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    Aux sources de la pensée anarchiste

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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par admin Dim 16 Déc - 1:44

    L'anarchisme est un mouvement d’idées ayant pour objet de garantir la liberté individuelle et s’opposant par là à toute forme de domination.

    L’embryon d’une réflexion de type anarchiste apparaît dès la Révolution française, qui institue un divorce radical entre l’égalité politique affirmée par l’État et le maintient des inégalités sociales et économiques. Certains esprits s’interrogent sur cette dérive étatiste qui remet en cause l’idéal de libération de l’individu. De ce point de vue, le Manifeste des Égaux de Gracchus Babeuf apparaît comme une des premières actions de type « libertaire », à la fin du xviiie siècle.

    Philosophiquement, l’anarchisme puise aux mêmes sources que le marxisme, à savoir l’hégélianisme en tant que lutte de l’Homme contre toute forme d’aliénation (religion, Église, État, etc.). Mais là où le marxisme affirme, à travers le matérialisme historique, un destin collectif de l’Homme à travers la notion de lutte des classes, l’anarchisme proclame la souveraineté du moi « unique », telle qu’elle apparaît dans l’ouvrage de Max Stirner, L’Unique et sa propriété (1845). Enfin, l’anarchisme n’est pas sans puiser aux sources du christianisme : ainsi Proudhon célèbre l’enseignement « social » de Jésus et Stirner son « dépassement de l’État ». (ça ne va pas plaire à certains !)

    Pour les anarchistes, la liberté de l’individu ne doit être entravée par aucune forme de répression ou de contrôle extérieur. Tout type d’autorité est donc rejeté, et la vie en société n’est possible que s’il y a accord individuel de tous les membres de la communauté. Considéré comme le père de la pensée anarchique, l’écrivain français du XIXe siècle Pierre Joseph Proudhon estime que les règles unissant l’individu à la société doivent se situer à l’opposé du contrat social défini par Jean-Jacques Rousseau. Selon lui, la conception rousseauiste du pouvoir ne peut qu’être arbitraire, dans la mesure où elle ne concerne que la sphère politique et se désintéresse des aspects économiques et sociaux.

    Sans renier la nécessité de se plier à un contrat collectif, la pensée anarchiste souhaite que celui-ci soit aussi proche que possible des besoins de chacun et, à ce titre, qu’il se modifie en fonction des évolutions individuelles. Aussi, la prise en considération des aspirations de chacun se traduit-elle par une conception fédéraliste du pouvoir et de l’organisation de la société, tant sur le plan professionnel que sur le plan territorial, afin que l’organisation collective soit librement consentie par tous. Dès lors, toute forme de gouvernement doit-elle être rejetée, tant qu’elle ne représente les intérêts que d’un seul groupe, même majoritaire. De même, l’anarchisme s’oppose au système parlementaire, dans lequel l’individu est dépossédé de son droit de contestation, et lui préfère le syndicalisme qui, plus proche de la population, est censé mieux rendre compte des aspirations des individus.

    L’anarchisme pose aussi la question de la propriété. Sur ce point, deux tendances s’opposent : l’une prône le maintien de la propriété individuelle et l’autre, héritière notamment du babouvisme, développe une conception collectiviste de la répartition des biens. Toutefois, les anarchistes se démarquent du communisme et, dès 1866, le Russe Mikhaïl Bakounine prédit que le système étatique communiste porte en germe la création d’une classe privilégiée, représentée par les bureaucrates. Il s’ensuit une rupture entre les courants anarchistes et socialistes, qui pouvaient jusqu’alors cohabiter.

    Au congrès de l’Association internationale des travailleurs, ou Ire Internationale, qui se tient à Bâle en 1869, les anarchistes, dirigés par Bakounine, sont mis en minorité par les socialistes ; en 1872, ils sont expulsés de l’Internationale. Les tenants de l’anarchisme philosophique continuent de se distinguer des socialistes par l’importance qu’ils accordent à l’absence de tout contrôle sur l’individu et la société, en particulier de tout contrôle émanant de l’État.

    Bien que la plupart des anarchistes n’aient pas préconisé le terrorisme comme moyen d’action, l’opinion commune identifie à tort ce mouvement à la violence. Il est vrai que les assassinats du président français Marie-François Sadi Carnot (1894), du roi d’Italie Humbert Ier (1900), du président des États-Unis William McKinley (1901) et du roi de Grèce George Ier (1913) — tous commis par des anarchistes — sont venus étayer cette idée populaire. Cela est particulièrement le cas en France lors de la série d’attentats perpétrés, en 1892-1894, par Ravachol, Caserio, Vaillant ; et plus encore au temps où sévit la bande à Bonnot, groupe de malfaiteurs inspirés par l’idéal anarchiste (1911-1913). {Quand je vous dis qu'on se sert souvent d'une idéologie pour commettre des crimes mais est-ce la faute de l'idéologie ?}

    Mais les anarchistes se sont bien souvent vu imputer, par ailleurs, des crimes qu’ils n’avaient pas commis.

    Je parlerais après de l'époque moderne de l'anarchisme...
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    Message par Invité Dim 16 Déc - 6:28

    Je ne demandais rien; j'étais sur le site France 5 , lorsque j'ai été saisi par des cris de détresse de femmes en situation plus que délicates: battues, manipulées,..J'ai donc proposé une aide, sous forme de conseil assorti d'un maximum de précautions.
    C'est, je pense, à cette occasion, que j'ai été contacté, pour soi-disant, participer à un forum ouvert, libre,..Encore une fois, je ne demandais rien, et c'est ma faute: jamais je n'aurai dû accepter.
    Je vais contacter France 5 , de façon à verrouiller un peu mieux, l'accès des messageries, si c'est possible.
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    Message par Invité Dim 16 Déc - 8:16

    hier soir, des propos d'une rare intensité, d'une rare violence ont été tenus,auxquels j'ai largement participé.Lorsque je relis mes propos,je ne me reconnais pas.
    Nous ne nous connaissons pas, donc tout à fait gratuitement, je vous dis tranquillement que ce n'était pas moi: quelque soit la forme employée, je n'atteins jamais ces sommets, aussi bien dans l'émission que dans la réception.
    Mais nous n'avons plus rien, dorénavant, à nous lire.
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    Message par Invité Dim 16 Déc - 12:05

    Anarc, tu reconnais que tu ne t ai pas reconnu et le ton a monté un court instant, pas de quoi en faire un plat,on se relit et on se dit que c est passé , . Continues a te plaindre tu es en effet victime de ta fougue, mais pas de menace stp la 5 ou la dst, bettina t invite pour tenir des discours pas des propagandes. Suspect
    ne veux tu pas exposer ton ressentiment de nico et du systeme, ne veux tu pas proposer tes idées sans provoquer? Le resumé a propos de lanarchisme est bien. Voyons ce qu est une societe sans controle etatisé a l inverse de notre republique, ou du moins que qqun dise comment il serait concevable de vivre en societe mixte avec des regles anarchistes. Bonjour a tous :D
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    Message par Rabasse du sud Dim 16 Déc - 12:07

    Je suis parti du foyer familial à 15 ans avec ma valise et j'ai parcouru un peu les continents, partagé des misères et des joies, alors c'est vraiment de la pacotille de se sentir coupable pour des prétextes de culture "à la mord moi le noeud", si tu étale des tartines de confitures savantes fondées, je lis et je bois et j'en prend mon parti mais bon, delà à te sentir usurper c'est signe que tu ne mets pas les bases de la communication en priorité, une sorte de snobisme bourgeoise, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, hein! dommage !
    salut
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    Message par Invité Dim 16 Déc - 13:05

    ami truffe du sud Laughing , tu es surfeur du net tu as certainement lu les sites anarchistes. question: penses tu que l homme est cap de vivre en harmonie dans des regles ethiques et civiles qu il créé dans son milieu environnementale federalisme???sans chef sans commandeur? rendeer confused bounce cherry
    j t avoue que je ne crois pas les hommes matures et que trop de caracteres differends ont besoin d etre structuré pour eviter la pagaille, mais toi tu as opinion stp?, pirat
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    Message par Rabasse du sud Dim 16 Déc - 13:16

    aissa, je reviendrai plus tard, mon temps aujourd'hui est consacré à la musique! @+ bonne journée
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    Message par Invité Dim 16 Déc - 13:47

    hello, vous savez nous vivons une epoque fantastique?

    nous faisons faire a l homme un pas dans l evolution de la race!

    oui monsieur.

    nous communiquons instantanement grace a la technologie. oui madame.

    c est magique! depuis Mr Gutemberg et le premier livre edité la bible. Cela a cimenté des civilisations non?

