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    Assigné à résidence

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    Assigné à résidence Empty Assigné à résidence

    Message par bye Dim 13 Déc - 18:49

    Joël est militant.
    Il fait partie des trois cent cinquante-quatre personnes assignées
    à résidence par la police au nom de l’état d’urgence.
    Pendant une journée, nous avons partagé sa routine imposée
    de détenu sans cellule.
    Récit.

    Joël Domenjoud est un citoyen comme les autres. Enfin presque : depuis le 26 novembre 2015, 16h30, il est assigné à résidence au nom de l’état d’urgence. Membre de la legal team de la Coalition climat, ce militant sans casier judiciaire, la petite trentaine échevelée et la voix calme, se retrouve prisonnier de Malakoff, sa commune de résidence, jusqu’à la fin de la COP21, ce samedi 12 décembre. Ce qu’on lui reproche ? Rien, si ce n’est son dissentiment politique. Inique, ubuesque, kafkaïenne, sa situation est emblématique des dérives sécuritaires qui secouent la France depuis les attentats du 13 novembre. Son histoire en est une parmi tant d’autres, noyée entre deux mille cinq cents perquisitions administratives et trois cent cinquante-quatre assignations à résidence. Devant la multiplication d’incidents liés au régime d’exception en vigueur dans l’Hexagone, nous avons voulu passer du temps avec Joël. Pas seulement pour évoquer son parcours ou ses craintes, mais aussi pour dessiner les contours d’un dispositif de contrôle et de surveillance qui brille par son invisibilité. Une assignation à résidence n’est pas spectaculaire : c’est même dramatiquement banal. Ce qui ne la rend pas moins redoutable.

    LE JOUR J

    “J’ai trouvé une convocation dans ma boîte aux lettres,
    je me suis rendu au commissariat.”

    Quand il passe le seuil vaguement art déco de son immeuble de cinq étages, le jeudi 26 novembre, Joël Domenjoud hume très vite l’odeur âcre d’une journée pas comme les autres. « Quand j’ai mis le pied dehors, j’ai senti que j’étais pris en filature. Puis ma voisine m’a appelé un peu paniquée pour me dire que des dizaines de policiers étaient en train de me chercher dans l’immeuble et qu’ils venaient de sonner deux fois chez elle. Quarante-cinq minutes plus tard, rebelote. En fait, la direction du renseignement de la préfecture de police et le commissariat de Vanves ne se sont pas coordonnés, et deux équipes différentes ont été dépêchées sur place. J’ai trouvé une convocation dans ma boîte aux lettres et sur le coup de 16h30, je me suis rendu au commissariat. Là, le commissaire m’a signifié mon assignation à résidence. »

    Désormais, Joël doit pointer trois fois par jour – à 9 heures, 13 heures et 19h30 – et observer un couvre-feu de 20 heures à 6 heures. C’est le document, paraphé par Bernard Cazeneuve en personne, qui l’impose. Une nouvelle vie, pleine d’hiatus, d’accélérations et de temps morts, commence. Par chance, son charmant T3 – aux antipodes de l’appartement conspiratif – n’est pas perquisitionné. « Ils n’ont jamais essayé de rentrer, car ils ne cherchaient aucun élément matériel. Et de toute façon, ils n’auraient rien trouvé. » Sur la table basse, entre un piano droit et quelques sachets de thé à la canneberge, trônent encore un exemplaire de La Revue du crieur et un livre comme un pied de nez à l’incongruité de la situation : Paris insolite. Joël est soulagé d’avoir échappé au traumatisme d’une porte enfoncée au bélier par des forces de l’ordre zélées qui n’ont pas la réputation de repasser les chemises. « Si je craignais la perquisition, c’est uniquement parce que j’avais peur qu’on détruise mon appartement. C’est d’ailleurs la première question que m’a posée ma copine. » Un nouveau réflexe pavlovien le pousse désormais à fermer les trois verrous de sa porte d’entrée. « Je ne le faisais pas avant. » Autour d’un café, la maire communiste, Jacqueline Belhomme, assure Joël que personne ne l’a avisée de l’intervention de la police. Lui se charge de rassurer ses voisins libanais autour d’un dîner. Et jusqu’au dimanche 29 novembre, des policiers en civil guettent discrètement le moindre de ses mouvements : « Ça s’est arrêté le lendemain de la manifestation interdite à République, comme par hasard. »

