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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV

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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mar 26 Oct - 4:57

    Sur le site "fragment du visible" vous pouvez écoutez les interventions du colloque


    "Lois anti-terroristes 25 ans d'exception,Tarnac, un révélateur du nouvel ordre sécuritaire"

    http://fragmentsduvisible.org/site/accueil

    ***

    Le positionnement des organisateurs :

    L'affaire dite de Tarnac a fonctionné comme un révélateur du nouvel ordre sécuritaire : au nom de la lutte antiterroriste, l'Etat s'affranchit de principes élémentaires du droit et des zones grises apparaissent au cœur même des institutions régaliennes, dans la justice, dans la police. Des « affaires » sont instrumentalisées comme faire-valoir d'une politique aux objectifs inavoués. Cette construction d'une « terrorisation démocratique » , pour reprendre l'expression d'un essayiste, s'appuie sur un arsenal législatif mis en place progressivement depuis 25 ans. Les attentats du 11 septembre lui ont donné une nouvelle légitimité avec comme matrice le « Patriot Act » qui autorisait les autorités américaines à appliquer sur leur territoire la notion de guerre préventive contre le terrorisme. Les Etats européens ont suivi peu ou prou ce modèle adoptant des lois successives en se libérant des contraintes de leur propre ordre juridique traditionnel et démocratique.

    Le cas de Tarnac a montré comment en utilisant la dramatisation de situations n'ayant pas de liens évidents, la stigmatisation d'une mouvance créée de toute pièce pour l'occasion « la mouvance anarcho-autonome » en disqualifiant les acteurs de cette prétendue mouvance, en multipliant les intimidations, en exigeant des autorités policières et judiciaires une culture du résultat , on pouvait criminaliser durablement non seulement des hommes et des femmes engagés mais qui plus est leur pensée même. Nous sommes tous concernés par ce glissement progressif, sémantique, législatif, policier qui est en train de mettre en place une société de surveillance généralisée. Si la société doit évidemment répondre à la question terroriste, elle ne doit en aucun cas permettre que les outils dont elle se dote ne s'affranchissent des valeurs qui constituent les fondements de la démocratie. Lorsque l'exception devient la règle, la frontière devient ténue entre un régime démocratique et un régime autoritaire. Lorsque l'on vit dans une période de crise globale, le pouvoir, à la recherche de boucs - émissaires, a tendance à utiliser les procédures d'exception pour stigmatiser et condamner médiatiquement et socialement des groupes d'individus.

    A la lumière de ce qui s'est passé dans l'affaire de Tarnac, le colloque à l'Assemblée nationale co-organisé deux ans après les faits, par des parlementaires de plusieurs sensibilités, permettra avec des intellectuels, des juristes, des grands témoins, des élus, des avocats, de faire un état des lieux, de recontextualiser l' « affaire »en la replaçant dans l'histoire des lois d'exception, et enfin d'éclairer des pistes pour que nous ne connaissions plus de telles dérives.

    A bientôt, le CALAS, Comité pour l'Abrogration des Lois Antiterroristes

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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Sam 5 Mar - 9:39

    Une proposition politique des mis en examen de Tarnac

    Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Matthieu et Yildune | lemonde.fr | 24 février 2011

    dimanche 27 février 2011

    "Printemps des peuples arabes", "révolution en marche", "transition démocratique", "fin de la dictature". Les grandes machines discursives sont de sortie. Il n’en faut pas moins pour parvenir à présenter le renversement des régimes pro-occidentaux du Maghreb comme de nouvelles victoires de l’Occident, et le triomphe inespéré de ses valeurs.

    La fièvre révolutionnaire qui s’est récemment emparée des plus prudents éditorialistes témoigne d’abord de l’intense réaction immunitaire à quoi l’événement accule le discours dominant. On répond par un violent accès d’orientalisme à la nécessité de disposer, au plus vite, entre nous et les bouleversements en cours, un solide cordon sanitaire. On s’émerveille de ces "révolutions" pour mieux esquiver les évidences qu’elles nous jettent au visage pour mieux dissoudre le trouble qu’elles suscitent en nous.

    Faut-il qu’elles soient précieuses, les illusions qu’il s’agit d’ainsi préserver, pour que l’on se répande partout en pareilles apologies de l’insurrection, pour que l’on décerne la palme de la non-violence à un mouvement qui a brûlé 60 % des commissariats égyptiens. Quelle heureuse surprise de soudain découvrir que les principales chaînes d’information sont entre les mains des amis du peuple !

    Or voilà : si les insurgés de l’autre côté de la Méditerranée disent : "Avant, nous étions des morts-vivants. A présent, nous nous sommes réveillés", cela signifie en retour que nous, qui ne nous insurgeons pas, nous sommes des morts-vivants, que nous dormons. S’ils disent : "Avant, nous vivions comme des bêtes, nous vivions dans la peur. A présent, nous avons retrouvé confiance en nous, en notre force, en notre intelligence", cela signifie que nous vivons comme des bêtes, nous qui sommes si évidemment gouvernés par nos peurs.

    Ceux qui peignent aujourd’hui aux couleurs les plus lugubres l’impitoyable dictature de l’atroce Ben Ali ne le trouvaient-ils pas hier encore si fréquentable ? Il faut donc qu’ils mentent aujourd’hui, comme ils mentaient hier. Le tort de Michèle Alliot-Marie réside d’ailleurs là : avoir dévoilé en quelques phrases à l’Assemblée nationale que, derrière tant de dissertations d’écoliers sur la différence entre leurs dictatures et nos démocraties, se cache la continuité policière des régimes ; en quoi les uns sont certes plus experts et moins grossiers que les autres.