    Nous, pouvons transferer nos angoisses nos rancoeurs nos génis nos amours...hop je diffuse mon humeur joyeuse et qui est comme moi me lit. hop je reagis a celui ci et je trouve des gens de meme etat d esprit. L esprit partagé. C est le web. Quel elan donné par Bill Gates.Oui monsieur. A vous revoir madame
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    Message par admin Dim 16 Déc - 14:13

    aissachris a écrit:ami truffe du sud Laughing , tu es surfeur du net tu as certainement lu les sites anarchistes. question: penses tu que l homme est cap de vivre en harmonie dans des regles ethiques et civiles qu il créé dans son milieu environnementale federalisme???sans chef sans commandeur? rendeer confused bounce cherry
    j t avoue que je ne crois pas les hommes matures et que trop de caracteres differends ont besoin d etre structuré pour eviter la pagaille, mais toi tu as opinion stp?, pirat
    Moi je pense par rapport à ce que tu demandais si l'homme est capable de... je pense que oui, avec le temps un jour viendra... mais je crois pour ça qu'il faut passer par le libéralisme... Un jour, proche, je t'expliquerais ma théorie... Smile
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    Message par admin Dim 16 Déc - 14:13

    aissachris a écrit:hello, vous savez nous vivons une epoque fantastique?

    nous faisons faire a l homme un pas dans l evolution de la race!

    oui monsieur.

    nous communiquons instantanement grace a la technologie. oui madame.

    c est magique! depuis Mr Gutemberg et le premier livre edité la bible. Cela a cimenté des civilisations non?

    Nous, pouvons transferer nos angoisses nos rancoeurs nos génis nos amours...hop je diffuse mon humeur joyeuse et qui est comme moi me lit. hop je reagis a celui ci et je trouve des gens de meme etat d esprit. L esprit partagé. C est le web. Quel elan donné par Bill Gates.Oui monsieur. A vous revoir madame
    Oui je crois que la communication est une des plus grandes évolutions de l'homme ! scratch study cheers

    Je suis tout à fait d'accord avec toi. :D
    bye
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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty l'anarchie aujourd'hui

    Message par bye Mar 25 Déc - 22:35

    -Que sont « l’anarchisme » et « l’anarchie », qui sont les « anarchistes » ?
    L’anarchisme est une idée à propos de la meilleure manière de vivre. L’anarchie est un mode de vie. L’anarchisme c’est penser que le gouvernement (l’Etat) est inutile et nuisible. L’anarchie, c’est la société sans gouvernement. Les anarchistes sont des gens qui croient en l’Anarchisme et espèrent vivre en anarchie ainsi que tout nos ancêtres l’ont fait un jour. Les personnes qui croient au gouvernement (comme les libéraux, les conservateurs, les socialistes et les fascistes) sont appelés « étatistes ».
    L’anarchisme pourrait paraître négatif – mais c’est uniquement le cas contre quelque chose de précis. Les anarchistes ont en effet beaucoup d’idées positives à propos de la société sans état. Mais contrairement aux Marxistes, libéraux et conservateurs, ils ne présentent pas de plan pré-établi.

    -Les anarchistes ne sont ils pas des poseurs de bombes ?

    Non. Du moins pas si on les compare au gouvernement Etats-unien qui largue plus de bombe chaque jour en Irak que les anarchistes ne l’ont fait pendant les 150 années durant lesquelles ils ont été un mouvement politique. Pourquoi n’entend on jamais parler de « président terroriste » ? Quelle différence entre les bombes jetées horizontalement par les anarchistes et celles larguées verticalement par le gouvernement états-unien ?
    Les anarchistes militent depuis de nombreuses années, dans beaucoup de pays, contre des gouvernements aussi bien démocratiques qu’autoritaires. Parfois, souvent dans des conditions de répression très sévères, les anarchistes ont posé des bombes. Il s’agit de situations exceptionnelles. Le cliché de « l’anarchiste poseur de bombe » a été créé de toute pièces par des journalistes et politiciens de la fin du XIXe siècle, ils n’en démordent pas aujourd’hui, alors qu’il ne s’agissait, même à l’époque, que de vulgaires exagérations.

    -Est ce qu’il y a déjà eu une société anarchiste qui ait fonctionné ?

    Oui, plusieurs milliers d’entre elles. Durant leurs premier million d’année, les êtres humains étaient des chasseurs-cueilleurs vivant en petits groupes égalitaires, sans hiérarchie ou autorité. Les sociétés anarchistes ont du être des réussites, sinon nous ne serions pas là. L’Etat n’a que quelques milliers d’années, c’est le temps qu’il lui aura fallu pour détruire les dernières sociétés anarchistes comme les aborigènes, les « Pygmées » ou les « San » (Bushmen).
    Mais nous ne pouvons pas revenir à ce mode de vie. Presque tous les anarchistes le reconnaîtraient. Cela reste malgré tout très intéressant, même pour les anarchistes, d’étudier ces groupes, et peut être de récupérer des idées sur le fonctionnement de sociétés complètement volontaires, extrêmement individualistes et pourtant coopérative. Pour ne prendre qu’un exemple, les penseurs anarchistes et ces tribus ont souvent des méthodes très efficaces de résolution des conflits basée sur la médiation et l’arbitrage facultatif. Leurs méthodes fonctionnent mieux que notre système légal parce que la famille, les amis et les voisins des personnes en désaccord les encouragent à se réconcilier, les aident par de sympathiques et confiantes discussions à trouver une solution raisonnable au problème. Entres les années 70 et 80, de supposés experts ont essayé de transposer ces méthodes dans le système légal Etats-unien. Ces essais ont naturellement échoué et disparu, ils ne fonctionnent que dans une société libre.

    Les anarchistes sont naïfs : ils pensent que la nature humaine est essentiellement bonne.

    Pas vraiment. Il est vrai que les anarchistes rejettent les idées de dépravation innée et de péché originel. Ce sont des idées religieuses auxquelles plus personne ne croit. Mais les anarchistes ne pensent généralement pas non plus que la nature humaine soit bonne. Ils prennent les gens comme ils sont. Les êtres humains ne sont pas « essentiellement » quoique ce soit. Nous, qui vivons sous le capitalisme et son allié, l’Etat, ne sommes que des gens qui n’avons jamais eu la chance d’être ce que nous pourrions être.
    Les anarchistes font cependant moralement appel au meilleur des gens, aussi souvent qu’ils soulignent l’intérêt personnel. L’anarchisme ne prêche pas le sacrifice, mais les anarchistes se sont bien des fois battus et ont péri pour ce en quoi ils croient. Ils croient que la propagation de leurs idées signifiera une meilleure vie pour presque tous.

    Comment peut on faire confiance aux gens pour ne pas s’agresser sans l’Etat pour empêcher la criminalité ?

    Si vous ne pouvez faire confiance aux gens ordinaires pour ne pas s’agresser les uns les autres, comment pouvez faire confiance à l’Etat de ne pas nous agresser tous ? Les hommes qui se retrouvent au pouvoir sont ils si généreux, si prévenants, si supérieurs à ceux qu’ils dirigent ? Moins vous serez confiant envers vos voisins, plus vous aurez de raison de devenir un anarchistes. Sous l’anarchie, le pouvoir est réduit et distribué. Tous le monde en a, mais personne n’en a beaucoup. Sous l’Etat, le pouvoir est concentré, la plupart des gens n’en ont pas du tout. Contre quelle forme de pouvoir aimeriez vous vous rebeller ?

    Mais, soyons réalistes, qu’arriverait il s’il n’y avait pas de police ?

    Comme l’observe l’anarchiste Allen Thornton, « Les policiers ne s’occupent pas de la protection, ils sont dans le business de la vengeance ». Oubliez Batman faisant des rondes et interrompant les criminels en pleine action. Les patrouilles de police n’empêchent pas les crimes d’être commis et ne capturent pas les criminels. Lorsque les policiers ont patrouillé secrètement et sélectivement dans les banlieues de Kansas city, le taux de criminalité est resté le même. D’autres recherches aussi intéressantes ont prouvé que les investigations, la police scientifique etc. n’avaient aucun effet sur le taux de criminalité. Mais lorsque les voisins s’organisent et surveillent leurs maisons chassant les criminels supposés, ceux ci essaient une autre banlieue surveillée uniquement par la police. Les criminels savent qu’il y a peu de danger ici.

    Mais l’Etat moderne est profondément impliqué dans la régulation de la vie de tous les jours. Presque toutes les activités ont une liaison avec l’Etat.

