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    Message par bye Lun 12 Jan - 7:51

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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 16 Jan - 7:35

    En pièce jointe le programme version PDF
    Des affiches et des tract sont disponible au : THE-TROC, 52 rue
    Jean-pierre Timbaud 750011 PARIS. Sur le Blog
    (http://96heures.canalblog.com/), il y a aussi tout le "matériel" en
    téléchargement.
    Les deux addresses pour le comité sont bonnes, gmail et yahoo.
    Amicalement.


    DU 15 AU 25 JANVIER SABOTONS L'ANTITERRORISME
    10 JOURS D'AGITATION
    EN SOUTIEN AUX INCULPES DE TARNAC ET D'AILLEURS
    Concerts, projections, lectures, séminaires, discussions,
    manifestations…



    Attention, la programation est encore en cours, les infos complètes seront sur :
    http://96heures.canalblog.com/ pour les évènements sur Paris.
    Contact du comite de soutien de Paris
    comiteparis@gmail.com
    Site national du comité de soutien aux inculpés du 11 novembre 2008 :
    http://www.soutien11novembre.org


    Mercredi 14

    Fantazio, Cochrane, et Franck
    Le Café des Sports,. 94 rue de Ménilmontant, 75020 Paris (Métro
    Ménilmontant) 20h


    Samedi 17

    Soirée de soutien aux inculpés de Vincennes. Discussion sur les luttes dans les centres de rétention18h. Repas+Concerts : Insolite, Chant d'encre, BMG , synpas,Raptou, Jabul Gorba 19h30.
    CIP, 14-16 Quai de la Charente, 75019 Paris (Métro Corentin Cariou)

    Little Balroom
    Olympic Café, 20 rue Léon, 75018 Paris (Métro Chateau Rouge) 20h

    Dimanche 18

    Lou casa - impro. Projections :Le fantôme de la liberté - Luis
    Bunuel.
    F For Fake
    - Orson Welles. Investigation into the invisible world - Jean-Michel
    Roux
    Lectures, images, sons, mix : Didier Calléja / Koeurspurs
    La Machinante, 26 rue Rochebrune 93100 (M° Mairie de Montreuil) 15h

    Lundi 19

    Scéance d'ouverture d'un séminaire sur l'antiterrorisme. 19h
    grand amphithéâtre de l'E.H.E.S.S., 105 Boulevard Raspail, 75006
    Paris
    (Métro Sèvres-Babylone)

    Mardi 20

    Yvan Denys, Les Rémouleurs, Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des Droits de l'Homme)
    Baron Rouge, 1 Rue Théophile Roussel, 75012 Paris (Métro
    Ledru-Rollin)19h
    Mercredi 21

    Laëtitia Carton "D'un chagrin j'ai fait un repos" (film), Kristof
    Karoll "le journal d'informations parlé" et sonorisations, A.Rayon/D.Charolles/S.Hélary
    (improvisations),
    Cécile Saint-Paul (projection/lecture), Fantazio L'Echangeur, 59 av du Général de Gaulle, 93170 Bagnolet (Métro Galiéni)
    20h-24h

    Jeudi 22

    Projections par le collectif « Les yeux dans le monde »
    Loading Zone, The Run, El Facteur
    La Cantine de Belleville, 108 bd de Belleville, 75020 Paris (Métro
    Belleville) 20h30-1h

    Vendredi 23

    Rassemblement pour les inculpés de Vincennes.
    18h, Parvis de Beaubourg

    Lecture/débat "Cheval de bataille", collectif Lumières d'août
    Un temps d'oiseau, spectacle autour de Prévert Tonio et David Fricker
    Espace Khiasma, 15 rue Chassagnolle, 93260 Les Lilas (Métro mairie
    des Lilas) 20h30

    Putain d'usine, René Binamé, La Fraction, les Punaises.
    La Parole Errante, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil (Métro
    Croix de Chavaux) 19h

    Formes mélangées : Fantazio/ Francesco Pastacaldi/ Aymeric Avice/Sylvaine Helary
    Cercle Pan!, 45 rue du faubourg du temple, 75010 Paris (Métro Goncourt) 20h

    Lecture de poèmes : Nazim Hikmet, Eluard, Nguien Chi Tien, Hwang chiu, de textes : Hannah Arendt, Armand Robin, Adorno. projections : lanterne magique
    et pellicule grattée. musique : Ninon Foiret flûte, Eric Achille
    percu, et Jean claude Oleksiak contrebasse, récitantes : Mathilde Outters et Catherine Morvan
    La Fabrica'son 157, Bd Gabriel Péri 92240 MALAKOFF 20h30

    Samedi 24

    Manifestation, l'Echo Râleur et l'Armée du Chahut sur la manif
    Barbès 15h

    Spoke Orkestra, Bams, Dgiz, Arthur Ribo, Fantazio, Benjamin Colin,
    Surnatural Orchestra, Trio Boutin, Les Rémouleurs, D'de Kabal, Rodolphe Burger
    L'Européen, 5 rue Biot, 75017 Paris (Métro Place Clichy) 19h-23h

    Dan (électro-acoustique)
    Galerie Impaire, 42 rue de Lancry, 75010 Paris (Métro Jacques Bonsergent) 18h

    Dimanche 25

    Réunion publique
    l'après midi à la CNT, 33rue des Vignoles, 75020 Paris (Métro Avron)
    Ubu roi, clown et marionettes, Compagnie le puits qui parle 17h30
    Anne Gouraud (solo/contrebasse/voix), Agnès (lectures), lectures par le collectif "La Langue Écarlate" 18h
    Le Vent se Lève,181 avenue Jean-Jaurès ,75019 Paris (M° Ourcq/Pte de Pantin)


    Projections sur façades : les Rémouleurs
    Sur les manifs : fanfares Les Chevals, Balbazar, L'armée du Chahut
    Juliette cuisine! tendres mets, poivrons piquants
    Riff le wild coocking!




    Entrée : Participation libre.
    Les fonds récoltés sont destinés à aider aux frais de justice...
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 16 Jan - 13:00

    PARIS jeudi 15 janvier- Deux personnes, dont une avocate
    parisienne, ont été placées en garde à vue mercredi à Paris sous le régime de la
    justice antiterroriste dans une enquête portant sur la tentative d’incendie de
    deux voitures, apprend-on de sources policière et judiciaire.


    En raison d’une suspicion de lien avec les suspects
    poursuivis pour les sabotages de caténaires SNCF, deux personnes, dont une
    avocate parisienne, ont été placées en garde à vue mercredi à Paris sous le
    régime de la justice antiterroriste dans une enquête portant sur la tentative
    d’incendie de deux voitures. (Reuters)


    Les suspects, un homme de 28 ans et sa compagne de 30
    ans, intéressent la section antiterroriste du parquet de Paris en raison d’une
    suspicion de lien avec les personnes poursuivies pour les sabotages commis le 7
    novembre contre les caténaires de la SNCF, membres supposés de
    "l’ultra-gauche".


    Ils ont été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi
    alors que, selon les policiers, ils tentaient de mettre le feu à deux véhicules,
    non loin de leur domicile du XIXe arrondissement. Tous deux étaient en état
    d’ébriété.


    Lorsque les policiers ont
    découvert que le jeune homme était connu de la police pour "avoir manifesté
    activement son soutien à Julien Coupat", principal suspect de l’affaire de la
    SNCF, la section antiterroriste de la brigade criminelle a été saisie.


    La procédure d’exception - qui
    permet notamment une garde à vue de quatre jours contre deux dans le régime de
    droit commun - est aussi justifiée car la jeune fille travaillerait selon la
    police dans un cabinet défendant des membres de la mouvance dite
    "anarcho-autonome".
    bye
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Lun 19 Jan - 17:07

    Communiqué de Tarnac
    dernière modification le : 17 janvier
    http://www.soutien11novembre.org/index.php

    Nous apprenons avec une grande joie la libération d’Yldune ce vendredi. Joie de la savoir dehors plutot qu’entre quatre murs, joie de voir la machinerie juridico-policière derailler toujours un peu plus.

    Cette joie n’entame en rien notre colère.

    Julien est encore derrière les barreaux.

    Les charges d’"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" pèsent encore sur les neufs personnes interpellées le 11 novembre, ainsi que sur les autres prétendus "anarchos-autonomes" arrêtés cette année.

    Colère de ne pouvoir revoir nos amis "libérés", assignés à
    domicile dans des départements où ils n’ont rien à faire.

    Inquiétude lorsque des personnes arrêtés a Paris, fichés par les RG, passent sous garde a vue anti-terroriste parce qu’elles connaitraient des personnes mis en cause dans "l’affaire de tarnac". Leur liberation sans aucune charge ridiculise les methodes policières mais demontre un acharnement bien réel dont il faut prendre
    la mesure.

    Rage, et détermination, parce que nous avons le sentiment que
    cette affaire ne sert qu’a renforcer une pratique de terreur gouvernementale contre tout ceux qui refusent de se plier au nouvel ordre mondial.

    Nous espérons que le soutien, et au delà, les multiples formes de résistance, n’iront qu’en s’amplifiant.

    Les évènements de janvier dans toute la France et au-delà doivent commencer a élargir et approfondir les questions soulevées par
    "l’affaire de Tarnac".

    Manifestation à Paris le 31 janvier, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme. Que viennent tous ceux qui ne se laisseront
    plus terroriser par un gouvernement aux abois.

    De Tarnac,

    Le comité de soutien aux inculpés du 11 novembre.
    bye
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 21 Jan - 13:56

    Tarnac ou les fantasmes du pouvoir, par Gabrielle Hallez






    Tarnac ou les fantasmes du pouvoir, par Gabrielle Hallez


    LE MONDE | 20.01.09 | 09h13 • Mis à jour le 20.01.09 | 10h37

    J'ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L'appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l'attente. Le lent dégonflement de l'affaire continue,et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d'Yildune [Lévy]. Il en faudra d'autres.


    Cette triste affaire aura au moins rappelé l'obsession du pouvoir
    : écraser tout ce qui s'organise et vit hors de ses normes.Je
    ne voudrais pas qu'on puisse prendre cette histoire comme un
    événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d'autres, et peut arriver encore.6h40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j'attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d'objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture.
    Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le
    village. Personne ne pourra manquer d'admirer le spectacle de la
    police en action, et les moyens imposants du ministère de l'intérieur quand il s'agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type,ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l'air sérieux, c'est l'état d'urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s'est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n'est pas un dérapage, c'est une méthode.Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras
    panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n'est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.Les interrogatoires s'enchaînent. Une fois huit heures sans pause,va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : "Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l'opération Taïga, on va la mettre en détention", "Tu ne reverras plus ta fille". Leur bassesse n'est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : "Comment vivez-vous?", "Comment êtes-vous organisés
    pour manger?", "Est-ce que tu écris?", "Qu'est-ce que tu lis?" Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m'a annoncé, lors de la perquisition : "Nous sommes ennemis." Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n'y a jamais eu de cellule invisible, et nous n'avons que faire de "chefs" et de "bras droits".
    La police croit toujours que ce qu'elle traque est organisé à son
    image, comme en d'autres temps, où elle brandissait le spectre du
    syndicat du crime.Un gendarme me lit un communiqué allemand,
    diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages
    dans le cadre d'une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d'une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n'es au courant de rien d'autre que de ce que la police veut bien te dire, c'est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m'a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l'ampleur médiatique de l'affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l'arrestation.Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s'entassent des centaines d'hommes et de femmes dans la crasse et l'attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière,infinité de couloirs gris et humides dont les portes s'ouvrent sur les
    rutilantes salles d'audience. Je suis amenée jusqu'aux galeries
    toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d'instruction. Puis la prison.Fleury-Mérogis – la plus grande
    d'Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons,
    corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées,
    Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d'être chaque nuit réveillées toutes les deux heures,lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l'ont à Fleury, et Isa l'avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d'une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée
    d'avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de
    police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement.
    Circonstances favorables, c'est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l'opportunité de faire des études; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l'actualité,marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).Je dis "rapidement", par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces "circonstances favorables". La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités se nouent dans l'évidence d'une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s'opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : "S'il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible.
    Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat
    épouvantable", avait-il dit en 2006.


    Gabrielle Hallez, mise en examen dans l'affaire de Tarnac
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    Message par bye Ven 23 Jan - 12:24

    tarnac le principal témoin contre julien Coupat serait un mythomane






    tarnac le principal témoin contre julien Coupat serait un mythomane

    le 23 janvier 2009



    Tarnac : le témoin à charge contre Julien Coupat serait un mythomane

    Un article intéressant sur Mediapart le site crée par Edwy Plenel ex redacteur en chef du monde et
    "journaliste" on ne peut plus courtisan de Lci , qui ce n'est un secret pour personne a depuis des années ses « entrées » et des « amitiés » auprés des RG de
    syndicalistes policier et le tapis rouge tiré dans de nombreuses préfectures de Police voir et relire cet article dévoilant les amitiés policières de monsieur
    Edwy Plenel

    http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/plenel-et-la-police_496813.html

    le site n'est malheureusement pas en accès libre, les deux journalistes du site Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, affirment qu'après l'avoir rencontré que l'un
    des le principaux témoin à charge contre Julien Coupat et le groupe de Tarnac serait un mythomane.

    on peut y lire entre autres

    De fait, l'homme est réputé pour sa mythomanie. Il a d'ailleurs été condamné récemment par un tribunal de province pour « dénonciation d'infractions imaginaires », selon son avocat. Il s'était dit persécuté et avait échafaudé différents scenarii assez sophistiqués pour faire croire que l'on en voulait à sa vie. Son stratagème avait toutefois fini par être éventé, et l'homme confondu. ...

    Ce témoin a été entendu par les policiers. Le ministère de l'intérieur a été mis au courant, à peine les 9 ont-ils été inculpés. Qu'à cela ne tienne, il ne fallait pas perdre la face.

