plusieurs déflagrations nucléaires.
    «Nous allons  associer notre douleur à la leur pour réclamer ce que de droit. Une prise de conscience collective et des recommandations ont été déjà faites en collaboration avec des spécialistes très au fait du dossier.  Certes, on nous a utilisés comme des cobayes, et on ne veut aucunement être des oubliés de l’histoire. L’Etat algérien doit nous accompagner dans cette démarche, si on veut sauver des milliers de personnes de la mort.  Une solidarité entre l’Etat et l’association nous encouragera infailliblement et nous aidera à prendre en charge les victimes», ajoute notre vis-à-vis.  L’association n’a pas les moyens mais croit dur comme fer en sa cause.
    Recours au Tribunal Européen des droits de l’homme
    Dotée d’une volonté inébranlable,  elle a réussi à approcher certains professeurs et chercheurs en la matière afin d’éclairer la population de l’Ahaggar sur les dangers et les répercussions des explosions nucléaires réalisées dans la région. C’était lors d’un séminaire tenu en mai dernier à Tamanrasset, qu’une plate- forme de revendications, soumise à toutes les autorités compétentes, a été ainsi élaborée. Les principaux points recommandés axent essentiellement sur l’indemnisation des victimes, l’amendement des lois en trompe-l’œil y afférentes et la décontamination des sites des essais.
    Car la loi promulguée en janvier 2010, dite de Morin, où il est clairement fait abstraction de victimes algériennes et des dégâts importants occasionnés à l’environnement, ne répond aucunement aux aspirations des concernés, puisqu’elle occulte un principe aussi fondamental que la présomption d’origine et limite le seuil d’exposition et le nombre de pathologies radio-induites. Selon M. Abdelkrim, «cette loi scélérate instaure faussement la caution de la science pour masquer son objectif portant limitation des indemnisations pour des raisons purement budgétaires.
    Nous allons déposer une plainte contre la France auprès du Tribunal européen des droits de l’homme pour réclamer non seulement la modification de la loi Morin, mais aussi le droit de revendiquer des dédommagements pour tous les habitants du Sahara algérien». Il faut retenir que les explosions nucléaires sur une population pacifique demeurent un parfait crime contre l’humanité et restera de ce fait imprescriptible donc voué à contraindre leurs auteurs à reconnaître d’abord puis à réparer les dommages constatés, car l’histoire rattrape toujours les hommes et les Etats malgré leur négationnisme.
    Evoquant le nombre de victimes, le président de Taourirt, Alouaar Mahmoud, fait savoir que le chiffre obtenu se limite au nombre de personnes recensées par l’écrivain public de la région qui fut sollicité par les anciens travailleurs du Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO) pour saisir le service français en charge de l’opération d’indemnisation des victimes de la radioactivité. «On ne peut pas avoir le nombre exact de victimes. En 2010, un recensement partiel faisant état d’un peu plus de 500 victimes a été réalisé dans les localités relevant uniquement de la commune de Tamanrasset, à savoir Inzaouen, Ifak, Toufdet, Tahifet, Indalak, Izarnen, Outoul  et Tit. Nous y avons constaté beaucoup de maladies, des avortements, des malformations et toutes les formes de cancer».
    Plus de 21% des femmes atteintes du cancer du sein
    «C’est un crime contre l’humanité», s’indigne M. Elouaar. Ce dernier a mis l’accent sur le suivi médical des victimes des rayonnements ionisants via la construction par la France de structures sanitaires spécialisées à même de prendre en charge les pathologies radio-induites chez les personnes impliquées directement et leur descendance, et ce, depuis le stade de diagnostic. Selon une étude réalisée par des experts, 21,28% des femmes de cette région sont atteintes de cancer du sein et 10,13% du cancer de la thyroïde.
    Pour cette raison, on a insisté sur la mise en place d’un système de surveillance des sites, à l’instar de ce qui s’est fait en Polynésie française, et exigé de la France la formation de spécialistes algériens en décontamination et l’indemnisation des victimes suivant «le principe du parallélisme des formes». L’introduction de cette calamité dans le programme de l’éducation nationale a été soulignée par l’association qui invite aussi les universités, particulièrement le centre universitaire de Tamanrasset et l’université africaine d’Adrar, à prendre en charge ce dossier sur le plan scientifique afin de déterminer l’impact et les conséquences de la tragédie nucléaire française au Sahara algérien.
    Taourirt en appelle également à l’ONU et invite ses membres à visiter les sites des explosions avec à la clé dresser un rapport patent sur la violation des droits de l’homme, à l’exemple de ce qui s’était passé aux îles Marshall en 2012 (site des essais nucléaires réalisés par les Etats-Unis dans les années 1950 et 1960). Tout en rejetant l’alibi des essais nucléaires scientifiques français propres, l’AVEN exige l’intervention immédiate des autorités algériennes afin d’éloigner les habitants, les autochtones ou les nomades, des sites irradiés.
    La France, quant à elle, est appelée à assainir les lieux pollués, délimiter les zones à risque, déterminer les centres d’enfouissement des déchets nucléaires et évaluer les niveaux de radiations dans les régions contaminées, Reggane, et In Eker en particulier. La réalisation des stèles à la mémoire des victimes oubliées au niveau de ces régions a été aussi recommandée par l’association qui a pris l’initiative d’inviter toutes les associations concernées pour se constituer en coordination nationale à l’effet de coopérer et de réunir la force nécessaire pour combattre le déni de l’histoire et pour que la vérité et la justice soient rendues à toutes les victimes de la catastrophe nucléaire française.
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    essais nucléaires français Empty Re: essais nucléaires français

