LIBRE DISCUSSION DANS LES COULISSES DE DEMAIN

Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
LIBRE DISCUSSION DANS LES COULISSES DE DEMAIN

Débattons en toute liberté, dans le respect de l’autre, sur tous les sujets qui composent notre société : politique, économie, environnement, religion, philosophie, paranormal, sciences, famille, santé, mode, sexualité, loisirs, sports, divertissements…

Derniers sujets

» AVORTEMENT AUX USA, NOUS NE VOULONS PAS PERDRE DE DROITS, NOUS VOULONS EN GAGNER !
par bye Mar 28 Juin - 12:51

» Michel Piron en garde à vue. Derrière Jacquie et Michel : un système organisé de proxénétisme et de viols.
par bye Jeu 16 Juin - 15:33

» EuroSatory : Visioconférence et Rassemblements contre le commerce des armes
par bye Lun 6 Juin - 17:32

» Entretien avec Yamina Saheb (GIEC) : “Il y a eu quelques réticences pour mettre le terme de sobriété dans le dernier rapport”.
par bye Mer 1 Juin - 8:37

» Retour sur l’accueil des déplacés d’Ukraine dans les Hautes-Alpes
par bye Mar 31 Mai - 16:17

» L’industrie pornocriminelle cible les enfants et la justice abdique !
par bye Mer 25 Mai - 16:23

» Le Royaume-Uni renforce son arsenal juridique contre les personnes en besoin de protection
par bye Jeu 19 Mai - 10:42

» Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
par bye Jeu 19 Mai - 10:36

» Moi, Nestor Makhno (épisode 7) – Il y a 100 ans, l’autre guerre d’Ukraine – Feuilleton
par bye Mer 11 Mai - 11:53

» Le "Tous capables" l'Education Nouvelle Le Groupe Français d'Education Nouvelle
par bye Ven 6 Mai - 12:42

» Menaces sur le droit à l’avortement aux Etats-Unis : le collectif Avortement Europe dénonce une énième tentative de restreindre le droit des femmes à disposer de leur corps !
par bye Ven 6 Mai - 12:30

» Biélorussie : la plus grande attaque anti-syndicale du siècle en Europe
par bye Ven 29 Avr - 12:15

» Les associations dénoncent la différence de traitement envers les ressortissants non-Ukrainiens
par bye Ven 22 Avr - 6:21

» SUD éducation gagne l’indemnité REP/REP+ pour les AED !
par bye Jeu 21 Avr - 17:21

» Guerre en Ukraine : que contient la directive sur la protection temporaire de 2001 ?
par bye Dim 17 Avr - 9:50

» ACTUALITÉ SOCIÉTÉ ET POLITIQUE
par gramophone Ven 15 Avr - 8:59

» Mutations-sanctions à l'école Pasteur (93) : dans « l'intérêt du service public », nous devons faire front !
par bye Jeu 14 Avr - 8:42

» 6e rapport du GIEC : quelles solutions face au changement climatique ?
par bye Ven 8 Avr - 12:34

» Cabinets de conseil : quand le Sénat fustige le gouvernement
par bye Mer 6 Avr - 16:36

» Les fresques carabines : une institutionnalisation des violences sexistes à l’hôpital
par bye Dim 13 Mar - 12:35

» L’Ukraine au coeur… de la classe, l’école au coeur du monde
par bye Ven 4 Mar - 17:34

» 8 Mars 2022 : Grève féministe Déferlante pour l'égalité !
par bye Mar 1 Mar - 11:08

» Une guerre “culturelle”
par bye Jeu 24 Fév - 19:27

» Nouveau camp fermé de Samos : « Barbelés, clôtures, couvre-feu […] le camp ressemble à une prison. »
par bye Jeu 17 Fév - 18:07

» Exterminez toutes ces brutes
par bye Ven 4 Fév - 10:22

» Entretien avec Laurence Scialom : « Ne pas mettre la lutte contre la dégradation de notre biosphère au cœur de la gouvernance européenne serait une erreur historique »
par bye Mer 26 Jan - 15:55

» Osez le féminisme ! fait 200 signalements de vidéos illégales sur des sites pornographiquesOsez le féminisme ! fait 200 signalements de vidéos illégales sur des sites pornographiques
par bye Lun 24 Jan - 11:46

» La mécanique des inégalités : un entretien avec les sociologues Alain Bihr et Roland PfefferkornLa mécanique des inégalités : un entretien avec les sociologues Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
par bye Sam 22 Jan - 10:48

» Répression pour un poème au Lycée Marcelin Berthelot de Pantin.
par bye Mer 12 Jan - 20:42

» CP/ Présidence française de l'Union européenne : Une alternative pour une politique d'asile européenne réellement solidaire est possible
par bye Ven 24 Déc - 9:47

» Les fresques carabines reconnues contraires à la dignité des femmes !
par bye Mar 21 Déc - 17:56

» Frontière biélorusse : quel impact des propositions de la Commission visant à déroger au droit d’asile européen ?
par bye Ven 17 Déc - 8:59

» contre le système pornocriminel
par bye Mer 15 Déc - 18:39

» S’émanciper dès la maternelle par le travail et la coopération
par bye Mer 15 Déc - 11:40

» La coopérative pédagogique : Paroles de filles
par bye Ven 3 Déc - 10:32

» La maltraitance des migrants n’est pas une fatalité »
par bye Mar 30 Nov - 18:47

» Lutter contre la violence… pour de vrai
par bye Jeu 25 Nov - 13:13

» République blindée, Projet Local d’Évaluation, chefs dans les écoles… Fin de règne rue de Grenelle
par bye Mer 17 Nov - 13:02

» Campagne d’Eric Zemmour : un masculiniste revendiqué prétendant à l’Elysée ?
par bye Jeu 11 Nov - 12:07

» Affaire Jacquie et Michel : 4 “acteurs” mis en examen pour viol, la fin de l’impunité !
par bye Mar 2 Nov - 18:34

» Réinstallation des réfugiés afghans dans l’UE : des promesses, pas d’engagements chiffrés
par bye Sam 23 Oct - 8:14

» La marchandisation généralisée des relations humaines et des corps coïncide avec l’échec de l’ambition démocratique
par gramophone Mer 20 Oct - 19:33

» À Montpellier, descente de police contre des sans-papiers venus au contre sommet France-Afrique
par bye Mar 19 Oct - 19:07

» Climat : nous l’avons fait, l’Etat n’a plus le choix !
par bye Ven 15 Oct - 12:36

» L’école des sans-école… des jeunes migrants refusés d’école
par bye Mer 13 Oct - 11:27

» La France envoie ses déchets nucléaires en Sibérie !
par bye Mar 12 Oct - 18:05

» Total Energies et Le Louvre : alliés contre le climat
par bye Mer 6 Oct - 16:55

» L’école est à la fois un lieu de formation et d’expression des bandes
par bye Mer 6 Oct - 9:19

» Analyse/déclaration sur la vente de sous-marins américains à l’Australie
par bye Sam 2 Oct - 9:32

» À celles et ceux qui ne sont pas rentré·es,
par bye Mer 29 Sep - 11:55

» « Nous n’avons pas besoin et nous ne voulons pas d’un petit chef ! »…
par bye Mar 21 Sep - 17:18

» Noël : fêtes familiales ou marché de dupe ?
par gramophone Mar 21 Sep - 15:57

» Les troubles de l’érection
par gramophone Mar 21 Sep - 14:36

» Le 28 septembre, c'est la journée internationale de droit à l'avortement !
par bye Lun 20 Sep - 19:35

» Biélorussie : les migrants victimes de l’instrumentalisation de la question migratoire
par bye Mer 15 Sep - 19:46

» Accueil des Afghans évacués de Kaboul
par bye Ven 10 Sep - 16:48

» Marseille : un discours de chef(s) !
par bye Mer 8 Sep - 11:53

» HECTAR grand projet inutile, priorité au service public !
par bye Mer 1 Sep - 19:09

» Rapport du GIEC : Jean Jouzel appelle à une réaction
par bye Mer 11 Aoû - 5:07

» J’évite de prendre l’avion
par bye Lun 12 Juil - 20:45

» Condamné à agir d’ici 9 mois, l'Etat ne réagit pas...
par bye Ven 2 Juil - 9:05

» ENFIN L'ÉGALITÉ, la PMA pour toutes adoptée !
par bye Mer 30 Juin - 12:12

» Projet de loi sur l’enfance : le choix du contrôle plutôt que de la protection pour les mineurs isolés étrangers
par bye Sam 19 Juin - 12:16

» Appel pour les libertés, contre les idées d’extrême-droite : mobilisons-nous le 12 juin !
par bye Mar 8 Juin - 11:52

» Soutien à l’enseignante empêchée de faire cours en raison de son masque
par bye Mer 2 Juin - 18:35

» La junte du Myanmar suspend plus de 1 600 enseignant·es
par bye Mar 25 Mai - 12:24

» Manifeste pour la suspension des brevets liés au Covid 19
par bye Dim 23 Mai - 16:49

» Les dépenses militaires face aux besoins humains. Les centaines de milliards de la honte
par bye Mer 19 Mai - 18:00

» Évaluer n’est pas noter
par bye Lun 17 Mai - 11:22

» Le bilan chiffré du règlement Dublin ne plaide pas pour son maintien
par bye Mer 5 Mai - 12:37

» La compensation carbone, inefficace pour réduire les émissions du secteur aérien
par bye Mar 20 Avr - 8:39

» GRANDE-BRETAGNE. "KILL THE POLICE BILL"GRANDE-BRETAGNE. "KILL THE POLICE BILL"
par bye Ven 16 Avr - 12:34

» Covid-19 : quel impact sur les procédures d’éloignement des migrants ?
par bye Ven 2 Avr - 12:45

» Médecins : stagnation des effectifs mais baisse de la densité médicale
par bye Ven 2 Avr - 12:36

» Encore une attaque des fascistes contre une librairie libertaire
par bye Lun 22 Mar - 12:40

» A partie du 17 mars, la France est à découvert climatique
par bye Mer 17 Mar - 11:49

» Non, on ne peut pas être « féministe » et agresser des survivantes de la prostitution et des féministes le 8 mars.
par bye Jeu 11 Mar - 9:39

» Les députés les Républicains font entrave au droit à l’avortement pour toutes !
par bye Jeu 18 Fév - 12:16

» Méditerrannée : reprise des sauvetages en mer pour l'Ocean Viking
par bye Jeu 4 Fév - 19:44

» Nouveau numéro du journal Casse-rôles
par bye Lun 1 Fév - 12:53

» #METOOInceste : La loi à l’agenda de l’Assemblée Nationale !
par bye Ven 22 Jan - 13:39

» Projet Hercule : EDF serait éclaté en trois entités
par bye Sam 16 Jan - 9:00

» Les enjeux de l'intégration des bénéficiaires d'une protection internationale dans l'Union européenne
par bye Lun 11 Jan - 20:50

» La méthode Montessori en question
par bye Mer 23 Déc - 13:24

» L’environnement ? une préoccupation peu partagée par les adultes
par bye Mer 16 Déc - 12:08

» Terrorisme
par bye Lun 14 Déc - 18:45

» Éducation : il faut donner priorité aux vaincus
par bye Mar 8 Déc - 11:59

» JOURNÉE MONDIALE DE L'ENFANCE
par bye Ven 4 Déc - 17:14

» 25novembre : la lutte pour l'élimination des violences masculines continue !
par bye Mer 25 Nov - 15:07

» Les mobilisations étudiantes sous la menace de lourdes peines de prison
par bye Mar 24 Nov - 10:23

» Décision historique pour la justice climatique !
par bye Jeu 19 Nov - 20:00

» Et maintenant nous sommes là...
par bye Mer 18 Nov - 13:13

» Révélation scientifique: l’amour rend aveugle !
par gramophone Sam 7 Nov - 9:55

» La puissance de la solidarité syndicale internationale
par bye Ven 6 Nov - 11:53

LE SITE

Dans Les Coulisses de Demain

FORUMS & SITES AMIS

FORUM EST INSCRIT SUR

-30%
Le deal à ne pas rater :
Ecran PC Gamer Incurvé – VIEWSONIC VX3218 – 32″ FHD
189 € 269 €
Voir le deal

3 participants

    TUNISIE

    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Ven 18 Fév - 18:58

    Non, les droits de l'Homme n'ont rien d'occidental

    Selon Elie Arié, les révolutions tunisienne et égyptienne ont mis en évidence l'universalité des droits de l'Homme.

    http://www.marianne2.fr/Non-les-droits-de-l-Homme-n-ont-rien-d-occidental_a202618.html
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 19 Fév - 20:23

    deux points de vue :
    - l'un d'Alain Badiou, paru en version courte dans Le Monde et restitué ici
    dans son intégralité (il a mon entier accord) ;
    - l'autre, plus bref, d'une lectrice de ces Qui-vive, instruite en langue
    arabe, sur la difficulté de traduire le mot "révolution" dans la langue
    arabe…


    Le Qui-vive de ce week-end reprendra normalement l'examen des émancipations
    en cours.