    Les policiers ajoutaient : « Le témoin attestait de
    la proximité du nommé Julien Coupat avec le mouvement "black block" et de sa participation à de nombreuses manifestations violentes menées en marge de grandes rencontres politiques mais précisait également qu'à plusieurs reprises lors de réunions, Julien Coupat avait évoqué la possibilité d'avoir à tuer, précisant que la "vie humaine à une valeur inférieure au pouvoir politique" et que l'objectif final du groupe était le renversement de l'Etat. »

    Mediapart est et reste très prudent, on l'a pourtant connu dévoilant sans vergogne (d'ou venait ses sources et cette "fuite" on se le demande encore)
    le rapport des ex RG alias la nouvelle DCRI sur la "cellule invisible" de Tarnac , et il vaut mieux dans cette affaire. article se termine par :

    si la crédibilité de cet informateur semble pour le moins sujette à caution, rien ne prouve non plus qu'il a menti concernant le groupe de Julien Coupat. Enfin, ce témoin, que nous avons rencontré, a démenti avoir livré le moindre témoignage à la justice dans cette affaire

    http://www.mediapart.fr/journal/france/220109/tarnac-le-temoin-a-charge-contre-coupat-serait-un-mythomane

    MAIS
    ... toute l'accusation n'aurait pas l'air de s'écrouler ?

    J'ai réussi a avoir une copie de cet
    article



    Tarnac: le témoin à charge contre Coupat serait un mythomane
    22 01 2009


    Par Fabrice Arfi, Fabrice Lhomme de Mediapart.fr

    L’information est à l’évidence embarrassante pour la justice et la police antiterroristes. Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour souligner les points faibles de l’enquête visant «le groupe de Tarnac», ces jeunes gens soupçonnés d’avoir commis des actes de sabotage visant des TGV, Mediapart est en mesure de révéler que l’homme qui a témoigné à charge, sous couvert d’anonymat, serait en fait un…
    mythomane.

    Cet homme, que Mediapart a rencontré chez lui mais dont nous ne révélerons pas l’identité, pour des raisons déontologiques et légales (lire notre «Boîte noire» ci-dessous), a formellement contesté être le fameux témoin sous X qui risque désormais de nourrir une controverse. «Non, non, je ne suis pas celui qui a fait de la délation. Ce que vous me dites là me fout des frissons», a assuré cette personne samedi 17 janvier, avant de mettre rapidement un terme à la conversation. Pourtant, plusieurs sources policières et
    judiciaires confirment qu’il s’agit bien du témoin sous X mis en avant, fin 2008, dans un rapport de synthèse de la police anti-terroriste selon lequel
    Julien Coupat, principal mis en examen dans cette affaire, «avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer», d’après cet informateur.

    Petit retour en arrière. Le 11 novembre dernier, des dizaines de policiers mènent, dans le cadre d’une enquête préliminaire antiterroriste, une action spectaculaire dans la mouvance dite «anarcho-autonome», et plus particulièrement dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Leur cible: un groupe de jeunes gens, fédérés autour de Julien Coupat, et suspectés d’avoir posé des fers à béton sur des caténaires afin de paralyser le trafic des TGV. De très grande ampleur, l’opération est immédiatement – et fortement – médiatisée. L’information parvient donc
    naturellement aux oreilles d’un homme qui, de par ses activités, a été à plusieurs reprises en contact avec Julien Coupat ces dernières années.


    Spontanément, alors qu’une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), cet homme décide de se présenter dans
    les locaux d’une brigade de gendarmerie du centre de la France, proche de l’endroit où il réside. Un vrai témoin-miracle Devant les gendarmes, le mystérieux informateur dit avoir d’importantes révélations à faire sur Julien Coupat et ses proches, mais exige de témoigner anonymement.

    Les gendarmes, après en avoir référé au parquet antiterroriste, acceptent et lui proposent le témoignage « sous X », institué en 2002 par la loi Perben. Selon l’article 706-58 du code de procédure pénale, «en cas de procédure portant sur un crime ou sur un délit puni d’au moins trois ans d'emprisonnement, lorsque l’audition d’une personne visée à l’article 706-57 est susceptible de mettre
    gravement en danger la vie ou l’intégrité physique de cette personne, des membres de sa famille ou de ses proches, le juge des libertés et de la détention, saisi par requête motivée du procureur de la République ou du juge d’instruction, peut, par décision motivée, autoriser que les déclarations de cette personne soient recueillies sans que son identité apparaisse dans le dossier de la procédure (…) L’identité et l’adresse de la personne sont inscrites dans un autre procès-verbal signé par l’intéressé, qui est versé dans
    un dossier distinct du dossier de la procédure (…)».

    Alors que la garde à vue des suspects est toujours en cours (elle va s’étendre sur quatre jours, du 11 au 15 novembre, conformément à la législation antiterroriste), le procès-verbal du témoin sous X est transmis aux policiers de la sous-direction
    antiterroriste (SDAT), en charge de l’enquête. Ces derniers vont prendre très au sérieux les «révélations» de ce témoin-miracle, comme l’atteste la conclusion de leur rapport de synthèse, rédigé le 15 novembre 2008, et sur la base duquel le parquet de Paris allait ouvrir une information judiciaire pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». «Coupat avait évoqué la
    possibilité d’avoir à tuer» Une décision qui entraîna la désignation d’un juge d’instruction (Thierry Fragnoli en l’occurrence) puis la mise en examen et le
    placement en détention provisoire de neuf personnes, suspectées d’être membres d’une «cellule invisible» ayant pour projet la lutte armée. V

    Voici comment se concluait ce fameux rapport, que Mediapart a publié en exclusivité le 22 novembre 2008: «L’ensemble des investigations menées depuis le 16 avril 2007 sur le nommé Julien Coupat ont donc permis de mettre au jour les agissements d’un groupe d’activistes reliés à la mouvance anarcho- autonome et désirant se livrer par différentes formes d’actions violentes à la déstabilisation de l’Etat. Ces conclusions sont largement confirmées par les déclarations formées par un témoin désigné sous le numéro (…) qui, entendu sous X… durant le temps de
    la garde à vue, confirmait l’existence d’un groupe formé à partir de 2002 autour d’un leader charismatique, le nommé Julien Coupat avec pour principale implantation la ferme “Le Goutaillou” et ayant pris la dénomination de “Comité invisible, sous-section du parti imaginaire”. Ce groupe se présentant comme “le plus apte à détruire le monde et à en reconstruire un neuf” étant le rédacteur
    final d’un pamphlet principalement rédigé par Julien Coupat et intitulé L’Insurrection qui vient.» Les policiers ajoutaient: «Le témoin attestait de la
    proximité du nommé Julien Coupat avec le mouvement “black block” et de sa participation à de nombreuses manifestations violentes menées en marge de grandes rencontres politiques mais précisait également qu’à plusieurs reprises
    lors de réunions, Julien Coupat avait évoqué la possibilité d’avoir à tuer, précisant que la “vie humaine à une valeur inférieure au pouvoir politique” et que l’objectif final du groupe était le renversement de l’Etat.»

    Las, quelques jours plus tard, alors que «les neuf de Tarnac» sont dispersés dans différentes maisons d’arrêt, des rumeurs alarmantes remontent au ministère de l’intérieur et place Vendôme. Le témoin sous X serait tout sauf digne de foi.
    «Dénonciation d’infractions imaginaires» De fait, l’homme est réputé pour sa mythomanie. Il a d’ailleurs été condamné récemment par un tribunal de province pour «dénonciation d’infractions imaginaires», selon son avocat. Il s’était dit
    persécuté et avait échafaudé différents scenarii assez sophistiqués pour faire croire que l’on en voulait à sa vie. Son stratagème avait toutefois fini par
    être éventé, et l’homme confondu. Sollicité par Mediapart, le parquet de Paris affirme que le témoin sous X – dont il n’est pas non plus pour l’instant
    démontré qu’il a menti concernant Coupat – est rapidement apparu peu crédible,
    et qu’il a été tenu compte de ses «antécédents».

    De fait, dans ses réquisitions devant la cour d’appel, lors de l’examen des différentes demandes de remises en liberté formées par les mis en examen, le ministère public a pris bien soin de ne pas évoquer les déclarations du témoin anonyme, qui ne sont
    mentionnées à aucun moment. Le juge Fragnoli lui-même ne s’est pas appuyé dessus lors de ses différents interrogatoires. Le parquet observe par ailleurs que ce témoignage est marginal dans le dossier, la preuve en étant qu’il a été recueilli alors que les gardes à vue étaient déjà entamées et donc, du point de vue policier, que la première phase de l’enquête était bouclée. Même son de cloche du côté des policiers, où l’on insiste sur le fait que l’informateur controversé a surtout apporté des «éléments de contexte», n’ayant par exemple
    été témoin direct d’aucun acte de sabotage, et qu’il leur a été amené par les gendarmes. Sollicités par Mediapart, ces derniers, visiblement peu désireux de
    «porter le chapeau», soulignent qu’ils se sont contentés de prendre une déposition puis de la transmettre à la SDAT…

    Toutefois, de source judiciaire, on concède que les policiers ont repris imprudemment à leur compte
    ces «révélations» dans la conclusion de leur rapport de synthèse. En effet, telles qu’elles y sont reproduites, les déclarations de l’informateur anonyme constituent à l’évidence un témoignage très à charge, prêtant notamment à Julien Coupat des intentions meurtrières. Leur mise en exergue était censée illustrer la «dérive brigadiste» dans laquelle le groupe de Tarnac se serait engagé, justifiant ainsi un peu plus l’application à son encontre de la procédure antiterroriste aujourd’hui tant contestée.

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    Message par bye Ven 23 Jan - 20:54

    sortie de la brochure mauvaises intentions n° 2 : sur l’antiterrorisme etc






    Sur l'outil « antiterroriste », la « mouvance anarcho-autonome », les luttes & les révoltes...
    Sortie de la brochure « Mauvaises intentions n° 2 » [recueil de textes publics - 64p
    A4]
    ------------à télécharger, imprimer,
    diffuser...----------------------------

    La brochure est disponible au format pdf pour sortie imprimante sur http://lille.indymedia.org/IMG/pdf/mauvaises_intentions...2.pdf

    Il y est également possible de télécharger la brochure au format pdf imprimeur, pour celles et ceux qui souhaiterait la faire imprimer pour la proposer plus largement : http://lille.indymedia.org/IMG/pdf/mauvaises_intentions...r.pdf
    Sinon, faire suivre ce mail reste un bon moyen de diffusion.
    En espérant que cette brochure « Mauvaises Intentions n° 2 » suscitera intérêt & rage, discussions & actions de solidarité, désirs de changements radicaux et envies d'en découdre...
    Il est possible d'écrire à solidarites inculpes(((AAA)))riseup.net
    pour toute remarque, commande, etc...
    Et, il y a toujours plus d'infos sur http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

    Enfin, pour le soutien financier, vous pouvez envoyer des chèques à l’ordre du CICP à l’adresse Mauvaises intentions, 21, ter rue Voltaire 75011 PARIS



    ---------------sommaire-----------------------------------------------------

    1/ RETOUR SUR LES DIFFÉRENTES ARRESTATIONS ET PROCÉDURES

    2/ LETTRES DE L’INTÉRIEUR
    > Antiterrorisme : lettre d’Isa et Farid, les 2 de Vierzon.
    > Vues du délire antiterroriste, par Farid.
    > Pourquoi je me suis fait la malle – Lettre ouverte n°1 de Bruno.
    > Lettre d’Isa depuis la prison de Lille-Séquedin (mai 2008).
    > Lettre de Damien en prison à Villepinte.
    > Lettre de Juan depuis la prison de Rouen (octobre 2008).
    > Récit d’un mouvement à la maison d’arrêt des femmes de Rouen
    (juillet 2008), par Isa.

    3/ LUTTES & RÉVOLTES
    > Briser les prismes de l’État.
    > Temps de chien.
    >
    Anarcho-autonome.
    Adn Existe-t-il un gène de flic ?
    > Affiche “Crachez ici c’est pour nos fichiers”.
    > Expertise génétique, laboratoires & tribunaux.
    Prisons pour étrangers > Affiche “Rassemblement contre la machine à expulser à La Chapelle”.
    > Comme une prison qui brûle.
    > Affiche “Beau comme des centres de rétention qui flambent”.
    > Quand Vincennes a brûlé.
    > Liberté pour les inculpés de feu Vincennes !
    > L’État isole, renforçons les liens
    !
    Sabotages
    > Sur les sabotages de voies de chemin de fer.
    > Du sabotage considéré comme un des beaux arts.
    > La Caténaire qui cachait la forêt.
    > Antiterrorisme : la dépanneuse raconte !
    > Un pavé dans les rouages.

    4/ TACTIQUES POLICIÈRES & JUDICIAIRES
    > « Tactiques d’interrogatoires policiers ».
    > Directive de la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces (ministère de la Justice).
    > Le « cadeau » de la juge antiterroriste.

    5/ SOLIDARITÉ
    > Quelques réactions sur les comités de soutien de novembre.
    > Qu’est-ce que la solidarité ?
    > Chronologie des actions de solidarité [avril-décembre 2008].

    ---------------introduction-----------------------------------------------------

    Cette fois, cela n’aura échappé à personne.