    Message par bye Jeu 4 Sep - 18:43

    Essais nucléaires de Reggane : Révélations compromettantes pour la France
    http://www.elwatan.com//actualite/essais-nucleaires-de-reggane-revelations-compromettantes-pour-la-france-15-02-2014-245816_109.php

    le 15.02.14 | 10h00

    zoom
    Imprimer Envoyer à un ami Flux RSS Partager
    Une propagation radioactive continentale. C’est en tout cas la révélation faite par le document déclassifié du ministère français de la Défense sur l’opération Gerboise dont les effets du nuage radioactif ont touché la moitié de l’Afrique et même léché le sud de l’Europe.
    Un danger radioactif continental. Le nuage radioactif provoqué par Gerboise bleue a recouvert, en moins de 15 jours, la moitié nord du continent africain. C’est une archive de l’armée française, rendue publique hier par le journal français Le Parisien, qui rend compte de l’étendue des dégâts de ces essais. Ce document, classé secret-défense par l’armée pendant des décennies, vient d’être déclassifié dans le cadre d’une enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d’essais nucléaires français dans le Sahara au début des années 1960 et en Polynésie dans les années 1970.

    La cartographie détaille la chronologie des retombées radioactives pendant treize jours à compter du 13 février 1960, jour de l’explosion de Gerboise bleue, la première bombe atomique larguée dans le désert de Reggane – 16 autres essais nucléaires suivront dans le Sahara algérien. Et l’on est bien loin de la version officielle qui cantonne l’impact radioactif de ces bombes A à la seule région de l’extrême sud algérien.
    Ainsi, le jour suivant l’explosion, le nuage radioactif arrive en Libye, traverse une partie du Niger pour atteindre les alentours de N’Djamena, capitale du Tchad. A J+4, les retombées recouvrent des milliers de kilomètres carrés pour atteindre le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Mali. Neuf jours après le largage, le nuage recouvre tout le sud algérien et l’Afrique subsaharienne. De même, 12 jours après l’explosion, les retombées radioactives atteignent Alger en passant par le Sahara occidental et le Maroc. Le lendemain, le nuage traverse la mer Méditerranée et approche des côtes espagnoles et de la Sicile. Et si dans les documents secret-défense, les militaires assurent que les doses enregistrées étaient généralement très faibles et sans conséquence, affirme dans Le Parisien le spécialiste des essais nucléaires Bruno Barillot, qui explique que «cela a toujours été le système de défense de l’armée». «Sauf que les normes de l’époque étaient beaucoup moins strictes que maintenant et que les progrès de la médecine ont démontré depuis que même de faibles doses peuvent déclencher, dix, vingt ou trente ans plus tard, de graves maladies», poursuit celui qui a analysé les archives de l’armée française pour Le Parisien (voir l’entretien réalisé par N. Bouzeghrane).
    D’ailleurs, «autre découverte», commente la publication, les militaires reconnaissent qu’en certains endroits, les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne N’Djamena.
    «La carte du zonage des retombées de Gerboise bleue montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tels l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère. Personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires», rappelle Bruno Barillot.

    Nécessité de rendre publiques plus d’archives  

    L’on apprend par ailleurs que les associations françaises de victimes des essais nucléaires exigent d’obtenir de plus amples informations, les archives déclassifiées étant jugées comme «soigneusement triées», «dans lesquelles il manque des pans entiers de données». Et cette absence de documents ayant trait à ces essais est d’ailleurs dénoncée par les associations algériennes de victimes qui n’ont de cesse d’exiger, non pas seulement des indemnisations, mais aussi et surtout des données sur l’étendue des dégâts et la restitution des archives inhérentes à cette période.
    Car cette carte confirme ce dont tout le monde en Algérie se doutait peu ou prou : la catastrophe sanitaire engendrée par ces radiations a été et est jusqu’à présent sous-estimée. Un recensement, toujours en cours, effectué par une association, dénombre plus de 500 victimes directes de radiations pour la seule région de Tamanrasset. Ces nouvelles révélations devraient reconfigurer la donne dans ce lourd dossier de la reconnaissance des victimes algériennes. Car si la France a de tout temps minimisé les dommages causés par ces radiations sur les populations locales, de tels documents ne pourraient qu’obliger les autorités françaises à reconnaître les torts infligés. D’autant plus que d’autres archives semblent devoir être déclassifiées dans le cadre de cette action judiciaire. Archives qui peut-être révéleront et rendront compte de la gravité de l’impact des essais, donnant ainsi une autre profondeur à ce dossier.
    Et si une nouvelle estimation des dommages est effectuée, cela induira inévitablement une reformulation des termes et de l’envergure du dédommagement. Reste à savoir si cette archive provoquera des réactions de la part des pays affectés par ces radiations et quelle attitude adopteront les parties concernées…
    Sur les treize tirs effectués entre 1961 et 1966, douze ont fait l’objet de fuites radioactives :
    La divulgation, en 2009, par l’Observatoire des armements (Damoclès n° 128-129) d’un rapport secret-défense sur La genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara (CSEM et CEMO), (236 pages) corrobore ce qu’affirme depuis de longues années l’Observatoire des armements/CDRPC. Les essais nucléaires français au Sahara n’ont pas été «propres». Le président  de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret, nous affirmait (El Watan du 23 mai 2009) que «des experts de notre groupe ont procédé à des tests de radioactivité, en février 2007.
    Douze heures sur le site d’In Ekpker équivalent à un an de radioactivité admissible, acceptable. C’est énorme. Ces essais se sont produits dans le désert et le sable a absorbé des résidus radioactifs qui se déplacent avec le vent. Cela veut dire qu’il y a un taux de radioctivité qui est encore fort et que les gens ne doivent pas pouvoir accéder aux sites».  Ce rapport, classé «confidentiel-défense», est une synthèse rédigée après 1996 à partir des documents militaires d’époque, classés «secret» ou «confidentiel défense»… « Même s’il apporte des informations jusque-là non connues, il s’agit bien d’une ‘‘relecture officielle’’ de la période des essais nucléaires français», note la revue Damoclès.
    «Les rédacteurs ont dû trier dans les documents sources, ce qui explique les incohérences et surtout les silences et les omissions.» «C’est manifestement le cas pour les ‘‘ratés’’ des essais au Sahara, notamment Gerboise verte ou l’accident du tir Béryl»… «Le rapport sur La genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara (CSE et CEMO) emploiera donc les termes techniques qui occultent à la fois la réalité ‘‘humaine’’ des expérimentations et la responsabilité criminelle de la hiérarchie qui les a mises en œuvre…»
    Ainsi, on apprend que sur les treize tirs effectués entre 1961 et 1966, douze ont fait l’objet de fuites radioactives. Seul le tir «Turquoise» du 28 novembre 1964 n’aura pas provoqué de radioactivité à l’extérieur.
    Les conséquences de ces radiations ne se sont pas arrêtées avec la fin des essais et la fermeture administrative des sites, mais perdurent aujourd’hui encore, à la fois compte tenu de la très longue durée de vie de certains éléments radioactifs et du fait que la France a laissé de nombreux déchets nucléaires enfouis dans le désert…N. B.
     