    On peut détailler ad nauseam la brutalité de la répression sous Ben Ali. Il n’en reste pas moins que les doctrines contre-insurrectionnelles – l’art d’écraser les soulèvements – sont désormais la doctrine officielle des armées occidentales, qu’il s’agisse de les appliquer en banlieue ou dans les centres-villes, en Afghanistan ou place Bellecour à Lyon. Le feuilleton hebdomadaire des petits mensonges et des misérables combines de Mme Alliot-Marie ne saurait effacer le véritable scandale : avoir traité de "situation sécuritaire" une situation révolutionnaire. Si nous n’étions pas occupés à tresser des couronnes de jasmin ou de lotus aux révoltes du Maghreb, peut-être n’aurions-nous pas déjà oublié que Ben Ali, quatre jours avant de disparaître dans les poubelles de l’histoire, avait parlé des émeutes de Sidi Bouzid comme d’"impardonnables actes terroristes perpétrés par des voyous cagoulés". Ou que son successeur a cru apaiser la colère du peuple en annonçant comme première mesure l’abrogation de "toutes les lois antidémocratiques", à commencer par les lois antiterroristes.

    Si nous refusons de tenir pour miraculeux l’enchaînement qui mène de l’immolation de Mohamed Bouazizi à la fuite de Ben Ali, c’est que nous refusons d’admettre comme normale, à l’inverse, l’indifférence feutrée qu’a partout rencontrée pendant tant d’années la persécution de tant d’opposants. Ce que nous vivons, nous et une certaine jeunesse politisée, depuis trois ans, y est certainement pour quelque chose. Dans les trois dernières années, nous dénombrons en France plus d’une vingtaine de camarades qui, toutes tendances confondues, sont passés par la case prison, dans la plupart des cas sous prétexte d’antiterrorisme et pour des motifs dérisoires – détention de fumigènes, introduction de glu dans des distributeurs de billets, tentative ratée d’incendie de voiture, collage d’affiches ou coup de pied.

    Nous en sommes arrivés en janvier au point où la magie du signalement sur le fichier des "anarcho-autonomes" a mené une jeune femme en prison – pour un tag. Cela se passe en France, et non en Russie, et non en Arabie saoudite, et non en Chine.

    Chaque mois désormais, nous apprenons qu’un nouveau camarade a été prélevé en pleine rue, que l’on a intimé à telle amie, après bien d’autres, de devenir indic en échange de l’impunité ou d’un salaire ou de conserver son poste de professeur, que telle connaissance a, à son tour, basculé dans la dimension parallèle où nous vivons désormais, avec ses cellules miteuses, ses petits juges pleins de haine rentrée, de mauvaise foi et de ressentiment, avec ses insomnies, ses interdictions de communiquer, ses flics devenus des intimes à force de vous épier. Et l’apathie qui vous gagne, l’apathie de ceux qui vivent "normalement" et s’étonnent, l’apathie organisée.

    Car c’est une politique européenne. Les rafles régulières d’anarchistes en Grèce ces derniers temps le prouvent. Aucun régime ne peut renoncer au broyeur judiciaire, quand il s’agit de venir à bout de ce qui lui résiste. La culpabilité est une chose qui se produit. Comme telle, c’est une question d’investissement, financier, personnel. Si vous êtes prêt à y mettre des moyens hors normes, vous pouvez bien transformer une série de faux procès-verbaux, de faux témoignages et de manœuvres de barbouzes en dossier d’accusation crédible.

    Dans l’affaire dite de Tarnac, la récente reconstitution de la nuit des sabotages, si longtemps réclamée par la défense, en a administré le plus bel exemple. Ce fut un de ces moments d’apothéose où éclate, jusque dans les détails les plus infimes, le caractère de machination de toute vérité judiciaire. Ce jour-là, le juge Fragoli a su occulter avec art tout ce qui démontre l’impossibilité de la version policière. Il devenait subitement aveugle dès que l’indocile réalité contredisait sa thèse. Il a même réussi à mettre les rédacteurs du faux PV de filature à l’abri de la contradiction, en les dispensant d’être là. Et cela était en effet superflu, puisque tout ce petit monde s’était déjà transporté sur les lieux, une semaine auparavant, en privé et en douce.

    A dire vrai, qu’il ait fallu contrefaire la reconstitution suffit à montrer que le procès-verbal lui-même était contrefait. C’est sans doute cela qu’il a fallu abriter des regards en bouclant la zone par des murs de gendarmes appuyés de brigades cynophiles, d’hélicoptères et de dizaines de brutes de la sous-direction antiterroriste.

    A ce jour, il en aura coûté quelques millions d’euros pour transformer en instruction bien ficelée des fantasmes de flics. Il importe peu de savoir à qui, pour finir, on imputera les actes qui furent le prétexte de notre arrestation. Quant à nous, nous plaignons d’ores et déjà le tribunal qui aura à faire passer pour du terrorisme la pose de quelques innocents crochets, maintenant que bloquer les flux est devenu le moyen d’action élémentaire d’un mouvement de masse contre la réforme des retraites.

    Le silence frileux des gouvernants européens sur les événements de Tunisie et d’Egypte dit assez l’angoisse qui les étreint. Le pouvoir tient donc à si peu. Un avion décolle et c’est tout un édifice de forfaiture qui tombe en miettes. Les portes des prisons s’ouvrent. La police s’évanouit. On honore ce qui hier encore était méprisé, et ce qui était l’objet de tous les honneurs est maintenant sujet à tous les sarcasmes. Tout pouvoir est assis sur ce gouffre. Ce qui nous apparaît, à nous, comme démence sécuritaire n’est que pragmatisme policier, antiterrorisme raisonné.

    Du point de vue du gestionnaire de situations sécuritaires, l’ordre public n’aurait jamais été ébranlé, et Ben Ali serait encore tranquillement président, si l’on avait réussi à neutraliser à temps un certain Mohamed Bouazizi.

    C’est à l’évidence, dans les banlieues comme dans les mouvements de révolte, la chasse aux Bouazizi, aux fauteurs d’insurrection potentiels qui est lancée, et c’est une course contre la montre ; car, de Ben Ali à Sarkozy, qui règne par la peur s’expose à la fureur.