    Tunisie, Egypte : quand un vent d'est balaie l'arrogance de l'Occident


    Le vent d'est l'emporte sur le vent d'ouest. Jusqu'à quand l'Occident
    désœuvré et crépusculaire, la "communauté internationale" de ceux qui se
    croient encore les maîtres du monde, continueront-ils à donner des leçons de
    bonne gestion et de bonne conduite à la terre entière ? N'est-il pas risible
    de voir quelques intellectuels de service, soldats en déroute du
    capitalo-parlementarisme qui nous tient lieu de paradis mité, faire don de
    leur personne aux magnifiques peuples tunisiens et égyptiens, afin d
    apprendre à ces peuples sauvages le b.a.ba de la "démocratie" ? Quelle
    affligeante persistance de l'arrogance coloniale ! Dans la situation de
    misère politique qui est la nôtre depuis trois décennies, n'est-il pas
    évident que c'est nous qui avons tout à apprendre des soulèvement populaires
    du moment ? Ne devons-nous pas de toute urgence étudier de très près tout ce
    qui, là-bas, a rendu possible le renversement par l'action collective de
    gouvernements oligarchiques, corrompus, et en outre – et peut-être surtout –
    en situation de vassalité humiliante par rapport aux Etats occcidentaux ?
    Oui, nous devons être les écoliers de ces mouvements, et non leurs stupides
    professeurs. Car ils rendent vie, dans le génie propre de leurs inventions,
    à quelques principes de la politique dont on cherche depuis bien longtemps à
    nous convaincre qu'ils sont désuets. Et tout particulièrement à ce principe
    que Marat ne cessait de rappeler : quand il s'agit de liberté, d'égalité, d
    émancipation, nous devons tout aux émeutes populaires.
    On a raison de se révolter. De même qu'à la politique, nos Etats et ceux qui
    s'en prévalent (partis, syndicats et intellectuels serviles) préfèrent la
    gestion, de même à la révolte, ils préfèrent la revendication, et à toute
    rupture la "transition ordonnée". Ce que les peuples égyptiens et tunisiens
    nous rappellent, c'est que la seule action qui soit à la mesure d'un
    sentiment partagé d'occupation scandaleuse du pouvoir d'Etat est le levée en
    masse. Et que dans ce cas, le seul mot d'ordre qui puisse fédérer les
    composantes disparates de la foule est : "toi qui est là, va-t'en." L
    importance exceptionnelle de la révolte, dans ce cas, sa puissance critique,
    est que le mot d'ordre répété par des millions de gens donne la mesure de ce
    que sera, indubitable, irreversible, la première victoire : la fuite de l
    homme ainsi désigné. Et quoi qu'il se passe ensuite, ce triomphe, illégal
    par nature, de l'action populaire, aura été pour toujours victorieux. Or, qu
    une révolte contre le pouvoir d'Etat puisse être absolument victorieuse est
    un enseignement de portée universelle. Cette victoire indique toujours l
    horizon sur lequel se détache toute action collective soustraite à l
    autorité de la loi, celui que Marx a nommé "le dépérissement de l'Etat".
    A savoir qu'un jour, librement associés dans le déploiement de la puissance
    créatrice qui est la leur, les peuples pourront se passer de la funèbre
    coercition étatique. C'est bien pour cela, pour cette idée ultime, que dans
    le monde entier une révolte jetant à bas une autorité installée déclenche un
    enthousiasme sans bornes.
    Une étincelle peut mettre le feu à la plaine. Tout commence par le suicide
    par le feu d'un homme réduit au chômage, à qui on veut interdire le
    misérable commerce qui lui permet de survivre, et qu'une femme-flic gifle
    pour lui faire comprendre ce qui dans ce bas monde est réel. Ce geste s
    élargit en quelques jours, quelques semaines, jusqu'à des millions de gens
    qui crient leur joie sur une place lointaine et au départ en catastrophe de
    puissants potentats. D'où vient cette expansion fabuleuse ? La propagation d
    une épidémie de liberté ? Non. Comme le dit poétiquement Jean-Marie Gleize,
    un mouvement révolutionnaire ne se répand pas par contamination. Mais par
    résonance. Quelque chose qui se constitue ici résonne avec l'onde de choc
    émise par quelque chose qui s'est constitué là-bas". Cette résonance,
    nommons-là "événement". L'événement est la brusque création, non d'une
    nouvelle réalité, mais d'une myriade de nouvelles possibilités.
    Aucune d'entre elles n'est la répétition de ce qui est déjà connu. C'est
    pourquoi il est obscurantiste de dire "ce mouvement réclame la démocratie"
    (sous-entendu, celle dont nous jouissons en Occident), ou "ce mouvement
    réclame une amélioration sociale" (sous-entendu, la prospérité moyenne du
    petit-bourgeois de chez nous). Parti de presque rien, résonant partout, le
    soulèvement populaire crée pour le monde entier des possibilités inconnues.
    Le mot "démocratie" n'est pratiquement pas prononcé en Egypte. On y parle de
    "nouvelle Egypte", de "vrai peuple égyptien", d'assemblée constituante, de
    changement absolu d'existence, de possibilités inouïes et antérieurement
    inconnues. Il s'agit de la nouvelle plaine qui viendra là où n'est plus
    celle à laquelle l'étincelle du soulèvement a finalement mis le feu. Elle se
    tient, cette plaine à venir, entre la déclaration d'un renversement des
    forces et celle d'une prise en main de tâches neuves. Entre ce qu'a dit un
    jeune tunisien : "Nous, fils d'ouvriers et de paysans, sommes plus forts que
    les criminels" ; et ce qu'a dit un jeune égyptien : "A partir d'aujourd'hui,
    25 janvier, je prends en main les affaires de mon pays."
    Le peuple, le peuple seul, est le créateur de l'histoire universelle. Il est
    très étonnant que dans notre Occident, les gouvernements et les média
    considèrent que les révoltés d'une place du Caire soient "le peuple égyptien
    . Comment cela ? Le peuple, le seul peuple raisonnable et légal, pour ces
    gens, n'est-il pas d'ordinaire réduit, soit à la majorité d'un sondage, soit
    à celle d'une élection ? Comment se fait-il que soudain, des centaines de
    milliers de révoltés soient représentatifs d'un peuple de quatre-vingt
    millions de gens ? C'est une leçon à ne pas oublier, que nous n'oublierons
    pas.
    Passé un certain seuil de détermination, d'obstination et de courage, le
    peuple peut en effet concentrer son existence sur une place, une avenue,
    quelques usines, une université… C'est que le monde entier sera témoin de ce
    courage, et surtout des stupéfiantes créations qui l'accompagnent. Ces
    créations vaudront preuve qu'un peuple se tient là. Comme l'a dit fortement
    un manifestant égyptien : "avant je regardais la télévision, maintenant c
    est la télévision qui me regarde."
    RÉSOUDRE DES PROBLÈMES SANS L'AIDE DE L'ETAT
    Dans la foulée d'un événement, le peuple se compose de ceux qui savent
    résoudre les problèmes que l'événement leur pose. Ainsi de l'occupation d
    une place : nourriture, couchage, garde, banderoles, prières, combats
    défensifs, de telle sorte que le lieu où tout se passe, le lieu qui fait
    symbole, soit gardé à son peuple, à tout prix. Problèmes qui, à échelle de
    centaines de milliers de gens venus de partout, paraissent insolubles, et d
    autant plus que, sur cette place, l'Etat a disparu. Résoudre sans l'aide de
    l'Etat des problèmes insolubles, c'est cela, le destin d'un événement. Et c
    est ce qui fait qu'un peuple, soudain, et pour un temps indéterminé, existe,
    là où il a décidé de se rassembler.
    Sans mouvement communiste, pas de communisme. Le soulèvement populaire dont
    nous parlons est manifestement sans parti, sans organisation hégémonique,
    sans dirigeant reconnu. Il sera toujours temps de mesurer si cette
    caractéristique est une force ou une faiblesse. C'est en tout cas ce qui
    fait qu'il a, sous une forme très pure, sans doute la plus pure depuis la
    Commune de Paris, tous les traits de ce qu'il faut appeler un communisme de
    mouvement. "Communisme" veut dire ici : création en commun du destin
    collectif. Ce "commun" a deux traits particuliers. D'abord, il est générique
    représentant, en un lieu, de l'humanité toute entière. Dans ce lieu, il y a
    toutes les sortes de gens dont un peuple se compose, toute parole est
    entendue, toute proposition examinée, toute difficulté traitée pour ce qu
    elle est. Ensuite, il surmonte toutes les grandes contradictions dont l'Etat
    prétend que lui seul peut les gérer sans jamais les dépasser : entre
    intellectuels et manuels, entre hommes et femmes, entre pauvres et riches,
    entre musulmans et coptes, entre gens de la province et gens de la capitale…
    Des milliers de possibilités neuves, concernant ces contradictions,
    surgissent à tout instant, auxquelles l'Etat – tout Etat – est entièrement
    aveugle. On voit des jeune femmes médecin venues de province soigner les
    blessés dormir au milieu d'un cercle de farouches jeunes hommes, et elles
    sont plus tranquilles qu'elles ne le furent jamais, elles savent que nul ne
    touchera un bout de leurs cheveux. On voit aussi bien une organisation d
    ingénieurs s'adresser aux jeunes banlieusards pour les supplier de tenir la
    place, de protéger le mouvement par leur énergie au combat. On voit encore
    un rang de chrétiens faire le guet, debouts, pour veiller sur les musulmans
    courbés dans leur prière. On voit les commerçants nourrir les chômeurs et
    les pauvres. On voit chacun parler à ses voisins inconnus. On lit mille
    pancartes où la vie de chacun se mêle sans hiatus à la grande Histoire de
    tous. L'ensemble de ces situations, de ces inventions, constituent le
    communisme de mouvement. Voici deux siècles que le problème politique unique
    est celui-ci : comment établir dans la durée les inventions du communisme de
    mouvement ? Et l'unique énoncé réactionnaire demeure : "cela est impossible,
    voire nuisible. Confions-nous à l'Etat". Gloire aux peuples tunisiens et
    égyptiens qui nous rappellent au vrai et unique devoir politique : face à l
    Etat, la fidélité organisée au communisme de mouvement.
    Nous ne voulons pas la guerre, mais nous n'en avons pas peur. On a partout
    parlé du calme pacifique des manifestations gigantesques, et on a lié ce
    calme à l'idéal de démocratie élective qu'on prêtait au mouvement.
    Constatons cependant qu'il y a eu des morts par centaines, et qu'il y en a
    encore chaque jour. Dans bien des cas, ces morts ont été des combattants et
    des martyrs de l'initiative, puis de la protection du mouvement lui-même.
    Les lieux politiques et symboliques du soulèvement ont dû être gardés au
    prix de combats féroces contre les miliciens et les polices des régimes
    menacés. Et là, qui a payé de sa personne, sinon les jeunes issus des
    populations les plus pauvres ? Que les "classes moyennes", dont notre
    inespérée Michèle Alliot-Marie a dit que l'aboutissement démocratique de la
    séquence en cours dépendait d'elles et d'elles seules, se souviennent qu'au
    moment crucial, la durée du soulèvement n'a été garantie que par l
    engagement sans restriction de détachements populaires. La violence
    défensive est inévitable. Elle se poursuit du reste, dans des conditions
    difficiles, en Tunisie, après qu'on ait renvoyé à leur misère les jeunes
    activistes provinciaux.
    Peut-on sérieusement penser que ces innombrables initiatives et ces
    sacrifices cruels n'ont pour but fondamental que de conduire les gens à
    choisir" entre Souleiman et El Baradei, comme chez nous on se résigne
    piteusement à arbitrer entre MM. Sarkozy et Strauss-Kahn ? Telle serait l
    unique leçon de ce splendide épisode ?
    Non, mille fois non ! Les peuples tunisiens et égyptiens nous disent : se
    soulever, construire le lieu public du communisme de mouvement, le défendre
    par tous les moyens en y inventant les étapes successives de l'action, tel
    est le réel de la politique populaire d'émancipation. Il n'y a certes pas
    que les Etats des pays arabes qui soient anti-populaires et, sur le fond,
    élections ou pas, illégitimes. Quel qu'en soit le devenir, les soulèvements
    tunisiens et égyptiens ont une signification universelle. Ils prescrivent
    des possibilités neuves dont la valeur est internationale.
    Alain Badiou, philosophe






    Sur la difficulté de traduire le mot "révolution" en langue arabe…
    Le sens de la racine thâra en arabe, s'élever, pour un tumulte, se soulever,
    pour de la poussière, et c'est la construction qui fait le sens particulier,
    selon le cod, la préposition , l'adjectif, etc
    Le sème le plus fréquent à la forme I est celui de la colère, mais on trouve
    aussi l'éruption volcanique, ou l'encouragement comme incitation à agir.
    Mais à la forme IV, tout est possible : aguicher, exciter, monter la tête,
    provoquer, et le cod peut être aussi bien l'appétit que le désir, le dégoût,
    l'admiration, la pitié, le rire…
    Même ouverture à la forme X : mettre hors de ses gonds, porter sur les nerfs
    aguicher, exciter, irriter.
    Bref, on semble assez proche du latin moveo: mettre en mouvement, ou impetus
    mouvement en avant, élan, assaut, et surtout du grec istêmi : placer debout
    lever, dresser, soulever, pousser en avant ou en haut qui s'emploie pour le
    tourbillon de poussière, la querelle, la colère, le cri.. et, à la voie
    moyenne, istamai, au sens intransitif : se dresser, se soulever (pour la
    poussière!), s'élever (pour une querelle), commencer (pour les saisons).
    Je vous fais grâce de ce qui ne concerne pas notre propos, càd tous les sens
    contraires qui relèvent de l'immobilité, ce qui est possible, en grec.
    Ce sont des composés d'istêmi, à la voie passive, qui signifient se révolter
    tandis que la notion de révolution appartient à la racine du changement,
    ou de la nouveauté, comme en latin : res novae.
    IL N'Y A DONC PAS VRAIMENT DE MOT, EN ARABE, POUR SIGNIFIER RÉVOLUTION
    Traduire ainsi thaoura, sur la forme I, c'est faire une extrapolation.
    Le bon mot serait bida'a, l'innovation, mais il est sûrement tabou !


    _________
    Égalité '68
    (site d'agitation politique)


    http://www.egalite68.fr
    egalite68@noos.fr / egalite68@numericable.fr

    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Dim 27 Fév - 7:56

    Quand le mari d’Elisabeth Guigou « trouvait formidable de ne pas parler politique » en Tunisie

    Embarrassant. Oumma dévoile les images inédites du couple Guigou -aujourd’hui au cœur de la controverse tunisienne- lorsqu’ils vantaient les actions de l’Ipemed, une association co-présidée par Aziz Miled. Proche de la ministre Michèle Alliot-Marie, cet homme d’affaires avait soutenu le régime policier de Ben Ali.

    « Bizness is bizness ». Avant le départ de Ben Ali, Oumma avait déjà mis en lumière l’existence d’un lobby singulier, surnommé le « clan des Tunisiens » , en évoquant notamment le cas significatif de la ministre Michèle Alliot-Marie et de son indulgence- depuis des années -envers les exactions du régime. Aujourd’hui, c’est le camp politique adverse qui se retrouve éclaboussé. Membre du PS, ancienne ministre et aujourd’hui députée, Elisabeth Guigou était également, jusqu’à jeudi, co-présidente du comité de parrainage politique d’un think-tank euro-méditerranéen dénommé l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen). Une révélation embarrassante du Canard enchaîné l’a finalement incité à présenter sa démission « pour éviter tout soupçon de confusion » : l’association fondée et dirigée depuis 2006 par son mari, Jean-Louis Guigou, est également co-présidée, depuis décembre 2009, par Aziz Miled, un entrepreneur tunisien qui a largement tiré profit du système Ben Ali. La députée socialiste a cependant tenu à préciser qu’elle ne se désolidarisait pas totalement de cet organisme puisqu’elle indique vouloir « continuer à soutenir l’action d’Ipemed pour une meilleure coopération euro-méditerranéenne ».

    Un jet privé plutôt qu’une Porsche

    Ancien adhérent au parti présidentiel du RCD et ex-supporter d’une nouvelle candidature de Ben Ali, Aziz Miled est dorénavant impliqué dans « l’affaire Alliot-Marie » : c’est lui qui a prêté son avion personnel à la ministre des Affaires étrangères lors de son séjour en Tunisie durant les dernières vacances de Noël. Susceptible d’un conflit d’intérêt, ce mélange des genres est d’autant plus grave qu’il s’est déroulé au début de l’embrasement populaire qui gagna alors la Tunisie, à la suite de l’immolation de Mohamed Bouazizi. La gauche -et notamment le Parti socialiste d’Elisabeth Guigou- exige depuis plusieurs semaines la démission de Michèle Alliot-Marie. Problème : la proximité du couple Guigou –tous deux membres de l’équipe de direction de l’Ipemed- avec Aziz Miled -un loyaliste de Ben Ali placé à sa tête- pose la question de leur indépendance, politique et financière, à l’égard de l’ancien régime policier. D’autant que l’affairiste tunisien ne manque pas d’aplomb pour poser en philanthrope, quitte à énoncer des contre-vérités : ainsi, celui qui mit à disposition du couple ministériel Michèle Alliot-Marie/Patrick Ollier son jet privé avait affirmé, dans un entretien de février 2010 pour le magazine Les Afriques, qu’il n’était pas homme à gaspiller son argent pour s’octroyer des signes ostensibles de richesse : « Etant moi-même issu d’un milieu modeste, j’ai choisi de réinvestir l’écrasante majorité des bénéfices de mes sociétés pour créer des emplois et donner des opportunités aux moins nantis, au lieu de m’offrir un jet privé ou de rouler en Porsche. C’est ma manière de redistribuer l’argent que j’ai gagné ».