    Le 11 novembre 2008, suite à des sabotages sur les lignes TGV, une opération de police à grand renfort médiatique est menée à Tarnac, Rouen et Paris. Elle aboutit à l’inculpation de 9 personnes
    dans le cadre d’une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », deux d’entre elles, Yildune et Julien, sont aujourd’hui en détention provisoire.
    La mise en scène médiatique de ces arrestations active
    un ensemble de mots-clés : terrorisme, ultra-gauche, anarcho-autonome, sabotages, esthétique de la violence, mythe d’Action Directe, semi-clandestinité.
    Des termes pas si nouveaux : celui d’ “anarcho-autonome”,
    fondé entre autres sur une participation à des luttes en dehors des partis et des syndicats, réapparaît lors des mouvements de contestation des présidentielles (manifs sauvages, dégradations de permanences electorales, incendies de voitures...). Mais c’est bien à l’occasion des arrestations du mois de janvier 2008 que police et justice concrétisent cette figure d’une menace intérieure. Fichage “anarcho-autonome” à l’appui, Bruno, Ivan, Isa*, Farid*, Juan* (* surnoms) et Damien sont en l’espace de quelques mois tous les 6 mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et, pour certains, « transport et détention de produits incendiaires ou explosifs », pour d’autres, « tentative de destruction de biens ».
    Ivan, Bruno et Damien sont arrêtés alors qu’ils se rendent à une manif devant le centre de rétention de Vincennes avec des fumigènes artisanaux et des crève-pneus, qui deviennent pour la justice et les médias une “bombe à clous”.
    Ivan et Bruno sont placés en détention préventive et Damien sous contrôle judiciaire.
    Quelques jours plus tard, Isa et Farid sont arrêtés lors d’un
    contrôle des douanes à Vierzon en possession de manuels expliquant des techniques de sabotage, du plan d’une prison pour mineurs et de chlorate.
    L’antiterrorisme se saisit de l’affaire. Les flics prétendent que l’ADN d’Isa correspondrait à une des 5 traces ADN présentes dans un sac contenant des bouteilles d’essence, retrouvé sous une dépanneuse de flics dans l’entre-deux-tours des présidentielles.
    Rapidement, ces deux enquêtes sont jointes en un seul dossier, instruit par les mêmes juges antiterroristes.
    La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées “anarcho-autonomes” pour trouver qui se cache derrière les ADN manquants. Juan, le frère d’Isa, puis Damien (qui avait été arrêté avec Ivan et Bruno) sont mis en prison car leurs profils ADN correspondraient aussi à ceux de la dépanneuse.
    Isa, Juan et Damien, qui nient leur participation à cette tentative de sabotage, sont toujours en détention préventive dans le cadre de cette procédure criminelle ; Ivan, Farid et Bruno ont été placés sous contrôle judiciaire (Bruno s’y est soustrait).
    bye
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 23 Jan - 20:55

    sortie de la brochure mauvaises intentions n°2 (suite )

    Dans ces affaires de janvier et de novembre, on assiste au même procédé
    judiciaire, qui construit en amont une théorie d’accusation,
    l’existence d’une “menace terroriste”, et un profil de coupable,
    “l’anarcho-autonome”, suffisamment maléable pour être adapté en
    fonction
    des besoins. A coups de spécialistes et de déclarations de ministres,
    on apprend que les “anarcho-autonomes” seraient des centaines, certains
    seraient potentiellement très dangereux. Voilà ce qui justifie cette
    répression préventive.
    Pour ça, les plus grands alliés sont les médias, qui comme dans
    tant
    d’autres histoires vendent de la chair à faits divers, du sensationnel,
    et diffusent les infos de la police pour transformer des personnes
    inculpées en coupables évidents. En exploitant les histoires
    personnelles des inculpés (mode de vie, études, origine sociale...),
    ils éclipsent le sens des actes reprochés et les luttes dans lesquelles
    ils s’inscrivent. Ainsi, des sabotages, extraits
    de tout contexte, deviennent des actes de terrorisme.
    Face
    aux propos tenus par l’Etat et les médias, le choix de porter
    publiquement notre propre discours sur des arrestations, n’est ni une
    évidence ni un automatisme. Parfois ce peut être inutile, voire
    absurde. Cependant, pour les affaires de janvier, nous avons
    choisi de parler nous-mêmes de ce qui nous touchait directement.
    Dès
    les arrestations, il y a eu plusieurs communiqués et textes publiés sur
    des sites de “médias alternatifs” afin de donner des infos, de raconter
    le déroulement des procédures judiciaires... Et, malgré les
    difficultés, les camarades en prison ont aussi écrit des lettres
    publiques. Puis est venue l’idée d’une brochure comme une compilation
    de textes et d’analyses pour informer de ce qui se passait et de ce
    qu’on en pensait. Tout en se battant pour la libération des copains,
    nous avons refusé d’utiliser des moyens et des discours en
    contradiction avec ce pour quoi on lutte.
    On a préféré partir de là où on était, s’organiser avec
    nos propres moyens, nos propres forces.

    Ce
    qu’on a choisi de dire, c’est que les actes dont sont accusés les
    camarades ont un sens, un contexte, qu’ils participent de révoltes. Et
    cela nous a paru d’autant plus évident que, dans ces affaires de
    janvier et de novembre, la justice elle même donne une teneur
    politique
    aux affaires. Les inculpés sont accusés d’être des membres d’une
    supposée organisation terroriste, la « mouvance anarcho-autonome
    francilienne » (MAAF), dont le mot d’ordre serait la « haine de l’Etat
    bourgeois et de ses appareils ». C’est clairement le fait de vouloir
    s’en prendre au système capitaliste qui est aujourd’hui condamnable.
    Faire
    une brochure, c’est tenter d’aller au-delà des aspects matériels liés à
    la répression (trouver de l’argent pour payer les mandats, préparer une
    défense juridique...) et ce, même si on sait bien que
    “l’antirépression” nous contraint pour un temps à la
    position
    “défensive”, à aller sur un terrain qui nous est imposé, plus encore
    que d’habitude, et que des problèmes et des contradictions se posent
    alors. Cela est d’autant plus difficile qu’on est confronté à des
    situations de peur, de séparation et d’isolement qui sont souvent
    accrues lorsque la répression s’intensifie.

    Comment parler de cette répression qui nous touche dans nos
    façons
    de lutter, parce qu’elle vise des modes d’organisation et des pratiques
    dans lesquels nous nous reconnaissons ? Comment ne pas se considérer
    comme des martyrs ni comme des victimes ?
    On peut tenter de faire
    d’une situation de répression un moment de lutte, sur lequel nous
    devrions être capables de trouver des prises. Choisir le discours que
    nous voulons porter, défendre des pratiques
    de lutte inscrites dans leur contexte social.
    On
    a choisi de parler de ces arrestations, avec la certitude qu’elles
    s’inscrivent dans une réalité politique plus vaste, qu’elles sont liées
    à la question du système dans lequel on est, à son contrôle, à ses
    taules... Parce que d’une répression “spécifique” surgissent
    des
    questions plus larges qui touchent tout un chacun, l’aspect défensif de
    l’anti-répression doit s’allier à d’autres batailles. Quand plusieurs
    personnes se retrouvent en prison, accusées de l’incendie du centre de
    rétention de Vincennes, cela devrait logiquement entraîner une
    solidarité au moins de la part de tous ceux qui participent à la lutte
    contre les centres de rétention et aux
    côtés des sans-papiers. Il
    y a un enjeu, au sein même de cette lutte, à être solidaire des
    inculpés et à se battre pour leur libération.Aussi, nous avons fait le
    choix de parler de la répression au sein des luttes, et non de la
    penser comme un moment séparé du reste. Et cela parce que la chaîne
    répressive poursuit toujours le même objectif : arrêter par la force et
    la violence des actes
    d’insoumission, qu’ils soient individuels ou collectifs. Parce qu’elle a
    notamment
    pour but que tout le monde marche droit, il faut répondre à l’offensive
    de la manière la plus large possible, et être solidaire non seulement
    des personnes inculpées, mais aussi des actes reprochés. Lorsque l’Etat
    s’attaque à un c’est l’affaire de tous.
    Mais, et c’est toujours le
    même problème, comment parvenir à relier les luttes entre elles, sans
    se retrouver face à une opposition si globale et si abstraite qu’elle
    en devient paralysante, qu’on ne sait pas par quel bout commencer ? On
    est sans cesse tiraillé entre la volonté de prendre la critique du
    monde par un bout et la
    conviction que c’est un système entier et une logique globale qu’il faut attaquer.
    Ce n’est pas une raison pour ne pas tenter le coup. Alors on est
    partis
    de ce qu’on vivait, de la volonté de réagir par rapport aux
    arrestations de camarades. On a parlé de ces arrestations dans des
    espaces de discussion qui nous sont proches, avec l’idée de les faire
    exister dans des assemblées de lutte, des lieux où on s’organise
    politiquement. Faire entendre des voix à la radio, distribuer des
    textes dans les manifestations, organiser des
    rassemblements, des
    concerts de soutien et des discussions, lancer des appels à la
    solidarité. Par ces biais-là, on souhaite réussir à aller au-delà de
    ces arrestations, gueuler contre les taules, contre le fichage qui nous
    enferme tous, assumer le sabotage de ce qui nous emmerde...
    C’est
    pour cela que l’on n’a pas choisi la forme d’un comité de soutien pour
    les copains de janvier. Evidemment qu’on voulait les défendre et les
    arracher à la prison, mais il nous était impossible de nous centrer
    totalement sur eux en oubliant que les prisons sont pleines, et que
    personne n’a rien à y faire. Du coup, la forme comité de soutien à
    “Tartempion” nous semblait manquer de perspective, être trop étriquée,
    décalée avec ce qu’on voulait faire.
    Parce que nous luttons contre
    toutes les prisons, nous avons gueulé « liberté pour tous les
    prisonniers » en même temps que “liberté pour Tartempion”. Evidemment,
    ce n’est pas pour autant que s’est développée une grande lutte contre
    toutes les prisons et le monde qui va avec, mais le cœur y était !

    La première brochure Mauvaises Intentions de mai 2008 montre bien les paradoxes dans lesquels on est pris. Relue aujourd’hui,
    elle
    nous paraît souffrir des conditions dans lesquelles elle a été faite.
    L’urgence des premières semaines, la qualification en juridiction
    antiterroriste (assez angoissante aux premiers abords), tout cela a
    surdéterminé cette brochure, qui nous semble manquer d’une analyse plus
    vaste de la situation, des pratiques. Nous avons voulu démonter la
    catégorie “anarcho-autonome” et ne pas
    envisager
    “l’antiterrorisme” comme une juridiction si exceptionnelle, mais comme
    un traitement judiciaire parmi tant d’autres, qui s’applique en
    fonction d’un “profil”, et comme un des outils utilisés par l’Etat pour
    s’autoriser toujours plus de contrôle sur tous. Et si nous sommes
    restés un peu coincés dans ces catégories, c’est qu’il était nécessaire
    d’en parler pour tenter de les démonter.
    Alors on a décidé de
    récidiver. Parce qu’on a peut-être aujourd’hui un peu plus de recul,
    parce que nous avons continué de réfléchir
    ensemble, et qu’entre-temps de nouveaux événements sont survenus.
    Et
    aussi, pour que reste posée la question des personnes et des actes
    visés par la répression. Pour ce qui est des actes reprochés à Isa,
    Juan et Damien : au-delà de la relative banalité des faits, à savoir la
    tentative ratée de brûler une bagnole de flics pendant les
    présidentielles, qui occasionne rarement une instruction antiterroriste
    de plusieurs mois, c’est bien l’engagement de ces
    personnes dans
    des luttes qui a déterminé la teneur de la répression.Or, cet
    engagement est une grande part de ce que nous avons partagé avec eux et
    avec d’autres : la volonté commune d’enrayer la marche de ce système
    par la réflexion critique, la rencontre, la confrontation et le
    sabotage. Le sabotage, non pas
    comme un moment séparé du reste,
    mais comme une forme d’action parmi d’autres.Le sabotage qui vient des
    condamnés à vie au travail à la chaine a toujours été un moyen
    d’arracher quelques instants de liberté. Il permet concrètement — bien
    que provisoirement — de perturber, ralentir, casser les dispositifs qui
    nous contraignent. Parce que chaque caméra est un point faible
    de
    la vidéosurveillance, parce que la solidarité de quelques passagers
    peut rendre inefficaces les décisions de “reconduite à la frontière”
    des sans papiers, parce que tout chantier de prisons ou de centres de
    rétention a besoin de machines-outils en bon état de fonctionnement,
    parce qu’aucun patron ne peut tirer sa plus-value d’un piquet de
    grève...

    [Ce nous qui écrit, n’est pas un nous de groupe
    constitué ou homogène. Il fait référence à un nous de personnes proches
    des personnes incarcérées, à une proximité faite d’amitiés, et de
    luttes.]
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    Message par bye Mer 28 Jan - 6:35

    TARNAC

    Manifestation nationale à Paris le 31 janvier.
    Solidarité avec les inculpés de l’antiterrorisme.

    mardi 20 janvier 2009, par Platô

    Le samedi 31 janvier, aura lieu à Paris une grande manifestation
    contre l’antiterrorisme. Le départ est fixé à 15h, au RER Luxembourg. Des cars partiront du limousin, ainsi que de Rouen (rapprochez vous des comités locaux pour plus d’informations, ils disposent aussi des affiches que vous pouvez retrouver ici). Informez-nous si des départs groupés (train, bus, covoiturage) sont aussi prévus depuis votre ville.

    Le samedi 24 auront aussi lieu une série de rassemblement en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme, à Agen, Lyon, Rennes, Toulouse, Grenoble,Poitiers, Genève. Et aussi, à Paris XXe, une manifestation en solidarité avec tous les révoltés.

    Rappelons que le 18 janvier une manifestation s’est produite devant
    la prison de Versailles où est incarcérée Isa, détenue "préventivement" depuis 1 an, sous régime antiterroriste, accusée d’avoir voulu incendier une dépanneuse de la police.

    Appel pour la manif du 31, à Paris :

    Ce qui est attaqué ? Ce sont nos luttes, nos mots, nos modes de vie, nos armes, nos amitiés et la possibilité d’affronter l’ordre des choses.

    "Association de malfaiteurs", "association de malfaiteurs en relation
    avec une entreprise terroriste" font partie de ces petites machines de guerre par lesquelles on gouverne. Par lesquelles on prétend neutraliser dans l’œuf tout ce qui veut exister avec une épaisseur politique.

    A Tarnac comme à Villiers-Le-Bel, A la Goutte d’or comme à Vincennes,mêmes méthodes, même guerre. Bush nous avait prévenus : la guerre au terrorisme sera sans fin. C’est aujourd’hui l’horizon commun de tous les gouvernements.

    L’état d’urgence permanent ne nous fait plus peur ; contre
    l’antiterrorisme comme mode de gouvernement : Organisons-nous !

    MANIFESTATION NATIONALE 31 JANVIER 2009, PARIS départ RER Luxembourg 15 heures

    Libération des inculpés de l’antiterrorisme. Arrêt des poursuites.


    Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre:

    http://www.soutien11novembre.org/

    11novembre-soutien@gmx.com
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    Message par bye Dim 8 Fév - 9:05

    Au moins 3000 personnes ce samedi à Paris

    https://www.dailymotion.com/video/x87pgw_manifestation-de-soutien-aux-inculp_news?from=rss



    Tarnac : 1200 personnes manifestent pour Julien Coupat

    LEMONDE.FR avec AFP | 31.01.09 | 19h22 • Mis à jour le
    31.01.09 | 19h25






    Plus d'un millier de personnes ont
    manifesté, samedi 31 janvier après-midi à Paris, pour les mis en examen dans
    l'enquête sur les dégradations contre des lignes TGV. Ils étaient 1200, selon la
    police, à défiler demandant notamment la libération de Julien Coupat, le
    seul encore en détention dans cette affaire.
    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 35393033336563333439363564383230?&_RM_EMPTY_





    Scandant des slogans tels que "police partout, justice nulle part!", "libérez
    Coupat enfermez Alliot-Marie!" ou "c'est l'Etat les terroristes!", beaucoup
    d'entre eux portaient des masques blancs avec l'inscription "terroriste". Des
    incidents ont eu lieu lorsque le cortège est passé à proximité de la prison de
    la Santé (XIIIe arrondissement), où est détenu Julien Coupat, soupçonné d'être
    le chef du groupe à l'origine des dégradations contre des lignes TGV et
    incarcéré depuis le 15 novembre. Des tirs de feu d'artifice à l'horizontale, des
    jets de projectiles et de fumigènes ont visé les CRS, qui maintenaient un
    important cordon, avec grilles et canon à eau, pour empêcher les manifestants de
    s'approcher de la prison.


    "Ne nous laissons pas terroriser par l'Etat", proclamait une banderole de la
    Fédération anarchiste. "L'Etat français prend des boucs émissaires et comme par
    hasard c'est le mouvement libertaire anarchiste qui est visé", a déclaré Hugues Lenoir, de
    la Fédération anarchiste. "Cela aurait pu être moi, ça aurait pu être bien
    d'autres ici", a confié une manifestante sous le couvert de l'anonymat, au sujet
    de la détention de Julien Coupat. Le cortège est arrivé sans autre incident vers
    17 H 30 place Denfert-Rochereau, lieu prévu pour la dispersion.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/31/tarnac-1200-personnes-manifestent-pour-julien-coupat_1149246_3224.html
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 11 Fév - 13:18

    TULLE

    Réunion du 05/02/2009 du Comité de soutien aux Inculpés du 11 Novembre


    Retour sur la manifestation « sabotons l'antiterrorisme » du 31 janvier

    (arrestations de 5 personnes, dont une du comité veyronnais, nos compagnons de route).

    Évènements repris par les médias ( Le monde, Médiapart, Politis, Rue 89, Nouvel Obs ...)


    Nos constats :

    • Déploiement policier disproportionné (1250).
    • Stratégies d' enfermement des cortèges lors des manifestations(murs de CRS dans les rues,
      souricières sur les places), même processus à Vichy.

    • Créer une pression policière constante, pour preuves : notre départ de Tulle par car, contrôle auprès du chauffeur ( papiers, itinéraire), accueil à la porte d'Orléans des deux cars rassemblant les manifestants des comités de l'Aveyron, Limoges,Tarnac et Tulle jusqu'au Jardin du Luxembourg et pour finir, mandat à surveiller et « pister » nos cars jusqu'à leur départ de Paris).
    • Cohésion de la manifestation, il semblerait que les groupes les plus virulents soient plus
      sensibles à son maintien.

    • La culture de l'a priori chez les policiers, jeunes, moins jeunes.... ( interrogé sur la possibilité d'une garde à vue prolongée de notre compagnon aveyronnais, un gradé
      répond : « à première vue, non, c'est un vieux ».

    • Politique répressive dramatique. Limoges, « Teddy Bear », incursion musclée non justifiée avec arrestations à la clef. Toujours Limoges, procès le 26 février de Kevin, victime des forces de l'ordre, ce jeune manifestant se retrouve en position d' accusé.




    Situation de Julien Coupat

    Le 30 janvier, la cour d'appel a rejeté la demande de remise en liberté, Julien doit être auditionné à nouveau le 11 février, par le juge d'instruction, Thierry Fragnoli.
    .




    Démarches auprès des Élus

    Demande aux Élus de prendre une délibération sur une motion dans laquelle ils demandent la libération immédiate du dernier prisonnier et le retrait du chef d'inculpation
    pour terrorisme


    • Rencontre très positive auprès de René Teulade et Frédéric Monteil, parfaite connaissance du dossier, prise en compte de notre demande de motion.
    • Rendez-vous avec F.Hollande et Pierre Coutaud à qui il a été demandé de faire circuler l'information
    • Mairie de Sérilhac, engagement à faire voter la motion au conseil municipal ou individuellement.

      Nouvelle démarche auprès des élus locaux (maires,et conseils municipaux) à qui nous demanderons, un soutien exprimé après débat en conseil municipal. A cette occasion nous leur remettrons un dossier comprenant :
    • La motion du Conseil Général
    • Les bulletins de la « Taïga »
    • Tarnac ou l'antiterrorisme à grand spectacle, tribune publiée dans le monde du 3 février.

    Initiatives en cours

    • Création de timbres sur le site postal : le « Poing » de Didier JEAN & ZAD, l'effigie du Soutien à Tarnac. Une réserve toutefois, le coût de l'impression ( PU :1 euro).

    • Demander aux Mairies de Tulle et de Brive, la possibilité d'accrocher une banderole rappelant le nombre de semaines d'emprisonnement de Julien. Inscriptions retenues pour la banderole « Soutien Tarnac- l'affiche du Poing-Julien Coupat en prison depuis x semaines »
    • Autocollants, voir avec Tarnac, le financement de la prochaine réimpression.
    • Réflexion,élargir aux cas d'emprisonnement « analogues »,l'affiche emblématique du Poing

    Projets:

    • Soirée littéraire autour du thème de la « politique sécuritaire ».

      Retour sur la vente de l'insurrection qui vient, la vente des soixante livres, complétée par celle des affiches, a permis d'envoyer un chèque au Comité de Tarnac de
      230e.

    • Soirées projections et débats sur les différentes formes de Résistance :
    - DVD sur les combats de Charlie BAUER, en sa présence.

    - Film de la « Brigade activiste des clowns », les questions politiques traitées par la dérision,Charlie BERANGER devrait être là.

    • Voir avec les organisateurs du Festival des Résistances à Royère, pour fédérer les collectifs et étudier la possibilité de notre présence.
    • Soirée avec Miguel Benassayag toujours à l'ordre du jour, petit souci de calendrier, pas de date
      pour l'instant.



    Prochaine réunion le Mardi 10 Mars
    20h30
    bye
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Dim 22 Mar - 8:37

    lettre des inculpés de tarnac



    A nos juges,

    Voilà quatre mois que le feuilleton
    médiatico-judiciaire intitulé l’"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir
    finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il
    plus de chance vendredi 13 ? Non, finalement on le gardera encore un peu en
    prison, enfermé dans son nouveau rôle de chef d’une cellule invisible. Puisqu’il
    semble que quelques personnes aient encore intérêt à faire perdurer cette
    mascarade, même au-delà du grotesque, il va nous falloir endosser, encore une
    fois, le rôle que l’on nous a taillé ("les 9 de Tarnac"), pour un nécessaire
    éclaircissement collectif. Alors voilà. ...


    Primo. Pendant que des journalistes fouillaient
    jusque dans nos poubelles, les flics reluquaient jusqu’à l’intérieur de nos
    rectums. C’est assez désagréable. Depuis des mois vous ouvrez notre courrier,
    vous écoutez nos téléphones, vous traquez nos amis, vous filmez nos maisons.
    Vous jouissez de ces moyens.


    Nous, les neuf, nous les subissons, comme tant
    d’autres. Atomisés par vos procédures, neuf fois un, alors que vous, vous êtes
    toute une administration, toute une police et toute la logique d’un monde. Au
    point où nous en sommes, les dés sont un peu pipés, le bûcher déjà dressé.
    Aussi, qu’on ne nous demande pas d’être beaux joueurs.


    Deuzio. Bien sûr vous avez besoin d’"individus",
    constitués en "cellule", appartenant à une "mouvance" d’une fraction de
    l’échiquier politique. Vous en avez besoin, car c’est votre seule et dernière
    prise sur toute une part grandissante du monde, irréductible à la société que
    vous prétendez défendre. Vous avez raison, il se passe quelque chose en France,
    mais ce n’est certainement pas la renaissance d’une "ultragauche". Nous ne
    sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme toute plutôt vulgaire
    d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un
    affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui
    prétend pouvoir lui survivre.


    Il va sans dire qu’à la vue de ce qui se passe en
    Guadeloupe, en Martinique, dans les banlieues et les universités, chez les
    vignerons, les pêcheurs, les cheminots et les sans-papiers, il vous faudra
    bientôt plus de juges que de profs pour contenir tout ça. Vous n’y comprenez
    rien. Et ne comptez pas sur les fins limiers de la DCRI pour vous
    expliquer.


    Tertio. Nous constatons qu’il y a plus de joie dans
    nos amitiés et nos "associations de malfaiteurs" que dans vos bureaux et vos
    tribunaux.


    Quarto. S’il semble aller de soi pour vous que le
    sérieux de votre emploi vous amène jusqu’à nous questionner sur nos pensées
    politiques et sur nos amitiés, nous ne nous sentons pas, quant à nous, le devoir
    de vous en parler. Aucune vie ne sera jamais absolument transparente aux yeux de
    l’Etat et de sa justice. Là où vous avez voulu y voir plus clair, il semble
    plutôt que vous ayez propagé l’opacité. Et l’on nous dit que, désormais, pour ne
    pas subir votre regard, ils sont toujours plus nombreux ceux qui se rendent à
    des manifestations sans téléphone portable, qui cryptent les textes qu’ils
    écrivent, qui font d’habiles détours en rentrant chez eux. Comme on dit : c’est
    ballot.


    Quinto. Depuis le début de cette "affaire", vous avez
    semblé vouloir accorder beaucoup d’importance au témoignage d’un mythomane,
    aussi appelé "sous X". Vous vous obstinez, c’est courageux, à accorder un peu de
    foi à ce ramassis de mensonges, et à cette pratique qui a fait l’honneur de la
    France il y a quelques décennies - la délation. C’en serait presque touchant, si
    ça ne conditionnait pas l’accusation de chef à l’encontre de Julien, et donc son
    maintien en détention. Si ce genre de « témoignage » ne justifiait pas des
    arrestations arbitraires – à l’occasion, par exemple, de quelques balles
    envoyées par la Poste, ou sur la police, dans l’Hérault, ou à
    Villiers-le-bel.


    Enfin, étant entendu que la marge de liberté qu’il
    nous reste est désormais fort réduite, que le seul point à partir duquel nous
    pouvons nous soustraire à votre emprise réside dans les interrogatoires auxquels
    vous nous soumettez à intervalles réguliers. Que Julien s’est déjà vu refuser
    quatre demandes de remise en liberté. Qu’il est notre ami. Qu’il n’est rien de
    plus que ce que nous sommes. Nous décidons qu’à partir de ce jour, dans
    l’héroïque tradition d’un Bartleby, "nous préférerons ne pas". En gros, nous ne
    vous dirons plus rien et cela jusqu’à ce que vous le libériez, jusqu’à ce que
    vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous
    tous. En résumé, jusqu’à ce que vous abandonniez les poursuites.


    Pour tous ceux qui, là où ils sont, se battent et ne
    se résignent pas. Pour tous ceux que le ressentiment n’étouffe pas et qui font
    de la joie une question d’offensive. Pour nos amis, nos enfants, nos frères et
    nos soeurs, les comités de soutien. Pas de peur, pas d’apitoiement. Pas de
    héros, pas de martyrs. C’est précisément parce que cette affaire n’a jamais été
    juridique qu’il faut transporter le conflit sur le terrain du politique. Ce que
    la multiplication des attaques d’un pouvoir toujours plus absurde appelle de
    notre part, ce n’est rien d’autre que la généralisation de pratiques collectives
    d’autodéfense partout où cela devient nécessaire.


    Il n’y a pas neuf personnes à sauver mais un ordre à
    faire tomber.


    Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon,
    Matthieu, Yldune sont, avec Julien Coupat, mis en examen dans l’"affaire de
    Tarnac".


    (Publié dans le journal Le Monde, du 17
    mars).


    http://www.soutien11novembre.org/
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 25 Mar - 19:57

    Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac
    > LE MONDE | 25.03.09 | 13h52
    > http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/03/25/ce-que-contient-le-dossier-d-instruction-de-l-affaire-tarnac_1172333_3224.html#xtor=AL-32280184
    >
    >
    > Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac
    >
    > L’ensemble atteint déjà la hauteur de sept à huit Bottin. Le dossier de l’affaire Tarnac, que Le Monde a pu consulter, près de mille pièces et procès-verbaux numérotés, peut être scindé en deux. D’un côté, sept mois de filatures, d’écoutes, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril 2008; de l’autre, quatre mois d’instruction, toujours en cours depuis la mise en examen, le 15 novembre 2008, de neuf personnes accusées de terrorisme et pour certaines, de sabotage contre des lignes SNCF en octobre et en novembre 2008.

    Bertrand Deveaux, 22 ans, Elsa Hauck, 24 ans, Aria Thomas, 27
    ans, Mathieu Burnel, 27 ans, puis Gabrielle Hallez, 30 ans, Manon Glibert, 25 ans, Benjamin Rosoux, 30 ans, et Yildune Lévy, 25 ans, ont tous, depuis, recouvré la liberté sous contrôle judiciaire. Seul, Julien Coupat, 34 ans, considéré comme le chef, reste incarcéré.

    Le dossier a beau être dense, il ne contient ni preuves matérielles
    ni aveux, et un seul témoignage à charge, sous X, recueilli le 14
    novembre.
    Les rares confidences lâchées lors des gardes à vue ont été
    corrigées depuis. "Ils [les policiers] ont tout fait pour me faire dire que Julien Coupat était un être abject, manipulateur", affirme le 22janvier Aria Thomas à Yves Jannier, l’un des trois juges instructeurs du pôle antiterroriste. "Pour que les choses soient claires, poursuit-elle, je n’ai jamais pensé, ni cru ou eu le sentiment que Benjamin Rosoux ou Julien Coupat soient prêts à commettre des actes de violence." Suit cet échange, le 13février, entre le juge Thierry Fragnoli et Julien Coupat, dépeint par le témoin sous X comme un «gourou quasi sectaire», enclin à la violence politique.