    Monsieur le président, il y a des ranchs à vendre au Texas, et votre avion vous attend sur la piste de Villacoublay.


    --------------------------------------------------------------------------------

    Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Matthieu et Yildune, sont les dix personnes mises en examen dans l’affaire dite "de Tarnac"

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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 4 Mai - 22:57

    des nouvelles de Tarnac, de Rouen...








    Affaire de Tarnac: la surveillance policière prise en flag
    04/05/2011 | 09H20


    Intimidations, contrôles, traçage GPS : la police ne lâche pas les mis en
    examen de Tarnac et leurs amis. Rencontre à Rouen, où quatre d’entre eux
    habitent aujourd’hui.

    On s’était mis d’accord : pas de photos, pas de descriptions bucoliques du
    jardin au printemps, pas de commentaires sur leurs plats préférés. Les mis
    en examen de Tarnac et leurs amis ont déjà vu leurs maisons
    perquisitionnées, leurs lectures décortiquées et des journalistes planquer
    devant chez eux. Deux ans et demi après les premières gardes à vue
    antiterroristes, ils n’ont pas envie de voir leur intimité étalée dans les
    journaux, ni de raconter une énième fois les arrestations de novembre 2008
    et les policiers cagoulés.

    Dix personnes sont toujours poursuivies, notamment pour “association de
    malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”. Elles sont
    soupçonnées d’avoir préparé des dégradations en vue de désorganiser les
    réseaux ferroviaires. Parmi elles, Julien Coupat, mis en examen pour
    direction d’une structure à vocation terroriste. L’instruction en cours
    peine à décoller faute de preuves, et les erreurs répétées des policiers
    chargés de l’enquête ont largement décrédibilisé la procédure.

    Quatre des “dix de Tarnac” vivent à Rouen : Elsa, Bertrand, Mathieu et
    Aria*. Ils habitent deux maisons en colocation avec des copains, une
    poignée de jeunes entre 25 et 30 ans qui passent leur vie ensemble. En
    attendant un éventuel procès, ils mènent une vie sous surveillance, et
    leurs amis aussi. Sans jouer les martyrs ou les paranos, ils nous ont
    accueillis pendant deux jours pour raconter les signes d’une présence
    policière continue et les ingénieux efforts pour les diaboliser.

    Une balise GPS sur la batterie

    En mars dernier, deux personnes du comité de soutien aux inculpés de
    Tarnac (pas poursuivies) vont chez le garagiste pour des problèmes
    récurrents de batterie. Le mécano leur explique qu’un truc bizarre pompe
    dessus, sans entrer dans les détails. En démontant les grilles de
    ventilation, les propriétaires de la voiture tombent sur un petit boîtier
    noir de 9 centimètres sur 5, relié par des fils au système électrique. A
    l’intérieur, deux circuits imprimés comprenant une antenne passive, un
    dispositif de géolocalisation de marque Navman et une carte SIM Orange
    pour transmettre les données. Tout l’attirail pour tracer à distance les
    déplacements de la voiture. De quand date le bidule ? Sans doute d’une
    fête à Tarnac, il y a un an. La police a pu en profiter pour poser la
    balise. Juste après, la vitre électrique a commencé à déconner. Depuis le
    retrait de l’objet, elle fonctionne à nouveau.

    Une arrestation étrange

    Le 16 février, Elsa (mise en examen dans l’affaire de Tarnac) téléphone à
    ses amis Arnaud, Jeanne et Quentin pour qu’ils aillent faire des courses
    ensemble au Go Sport de Rouen. A quatre dans la voiture, ils se garent et
    se séparent. Jeanne et Quentin entrent dans le magasin de sport.

    “Tous les vendeurs se sont retournés sur notre passage, ils nous
    surveillaient en se cachant derrière des étagères”, raconte la jeune
    femme. “On s’est dit qu’ils pensaient qu’on allait voler des trucs.”

    Elsa les rejoint dans le magasin. “Jeanne et Quentin étaient entourés de
    vendeurs qui me dévisagaient.” Arnaud arrive : “Tout le monde me regardait
    bizarrement et bloquait sur ma sacoche.” Jeanne paie son pantalon de ski :
    “Les vendeurs formaient un arc de cercle à distance. Puis le gérant a
    couru jusqu’à son bureau.”

    Les quatre amis repartent en voiture et passent un premier rond-point.
    Moins d’une minute après, une voiture siglée police se colle derrière eux
    et deux autres leur barrent la route. Les fonctionnaires en sortent, l’un
    avec son arme au poing, les autres avec une matraque. “Coupez le contact !
    Vous venez de Go Sport ?” Quentin, le conducteur, doit descendre et ouvrir
    le coffre, Jeanne montre son ticket de caisse. Les policiers disent avoir
    été appelés pour “un vol avec violences au Go Sport”.

    Ils les escortent en voiture jusqu’au magasin pour vérifier. Là, se
    souvient Elsa, “ils ont commencé à douter de l’existence du vol mais pas
    de notre signalement. Ils avaient une description de la voiture, modèle,
    couleur et plaque.” Les responsables du magasin indiquent qu’il n’y a pas
    eu vol. Libres après un contrôle d’identité, les jeunes gens repartent.

    Dans l’après-midi, ils retournent voir le gérant. Ils veulent savoir
    pourquoi il a appelé la police.

    “Il nous a dit n’avoir passé aucun coup de fil mais qu’il avait reçu un
    appel anonyme quinze minutes avant notre arrivée. La personne au téléphone
    lui décrivait quatre individus, deux garçons et deux filles, la manière
    dont nous étions habillés, et l’avertissait que nous allions commettre un
    vol.”