    Extrait de la plaquette officielle de l’Ipemed

    Une compromission avec un tel personnage explique sans doute la diffusion précipitée, lundi dernier, d’un vibrant appel -officiellement destiné à l’Union Européenne- par le comité de parrainage de l’Ipemed, favorable désormais à la transition démocratique en cours. Co-signé par des membres de ce groupe tels Elisabeth Guigou, l’ancien ministre Hubert Védrine et le président de l’AMF Jean-Pierre Jouyet, le texte ressemble à la confession d’un résistant de la dernière heure : « Nous, membres du Comité de parrainage politique de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED), saluons et soutenons la rupture historique qui vient de s’opérer en Tunisie, et l’extraordinaire courage de son peuple, jeunes, hommes et femmes ! (…) Avec ce mur de la peur qui vient de tomber, la fierté des peuples est restaurée et de nouvelles perspectives s’ouvrent pour l’ensemble de l’espace euro-méditerranéen ». Le terme indélicat de « dictature » et toute allusion au despote déchu sont soigneusement évités. Ici, on préfère évoquer la « rupture historique » et la chute du « mur de la peur », ce qui a l’avantage de ne pas froisser les crypto-nostalgiques du régime.

    Au nom de la « cause »

    A la rescousse de son épouse démissionnaire, Jean-Louis Guigou, toujours délégué général de l’Ipemed, s’indigne dans un communiqué paru jeudi : « Je tiens à souligner que si mon épouse a bien rencontré Aziz Miled, c’est par mon intermédiaire et à chaque fois parce qu’elle se trouvait à mes côtés. Et je trouve assez détestable l’amalgame qui semble vouloir être fait, comme on allume un contre-feu, entre Elisabeth Guigou et Madame la ministre Michèle Alliot-Marie. Comme cela a déjà été dit et écrit à plusieurs reprises, leurs situations sont évidemment incomparables et je trouve dommage qu’un contexte politique intérieur vénéneux vienne ainsi polluer la cause Euro-Méditerranéenne ».

    •Le questionnement politique, un venin ? Pour ce haut-fonctionnaire de carrière, spécialiste en aménagement du territoire, le volet économique doit primer avant tout le reste. En mai 2010, c’était ce qu’il laissait entendre lors d’un publi-reportage réalisé lors de la seconde édition des « Entretiens de l’Ipemed » : depuis la ville d’Hammamet, Jean-Louis Guigou déplorait les dissensions entre pays de la Méditerranée au sujet de conflits éminemment politiques telle la question israélo-palestinienne. Heureusement, comme il s’en réjouit à la fin de son intervention, il arrive que les dirigeants mettent de côté cet aspect-là des relations internationales. Une attitude que le délégué général de l’Ipemed « trouve formidable ». Coïncidence tragicomique, l’aveu est alors prononcé, face caméra, sous les bons auspices de Ben Ali dont le portrait, accroché au mur, est visible en arrière-plan. Pour incarner une certaine image de la France, faite de realpolitik financière et de compromissions au détriment des droits de l’homme, la vice-présidente de l’Assemblée nationale et son haut-fonctionnaire de mari n’ont visiblement pas démérité.

    --------------------------------------------------------------------------------
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 5 Mar - 9:41

    La Tunisie a des bas salaires et pas de pétrole. C’est grave ?

    Les Tunisiens sont inquiets : leur pays a-t-il un avenir économique ? Un pays peut-il s’en sortir quand il n’a presque pas de pétrole et que beaucoup d’emplois dépendent des sociétés étrangères, avec des salaires assez bas ? Investig’Action a interrogé Saïd Bouamama, Mohamed Hassan et Michel Collon…

    Vu que l’économie en Tunisie profite principalement aux multinationales et aux corrompus, quelles réformes économiques suggérez-vous ?

    Saïd Bouamama. Eh bien, tout simplement que l’Etat reprenne la place qui devrait être la sienne, et ne soit pas au service d’intérêts qui ne sont pas ceux de sa population. Qu’il retrouve la maîtrise de son économie, et cela passera notamment par des renationalisations, un système fiscal adéquat. Sans cela, il n’y aura pas d’équité, car il n’y aura pas de réelle redistribution, c’est clair.

    Michel Collon. Ce problème se pose dans la majorité des pays du “tiers monde” qui restent en fait des néocolonies. Le pouvoir d’Etat y est toujours dépendant des grandes puissances et cède les richesses aux multinationales. C’est ce mécanisme qui produit pauvreté et sous-développement. Construire une nouvelle économie pour mettre fin à la pauvreté implique d’utiliser les richesses au profit des gens.

    Mais je ne peux répondre entièrement à la question, c’est aux Tunisiens d’élaborer le programme de ces transformations. Eux peuvent faire l’inventaire des ressources disponibles, identifier les détournements de richesses et les transformations nécessaires pour résoudre ces problèmes. Il faut des mesures pour améliorer d’urgence la situation du peuple, éliminer le pouvoir de l’ancien régime et lancer la construction par étapes d’une économie au service des gens.

    Mohamed Hassan. Il faut comprendre que la Tunisie n’a jamais vraiment développé une économie pour elle-même. Les relations économiques entre les différentes parties de l’Afrique du Nord ont été détruites par la colonisation qui a débuté en 1884 et par le néocolonialisme après l’indépendance. En réalité, tout ce qui est investi ressort du pays, cela ne reste pas. Le système économique imposé par l’impérialisme est basé sur l’exploitation et appauvrit le peuple. La Tunisie est un pays riche mais avec un peuple pauvre.

    Si les Tunisiens parviennent à obtenir l’indépendance politique, ils pourront assurer l’autonomie alimentaire, analyser leur sol et faire des réformes en conséquences, offrir une éducation et des soins gratuits pour tous...

    A la différence du Venezuela, la Tunisie ne dispose pas de riches ressources pétrolières, n’est-ce pas un handicap ?

    Michel Collon. Il est vrai que tous les pays n’ont pas cette chance. En même temps, c’est aussi un grand danger quand un pays dépend d’une seule ressource au lieu de développer une économie saine avec plusieurs secteurs forts. Ceci dit, la Tunisie a des richesses naturelles. Je serais curieux de savoir si le peuple tunisien bénéficie vraiment des revenus du phosphate ou si cela est confisqué par des intérêts étrangers.

    D’autre part, les ressources touristiques d’un pays sont aussi une richesse qui doit profiter à la population comme à Cuba. Cela implique que l’Etat ne laisse pas les multinationales empocher tout cela, mais qu’il développe une industrie touristique propre ou noue des partenariats sur pied d’égalité, donc profitables aussi aux Tunisiens.

    Pétrole ou pas, il faut voir la richesse essentielle : à qui profite le travail des Tunisiens ? Qui empoche les richesses ? L’expérience du Venezuela d’Hugo Chavez ou de la Bolivie d’Evo Morales est très inspirante : la question essentielle, c’est de s’appuyer sur le peuple pour détruire l’ancien pouvoir économique et lancer des réformes radicales à son avantage. Le problème, c’est : au service de qui veut-on faire tourner l’économie ?

    Mohamed Hassan. Personne ne sait ce qu’il y a vraiment sous le sol tunisien à part les impérialistes. Mais le manque de pétrole n’est pas important. L’Erythrée n’en a pas et se développe considérablement avec une croissance de 17 %. Pourtant, ce pays compte neuf langues et deux religions. Ces ressources peuvent même représenter un désastre et causer des guerres, comme au Gabon ou au Nigeria. La Tunisie, elle, n’a qu’une seule langue et une seule religion, elle peut se développer très rapidement. La plus grande richesse du pays, c’est son peuple. Un peuple très éduqué et jeune.

    Saïd Bouamama. Chaque Etat a ses caractéristiques spécifiques. La Tunisie est un Etat assez modeste en taille et en population, mais largement auto-suffisant. Une jeunesse, une population éduquée, et même si on ne peut comparer les ressources naturelles, la Tunisie et ses habitants peuvent très bien se gérer et avoir une économie prospère.

    La Tunisie a une économie basée sur des sociétés de services attractives par la haute qualité du travail et les bas salaires. Les investisseurs ne risquent-ils pas de s’en aller ?

    Saïd Bouamama. Eh bien, c’est exactement ce qui pose problème : cette structure économique rend la Tunisie entièrement dépendante. Il faut absolument qu’elle sorte de ces réseaux de dépendance, qu’elle construise son économie en fonction de ses besoins propres, des besoins de sa population. Pour cela, il faut revenir à des objectifs économiques autocentrés. D’autre part, on ne peut contester que le tourisme soit un secteur clé en Tunisie, mais l’exemple cubain montre qu’un pays peut parfaitement adopter une politique économique autocentrée en développant un secteur comme le tourisme.

    Michel Collon. En effet, c’est un problème, et les multinationales risquent de faire leur chantage habituel : « Si vous relevez les salaires, si vous ne vous laissez pas faire, on s’en va ailleurs. » C’est délicat, il faut faire une analyse concrète des possibilités. Mais ça montre que les intérêts des multinationales et ceux des peuples sont contradictoires : les uns veulent des salaires ultra bas, les autres veulent une vie digne. La qualification des Tunisiens est largement reconnue et ces talents peuvent être réorientés- en partie en tout cas - vers le marché intérieur. On pourrait ainsi développer de nouveaux secteurs locaux : il existe tant de besoins non satisfaits dans ce pays ! Et si les Tunisiens ont de meilleurs salaires, ils pourront consommer et ces secteurs pourront être rentables.

    Mohamed Hassan. On veut faire peur au peuple en prétendant que si les salaires augmentent, il n’aura plus de travail. Car ce qui attire les puissances étrangères c’est l’exploitation par les bas salaires d’un peuple cultivé. Mais ils parlent dans leurs intérêts ! Or, le monde ne se résume pas à l’Europe et aux Etats Unis ! L’Inde et la Chine représentent 40% de la population mondiale...

    Source : www.michelcollon.info

    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Dim 3 Avr - 18:45

    http://www.assises-immigration-tunisienne.info/

    TUNISIE LIBRE – AGISSONS !

    CONFERENCE DE PRESSE, Merc. 30 mars 2011 à 11h00 - Tunis, hôtel Al-Hana
    International :

    La situation à Lampedusa, la question des Harraga et l’avenir des rapport
    entre la Tunisie, l’Italie et l’Union Européenne

    « La situation tragique prévalant sur l’île de Lampedusa est sciemment
    provoquée par le Ministère de l’Intérieur italien » FTCR

    « Les menaces prononcées par M. Roberto Maroni à l’encontre de la Tunisie
    relèvent d’un racisme qui se trompe d’époque » FTDES

    Le nombre de migrants tunisiens bloqués sur décision des autorités
    italiennes sur l’île de Lampedusa a largement dépassé le nombre des
    habitants autochtones. Les conditions dans lesquelles ils sont maintenus par
    le fait de décisions irresponsables, sont inhumaines et dangereuses.
    Aujourd’hui, le Ministre italien de l’Intérieur ne se contente plus de
    déterminer des conditions de gestion des flux migratoires contraires aux
    principes et à la lettre des textes internationaux garantissant le droit des
    personnes, il prononce des menaces à l’encontre de la Tunisie et un chantage
    éhonté à l’argent et à la sécurité.

    La Tunisie est un pays souverain engagé dans un processus démocratique
    révolutionnaire difficile. Il est néanmoins toujours sensé être un
    partenaire de l’Union Européenne, et est en droit de s’attendre à ce que
    l’UE le soutienne dans ce processus sans le soumettre à un chantage visant à
    le faire renouer avec des pratiques répressives qui ne être réalisée qu’au
    mépris des droits humains. L’exigence européenne de faire de la Tunisie,
    comme de la Libye ou des autres pays de l’Afrique du nord les gardiens d’une
    "Europe forteresse" ne peut être satisfaite que par un niveau de contrôle et
    de répression que seuls des régimes policiers et dictatoriaux peuvent
    fournir. Nous sommes en droit de nous demander si les tenants des discours
    belliqueux et sensationnalistes sur les quelques milliers de migrants de ces
    dernières semaines ne sont pas des nostalgiques des dictatures que nos
    peuples ont vaincu. La menace de rapatriement massif prononcée par des
    responsables politiques européens sont à notre sens des déclarations
    d’hostilité à nos jeunes démocraties et sont de nature si elles sont suivies
    de faits à troubler l’ordre public dans nos pays et à mettre à mal les
    relations entre les pays de la région. Il nous semble irresponsable de tenir
    de telles attitudes et de prononcer de tels discours sachant que ce la ne
    peut en aucun cas avoir de résultats effectivement positifs sur la question
    de la mobilité des personnes et que les seules conséquences réelles sont de
    l'ordre du marketing politique et des gains électoraux à courte vue.

    La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) et le
    Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux tiennent une
    conférence de presse :

    - Pour fournir toutes les informations sur la situation à Lampedusa et
    sur l’évolution des flux migratoires et de leur gestion.

    Pour rappeler que la Tunisie nouvelle est un pays souverain engagé avec
    détermination dans un processus démocratique difficile. Que dans ce
    contexte, le peuple tunisien, la société civile et les institutions
    officielles tunisiennes ne sauraient accepter que le soutien financier des
    pays partenaires soient conditionnés par des diktats d’un autre âge qui
    voudraient amener la Tunisie à agir en infraction à la législation
    internationale garantissant les droits des personnes en général et les
    droits des personnes migrantes en particulier.-

    Pour condamner les propos de M. Roberto Maroni, et rappeler que
    l’époque où la Tunisie était prête à se soumettre à des injonctions au
    relents coloniaux, et à faire fi des droits de ces citoyens et de ceux de
    pays tiers en contrepartie de quelques gratifications financières est bel et
    bien révolu.-

    Pour demander le transfert immédiat des migrants se trouvant sur l’île
    de Lampedusa vers des lieux pouvant assurer des conditions d’accueil
    décentes et où leurs situation peut être réglée dans le cadre des lois en
    vigueur.-

    Pour proposer les solutions justes et réalisables pouvant fonder une
    évolution positive des politiques migratoires en Méditerranée.

    La conférence de presse se tiendra mercredi 30 mars 2011 à 11h00 à l’hôtel
    Al-Hana International, 49 Avenue Bourguiba à Tunis.


    Pour la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR),
    Omeyya Naoufel Seddik
    Pour le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et sociaux, Le Président,
    Abdeljelil El-Bedoui

    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 23 Avr - 13:28

    Tunisie : Manifeste des femmes pour l’égalité et la citoyenneté
    | europe-solidaire.org | 20 avril 2011

    jeudi 21 avril 2011

    Nous Tunisiennes, en marche vers la démocratie, l’égalité et la justice sociale, célébrons avec joie la révolution de la dignité que, hommes et femmes, avons réalisée ensemble. Nous rendons hommage au peuple tunisien qui a triomphé de la dictature. Nous nous inclinons avec recueillement devant le martyre de nos jeunes, filles et garçons.