    C’est vrai. Mais quand vous y pensez, la vie de tous les jours est presque entièrement anarchiste. Personne ne rencontre jamais de policier, a moins qu’il ne vous dresse une contravention. Les arrangements et la compréhension prévalent presque partout. Comme l’écrivait l’anarchiste Rudolph Rocker : « le fait est que même sous le pire despotisme les relations entre la plupart des gens sont régies par l’arrangement libre et la coopération solidaire, sans lesquelles aucune vie sociale n’est possible ».
    La vie familiale, acheter et vendre, l’amitié, la dévotion, le sexe et les loisirs sont anarchistes. Même sur leur lieu de travail, que la plupart des anarchistes considèrent comme aussi coercitive que l’Etat, les travailleurs coopèrent, indépendamment des patrons, pour réduire le travail et pour l’accomplir. Certaines personnes prétendent que l’anarchie ne fonctionne pas, mais c’est presque la seule chose qui fonctionne ! L’Etat repose, difficilement, sur des fondations anarchistes, et l’économie en fait de même.

    Et la Culture?

    L’anarchisme a toujours attiré de généreux et créatifs esprits qui ont su enrichir notre culture. On considère comme poètes anarchistes Percy Bysshe Shelley, William Blake, Arthur Rimbaud et Lawrence Ferlinghetti. Les plus connus des écrivains anarchistes sont Henry David Thoreau et, au 20eme siècle, l’anarchiste catholique Dorothy Day, Paul Goodman, et Alex Comfort (auteur de : la joie du sexe). Les enseignants anarchistes renommés comprennent : le linguiste Noam Chomsky, l’historien Howard Zinn, et les anthropologues A.R. Radcliffe-Brown et Pierre Clastres. En termes de littérature, les célébrités sont trop nombreuses pour être énumérées, mais on compte Léon Tolstoï, Oscar Wilde, et Mary Shelley (auteur de Frankenstein). Gustav Courbet, Georges Seurat, Camille Pissarro, and Jackson Pollock sont autant de peintres anarchistes. On trouve aussi beaucoup de musiciens : John Cage, John Lennon, le groupe CRASS, etc.

    En supposant que vous ayez raison, que l’anarchie soit un meilleur mode de vie que celui que nous avons aujourd’hui, comment pourrions nous passer outre l’Etat s’il est aussi puissant et opprimant que vous le prétendez ?

    Les Anarchistes ont toujours pensé à cette question. Ils n’existe pas de réponse facile. En Espagne, il y avait un million d’anarchistes en 1936 quand les militaires ont lancé leur coup d’Etat, ils ont combattu les fascistes en même temps qu’ils aidaient les ouvriers à prendre le contrôle des usines et les paysans à organiser des collectivités dans les campagnes. D’autres anarchistes ont fait de même en Ukraine, entre 1918 et 1920, où ils devaient combattre de concert les Tsaristes et les communistes. Mais ce n’est pas ainsi que nous détruirons le système mondial au 21eme siècle.
    Prenons les révolutions qui ont débarrassé l’Europe de l’Est du communisme. Il y a eu beaucoup de violence et de morts, plus dans certains pays que dans d’autres. Mais ce qui a abattu les politiciens, les bureaucrates, les généraux- le même ennemi que le notre- fut le refus de travailler ou de faire quoique ce soit pour un système pourri, de la majorité de la population. Qu’auraient pu faire les commissaires du peuples à Moscou ou Varsovie ? Se lâcher eux-même des bombes H ? Exterminer les ouvriers qui les nourrissaient ?
    La majorité des anarchistes croient fermement que ce qu’ils appellent la « grève générale » aurait un grand rôle à jouer dans l’effritement de l’Etat. Ce serait un refus collectif du travail.

    Si vous êtes contre toute forme de gouvernement, vous devez être contre la démocratie ?

    Si démocratie signifie que les gens contrôlent leurs propres vie, alors tous les anarchistes seraient, comme les appelait l’anarchiste Benjamin Tucker, « unterrified Jeffersonian democrats » : ils seraient les seuls vrais démocrates. Mais ce n’est pas ça, la démocratie. Dans la vie réelle, une partie des gens (en amerique, c’est toujours une minorité) élit une poignée de politiciens qui contrôlent nos vies en votant des lois et en utilisant des bureaucrates non-élus et la police pour se renforcer, que la majorité le veuille ou non.
    Comme le philosophe Français JJ Rousseau (qui n’était pas anarchiste) l’écrivit un jour, en démocratie, les gens ne sont libre qu’au moment du vote, le reste du temps ils sont esclaves du gouvernement. Les politiques en place et les bureaucrates sont souvent sous l’influence d’énormes transactions et généralement de groupes de pression. Tous le monde sait ça. Mais certains restent silencieux car ils en tirent bénéfice. Beaucoup d’autres sont silencieux parce qu’ils savent qu’il n’y a rien de bon dans la protestation et qu’ils seraient appelés « extrémistes » ou pire, « anarchistes ! » s’ils parlaient des choses comme elles sont.

    Mais si vous n’élisez pas d’officiels pour prendre les décisions, qui les prend? Vous ne me ferez pas croire que chacun ferait ce qu’il lui plait sans droit de regard des autres ?

    Les anarchistes ont beaucoup d’idées à propos de la prise de décisions dans une société vraiment volontaire et coopérative. La plupart croient qu’une telle société devrait se baser sur des communautés suffisamment petites pour que les gens se connaissent, ou au moins partagent familles, amitié, opinions et intérêts avec tous les autres.
    Et comme ce sont des communautés locales, les gens partageraient aussi une connaissance de leur groupe et de leur environnement. Ils savent qu’ils devront vivre avec les conséquences de leurs décisions. Contrairement aux politiciens ou bureaucrates qui décident pour les autres.
    Les anarchistes croient que les décisions devraient toujours être prises au plus bas niveau possible. Tout choix, que les individus peuvent faire pour eux mêmes, sans interférer avec le choix de qui que ce soit d’autre, doit leur appartenir. Toute décision prise en petit groupe (famille, congrégations religieuse, collègues…) est la leur et ne devrait pas interférer avec celle des autres. Les décisions à l’impact important, si tous le monde est concerné par elles, donneraient lieu à une assemblée de la communauté.
    Cette assemblée n’est cependant pas un pouvoir législatif. Personne n’est élu. Tous peuvent en faire partie. Les gens parlent pour eux même. Mais comme ils parlent de problèmes particuliers, les gens sont conscients que pour eux, gagner n’est pas « la seule chose qui compte ».
    Ils veulent que tous gagnent. Ils apprécient l’amitié de leurs voisins. Ils commencent par essayer de réduire les incompréhensions et clarifier les problèmes. C’est souvent suffisant pour tomber d’accord. Sinon, ils cherchent un compromis, qui, en général, fonctionne. Si ce n’est pas le cas, l’assemblée reporterait le problème afin que toute la communauté puisse y réfléchir, si ce n’est pas quelque chose qui requiert une décision immédiate. Si cela échouait encore, la communauté chercherait comment la majorité et la minorité pourraient temporairement se séparer, chaque groupe vivant selon son choix.
    Si les deux groupes étaient irréconciliables, la minorité aurait deux choix. Ils pourraient s’aligner sur la majorité car l’harmonie de la communauté serait plus importante que ce problème. Peut être la majorité peut elle être conciliante avec la minorité sur une autre décision. Si toutes ces méthodes échouent également, et si le problème est si important pour la minorité, elle peut alors former sa propre communauté, comme l’ont fait plusieurs états Etats-uniens (Connecticut, Rhode Island, Vermont, Kentucky, Maine, Utah, West Virginia, etc.).
    Si leur sécession n’est pas un argument envers l’étatisme, alors c’est un argument contre l’anarchie. Ce n’est pas un échec pour l’anarchie car la nouvelle communauté recréerait sa propre anarchie. L’anarchie n’est pas un système parfait, il est juste meilleur que les autres.

    Mais nous ne pouvons satisfaire tous nos besoins ou nos envies au niveau local.

    Peut être pas tous, mais il existe des preuves archéologiques de commerce sur des longues distances, plusieurs milliers de kilomètres, à travers l’Europe préhistorique et anarchiste. Les sociétés anarchistes primitives étudiées par les anthropologues durant le 20eme siècle, comme les San chasseurs cueilleurs, ont montré ce genre de commerces, mais de façon individuelle. La pratique de l’anarchie n’a jamais dépendu de la capacité à se suffire à soi même. Mais beaucoup d’anarchistes récents ont soutenu que les communautés et régions devraient l’être le plus possible afin de ne pas dépendre de lointaines et impersonnels tractations.
    Même avec notre technologie récente, qui a souvent été créée pour élargir les marchés et détruire l’autosuffisance, à un niveau local, l’autosuffisance est bien plus possible que ce que les gouvernements et compagnies ne le voudraient.

    On peut citer « le chaos » comme une définition de l’anarchie. N’est ce pas ce que serait justement l’anarchie ?