    Il précise que le magasin préfère en général intercepter directement les
    voleurs à la sortie plutôt que d’appeler la police et propose aux quatre
    amis de regarder ses listings téléphoniques. Ils déclinent, estimant qu’il
    “avait l’air sincère”. Aujourd’hui, le gérant du Go Sport continue à
    affirmer qu’il n’a pas prévenu la police d’un vol qui n’a même pas eu lieu
    et qu’il a reçu cet appel anonyme. Souriant jusqu’aux oreilles à notre
    question sur l’identité possible de son interlocuteur, il répond
    simplement : “J’ai ma petite idée mais je ne vous en dirai pas plus.”

    Des agents à la sortie du boulot

    Léa n’est pas mise en examen dans l’affaire de Tarnac. Elle est prof, sans
    poste fixe, et fait des remplacements dans des collèges de la région
    rouennaise. Le mardi 30 novembre, à la sortie de l’établissement où elle
    enseigne depuis le jeudi précédent, un homme et une femme l’attendent sur
    le parking.

    “Tous les deux grands, la cinquantaine. L’homme avait les cheveux gris et
    un long manteau. La femme était blonde décolorée avec les cheveux longs”,
    raconte-t-elle.

    Ils se présentent comme “des agents du service de sécurité du rectorat” et
    veulent lui parler. La femme monte dans la voiture de Léa, l’homme les
    suit avec la sienne. Arrivés sur le parking d’un café, la jeune prof
    demande à son escorte comment elle l’a reconnue. “On se connaît. – Non, on
    ne se connaît pas. Vous avez un dossier sur moi ? – Oui.”

    Dans le bar, l’homme pose une pile de papiers sur la table :
    “Mademoiselle, vous allez vous retrouver à la rue. Vous avez des problèmes
    avec la justice.” A l’époque, Léa était poursuivie pour un vol de
    nourriture dans un supermarché. Ils continuent d’affirmer ne pas
    travailler pour la police et sortent la photo d’une jeune fille masquée
    prête à lancer un projectile. “C’est vous.” Suit une liste de faits qu’ils
    lui attribuent : dégradations, participation à des manifs violentes, etc.
    Sa voiture aurait même été utilisée dans une affaire de proxénétisme.

    La conversation dérive sur ses “fréquentations douteuses”. “Comme vous
    êtes la seule à gagner à peu près honnêtement votre vie, vous devez être
    plus intelligente que les autres.” Ils la mettent en garde contre de
    “futures vagues d’arrestations”.

    “Mais qui êtes-vous ? – Des services de sécurité. – Quels services de
    sécurité ? De la police ? – Oui. Si vous voulez échapper à la vague
    d’arrestations, vous pourriez nous donner des informations sur vos amis.”

    Léa refuse et s’en va.

    Deux policiers, le gentil et le méchant

    Le même genre de mésaventures est arrivé à Gaël. Copain de lycée d’un
    proche des Tarnacois, il n’a pas d’activités politiques. Son ami Quentin
    avait passé quatre jours en garde à vue antiterroriste avant d’être
    relâché sans poursuites. L’an dernier, Gaël a été convoqué au commissariat
    du Havre, où il travaillait comme cordiste sur un chantier. Une simple
    enquête de routine, liée à son accès à des sites sensibles : installations
    nucléaires, raffineries, sites industriels, pour lesquels on délivre des
    accréditations spéciales.

    Au commissariat, Gaël “monte dans un petit bureau accompagné de deux
    policiers, un rouquin et un grand, le gentil et le méchant”. Les questions
    d’usage (adresse, personnalité, fréquentations) tournent vite à
    l’interrogatoire. Avec qui a-t-il acheté sa maison ? Pourquoi a-t-il gardé
    dans son garage la Mercedes de Julien Coupat pendant plusieurs mois ? “Je
    suis ami avec Quentin. Je ne sais pas ce qu’il branle de son côté mais je
    n’ai rien à voir avec ça”, répond Gaël.

    Les policiers lui reprochent “d’en savoir plus” que ce qu’il veut bien
    leur dire. Ils le préviennent qu’ils peuvent “le griller auprès de son
    employeur et faire qu’il n’entre plus sur aucun site industriel”.

    Les questions reprennent : qui est venu chercher la voiture de Coupat ?
    Quelqu’un a-t-il fait de la soudure dans le garage ? Est-ce qu’il
    reconnaît l’homme sur cette photo ? Puis viennent les tentatives de
    rapprochement. Peut-être que Gaël, l’alcool aidant, pourrait “entendre des
    choses” dans des soirées. Il refuse.

    “Ça a duré une heure et demie. Ils ont argumenté sur mon boulot, sur le
    fait que moi j’étais ‘quelqu’un de bien’ alors que ‘ces gens-là’
    touchaient le RMI.”

    Après avoir rappelé Gaël deux fois et essuyé un refus définitif, les
    policiers ont lâché l’affaire.

    Un “fichage moral”

    Des histoires comme celles-là, les mis en examen de Tarnac et leurs amis
    en ont beaucoup. Ils connaissent aussi les allers et venues devant leurs
    maisons, les photos au téléobjectif à la terrasse d’un café, les contrôles
    d’identité qui durent trente minutes quand la police s’aperçoit qu’ils
    sont répertoriés au fichier des personnes recherchées comme membres de la
    “mouvance anarcho-autonome”. Ils finissent par connaître d’avance les
    questions de routine : où vont-ils, d’où viennent-ils, qui sont les
    personnes qui les accompagnent, est-ce qu’ils sont locataires ou
    propriétaires.

    “Beaucoup d’entre nous n’ont pas d’antécédents judiciaires. C’est un
    fichage moral qui fait office de second casier, non fondé sur des
    infractions pénales, raconte Luc. On ne sait pas ce qu’il y a précisément
    dans les fichiers, ni combien de temps on gardera ça sur le dos. Mais
    chaque contrôle routier a une conséquence et finit dans un dossier.”

