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    Poèmes de la liberté

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Lun 14 Mar - 6:18

    Complainte du libre-arbitre

    Rencontrant un jour le Christ,
    Pierrot de loin lui a fait : Psit !
    Venez-ça : êtes-vous fatalist ?

    Pourriez-vous m'concilier un peu
    Comment l'homme est libre et responsableu,
    Si tout c'qui s'fait est prévu d'Dieu ?

    Et voici que not' Seigneur Jésus,
    Tout pâle, il lui a répondu :
    " ça ne serait pas de refus,

    Mais... votre conduite accuse
    Un coeur que le malheur amuse,
    Et puis vous êtes sans excuse,

    Pire que le méchant soldat
    Romain qui m'molesta
    Quand j'étais su'l Golgotha.

    Dieu, qui voit tout, apprécie
    Vot'conduite envers le Messie,
    Que vous lui montez une scie.

    En Enfer et sans façon,
    Vous irez, triste polisson,
    Et ce s'ra un' bonne leçon.

    Et il lui tourna les talons.
    Mais Pierrot dit : " T'en sais pas long,
    Car t'as déplacé la question."

    Jules Laforgue
    né à Montevideo en 1860, mort à Paris en 1896.

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mar 15 Mar - 6:39

    Si on me laissait faire

    O temps ô seul chemin d'un point à l'autre
    Si on me laissait faire j'aurai vite changé
    Le coeur des hommes et partout il n'y aurait plus
    Que de belles choses

    Au lieu de fronts courbés au lieu de pénitences
    Au lieu de désespoir et des prières il y aurait partout
    Les reliquaires les ciboires les ostensoires
    Etincelant au fond des rêveries comme ces
    Divinités antiques dont le rôle poétique
    Est près d'être terminé

    Si on me laissait faire j'achèterais
    Les oiseaux captifs pour leur rendre la liberté
    Je les verrai avec une joie sans mélange
    Prendre leur vol et n'avoir pas même l'idée
    D'une vertu nommée reconnaissance
    A moins que ce ne soit gratitude

    Guillaume Apollinaire
    né à Rome en 1880, mort à Paris en 1918.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mer 16 Mar - 8:13

    Les croisés

    Reine des cours d'amour ô princesse incertaine
    C'est à toi que rêvaient les mourants au désert
    Beaux fils désespérés qui pour toi se croisèrent
    Eléonore Eléonore d'Aquitaine

    Elle avait inventé pour le coeur fou des sages
    Tous les crucifiements d'un cérémonial
    Ce n'est pas pour si peu qu'on l'excommunia
    Livide au milieu de la fuite des pages

    Mais ces adorateurs barons et troubadous
    Se souvinrent d'avoir suivi Pierre l'Ermite
    Chevaliers morfondus de la reine maudite
    Avec ses lévriers ses lions et ses ours

    Ils se souvinrent du frisson sous les grands chênes
    Dans la ville romane où Pierre leur parlait
    Vézelay Vézelay Vézelay Vézelay
    Et ses manches semblaient lourdes du poids des chaînes

    Le Saint Sépulcre alors ce n'était rien pour eux
    Ecoutaint-ils les mots des lèvres diaphanes
    Qu'ils y mêlaient un jeu terriblement prophane
    Amoureux amoureux amoureux amoureux

    Ah quand ils entendaient dire la Terre Sainte
    S'ils joignaient leurs clameurs aux cris fanatisés
    C'est q u'aux mots les plus purs il pleuvait des baisers
    Et son absence encore au silence était peinte

    Le clair obscur jetait sur sa robe un damier
    Quand le prédicateur disait Jérusalem
    L'écho blasphémateur répétait : " Je vous aime ! "
    Et ses yeux s'éclairaient comme un vol de ramiers

    Plus tard plus tard après la démente aventure
    Dont j'aime autant ne pas parler comme vous faîtes
    Parce que j'ai le coeur plein d'une autre défaite
    A laquelle il n'y a pas de deleatur

    Plus tard plus tard quand la souveraine bannie
    Eut quitté son palais la France et ses amours
    Ils retrouvèrent la mémoire de ces jours
    Et les mots passionnés de leurs litanies

    Eveillèrent la rime inverse des paroles
    Du prêcheur noir qu'ils avaient bafoué
    La croix a pris pour eux un sens inavoué
    Sans crime on peut nommer Sang-du-Christ les girolles

    Mais ce ne fut enfin que dans quelque Syrie
    Qu'ils comprirent vraiment les vocables sonores
    Et blessés à mourir surent qu'Eléonore
    C'était ton nom Liberté Liberté chérie

    Aragon
    né à Paris en 1897
    mort à Parsi en 1982







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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Jeu 17 Mar - 6:52

    Sur la libre mort de l'exilé W.B.

    J'apprends que tu as levé la main sur toi-même
    Devançant ainsi le bourreau.
    Après huit ans d'exil passés à observer la montée de l'ennemi,

    Rejeté à la fin vers une frontière infranchissable
    Tu as franchi, me dit-on, une frontière franchissable.

    Des empires s'écroulent. Les chefs de bande
    Paradent en jouant les hommes d'Etat. Les peuples
    Disparaissent, invisibles sous les armements.

    Ainsi l'avenir est dans la nuit et les forces des bons sont Chétives. Tout cela tu le vis
    Quand tu détruisis ton corps torturable.

    Bertolt Brecht
    né à Augsbourg en 1898, mort à Berlin en 1956.