    LE RITUEL DU POINTAGE

    Le risque ?
    Six mois de prison ferme et 7 500 euros d’amende.
    On ne parlemente pas avec l’état d’urgence.

    « J’ai une horloge dans la tête », se marre Joël. Quand on le rejoint sur le coup de 8h30, il est déjà en train de s’activer, prêt à braver le froid pour rejoindre d’un pas alerte le premier « check-point » de la journée. Mentalement, il fait le calcul : quarante-huit pointages du 26 novembre au 14 décembre. Quatre-vingt-seize trajets. En tout, plus de vingt heures à labourer inlassablement le même itinéraire, à pied ou à vélo. En l’absence de commissariat à Malakoff, Joël doit pointer à celui de Vanves, une délocalisation qui s’accompagne de petits tracas : en effet, son assignation lui interdit de quitter sa commune de résidence, et seule une dérogation l’autorise à franchir des limites auxquelles il ne prête d’ordinaire aucune attention. « Parfois, j’hésite à faire un crochet pour acheter le pain. » Souvent, il se ravise. En cas de contrôle, il pourrait être placé en garde à vue pour violation des conditions de son assignation. Le risque ? Six mois de prison ferme et 7 500 euros d’amende. On ne parlemente pas avec l’état d’urgence.

    Le pointage ressemble à une mauvaise ritournelle qui rythme sa journée. « Avant celui du matin, c’est toujours le stress qui prédomine. Le week-end dernier, j’ai mis deux réveils décalés d’une demi-heure pour être sûr de ne pas louper l’heure. » Une fois qu’il a fait acte de présence (deux minutes montre en main, palpation comprise), la pression retombe. Un peu. « Après, c’est la liberté conditionnelle, les heures qui se profilent. » Quatre le matin, six et demi l’après-midi. Le midi, Joël mange toujours trop vite : 13 heures, c’est pas pratique. Et le soir, l’anxiété revient. « Après le dernier pointage, j’ai trente minutes pour rentrer chez moi. »

    Au commissariat, une jeune policière cherche désespérément la feuille qu’il doit remplir, comme un calendrier de l’avent alternatif. « Le classeur jaune, en haut de l’armoire à gauche », lui souffle Joël. « Vous connaissez mieux le bureau que moi », répond-elle d’un air amusé. Même si le gardien de la paix aura toujours le dessus dans cette relation asymétrique, la routine du pointage crée une proximité. « Pour me faire gagner du temps, les policiers me préparent parfois le document. Une fois qu’ils ont eu la certitude que je me conformais au dispositif et que j’étais ponctuel, ils ont été accommodants. En me faisant venir trois fois par jour, on crée forcément un lien entre eux et moi, je ne vais pas passer quinze jours à leur faire la gueule sans dire bonjour. » Des sourires empathiques qui tranchent singulièrement avec la vision des corps exogènes et casqués qui pénètrent l’intimité des perquisitionnés. De retour dans son salon, Joël se lance dans un cours d’Histoire en rallumant la bouilloire électrique. « Autrefois, on envoyait les conscrits pour réprimer les mouvements sociaux. Puis, face aux mutineries de ceux qui ne voulaient pas se retourner contre un peuple dont ils faisaient partie, on s’est mis à envoyer des soldats du Sud pour mater des mineurs du Nord, par exemple. Comme c’était trop sanglant, on a fini par créer des gendarmes mobiles, qui ne font pas partie de la population et peuvent donc agir contre elle. » Tout l’inverse des uniformes de Vanves, qui composent plus que jamais son quotidien.