    L’essai Beryl, une «affaire d’Etat» :
    Louis Bulidon et Raymond Sené, deux anciens du camp Saint-Laurent près d’In Amguel, dans un appel publié par le Monde le 4 mars 2010 attestent pour en avoir été les témoins comme scientifiques du contingent, que «le 1er mai 1962, à la suite d’un essai nucléaire, code Beryl, sous la montagne du Tan Affela à In Ekker, la troupe, les civils et les populations locales présentes sur le terrain ont été lourdement irradiés et contaminés par les retombées de poussières radioactives.
    Mesurée dans notre laboratoire, la durée de passage du nuage radioactif, au plus fort de la contamination, a été de vingt minutes, période au cours de laquelle nos instruments de mesure ont été saturés par l’intensité du rayonnement des particules retenues sur nos filtres à air.
    De plus, pendant les semaines, les mois suivant le tir Beryl non confiné, les militaires, y compris ceux qui n’étaient pas considérés comme étant en zone contrôlée, les populations locales ont été l’objet de contaminations chroniques provenant des poussières chargées de produits radioactifs transportées par les fréquents vents de sable.
    Les relevés des mesures que nous effectuions régulièrement sur les filtres de contrôle atmosphérique pourraient en témoigner, dans la mesure où l’autorité militaire accepterait de permettre la levée du secret. Il est impensable que ces données techniques n’aient point été archivées.
    ...Le 1er mai 1962 et dans les jours qui ont suivi, des centaines, voire peut-être plusieurs milliers d’individus, dont des femmes et des enfants algériens, ont reçu des doses radioactives très handicapantes, voire mortelles pour certains d’entre eux.
    La chape de plomb du secret-défense qui a couvert cet accident nucléaire doit être levée car il s’agit d’une affaire d’Etat qui a touché Algériens et Français, victimes innocentes d’une raison d’Etat qui, près de cinquante ans après l’événement, n’a plus aucune justification. C’est au plus haut représentant de l’Etat, le président de la République, mais aussi aux deux représentations nationales algérienne et française, que nous faisons appel afin que soit établie, des deux côtés de la Méditerranée, la liste des personnes, civils et anciens militaires, qui ont été soumises aux retombées de l’explosion du 1er mai 1962». N. B.
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    Message par bye Jeu 4 Sep - 18:44

    Bruno Barrillot. Spécialiste des essais nucléaires
    «La totale transparence s’impose sur les risques sanitaires et environnementaux»
    http://www.elwatan.com//actualite/la-totale-transparence-s-impose-sur-les-risques-sanitaires-et-environnementaux-15-02-2014-245815_109.php

    le 15.02.14 | 10h00
    Bruno Barrillot, qui travaille depuis plus de vingt ans sur les conséquences des essais nucléaires, a fondé, à Lyon en 1984, avec Patrice Bouveret et Jean-Luc Thierry, l’Observatoire des armements /Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, (CDRPC). Lauréat 2010 du «Nuclear Free Future Award», il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les Victimes des essais nucléaires : histoire d’un combat (janvier 2010, éditions de l’Observatoire des armements, préfacé par la députée Christiane Taubira). 
    - Les mesures de l’armée française montrent que, loin de rester cantonnées au désert, les retombées radioactives ont recouvert toute l’Afrique du Nord et même subsaharienne, selon une carte publiée aujourd’hui par Le Parisien. Et que treize jours après le tir de la première bombe aérienne française, la fameuse Gerboise bleue, des retombées radioactives atteignent les côtes espagnoles et recouvrent la ! Quels sont votre analyse et votre commentaire sur moitié de la Sicile ces informations ? Etes-vous surpris par l’ampleur de l’impact des essais réalisés – qui donne froid dans le dos – au Sahara sur l’environnement et les populations ?
     