    Nous sommes fières des valeurs de modernité que notre pays a accumulées au cours des siècles, et en particulier du siècle dernier, de Tahar al Haddad au Code du statut personnel et aux lois postérieures qui le complètent. Nous sommes fières de ce patrimoine commun réformiste et progressiste que nous avons reçu en partage.

    Nous proclamons notre adhésion - en tant que féministes - à la cause des femmes et notre engagement à poursuivre le combat pour l’amélioration de leurs conditions de vie publique et privée, ainsi que notre détermination à
    lutter :

    •contre toutes les formes de discrimination et de violences envers les femmes, et qui sont inhérentes à l’ordre patriarcal.
    •contre la marginalisation économique et sociale, le déséquilibre régional, le chômage dont les effets discriminants sur les femmes, les jeunes et les régions sont aggravés par la mondialisation et le libéralisme économique.
    •contre les voix de la réaction qui attentent aux droits acquis des femmes au prétexte des spécificités religieuses et culturelles et enferment l’identité dans une vision fixe et prescrite.
    •contre la répression, toutes les formes d’autoritarisme, comme les tentatives d’ajournement de la démocratie et de marginalisation politique, de même que le verrouillage médiatique et la fermeture des espaces publics.

    Nous affirmons notre attachement aux avancées réalisées dans les domaines suivants :

    •le statut personnel et des lois complémentaires de la famille qui représentent des sources positives de législation, et dont nous revendiquons la réforme dans un sens égalitaire.
    •les droits économiques et sociaux, notamment les droits à l’instruction, à la santé, à la santé reproductive, au logement, à la sécurité sociale, et à l’emploi qui constituent des droits humains fondamentaux.
    •la participation politique des femmes, qui doit concerner le renforcement de leur représentation dans l’espace public et l’amélioration de leur accès aux centres de décision des droits culturels et intellectuels et leurs corollaires la liberté d’opinion, d’expression et de création.

    Nous déclarons notre détermination à militer pour l’amélioration de tous ces droits, en particulier à :

    •faire barrage à toutes les tentatives de « passe-droits » des femmes au nom d’impératifs politiques ou religieux, notre position découlant de notre adhésion aux valeurs universelles que consacrent les conventions internationales relatives aux droits de la personne humaine.
    •faire lever toutes les réserves à la Convention des Nations unies contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et faire ratifier toutes celles relatives aux droits universels des femmes dans tous les domaines.
    •consacrer les droits des femmes au travail, à la santé, à une instruction moderne qui inculque aux jeunes l’ouverture d’esprit, le respect de l’égalité et des différences, la répartition égalitaire des richesses et la lutte contre toutes les formes de discrimination, de marginalisation, de précarité et d’exclusion des femmes.
    •intégrer la question des droits des femmes au nombre des priorités d’action de la société politique et civile en rendant opérationnel le principe de non discrimination entre les sexes, en garantissant dans la nouvelle constitution le principe de séparation du politique et du religieux, en donnant sa pleine réalité au principe d’égalité, en réformant les lois et les mécanismes de contrôle et en offrant à toutes et tous l’égalité des chances et les mêmes opportunités, en protégeant l’intégrité physique et morale des femmes.

    Nous considérons ces principes et ces orientations comme essentiels à la réalisation de la citoyenneté pleine et entière des femmes, à l’édification de l’Etat de droit et à la garantie du développement humain durable de la Tunisie.

    L’Association tunisienne des femmes démocrates

    L’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement

    Le Collectif 95 Maghreb Egalité

    La Ligue Tunisienne des droits de l’homme - commission femmes

    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Lun 2 Mai - 16:22

    Lundi 2 mai 2011 - Communiqué du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51 avenue Simon Bolivar



    Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce 1er mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar à Paris 19ème.

    La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à paris.

    Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tout les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.

    Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.

    Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée.

    Des papiers pour circuler et vivre librement !

    avatar
    CHARPAL


    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par CHARPAL Ven 28 Oct - 11:48

    Concernant les élections en Tunisie, les médias tiennent à utiliser absolument le terme "islamistes". Ce choix n'est pas innocent.Il s'agit de faire peur. Le management et la manipulation des foules par la peur est très tendance actuellement dans le prêt à penser médiatique,quelque soit le sujet.
    Comme beaucoup, j'aurais préféré qu'il y ait un grand parti de gauche, progressiste et laïque et qu'il fasse 80% des voix.Malheureusement les choses sont ce qu'elles sont. Les responsables du parti musulman arrivé en tête
    n'arrêtent pourtant pas de multiplier les gages de bonne volonté et de tolérance. Ils ne veulent pas remettre en cause la liberté de penser, ne veulent pas que le statut actuel de la femme fasse l'objet d'un retour en arrière et qu'elle rentre à la maison; ils vont même jusqu'à dire qu'on pourra toujours se mettre en maillot de bain sur les plages, les touristes, comme les tunisiens.
    Résultat ? Vous êtes des islamistes ! Il ne faut certes pas être naïf et professer un optimisme béat.Il est clair que lorsqu'un peuple, après des décénnies d'humiliations, s'essaie à la démocratie, il affronte tous les dangers.Les choses vont peut-être bien tourner, c'est tout le mal que je souhaite à ce pays ou peut-être l'expérience sera un fiasco pour cette fois. Et il faudra attendre encore longtemps avant une issue par le haut.
    On peut au moins laisser sa chance à ce peuple, en espérant que les démocrates musulmans et les démocrates laïques s'entendront pour sauver la jeune et fragile démocratie.
    Ce qui personnellement me fait le plus peur est le domaine économique et social. Le veau d'or est toujours debout. A chaque fois qu'un peuple essaie de s'affranchir d'un système totalitaire, les fées maléfiques ultra libérales font tout pour le précipiter dans le ravin du capitalisme sauvage, FMI en tête.
    Si hélas, c'est la cas, alors oui, les islamistes, les vrais, prendront le pouvoir et le peuple tunisien retombera encore plus bas.
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Ven 28 Oct - 12:33

    oui, la prise du pouvoir par les partis islamistes , tant à craindre, est effectuée.
    Cependant, des groupes politiques, culturels,..consistants existent, regroupant notamment un certain nombre de femmes qui ne voudront pas ( et je les comprends )une remise en cause de leurs droits et libertés fondamentaux.
    Si le pari économique et social est relevé et gagné, nul doute que l'obscurantisme religieux aura beaucoup de mal à prospérer, voire se maintenir.
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 5 Jan - 13:42



    Les nouveaux tyrans du peuple tunisien : La persistance du chaos

    Chems Eddine Chitour | lexpressiondz.com - commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com | jeudi 3 & vendredi 4 janvier 2013

    vendredi 4 janvier 2013



    [lexpressiondz.com

    commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com

    Les nouveaux tyrans du peuple tunisien : La persistance du chaos
    Chems Eddine Chitour | lexpressiondz.com - commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com | jeudi 3 & vendredi 4 janvier 2013

    « Ô tyran oppresseur... Ami de la nuit, ennemi de la vie... Tu t’es moqué d’un peuple impuissant Alors que ta main est maculée de son sang. »

    Abou el Kassem Echebbi


    Le poème d’Abou el Kassem Echebbi écrit en plein protectorat français de Tunisie est tout à fait d’actualité, il décrit le calvaire du peuple tunisien qui peine à trouver sa voie. Pour rappel, le poète est connu pour avoir traité des thèmes comme la liberté et la résistance, notamment dans son fameux « Ela Toghat Al Alaam » qui s’adresse « aux tyrans du monde ». Le peuple tunisien vit une épreuve dont il faut espérer qu’il en sorte.

    Deux ans après, la situation est faite de haut et de bas, entre la lutte pour le pouvoir des « laïcs » et le double langage d’Ennahda, le citoyen souffre et il souffre d’autant plus que la situation économique est loin d’être bonne. L’insécurité devient structurelle. On croit revivre la situation de l’Algérie il y a vingt ans. Une opération des forces de sécurité contre les extrémistes s’est soldée par le décès d’une dame (l’épouse d’un djihadiste), d’un soldat des forces de sécurité et l’arrestation de quatre recherchés ; l’un d’eux a été grièvement blessé. Des armes et des munitions ont été saisies.

    Mustapha Stambouli décrit une situation de chaos où l’Etat est absent et où Ennahda joue un double jeu : « Une série noire (attaque de Nidaa Tounès à Djerba, assassinat de Lotfi Nakdh, agression envers des syndicalistes, etc.) plonge le pays dans l’inquiétude, le désarroi et la crainte pour la République. Les bandits agissent en toute impunité. La police nationale est-elle vraiment dépassée par les événements ou contrainte à ne pas réagir ? Ne pas réagir maintenant, c’est accepter toutes les dérives fascistes et dictatoriales, car le fascisme, c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève... Pourquoi la police est-elle si amorphe aujourd’hui ? » (1)

    « Pourtant poursuit-il, ces bandits sont bien connus de ses services et de nombreux citoyens dans les quartiers. (...) Les attaques se multiplient dangereusement à travers le pays et prennent des formes diverses : agressions verbales en direction des femmes, rituels de prière en pleine rue, agressions physiques à l’encontre des adversaires politiques, mariage orfi, occupation tapageuse des espaces publics, humiliation du drapeau national et des personnalités politiques. Le silence mortel du pouvoir et surtout des dirigeants d’Ennahda face à ces dépassements insupportables et inacceptables, leur double discours, encouragent les abus et les crimes de ces hors-la-loi » (1)

    La délicate situation économique : de l’eau au moulin de la fitna

    L’un des éléments catalyseurs de la dégradation politique est la situation économique qui est du pain bénit pour créer du désordre et imposer un nouvel ordre. Dans une publication de l’agence chinoise nous lisons : « Malgré des indicateurs officiels revus à la hausse sur la majorité des secteurs d’activité durant les 10 premiers mois, l’exercice économique 2012 en Tunisie reste encore au-dessous des réalisations de 2010 (...) Selon M. Abdennabi, la Tunisie a entamé l’année 2012 « dans une situation difficile, puisque le bilan faisait état d’une perte d’environ 100.000 emplois face à l’existence de 80.000 nouveaux diplômés et un total de 800.000 chômeurs, sans oublier un taux de croissance négatif de 0,2% ». (...) Des chiffres officiels publiés dans la presse dévoilent un bilan de plus de 1 500 grèves qui ont été observées légalement sous l’égide de l’Ugtt durant les 10 premiers mois de 2012. Un nombre qui reste élevé malgré qu’il ait dépassé les 2300 en 2011.(2)

    Malgré une image « négative », le tourisme tunisien a su enregistrer des performances par rapport à 2011, mais reste encore au-delà des chiffres de 2010. Les dernières statistiques émanant du ministère du Tourisme indiquent que les recettes touristiques réalisées, du 1er janvier au 20 août 2012, se sont améliorées de 35,3% par rapport à la même période de 2011, rapporte une dépêche TAP. Depuis le début de l’année, jusqu’au 20 août 2012, la Tunisie a accueilli près de 3,681 millions de touristes de différentes nationalités contre 2,771 millions en 2011 et 4,539 millions en 2010. Le mouvement des touristes issus du Maghreb arabe et de l’Amérique du Nord, est à la hausse, atteignant respectivement, cette année, 1,621 million de touristes (contre 1, 24 million en 2011) et 19.779 touristes (contre 13.507 en 2011). (3)

    En dépit d’une situation sécuritaire qualifiée de fragile depuis la révolution dite du Jasmin, pas moins de 100.000 Algériens continuent de prendre la destination de la Tunisie pour y passer les fêtes de fin d’année. Antoine Lerougetel dénonce pour sa part, à la fois la répression policière et le rôle ambigu de la centrale syndicale l’Ugtt qui est d’accord pour la mise en place d’un néolibéralisme sauvage. Nous lisons : « Après quatre jours de répression policière des manifestations contre l’abandon des programmes contre la pauvreté et le chômage à Siliana, le président tunisien Moncef Marzouki, dans sa déclaration télévisée, a exigé la constitution d’un nouveau gouvernement restreint de « compétences » et se transforment en une nouvelle lutte révolutionnaire contre son gouvernement.(...) L’intérieur du pays souffre d’un sous-développement chronique et connaît un mécontentement croissant face à l’incapacité du gouvernement à rehausser le niveau de vie ».

    Pour Antoine Lerougetel, l’UGTT roule pour le nouveau système : « Le taux de chômage écrit-il, dépasse les 18% (...) L’Ugtt est un outil de longue date du régime capitaliste en Tunisie. Le gouvernement Ennahda, tout comme le gouvernement des Frères musulmans du président Mohamed Morsi en Egypte, collabore étroitement avec les puissances américaine et européenne pour étouffer et écraser les soulèvements révolutionnaires de la classe ouvrière.(...) Les responsables de l’Ugtt travaillent maintenant de concert avec Ennahda pour contrôler la classe ouvrière. Une réunion, qui s’est tenue le 19 novembre à Bruxelles entre des responsables tunisiens et de l’UE, a établi un partenariat économique ayant pour « obligation de respecter les principes de l’économie de marché, et le libre-échange » ainsi que « la mondialisation de l’économie ». (...) Sur cette base, la Banque mondiale a approuvé le 27 novembre un prêt de 500 millions de dollars à la Tunisie pour le financement de réformes économiques ».(4)

    La réalité des révolutions saisonnières arabes

    Dans une contribution précédente, j’avais indiqué comment une espérance de peuples qui luttent pour la liberté et une dignité sociale, est dans chaque pays arabe laboratoire instrumentalisé pour servir les intérêts d’un agenda d’un nouvel ordre où les peuples deviennent des variables d’ajustement. La dénomination de « Printemps arabe » de l’Atlantique au Golfe, est, en soi, une allégeance et une soumission intellectuelle à la doxa occidentale qui, la première, a décidé d’appeler ainsi ces mouvements. Une nouvelle page de l’histoire est en train de s’écrire dit-on dans le Monde arabe. La thèse occidentale de Gilles Kepel, et de tant d’autres est que le « Printemps arabe a surpris tout le monde ». Tous sauf ceux qui étaient au courant, pourrions-nous dire ! Des événements qu’ils ont commandités mais dont ils se félicitent que ces révoltes ne soient pas connotées par l’Islam. Pour eux, le soubassement de ces révoltes parfumées n’a pas les fondements classiques imputables à un hypothétique choc des civilisations. Tout ceci est bien beau, mais il est quand même étonnant pour l’auteur de fixer le début des révoltes du Printemps arabe à une immolation qui aurait pu passer inaperçue n’étaient les médias occidentaux qui en ont décidé autrement. » (5)

    « Si nous n’inscrivons pas toutes ces indignations de la jeunesse arabe dans un « agenda occidental » nous n’avons rien compris au mouvement du monde. Le ras-le-bol arabe n’a pas commencé en décembre 2010 mais en octobre 1988 en Algérie. Le tribut fut très lourd. La jeunesse algérienne a été la première, triste privilège, à mourir pour s’être battue pour la démocratie, la liberté. Sauf que ça n’intéressait personne. L’Algérie a payé le prix de la démocratie avec une décennie rouge et dit-on 200.000 morts, 10.000 disparus et 30 milliards de dollars de dégâts, sans compter les traumatismes que nous allons encore traîner pendant longtemps. Il a fallu attendre l’après-11 septembre 2001 pour que la voix de l’Algérie soit audible concernant le terrorisme. » (5)