    “Une proximité dont on ne veut pas s’installe avec la police. Ils nous
    connaissent et nous le font remarquer”, explique Quentin. Pour des procès
    qui n’ont rien à voir, comme le vol de Léa, les Renseignements généraux
    assistent à l’audience. Tous le disent : “On pense que les flics
    aimeraient nous faire tomber pour n’importe quoi.” Alors quand un entrepôt
    brûle près de chez eux ou qu’une voiture à gyrophare passe, “on craint
    toujours que ce soit pour nous”.

    Camille Polloni

    *Les prénoms des mis en examen dans l’affaire de Tarnac ont été conservés.
    Ceux de leurs amis sont des prénoms d’emprunt.


    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/64576/date/2011-05-04/article/police-tarnac-surveillance/


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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Sam 21 Mai - 15:46

    Tarnac : enquête ouverte sur des écoutes sauvages
    Karl Laske | mediapart.fr | vendredi 13 mai 2011

    samedi 14 mai 2011

    C’est un dossier que les juges antiterroristes n’ont pas osé ouvrir. Comme ils ont écarté la plupart des vérifications qui pouvaient embarrasser les policiers dans l’affaire de Tarnac. En mars 2008, un agent de France Télécom avait découvert et débranché un dis- positif d’écoutes des lignes téléphoniques de l’épicerie du village, reprise quelques mois plus tôt par les militants.

    Ces « branchements » avaient été repérés peu avant l’ouverture d’une enquête préliminaire sur le groupe de Tarnac, mais surtout plus de huit mois avant les sabotages des lignes TGV. Aucune écoute légale ? administrative ou judiciaire ? n’était en cours à l’époque. Une équipe parallèle était, semble-t-il, déjà au travail pour incriminer les militants.

    Après avoir signalé, en vain, les faits aux juges antiterroristes, Benjamin Rosoux, le militant devenu épicier à Tarnac, a donc dé- posé plainte, le 5 février à Brive-la-Gaillarde, pour « interception de correspondances » et « atteinte à l’intimité de la vie privée ». Cette fois, le parquet a ouvert une enquête, confiée au SRPJ de Limoges. Des premières auditions ont été effectuées fin avril. Le magasin général de Tarnac, repris en octobre 2007 par les mi- litants

    Les témoins et les éléments matériels ne manquent pas pour re- monter cette piste. Fin mars 2008, les gérants de l’épicerie s’aper- çoivent d’une panne de leur terminal de carte bleue. Ils se tournent vers leur banque et l’agence France Télécom (FT) d’Ussel. Après avoir réalisé plusieurs essais, c’est le technicien envoyé par l’opé- rateur qui trouve un dispositif d’écoutes dans le central télépho- nique du village. Le signal du terminal CB était perturbé par la « dérivation ». L’agent prévient son chef d’équipe qui l’autorise à retirer le dispositif : un boîtier en plastique connecté à l’arrivée de la ligne par des fils jaunes et bleus.

    Le paiement en carte bleue est rétabli à l’épicerie, mais les pro- blèmes commencent pour les agents de FT. Le technicien et son chef d’équipe sont convoqués à Bordeaux. Et le directeur régio- nal, lui-même, doit monter s’expliquer à Paris. Une procédure dis- ciplinaire est engagée contre le technicien, non pas pour avoir dé- branché l’écoute, mais pour l’avoir fait devant l’un des gérants de l’épicerie, entré avec lui dans le local technique. Il écope d’une mise à pied assortie de quinze jours de suspension. La procédure disciplinaire multiplie par trois ou quatre le nombre de témoins aujourd’hui. Puisque les faits ont aussi été débattus devant la com- mission régionale de discipline, où le technicien était défendu par un délégué du personnel de la CFDT.

    L’enquête dira si la dérivation bénéficiait de l’aval du service of- ficiellement chargé du suivi des écoutes judiciaires et administra- tives chez France Télécom, installé à Montrouge. Contacté par les avocats des militants de Tarnac, l’opérateur avait prétendu qu’il ne disposait plus de l’historique de ses interventions techniques en 2008.


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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Ven 9 Nov - 12:54

    Tarnac : Pourquoi tant de zones d'ombre ?
    Le Monde.fr | 07.11.12 | 18h44 • Mis à jour le 08.11.12 | 22h27

    L'intégralité du débat avec David Dufresne, journaliste, auteur de "Tarnac, magasin général" (Calmann-Lévy, 2012), jeudi 8 novembre 2012
    Simon : J'ai lu votre livre et je n'ai pas compris pourquoi vous ne preniez pas plus clairement position sur ce qui vous semble être la vérité dans cette affaire.
    David Dufresne : Il y a deux choses, la vérité judiciaire que pour l'instant personne ne connaît avec exactitude et il y a la vérité humaine, celle des mises en examen, des magistrats, des policiers, des hommes politiques que j'ai tous rencontrés et, là-dessus, je prends position dès les premières lignes. Il s'agit d'une affaire d'Etat, à mes yeux.


    Gé : Comment est-il possible, alors que vingt fonctionnaires et dix voitures de police suivaient Julien Coupat la nuit du "sabotage", il n'y ait pas d'éléments irréfutables de sa culpabilité ou de son innocence ?

    Cette question se pose à la justice depuis cette fameuse date du 7 novembre 2008. En réalité, derrière cette question, c'est tout le travail classé secret défense de la Direction centrale du renseignement intérieur qui est lourdement posé. Comment ces hommes travaillent ? Sur les ordres de qui ? Sous la surveillance de qui ? Ces questions-là me semblent cruciales bien au-delà de l'affaire de Tarnac et nous devons également les poser à la sous-direction antiterroriste qui appartient à la police judiciaire.

    Visiteur : Les dérives constatées dans le dossier de "Tarnac" sont-elles, selon vous, une conséquence de la création de la DCRI et donc de la disparition des RG et de la DST ? En bref : est-ce aussi une question de méthode ?