    Pierre-Joseph Proudhon, qui fut le premier à se définir lui même comme anarchiste, a écrit que « la liberté est la mère et non la fille de l’ordre. » L’ordre anarchiste est supérieur à celui de l’Etat/de la force, car ce n’est pas un système de lois coercitives, c’est simplement expliquer comment des communautés de gens qui se connaissent peuvent vivre ensemble. Cet ordre est basé sur le consentement et le sens communs.
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    Message par bye Mar 25 Déc - 22:45

    Quand a été formulé la philosophie de l’anarchisme ?

    Certains anarchistes pensent que les idées anarchistes ont été exprimées par Diogène, le cynique en Grèce antique, par Lao Tseu en chine et par certain mystiques médiévaux ou encore durant la guerre civile anglaise du 17eme siècle. Mais l’anarchisme moderne commence avec « justice politique » de William Godwin, publié en Angleterre en 1793. Il fut ensuite ravivé en France avec Pierre-Joseph Proudhon autour de 1840 (qu’est ce que la propriété ?) qui a inspiré un mouvement anarchiste chez les ouvriers Français. Max Stirner mets en lumière l’individualisme, valeur basique de l’anarchisme, à travers « l’Ego » et « Le sien ». Un Etats-unien, Josiah Warren, est arrivé indépendamment aux mêmes conclusions au même moment et a ainsi influencé un mouvement sur une très grande échelle pour créer des communautés utopistes. Les idées anarchistes ont ensuite été développées par le brillant Michael Bakounine, révolutionnaire Russe, ainsi que par l’enseignant Russe Peter Kropotkine. Les anarchistes espèrent que leurs idées continuent de se développer dans un monde en plein changement.

    Toutes ces histoires de révolution ressemblent beaucoup au communisme dont plus personne ne veux.

    Les anarchistes et les Marxistes sont ennemis depuis les années 1860. Certes ils ont parfois coopéré face à des ennemis communs comme les tsaristes durant la révolution Russe ou les fascistes Espagnols pendant la guerre civile d’Espagne, mais les communistes ont toujours trahis les anarchistes. De Marx à Staline, les marxistes ont toujours dénoncé l’anarchisme.
    Certains anarchistes, disciples de Kropotkine, s’appellent eux mêmes « communistes »- pas Communistes. Mais ils opposent un communisme libre venant de tous, fait d’un partage volontaire des terres, de travail dans des communautés locales où les gens se connaissent au Communisme imposé par la force par l’Etat, nationalisant les terres et les unités de production, reniant toute autonomie locale et réduisant les ouvriers à être employés de l’Etat. Comment ces deux systèmes pourraient ils être plus différent ?
    Les anarchistes se sont félicités et ont en fait participé à la chute du Communisme Européen. Certains anarchiste étrangers ont aidé les dissidents du bloc de l’Est – alors que le gouvernement US ne le faisait pas- durant de nombreuses années. Les anarchistes sont maintenant actifs dans tous les anciens pays communistes.
    La chute du communisme a sans aucun doute discrédité la plupart de la gauche états-unienne, mais pas les anarchistes, dont beaucoup ne se considèrent pas de gauche d’ailleurs. Les anarchistes ont existé bien avant le marxisme et nous sommes toujours là.

    Les anarchistes ne revendiquent-ils pas le recours à la violence ?

    Les anarchistes sont loin d’être aussi violent que les démocrates, les républicains, les libéraux ou les conservateurs. Ces gens là ne semblent pas violents uniquement parce qu’ils se servent de l’Etat pour faire le sale boulot – pour être violent pour eux. Mais la violence reste la violence. Porter un uniforme ou agiter un drapeau ne change rien. L’Etat est violent par définition. Sans usage de violence à l’encontre de tous nos ancêtres, il n’y aurait aucun Etat aujourd’hui. Certains anarchistes recommandent le recours à la violence, mais l’Etat lui y a recours tous les jours.
    Certains anarchistes, dans la mouvance de Tolstoï, sont pacifistes et non violents par principe. Un petit nombre d’anarchistes croient en une offensive armée contre l’Etat. La plupart des anarchistes croient en l’autodéfense et accepteraient un certain niveau de violence dans un contexte révolutionnaire.
    Le problème n’est pas vraiment violence contre non-violence. Le problème c’est l’action directe. Les anarchistes croient que les gens, tous les gens, devraient tenir leur destin dans leurs mains, individuellement ou collectivement, que ce soit légal ou non et que cela implique l’usage de la force ou non.

    Quelle est exactement la structure sociale d’une société anarchiste ?

    La plupart des anarchistes n’en sont pas « exactement » surs. Le monde sera un endroit extrêmement différent quand les gouvernement auront été abolis. Les anarchistes ne font généralement pas de « mode d’emploi » mais ils proposent quelques principes destinés à nous guider. Ils disent que l’entraide mutuelle- coopération plutôt que compétition- est la base de la vie sociale.
    Ils sont des individus dans le sens où ils pensent que la société existe pour le bien des individus, pas l’inverse. Ils encouragent la décentralisation, ce qui signifie que les fondations des communautés seraient faites au niveau local, des communautés « face à face ». Elles pourraient ensuite se fédérer- à travers des relations d’entraide- mais seulement pour coordonner des activités qui ne peuvent être exécutées au niveau local. La décentralisation anarchiste inverse la hiérarchie existante. De nos jours, plus le gouvernement est situé à un haut niveau, plus il en tire du pouvoir. Sous l’anarchie les hauts niveaux ne sont absolument pas des gouvernements. Ils n’ont aucun pouvoir coercitif, et plus on monte, moins on leur délègue de responsabilités.
    Les anarchistes sont cependant conscient du risque que ces fédérations ne deviennent bureaucratiques et étatiques. Nous sommes des utopistes mais nous sommes aussi réalistes. Nous devrons surveiller de près ces fédérations. Comme l’écrit Thomas Jefferson, « l’éternelle vigilance est le prix de la liberté »

    Un dernier mot ?

    Winston Churchill, un politicien alcoolique et criminel de guerre anglais a écrit un jour que « la démocratie est le pire des systèmes de gouvernements, excepté tous les autres. » L’anarchie est le pire système social, excepté tous les autres. Toutes les civilisations (à société étatique) se sont effondrées et ont été remplacée par des sociétés anarchistes. L’étatisme social est naturellement instable. Tôt ou tard, nos sociétés s’effondreront aussi. Il n’est pas trop tôt pour réfléchir à ce qui pourrait les remplacer. Les anarchistes y pensent depuis 200 ans. Nous avons un départ. Nous vous invitons à explorer nos idées et de nous rejoindre pour essayer de construire un monde meilleur.
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    Message par bye Mar 25 Déc - 22:51

    j'ajouterai notamment, qu'en France actuellement, une centaine de groupes à activité politique, sociale, culturelle, fonctionnent sur la base des prinicipes évoqués ( presque tous, étant donné l'environnement étatique et capitaliste).
    Les principes d'une société anarchiste sont simples mais difficiles à obtenir: égalité économique et sociale, abolition de l'Etat, entraide généralisée entre tous.
    Les luttes des anarchistes annuels se concentrent sur l'urgence de faire barrage, avec d'autres, à la vague réactionnaire, au racisme, aux lois liberticides ( Hortefeu,Bertrand,..), d'être présent sur le terrain du féminisme ( les anarchistes ont parmi les premiers pensé le néo-malthusianisme: la sur-population provoque des problèmes énormes à tout type de société, donc nécessite d'éduquer et de conseiller les moyens d'une prévention efficace pour limiter le nombre des naissances: réflexion sociale qui débouche sur l'affranchissement de la femme, et de la liberté de désirer un enfant ou non ),..
    Une quantité importante de lieux, à majorité culturels , sont gérés sur la base des principes évoqués: librairies, radio ( Radio-Libertaire: créée en 1980, fréquence 89,4 ), journaux ( Le Monde Libertaire: hebdomadaire ),..
    Enfin un point central: les anarchistes fonctionnent beaucoup sur la base du Contrat, pensé également par Rousseau,..
    Un individu a accepté une tâche, mais n'a pu s'en acquitter.Personne ne lui demandera de réparer ( sauf en de rares occasions ); lui seul, émancipé de l'autorité, sans jugement ni injonction, réparera sous une forme ou une autre , le préjudice subi.

    Excusez pour cet ajout, un peu propagande: mais comme le thème avait été ouvert, j'ai pensé judicieux de le nourrir de questions-réponses éclairantes, et de le compléter par un oeil hexagonal
    bye
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    Message par bye Dim 30 Déc - 7:18

    Utopies d'hier et de demain:

    A l'occasion de la parution de la brochure " Changer son point de vue: quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle" aux éditions du Monde Libertaire, Fred, l'éditeur, retranscrit ici un entretien entre l'auteure, Caroline Granier, Michel Antony, le préfacier et lui-même.