    Je ne suis pas surpris de l’ampleur des retombées radioactives des 4 essais Gerboise de 1960-61 sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Si l’on compare avec ce qui s’est produit en Polynésie, on constate que les essais aériens de Moruroa ont provoqué des retombées jusqu’à Tahiti qui se trouve à 1400 km plus à l’ouest et même dans l’autre sens jusque sur les pays de l’Amérique du Sud à plusieurs milliers de kilomètres.
    La surprise, c’est la persistance du déni par les autorités françaises qui ont toujours restreint les retombées radioactives des essais au Sahara à des «secteurs angulaires», extrêmement limités dans des zones connues pour être inhabitées.
     
    - Les militaires reconnaissent qu’à certains endroits, les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne, N’Djamena. C’est effarant !
     
    Le rapport, qui contient cette carte des retombées de Gerboise bleue explique que les doses maximales admises – celles de l’époque des années 1960 qui aujourd’hui ont été divisées par 20 – ont été dépassées dans quelques agglomérations ou oasis du Sahara. Cependant, ce rapport se veut rassurant : il est dit que les doses sont peu «significatives» ou que les retombées n’ont duré que «quelques heures» ou moins de 4 jours par endroits. En fait, en regardant la carte, on se rend compte que si le nuage radioactif a touché tous ces pays, il comportait des éléments radioactifs (iode 131, césium 137 et même plutonium) qui sont très nocifs pour la santé et ont pu générer, des années plus tard, des cancers ou des maladies cardiovasculaires. C’est en tout cas ce que constatent certains médecins algériens qui exercent à l’hôpital de Reggane ou à Tamanrasset.
    On sait que les éléments radioactifs produits par une explosion nucléaire ont des demi-vies assez longues, ce qui fait que dans les 13 zones de la carte, il restait encore de tels éléments radioactifs qui ont pu être inhalés ou respirés par les personnels et populations avec les conséquences que l’on connaît.
     
    - La déclassification de ce document signifie-t-elle que le gouvernement français lève le secret-défense sur les essais nucléaires au Sahara que les gouvernements français précédents ont observé jusqu’ici ?
     
    La déclassification des documents s’est faite parce que les associations de victimes se sont portées partie civile dans une plainte contre X déposée en 2004 et que le gouvernement français voulait éviter que nous allions jusqu’en Cour européenne des droits de l’homme pour exiger la communication des rapports de surveillance radiologique et biologique des essais nucléaires. J’estime cependant que le gouvernement français choisit les documents à déclassifier, notamment ceux qui ont peu d’intérêt comme les relevés de radioactivité de l’air, semaine après semaine dans des périodes où il n’y a pas eu d’essais, donc qui mentionnent que «tout va bien» ! Il y a quand même quelques documents qui apportent des informations nouvelles, et c’est ce qui motive notre action.
     
    - Est-ce une reconnaissance que ces essais n’ont pas été propres comme affirmé jusqu’ici par l’Etat français ?  
     
    La plupart des documents qui ont été déclassifiés datant des années des essais – plusieurs milliers de pages – affirment que les retombées étaient négligeables ou infimes et sans conséquences sur la santé. Ils affirment qu’on prenait toutes les précautions pour éviter des désagréments sanitaires pour les populations ou pour les personnels employés sur les sites d’essais. Avec les actions que nous avons menées depuis le début des années 2000, c’est-à-dire après les essais, nous avons pu obtenir de nouvelles informations officielles reconnaissant que certaines retombées des essais aériens avaient dépassé les normes, que des essais souterrains avaient provoqué des fuites, qu’il y avait eu des accidents de tirs, etc. Je pense que ce sont nos actions qui obligent le gouvernement français à reconnaître que les essais n’avaient pas été propres. Mais on peut comprendre qu’après avoir caché la vérité pendant des années, il y ait encore des hésitations à tout dire du côté du ministère de la Défense.
     
    - Les contacts établis par les associations de victimes des essais nucléaires comme l’AVEN ou Moruroa et Tatou (Polynésie française) avec des associations algériennes et des scientifiques français et algériens au cours de ces dernières années ont-elles abouti à des actions communes dans le sens de la recherche et de la connaissance de la vérité sur les essais français au Sahara ?
     
    J’ai toujours beaucoup apprécié les contacts avec les associations et les scientifiques algériens, mais je reconnais que c’est difficile d’avoir une continuité dans la réflexion commune. Je lis dans la presse algérienne (qui relaie bien l’information sur les conséquences des essais nucléaires au Sahara) que des médecins ont commencé un travail de recensement des cancers et autres maladies radio induites à Reggane et à Tamanrasset. C’est vraiment primordial et il faudrait pouvoir multiplier les échanges entre les professionnels de la santé qui suivent un peu partout dans le monde les effets sanitaires des essais nucléaires ou des accidents nucléaires. Notre problème reste quand même de trouver des moyens financiers pour organiser ce type de rencontres.
     
    - Avez-vous le sentiment qu’il y a un intérêt et une volonté de la part de l’Etat algérien de s’emparer de ce volet du contentieux algéro-français ?
     