    "UNE ESPÈCE DE CHARLES MANSON DE LA POLITIQUE"

    – Le juge: "Pensez-vous que le combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l’atteinte de
    celle-ci?
    – Julien Coupat: "Ça fait partie (…) du caractère délirant de la
    déposition du témoin 42 [sous X] tendant à me faire passer pour
    une espèce de Charles Manson de la politique (…) Je pense que c’est une erreur métaphysique de croire qu’une justification puisse avoir le même poids qu’une vie d’homme."
    Il arrive parfois que le juge tâte le terrain à ses dépens. –
    "J’imagine que votre ami Coupat et vous-même, de par vos formations et vos goûts, vous vous intéressez à l’histoire (…) des grands mouvements révolutionnaires. Est-ce le cas?", demande-t-il le 8 janvier à Yildune Lévy, la compagne de Julien Coupat.
    – "Pour ce qui me concerne, je m’intéresse plus à la
    préhistoire", rétorque l’étudiante en archéologie.

    Séparément, le couple Lévy-Coupat livre une même version pour
    justifier, au terme de multiples détours, leur présence, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à proximité d’une des lignes SNCF endommagées. Elle:
    "On a fait l’amour dans la voiture comme plein de jeunes." Lui: "On
    s’est enfoncés dans la campagne pour voir si nous étions suivis et
    nous n’avons eu aucun répit, puisque, où que nous allions, 30 secondes après s’être arrêtés, même dans les endroits les plus reculés, il y avait des voitures qui surgissaient."

    Tous deux s’accordent sur leur voyage de "tourisme", en janvier 2008, et le franchissement clandestin de la frontière des Etats-Unis depuis le Canada. Cette information, transmise par les Américains, motivera l’ouverture de l’enquête préliminaire. "Pour moi, refuser de se soumettre volontairement au fichage biométrique est un principe éthique", justifie Julien Coupat.

    Les neuf reconnaissent leur engagement militant et leur présence lors de manifestations qui ont pu donner lieu à des affrontements, tel le contre sommet de l’immigration à Vichy en novembre2008. Mais ils récusent l’étiquette de "structure clandestine anarcho-autonome entretenant des relations conspiratives avec des militants de la même idéologie implantés à l’étranger" que leur attribue la sous-direction à la lutte antiterroriste (SDAT), sur la "base des informations communiquées par la direction centrale du renseignement intérieur", non jointes. Les sabotages ont été revendiqués le 9 novembre 2008 à Berlin. – "Si ce sont des Allemands qui revendiquent, ça semble être une explication",
    relève Yildune Lévy.

    La police a déployé d’importants moyens comme en témoignent les très nombreuses écoutes téléphoniques et interceptions de courriers électroniques des mis en examen et parfois de leurs parents, bien avant les interpellations. Une enveloppe à bulle contenant une clé, envoyée par Julien Coupat depuis la Grèce en septembre 2008, au domicile de son père à Rueil-Malmaison, est ainsi ouverte avant d’être distribuée.
    Des caméras de surveillance ont été posées autour de la ferme du
    Goutailloux à Tarnac (Corrèze) – considérée comme la base du groupe – et au domicile parisien de Yildune Levy et Julien Coupat.

    LA SURVEILLANCE DU GROUPE NE DATE PAS D’HIER

    Les filatures s’enchaînent, minutieuses mais peu démonstratives. Au
    fil des pages, on découvre les «albums photos» de tous ceux qui ont fréquenté les lieux. Les manifestations de soutien recensées à
    l’étranger sont maigres: un engin incendiaire devant la porte de l’AFP à Athènes, des boules de Noël contre le consulat français à
    Hambourg.

    L’interpellation des neuf, le 11 novembre 2008, trois jours après
    le sabotage constaté sur plusieurs lignes TGV, donne lieu à de
    nouvelles investigations: brosses à dents, rasoirs, sacs de couchage, manteaux, bouteilles, mégots sont examinés au plus près pour récupérer les ADN.
    Un sac poubelle noir contenant deux gilets pare-balles coincés dans
    une cheminée au Goutailloux est trouvé. "Je n’ai jamais vu ce sac
    auparavant", dira Benjamin Rosoux au juge. Les expertises des
    gendarmes sur les crochets métalliques fixés aux caténaires n’ont rien donné, pas plus que l’étude des lieux. Un responsable de la maintenance SNCF précise que le dispositif malveillant "ne peut en aucun cas provoquer un accident entraînant des dommages corporels".

    La surveillance du groupe ne date pourtant pas d’hier comme
    l’atteste, en 2005, l’enquête pour blanchiment versée à l’instruction. Elle fait suite au signalement opéré par Tracfin dès l’achat du Goutailloux.
    "Julien Coupat et Benjamin Rosoux seraient membres de mouvances anarcho-libertaires et auraient participé, à ce titre, à de nombreuses actions contestataires", justifie la cellule antiblanchiment de Bercy.
    La police financière note que Julien Coupat fait l’objet d’une fiche
    RG créée le 26 décembre 2002 [date qui correspond à l’occupation de Nanterre par des étudiants], modifiée le 28 octobre 2005 pour "mise sous surveillance". Même chose pour Gabrielle Hallez et Benjamin Rosoux.
    Jusqu’ici, aucun n’a fait l’objet d’une condamnation.

    Les enquêteurs ont saisi et décortiqué les lectures du groupe. Le
    livre l’Insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat, – ce qu’il nie
    –, figure dans le dossier. Il voisine avec un document Internet, traduit de l’allemand sur des produits AEG "sans sueur, sans sciage, le crochet en forme de griffe pour les bricoleurs".

    Conscients que les résultats des commissions rogatoires
    internationales lancées par les juges vont prendre du temps, les avocats, Irène Terrel, défenseure de quatre des mis en examen et William Bourdon, conseil de Yildune Lévy, s’apprêtaient, mercredi 25 mars, à adresser un courrier au juge Thierry Fragnoli lui demandant de se déclarer incompétent et de se dessaisir du dossier. Un dossier qu’ils ont l’intention, avec leurs confrères Dominique Vallés et Philippe Lescène, de commenter, le 2 avril, devant la presse dans les locaux de la Ligue des droits de l’homme.
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    Message par bye Sam 18 Avr - 7:40

    De Guantanamo à Tarnac :
    un renversement de l'ordre de droit

    La mise en scène de l'arrestation et de l'inculpation des " autonomes de Tarnac " est un phénomène qui révèle non seulement un bouleversement de l'ordre juridique, mais aussi une mutation plus profonde, celle de l'ordre symbolique de la société. Le renversement du rôle de la loi est lui-même le phénomène d'une " père-version " de la Loi symbolique.


    Les procédures mises en place représentent un des aspects les plus significatifs de la tendance imprimée par la " lutte contre le terrorisme ", à savoir qu'un individu est désigné comme terroriste, non pas parce qu'il a commis des actes déterminés, mais simplement parce qu'il est nommé comme tel. Cela est le point d'aboutissement d'une tendance qui se déploie depuis une dizaine d'années. Le processus de subjectivation du droit aboutit ainsi à un renversement du rôle de la loi. Cette dernière n'est plus un cran d'arrêt à l'arbitraire, mais une forme vide
    consacrant la concentration des pouvoirs aux mains de l'exécutif. En l'absence
    d'un imaginaire organisateur, d'une conscience politique unifiée, le pouvoir a
    la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas,
    mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de
    la fonction symbolique explique l'absence de frein à la toute-puissance de
    l'État qui se montre en tant qu'image englobante, en tant que figure maternelle.
    À un ordre social névrotique qui se révèle contradictoire, se substitue une
    structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de
    confrontation subjective. La distinction entre intérieur et extérieur disparaît.
    La fusion entre droit de la guerre et droit pénal est pleinement inscrite dans
    une loi américaine de 2006, qui permet au pouvoir exécutif américain de désigner
    comme ennemis ses propres citoyens.
    L'affaire des " autonomes " de Tarnac s'inscrit dans cette modernité de la guerre des gouvernements contre leurs propres populations. À part quelques rituels dans l'expression verbale du pouvoir, cela n'a pas grand-chose à voir avec la vieille notion d'ennemi intérieur et la stigmatisation traditionnelle des opposants politiques. Ici, on ne s'attaque pas à une idéologie déterminée, à une forme de conscience, mais simplement au corps, à des comportements, au refus de s'abandonner à la machine de mort. Il ne s'agit donc pas de démanteler une avant-garde, mais de montrer que le refus de faire de l'argent, d'éviter les dispositifs de contrôle ou la volonté de refaire du lien social constituent une forme d'infraction, la plus grave qui existe dans notre société, un acte terroriste. Cela concerne tout un
    chacun et non seulement une minorité.

    La mouvance " anarcho-autonome " de Tarnac

    Le 11 novembre 2008, dans le cadre de " l'opération Taïga ", 150 policiers ont encerclé Tarnac. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L'interpellation de dix jeunes gens est avant tout un spectacle destiné à créer l'effroi.

    Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotage de lignes de la SNCF, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants, l'arrachage de plusieurs caténaires, ont été qualifiés de terroristes, alors qu'ils n'ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L¹accusation, qui dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, reconnaît n¹avoir aucune élément matériel de preuve.
    C'est leur profil qui justifie leur inculpation. Ils ont été arrêtés car " ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers " et nombre d'entre eux " participaient de façon régulière à des manifestations politiques ", par exemple : "aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l¹immigration ".
    Selon Jean-Claude Marin,
    procureur de Paris, les cinq jeunes placés en détention préventive seraient le "
    noyau dur d¹une cellule qui avait pour objet la lutte armée ". Les quatre autres personnes arrêtées seront rapidement libérées sous condition, mais resteront suspectées de " dégradation en réunion sur des lignes ferroviaires dans une perspective d¹action terroriste ". En l'absence d'éléments à charge, trois des cinq
    prisonniers seront ensuite libérés, mais resteront assignés à résidence. Quant à
    la maison des inculpés, elle est désignée comme un " lieu de rassemblement,
    d¹endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ".
    Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotage, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de terroristes et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, bien que la police reconnaisse l'absence de tout élément matériel de preuve.
    L'image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux
    faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est
    déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées
    comme terroristes. L'acte de nommer, antérieur à toute procédure d'évaluation
    objective, renverse celle-ci et enferme dans l'image, dans une forme vide. Cette
    procédure est l'aboutissement d'un processus rapide de subjectivation de l'ordre
    juridique.

    Un processus de subjectivation du droit
    Les anciennes lois antiterroristes, existant bien avant le 11-Septembre, avaient pour but de nier le caractère politique de l'acte poursuivi en criminalisant celui-ci. Pour les nouvelles législations, c'est au contraire le caractère politique qui est attribué au délit, l'intention supposée, de faire pression sur un pouvoir public ou une organisation internationale, qui donne à l'infraction son label terroriste.

    La décision-cadre européenne relative à l'infraction et à l'organisation terroristes, qui est actuellement intégrée par tous les États membres, est taillée de toutes pièces pour s'attaquer aux mouvements sociaux et à la contestation. C'est non seulement l'élément subjectif de l'infraction, l'intention attribuée à l'acte, qui la détermine comme terroriste, mais l'élément objectif de l'infraction désigne, comme immédiatement terroriste, le fait d'occuper un bâtiment administratif ou un moyen de transport public. Ces lois mettent en place également un délit d'appartenance qui permet de poursuivre une personne qui fait simplement partie de l'organisation incriminée. Elles introduisent ainsi, en opposition avec l'ensemble de la tradition juridique occidentale, une notion de responsabilité collective. Elles créent également un délit d'intention. On peut être poursuivi non pas en rapport avec un acte commis, mais simplement parce qu¹on aurait eu l'intention de le commettre.

    La Grande-Bretagne va encore plus loin. Le Terrorism Act 2006 se pose
    au-delà de l'intention. Il crée un délit d'atmosphère. On est responsable des
    conséquences qui sont attribuées à son discours, quelle que soit l'intention qui
    est à la base de celui-ci. Par exemple, des paroles de soutien à une action de
    défense armée, n'importe où dans le monde, créent une " atmosphère favorable au
    terrorisme ". L'auteur du discours est pénalement responsable des actes commis "
    par un jeune homme sensible " qui poserait une bombe dans le métro et qui
    déclarerait qu'il a été influencé par ces paroles. Aucun élément matériel entre
    l'acte commis et les mots prononcés n'est nécessaire pour établir les
    poursuites.
    C'est leur caractère subjectif qui spécifie toutes ces législations. Elles donnent au juge le pouvoir de déterminer si un acte ou si une parole relève du terrorisme. La capacité de désigner une personne ou un groupe comme tel est aussi assurée par le pouvoir exécutif. Les listes, existant au niveau de l'Union européenne, sont un bon exemple de cette procédure. On y est inscrit, non pas parce qu'on a commis un acte ou qu'on a prononcé des paroles déterminées, mais simplement parce que l'on est nommé comme tel ou que l'on fait partie d'une organisation qui a été désignée comme terroriste par le Conseil de l'Union européenne. Cette décision échappe au pouvoir judiciaire.
    Elle est purement politique et relève de l'exécutif. En pratique, les recours
    sont inexistants. Le plus souvent, l'inscription résulte de pressions
    étasuniennes.
    Ces listes sont un bon exemple de la tendance imprimée par les
    différentes réformes du droit pénal au niveau international. Elles vont toutes
    dans le même sens : déposséder le pouvoir judiciaire de ses prérogatives afin de
    les confier à l'exécutif.

    Les populations comme ennemies du gouvernement
    Une loi américaine de 2006, le Military Commissions Act, qui a une portée mondiale, est l'élément qui montre le mieux ce processus. La condamnation le 6 août 2008, dans le cadre de cette loi, de Salim Ahmed Hamdan, ancien chauffeur présumé de Ben Laden, à cinq ans et demi de prison pour " soutien matériel au terrorisme ", par un tribunal militaire spécial de Guantanamo, permet d'en saisir concrètement les effets, à savoir l'installation de la psychose comme organisation politique de la société.