    LE TEMPS ET L’ESPACE

    “Avec l’état d’urgence, on fait disparaître des gens de leur quotidien, de leur entourage.
    On ne peut pas les neutraliser alors on les soustrait à la société.”

    En disponibilité de l’Education nationale, où il a exercé « des postes à tout faire » pendant huit ans avant de se concentrer sur « des projets personnels », Joël s’est vu refuser la levée de l’assignation au motif qu’il n’avait pas d’obligation professionnelle. Alors il essaie de composer avec. « Les premiers jours, avec les flics en bas, j’avais l’impression d’être en prison. La force du dispositif, c’est l’autocensure. Ça instaure le contrôle dans la tête des gens, et je définis moi-même les frontières de mon assignation, dont je deviens le garant. » Dans la vie de Joël, il n’y a ni miradors, ni contrôles biométriques, ni bracelet électronique. Juste le poids écrasant d’un dispositif arbitraire et politique qui impose son inertie. « Ça allonge indéfiniment le temps, j’ai l’impression que ça fait un mois que ça dure. » Montrouge, à 300 mètres de son domicile ? Il ne peut pas s’y rendre. L’avant-veille de notre visite, un autre assigné à résidence y a été placé en garde à vue : son référé-liberté au tribunal de Cergy ayant traîné en longueur, il est arrivé en retard au commissariat pour son pointage du soir, dans le 18e. L’espace d’un instant, on se prend à imaginer les deux internés administratifs, postés de part et d’autre de la D906, qui sépare les deux communes, comme deux Coréens qui ne sauraient plus trop où se situent le Nord et le Sud. « J’aimerais boire un café avec lui, connaître son histoire. Dans son cas, c’est de la paralysie de vie. »

    Tous les après-midi, Joël se rend à la bibliothèque associative de Malakoff, la bien nommée BAM, qu’il cogère depuis huit mois. C’est son « assignation à résidence secondaire », comme il se plaît à le répéter. Sur le coup de 15 heures, tandis que Robert Johnson tourne en boucle sur YouTube, il range précautionneusement une édition de 1923 de La Collecte du pain, de Kropotkine, préfacée par le géographe anarchiste Elisée Reclus. « J’ai de la chance que la bibliothèque soit sur la commune, car au final, l’enfermement a décuplé ma voix. » Entouré de pamphlets libertaires et d’ouvrages de critique sociale, Joël y croise une trentaine de personnes par jour. Quand il aura recouvré sa liberté, il reprendra les projections du soir. Evidemment, il a déjà programmé La Vie des autres, ce film allemand qui chronique la surveillance pathologique de la Stasi dans l’ex-Allemagne de l’Est.

    Avant d’être scotché dans sa banlieue, Joël voulait « repenser la ville, créer des lieux de vie et d’échange, des endroits de non-consommation. » Quel écho trouve cette conviction quand s’érigent devant lui des frontières infranchissables ? Se fracasse-t-elle contre un mur ? « On peut vite tomber dans un isolement social mortifère. J’ai la chance de faire partie de l’endroit où je vis, ça me protège. Nos villes se sont transformées en gated communities [ces ensembles pavillonnaires clôturés et hyper sécurisés, ndlr], ça segmente énormément la société en généralisant l’hostilité. » Alors, pour résister, Joël a envie d’aller au café d’en face. « Désormais, le militantisme commence au pied de mon immeuble. » Une sorte de point équidistant, conscient, entre les appels aux terrasses du 11e arrondissement et le lien social qu’on brise en enfonçant des portes. « Avec l’état d’urgence, on fait disparaître des gens de leur quotidien, de leur entourage. On ne peut pas les neutraliser alors on les soustrait à la société. On viole des intimités et on abîme des voisinages. Qu’est-ce qui se passe après l’humiliation d’une porte défoncée au bélier, qui ramasse les débris ? Dans chaque quartier, partout en France, on imprime la logique que l’Etat nous surveille et nous voit. Il peut être partout, à n’importe quel moment, et intervenir pour n’importe quoi, semble-t-il nous dire. »