    Je sais que le gouvernement algérien a pris une part importante dans l’organisation de colloques à Alger sur les essais nucléaires. Il a organisé également des visites de presse sur les sites d’essais sahariens. Depuis 2007, le délégué à la sûreté nucléaire de défense français (Jurien de la Gravière) avait affirmé qu’une commission franco-algérienne travaillait sur les séquelles des essais français au Sahara dans le plus grand secret. J’ignore si de telles rencontres ont toujours lieu et je suis très mal à l’aise quand on appose encore le secret sur des sujets qui intéressent tant le public français qu’algérien, et surtout les victimes. Après tant d’années, la totale transparence s’impose, non seulement sur les risques sanitaires mais aussi et surtout sur les conséquences environnementales qui, j’ai pu le constater moi-même, sont considérables tant à Hamoudia qu’à In Ekker.
     
    - Une trentaine de dossiers d’indemnisation de civils algériens ont été déposés, tous rejetés au motif que les pathologies déclarées n’entrent pas dans le cadre de la loi Morin de 2010. Pourquoi si peu de dossiers ?
     
    La loi Morin est extrêmement restrictive, notamment pour les zones géographiques sahariennes, ce qui permet de nombreuses exclusions de dossiers de demande d’indemnisation. Quant aux maladies, je reconnais que nous n’avons pas pu obtenir que la liste soit révisée à la hausse parce que nous n’avons pas assez de «retours» de médecins ou de scientifiques qui pourraient montrer le surnombre de telle ou telles maladie chez ceux ou celles qui ont été sous les retombées des essais nucléaires. Nous avons encore un gros travail à faire avec le milieu médical, notamment pour faire introduire de nouvelles maladies cardiovasculaires ou tout ce qui touche à la santé des générations suivantes ou aux modifications génétiques. Actuellement, des prises de conscience se font au niveau international : il se tient ces jours-ci au Mexique une conférence internationale regroupant des représentants de plus de 140 Etats mettant en relation la dimension humanitaire et le désarmement nucléaire. Les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires sont des invitations pressantes à faire procéder à l’élimination de toutes les armes nucléaires.
     
    - Avez-vous espoir que la loi Morin sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires soit modifiée au bénéfice des victimes civiles comme l’avait annoncé le président Hollande lors de sa visite officielle en Algérie en décembre 2012 ?
     
    J’ose espérer que la loi Morin pourra être modifiée concernant les victimes algériennes après la publication de ces documents déclassifiés qui montrent l’ampleur des risques auxquels les habitants du Sahara et bien au-delà ont été exposés. Bien sûr, un gouvernement comme celui de la France ne réagit que si un mouvement des associations, des diplomaties, des milieux médicaux se mobilise pour que les victimes des essais nucléaires soient enfin prises en considération. J’ai toujours souhaité que les parlementaires qui font les lois puissent vraiment écouter des victimes des essais nucléaires, qu’ils aillent sur place visiter les anciens sites d’essais nucléaires laissés à l’abandon. J’ai toujours considéré que mes recherches sur les effets des essais nucléaires avaient comme point de départ et comme point d’aboutissement la parole des victimes et le constat des dégâts environnementaux. C’est un conseil que je donne aux élus qui, jusqu’à ce jour, sont hélas peu enclins à auditionner les victimes comme ils le font dans d’autres domaines et qui préfèrent entendre des «idéologues» de la dissuasion nucléaire ou des «experts» de l’industrie et de l’armement nucléaire plutôt que les victimes elles-mêmes.
     
    - La compensation et la réparation ne devraient-elles pas dépasser le cadre des victimes au vu de l’ampleur et de l’étendue des retombées radioactives ?  
     
    Il serait souhaitable que les victimes, d’abord, puissent recevoir des compensations pour les préjudices qui leur ont été infligés sans qu’ils aient eu leur mot à dire. Maintenant, étant donnée l’ampleur des conséquences des expériences nucléaires, il serait probablement opportun que, par exemple, la France et l’Algérie incluent, dans le contentieux de la période et de la guerre de décolonisation, un volet concernant les essais nucléaires au Sahara. Des actions de coopération franco-algériennes, notamment sur la décontamination et la sécurisation des anciens sites d’essais du Sahara permettraient, en plus des réhabilitations nécessaires, de former des acteurs et des experts des deux pays dans ces domaines de haute technologie. Des actions de ce type, par des équipes multinationales, existent pour l’élimination des mines antipersonnel un peu partout dans le monde, y compris, je crois, en Algérie, pourquoi ne pas faire de même pour gérer l’après-essais nucléaires ?
    Nadjia Bouzeghrane

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    Message par bye Jeu 4 Sep - 18:44

    En Algérie, de vastes zones contaminées par les essais nucléaires français
    http://www.lemonde.fr/international/article/2014/02/14/de-vastes-zones-contaminees-par-les-essais-nucleaires-francais-en-algerie_4366318_3210.html
    Le Monde.fr avec AFP | 14.02.2014 à 06h55 • Mis à jour le 14.02.2014 à 07h08