    La propulsion de la DCRI à l'été 2008 accélère grandement le dossier dit de Tarnac. Plusieurs sources internes à la DCRI me l'ont confirmé, cela n'a jamais été démenti. Néanmoins les questions de méthode se posaient avant la DCRI, elles se posent toujours maintenant. La DCRI a ceci de particulier que tout son travail est dorénavant frappé du "secret défense", ce qui veut dire culte du secret, opacité totale, zones d'ombre.

    Groar : Pourquoi une réponse si tardive de la justice alors que les défaillances de la procédure policière ont été soulignées depuis bien des années ?

    A l'heure qu'il est la justice n'a encore rien répondu très clairement. La justice suit son cours. Les avocats ont dû déposer plainte à Brive, à Nanterre pour provoquer des enquêtes sur l'enquête. A l'heure où nous parlons les mis en examen sont toujours mis en examen.

    La lenteur de ce dossier est symptomatique de la lenteur de la justice en général, mais il y a dans ce dossier une coloration politique qui explique qu'on soit particulièrement lent. Alors que les mises en examen n'étaient pas encore prononcées, la ministre de l'intérieur et le procureur de la République de l'époque avaient piétiné le secret de l'instruction, faisant des personnes arrêtées des coupables idéaux. La lenteur montre qu'ils avaient tort.

    Dubito : Pensez-vous que les auditions des policiers vont mettre un terme à l'affaire ?

    Non. Les policiers ont déjà eu à s'expliquer devant la justice de leur travail. Il se sont d'ailleurs plusieurs fois contredits. Au minimum, le nombre d'inexactitudes de leur part pose question.

    J'ai souvenir de l'un deux m'expliquant la colère et la gêne au sein des services quand il avait fallu produire les relais des antennes téléphoniques avec leurs propres numéros de leurs téléphones portables. C'était une première dans l'histoire du renseignement.

    Visiteur : La "vérité humaine" n'est peut être pas si claire. Ni vous, ni personne ne se demande si Coupat n'a pas eu – à un moment –, envie de provoquer l'emballement médiatique et judiciaire autour de son cas...

    Détrompez-vous, tout mon livre est traversé par la question du rôle central des médias dans cette affaire comme dans toutes les affaires du même type. En revanche je me refuse à toute interprétation psychologisante et croire que Julien Coupat ait cherché la médiatisation, c'est assez comique!

    Je crois au contraire que la question de la visibilité-invisibilité (je fais ici référence au livre L'Insurrection qui vient du Comité invisible, imputé à Julien Coupat et à certains de ses amis) est une des raisons qui explique l'auto-intoxication au plus haut rang de l'Etat. Rappelons-nous des éléments qui étaient présentés comme des preuves : "ils vivent sans portable, ils vivent tapis dans l'ombre", etc.

    Yves : Peut-on penser qu'il s'agit d'une opération montée de toutes pièces pour faire mousser la politique sécuritaire du gouvernement précédent ?

    Dans cette affaire, cet aspect-là est indéniable. A l'époque, le ministère de l'intérieur lançait la DCRI voulue par Nicolas Sarkozy comme un FBI à la française, et confiée à son ami Bernard Squarcini. L'Intérieur devait également opérer la fusion police-gendarmerie. Tarnac devait être, entre autre chose, le symbole de ces deux événements.

    Mais il serait naïf de croire que le renseignement comme bras-armé du politique se serait arrêté quelque part dans un village de Corrèze, il y a quatre ans.

    Yves : Curieusement, depuis l'arrestation de gens qui seraient innocents, il n'y a plus eu d'actes de sabotage. Qu'en pensez-vous ?

    Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, que j'ai rencontré pour mon livre, m'a expliqué qu'il existait des milliers d'actes de malveillance chaque année. Aux dernières nouvelles, c'est encore le cas.

    En revanche, vous avez raison, il n'y a pas eu de dégradation avec des fers à béton depuis 2008, sauf erreur de ma part.

    Dubito : Que vous inspire la sortie (ou resortie) médiatique actuelle de l'espion britannique ?

    Si j'en crois Le Monde, William Bourdon, l'avocat d'Yildune Lévy, vient de demander la déclassification des notes de renseignement dans cette affaire, comme cela a pu être le cas dans l'affaire Merah. C'est donc cet élément qui est nouveau.

    L'existence et le rôle de Mark Kennedy étaient connus depuis un certain temps, nous étions plusieurs à avoir enquêté sur lui et j'avais révélé le rapport de la Direction centrale des renseignements généraux qui ne laissent pas de doute sur son rôle prépondérant dans cette affaire.

    L'immense problème que pose Mark Kennedy et toute cette histoire est celui de la judiciarisation du renseignement. C'est-à-dire comment mettre dans une procédure judiciaire des éléments recueillis dans des conditions déloyales, troubles et, bien souvent, sujets à caution. Mark Kennedy fait l'objet d'enquêtes en Angleterre.

    Garric : Si le groupe suspecté était plus proche des Identitaires que de la mouvance libertaire d'extrême gauche, est-ce que la caste journalistique mettrait autant d'acharnement pour trouver les moyens de les disculper en jetant le doute sur l'action des forces de l'ordre ?

    C'est une question passionnante mais ne vous y trompez pas, travailler sur le travail de la police va au-delà de ces considérations. Bien sûr, et je ne m'en cache pas dans le livre, certaines situations et certains parti-pris d'un certain nombre de protagonistes m'ont donné l'envie de passer trois ans de ma vie sur cette histoire.

    Quant à parler de "caste journalistique", c'est comme parler d'ultra-gauche ou "des flics" : tous ces univers-là ne sont pas monolithiques. D'ailleurs, sans la guerre des services, bien des informations ne seraient pas sorties.

    Abdel : Selon vous, quelle fut l'importance des médias dans cette affaire ? En ont-ils trop fait ?

    Dès lors que les actes de malveillance font le "20 heures" le 7 novembre 2008, le mal est fait. L'affaire sera médiatique, d'où les arrestations à grand spectacle quatre jours plus tard, les conférences de presse précipitées du ministère de l'intérieur et du parquet, les fuites de rapports orientés.