    Rappelons que l'aveu de la fonction de chauffeur de Ben Laden, l'élément de
    preuve qui a permis sa condamnation, lui a été arraché sous la torture. Hamdan a
    été condamné par une commission militaire, c'est-à-dire par un tribunal
    militaire spécial mis en place par le pouvoir exécutif, pour juger les personnes
    qu'il désigne comme " ennemis combattants illégaux ". Les membres du jury et les
    avocats de la défense sont des militaires désignés par l'accusation. Le tribunal
    peut accepter des preuves obtenues par la torture ou par ouï-dire. L'accusé ne
    peut assister à l'entièreté de son procès et ne peut contester, ni vérifier la
    matérialité des " preuves ".
    Le statut d¹" ennemi combattant illégal " n'est pas nécessairement attribué aux auteurs d'actes de guerre contre les États-Unis, mais simplement aux individus nommés comme tel par l'administration. Cette loi autorise l'exécutif à désigner comme ennemis ses propres citoyens ou tout ressortissant d'un pays avec lequel les USA ne sont pas en guerre. En fusionnant droit pénal et droit de la guerre, elle supprime toute distinction entre intérieur et extérieur. L'incrimination d'ennemi combattant illégal n'a rien à voir avec l'exercice de la guerre, ni d'ailleurs avec une quelconque matérialité des faits. Ainsi, du fait de sa fonction de chauffeur de Ben Laden, Hamdan
    aurait apporté à ce dernier une aide qui ferait de lui un complice des attentats
    du 11-Septembre. Cependant, Ben Laden, bien qu'il soit présenté par le pouvoir
    exécutif comme le commanditaire des attentats, n'est pas lui-même, par manque de
    preuves, poursuivi par la justice américaine pour ces faits.

    Un renversement du rôle de la loi


    Dernière édition par bye le Sam 18 Avr - 7:49, édité 1 fois
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    Message par bye Sam 18 Avr - 7:41

    Guantanamo à Tarnac ( suite et fin )
    L'administration a la possibilité de créer une virtualité qui s'impose à la matérialité des faits. Ayant purgé sa peine, Hamdan vient d'être libéré, et cela en opposition avec les positions précédentes de l'administration. Le gouvernement a toujours déclaré que, quel que soit le verdict, Hamdan, étant donné son caractère dangereux, devait rester emprisonné.
    Le fait que Hamdan ait été désigné comme ennemi combattant permet une détention
    illimitée, à la discrétion du pouvoir exécutif. En fait, étant donné l'évolution
    du rapport de force, le gouvernement a décidé de renoncer à cette possibilité
    que lui offrait le Military Commissions Act. La loi est ainsi construite de
    manière à ce que l'administration n'ait pas à respecter les décisions des
    tribunaux, qu'elle a elle-même mis en place et dont elle contrôle étroitement le
    fonctionnement. Ce faisant, cette procédure, tout en reconnaissant formellement
    la loi, exerce un déni de sa fonction. Cette dernière n'est plus
    qu'enregistrement de la capacité de l'exécutif à déroger à la règle.

    L'enjeu de cette législation porte bien sur le droit de disposer de soi même. En juin 2008, la Cour suprême a accordé aux prisonniers de Guantanamo la possibilité de déposer un recours en habeas corpus devant une juridiction civile. Il ne s'agit pas de juger le fond de l'affaire, mais simplement de déterminer si le gouvernement dispose d'éléments suffisants lui permettant de garder les prisonniers en détention. Quelque 250 personnes sont
    toujours enfermées à Guantanamo et toutes ont déposé un recours.
    Le gouvernement mène un double combat. D'un part, un lutte d'arrière-garde, à
    travers laquelle il essaye de stopper ou de retarder les recours des prisonniers
    en habeas corpus, mais surtout, il veut que les tribunaux civils n'exigent pas
    la déclassification des preuves secrètes et qu'ils acceptent de fonctionner
    selon des critères en cours dans les commissions militaires.

    Une perversion de l'ensemble de l'ordre juridique
    Ce 20 novembre, le juge Richard J. Leon, de la Cour fédérale du district de Washington, a rendu le prononcé du premier de ces recours. Il concerne six détenus algériens, arrêtés en Bosnie fin 2001 et enfermés depuis à Guantanamo. Le juge a déclaré que cinq des prisonniers avaient été détenus illégalement et qu'ils devaient être immédiatement relâchés. Il a également décidé que le sixième
    détenu avait, quant à lui, été légalement emprisonné. Il aurait apporté un " support matériel " à Al-Qaida. Il aurait été un " agent facilitateur " de l'organisation, organisant les voyages d'autres personnes afin de combattre les États-Unis et qu'il aurait prévu de devenir lui-même un combattant. Le juge s'est rangé à l'argumentation de l'administration, qui a toujours présenté Bensayah Belkacem comme un agent d'Al-Qaida opérant en Bosnie. Rappelons que les six personnes formaient un même groupe et ont été arrêtées ensemble.
    Sur quelle base matérielle le juge a-t-il pu fonder son jugement et déterminer que
    cinq d'entre eux devaient être relâchés et qu'il était légitime de garder
    emprisonné le dernier ? Le juge a accepté de se prononcer à partir de preuves
    secrètes, qu'il a définies comme " des documents classifiés en provenance d'une
    source anonyme ". Il s'agit d'éléments que la défense n'a pas pu confronter,
    puisqu¹elle n'en a même pas eu connaissance. Les prisonniers n'ont pas pu
    assister à leur procès. Une ligne téléphonique leur a seulement été concédée
    pendant les audiences publiques.
    Le fait que le juge ait accepté de se déterminer à partir de preuves secrètes, notamment obtenues par ouï-dire, constitue une légitimation des procédures utilisées par les tribunaux militaires spéciaux. Il crée ainsi une jurisprudence qui intègre ce type de " preuve ". Si elle se généralise, il s'opérera une rationalisation de l'ordre juridique. Ce dernier ne serait plus la juxtaposition de deux structures fonctionnant côte à côte, un système d'exception et un ordre de droit, mais une seule structure intégrée, ayant les commissions militaires pour modèle.
    Grâce à cette jurisprudence, le Military Commissions Act, loi qui inscrit sa transgression dans le texte législatif lui-même, peut remodeler, pervertir l'ensemble de l'ordre de droit étasunien.
    Le Military Commissions Act est l'élément le plus avancé du processus de subjectivation de l'ordre de droit occidental, qui conduit à un renversement, à une " perversion " du rôle de la loi. Cette dernière n'est plus protection contre l'arbitraire, mais abandon à la toute-puissance du pouvoir exécutif.

    Un ordre social psychotique
    La transformation de l'ordre juridique, aux États-Unis et en Europe occidentale, est inédite. D'abord, elle révèle un changement de régime politique, la fin de l'État de droit et le passage à une forme d'organisation qui concentre tous les pouvoirs aux mains de l'exécutif. Mais il ne s'agit là que d'une première approche, qui indique un bouleversement encore plus profond, celui d'une mutation de l'ordre symbolique de la société, à savoir le passage d'une figure paternelle, celle qui, notamment, parcourt une grande partie de l'histoire de la société capitaliste, à une image maternelle triomphante, spécifique de la phase actuelle.
    [size=9]L'image maternante du pouvoir exerce un déni du politique.
    Elle nie les conflits et la différence et ne s'adresse, avec amour, qu'à des
    monades homogénéisées avec lesquelles elle établit une relation intime
    virtuelle. Il s'agit d'une structure sociale où les individus sont plongés dans
    l'effroi et s'abandonnent à l'État. Ils consentent à la destruction de leurs
    libertés et du droit de disposer d'eux mêmes en échange d'une prise en charge,
    d'une protection qui les annule.
    Cette perversion de l'État de droit
    s'inscrit dans une nouvelle réalité mythique construite sur la primauté de
    l'image : la lutte contre le terrorisme, le mal absolu, justifie la suppression
    de nos libertés. Cette imagerie ne supprime pas les faits qui invalident le
    discours du pouvoir, elle les maintient présents, tout en les excluant du
    domaine de ce qui est recevable par la conscience. Le discours du pouvoir
    constitue une nouvelle réalité qui devient le seul référent possible Les faits
    sont ainsi forclos du champ social et de l'espace du pensable. Ce faisant, cette
    image nous installe dans une structure psychotique. Le renversement de l'ordre
    juridique, ainsi que la " perversion " du rapport au réel, sont les conditions
    d'installation de cette structure.
    Le jugement des prisonniers de Guantanamo
    en atteste. C'est également le cas de l'inculpation des " autonomes de Tarnac ".
    L'absence d'éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n'est pas
    niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la
    primauté de l'image construite par le pouvoir. La position de Mme Alliot-Marie,
    reprise au sein d'un rapport de la Direction centrale du renseignement intérieur
    (DCRI), est particulièrement intéressante : " Ils ont adopté la méthode de la
    clandestinité, assure la ministre. Ils n'utilisent jamais de téléphones
    portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de
    mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir,
    dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient
    les prévenir de la présence d'étrangers ". Mais la ministre en convient : " Il
    n'y a pas de trace d'attentats contre des personnes. "
    Ces déclarations résument bien l'ensemble de l'affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c'est leur mode de vie, le fait qu'ils tentent d'échapper à la
    machine économique et qu'ils n'adoptent pas un comportement de soumission "
    proactive " aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable
    devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien
    social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique
    reconstruit le lien symbolique et permet de poser un cran d'arrêt au déploiement
    de la toute puissance de l'État.
    Dans les déclarations de Mme Alliot-Marie la référence aux faits, en l'absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre la phase du délire, une reconstruction du réel avec l'image du terrorisme comme support.
    Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s'opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle " de documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d¹arrivée dans les gares ". Un horaire de la SNCF devient
    ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique
    nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de
    chemins de fer. De même, une échelle devient du " matériel d¹escalade " et,
    ainsi, sa possession est un élément à charge.
    Cette construction psychotique n'est pas le seul fait des autorités françaises. Elle est partagée par la plupart des autorités européennes. Le 27 novembre a eu lieu une arrestation, des perquisitions et des saisies chez des membres du comité belge de soutien aux inculpés de Tarnac. Le mandat de perquisition
    portait la mention " association de malfaiteurs et détériorations en réunion ".
    Détenir des documents relatifs à un comité de soutien peut, selon le rapport de
    force du moment, autoriser des poursuites et, en tout cas, associe ses
    détenteurs à l'enquête menée en France.





    • Giorgio Agamben, " Terrorisme ou farce ", Le Monde, 20 novembre 2008.
    • Marie-Noëlle Bertrand et Sébastien Homer, " Au village, sans prétention ", L'Humanité, 28 novembre 2008.
    • S.3930 Military Commissions Act of 2006, http://www.govtrack.us/data/us/bills.text/109/s/s3930.pdf
    • " Ennemi de l'Empire ", Multitudes, no. 32, printemps 2008.
    • Jerry Markon, " Hamdan guilty of Terror support ", Washington Post, 7 août 2008, p. A01.

    • Ed Haas, " FBI says, 'No hard evidence connecting Bin Laden to 9/11' ", Muckraker Report, 6 juin
      2006,
      http://muckrakerreport.com/id267.html
    • William Glaberson, " Judge Orders Five Detainees Free from Guantanamo ", The New York Times, 20 novembre 2008, http://www.nytimes.com/2008/11/21/us/21guantanamo.html?_r=1&hl
    • Isabelle Mandraud, " L'obsession de l'ultragauche ", Le Monde, 3 décembre 2008.

    • Agamben, op. cit.

    • http://soutien11novembre.org
    httpp://www.eurozine.com/articles/2009-04-08-paye-fr.html
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Sam 18 Avr - 7:55

    Il faut libérer Julien C.


    Dedans dehors ça change
    tout

    par Bruno Maillé
    L’affaire des sabotages de la SNCF sort de sa phase d’oubli médiatique. Le 17 mars dernier, les huit co-inculpés toujours maintenus sous surveillance judiciaire ont publié dans Le Monde une tribune annonçant que le silence de Bartleby serait désormais leur réponse à l’acharnement politique déployé contre eux et dissimulé sous la mascarade judiciaire.
    Puis, le 25 mars, Le Monde affirmait en “une” avoir pris connaissance des pièces du dossier de l’instruction et constaté qu’il était résolument vide, conformément aux affirmations de la Défense depuis le début de l’affaire. Le quotidien reproduisait en outre un échange admirable. “Le juge : “Pensez-vous que le
    combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l’atteinte de celle-ci ?” Julien C. : “Je pense que c’est une erreur métaphysique de croire qu’une justification puisse avoir le même poids qu’une vie d’homme.”" Julien C. ne saurait être plus clair concernant ses dispositions
    éthiques. Ses amis et lui se tiennent assurément à peu près aussi loin des passions tristes des Brigades Rouges que de celles d’Alain Bauer.

    Le 2 avril, enfin, les avocats des neuf personnes mises en examen pour “association de malfaiteurs en relation
    avec une entreprise terroriste” ont tenu une conférence de presse à la Ligue des droits de l’Homme. Ils ont demandé la requalification du dossier en droit commun. Ils ont pointé le caractère prémédité de cette opération politico-judiciaire. Six mois avant l’interpellation de novembre, le 13 juin 2008, le ministère de la Justice avait en effet demandé aux tribunaux dans une circulaire de se dessaisir de tout dossier lié à “la mouvance anarcho-autonome” au profit du parquet antiterroriste de Paris. Ils ont dénoncé le caractère inacceptable et arbitraire de la détention de Julien C., qui dure depuis bientôt cinq mois, en l’absence de la moindre preuve matérielle. Selon Me Terrel, “le
    gouvernement fait la chasse à des gens qui vivent différemment”. Les avocats se sont enfin étonnés que la piste allemande ait été négligée, un groupe allemand ayant revendiqué les sabotages de caténaires dans l’indifférence complète des
    enquêteurs.

    J’évoquerai maintenant les textes qui, selon la police, émaneraient de Julien C. et de ses amis et qui ont été utilisés comme des éléments à charge dans cette affaire. S’ils en sont
    véritablement les “auteurs”, je les en félicite chaleureusement. Car Tiqqun I (qui contient les remarquables Théorie du Bloom et Théorie de la Jeune-Fille), Tiqqun II et l’Appel sont des écrits d’une profondeur, d’une intelligence, d’une densité, d’une beauté très peu communes.
    Je suis heureux de partager avec Jérôme Leroy l’admiration de ces grands textes encore méconnus – qui ont pourtant d’ores et déjà donné lieu à des traductions italiennes, espagnoles et allemandes. Mais je diverge avec lui sur un point, sur lequel je ne puis donner entièrement tort à mon ami Marc Cohen : je n’aime pas du tout L’insurrection qui vient.