    Fred ( éditions du Monde Libertaire ):
    Le rôle et la fonction des Editions du Monde Libertaire est de proposer des textes de réflexion, de revendication, des témoignages de luttes, des études historiques, etc..Tout ce qui participe de la culture libertaire.Le texte de Caroline Garnier avait donc toute sa place dans cette démarche à la fois historique et qui ouvre des perspectives sur la compréhension de la pensée anarchiste, sur la représentation du monde qui est la nôtre.
    Les anarchistes se sont vus souvent taxés d'utopistes ou de poseurs de bombes.Entre ces 2 images figées, point de salut.Soit de doux rêveurs, soit des monstres sanguinaires.Ta brochure, Caroline, permet fort heureusement de revisiter notre imaginaire, notre utopie.

    Caroline Granier ( auteure de la brochure ):
    L'idée de réunir ces textes m'est venue en faisant des recherches universitaires sur les écrivains anarchistes de la fin du XIX° siècle.Je suis tombée sur des ouvrages que je trouvais passionnants et qui étaient totalement méconnus, sauf de quelques spécialistes de la période. J'avais envie de parler et de montrer en quoi, encore aujourd'hui, ils peuvent nous faire réfléchir.Le thème de l'utopie me semblait intéressant, car nous sommes dans une période où les possibles se restreignent: la plupart des jeunes ne pensent même pas à revendiquer les 35 heures, alors comment oseraient-ils rêver aux 2 heures de travail par jour, et hors salariat en plus! J'ai donc sélectionné 6 romans qui parlent d'autres possibles, pour monter en quoi ces fictions permettent de " décoloniser notre imaginaire " pour reprendre l'expression de S.Latouche! C'est en essayant de mieux cerner cette notion d'utopie que j'ai fait ta connaissance, Michel; on a eu plusieurs échanges à ce sujet.

    Michel Antony ( spécialiste de l'utopie anarchiste )
    Il est vrai que l'utopie est multiforme: de l'écrit littéraire de fiction, à l'occupation d'une usine, de la pratique de l'éducation antiautoritaire à l'autogestion d'un squatt ou centre social, des efforts de changer de mode de vie des communautés ou colonies ou kibboutzim, de la démocratie directe d'une association ou d'une section syndicale à la rêverie du poète, de l'usage démocratique et participatif du Net aux autoconstructions de logements..tous les penseurs et militants vivent, pratiquent, proposent...l'utopie au moins partiellement.Certes, en milieu libertaire et/ou anarchiste, elle a souvent été soit décriée ( une fuite de l'action immédiate! une trahison en quelque sorte- terribles mots de Malatesta ), soit assumée ( Rossi et la Cecilia au Brésil...)Il n'en demeure pas moins que les anarchistes y ont eu recours très souvent, comme une forme de propagande par le fait ( les expérimentations, les groupes affinitaires et culturels...), comme une volonté de tenter l'alternative révolutionnaire ( inoubliables communistes libertaires ibériques, si prolixes en tentatives expérimentales et pour la rédaction de leurs brochures), comme ébauche d'un projet timide, modeste et prudent qui doit être peaufiné et assumé par les générations futures, mais projet utopique tout de même!
    Or la plupart des anarchistes, mais également la plupart des historiens de l'utopie, ignorent ou minimisent cette dimension libertaire de l'utopie. Je me suis donc attelé à un travail gigantesque, de recherches de toutes les formes d'utopies libertaires, acceptées ou non par les anarchistes.J'ai ensuite cherché à préciser les positions des penseurs et du mouvement anarchiste sur l'utopie, et d'aborder la notion d'anarchie prise comme forme de l'utopie.Et je me suis rendu compte qu'à part de rares personnalités, la plupart des anarchistes eux-mêmes sont restés dans l'approximation, la condamnation péremptoire ou l'oubli de leur histoire si riche et si diversifiée, si souvent utopique au bon sens du terme: celui de vouloir une alternative, un " monde nouveau ", une autre société où l'individu ne serait pas écrasé par un collectif et en serait respecté.
    D'où une volonté de reprendre mes notes qui dataient de mes recherches universitaires et militantes sur l'autogestion ( inoubliable rencontre avec Daniel Guérin il y a bien longtemps au début des années 1970 ) et de mettre sur le Net mes dossiers thématiques,mes bibliographies..D'où des amateurs, des militants, des chercheurs qui me contactent, me critiquent, m'apportent leur concours comme toi, Caroline...Un site qui évolue, s'enrichit, notamment grâce aux dernières publications des Editions Libertaires..et qui est souvent utilisé ou illé.Tant mieux, il vit.
    Il est toujours sur le site que j'vaisaidé à monter en 1995 avec cette adresse bizarre:
    artic.avec-besancon.fr/histoire_géographie/new_look/Res-thematiq/utopies.htm

    Caroline
    J'ai abordé dans la brochure un texte du militant anarchiste Jean Grave, "Terre Libre "( 1905 ), qui imagine comment des militants politiques condamnés aux travaux forcés profitent du naufrage du navire qui les emméne en captivité pour retrouver leur liberté et s'organiser en anarchie."Les Pacifiques" ( écrit en 1904 ) de Han Ryner se déroule également sur une île oubliée et monter un peuple, les Atlantes, qui vivent de façon libertaire.Ces 2 textes sont 2 utopies anarchistes, stricto sensus.Le texte le plus récent, écrit après la Commune de Paris et publié en 1874, est celui d'André Léo, une militante féministe proche des libertaires: " la Commune de Malenpis".Ecrit comme un conte pour enfant, il décrit la façon dont les habitants d'un village décident de prendre leurs affaires en mains et de s'organiser eux-mêmes: bien que toutes leurs décisions ne soient pas toutes révolutionnaires (ils n'ont pas aboli la monnaie, par exemple ), j'ai trouvé que ce fonctionnement était tout à fait anarchiste!J'ai rtenu également un roman symbolique de Bernard Lazare intitulé " Les porteurs de torches " ( 1897 ) qui retourne le schéma classique de l'utopie, puisqu'il met en scène un personnage étrange ( originaire de terres d'utoies ) qui vient visiter la société du XIX° siècle.J'ai ajouté à ce corpus 2 romans de Louise Michel qui sont, comme beaucoup de ses ouvrages, inclassables: " Les microbes humains "( 1886) et "Le Monde Nouveua " ( 1888). Il y est question, entre autres, de personnages qui expérimentent, dans des enclaves, d'autres modes d'organisation sociale, afin d'échapper au cauchemar de la société capitaliste ( ces 2 romans vont être réédités courant 2008 par lse Presses Universitaires de Lyon ).Enfin, j'ai voulu présenter ici un magnifique roman de Georges Eekhoud, le premier qui met en scène de façon non caricaturale, un homosexuelPourquoi parler d'utopie dans ce cas ?Car le personnage ne peut pas vivre ses désirs dans le monde marchand et hétéronormé de la fin du XIX° siècle.Sa personnalité et ses amours sont niées, il n'y a pas de place pour lui dans cette société-là.Je cite René Schérer en définissant l'utopie comme l'affirmation simple de la vie, contre tous les pouvoirs qui visent à façonner l'homme.Mais c'est vrai que je m'éloigne un peu d'une définition rigoureuse de l'utopie.

    Michel:
    Les oeuvres que tu analyses sont évidemment datées, au moins sur différents aspects, si je caricature un peu:
    Les positionnements moraux y rsetent forts, et même s'il s'agit d'une éthique libertaire, elle n'en reste pas moins parfois pesante.D'utre part, le féminisme, l'écologie, l'amour libre...sont trop peu évoqués.
    La manière d'écrire est souvent dépassée,,les mots et les idées exprimés sont parfois emphatiques, la succession des idées parfois bien embrouillée ( Louise Michel )
    Il faudrait sans doute une intrigue plus vivace, des situations plus corsées, des propositions technologiques et écologiques plus marquées et plus actualisées..un peu comme a su le faire Ursula Le Guin et ses " Dépossédés".
    Mais ils n'en mettent pas moins l'accent sur l'essentiel:le rôle de la liberté, la place de l'individu dans le collectif, le droit à la déviance, la pratique balbutiante de ce que l'on nomme aujourd'hui, l'autogestion..