    Et les médias se sont pliés à ce jeux bien volontiers et comme toujours l'examen critique n'a pas vraiment eu lieu. Une des surprises du dossier à laquelle personne ne pouvait s'attendre c'est que la médiatisation a duré et dure encore, prenant de cours l'accusation.

    Bidule : Avez-vous encore des contacts sur place à Tarnac ? Voire encore des amis ?

    C'est une question épineuse celle de l'amitié en journalisme, celle de l'amitié en politique. Je crois que le rapport d'un journaliste à un sujet empêche l'amitié, au moins au moment de l'écriture. Mais oui, j'ai à nouveau des contacts avec la Corrèze.

    Visiteur : Quel est l'état d'esprit de Julien Coupat aujourd'hui ?

    Le sien. C'est à lui qu'il faut demander.

    Visiteur : Avez-vous encore des infos non diffusées, y aura-t-il une annexe du Magasin général... (au vu des nouveaux éléments sortis récemment) ?


    Une annexe ? Certainement pas. Cette affaire m'a mis sur les genoux. Mais si une réédition devait avoir lieu, un prologue serait sans doute judicieux, mais pour tout dire, l'issue judiciaire me semble beaucoup moins passionnante, sauf pour les intéressés eux-même naturellement, que toute la petite mécanique qui a été à l'œuvre. C'est cette mécanique de police politique qu'il faut interroger, questionner, contester.

    Visiteuses : Quand aura lieu le procès de cette affaire ? Sera-t-il public ? Se transformera-t-il en procès du contre-terrorisme français des années Sarkozy ?

    Très difficile de savoir ce que les juges vont décider. Tout est possible. Un non-lieu, un procès devant la Cour d'assises spéciale anti-terroriste ou la déqualification des faits passant de terrorisme à droit commun. L'instruction peut s'enliser encore de nombreuses années ou s'arrêter dans quelque temps.

    Si l'on considère que le terrorisme se juge par les moyens anti-terroristes mis en œuvre, les affaires Tarnac et Merah sont éloquentes. Il en existe d'autres, notamment à l'extrême gauche. Merah, Tarnac ne sont que des arbres qui cachent une forêt sinon un bois.

    Pierre : Pensez-vous que les déclarations récentes de Manuel Valls à propos de l'"ultra-gauche" et des autonomes (en référence à l'opposition au projet d'aéroport à Nantes) annoncent de nouvelles affaires Tarnac ?

    Je vous remercie de cette question car les déclarations de Manuel Valls semblent démontrer qu'en matière d'anti-terrorisme, l'alternance politique n'a d'alternance que de nom. C'est encore une fois la question du Renseignement, du contrôle des services, de la politisation de leur travail qui s'est fait jour avec ces déclarations.

    Visiteur : Pendant tout le livre, vous questionnez votre profession, votre propre positionnement par rapport à cette affaire et ses acteurs. A la fin vous en sortez visiblement dégoûté et décidez de prendre le large. Qu'en est-il à présent ?

    J'ai pris le large. Je vis à Montréal et je tente de ne me consacrer qu'à des projets au long cours car mon dégoût, entre autre chose, est venu de la précipitation et du tourbillon médiatique.

    François Béguin (chat modéré par)

    http://www.lemonde.fr/societe/chat/2012/11/07/tarnac-quatre-ans-apres-pourquoi-encore-tant-de-zones-d-ombre_1787316_3224.html
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mar 13 Nov - 12:09

    Tarnac: Julien Coupat réapparaît, pour mieux « disparaître »

    http://delinquance.blog.lemonde.fr/2012/11/13/tarnac-julien-coupat-reapparait-pour-mieux-disparaitre/#xtor=RSS-3208


    inShare0
    Dans la petite pièce enfumée, Julien Coupat s’explique: "C’est une conférence de presse qui n’en est pas une, la seule façon de sortir de la dernière chose qui pourrait rester de l’affaire de Tarnac : la 'figure' de Julien Coupat." L’homme considéré par les policiers comme le "leader charismatique et idéologue" d’une "structure clandestine anarcho-autonome basée sur le territoire national et se livrant à des opérations de déstabilisation de l'Etat par des actions violentes" a brisé le silence, lundi 12 novembre, à Paris, pour la première fois depuis un entretien accordé au Monde lors de sa détention provisoire.

    Julien Coupat, armé d’un thermos d'infusion, a raconté "son" affaire de Tarnac, devant une petite dizaine de journalistes. Les mois de surveillance, le "jeu du chat et de la souris" avec les policiers dont les filatures sont rapidement "grillées", puis les interpellations, le 11 novembre 2008. Il est mis en examen pour "direction et organisation d’association de malfaiteurs en vue d’un acte terroriste".

    "Personne n’y comprend plus rien"

    Pour le groupe de Tarnac - dix mis en examen au total -, la décision s’est imposée. Certes, mercredi 14 novembre, leurs avocats doivent tenir une grande conférence de presse avec plusieurs parlementaires, dans les locaux de l’Assemblée nationale. Elle doit permettre d’"anéantir chacun des éléments de l’enquête policière" après une série de révélations destinées à remettre l’affaire sur le devant de la scène. Mais, comme le résume Mathieu Burnel, le membre du groupe chargé des relations avec les médias: "On a l’impression que personne n’y comprend plus rien à l’affaire de Tarnac."

    Alors d’aucuns se reportent, effectivement, sur le "mystère" Coupat, soupçonné, avec sa compagne Yildune Lévy, d’avoir posé des crochets sur le caténaire d’une ligne à grande vitesse, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, en Seine-et-Marne. Il y a quelques jours, dans l’émission "Le Supplément" (Canal+), la journaliste erre ainsi dans le petit village corrézien qui abrite l’épicerie-restaurant gérée par le groupe, à la recherche de Julien Coupat et de sa compagne Yildune Lévy, telle un reporter tentant d’entrer en contact avec Ben Laden dans les zones tribales du Pakistan. Puis de retour en plateau, l’interview de deux des mis en examen se conclut par une question de la présentatrice: "Ils ont réussi à se marier, Julien et Yildune ?" (Pour information, la réponse est oui, en 2009, malgré leur contrôle judiciaire, et tout le monde l’a écrit à l’époque). "On est passé de la figure monstrueuse du terroriste à une espèce de star ridicule", résume Mathieu Burnel.