    Une carte de l'armée française de 1960, déclassifiée en 2013, montre que les retombées radioactives du premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien ont été beaucoup plus importantes que celles admises à l'époque, s'étendant à toute l'Afrique l'ouest et au sud de l'Europe, selon un document publié vendredi 14 février par Le Parisien.
    Cette carte montre que, jusqu'au treizième jour suivant l'explosion aérienne, le 13 février 1960, de Gerboise Bleue, la première bombe française, les retombées radioactives se sont étendues à toute l'Afrique de l'Ouest, au sud-est jusqu'à la Centrafrique, ainsi qu'au nord, sur la côte espagnole et la Sicile.
    « Les militaires reconnaissent qu'à certains endroits les normes de sécurité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l'eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N'Djamena », écrit Le Parisien.
    DES RADIOÉLÉMENTS NOCIFS POUR LA SANTÉ
    « La carte du zonage des retombées montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l'iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l'atmosphère », affirme Bruno Barillot, un spécialiste des essais nucléaires cité par Le Parisien. Or, selon cet expert, « personne n'ignore aujourd'hui que ces éléments radioactifs sont à l'origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires ».
    « Classée secret-défense par l'armée pendant des décennies », cette carte à été déclassifiée le 4 avril 2013 « dans le cadre de l'enquête pénale déclenchée par les vétérans des campagnes d'essais nucléaires français [dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970] », précise le quotidien.
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    Message par bye Jeu 4 Sep - 18:45

    Essais nucléaires français en Algérie

    Quarante-sept ans après les essais nucléaires d’In-Eker
    http://www.liberte-algerie.com/reportages/la-menace-radioactive-pese-encore-sur-tamanrasset-quarante-sept-ans-apres-les-essais-nucleaires-d-in-eker-199182
    La menace radioactive pèse encore sur Tamanrasset
    Par : RABAH KARECHE
    Les effets dévastateurs de ces essais continuent de se manifester sur des populations de différentes générations, à travers des pathologies caractéristiques des irradiations.

    Novembre 1961. La France avait signé le début d’une tragédie ineffaçable quand elle avait décidé de réaliser des tirs nucléaires souterrains à In-Eker, à 180 km au nord de Tamanrasset. En mai 1962, la région a vécu un accident terrible lors du second essai baptisé au nom de Béryl. Un défaut de confinement de l’explosion à l’intérieur des galeries creusées dans les montagnes de Taourirt Tan Affla et Tan Ataram avait conduit à libérer des éléments radioactifs associés à des scories et des aérosols auxquels une centaine de personnes avaient été exposées.
    “Les parois du mont de Taourirt se fissurèrent en plusieurs pans laissant apparaître sur ses flancs un panache noir qui éructa brutalement son magma de lave radioactive et son souffle de particules toxique dans l’atmosphère”, témoigne un militaire français. In-Eker fut ainsi pollué pour les 24 000 années à venir, laissant place à la mort rayonnante qui sema dévastations et maladies parmi la flore et la faune dans un univers vitrifié, désormais incompatible avec toute forme de vie. Un drame que ni la France ni l’Algérie semblent vouloir affronter. Du 7 novembre 1961 au 16 février 1966, treize tirs souterrains, dont quatre n’ont pas été totalement confinés, furent effectués dans cette région du Sud. En 1967, la France abandonna ses expériences au Sahara selon les accords d’Évian. Malheureusement et quarante-sept ans après la fin de ces essais, la persistance de la menace radioactive pèse toujours sur la région et sur toute la population de Tamanrasset dont même la descendance continue à subir les conséquences de la colonisation française où la cruauté et la barbarie atteignaient leur paroxysme.
    Les effets dévastateurs des tirs continuent à se faire ressentir avec des pathologies caractéristiques des irradiations. Ce n’est peut-être pas le cas des militaires français qui sont de leur vivant taraudés et tourmentés pour avoir contribué à cette calamité en tirant sciemment des bombes à radiations ayant couvert des superficies s’étendant sur des centaines de kilomètres et sur un rayon de 80 km. Lucien Parfait, pour ne citer que celui-ci, appartenait au 11e régiment de génie saharien qui fut basé au camp d'In-Eker. Il avait, lui aussi, frôlé la mort lors de la déflagration de Béryl. Cet appelé miraculé avait survécu à pas moins de 30 anesthésies générales, 1 000 ablations et autant de points de suture. Aouarzig Moussa, ancien ouvrier à In-Eker, est père de dix enfants dont trois handicapés à 100%, Zainabou, Amoud et Ayoub. Le visage strié de rides dessinées par les années de désespoir, ce modeste targui de Sersouf, oublié de la société, souffre profondément des conséquences radioactives. Selon des chercheurs militaires, ces bombes, fabriquées avec du plutonium, connu pour être plus toxique que l’uranium, sont un véritable poison pour l’environnement et les humains.
    Le plutonium utilisé dans ces bombes demande 24 000 ans pour que diminue la moitié de ses effets. En conséquence, des cas de leucémie, des mort-nés, des déformations fœtales, des changements hématologiques et de graves pathologies cancéreuses ont été ainsi constatés. “Une véritable tragédie. Certes, nous n’avons pas de statistiques exactes sur les victimes car ce dossier est toujours classé secret-défense.
    Mais le nombre de malades atteints, entre autres, par le cancer du sang est on ne peut plus important. La maladie a ébranlé la région et touché même le cheptel des nomades qui paissent à l’intérieur même du site où ont été effectués les essais d’autant plus que la zone est libre d’accès puisque le grillage et les fils barbelés qui servaient de clôture ont été pillés et vandalisés. Aucune protection contre la radioactivité n’y existe à présent. Par ignorance et par manque de vulgarisation et de sensibilisation, les nomades fréquentent toujours cette zone dangereuse”, se lamente un responsable de l’APC d’In-Mguel (130 km du chef-lieu de daïra de Tamanrasset), en fustigeant les chercheurs militaires qui explorent la zone d’In-Eker sans associer les autorités locales.
    “Nous ne disposons d’aucun travail de recherche en mesure de nous aider à convaincre la population sur les effets néfastes de la radioactivité. Les gens sont inconscients de l’ampleur du danger. De toutes les recherches effectuées sur le site, aucun compte-rendu ne nous a été remis. Les explorateurs doivent faire participer le citoyen et le sensibiliser sur les risques de la radioactivité et les maladies qui en découlent”, ajoute-t-il non sans dépit. Dans ce contexte, Touhami Abdelkrim, vice-président de l’association Taourirt, créée dans le but de sensibiliser la population sur les répercutions de la radioactivité et du coup défendre les droits des victimes des essais nucléaires perpétrés à In-Eker, regrette le fait qu’“aucune carte sur les endroits où sont enfouis les déchets nucléaires n’a été léguée par la France. L’association a été créée pour sensibiliser d’abord les riverains qui côtoient cette zone contaminée. L’indemnisation passe après, car il est impossible de rendre âme aux victimes décédées à cause de cette calamité même si l’on dispose de tout l’or du monde”. Et de poursuivre : “Nous demandons la réparation morale avant de parler des dédommagements des victimes et la reconnaissance des crimes perpétrés dans le Sahara algérien, cette région que le général de Gaulle qualifia de zones inhabitées pour bénéficier de l’accord des Nations unies. Je me souviens au moment même de la déclaration, un journaliste suisse, qui préparait son reportage sur In-Eker, montra au monde entier que le responsable français avait entièrement tort en diffusant des images des enfants nomades qui gambadaient non loin de la zone désignée pour réaliser les opérations nucléaires.”