    Comme par hasard, les monarchies arabes, dociles aux Etats-Unis et à Israël, ont survécu à la « tempête du Printemps arabe ». Cependant, à Bahreïn, au Yémen, silence on tue, mais là l’Empire ne bouge pas donc, les vassaux européens regardent ailleurs. Nous aurions voulu que l’on démonte la mécanique de ces révoltes pour y voir une manipulation de grande ampleur et la « spontanéité » des révoltes est un paramètre qui a été mis en équation pour susciter le chaos pour le plus grand bien de l’Empire et de ses vassaux. Tout le monde se souvient des bloggeurs qui ont catalysé les révoltes en Egypte, en Syrie... On le voit, ce qui a perdu les anciens potentats arabes, c’est le lâchage de l’Occident mis en musique par Internet et un projet mûrement réfléchi qui a travaillé sur un terreau favorable, une masse arabe toujours prête à l’émeute, constamment en posture pré-insurrectionnelle au vu de la hogra, le déni de justice, les passe-droits, la corruption institutionnalisée. Le chaos en Irak, en Afghanistan ne gêne pas la curée sur les matières premières et le pétrole. Les Afghans, les Irakiens, et de plus en plus les Libyens, peuvent se démolir à qui mieux mieux, cela ne gênera pas l’écoulement du pétrole. » (5)

    « On attribue à Machiavel la sentence suivante : « Le meilleur moyen de contrer une révolution c’est de la faire soi-même. » Ceci s’applique croyons-nous comme un gant, à ce qui se déroule sous nos yeux. En un mot, tout est programmé pour se dérouler ainsi. Il suffit de lire, mais le veut-on ? L’ouvrage de Gene Sharp qui décrit par le menu comment faire une révolution non violente et la réussir... Nous y trouverons tous les symptômes constatés dans les révoltes légitimes tunisiennes et égyptiennes, libyennes et qui, rapidement, ont été « prises en charge ». Dans cet ouvrage, Gene Sharp décrit les 198 méthodes d’actions non violentes susceptibles d’être utilisées dans les conflits en vue de renverser les régimes en place. Parmi elles, notons la fraternisation avec les forces de l’ordre, les défilés, les funérailles massives en signe de protestation, les messages électroniques de masse, les supports audiovisuels, les actes de prière et les cérémonies religieuses, l’implication dans le nettoyage des places publiques et des endroits qui ont été la scène de manifestations, l’utilisation de slogans forts (comme le « Dégage » ou « Irhal »), des logos (comme le poing fermé), des posters avec les photographies des personnes décédées lors des manifestations et une certaine maîtrise de l’organisation logistique : « Cette brillante application des théories de Gene Sharp fut suivie par d’autres succès retentissants : Géorgie (2003), Ukraine (2004) et Kirghizistan (2005). » (5)

    Le double jeu d’Ennahda

    Il y a deux ans, juste après l’avènement de la révolution du Jasmin nous écrivions : « Le peuple tunisien nous donne en ce moment même la plus belle leçon de l’Histoire du Maghreb postcolonial. Ce peuple longtemps étouffé et terrorisé cependant ne veut plus se laisser faire. La jeunesse des quartiers populaires, qui voit tous les horizons se boucher devant elle. Il n’accepte plus ces règles du jeu iniques où les gagnants sont toujours les mêmes. On se souvient que Bourguiba était fasciné par Ataturc au point, dit-on que même le drapeau tunisien présente des similitudes avec le drapeau turc. Il semble que les Turcs ne veulent pas de cette proximité. « Recep Tayyip Erdogan n’a jamais apprécié la comparaison des idées du Parti de Rached Ghannouchi aux siennes. (...) Lors de la visite du Premier ministre turc Erdogan en Tunisie, il n’hésita pas à éviter de serrer la main à Rached Ghanouchi qui l’attendait à l’aéroport de Tunis. (...) » (6) (7)

    Cependant, on s’aperçoit que le parti Ennahda n’est pas si orthodoxe dans ses méthodes. Il semble qu’il a fait appel à des financements étrangers. « Dans tout cet imbroglio, on apprend qu’Israël est le premier mécène du Parti Ennahda. On peut s’interroger sur la raison d’un tel pacte. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a fait un don de 12 millions d’euros à Rached Ghannouchi par l’intermédiaire de la Banque Rothschild. (...) Les États-Unis d’Amérique sont le deuxième généreux donateur au Parti Ennahda avec 5 millions d’euros versés aux extrémistes. (...) Mais à quoi jouent les Américains ? Financer leur probable futur ennemi ? La stratégie américaine est de constituer un Grand-Orient intégriste partant d’Alger pour aller jusqu’au Pakistan permettant ainsi aux États-Unis de piller plus facilement les ressources en phosphore tunisiennes comme les ressources pétrolifères de Libye ou du Bahreïn. » (6) (7)

    On dit que le pouvoir est maintenant conscient du danger salafiste djihadiste et a rompu avec les thèses de Rached Ghanouchi qui, longtemps, ont minimisé ce danger. « Les salafistes sont nos enfants, ils annoncent une nouvelle culture », a souvent répété le leader d’Ennahda. Enfin, ce qui ne gâte rien des affaires de corruption au sommet de l’Etat : la Tunisie, lit-on sur le site Médiapart, qui entre dans la cour des grands a aussi ses scandales en gates ! La personne présumée coupable du fameux Shertongate n’est autre que le ministre des Affaires étrangères, par ailleurs gendre du gourou islamiste, Rached Ghanouchi. Passons sur l’affaire à la DSK révélée et reprise en boucle par tous les médias, qui ne nous intéresse pas trop ici, et posons-nous plutôt des questions sur un « don » de un million de dollars de la Chine qui aurait atterri sur son compte personnel. » (9)

    Assurément le peuple tunisien est tiraillé entre deux projets de sociétés aux antipodes l’un de l’autre. De plus et pour son malheur les hommes politiques qui le dirigent puissent plus à se maintenir au pouvoir qu’à réellement donner une perspective de sortie à ce peuple harassé et qui ne demande qu’à vivre dans la dignité . Il faut espérer que le peuple tunisien s’en sorte. Pour cela, en tant qu’Algériens, nous avons un devoir de solidarité au-delà du tourisme. La stabilité de la Tunisie contribuera certainement à l’avènement de la paix dans notre région. La coopération multidimensionnelle devrait, de mon point de vue, dépasser les simples relations commerciales et s’inscrire dans la conviction d’un destin commun toute chose que nous aurions souhaitée à l’époque de la part de nos frères maghrébins.

    1. http://www.legrandsoir.info/tunisie...
    2. http://french.news.cn/afrique/2012-...
    3. http://www.tunisie.fr/2012/09/03/bi...
    4. Antoine Lerougetel 05 décembre 2012 http://www.mondialisation.ca/tunisi...
    5. http://french.irib.ir/analyses/item... printemps-arabe,-par-chems-eddine-chitour ?tmpl=component&print=1
    6. http://www.mondialisation.ca/pitre-...
    7. http://www.agoravox.fr/actualites/i...
    9. http://blogs.mediapart.fr/blog/medi...

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/166617-la-persistance-du-chaos.html
    avatar
    CHARPAL


    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par CHARPAL Dim 6 Jan - 18:51

    Il était illusoire, même si nous en avons rêvé,de croire qu'en quelques mois des pays comme la Tunisie ou l'Egypte,s'émanciperaient vraiment et verraient la situation de leurs peuples s'améliorer sur tous les plans .

    Dès le début des événements le Monde Diplomatique, dans des articles très pertinents,avait insisté sur les problèmes économiques qui guettaient ces pays au point de risquer fortement ,hélas,d'entrainer l'échec de la démarche entreprise.

    Ces pays auraient eu besoin, en urgence, de l'équivalent d'un plan Marchal, pour se redresser et assurer l'avenir de leur population.

    Malheureusement, l'ultra libéralisme écrase tout avec son logiciel mortifère de partage des richesses. Le FMI, la Banque Mondiale, les banksters et autres grosses multinationales, leurs caniches (les USA et l' Union européenne) sont prêts à soutenir ces pays comme la corde soutient le pendu.

    Ils sont prêts à les " aider " , c'est à dire à les enfoncer toujours plus dans la misère, à leurs conditions, qui sont abjectes : livrer leur pays aux multinationales, massacrer ce qui reste chez eux de services publics, détruire tout esprit de solidarité, faire travailler les gens pour des clopinettes, laisser corrompre une élite complice des vautours de la sauvagerie économique etc ...

    Alors que ces peuples ont besoin de services publics ( éducation, hôpitaux et dispensaires) de manger à leur faim et de produire pour eux mêmes les produits dont ils ont besoin pour vivre décemment.

    Tout ce qui peut leur être proposé comme feuille de route par " l' extérieur " correspond exactement au contraire de ce dont ils ont besoin pour trouver une issue vers le haut au marasme qu'ils connaissent.

    Les remèdes proposés par la "communauté internationale" , qui ressemble plutôt à une mafia, sont les mêmes exactement que ceux proposés il y a 15 ou 20 ans par les mêmes aux pays d'Amérique du Sud.

    Les résultats ont été spéctaculaires : une infime minorité s'est gavée de fric et les 99% ont plongé dans une misère noire !

    Heureusement, certains pays ( L'Argentine, l' Uruguay, l'Equateur, la Bolivie, le Vénézuela ...) ont envoyé promener les recettes ultra libérales et s'en portent beaucoup mieux.

    Il n'est pas évident, même si c'est souhaitable, que la Tunisie à court et moyen terme, puisse faire de même.

    Les risques sont connus et observables: misère galopante, récupération par les extrêmistes religieux, exploitation de l'insécurité créée par la misère par la police et l'armée et retour à la case départ : instauration d'un régime autoritaire et fascisant.

    Ce schéma est le même partout . En Europe la misère qui va s'étendre encore du fait des politiques idiotes d'austérité, risque de déboucher sur une Europe de fachos.

    Le pire n'est pas toujours sûr, mais il doit être envisagé.
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Dim 6 Jan - 22:19

    oui, Charpal, mais le plan Marchal était une stratégie capitaliste,extérieure, mise en place pour éviter que l'occident ne bascule dans les bras des communistes .
    Dans le Monde Libertaire Hors Série de cette fin d'année, une analyse politico-économique met en évidence les problèmes rencontrés, avec notamment le maintien au pouvoir, d'une partie de l'ancienne équipe de ben Ali ( par exemple;Abdelwahab Ben Ayed ancien membre du bureau national du RCD de Ben Ali qui a été promu dans l'administration centrale de la Banque centrale tunisienne).Politiquement, le paysage n'a pas changé radicalement ( hormis l'éviction du dictateur et de ses tortionnaires ), mais des forces nouvelles émergent, particulièrement un mouvement anarchiste porteur d'énergie radicale.Il est composé de militants marxistes non autoritaires, d'anarcho-syndicalistes, d'anarchistes,..Il a des ramifications dans le mouvement syndical au travers de l'UGTT et de l'Union des diplômés chômeurs ( UDC )coude à coude avec les étudiants et chômeurs.
    Beaucoup de luttes, espérons-le, à venir et à soutenir ( rappelons que la seule grève générale date de 1978 avec l'arrestation de tous les membres du bureau national de l'UGTT )

    Pour terminer, il ne faut pas oublier le caractère stalinien des partis de gauche; le PCOT a longtemps soutenu le modèle du PC albanais et n'a jamais proposé un autre modèle qu'une sorte de capitalisme d'Etat, dans lequel un mystérieux " capital national" est vanté, mélange de léninisme , de social-démocratie et de simple confusion abstraite.Le Front Populaire, récemment créé, qui rassemble plusieurs partis gauchistes, doit complètement revoir cette histoire, ou répéter els mêmes erreurs dogmatiques.
    avatar
    CHARPAL


    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par CHARPAL Lun 7 Jan - 13:32

    D'après toi, bye " le plan Marchal était une stratégie capitaliste,extérieure, mise en place pour éviter que l'occident ne bascule dans les bras des communistes ."

    C'est sans doute en partie vraie , mais un des mérites du bloc de l'Est, objectif et dialectique, et sans doute le seul , c'est qu'il a flanqué la trouille aux capitalistes de combat les plus réacs.

    Bien entendu, je n'ai jamsi adhéré au stalinisme et au maoïsme, que je considère comme du " fascisme rouge ", mais il faut reconnaître d'un point de vue factuel que lorsque le camp soi disant "communiste" s'est éffondré, c'est la version la plus sauvage et la plus déjantée du capitalisme qui est entrée en piste : la dictature des marchés, la barbarie financière, les inégalités sociales abyssales et absurdes etc ...

    Je ne suis pas partisan personnellement, du tout ou rien face au capitalisme.

    La peur est le commencement de la sagesse. Quand les capitalistes ont la trouille et que le rapport de force les oblige à reculer, ils font des concessions importantes, voire très importantes.Et il n' y a aucune raison de ne pas saisir toutes les opportunités d'améliorer le sort des peuples. Comme on dit de façon triviale: c'est toujours ça de pris,( que les rentiers parasites n'auront pas) !

    Il valait mille fois mieux, en attendant l'édificationd'une société idéale, ( qu'on ne verra sans doute jamais, mais qui a l'intérêt, outre de stimuler nos neurones, d'indiquer une direction positive ), vivre aux USA et en Europe au milieu des années 60 ( plein emploi, services publics et prestations sociales de qualité,circulation des biens et des capitaux en liberté (très ) surveillée etc...) que maintenant ( chômage de masse, clochardisation des peuples, massacre des services publics, guerre économique à outrance entre les hommes, inégalités abyssales etc ...).

    Quoi qu'il en soit, pour en revenir au plan Marchal, peu importe dans une certaine mesure, les arrière pensées. Sans lui les pays d'Europe n'auraient pas pu se relever de leurs ruines.

    Il en est de même du débarquement américain en juin 44. Les dirgeants US avaient la tête farcie d'arrières pensées, il n'empêche qu'objectivement tout le monde en a été bien content, sans se faire d'illusion néanmoins, car sans eux on aurait marché au pas de l'oie pendant des décennies.

    Dans mon message, je mettais l'accent sur ce que " l'extérieur " par définition ultra libéral, voulait imposer comme remèdes aux pays arabes, alors qu'il s'agit de poisons pour le peuple.

    Tu mets l'accent sur les problèmes intérieurs ce qui est une autre question, très liée à la première je le reconnais et cruciale aussi.

    Et comme tu connais mieux la question que moi, je t'ai lu avec attention. C'est sans doute ces faiblesses , ces archaïsmes et ces divisions qui vont retarder considérablement l'émancipation de ce pays , voire le faire basculer dans un obscurantisme religieux totalitaire.

    Les pays d'Amérique du Sud que j'ai cités s'en sont assez bien sortis jusqu'à maintenant, parce qu' ils disposaient d'importantes " réserves de citoyenneté ", c'est à dire de gens ayant un niveau de conscience et de culture politiques suffisant pour éviter les pièges dans lesquels les tunisiens risquent hélas de tomber.

    C'est pourquoi l'équivalent d'un plan Marchal,( je dis bien l'éqivalent et pas un copier-collé)se heurte au dogme ultra libéral, mais aussi au fait que le peuple tunisien ne dispose pas actuellement d'une "élite" citoyenne suffisamment importante pour le mettre en oeuvre.

    C'est pourtant la seule solution pour que ce pays ne se jette pas dans les bras du fascisme religieux.