    LA PARANOÏA SÉCURITAIRE

    “En mettant un policier dans chaque rue,on conditionne les gens à penser qu’on peut être frappés n’importe où. Le sentiment de protection"

    « Mes amis n’osent plus m’appeler sur mon téléphone, et ils sont persuadés que mon matériel informatique a été saisi. J’ai également été retiré de listes mail d’information sur les actions militantes. Mes proches préfèrent venir me voir, mais plutôt à l’extérieur. Ils ont peur que mon appartement soit sur écoute. » S’il n’a pas retourné son appartement à la recherche de micros, c’est parce que Joël ne veut pas « tomber dans le piège de la paranoïa, ou l’on mélange l’imaginaire de James Bond et l’extrapolation des moyens réels des services de renseignement. Je suis pragmatique, ils ont déjà redéployé tous leurs moyens sur le djihadisme ». Il n’empêche : un ami venu lui apporter des spéculoos et qui avait mystérieusement annoncé au téléphone avoir « quelque chose pour lui » a eu droit à une fouille en règle en repartant par le métro.

    Pour rationaliser, il lit beaucoup, énormément : en quelques jours, il a épluché toutes les unes de journaux des années 36 à 40, pour se documenter sur la montée des nationalismes et le déploiement de dispositifs sécuritaires par les radicaux de gauche de Daladier. Et même s’il se « tient en alerte sur Internet » en suivant frénétiquement l’actualité, il « passe plus de temps à prendre le ressenti des gens qu’à se tenir au courant de ce qu’il se passe ». Branché sur le climat de tension qui entoure sa prison sans barreaux, Joël réévalue la distance qui sépare l’Etat de droit de sa suspension. « On bascule dans des dispositifs sécuritaires parce qu’on n’y croit pas. Sur l’état d’urgence, on voit bien que c’est dangereux mais une partie semble rationnelle. » Difficile de lui donner tort : selon un sondage Ifop, 91% des Français ont approuvé le vote express de la loi.

    Tous les matins, Joël se réveille au son des JT radio, qui relaient le flot presque ininterrompu de propositions sécuritaires, charriées par la gauche comme par la droite, sans discernement. De son troisième étage, derrière ses fenêtres embuées, il essaie de prendre un peu de hauteur. « La sécurité crée un couvre-feu permanent. En mettant un policier dans chaque rue, on conditionne les gens à penser qu’on peut être frappés n’importe où. Le sentiment de protection et d’insécurité cohabitent dans le même corps, dans le même mouvement. En ce moment, six militaires patrouillent sur le marché de Malakoff. Mais avant ça, qui s’y serait senti menacé ? »

    L’ENGAGEMENT

    “On se retrouve dans un fichier sur la base d’une simple présence dans une manif,contre le nucléaire par exemple.”

    En tout, vingt-quatre militants soupçonnés d’appartenir à la « mouvance contestataire radicale », pour reprendre la taxinomie du ministère de l’Intérieur, ont été assignés à résidence dans le cadre de la COP21. Parmi eux, la coordinatrice locale d’Alternatiba à Rouen ou un militant CNT de Montauban. « On assiste à une intimidation globale des militants. Cette assignation à résidence est une mesure purement symbolique, c’est une opération psychologique dont les moyens sont décuplés par l’état d’urgence. » Dans l’acte d’assignation qui le vise, le ministère a « ridiculement simplifié » son CV de militant. Y sont consignées sa participation à une réunion de préparation pour la COP21 dans un squat, et l’animation de réunions durant un camp d’été à Bure, dans la Meuse, pour protester contre un projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires (en août 2015). « C’est vrai que c’est extrêmement radical, ironise-t-il. Ils n’ont retenu que des engagements extrêmement récents. Pour rendre justice au dispositif, on pourrait dire que j’étais ici, mais aussi là. » Une façon de rappeler son investissement associatif en faveur des réfugiés, son engagement dans le comité de soutien parisien à Notre-Dame-des-Landes, ou celui, plus ancien, dans l’organisation des Big Brother Awards, qui récompensent depuis plus de dix ans les ennemis des libertés publiques et de la vie privée. « Même si le terme n’est pas utilisé dans l’assignation, on fait de moi un zadiste par procuration. Je déteste ce terme, j’aimerais le déconstruire, qu’on parle de territoires en lutte plus que de zones à défendre. C’est devenu un critère de discrimination, qui permet de stigmatiser la radicalité. »