    Les négociateurs d’Évian ne connaissaient pas le territoire !
    Même s’ils s’étaient montrés intransigeants lors des pourparlers d’Évian, “les négociateurs du FLN avaient quand même fini par céder à la France une partie du territoire qu’ils méconnaissaient parfaitement pour commettre les crimes les plus atroces dans l’histoire et les anales de la guerre d’Algérie. Pour qu’ils aient la conscience tranquille, nos responsables doivent, eux aussi, faire leur mea-culpa et implorer Dieu pour un demi-siècle de pardon pour avoir autorisé une bêtise humaine que nous avons et continuons de payer cher après toutes ces années. On ne peut pas parler de droits ni de justice dans un État qui ne reconnaît pas ses méfaits et ses erreurs. Notre humble expérience nous a permis de constater, en revanche, que les laïus politiques utilisés par nos responsables et encore moins par les autorités françaises, ayant approuvé la loi relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des irradiés, sont trompeurs”, maugré M. Touhami, faisant remarquer que “c’est une loi scélérate, une loi écran qui stipule l’indemnisation des victimes ayant, cinquante ans après l’Indépendance, silencieusement trépassé, sans toucher le moindre sou. Maintenant que nous sommes conscients du danger que présente la radioactivité, nous n’allons pas nous taire”.


    Loi Morin et des zones d’ombre !
    Promulguée le 5 janvier 2010, la loi relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dite Morin (du nom du ministre français de la Défense, Hervé Morin) est entourée de beaucoup d’ambiguïtés.
    Selon le président de l’association Taourirt, Elouaar Mahmoud, “la teneur de cette loi controverse explique clairement l’irresponsabilité et la mauvaise foi des autorités françaises quant à l’indemnisation des personnes souffrant de maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français”.
    La loi stipule que les demandeurs doivent être inscrits sur une liste fixée par décret en Conseil d’État conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale afin qu’ils obtiennent réparation intégrale de leur préjudice. Et si la personne est décédée, la demande de réparation peut être présentée par ses ayants droit.
    “Malheureusement, aucune des victimes ne possède actuellement un document justifiant son exercice au sein du centre d’expérimentation militaires français, car après l’Indépendance, plusieurs d’entre elles ont procédé à la destruction de ces pièces pour éviter de se faire traiter de traîtres”, dit-il. La loi Morin est un piège dans lequel même les ressortissants français se sont embourbés. Dans le premier alinéa de son 2e article, la loi précise que la personne souffrant d’une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné entre le 13 février 1960 et le 31 décembre 1967 au Centre saharien des expérimentations militaires, ou entre le 7 novembre 1961 et le 31 décembre 1967 au Centre d'expérimentations militaires des oasis ou dans les zones périphériques à ces centres. “Toutefois, aucun fichier répertoriant les personnes concernées n’a été remis aux autorités algériennes. Ces dernières restent indifférentes malheureusement.”   