    Caroline:
    Je ne suis pas tout à fait d'accord sue les critiques que tu fais de ces auteurs! Il faut d'abord les replacer dans le contexte littéraire de la fin du XIX° siècle: Louise Michel emprunte la forme du roman feuilleton tout en le subvertissant; Bernard Lazare reprend, lui, les thèmes propres aux poètes symbolistes mais en les mettant au service d'un discours émancipateur.Et comparés aux autres discours de l'époque, je trouve au contraire, leurs discours extrêmementr novateurs.La critique de la science et du progrèsqui s'exprome dans " Les Pacifiques" annoncent prseque les réflexions d'Ivan Illich! Quant à l'éloge de l'amour libre, tu le trouves chez Georges Eekhoud.Je veux juste donner un dernier exemplepour montrer en quoi ces romans permettent de nous faire réfléchir sur nos pratiques militantes.Dans son roman, Jean Grave imagine à un moment que les naufragés échoués sur l'île doivent choisir une parcelle de terrain pour y faire des cultures.La population n'arrive pas à se mettre d'accord.Au lieu de sacrifier l'avis de la minorité, on prend la décision..de ne pas trancher: on fera plusieurs récoltes sur plusieurs parcelles.Ce choix s'avèrera trsè vite judicieux car l'une des parcelles sera détruite par un ouragan.Comment mieux montrer, de façon concrète, l'ineptie du vote à la majorité! Un autre passage concerne " les paresseux " et là encore, le roman démontre, concrètement, que non seulementils ne sont pas des parasites pour la société libertaire, mais qu'ils lui sont nécessaires...Parce qu'il imagine une situation concrète, avec des problèmes quotidiens, Jean Grave trouve des solutions qui vont parfois plus loin que les textes théoriques de l'époque.

    Michel:
    Tu as raison ,mais plus d'1 siècle après ces écrits, l'utopie narchiste a évolué.Elle est moins sûre d'elle-même, plus pragmatique, plus modeste, plus temporaire et nomade ( les TAZ d'Hakim Bey ). Elle refuse même parfois le qualificatif d'anarchiste dans un sens jugé parfois à tort ou à raison réducteur . Les libertaires d'aujourd'hui rêvent peut-être moins du " grand soir" dont ils se méfient aujourd'hui plus qu'autrefois, vu les dérives autoritaires de pratiquement toutes les tentatives révolutionnaires.Ils préfèrent souvent les initiatives apparemment moins ambitieuses, mais certainement plus contrôlables et plsu proches des parties concernées, communautés ouvertes, écoles libertaires, associations de quartiers, familles élargies,..Leurs écrits font leur part belle aux femmes, aux couples enfin libérés, plus qu'autrefois, et sont plus fremes pour dénoncer les dérives machistes, racistes ou destructrices du milieu biogéographique..
    Mais les fondamentaux demeurent, et c'est heureux:le refus des institutions autoritaires ( et pas eulement l'Etat ) , la volonté de tester ici et meintenant une libetté et un humanisme qui restent l'originalité forte du mouvement anarchiste, le seul ( hormis quelques cas ), quii n'a jamais sacrifié les moyens aux fins.Un monde libre acquis sans liberté ne serait pas libre longtemps.Leur utopie est donc plus raliste, plus ancrée dans notre temps, plus prudente, et plus riche des refus des impasses horribles et désastreuses que le " mauvais XX° siècle" a accumulées.

    Fred:
    On peut lire, les auteurs anarchistes, par plaisir, par envie, pour parfaire sa culture, mais il est auusi intéressant de les mettre en reltion autour d'un thème, de les faire travailler ensemble autour d'un projet commun; donner du rêve, mobiliser les envies de changement, de révolution.
    Les anarchistes ont une conscience politique, un projet économique et social, une historiographie, des mythes fondateurs, des élans émancipateurs, des rêves, des principes qui gident leur action..tout un système de valeurs à opposer au monde de la tyrannie, de la peur, de l'oppression, de la domination.Les utopies anarcho-littéraires que tu nous présentes, Caroline, participent de cette idée, de ce combat.
    bye
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    Message par bye Ven 9 Jan - 9:21

    Appellations peu contrôlées

    L'a
    narchisme serait-il à la mode? On pourrait le croire en observant l'obsession de la police et des médias pour les « anarcho-autonomes », ou la place donnée aux drapeaux rouge et noir dans la révolte de la jeunesse grecque. Mais au fond, qu'est-ce que l'anarchisme? S'agit-il d'un cadre théorique, comme celui élaboré par Pierre-Joseph Proudhon, dont on célèbre ce mois-ci le bicentenaire de la naissance ? Faut-il plutôt considérer l'idéologie d'organisations comme la Confédération nationale du travail (CNT) espagnole ou la Zenjiren japonaise, engagées dans les combats de leur époque? Ou parle-t-on d'un courant de pensée plus diffus qui irrigue luttes sociales et culturelles, en leur impulsant ici un peu de radicalité, là un peu d'antiautoritarisme ? Au point d'ailleurs d'être récupéré par nombre de dirigeants politiques de gauche se proclamant opportunément « libertaires » . En réalité, toutes ces dimensions se combinent, Voilà qui explique peut-être le contraste frappant entre la faiblesse numérique des anarchistes dans la plupart de nos' sociétés et la petite musique persistante de leurs idées.


    Dernière édition par bye le Ven 9 Jan - 12:58, édité 2 fois
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    Message par bye Ven 9 Jan - 13:03

    PENDANT LONGTEMPS, les termes « anarchiste» et « libertairont été indissociables aux yeux des militants, qui les revendiquaient pour finir leur positionnement dans le champ politique, ou, plus exactement, en dehors et en rupture avec lui dès lors qu'il était confondu avec la scène politicienne. Il en allait de même pour ceux qui les combattaient ou les réprouvaient: outre les gardiens officiels de l'ordre bourgeois, les membres des autres partis, de gauche ou de droite, les journalistes de toutes obédiences et l' « opinion publique» formatée par les uns et les autres s'accordaient à mettre anarchistes et libertaires dans le même sac.
    De nos jours, cette association de mots n'a rien perdu de sa pertinence pour les intéressés, même s'ils tiennent à préciser, comme ils l'ont toujours fait, en quoi et pourquoi ces dénominations ne sont pas pour autant synonymes. L’anarchisme, rappellent-ils, a pour dynamique et horizon l'autoémancipation collective des travailleurs vis-à-vis des pouvoirs qui les oppriment et les exploitent, laquelle implique l'autolibération des individus - c'est le versant libertaire- à l’égard des institutions, des normes et des croyances qui les aliènent. Mais le distinguo ainsi opéré entre les 2 notions n’en fait que mieux ressortir la complémentarité sémantique et politique. C’est pourquoi l’hebdomadaire français de la Fédération anarchiste a gardé son intitulé : le Monde Libertaire.
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    Message par bye Ven 9 Jan - 13:57

    Appellations peu contrôlées ( suite )

    B
    n revanche, à l'extérieur des cercles restreints pour qui l'existence de l'Etat demeure plus que jamais attcntatoire aux libertés qu'il est censé garantir, il semble que, depuis quelque temps dé, le couplage anarchiste-Iibertaire n'aille plus de soi. Mieux encore: à lire ou à entendre ce qui s'écrit et se dit communément sur le sujet, on aurait affaire à une alliance de mots saugrenue. Il est devenu courant, parmi les politiciens, les intellectuels à gages ou dans la presse de marché, d'opposer de manre dichotomique anarchiste et libertaire. D'un côté, l'anarchisme tend maintenant à remplacer, « lutte contre le terrorismaidant, le communisme défunt - ou plutôt ce qu'on tenait pour tel- comme figure du Mal aux côtés de l'ingrisme islamiste; de l'autre, l'épithète « libertaire» en est venue à constituer un label culturel et médiatique très prisé par toutes sortes de rebelles de confort pour enrober d'un vernis anticonformiste leur adhésion à l'ordre établi (rappelons que le néologisme « libertaire » est né à la fin des années 1850 de la plume acide de l’anarchiste Joseph Dejacque, qui ne cessa de clouer au pilori les compromis et les compromissions de la petite bourgeoisie républicaine de l’époque).
    Chaos nihiliste prétendent les adversaires, «ordre sans le pouvoir» répondent les partisans

    Ce double processus de diabolisation et de neutralisation n'est, il est vrai, pas tout à fait nouveau.
    A l'aube du XXe siècle, l'anarchisme avait pu d'autant plus facilement être identifié au terrorisme que la «propagande par le
    fait» menée en son nom avait donné lieu, en Russie, en France et ailleurs, à des attentats aussi spectaculaires que meurtriers. D'une manière plus générale, l'anarchisme évoquera longtemps - jusque dans le mouvement ouvrier, dont il était issu- un chaos social nihiliste bien éloigné de la conception de la vie en société que le géographe Elisée Reclus avait résumée en une formule: «L'ordre
    sans
    ' le pouvoir

    Paradoxalement, l’anarchisme ne tardera pas à subir de la
    part de la critique mondaine une autre dénaturation langagière, mais dans une direction inverse, pour valoriser des artistes et des écrivains qui se faisaient fort de « bousculer les codes esthétiques
    bourgeois ».ainsi, en alla-t-il avec les protagonistes du mouvement Dada puis de la « révolution surréaliste » jusqu’aux « turbulents » cinéastes de la Nouvelle vague, en passant par certains romanciers ou essayistes réactionnaires de l’après-guerre, se faisant passer pour des « anarchistes de droite ». Par la suite, le qualificatif « libertaire » prendra la relève, notamment dans le domaine de la chanson (Georges Brassens, Jacques Higelin, Renaud ... ) ou avec
    l'arrivée des «sulfureux» du néopolar français (Jean-Patrick Manchette, Frédéric Fajardie, Jean-Bernard Pouy ... ). Dissociée d'un anarchisme relégué parmi les doctrines périmées de transformation sociale , l'appellation «libertaire» accompagnera
    une libération des mœurs et des esprits qui fera bon ménage avec la libéralisation de l'économie, au point d'accoucher de ce mutant oxymorique: le «libéral-libertaire».