    A chaque fois que j’ai tenté de convaincre des amis réactionnaires du caractère décisif de ces ouvrages, je me suis presque toujours heurté au même réflexe de défense. Ils tiennent absolument à fuir ces écrits, à ne pas en éprouver la puissance de pensée et de vérité, en les repoussant dans le bercail familier de la bêtise romantico-gauchiste. C’est un non-sens absolu. Il se trouve que ces écrits très singuliers mènent une guerre sur deux fronts : à la fois contre la bêtise réactionnaire et contre la bêtise progressiste. Etant sujet à l’une comme à l’autre, je ne pouvais que les aimer. Non seulement ces
    textes ne sont pas “de gauche”, mais ils s’attaquent incessamment et avec une réjouissante cruauté à à peu près toutes les formes de la bêtise de gauche.

    Je me contenterai de citer quelques extraits de l’Appel afin que chacun puisse vérifier par lui-même cette évidence : “Périodiquement, la gauche est en déroute. Cela nous amuse mais ne nous suffit pas. Sa déroute, nous la voulons définitive. Sans remède. Que plus jamais le spectre d’une opposition conciliable ne vienne planer dans l’esprit de ceux qui se savent inadéquats au fonctionnement capitaliste. La gauche (…) fait partie intégrante des dispositifs de neutralisation propres à la
    société libérale. Plus s’avère l’implosion du social, plus la gauche invoque “la société civile.” Plus la police exerce impunément son arbitraire, plus elle se déclare pacifiste. Plus l’État s’affranchit des dernières formalités juridiques, plus elle devient citoyenne.” Ou encore : “Tout se passe comme si les gauchistes
    accumulaient les raisons de se révolter de la même façon que le manager accumule les moyens de dominer. De la même façon c’est-à-dire avec la même jouissance.” Ou encore : “C’est à force de voir l’ennemi comme un sujet qui nous fait face – au lieu de l’éprouver comme un rapport qui nous tient – que l’on s’enferme dans la lutte contre l’enfermement. Que l’on
    reproduit sous prétexte d’”alternative” le pire des rapports dominants. Que l’on se met à vendre la lutte contre la marchandise. Que naissent les autorités de la lutte anti-autoritaire, le féminisme à grosses couilles et les ratonnades
    antifascistes.”

    La valeur de ces textes tient ensuite à leur dimension métaphysique. “Par communisme, nous entendons une certaine discipline de l’attention.” Naturellement, chacun est libre de s’esclaffer bruyamment en affirmant que les questions métaphysiques, comme l’acné, disparaissent une fois passé le seuil de l’adolescence. Pour ma part, j’ai cependant beaucoup de mal à prendre au sérieux l’hypothèse selon laquelle Benoît XVI, Martin Heidegger et Milan Kundera seraient des adolescents
    attardés.

    Chacun est libre de cultiver obstinément l’illusion selon laquelle la question des fins dernières, la question du sens de sa propre vie, ne se poserait pas en ce qui le concerne. La neutralité métaphysique, la neutralité éthique – prétendre n’aspirer à rien et n’être attaché à aucune valeur – ne sera jamais autre chose qu’un fantasme absurde ou un mensonge à soi-même. Qui refuse de répondre avec des paroles à la question du sens de son existence y répond de toute manière limpidement par sa
    vie même. Notre époque n’est pas métaphysiquement neutre, elle a bel et bien ses réponses. Ses deux principales hypothèses métaphysiques pourraient être grossièrement résumées par ces propositions : 1) Toute existence humaine est un pur non-sens ; 2) La vie bonne consiste en la maximisation des trois seuls
    Biens véritables : le fric, la baise et la peoplelitude.
    [/size]


    Dans sa lettre ouverte adressée à Julien C., Cyril Bennasar fait semblant de partager cette métaphysique de pacotille et d’y voir
    la quintessence de la lucidité et de la maturité. Il fait sans doute preuve d’une générosité mal placée en prêtant hasardeusement à Julien C. cette métaphysique au dessous du seuil de pauvreté. C’est la grande naïveté de notre époque, comme le remarquait René Girard, que de croire que seulement tout ce qui est bas est réel. La posture provocatrice de Cyril Bennasar ne manque pas
    d’humour, mais elle manque sans doute de vérité. Il faut vous avouer, cher Cyril, que ni vous ni Julien C. ne me semblez très crédibles en tant qu’aspirants forcenés au souverain Bien du fric, de la baise et de la peoplelitude. Votre choix du noble métier de menuisier et celui de Julien C. de vivre dans une ferme ne sont vraiment pas les chemins les plus droits, ni ceux que le bon sens recommande en priorité, pour atteindre les buts que vous
    évoquez. Vous seul et les gauchistes désignez en outre Julien C. comme un “martyr de l’Etat policier sarkozyste”. Ecoutez ses amis, dans leur tribune dans Le Monde : “Pas de héros, pas de martyr.” Enfin, il est inexact que, fidèle à la sagesse de Bruce Lee, vous ne vous attaquiez qu’au bois. Yvan Colonna et Julien C., je vous l’assure, ne sont pas un mélèze et un pin parasol
    – même s’ils ont en effet en commun avec eux de ne pas pouvoir, de leur cellule, “rendre les coups.” Dans ces conditions, vos attaques me semblent en vérité manquer un peu de panache.

    Je citerai pour finir quelques phrases de l’Appel qui n’ont curieusement intéressé aucun journaliste. Pourtant, elles ne ressemblent pas exactement à un éloge de l’activisme saboteur. Elles seraient plutôt son contraire : “L’activiste se mobilise contre la catastrophe. Mais ne fait que la prolonger. Sa hâte vient consommer le peu de monde qui reste. La réponse activiste à l’urgence demeure elle-même à l’intérieur du régime de l’urgence, sans espoir d’en sortir ou de l’interrompre.”
    http://www.causeur.fr/il-faut-liberer-julien-c,2235



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    Message par bye Lun 11 Mai - 7:49

    Première mise en examen après l'explosion mortelle en Savoie






    Samedi 9 mai 2009
    Cognin et presse antiterroriste
    Première mise en examen
    après l'explosion mortelle en Savoie
    http://juralibertaire.over-blog.com/article-31191020.html

    Un homme de 24 ans a été mis en examen vendredi soir à Paris pour "association de malfaiteurs à visée terroriste" et "destruction de preuves", après le décès d'une jeune femme qui manipulait des
    substances explosives à Cognin (Savoie), a-t-on appris de source proche du dossier.


    Dans l'explosion, survenue dans la nuit du 30 avril au 1er mai dans
    un hangar désaffecté de la banlieue de Chambéry, un homme de 25 ans avait également été grièvement blessé aux mains et au visage. Héliporté jusqu'à Lyon, il y est toujours hospitalisé.

    Lui et son amie de 24 ans ont été victimes de l'explosion de produits volatiles qu'ils manipulaient. Selon une source proche de l'enquête, les deux victimes confectionnaient "un engin explosif de type artisanal".

    Dès le 1er mai, le parquet de Paris, compétent en matière
    antiterroriste, avait ouvert une enquête préliminaire. Celle-ci a été
    confiée aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat).

    Le jeune homme mis en examen vendredi avait été interpellé mardi
    après-midi dans le squat fréquenté par les victimes, une maison située à quelques centaines de mètres du hangar désaffecté où a eu lieu l'explosion.

    Selon une source proche du dossier, il est soupçonné d'avoir, le
    lendemain de l'explosion, détruit des preuves dans plusieurs endroits fréquentés par la jeune femme décédée.

    Placé en garde à vue mardi après-midi, il a été déféré vendredi
    après-midi devant un juge d'instruction.

    Il devait être présenté devant un juge des libertés et de la
    détention, qui devait statuer sur son éventuelle incarcération.

    La jeune femme décédée lors de l'explosion était connue des services de police pour des faits de violence lors d'au moins une manifestation.
    Selon une source judiciaire, elle appartenait à la mouvance
    anarcho-autonome.

    Leur presse (AFP), 8 mai 2009.



    Après l'explosion mortelle : à Paris, le gardé à vue nie toute implication

    Il a été interpellé mardi dans le cadre de l'enquête ouverte
    après l'explosion mortelle de Cognin (Savoie). Raphaël S., 25 ans, résident du squat des "Pilos", au centre-ville de Chambéry, était toujours retenu en garde à vue hier soir. Il a été transféré, mercredi, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) au siège de la sous-direction antiterroriste. Où il nie toute implication dans le drame.


    « Mon client dit : "Je n'y suis absolument pour rien" », révèle son
    avocat Me Laurent Pascal.

    Il n'a jamais été "fiché"

    Le Chambérien Raphaël S. a pu s'entretenir avec son conseil, hier
    après-midi, à la 72e heure de garde à vue. « Il a un alibi "en
    béton".
    Il était avec des amis à Chambéry-le-Vieux, jeudi 30 avril, jusqu'à
    tard dans la nuit. Ce sont des personnes qu'il a identifiées auprès des enquêteurs. Il ne pouvait pas être dans cette usine. Il a appris le drame par la presse. »

    Sa rétention est motivée par sa présence dans un squat situé entre Chambéry et Cognin, appelé "Château Chamouth". Là où ont été découverts des éléments suspects accréditant la thèse de la préparation projetée d'une bombe : un récipient de type bombonne, une plaquette en plastique avec des fils électriques évoquant un système retardateur, de l'adhésif métallique. Là ont vécu, entre autres, Zoé A., la jeune Ardéchoise de 23 ans morte dans l'explosion, et Mickaël D., 25 ans, son copain suisse, très gravement blessé.

    « Mon client affirme être passé par ce squat de façon épisodique. Il
    a vu, sans plus, la bombonne mais, pas le reste », précise Me Pascal.

    Raphël S. n'aurait aucun lien avec des milieux politiques. Il n'a
    jamais été "fiché", argumente son avocat, jamais arrêté, jamais contrôlé, même, dans le cadre d'une manifestation violente de quelque nature que ce soit.

    Sa seule prise de position publique a été de signer assez récemment une pétition. Elle dénonçait un amalgame entre le mode de vie alternatif et l'action terroriste. Elle avait été lancée par le collectif de soutien à Julien Coupat, après les arrestations de Tarnac.

    Les investigations se poursuivent dans le cadre d'une enquête
    préliminaire pour "association de malfaiteurs en relation avec une
    entreprise terroriste".

    C'est dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, dans une usine
    désaffectée de la périphérie de Chambéry, qu'une explosion a tué la
    jeune femme et défiguré son ami.

    Leur presse (Frédéric Chiola, Le Daubé), 8 mai.

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    Message par bye Mar 12 Mai - 16:51

    Sept étudiants jugés pour une manifestation pro-Julien Coupat






    A part 2 erreurs concernant l'objet de la manif et le fait que les 7 inculpés ne sont pas tous étudiants, cet entrefilet est un bon résumé de ce qui s'est passé au TGI à Paris le 6 mai,

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/07/sept-etudiants-juges-pour-une-manifestation-pro-julien-coupat_1190110_3224.html#xtor=RSS-3224
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 13 Mai - 7:10


    Sujet : Julien Coupat reste en prison








    Bonjour

    Voici une pétition à l'initiative de la MEL (maison des écrivains et de la
    littérature)


    Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux là, nous vient l inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le
    délier aussi. A ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en
    vie.


    Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme , par le rapport qu ils entretiennent à la
    langue, enracinée dans le vivant , subversifs.


    Ainsi, pour dénoncer le délit de
    lecture dont est accusé Julien Coupat, nous
    entendons ouvertement
    déballer nos bibliothèques, à l instar de Walter
    Benjamin".

    http://www.m-e-l.fr/expression-libre-petitions-detail.php?id=8

    De : "Collectif des PO Soutien Tarnac" <soutientarnac66@gmail.com>]Date : 11 mai 2009 21:34:37
    HAEC

    À : <coordination@soutien11novembre.org>
    ]Objet : [Coordination] Une membre du comité de soutien aux
    "9 de Tarnac": «Un flic me braque directement un flingue sur la
    tête

    Répondre à : coordination@soutien11novembre.org


    l'interview de Tessa au sujet de son rapt par la sdat


    Une membre du comité de soutien aux "9 de Tarnac":
    «Un flic me braque directement un flingue sur la tête» Par David Dufresne Mediapart.fr



    Tessa Polak a 36 ans. Et «la rage». Tessa Polak est membre du comité de soutien parisien aux «Neuf de Tarnac». Pour Mediapart, elle a accepté de parler.
    Parce que, dit-elle, «c’est une manière de répondre politiquement à ce qui nous arrive». Ce qui lui arrive à elle, c’est une arrestation en pleine rue, d’une violence rare, le 28 avril dernier, dans le XXe arrondissement de Paris. «Arrivée à hauteur de chez moi, je vois une dizaine de mecs surarmés qui se jettent sur ma voiture, et l’un d’eux me braque directement un flingue sur la tête. Il me l’a pointé sur la tempe. Il me l’a pratiquement entré dans le cerveau…»


    Son avocate, Irène Terrel, ramasse la scène en une phrase : «C’est Mesrine, moins les balles.» Et Tessa Polak n’est pas non plus Mesrine. Bien sûr, la jeune femme est une militante, bien sûr elle est une photographe engagée, une silhouette fine qu’on retrouve dans bien des manifestations. Elle est aussi une amie de ceux de la ferme du Goutailloux de Tarnac. «J’y suis allée deux fois», dit-elle. Mais c’est tout. Rien qui justifie une telle débauche d’armes et de cris, là où une simple convocation aurait pu suffire. Elle ressortira d’ailleurs libre des 72 heures de garde à vue.