    Près de 500 victimes attendent leur indemnisation
    Évoquant le problème de l’indemnisation des victimes, particulièrement les cobayes laborieux que l’armée française exploitait pour faire aboutir sa stratégie nucléaire, un responsable de l’APC d’In-Mguel fait savoir que le recensement des employés en vie qui faisaient le travail de manutention dans les galeries d’expérimentation nucléaire à Taourirt Tan Affela, réalisé en 2010, fait état de 254 personnes ayants droit. Aujourd’hui, l’association Taourirt dénombre près de 500 victimes de la radioactivité à In-Eker.
    “Le bilan n’est pas encore définitif puisque l’opération de recensement suit toujours son cours”, souligne, pour sa part, Ibba Boubakeur, secrétaire de l’association, non sans signaler les difficultés financière auxquelles ils sont confrontés. “Avec
    1 000 da en caisse, on ne peut rien faire. Nous avons sollicité les autorités compétentes pour avoir des subventions nous permettant de faire avancer l’opération de recensement des victimes et par ricochet exécuter le plan d’action mis en place par l’association. En vain. On accuse une fin de non-recevoir pendant que des sommes astronomiques sont déboursées inutilement dans des occasions folkloriques éphémères.” Et de renchérir : “Nous avons tout fait avec nos propres moyens. L’État doit maintenant s’immiscer pour rendre espoir à des centaines de personnes qui risquent de mourir dans l’anonymat à cause des bêtises commises par nos dirigeants historiques. La radioactivité est l’affaire de tous et ce n’est pas seulement la région d’In-Eker qu’y est exposée puisque plusieurs habitations de la ville de Tamanrasset, jusqu’en 2008 alimentée en eau potable depuis In-Mguel, à quelques encablures de la zone contaminée, sont construites avec de la ferraille provenant d’In-Eker.”
    M. Ibba a insisté sur la nécessité de procéder immédiatement au curage de la zone contaminée. Il a également fait appel aux plus hautes autorités du pays pour la restitution des archives relatives à ces essais et pour l’installation d’un observatoire à In-Eker à l’effet de poursuivre l’évolution de la radioactivité.
    “Il faut aussi lever les entraves sur les formalités liées à la constitution des dossiers d’indemnisation dans le but d’assouplir les procédures aux concernés”, a-t-il conclu.

    Bamhamed Mohamed Abdelkader : “On s’est servi de nous.”
    À 71 ans, Bamhamed Mohammed Abdelkader garde toujours les souvenirs frais de la catastrophe humanitaire et environnementale d’In-Eker. Cet habitant d’In-Mguel travaillait pour la France en qualité de cobaye laborieux parmi les PLO (Populations locales des oasis).
    “Posté à une dizaine de kilomètres de l'explosion, j'ai assisté au premier essai nucléaire français dans la région. La déflagration avait fait un bruit assourdissant et provoqué une immense vague de sable. Une tache blanche s'était détachée du sol et est montée au ciel. Le champignon nucléaire s'était formé sous nos yeux. On fut conduit vers la base située à 7 km de la zone d’essais, sans contrôle médical et sans avoir la moindre explication sur ce qui s’était passé”, raconte-t-il.
    Près d’un demi-siècle après, Bamhamed se trouve contraint d’assumer les répercutions de la tragédie en enfantant deux handicapés parmi ses 14 enfants à charge, Fatma (45 ans) et Samia (23 ans), et ce, sans bénéficier du moindre soutien de l’État.

    Un appelé français brise le silence
    Fernand Segonds faisait partie des nombreux appelés du contingent envoyé en Afrique du Nord. Dans une correspondance adressée à l’Association françaises des vétérans des essais nucléaires (Aven), il révéla : “J’étais à In-Eker quand l'armée française avait effectué l’opération nucléaire, Béryl, le 1er mai 1962. C’est un essai qui a été complètement raté puisque la montagne sous laquelle se déroulait le tir s’est fendue. J’ai passé quatorze mois dans cette partie du sud de l'Algérie, à 35 km du site de tir, sans aucune protection. J’ai commencé à me poser des questions quand j'ai vu pas mal de mes copains devenir malades. J’ai eu droit à 15 jours de vacances à la mer. C’est vrai que je suis rentré d'Algérie l'esprit tranquille. Ensuite, au fil du temps, j'ai commencé à me poser des questions : je n’ai jamais été rappelé comme réserviste — c'est le cas de tous ceux qui ont participé aux essais — et certains d'entre nous ont été envoyés quinze jours en vacances au bord de la mer — l'iode a des effets sur les radiations — du côté d'Alger. C'est bien que, à cette période déjà, certaines personnes savaient, ou se doutaient, de la dangerosité des tirs atomiques. Tout ce que nous demandons, c'est que les maladies — cancers et autres pathologies (cœur, thyroïde) — dont souffrent les vétérans des essais soient considérés comme radio-induites et que l'État nous indemnise”.

    Ce qu’il faut savoir
    Les accords d’Évian contenaient des clauses annexes dites “secrètes” autorisant la présence française au Sahara cinq années de plus après l’Indépendance.
    Un délai que la France coloniale jugeait nécessaire pour achever le programme de force de frappe mené par le président de Gaulle et par son prédécesseur à la suite du changement d’équilibre géostratégique survenu au cours de la crise de Suez.
    L’histoire de la force de frappe, aussi nommée force de dissuasion nucléaire, commença officiellement en 1958 pendant la guerre froide, lorsque le président du conseil militaire français d’alors, Félix Gaillard, sous la présidence de René Coty, décida de doter la France d’une force nucléaire utilisée dans les relations internationales pour affirmer la politique extérieure des nations sur la scène mondiale.
    La présence militaire et scientifique française dans le Sahara permettait donc d’assurer le développement et l'expérimentation d'un nouveau type d'armement. Des fusées du Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux, des bombes atomiques du Centre d'expérimentations militaires des oasis (Cemo), des armes chimiques et bactériologiques furent testées jusqu'en 1967 avec le plein accord des autorités algériennes.

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