    Qu'il s'agisse de fascisme noir, de fascisme rouge ou de fascisme vert (peu importe la couleur ...)c'est toujours la même problématique : ne pas éradiquer la misère, c'est faire le lit de ce que, dans mon jargon personnel, j'appelle le
    "fascisme polymorphe".
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Lun 7 Jan - 17:16

    C'est vrai que la situation politique n'est pas facile: on a constaté en Iran, après le renversement du shah, que les mouvements progressistes, avec les femmes au 1° rang, ont été vite balayés.
    Que dire si, pour certaines d'entre elles, leur orientation sexuelle est l'homosexualité!

    Dans les autres pays comme la Tunisie, l'Egypte,..la situation n'est pas meilleure.
    Mais , ce qui n'est pas toujours su ( car les médias s'y intéressent assez peu), des mouvements laïcs, révolutionnaires, ..sont très vivaces; en espérant qu'ils ne seront pas interdits ou muselés par les islamistes qui prennent la place laissée vide par l'usurpateur.

    Je suis plus réservé quant aux mérites des politiques appliquées dans les pays du bloc de l'Est: c'était carrément la dictature. Celle-ci disparue, la dictature des marchés l'a remplacée, tout à fait d'accord.
    Au milieu de tout cela, les peuples sont ballotés, manipulés,..

    Quant au plan Marshall, il a surtout profité au capitalisme américain; de plus, il était doublé à l'origine d'une tentative de mise en place en France, d'un régime pro-américain ( avec le général Giraud comme exécutant de la volonté américaine ); c'est-à-dire que les avantages obtenus par les populations concernées pouvaient servir de monnaie d'échange à une politique impérialiste en redéploiement.
    Ce n'est que point de vue, et je comprends ce que tu écris, Charpal.
    avatar
    CHARPAL


    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par CHARPAL Mar 15 Jan - 21:33

    Je suis un fervent lecteur du Monde Diplomatique et j'en recommande la lecture à tous ceux qui veulent savoir ce qui se passe vraiment dans le monde, notamment au plan économique et social.

    Mais qui aime bien châtie bien.

    Je n'ai pas apprécié du tout, dans le numéro de janvier, l'article d' un certain Ben Abdallah El-Alaoui intitulé " Monarchies arabes la prochaine cible des
    soulèvements ? ".

    Ce monsieur, qui se penche sur la situation de la Tunisie, de l' Egypte et de la lybie, a recours à une arnaque révoltante consistant à décréter que l'égalité des sexes, la liberté d'opinion et d'expression en matière religieuse, la laïcité, sont des méfaits abominables de l'Occident.

    Dans son article, il en a plein la bouche de " l'occident " !

    Ce procédé relève de l'escroquerie intellectuelle. Vous voulez la dignité de la femme, la liberté de pensée en matière religieuse, que la religion ne commande pas tout dans votre vie ? Vous êtes complices des " occidentaux ". Circulez il n' y a rien à voir !

    Il ne vient pas une seconde à l'esprit de cet intellectuel à deux balles, que la liberté de conscience, l' égalité hommes -femmes , la séparation de l' Eglise et de l' Etat ( qu'il s' agisse d'islam ou de n'importe quelle religion) ne sont pas des lubies occidentales sataniques, mais des valeurs UNIVERSELLES !

    Qu'il y a dans tous les pays du monde, absolument sans aucune exception, des hommes et des femmes qui rêvent de vivre sous les auspices de ces valeurs qu' ils considèrent eux mêmes comme UNIVERSELLES !

    Que ce triste sire lise les ouvrages de Taslima Nasreen, cette femmes médecin du Bengladesh qui ne souhaite qu'une chose : l'égalité homme-femme, vivre dans un état laïc où l' Islam et l'Etat seront séparés.

    Taslima qui a mis sa vie en danger pour combattre l'obscurantisme n'est pas
    " occidentale " comme le radote l'intellectuel bidon, mais une femme, tout simplement, un être humain membre de l'Humanité et qui veut vivre debout !

    Je voudrais bien voir El-Alaoui dans un débat avec Taslima Nasreen : il ne tiendrait pas 30 secondes.

    Je compte sur les démocrates progressistes de ces pays, mais aussi et peut-être encore plus sur les femmes pour clouer le bec de tous les El-Alaoui du monde qui sont des racistes purs et simples, eux qui veulent opprimer et avilir la moitié de l'humanité.

    NB : le Monde Diplomatique reste, malgré tout, un journal incontournable dans le désert de la désinformation actuelle, mais je ne sais pas ce qui leur a pris
    "d' héberger " un zozo pareil.
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 9 Fév - 10:04

    Chokri Belaïd, combattant de la liberté, défenseur des droits de l’homme et des valeurs démocratiques, farouche adversaire de la violence politique... Assassiné !
    MOURAD SELLAMI | ELWATAN.COM | VENDREDI 8 FÉVRIER 2013
    vendredi 8 février 2013

    Chokri Belaïd : la voix qui dérange
    Mourad Sellami | elwatan.com | vendredi 8 février 2013



    Avec l’assassinat, mercredi 6 février, de Chokri Belaïd, la violence politique en Tunisie a atteint un seuil dangereux. Mais pourquoi lui ? Pour répondre à cette question, il a fallu faire le tour de la classe politique, aussi bien sa famille, ses amis que ses détracteurs. En posant la question à son épouse Besma, elle répond fièrement : « C’est celui qui n’a pas peur de dire la vérité, même si elle dérange. » La veuve rappelle que « ce n’est pas par hasard que Chokri a été ciblé par des prêches incendiaires dans les mosquées de dirigeants islamistes comme Habib Ellouze » (membre de l’Assemblée nationale constituante et l’un des faucons d’Ennahda).

    Des propos similaires sont repris par Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire (l’alliance de dix partis, dont celui des Patriotes démocrates dirigé par Chokri Belaïd). Hamma souligne que « Chokri dérange car la tonalité de ses propos atteint directement ses auditeurs ». Il explique que « l’aspect direct de ses discours est accessible à son public, notamment les classes laborieuses, dont il partage les soucis ». Hamma justifie la rancœur des islamistes radicaux à l’encontre du « martyr » par le fait que « cette même population soit la cible privilégiée pour l’embrigadement par ses adversaires djihadistes. D’où la gêne qu’il leur cause et la haine qu’ils ont contre lui ». Du côté de ses détracteurs, le membre du conseil de la choura d’Ennahda, Hichem Laâreyedh, dit « respecter ce leader de la vie politique tunisienne malgré les différences entre nos idéologies respectives ». Il considère que « sa mort est une perte pour la Tunisie ».

    Le parcours du militant

    Le militant qu’est Chokri Belaïd est né le 26 novembre 1964 à Jebel Jeloud, dans les environs de Tunis. Son père est originaire de la zone de Sidi Abid, à Boussalem dans le gouvernorat de Jendouba, au nord-ouest de la Tunisie. Selon ceux qui l’ont connu, le jeune Chokri s’est imprégné de la pensée patriotique démocratique à partir du secondaire, quand il a commencé à fréquenter les cercles clandestins du mouvement. A l’université, qu’il a intégrée durant la deuxième moitié des années 1980, il brille grâce à ses qualités hors pair d’orateur et devient un virulent adversaire des islamistes qui commencent à élargir leur influence sur la sphère estudiantine, après des décennies de domination de la pensée de gauche.

    En 1988, lors du 18e congrès extraordinaire de l’Union générale des étudiants de Tunisie, Chokri Belaïd est un candidat potentiel pour diriger cette organisation. Mais les tractations politiciennes lui préfèrent Samir Laâbidi, candidat indépendant et plus conciliant avec le pouvoir de Ben Ali en place. Quoi qu’il en soit, le leader Watad (patriotique démocratique) a marqué de son empreinte les trois années de sa mandature au bureau exécutif de l’organisation estudiantine. Par la suite, cet opposant radical a terminé son master de droit à Paris aux débuts des années 1990 pour accéder directement au barreau, sans passer par l’examen très sélectif du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA).

    De retour en Tunisie, il intègre le barreau et brille par ses plaidoiries dans les procès politiques, ce qui lui a valu pas mal de tracas avec le régime en place. Il fait l’objet d’un enlèvement, en compagnie de Me Abderraouf Ayadi, par les sbires du régime déchu, quelques jours avant le 14 janvier 2011. Après la chute de Ben Ali, l’avocat et militant démocratique poursuit son combat. Sa femme dit de lui qu’il n’avait jamais peur et qu’il croyait fermement aux ressources du peuple tunisien. « Il se savait menacé. Pourtant, il poursuivait le combat avec la même ferveur », n’a-t-elle cessé de répéter depuis son assassinat. Humainement parlant, la veuve Besma dit que Chokri Belaïd était très proche de ses deux filles, de 7 et 9 ans, dont il suivait la scolarité.

    Loin de tout machisme que laissent inspirer ses moustaches à la Staline, le défunt avait l’habitude d’aider son épouse en cuisine et ne rechignait pas aux tâches ménagères. De l’avis de tous, partisans et détracteurs, la Tunisie a perdu un combattant de la liberté.

    Mourad Sellami


    Les nations Unies condamnent l’assassinat de Chokri belaïd
    | tunisienumerique.com | mercredi 6 février 2013


    La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Navi Pillay a condamné mercredi l’assassinat de Chokri Belaïd, secrétaire général du Mouvement des patriotes démocrates et l’un des dirigeants du Front populaire.

    « J’ai été extrêmement attristée par la nouvelle choquante du meurtre de M. Belaïd », a déclaré Navi Pillay.

    « M. Belaïd était un grand défenseur des droits de l’homme et des valeurs démocratiques, et un farouche adversaire de la violence politique, qu’il avait publiquement critiquée, hier encore, comme « une attaque contre le processus démocratique dans le pays » ».

    La victime a été abattue mercredi matin, alors qu’elle quittait son domicile à Tunis.

    « Ce crime a été commis dans un contexte de violence politique croissante, dont des attaques contre les locaux et les réunions de partis politiques et le meurtre d’un autre dirigeant politique dans le Sud de la Tunisie en octobre dernier », a déclaré Mme Pillay.

    « Je condamne fermement ces actes qui, comme M. Belaïd l’avait lui-même dit très clairement, menacent de porter gravement atteinte à la transition démocratique dans la Tunisie postrévolutionnaire. J’appelle tous les acteurs tant du gouvernement que de la société civile à s’unir fortement derrière la campagne de M. Belaïd contre la violence politique. Ceci permettrait, au moins, de lui rendre un hommage digne pour son travail inestimable accompli en tant que défenseur des droits de l’homme et opposant à la violence. »

    Navi Pillay a appelé les autorités à prendre des mesures rigoureuses afin d’enquêter sur son meurtre et d’autres crimes apparemment commis pour des raisons politiques et à fournir une meilleure protection aux personnes qui, comme Chokri Belaïd, ont été menacées et sont manifestement en danger.

    Source communiqué





    Ennahda pris à son propre piège : affrontements à Gafsa, Sfax et Tunis
    Salim Mesbah | elwatan.com | vendredi 8 février 2013

    La Tunisie fait face à plusieurs troubles après l’assassinat d’un opposant politique. Les islamistes sont accusés du meurtre.

    La Tunisie vacille et Ennahda, parti majoritaire, est dans l’embarras après l’assassinat par des inconnus de l’homme politique et avocat, Chokri Belaïd, par balle. Le parti islamique est désormais accusé, nommément par une partie de la population, d’être l’instigateur de ce meurtre. En réalité, Ennahda est pris au piège, d’une part, par les salafistes, qui constituent sa frange la plus radicale, et d’autre part, par les nostalgiques de l’ancien régime qui tentent de saboter l’expérience démocratique, née du départ du président Ben Ali. Les salafistes, réprimés sous le régime de Ben Ali, ont reconquis l’espace public au lendemain de la révolution et multiplient, depuis, les coups d’éclat et les provocations : une chaîne de télévision saccagée, des débits d’alcool attaqués, des postes de police incendiés, sans compter les divers actes d’intimidation dirigés contre la population.

    Face à cette vague de violence, les réactions des dirigeants d’Ennahda, le parti islamiste qui domine le gouvernement, se font rares. Car les principaux dirigeants fondateurs, à leur tête Rached Ghannouchi, semblent hésiter dans l’attitude à suivre pour gérer la question de l’islamisme radical. D’ailleurs, le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, avait cherché le dialogue avec les salafistes afin de ne pas retomber dans « l’oppression, la torture, l’emprisonnement » qui caractérisaient le régime de Ben Ali. « Les chasser et les pourchasser ne fera qu’augmenter leur exclusion et radicaliser leur engagement », avait-il ajouté, selon l’AFP.

    En réalité, le leader historique du parti craint par-dessus tout qu’une répression l’associe au régime autocratique du président Ben Ali et provoque la radicalisation de cette frange autoritaire. Il n’en demeure pas moins que le parti au pouvoir est dans une attitude purement politique, alors que les salafistes sont uniquement guidés par la morale religieuse et souhaitent avant tout une islamisation en profondeur de la société tunisienne.

    Rupture

    Autant de divergences qui vont pousser à une rupture entre les deux tendances de l’islamisme. En attendant, la journée d’aujourd’hui a connu une série de troubles qui ont touché de nombreuses villes du pays. Par ailleurs, les islamistes d’Ennahda ont rejeté hier la formation d’un gouvernement de technocrates suggérée par le Premier ministre, Hamadi Jabali, un islamiste modéré, et l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a annoncé une grève générale pour aujourd’hui, jour des funérailles de l’opposant assassiné.

    En outre, des heurts ont opposé quelques centaines de manifestants et policiers à Tunis et Gafsa, après les graves violences qui ont eu lieu mercredi et qui ont fait un mort dans les rangs de la police. Des mesures ont été annoncées par le gouvernement tunisien pour éviter des troubles. Le ministère tunisien de l’Enseignement supérieur a décidé la fermeture des universités sur tout le territoire national à partir d’aujourd’hui, et ce, jusqu’à lundi, alors que les enseignants étaient en grève sur le campus de la Manouba, bastion de la gauche près de Tunis. De même pour les avocats et magistrats qui se sont mis en grève dès hier pour dénoncer le meurtre de l’opposant Chokri Belaïd, un avocat défenseur des droits de l’homme. Face au risque de troubles, certaines ambassades ont demandé à leurs ressortissants une plus grande vigilance, à l’image de l’ambassade de France qui a appelé à la prudence et annoncé la fermeture des écoles françaises aujourd’hui et demain.

    Personnalités politiques à abattre...

    Par ailleurs, une liste de personnalités politiques à abattre aurait été découverte par les services de sécurité, rapportent les médias du pays. L’UGTT a d’ailleurs annoncé que son secrétaire général, Houcine Abbasi, avait reçu hier une menace de mort anonyme par téléphone dans la journée, ainsi que le leader démocrate Nejib Chebbi qui aurait été prévenu qu’il est sur la liste des hommes à abattre.

    Salim Mesbah

    Tunisie : « Nous pouvons nous contenter de pain et d’eau, mais débarrassez-nous d’Ennahda »
    Pierre Puchot | mediapart.fr | vendredi 8 février 2013


    De notre envoyé spécial à Tunis.