    Mark Kennedy? Un "mythomane"

    Cette fois, pas de caméras. Julien Coupat rebondit sur les dernières révélations. Mark Kennedy, l’espion anglais infiltré chez les altermondialistes, dont les informations ont irrigué les services de renseignement européens et le dossier Tarnac ? Un "mythomane", notamment quand il assure que Julien Coupat aurait participé à une réunion sur la fabrication d’engins explosifs à Nancy, en février 2008. La carte bancaire de Yildune Lévy, dont les enquêteurs viennent de se rendre compte qu’elle a été utilisée à Pigalle à 2h44 le 8 novembre 2008, alors que le couple était, selon les policiers qui affirment l'avoir filé, en Seine-et-Marne, à proximité du lieu du sabotage ? Julien Coupat confirme l’arrêt dans le quartier parisien, pour tirer de l’argent et acheter des cigarettes.

    Un alibi en or, et l’on s’étonne de ce souvenir tardif : la véracité du procès-verbal de filature, le "PV 104", est contestée depuis des années par les avocats – une instruction pour "faux et usage de faux" a même été ouverte à Nanterre. Mais Yildune Lévy "ne s’en est pas rappelé", plusieurs mois après les faits, quand la question s’est posée. Et si la carte n’apparaît pas dans la fouille de la jeune femme, c’est que les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) ont oublié le sac avec son portefeuille chez elle, assure Julien Coupat.

    Au jeu des questions-réponses, les journalistes sont tentés de réclamer des explications sur chaque point. "Ce qui est détestable dans cette affaire, c’est que, pendant un certain temps, apparaître c’était comparaître devant je ne sais quel tribunal médiatique", explique Julien Coupat. "Maintenant, le seul moyen de disparaître, c’est d’apparaître", veut-il croire.

    Laurent Borredon
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    DCRI versus MAAF : arrestations TGV - Page 3 Empty Re: DCRI versus MAAF : arrestations TGV

    Message par bye Mer 14 Nov - 5:45

    Affaire de Tarnac : la justice ordonne l'audition de 18 policiers
    Créé le 06-11-2012 à 11h21 - Mis à jour à 11h41

    La cour d'appel de Versailles a également autorisé la communication des numéros de téléphone de ceux ayant participé aux surveillances.

    Des policiers à Tarnac le 11 novembre 2008. (AFP/ Thierry Zoccolan)

    La justice a ordonné fin octobre l'audition des policiers ayant participé à la surveillance des membres du groupe de Tarnac soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008 en Seine-et-Marne, a-t-on appris lundi 5 novembre de source judiciaire.

    Le "groupe de Tarnac", auquel appartiennent notamment Yldune Levy et Julien Coupat, est soupçonné d'être à l'origine de sabotages de lignes SNCF.

    Les enquêteurs accusés d'avoir menti sur une filature
    Mais les avocats du groupe remettent en cause l'enquête, et accusent notamment les enquêteurs d'avoir menti dans un procès-verbal sur une filature de Yldune Levy et Julien Coupat, cruciale pour les impliquer.

    En conséquence, parallèlement à l'instruction parisienne sur le sabotage, une information judiciaire a été ouverte à Nanterre pour "faux et usage de faux en écriture publique."

    Dans ce cadre, les juges de Nanterre s'étaient opposés à l'audition de dix-huit policiers ayant participé à la filature contestée, ainsi qu'à la saisie des ordinateurs des fonctionnaires.

    Auditions de "tous les policiers ayant participé aux surveillances"
    Saisie par les avocats du groupe, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a accédé le 26 octobre à leur demande concernant les auditions des policiers. Selon "Libération", qui s'est procuré l'arrêt de la cour d'appel, "tous les fonctionnaires de police ayant participé aux surveillances" de la voiture de Julien Coupat et Yldune Lévy la nuit du 7 au 8 novembre 2008 doivent être entendus. Le quotidien précise que six policiers de la Sdat (sous-direction antiterroriste) et une "quinzaine" de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) censés les avoir suivis sont concernés.

    La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles s'est en revanche opposée à la saisie de leurs ordinateurs, a précisé la source judiciaire.

    L'un des avocats d'Yldune Levy, Me Jérémie Assous, a souligné que la cour d'appel de Versailles avait également fait droit à la demande de communication des numéros de téléphone des policiers. "On va pouvoir comparer leurs numéros avec la borne-relais qui se trouve à cinq mètres de la ligne TGV. S'ils étaient présents la nuit des faits, ils auraient activé le relais de téléphone", s'est félicité Me Assous.

    "Un tournant dans ce dossier"
    "C'est un tournant dans ce dossier, c'est la première fois qu'une décision de justice ordonne un certain nombre d'actes pour que la vérité surgisse", a-t-il estimé. Me Assous a par ailleurs déclaré à "Libération" qu'il s'agissait pour lui d'un "désaveu supplémentaire pour le juge Fragnoli, qui n'a eu de cesse de maintenir un semblant de cohérence à la version policière (...)."

    Le 23 octobre, les avocats de Julien Coupat et Yldune Lévy ont par ailleurs fait valoir qu'Yldune Lévy n'était pas sur les lieux du sabotage en Seine-et-Marne la nuit des faits. Ils font état d'un relevé bancaire de la jeune femme attestant d'un retrait de 40 euros à Paris à 2h44. Alors que la police a toujours soutenu qu'elle se trouvait alors avec Julien Coupat dans une Mercedes au Trilport, à proximité des voies TGV sabotées.

    (avec AFP)


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