    Avant d'être érigée en concept, au sens publicitaire du terme, cette formulation fut une accusation lancée par un sociologue du Parti communiste français (PCF) pour fustiger l'avènement d'un « capitalisme de la séduction» à la fois répressif au plan social et permissif au plan sociétal- ce néologisme sera mis sur orbite idéologique un peu plus tard -, ainsi que la dérive droitière de
    leaders de la révolte de mai 1968 qui ne retenaient plus de la révolution que celle des subjectivités . Le plus en vue n'était autre que M. Daniel Cohn-Bendit. Revendiquant le stigmate de
    «libéral-libertaire », il le transmue en logo valorisant d'un réformisme
    écologico-social qui lui permet depuis lors d'officier à plein temps au sein de l'establishment politico-médiatique en qualité de professionnel atypique de la représentation.

    Il sera en bonne compagnie. Car c'est également sous l'enseigne
    libérale-libertaire qu'un autre rescapé de la «guerre de classes», Serge July, lancera en mai 1981 la nouvelle formule de Libération. Relooké pour être «résolument moderne », le quotidien suivra une ligne inspirée, selon son directeur, par un double héritage: celui, libéral, des philosophes du siècle des Lumières; et celui, libertaire, des étudiants antiautoritaires de Mai 68. Entre ces deux périodes d'ébullition intellectuelle, un vide obscur, pour ne pas dire un trou noir, à l'instar des trous de mémoire du 1984 orwellien : un
    siècle et demi au cours duquel le mouvement ouvrier avait pris son essor et, avec lui, les idées et les idéaux qui l'avaient aidé à se développer.
    bye
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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Re: Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par bye Ven 9 Jan - 14:09

    Autrement dit, l'anticapitalisme, qui n'était effectivement
    plus de saison au moment où la gauche gouvernante s’apprêtait à réhabiliter le marché, l’entreprise et le profit.



    De fait, c’est à qui parmi la « deuxième gauche », enfin parvenue à imposer ses vues au sein du Parti socialiste, hissera le plus haut la bannière libérale-libertaire. Au cours des années 1980, des fabiusiens et des rocardiens, regroupés dans l’association Rouleau de printemps, s’entendront, malgré leurs dissensions, à faire « table rose » d’un passé socialiste encombrant au profit de la «modernisation» de l' économie, avec la «rigueur» qu'elle imposait, compensée par l' « éclosion libertaire de modes de vie créatifs et innovants» eux aussi « libérés des archaïsmes et des pesanteurs d'une époque révolue ».



    Ce sera également l'avis d'Alain Mine, qui, entre une séance au conseil d'administration de Saint- Gobain et une autre à la Fondation Saint-Simon, usera et abusera dans ses prestations médiatiques de l'appellation
    libérale-libertaire pour dépeindre les délices d'un « capitalisme soixante-huitard ».


    Au fil des années, marquées précisément par l'accentuation des inégalités, de la précarité et de la pauvreté, l'appariement libéral-libertaire va perdre peu à peu sa crédibilité, sans entraîner pour autant un recouplage du libertaire avec l'anarchisme. Au contraire, la dissociation entre les deux ne fera que s'accentuer. Tandis que ce dernier se voyait de plus en plus criminalisé, avec la reprise des luttes fondées sur j'action directe en réaction à J'aggravation de la rnarginalisation de masse et au durcissement de la répression, la position - pour ne pas dire la pose - libertaire jouissait d'une vogue accrue au sein du complexe politico-médiatique. En témoigne l'aura grandissante du philosophe Michel Onfray, dont l' « individualisme hédoniste et athée» a pu faire illusion dans les milieux anarchistes, malgré son appétence publiquement assumée pour une « gestion llbertaire du capitalisme ».
    Le la i sser- faire des «anars» à l'égard des appropriations plus ou moins indues dont le label «libertaire» fait l'objet pourrait étonner. Il est vrai qu'eux- mêmes ne sont pas les derniers à l'apposer à des artistes ou à des œuvres qui ne «dérangent» plus guère que les réactionnaires avérés. Mais ils répondront que ce serait
    contrevenir aux principes auxquels renvoie ce label que de vouloir le convertir en marque déposée. Et, ajouteront-ils, les récupérations et détournements auxquels il donne lieu ne prouvent- ils pas, après tout, que le combat libertaire gagne en popularité ?
    Sans voir qu’il perd beaucoup en radicalité critique une fois accaparé et absorbé par un culturalisme individualiste et dépolitisé.

    Dans ce registre, par l’entremise du sociologue Philippe Courcuff, passé du PS à la LCR après un détour chez les Verts, la référence libertaire se retrouvera accouplée à son contraire, la social-démocratie, l’un des piliers les plus solides de l’Etat capitaliste.
    M.Olivier besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, se réclame de Rosa Luxemburg, mais aussi de Louise Michel et de « l’anarchiste révolutionnaire » reclus, dont il vient de préfacer la réédition d’une conférence. Il n’a pas hésité par ailleurs à accoler la qualificatif
    « libertaire » à un autre, moins compromis que « social-démocrate », mais tout aussi antinomique, en se proclamant à la fois « guévariste et libertaire ». Or, si l’on peut savoir gré au « Che » d’avoir mené le combat anti-impérialiste au péril de sa vie, on chercherait en vain dans sa personnalité et son action une quelconque trace d’antiautoritarisme.


    Récente, cette vague « libertaire » en France, y cômpris dans des milieux peu réceptifs aux formes de refus et de résistance que ce mot désigne
    d'ordinaire, contraste singulièrement avec la vindicte redoublée dont
    l'anarchisme fait l'objet, amalgamé à un vocable censé en souligner la
    dangerosité sous la forme d'une inquiétante «mouvance anarcho-autonome» apparue depuis peu dans la prose policière. Culturalisation tous azimuts d'un côté, criminalisation systématique de l'autre. A bien y regarder, cependant, il n'y a rien là qui doive étonner car les deux processus sont liés.
    bye
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    Message par bye Ven 9 Jan - 14:24

    Appellations peu contrôlées ( suite et fin )



    Dans un contexte de restauration politique et idéologique, c'est à qui opposera le «social», assimilé à l'embrigadement et à l'uniformisation, au «sociétal », lieu de toutes les «libérations », pour bien montrer que la soumission aux «contraintes de l' économie» n'implique aucun renoncement aux valeurs contestataires d'antan. Désormais préoccupé avant tout
    de son épanouissement personnel immédiat, le néo-petit-bourgeois «libertaire» rejettera toute perspective d'autoémancipation collective, perçue comme une menace contre la démocratie et l'Etat de droit.



    Cantonnée au mode de vie conçu comme style de vie, la non-conformité n'a donc plus de raisons de s'en prendre aux normes et aux codes officiels puisque leur «transgression» individuelle, institutionnalisée, subventionnée et mercantilie, participe maintenant du renouvellement de la domination capitaliste. En contrepartie, avec l'approbation, bruyante ou tacite, ou au moins avec le silence des bénéficiaires de ces libéralités, les gouvernants pourront s'autoriser à interdire et à réprimer toute forme de lutte, tout comportement, voire toute parole, susceptible d'entraver cette domination. Autant dire que les néolibertaires ne font qu'ajouter l'indispensable note
    «néo » à un conservatisme renforcé.
    bye
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    Message par bye Ven 9 Jan - 17:51



    CNT, les cles de l'énigme espagnole

    PENDANT la période républicaine (1931-1936) et la guerre civile (1936-1939), l'anarcho-syndicalisme a joué un rôle tout à fait central en Espagne. Sa principale organisation, la Confederaci6n Nacional dei Trabajo (Confédération nationale du travail, CNT), comptait ainsi cinq cent trente- cinq mille adhérents en juin 1931 et deux millions pendant la guerre. Une situation qui contraste singulièrement avec celle que l'on observe aujourd'hui, puisque le
    mouvement anarcho-syndicaliste a pratiquement disparu de la société espagnole. Ou, du moins, y occupe une place très marginale en regard du passé. Une rie de facteurs expliquent ce déclin: la répression franquiste, les affrontements internes, l'absence d'une relève générationnelle et la faiblesse de l'aide internationale.