    « Aujourd’hui, nous avons brisé un tabou. » Dans l’enceinte du cimetière de Jallez, à Tunis, des dizaines de femmes se sont mêlées à la foule venue rendre un dernier hommage à Chokri Belaïd. « Normalement, les femmes n’ont pas le droit d’assister à l’enterrement, on doit attendre le lendemain pour rendre hommage au défunt », glisse la journaliste tunisienne Amel Benhadj Ali. La présence des femmes à l’enterrement était l’une des demandes de l’épouse de l’opposant assassiné mercredi 6 février à Tunis.

    Au cimetière de Jellaz, arrivée du corps de Chokri Belaïd et de sa famille© Pierre Puchot
    En ce jour de prière et de grève générale particulièrement suivie (aucun vol depuis l’aéroport de Tunis et peu de magasins ouverts), les rues du centre-ville Tunis étaient désertes. Mais entre chants, colère et jets de gaz lacrymogène, l’enterrement de l’opposant Chokri Belaïd aura rassemblé plusieurs dizaines de milliers de Tunisiens. Dès midi, des centaines de personnes étaient perchées sur la colline qui abrite les tombes du cimetière de Jallez.

    « Nous pouvons nous contenter de pain et d’eau, mais débarrassez-nous de Ghannouchi (le chef du parti Ennahda au pouvoir – ndlr) », scandaient notamment les manifestants, qui ont accompagné le défunt jusqu’à la salle des prières du cimetière. En robe, les avocats ont également défilé en tête du cortège, qui prenait alors davantage les allures d’une communion nationale que d’une démonstration de l’opposition politique. Scandé de manière sporadique, le fameux « Dégage ! » se faisait bien rare. « Martyr, repose-toi, nous poursuivons ton combat », a scandé la foule au passage du défunt.



    Au cimetière de Jellaz, arrivée du corps de Chokri Belaïd et de sa famille© Pierre Puchot
    La colère contre le gouvernement, accusé notamment d’avoir encouragé la violence politique ces derniers mois, était toujours bien présente. « L’assassinat de Chokri Belaïd confirme mes craintes, explique Sophia Baraket, 29 ans, photographe. On est ici en plein dans les pratiques d’Ennahda, le laisser faire et la manière dont ils font, ou plutôt ne font pas, de la politique. Les dirigeants se disent partisans d’un islam modéré ? Mais ils sont incapables de dialoguer avec les autres partis, sauf avec les branches les plus extrémistes, les djihadistes, qu’ils ont ménagés pendant longtemps. » Et la jeune femme de citer le communiqué du djihadiste Abou Ayadh, qui appelle Ennahda à rejoindre son organisation, Ansar el Charia, pour un « front musulman… » « Ici, je parle bien du gouvernement, tous les militants ne suivent pas cette ligne, tempère toutefois Sophia Baraket. Une chose est sûre : Ennahda a été élu, ils ont eu leur chance, mais ils ont prouvé qu’ils n’étaient pas faits pour gouverner la Tunisie. Ils doivent partir ! »

    À Kasserine : « La solution ne peut être que politique. »
    Ce vendredi, c’est toute la Tunisie qui a suivi l’enterrement de Chokri Belaïd. « J’étais choqué par le meurtre, comme toute la ville, explique Ridha Abbassi, maire adjoint de Kasserine, nommé par le population, qui fut des toutes premières manifestations contre le dictateur Ben Ali. Nous sommes dans un virage qui va décider du sort de la Tunisie. Il y a des gens qui n’attendent que cela pour profiter du chaos et piller, saccager ce qu’ils peuvent. Je suis très triste, comme les habitants de ma ville, qui ont organisé des marches et ont défilé, qu’ils soient politisés ou non. »

    À Tunis, les voitures qui brûlent devant le cimetière témoignent de la colère de la population contre le parti Ennahda, dont elle ne comprend plus les choix politiques. « J’étais heureux d’entendre le premier ministre annoncer un gouvernement de technocrates, nous explique Ridha Abbassi. Et puis, finalement, ils ont dit non. Cela prouve qu’ils sont plus accrochés à leurs ministères qu’ils ne se soucient de la Tunisie. Je suis triste. »

    Devant le cimetière de Jellaz© Pierre Puchot
    L’heure était davantage au recueillement qu’aux discussions politiques ce vendredi. Pourtant, l’urgence d’une recomposition politique apparaît comme une évidence : « C’est un moment très dangereux, juge la photographe Sofia Baraket. La coalition qui est en train de se former avec Nida Tounes menace aussi de nous renvoyer dans une nouvelle version de l’ancien régime, avec un grand parti unique. La diversité politique, c’est un acquis de la révolution. Aujourd’hui, même si je n’avais pas voté pour lui avant, j’espère que Hamma Hammami, du Front populaire, restera de son côté. Autrement, je n’aurais personne pour qui voter. »

    De Kasserine, Ridha Abbassi observe avec un certain scepticisme le regroupement des forces face à Ennahda : « Je suis heureux qu’une coalition puisse faire contrepoids à Ennahda aujourd’hui, mais cela reste très flou. Et il ne faut pas seulement dire « dégage », ni écouter les gens qui font de l’agitation, comme Béji Caïd Essebsi (ancien premier ministre et dirigeant de Nida Tounes – ndlr), sans rien proposer. Il faut une solution politique ! Nous n’allons pas retourner en arrière, nous ne sommes plus le 14 janvier 2011 ! Il faut que des personnes responsables s’assoient ensemble autour d’une table pour, ensemble, trouver la solution politique de transition vers de nouvelles élections. C’est le seul moyen d’en sortir. Hier, la ville était vide. Nous attendons, maintenant, nous espérons, que tous les dirigeants montreront enfin un peu de bon sens. »



    Dans le cimetière de Jellaz, à Tunis© Pierre Puchot
    Deux ans après la révolution tunisienne, les bouleversements en cours influent profondément sur la société tunisienne. De là à voir une bipolarisation laïcs-religieux, comme une partie de la presse tunisienne proche de l’opposition s’en fait l’écho ? « État laïc, État religieux ? Cela ne veut rien dire en Tunisie, proteste Sophia Baraket. Nous ne sommes pas en France ou en Arabie saoudite. Tous les Tunisiens, ou presque, sont musulmans. Ce qui a changé avant cet assassinat, c’est le climat et la pression que fait peser la partie extrémiste de la société sur une autre, plus modérée. Il faut lire les pages Facebook de certains militants nadhaouis, qui se réjouissent du meurtre de Chokri Belaïd et qui insistent pour qu’il ne soit pas enterré dans un cimetière musulman. Combien sont-ils aujourd’hui à penser comme ça parmi les militants d’Ennahda ? Une minorité, certes. Mais leur violence doit cesser très vite. »

    En milieu d’après-midi, les policiers arrosaient copieusement de gaz lacrymogènes les manifestants, mais aussi les casseurs qui s’étaient rassemblés dans le centre-ville. Ancienne journaliste d’El Fajr, le journal d’Ennahda, et « toujours proche de l’organisation », Nessrine, 27 ans, n’a pas assisté à l’enterrement de Chokri Belaïd. Mais elle s’avoue « consternée ». « Clairement, j’avais toujours pensé que ce qui pouvait nous arriver de pire, en Tunisie, c’est d’être divisés entre citoyens, entre musulmans. Aujourd’hui, par la faute des criminels qui ont tué Chokri Belaïd, nous sommes en train de nous couper en deux, de couper la Tunisie en deux. En même temps, ils faut raisonner un peu : quel dirigeant d’Ennahda avait intérêt à ce qui est arrivé ? Personne, bien entendu. Il faut que tout le monde revienne à la raison et qu’un gouvernement sans les partis politiques émerge, très vite. »


    http://www.elwatan.com/international/chokri-belaid-la-voix-qui-derange-08-02-2013-202552_112.php
    avatar
    CHARPAL


    Masculin
    Nombre de messages : 434
    Emploi/loisirs : Refaire le monde(sans prétention).Voir : refairelemonde.unblog.fr
    Humeur : en colère face aux injustices notamment sociales
    Date d'inscription : 15/11/2009

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par CHARPAL Ven 15 Fév - 18:57

    Cet assassinat est naturellement odieux et n'est pas une bonne nouvelle pour l'avenir de la révolution citoyenne entreprise.
    Tout espoir n'est pourtant pas perdu, car la foule immense présente aux obsèque de Chakri Belaïd en témoigne, il y a dans le peuple tunisien de nombreux hommes et de nombreuses femmes qui ne veulent absolument pas construire une nouvelle société sur des bases archaïques et fanatiquement religieuses.
    Des millions de citoyens refusent l'obscurantisme. Espérons que les hommes et femmes de bonne volonté l'emporteront sur les autres, capables du pire.
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Dim 21 Avr - 19:16

    Forum social mondial de Tunis : 1 déclaration de femmes + 1 Charte contre les Grands Projets inutiles et/ou imposés
    ASSEMBLÉE DES MOUVEMENTS SOCIAUX | CADTM.ORG - ADEQUATIONS.ORG | VENDREDI 5 AVRIL 2013
    dimanche 14 avril 2013

    Charte de Tunis (*) adoptée au FSM de Tunis le 29 mars 2013
    Assemblée des mouvements sociaux | cadtm.org | vendredi 5 avril 2013
    Déclaration de la dynamique femmes internationale à l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial
    Qui | adequations.org | vendredi 5 avril 2013




    haut de page



    Charte de Tunis (*) adoptée au FSM de Tunis le 29 mars 2013
    Assemblée des mouvements sociaux | cadtm.org | vendredi 5 avril 2013

    Forum contre les Grands Projets Inutiles Imposés

    Nous, citoyennes et citoyens, associations et mouvements en lutte contre des Grands Projets Inutiles Imposés,

    Nous constatons que :

    - ces projets constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain : destruction de zones naturelles, de terres agricoles et du patrimoine bâti, nuisances et dégradation de l’environnement avec des impacts négatifs importants pour les habitants,
    - ces projets n’intègrent jamais la participation effective de la population à la prise des décisions, et la privent de l’accès aux medias,
    - face au profond désaccord social que ces projets suscitent, les gouvernements et les administrations agissent dans l’opacité et traitent avec mépris les arguments et propositions des citoyens,
    - la justification officielle de la réalisation de ces nouvelles infrastructures et équipements se fait systématiquement sur des hypothèses fausses d’évaluation coûts/bénéfices et de création d’emplois,
    - la priorité octroyée aux grands équipements se fait au détriment des besoins locaux,
    - ces projets s’inscrivent dans une logique de concurrence exacerbée entre les territoires et impliquent une fuite en avant vers toujours « plus grand, plus vite, plus coûteux, plus centralisateur »,
    - le système économique libéral qui domine le monde est en crise profonde, les Grands Projets Inutiles Imposés sont un des instruments qui garantissent des profits exorbitants aux grands groupes industriels et financiers, civils et militaires, désormais incapables d’obtenir des taux de profits élevés sur des marchés globaux saturés,
    - la réalisation de ces projets inutiles, toujours à charge des budgets publics, produit une énorme dette, ne génère aucune reprise économique, concentre la richesse et appauvrit les sociétés,
    - ces grands projets permettent au capital prédateur d’augmenter sa domination sur la planète, portant ainsi des atteintes irréversibles à l’environnement et au bien-être des peuples,
    - les mêmes mécanismes qui endettent les Pays les plus pauvres depuis la fin de la colonisation directe sont maintenant utilisés aussi dans les Pays occidentaux.

    Nous contestons :

    - la logique de concentration géographique et fonctionnelle qui ne permet pas un développement local équitable, et les mécanismes qui détruisent la survie des petites et moyennes entreprises et le système économique local,
    - les équipements sur-dimensionnés liés à la production d’énergies non renouvelables, la construction de barrages gigantesques, dont les techniques entraînent une forte pollution des sols, de l’eau, de l’air, des fonds marins et la disparition de territoires entiers, compromettent la survie des générations futures,
    - les modes de financement de ces projets qui génèrent des profits exorbitants, garantis par la mobilisation de l’argent public assortis de montages juridico-financiers scandaleux, au bénéfice d’entreprises dont les actions de lobbying interviennent dans la prise de décisions politiques, voire dans l’obtention de mesures d’exception pour évacuer toutes les contraintes juridiques,
    - le soutien apporté à ces projets par les différents niveaux de structures politiques, locales, nationales, supranationales et les institutions financières mondialisées qui s’opposent ainsi aux droits, aux besoins et à la volonté des peuples,
    - la militarisation des territoires et la criminalisation des oppositions.

    Nous affirmons que des solutions sont à chercher dans :

    - l’entretien et l’optimisation des infrastructures existantes qui sont, dans la plupart des cas, une solution alternative avec moins de nuisances et de coûts, la construction de nouvelles infrastructures ne devant répondre qu’à l’impératif de l’utilité publique et non du profit,
    - la transformation profonde du modèle économique et social aujourd’hui en profonde crise, en faisant notamment de la proximité et de la relocalisation de l’économie, de la protection des terres agricoles, de la sobriété énergétique et de la transition vers les énergies renouvelables décentralisées, nos priorités,
    - la restitution de la capacité de décision aux populations directement concernées, fondement d’une authentique démocratie et autonomie locale face à un modèle de développement imposé, au moyen de propositions législatives adaptées,
    - de nouvelles relations entre les peuples au sud comme au nord, des relations de solidarité qui rompent définitivement avec la logique de domination et d’impérialisme.

    Nous affirmons notre solidarité dans la lutte contre tous les Grands Projets Inutiles et Imposés et notre volonté commune de nous réapproprier notre monde.

    (*) Cette déclaration a été élaborée par des associations et mouvements qui luttent contre la construction de grands projets d’infrastructures (transport de personnes ou de marchandises, production d’énergie) ou d’équipements (tourisme, urbanisme, militaire) réunis aujourd’hui au FSM de Tunis pour unir leurs forces et mieux faire entendre leurs voix, les problématiques étant partout les mêmes.


    haut de page



    Déclaration de la dynamique femmes internationale à l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial
    Qui | adequations.org | vendredi 5 avril 2013

    Nous nous félicitons de la présence très importante de femmes, d’associations de femmes et de féministes qui ont participé au forum social mondial à Tunis en mars 2013, et affirmé leur solidarité aux luttes des femmes dans le monde et plus particulièrement à celles de la région arabe.

    La diversité des travaux des différentes activités de la semaine ont mis en évidence une analyse commune :

    les politiques d’austérité et la mondialisation néolibérale touchent majoritairement les femmes et assomment de plus en plus durement les peuples ;
    les guerres fomentées de par le monde (Palestine, Syrie, Liban, Mali, Congo…) utilisent les corps des femmes comme arme de guerre et accentuent leur exploitation sexuelle (viols, mariages précoces et forcés)
    l’emprise accrue des extrémismes et des pouvoirs religieux sur le politique qui s’inscrivent dans le cadre d’une restructuration du marché mondial, constitue une menace pour l’émancipation des femmes.

    Leur finalité vise à instaurer une société post révolutionnaire basée sur un nouveau pouvoir théocratique en exerçant des atteintes aux fondements de l’état de droit et en donnant au patriarcat une empreinte de religiosité.

    Le statut des femmes devient un enjeu politique majeur pour les sociétés et les institutions par l’instauration d’une violence quotidienne pour exclure les femmes de l’espace public ; ces politiques rétrogrades s’inscrivent dans les mêmes politiques économiques néolibérales qui instaurent l’austérité partout dans le monde.