    Alors, devant un petit square parisien, la semaine dernière, elle consent à parler. Parce que «la rage», parce qu’il faut tenter d’«être à la hauteur» des événements. D’abord, l’arrestation. «La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est un car-jacking. Ensuite, à un film. Et après, j’ai demandé “qu’est-ce qui se passe ?” J’entendais hurler, hurler… “Tu sais très bien pourquoi ! terroriste! terroriste!”» A ses côtés dans la voiture, Benjamin Rosoux, l’un des mis en examen dans cette affaire (qui sur son blog, à Mediapart, avait immédiatement témoigné de la violence de l’interpellation., cf. onglet Prolonger). Et dans le coffre, des centaines d’exemplaires de L'Insurrection qui vient, ouvrage attribué à Julien Coupat and Co., que la militante était allée chercher la veille chez l’éditeur en vue d’une opération de mobilisation
    des comités de soutien dans toute la France. Rappelons que le livre en question est en vente libre depuis mars 2007, téléchargeable gratuitement sur Internet, qu’il a été versé intégralement au dossier d'instruction et qu’enfin, son éditeur, Eric Hazan, a passé à son sujet plus de trois heures dans les locaux de la Sdat, le 9 avril dernier.


    «Le dispositif anti-terroriste fonctionne très bien tout seul...»

    Ensuite, les interrogatoires. La petite cellule blanche à caméra et lumière criarde de la Sous-direction de l’anti-terrorisme à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Le tutoiement des enquêteurs («ça nous amuse», auraient-ils dit). Les questions en rafale qui «portaient essentiellement sur mes relations avec ceux de Tarnac». Et parmi ses relations, trois des futurs mis en examen, à qui Tessa Polak a prêté sa voiture le soir des sabotages. Les trois ont été contrôlés à plusieurs centaines de kilomètres de la première dégradation, mais à quelques kilomètres d’une autre ligne SNCF (qui ne sera pas sabotée). La jeune
    femme poursuit: « J’ai prêté ma voiture comme je la prête en permanence, comme mon appartement est ouvert, comme mon frigo est ouvert, comme je partage tout avec ceux que je côtoie. Ce n’était pas un problème pour moi…» Elle évoque la vie «en commun», ces choses que les policiers «ne peuvent pas comprendre...». Son témoignage est à prendre aussi pour cela: comme si les mois passants et le désarroi passé, il y avait chez certains proches des mis en examen une volonté de faire face. Sur le front juridique mais surtout politique.


    Puis, entre deux moments de pause, entre deux respirations, entre chien et loup, vient le temps de l’analyse : «C’est quand j’éprouve [cette violence policière] dans mon corps que je comprends qu’il y a quelque chose qui bascule. Que je suis dans une machine que je ne maîtrise pas, que je suis pris dans un rouage (…) Au fur et à mesure des trois jours de garde à vue, je me suis rendu compte combien le dispositif [anti-terroriste] peut fonctionner très bien tout seul. Un dispositif dans lequel je me retrouvais partie prenante mais qui n’était pas ni mon film, ni les solidarités qu’ils essayent de briser…»
    Puis, elle allume une cigarette comme on s’accroche à une épaule. «Je suis fatiguée», dit-elle. Mais déterminée, aussi. Assurément.


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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 13 Mai - 7:11

    Sujet : Julien Coupat reste en prison ( suite et fin )

    De nouvelles commissions rogatoires internationales


    Quant au reste de l’affaire, voici les derniers éléments. Il y a quelques
    jours, l’ultime demande de remise en liberté de Julien Coupat vient de
    lui être refusée. Et une ultime fois, son avocate, Irène Terrel, doit
    faire appel (demain mardi) de cette décision. Depuis, elle ne décolère
    pas, d’autant, comme elle le révèle à Mediapart, que son client n’a pas été entendu par le juge depuis… le 13 février.
    Soit trois mois, en plus des trois premiers de sa détention (de novembre 2008 à février 2009). Trois mois supplémentaires à la prison de la Santé, trois mois à se voir refuser d’être à nouveau interrogé, trois mois à se voir refuser la communication de son dossier, trois mois de plus à attendre : «Trop c’est trop, lâche-t-elle. Julien n’a pas accès à son dossier, alors qu’il s’étale dans la presse... Il a quand même le droit
    de savoir ce qu’on lui reproche !
    »


    Pour l’avocate, l’affaire serait (presque) entendue : «C’est une instruction à charge, et c’est ne faire outrage à personne que de l’affirmer.»
    C’est aussi une instruction à clé. Comme, par exemple, celle qui
    consiste à finalement convoquer, vendredi, Julien Coupat dans le bureau du juge d’instruction.
    C’est-à-dire après l’appel pour sa remise en liberté. Comme si, tout
    était joué d’avance et que le juge Fragnoli pariait sur un suivi sans faille de la cour d’appel de la chambre d’instruction (qui doit décider ou non de la libération de Coupat)… Pour mémoire, un premier juge des libertés et de la détention avait, dès décembre, considéré que la libération de Julien Coupat ne gênerait pas le bon déroulement de l’enquête... Et l’avait libéré avant que le parquet ne fasse immédiatement appel.


    Il y a également quelques jours, le juge a rendu sa décision sur la
    demande de requalifier les faits que lui formulaient tous les avocats
    des mis en examen: non, le juge Thierry Fragnoli ne se déclare pas
    incompétent. Et oui, à ses yeux, l’affaire relève bien du terrorisme là
    où, depuis des mois, le débat fait rage.
    Tout sabotage est-il terreur ? Toute dégradation non violente est-elle
    intimidation ? Outre que la justice aura à prouver éventuellement l’implication de tel ou tel, c’est bien ici l’une des questions centrales de l’affaire.
    De celles qui la rendent emblématique de l’époque. Jusqu’où
    l’anti-terrorisme peut-il traquer les soupçons de terrorisme ?


    Prouver.
    Trouver des éléments. Recouper. C’est précisément la mission des
    enquêteurs de la Sdat soumis, d'après ce que l'on croit comprendre, à
    une «forte pression». Semaine après semaine, leur travail prend
    d’ailleurs des allures de grande enquête policière internationale. Une
    source proche de l’enquête raconte : «Nous cherchons en Allemagne,
    en Grèce, en Italie, toutes les relations que le groupe pouvait
    entretenir, mais surtout ses éventuels “projets”.
    » Tout ce qui peut apparaître comme «documents préparatoires» est exploité en ce sens. C’est ainsi que Le Point révélait, la semaine dernière, le
    retour d’une commission rogatoire internationale au Canada. La police montée canadienne aurait envoyé à ses homologues français
    quelques effets saisis dans le sac à dos de Julien Coupat à la frontière
    américaine, frontière qu’il avait franchie illégalement en janvier 2008 (ne voulant pas se soumettre aux passeports biométriques exigés par les autorités américaines, Yildune Lévy et son compagnon Coupat avaient en effet choisi de couper à travers bois) : «Dans un carnet de notes figure une liste manuscrite de fournitures susceptibles de constituer la panoplie du parfait saboteur, écrit l’hebdomadaire :
    y apparaissent notamment les “tubes et ficelles” généralement utilisés
    pour poser des crochets métalliques sur les caténaires sans risquer
    l'électrocution. Plus explicite encore, la mention “gants spéciaux,
    25.000 v” laisse nettement supposer que Julien Coupat se préparait à
    participer à une action contre des lignes électriques. (…) Plusieurs
    documents retrouvés dans le même sac accréditent les contacts avec de
    tels groupes ; dans des échanges de messages entre eux, certains
    correspondants souhaitaient – en anglais, en allemand et en italien – à
    leurs camarades français "bonne chance pour (leur) projet
    ".»


    Côté police, on justifie l’apparition tardive de ces nouveaux éléments dans le dossier par des raisons… administratives. A dire vrai, les policiers connaissaient le contenu du sac à dos en question bien avant les arrestations de Tarnac. Puisque le début de la surveillance de Coupat et de ses amis datait, précisément, de cet épisode canadien. Des mois avant les sabotages qui leur sont imputés. Seulement voilà,
    «les informations opérationnelles, qu’on obtient par téléphone par exemple, de flic à flic, ne peuvent pas être mises en procédure judiciaire comme ça… Tout doit être vérifié et acté par les différentes autorités»,
    souffle un policier. Autrement dit : tout ça n’était pas si neuf. Et,
    surtout, si l’on en croit quelques indiscrétions, pas si clair. Ainsi,
    les indices canadiens expédiés à la Sdat ne seraient que des clichés de qualité moyenne. Et pour cause : le sac à dos et son contenu avaient été restitués à Julien Coupat quelques semaines après son passage à la frontière. Quant à la liste elle-même, elle comporterait des éléments très hétéroclites : achat de livres, de caban, d’outils divers. Et daterait d’un certain temps : elle était griffonnée au dos d’un papier à en-tête de l’épicerie de Tarnac, alors en travaux. Dans le genre discret, on a vu mieux. Dans le genre terroriste, cette
    liste-de-course-estampillée serait une incroyable première...


    Enfin, selon nos informations, les compléments d’expertises des fameux crochets, retrouvés sur les lignes de chemin de fer en France,
    n’auraient rien donné.


    URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/110509/une-membre-du-comite-de-soutien-aux-9-de-tarnac-un-flic-me-braque-directement-

    Links:[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/david-dufresne

    [2] http://www.bloom0101.org/pdf_Insurrection.pdf

    [3] http://www.mediapart.fr/journal/france/220409/julien-coupat-l-antiterrorisme-est-la-forme-moderne-du-proces-en-sorcellerie-0
    [4] http://www.mediapart.fr/journal/france/250409/pourquoi-l-affaire-coupat-nous-concerne-tous

    [5] http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-04-28/nos-revelations-exclusives-nouveaux-indices-compromettants-pour-coupat/920/0/338796

    [6] http://www.mediapart.fr/club/blog/benjamin-epicier-terroriste/290409/le-petit-cirque-fragnoli-cherche-des-figurants

    [7] http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=79108

    [8] http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/04/28/liberez-julien-coupat-par-irene-terrel_1186461_3232.html

    [9] http://www.liberation.fr/societe/0101564837-l-epoque-revelee-par-l-affaire-des-neuf-de-tarnac

    [10] http://www.soutien11novembre.org/spip.php?article433

    Coordination mailing list
    Coordination@soutien11novembre.org
    https://boum.org/mailman/listinfo/coordination

    Julien Coupat reste en prison



    Limoges, 11 mai 2009©️ France 3


    Plus de deux cents manifestants ont protesté bruyamment lundi soir à Limoges contre sa détention


    Ce rassemblement n'a pas donné lieu à des incidents très graves, mais
    dix à vingt personnes cagoulées ou le visage masqué ont incendié un véhicule ainsi que des poubelles et brisé deux vitrines.

    Les manifestants ont fait halte en particulier devant le tribunal et
    la maison d'arrêt de Limoges. Un cordon de CRS en protégeait l'accès. Des slogans comme "Libérez les inculpés" ou encore "Flics, porcs,
    assassins" ont été entendus par un correspondant de l'AFP. L'ensemble des comités de soutien à Julien Coupat s'étaient exprimés le 30 avril dans "Libération". Le texte publié par le quotidien avait été élaboré à la suite d'une réunion qui s'était tenue à Limoges, fin mars. Après six mois d'incarcération, Julien Coupat est donc toujours en prison. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a
    d'ailleurs ordonné mardi après-midi le maintien en détention de celui qui est toujours présenté comme le chef de la cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF.



    http://limousin-poitou-charentes.france3.fr/info/53833443-fr.php
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mar 11 Mai - 14:49

    Transmettre quelques infos sur les tactiques des flics et sur leurs
    possibilités techniques. L’objectif étant bien-sûr d’inciter d’autres à en
    faire de même car collectiviser ces infos ne peut que nous renforcer afin
    d’être prudents dans nos actes politiques sans tomber dans la paranoïa.


    CES QUELQUES PAGES TRAITENT du dossier d’instruction judiciaire sur ce qui
    fut, en janvier 2008, la première affaire traitée par une juridiction
    antiterroriste concernant ce que policiers, juges et médias nomment « la
    mouvance anarcho-autonome », plus spécifiquement dans cette histoire « la
    mouvance anarcho-autonome francilienne ». Dans cette affaire, six
    personnes ont été mises en examen et ont fait de 4 à 13 mois de prison.
    Les faits reprochés sont divers : détention de fumigènes et de clous
    crève-pneus en manifestation, tentative d’incendie d’une dépanneuse de
    police, détention de produits pouvant rentrer dans la confection
    d’explosifs (chlorate de soude), détention de manuels de sabotages et de
    plans d’une prison pour mineurs (l’EPM de Porcheville). Ces six personnes
    sont maintenant soit sous contrôle judiciaire, soit en fuite ; aucune date
    de procès n’a été fixée. Pour rappel sur ces histoires :
    HTTP ://INFOKIOSQUES.NET/MAUVAISES_INTENTIONS

    - brochure mise en page : - page par page [20p A5] -
    http://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste.pdfhttp://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste.pdf]http://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste.pdf[/url[/url]]

    - brochure mise en page : - format brochure [20p A5]
    http://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste_-_brochure.pdfhttp://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste_-_brochure.pdf]http://infokiosques.net/IMG/pdf/analyse_d_un_dossier_d_instruction_antiterroriste_-_brochure.pdf[/url[/url]]

    http://infokiosques.net/spip.php?article789http://infokiosques.net/spip.php?article789]http://infokiosques.net/spip.php?article789[/url[/url]]
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 1 Sep - 10:09

    Tarnac : lorsque les éclaircissements policiers jettent le trouble

    http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/societe/20100831.OBS9251/info-obs-tarnac-lorsque-les-eclaircissements-policiers-jettent-le-trouble.html
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 22 Sep - 11:16

    Groupe de Tarnac : la justice va se prononcer sur la procédure

    http://tempsreel.nouvelobs.com//actualite/societe/20100921.OBS0158/groupe-de-tarnac-la-justice-va-se-prononcer-sur-la-procedure.html


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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 22 Oct - 10:10

    Le "groupe de Tarnac" fixé ce vendredi sur sa demande d'annulation de l'enquête

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/22/le-groupe-de-tarnac-fixe-ce-vendredi-sur-sa-demande-d-annulation-de-l-enquete_1429557_3224.html#xtor=RSS-3208


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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 2 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 22 Oct - 19:12

    Groupe de Tarnac : la demande d'annulation de l'enquête rejetée

    La cour d'appel de Paris a rejeté vendredi 22 octobre la demande d'annulation de l'enquête présentée par la défense du groupe de Tarnac, soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV en novembre 2008. (AFP)





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