    Le régime de Francisco Franco a durement frappé les syndicats et particulièrement la CNT - l'organisation clandestine dont les organes de direction ont été le plus souvent démantelés par la
    police. Au cours des dix premières années de dictature, onze comités nationaux et plus de soixante structures régionales sont ainsi toms; plusieurs de ses dirigeants ont été exécutés, comme à Valence en 1941.


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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Re: Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par bye Ven 9 Jan - 18:00

    CNT, les cles de l'énigme espagnole ( suite )

    Bi
    en que le caractère autoritaire et policier du franquisme ait constitué un danger pour n'importe quelle organisation clandestine,la CNT a facilité son travail en préservant la même structure fédérale - syndicat, comité régional et national - que du temps de la légali. Convaincus de la chute imminente de Franco, ses dirigeants ont en effet misur la force du nombre - il Y avait en 1946 entre cinquante mille et soixante mille adhérents en Espagne - au détriment de la sécurité fondée sur un militantisme restreint, organisé en groupes étanches, mieux adaptés à la clandestinité. En conséquence, la chute de n'importe quel comité pouvait entraîner le démantèlement en chaîne de l'organisation
    e
    t la prison pour des dizaines de militants. Le résultat a été l'épuisement des forces et la quasi-disparition de la CNT en tant qu'organisation de masse dès le début des années 1950.

    ENSUITE, si toutes les organisations antifranquistes ont été affectées à des degrés divers par les luttes internes dans l'après-guerre, celles-ci ont été particulièrement violentes entre membres de la CNT. Ces affrontements ont provoqué une première scission du mouvement libertaire, qui a duré seize ans (1945-1961), puis une autre, définitive celle-, au milieu des années 1960. Deux organisations maintenant les mêmes sigles ont émergé de ce schisme.

    La CNT «orthodoxe », éminemment révolutionnaire et majoritaire en exil - dirie par Federica Montseny et son compagnon Germinal Esgleas -, voulait le retour aux purs principes anarchistes. Défendant les collectivisations et les milices, cette fraction souhaitait refermer la page de la participation aux gouvernements républicains pendant la guerre civile, qu'elle percevait comme


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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Re: Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par bye Ven 9 Jan - 18:05

    CNT, les cles de l'énigme espagnole ( suite )

    une cause de l
    'affaiblissement du mouvement libertaire.


    De son côté, la CNT «possibliist, syndicaliste et majoritaire en Espagne, persévérait dans la collaboration avec le reste des organisations antifranquistes, y compris en participant aux gouvernements républicains en exil. Les deux organisations
    diverge
    aient ainsi quant aux tactiques à développer pour chasser Franco du pouvoir. Tandis que les orthodoxes misaient sur l'action directe, c'est-dire l'insurrection, le sabotage ou l'attentat, les possibilistes défendaient la gociation politique, avec pour objectif de rallier les puissances occidentales afin de provoquer la fin de la dictature. Pour les premiers, comme ils l'ont écrit dans leur publication,CNT, en décembre 1945, « la chute de Franco sera le fait de la résistance de l'intérieur, [de] l'action directe contre toutes les formes de tyrannie ( ...) en marge de toute action diplomatique, en dehors et au-dessus de tout gouvernement ».


    C'EST AINSI qu'au congrès de Toulouse, en 1947, la CNT orthodoxe créait la «commission de défense» chargée d'organiser ce type
    d'action en
    Espagne. De leur côté, voyant de quelle manière la répression minait l'action militante, les possibilistes pensaient que, sans l'aide internationale, il serait impossible d'en finir avec le dictateur. Le comité national se demandait ainsi: «Si le peuple a été vaincu les armes à la main,comment l'appeler à la lutte violente maintenant qu'il a les mains vides?»



    Cet affrontement n'aurait pas pu être plus néfaste pour les libertaires: on a par exemple vu la direction orthodoxe envoyer des militants en Espagne pour chasser les possibilistes de la direction de


    h
    bye
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    Message par bye Ven 9 Jan - 18:13

    CNT, les cles de l'énigme espagnole ( suite )

    l
    'organisation clandestine. Ceci a déconcerté les militants et, dans certains cas, facilité l'action répressive du régime. De plus, toujours en Espagne, la CNT s'est vu privée de l'aide économique qu'elle pouvait recevoir de l'organisation majoritaire en exil, à des moments d'extrême nécessité.


    MAIS les luttes internes n'ont pas épargné cette dernière. Dissolution de sections locales et exclusion de militants se succèdent ainsi, particulièrement après la création en 1967 d'une
    «commission des af
    faires conflictuelles », considérée par certains militants comme une véritable «machine à sanctions », Au point d'ailleurs que, sur les cinquante mille adhérents représentés au congrès de Paris en 1945, il n'en reste que deux mille trente ans pl us tard.


    Avec la victoire des orthodoxes, la «trilogie sacrée» (syndicalisme révolutionnaire, action directe et communisme libertaire), approuvée lors des congrès de l'avant-guerre, a servi de guide d'action pour l'avenir. La CNT a ainsi continué à voir l'Etat comme son ennemi, à un moment où l'essor du rôle de ce dernier dans la redistribution des richesses fragilisait ce type de critique dans un monde ouvrier qui en bénéficiait largement.


    Mais le plus grave, sans doute, pour l'organisation fut l'absence de reve générationnelle : ses membres restaient liés à la guerre civile. En Espagne, la CNT refusa de participer aux syndicats verticaux franquistes (1), ce qui rendit difficile le contact
    avec
    de jeunes travailleurs et, en conséquence, leur captation. Exemple significatif: parmi ses quarante-quatre militants arrêtés


    '\
    (
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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Re: Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par bye Ven 9 Jan - 18:24

    CNT, les cles de l'énigme espagnole ( suite et fin)



    en 1960, qu
    arante et un avaient plus de 18 ans au début de la guerre civile.


    Le même phénomène affecta l'organisation en exil : consacrant toute son énergie à l'Espagne et caressant l'espoir du retour, elle resta en marge des luttes sociales et politiques des pays d'accueil. Elle se coupa ainsi de sources importantes de renouvellement et abandonna des terrains sur lesquels les libertaires avaient traditionnellement été à l'avant-garde, comme la défense de la liberté personnelle, la culture ou la sexualité.


    ENFIN, à la mort du dictateur, il faut signaler la faiblesse de l'aide
    internation
    ale. Tandis que d'autres mouvements antifranquistes recevaient d'importants soutiens de l'extérieur, la CNT s'est trouvée seule au début du sinueux chemin de la transition. Nombre d'autres mouvements libertaires européens ou latino-américains avaient également souffert de la répression dans leur pays ou de luttes internes qui les avaient affaiblis. Ils ne purent donc constituer un point d'appui à un moment crucial pour l'anarcho-syndicalisme espagnol.


    Malgré quelques manifestations massives et éphémères au début
    du processus
    mocratique (comme en 1977, le meeting de San Sebastian de los Reyes ou les Journées libertaires de Barcelone), la CNT n'a pas pu retrouver son lustre et sa puissance d'antan.

    Le Monde Diplomatique
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    Aux sources de la pensée anarchiste Empty Re: Aux sources de la pensée anarchiste

    Message par bye Ven 9 Jan - 21:52










    Une indocilité contagieuse


    II est rare que les anarchistes ne participent pas, avec d'autres, aux luttes sociales.Mais,des Bourses du travail à l'amour libre et du syndicalisme révolutionnaire à l'insoumission, ils sont également à l'originede formes nouvelles de subversion de l'ordre établi.





    CE N''EST PAS LE MOINDRE des paradoxes de l'anarchisme que d'être à la fois un modeste mouvement social et un rare vecteur d'imaginaire. Chacun, en France du moins, connt cette chanson de Léo Ferqui dit des anarchistes : «Yen a pas un sur cent
    et, pourtant,ils existent.»
    Dans la rue, d'abord, tant ils ne laissent pas souvent échapper une occasion de luttes. Plus indirectement ensuite, par ce que le sociologue Alain Pessin qualifie de «puissance imaginaire de l'
    anarchisme (1)>>, qui favorise sa prégnance sociale.


    L'anarchisme est une analyse critique formulée pour la première fois en 1793 par le penseur britannique William Godwin dans son essai sur la justice politique (2), enrichie constamment tout au long du XIXe siècle par divers penseurs, tels Charles Fourier, Pierre-Joseph Proudhon ou Mikhl Aleksandrovitch Bakounine.

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