    Actuellement, les femmes sont les premières touchées par le recul des droits économiques et sociaux et par la précarité généralisée.

    Nous femmes, femmes d’associations et féministes, nous déclarons :
    notre attachement indéfectible à l’universalité des droits fondamentaux des femmes ;
    notre volonté que la CEDAW ratifiée soit la base de la constitutionnalisation des droits des femmes, en particulier dans les pays arabes
    notre droit à bénéficier des richesses mondiales (l’eau, la possession de la terre, les richesses minières….)
    notre détermination à lutter contre toutes les formes de violence faites aux femmes (viols, harcèlements sexuels…)
    notre exigence à la protection des femmes réfugiées dans les zones de conflits, victimes de la traite et de l’exploitation sexuelle

    Nous femmes, nous demandons au Conseil international des FSM :
    l’inclusion de l’assemblée des femmes dans le programme officiel des FSM ;
    le renforcement de la présence d’associations féministes dans la composition du conseil international en diversifiant leur représentation ;
    la mise en œuvre d’une réelle volonté et des moyens permettant d’impulser une véritable parité, tant dans la composition du conseil international que dans l’organisation transversale des débats ;
    que l’attribution des fonds de solidarité prennent en compte la composante femmes ;
    la mise en place effective d’un réseau international de solidarité avec les femmes tunisiennes en lutte pour leurs droits fondamentaux.



    Fait à Tunis le 30 mars 2013
    Contact Dynamique femmes FSM 2013, email : ahlem.dynafemmes@gmail.com

    Documents joints
    Déclaration de la dynamique femmes - FSM 2013 (Word - 476.5 ko)

    http://cadtm.org/CHARTE-de-TUNIS-adoptee-au-FSM-de
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Dim 28 Avr - 10:16

    Reportage bidon sur Canal+ : la chaîne retire en douce la vidéo
    HICHAM HAMZA | OUMMA.COM | MARDI 23 AVRIL, 2013
    mardi 23 avril 2013


    Oumma dénonce un reportage bidon sur Canal+ : la chaîne retire en douce la vidéo
    Hicham Hamza | oumma.com | mardi 23 avril, 2013


    Autocensure. Suite à notre révélation d’une manipulation de l’info par Canal+ à propos de la Tunisie, la chaîne cryptée a fait disparaître la vidéo de son site.





    Aucune justification, aucune excuse : pas un mot pour s’expliquer. Souvenez-vous : vendredi 12 avril, Oumma avait démontré que la chaîne Canal+ et la société Capa s’étaient livrées à une grossière manœuvre de désinformation. Dans un reportage consacré au féminisme en Tunisie, les reporters avaient délibérément trahi la parole des citoyennes filmées comme nous le rapportions en détail :

    « On découvre une assemblée composée de femmes en train de scander un slogan. Le sous-titre nous en donne alors cette traduction :

    « Le peuple tunisien est un peuple libre ! Ni islamistes ni Qatar ! »

    Problème : cette traduction est mensongère.

    A la place du terme « islamistes », ces femmes entonnent, en réalité, le mot « Amérique ». (« La America » : « ni Amérique » en arabe). Rien à voir avec le mot désignant généralement les « islamistes » (« ikhwan », les « frères »en arabe) ».



    L’équipe de l’émission L’effet papillon avait été interpellée, par ses propres téléspectateurs, au sujet de cette pratique contraire à la déontologie journalistique la plus élémentaire : donner à lire une traduction mensongère (et non erronée) pour camoufler la critique politique d’une ingérence américaine et mieux diaboliser les « islamistes ». Aucune réponse de la part des responsables ne s’en est suivie.





    Suite à la mise en ligne de notre article et à sa circulation sur les réseaux sociaux, un curieux phénomène s’est produit sur le site de Canal+ : la première partie de l’émission, incluant ce reportage-intox’ sur la Tunisie, a disparu.



    Quiconque voudrait voir ou revoir l’émission du 6 avril se verra désormais proposé directement la « Partie 2 ». Le webmaster a rendu inaccessible la consultation de la première partie. Comme l’atteste cette image encore visible sur notre article précédent, seul un message demeure lisible : « Cette vidéo n’est plus disponible ». Négligent, le webmaster a oublié de retirer, juste en-dessous, le texte descriptif du reportage intitulé « Recherche Femen désespérément ».

    Prise en flagrant délit de bidonnage, Canal+ pouvait présenter des explications, voire des excuses, au téléspectateur. Nous avons vérifié : dans les éditions suivantes (13 et 20 avril), aucune mention à propos de cette traduction mensongère n’a été formulée par le présentateur Victor Robert.

    Pour cause : l’équipe de l’émission s’est vantée, sur son compte Facebook, d’avoir réalisé, le jour de la diffusion, son « 2ème meilleur score » en termes d’audience : « 515 000 » citoyens ont été ainsi roulés dans la farine par la chaîne cryptée et l’agence Capa, productrice du reportage.

    Les fantassins neocons à la rescousse des Femen

    Coïncidence amusante : ce chiffre correspond presque au nombre de téléspectateurs également dupés, à l’occasion d’une autre production audiovisuelle, par une célèbre fan de l’émission. La journaliste-hagiographe des Femen, Caroline Fourest, a fait savoir qu’il s’agissait d’un « bon reportage ». Nulle surprise quand on sait qu’elle fut à l’origine d’un bidonnage similaire -et également révélé par Oumma- à propos des agents israéliens du 11-Septembre.

    Un autre commentaire sur l’émission -par un proche ami de Caroline Fourest, dénommé Seïf Soudani- est plus intéressant. L’homme, dont nous avons déjà évoqué les connexions idéologiques avec la « bande à Fourest », a récemment participé à son « documentaire » consacré aux « radicaux de l’islam ». Visiblement arabisant, Seïf Soudani a fait la remarque, via Facebook, que la traduction des propos tenus par les féministes tunisiennes n’était pas correcte. Va-t-il jusqu’à qualifier les choses par leur nom en évoquant un mensonge ou une manipulation délibérée de l’info ? Certainement pas. L’homme exprime plutôt une incroyable indulgence : « Dommage pour ces erreurs certes pas gravissimes mais qui nuisent grandement au résultat final en termes de rigueur ».

    Avec mauvais esprit, il est tentant de lire autre chose, plus en phase avec le journalisme fourestien -peu réputé pour sa « rigueur » : « Dommage pour ce bidonnage certes un peu trop visible car il nuit grandement à l’efficacité de la propagande en termes de crédibilité ».

    Quant à Canal+ et l’agence Capa, elles semblent oublier que toute vidéo mise en ligne, même autocensurée, ne disparaît jamais véritablement. Sans aller dans les dédales sinueux du « web profond », quelques clics bien informés permettent de retrouver rapidement cette vidéo-bidon : un certain « Man Beurk », féru de politique tunisienne, a ainsi téléchargé le reportage -le jour même de sa diffusion- pour l’exporter sur son propre compte Facebook.

    Grâce au Net, à son archivage et à son intelligence collective, certains mensonges politico-médiatiques, sitôt dévoilés, ne peuvent plus être étouffés.

    http://oumma.com/16519/oumma-denonce-un-reportage-bidon-canal-plus-retire-video
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Lun 3 Fév - 10:57

    Après avoir chassé du pouvoir l’autocrate Ben Ali, le 14 janvier 2011, la Tunisie a organisé des élections libres – elles ont donné une majorité relative au parti islamiste Ennahda avec 89 sièges sur 217, dans une assemblée constituante. La Constitution n’a pu être finalisée pour le troisième anniversaire de la Révolution, comme prévu mais elle n’en est pas loin, et quelques points importants semblent acquis.

    La marche de ce pays vers la démocratie est un spectacle fascinant.


    Bien entendu, le projet de Constitution dans son état actuel comporte de nombreuses lacunes, comme le souligne le REMDH mais le chemin parcouru est impressionnant :

    la Tunisie tourne le dos à la charia et devient un « Etat civil » ;
    « il garantit la liberté de conscience et de croyance et le libre exercice du culte » ;
    égalité des citoyens et des citoyennes devant la loi – “on ne pourra plus affirmer que les droits de la femme sont un concept occidental”, déclare Amira Yahyaoui, présidente de l’association Al Bawsala ;
    parité obligatoire pour les listes de candidats aux élections ;
    les « libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et d’édition sont garanties », tout comme le droit syndical et le droit de grève ;
    « l’inviolabilité des logements, la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles » ;
    la torture « morale et physique », qualifiée de « crime imprescriptible », est proscrite...



    En Tunisie, le principe de la parité homme-femme dans les assemblées élues adopté

    [L’Orient – Le Jour, le 9 janvier 2014]

    [OLJ/AFP] – La Constituante tunisienne a approuvé jeudi un amendement à un article de la future Constitution introduisant le principe de la parité hommes-femmes dans les assemblées élues.

    "L’Etat oeuvre à la réalisation de la parité des hommes et des femmes dans les assemblées élues", dispose le 3e paragraphe de l’article 45 adopté par 116 voix sur 188 votants de cette assemblée où les islamistes d’Ennahda disposent d’une majorité relative. Selon l’observatoire des votes de la Constituante, Al-Bawsala, la moitié des 89 élus Ennahda ont notamment voté ce texte. Après le vote, les élus se sont levés et ont entonné l’hymne national.

    Voté sous forme d’amendement à l’article original du projet de Constitution à l’issue de longues négociations, l’article 45 dans son ensemble a été approuvé dans la soirée.

    Les minutes précédant et suivant l’adoption de cet amendement à une courte majorité – 109 voix étaient nécessaires pour son intégration à la Loi fondamentale – auront été houleuses, de nombreux députés criant pour prendre la parole. L’article 45 révisé dispose aussi que "l’Etat garantit les droits acquis des femmes et travaille à les soutenir et les développer". Il note aussi que "l’Etat garantit l’égalité des chances entre les femmes et les hommes" et qu’il "prend les mesures nécessaires pour éliminer les violences faites aux femmes". Cet article a fait l’objet d’intenses négociations ces derniers jours qui ont abouti au compromis voté jeudi.

    La Constituante avait déjà adopté lundi un article d’ordre général reconnaissant que "tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune". Cet article était cependant jugé trop vague par une partie de l’opposition et des organisations de défense des droits de l’Homme.
    La Tunisie, sans consacrer l’égalité des sexes, est depuis 1956 le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. L’homme reste cependant privilégié, notamment concernant l’héritage.

    La classe politique s’est engagée à adopter la future Loi fondamentale avant le 14 janvier [2014], 3e anniversaire de la révolution de 2011. En une semaine, un tiers des articles environ ont été passés en revu. A l’issue de l’examen article par article, l’Assemblée devra adopter à la majorité des deux-tiers le projet de Constitution, faute de quoi un référendum devra être organisé. Il reviendra cependant au prochain Parlement d’introduire les lois organiques et ordinaires nécessaires à sa mise en oeuvre.

    Élue en octobre 2011, la Constituante devait achever sa mission en un an, mais le processus a été ralenti par un climat politique délétère, l’essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux.



    L’association Al Bawsala accompagne le travail des députés [1]

    L’association Al Bawsala agit comme un contre-pouvoir au sein de l’assemblée tunisienne. Ses membres suivent ce qui se passe et ils aident donc les élus à le savoir aussi. Ils font du lobbying pour pousser le plus loin possible les droits et les libertés des Tunisiens. Chaque matin, six personnes arrivent avant les élus, pour surveiller le travail constitutionnel, et repartent après la fin des travaux.

    L’ONG a été créée après la révolution et fait travailler des jeunes : la moyenne d’âge est de 25 ans. L’association recueille tout ce qui se passe, du petit rapport à la grande réunion, elle publie les résultats des votes en temps réel, sur Twitter notamment.

    Le site internet de l’association présente notamment des déclarations conjointes rédigées avec Amnesty International, Human Rights Watch et le Centre Carter-Tunisie sur :

    l’indépendance de la justice
    le renforcement de la protection des droits humains dans la nouvelle Constitution.

    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5711
    bye
    bye
    Administratrice


    Masculin
    Nombre de messages : 8993
    Localisation : souvent nuages
    Emploi/loisirs : décalé
    Humeur : main tendue
    Date d'inscription : 19/12/2007

    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par bye Sam 5 Avr - 10:08

    Dans le récent rapport de l’ONU sur les prisons en Tunisie, présenté jeudi 3 avril au bureau de Tunis du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, le constat est accablant : les prisons sont surpeuplées, les conditions de vie très pénibles et une législation répressive inadaptée sur les stupéfiants aggrave la situation.

    On y assure qu'outre le surpeuplement et le délabrement très avancé des infrastructures en mauvais état, la détérioration de la santé des détenus est pour grande partie due à une hygiène insuffisante avec des pratiques restrictives,comme en termes de temps insuffisant affecté à la douche. Aussi constate-t-on la multiplication de maladies comme la gale, notamment en période de chaleur et durant l’été.

    L’âge de la population carcérale oscille entre 18 et 49 ans avec 60 % de récidivistes. Du fait du surpeuplement, on voit cohabiter dans les mêmes cellules les auteurs de délits mineurs et les meurtriers et les plus dangereux criminels. Parmi les auteurs de délits mineurs figurent surtout des étudiants et des jeunes arrêtés pour consommation de cannabis.

    Le constat est d’ailleurs accablant: 53% des emprisonnements le sont pour infraction à la législation sur les stupéfiants, particulièrement pour la consommation du cannabis. En effet, les drogues dures,telles la cocaïne et l’héroïne, sont quasiment absentes du territoire tunisien.

    Or, outre les peines alternatives à la prison, comme des condamnations aux travaux d’intérêt général, de plus en plus de voix autorisées s'élèvent pour proposer de modifier la législation sur les stupéfiants comme solution radicale pour désencombrer les prisons.

    Il s'agit plus particulièrement de la loi n°92-52 du 18 mai 1992 réprimant la consommation de cannabis,dénoncée comme étant l'une des plus répressives dans le monde. Certains spécialistes la considèrent même trop rigide au point d’être injuste et injustifiable en matière de drogues douces. Ils vont jusqu'à assurer qu'il serait judicieux de dépénaliser le cannabis eu égard aux dégâts que cette législation occasionne, faisant des criminels de nombreux jeunes qui, pour un simple joint, se retrouvent systématiquement emprisonnés pour un an ferme pour le moins, et finissant par basculer dans la délinquance à la faveur de leur passage dans des prisons devenues ainsi des fabriques de la délinquance.

    Les chiffres les plus fiables estiment à plus de 30% de la population carcérale les consommateurs de substances illicites. Et ils montrentque le nombre de condamnés pour consommation de cannabis augmente d'une année sur l’autre. Ainsi, à la afin de septembre 2013, sur 25 000 détenus, 8 000 l’étaient pour infraction aux stupéfiants, et la plupart l’étaient pour consommation de cannabis. Ce qui fait dire à nombre d'observateurs que c'est là une preuve supplémentaire sur la nécessité de réformer la législation actuelle.

    Farhat Othman

    http://www.leaders.com.tn/article/prisons-surpeuplees-et-legislation-inadaptee-sur-les-drogues-douces?id=13740

    Contenu sponsorisé


    TUNISIE - Page 2 Empty Re: TUNISIE

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Sam 2 Juil - 10:20