    Radical, Joël ? Il n’aime pas trop ce prédicat. Libertaire non plus. « En subissant mon assignation, ça me permet de susciter un questionnement. » Entre deux escapades policières, il picore dans le champ des idées, empruntant aux différentes expressions du vocabulaire des luttes. In fine, le dispositif fait de lui un individu plus éclairé. Donc plus dangereux ? Et plus déterminé ? « J’aurais du mal à être plus engagé, mais je vais mettre plus de priorités dans cet engagement. Le quotidien militant est parfois enfermé dans une mobilisation au jour le jour. Il reste deux ans avant la présidentielle, le contexte peut se durcir, et je veux me concentrer sur la création de lieux de vie pour les militants, afin d’offrir des moyens pratiques de lutter, parce que la contestation sociale est indispensable à l’enrichissement du débat. Et puis je vais forcément me mobiliser sur l’état d’urgence parce qu’il est inenvisageable qu’il soit prorogé ou constitutionnalisé. » Face à lui, l’impossibilité temporelle d’un débat public unanime et culpabilisant. S’opposer à l’état d’urgence, c’est être au mieux naïf, au pire complice. A l’Assemblée nationale, seuls six députés ont voté contre. Aucun au Sénat.

    Autour de sa table à manger, on évoque la question de Manuel Valls au Conseil d’Etat : le Premier ministre vient de saisir la plus haute juridiction administrative de l’Etat pour qu’il se prononce sur la création de centres d’internement préventifs destinés aux individus fichés S, la marque au fer rouge des ennemis de la République (ils seraient vingt mille en tout, dont une moitié liée à la mouvance islamiste). Quand on demande à Joël s’il pense en faire partie, il prend son assignation à témoin, répond par l’affirmative et se lance dans une rétrospective de la fabrication de la menace. « On en discute dans les milieux militants depuis 2008. Ça remonte à l’époque où Michèle Alliot-Marie [alors ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, ndlr] agitait le spectre de l’ultragauche. A cette époque, on savait déjà que ça touchait des militants d’ONG. Avec le démantèlement des RG, le renseignement est devenu plus distant, la surveillance plus discrète. On se retrouve dans un fichier sur la base d’une simple présence dans une manifestation, contre le nucléaire par exemple. Sur les manifestants interpellés à République, combien vont écoper d’une fiche S ? »

    ET APRÈS…

    Ce vendredi 11 décembre 2015, à 14 heures, Joël espère obtenir un sauf-conduit pour sécher son pointage de 13 heures et assister à son audience en référé devant le Conseil d’Etat. Optimiste sur la forme (« Les notes blanches du renseignement sont vraiment blanches, ils n’ont rien sur moi »), il l’est beaucoup moins sur le fond. « Je n’aurai pas le droit de m’exprimer. Je vais me retrouver devant des énarques, les mêmes que ceux qui m’ont condamné sans jugement. Normalement, le Conseil d’Etat doit se prononcer sur des points de droit, mais ce sera balayé par l’argument de l’état d’urgence. C’est purement politique. Si l’avis est négatif, j’irai devant la Cour européenne des droits de l’homme. » Samedi, à 19h30, Joël sera de nouveau libre.
    Et après ?

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