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Ven 18 Mar - 7:27

    Liberté céleste

    Ah! le front serein !
    Je voudrais, moi, savoir
    si le front déjà libéré d'un corps qui n'est pas l'air
    en haut ondoie là où existe la lumièe,
    en haut blesse des cieux qui généreusement
    donnent leurs vies bleues comme la fraîche pluie.

    Laissez-moi, oui, laissez-moi.
    Le coeur aspire,
    aspire sous la terre à périr comme lune,
    comme la lune sèche qui se cloue dans le sol :
    un couchant très dur qui d'un coup s'incruste.

    Le coeur tuerait la terre,
    tuerait comme un amour qui presse ou asphyxie un corps haï,
    un corps qui se soumet saigné vivant
    tandis que se baisent des lèvres ou bulles de la mort.

    Mais en haut s'évade la tête.
    Beauté souveraine, majesté du front,
    peau sereine d'orient où se dessine un soleil,
    où un soleil tièdement comme un bras enlace,
    une peau fine, aimée, de femme nue.

    Ciel rond et clair pour y vivre en volant,
    pour y chanter clignant des yeux qui brillent,
    pour y sentir le sang comme un firmament bleu
    qui circule joyeux copiant des mondes libres !

    Vicente Aleixandre
    né en 1898 à séville
    mort en 1984 à Madrid
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Sam 19 Mar - 8:56

    L'épitaphe

    J'ai vécu dans ces temps et depuis mille années
    Je suis mort. Je vivais, non déchu mais traqué.
    Toute noblesse humaine étant emprisonnée
    J'étais libre parmi les esclaves masqués.

    J'ai vécu dans ces temps et pourtant j'étais libre.
    Je regardais le fleuve et la terre et le ciel
    Tourner autour de moi, garder leur équilibre
    Et les saisons fournir leurs oiseaux et leur miel.

    Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?
    Regrettez-vous les temps où je me débattais ?
    Avez-vous cultivé pour des moissons communes ?
    Avez-vous enrichi la ville où j'habitais ?

    Vivants, ne craignez rien de moi, car je suis mort.
    Rien ne survit de mon esprit ni de mon corps.

    Robert Desnos
    né à Paris en 1900
    mort au camp de concentration de Térésin en 1945
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Dim 20 Mar - 8:04

    Social

    Si tous
    Avec la liberté
    Avant le pain et le vin
    Pas de femme gorgeuse de travaux
    Mais clair de lune à discrétion
    Et coeur brûlant
    Au fil du long dégel
    De chacune à chacun

    Le Ciel
    sans nous briser
    nous gonflerait de sa musique
    La vie serait un opéra

    Michel Leiris
    né à Paris en 1901
    mort à Saint-Hilaire ( Essone )en 1990
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Lun 21 Mar - 8:05

    Une triste liberté

    Tu vends l'attention de tes yeux, la lumière de tes mains
    Tu pétris la pâte de tous les biens sans même une seule fois les goûter
    Avec ta grande liberté, tu balayes la cour des autres
    Avec la liberté de faire des Crésus
    De ceux qui font pleurer ta mère
    Tu es libre

    Dès que tu es né, ils se sont plantés la tête
    Leur moulin à mensonges tourne sans cesse ta vie entière
    Avec ta grande liberté en posant le doigt sur ton front
    Tu penses avec ta liberté de conscience
    Tu es libre

    Ta tête pend comme tanchée du cou
    Tes deux bras ballent au long de tes côtes
    Tu te promènes avec ta grande liberté
    Avec la liberté d'être sans travail
    Tu es libre

    Tu aimes ton pays comme ton ami le plus proche
    Un beau jour on le transfère au nom de l'Amérique
    Et toi avec, avec ta grande liberté
    Avec la liberté d'être une base pour avions
    Tu es libre

    Les mains qu'elles soient maudites - O Wall Street
    Te prennent au collet un beau jour
    Disant qu'on t'envoie en Corée
    Tu remplis une fosse avec ta grande liberté
    Avec ta liberté d'être soldat inconnu
    Tu es libre

    Tu dis qu'il ne faut pas vivre comme un numéro
    Comme un prétexte, comme un moyen
    Mais qu'il faut vivre comme un homme
    Avec ta grande liberté on te passe les menottes
    Avec la liberté d'être hué, d'être en prison et même d'être pendu
    Tu es libre

    Dans ta vie il n'y a ni un rideau de fer
    ni un rideau de bois
    ni un rideau de tulle
    Tu n'as pas besoin de chosir ta liberté
    Tu es libre

    Et c'est une triste liberté sous les étoiles.

    Nazim Hikmet
    né à Istambul en 1902
    mort à Moscou en 1963.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mar 22 Mar - 6:58

    Le chant général

    Tu as dis Liberté avant personne,
    quand le murmure allait de pierre en pierre,
    caché dans les patios et humilié.

    Tu as dis Liberté avant personne.
    Tu as libéré le fils de l'esclave.

    Les marchands allaient comme des fantômes,
    ils vendaient du sang de mers étrangères.
    Tu as libéré le fils de l'esclave.

    Tu as fondé ici l'imprimerie.
    La lettre arriva à la nuit du peuple,
    la nouvelle secrète ouvrit les lèvres.
    Tu as fondé ici l'imprimerie.
    Tu as implanté l'école au couvent.
    La toile d'araignée a reculé,
    et le recoin des dîmes étouffantes.
    Tu as implanté l'école au couvent.

    Pablo Neruda
    né à Parral ( Chili ) en 1904.
    mort à Santiago du Chili en 1973.
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Mer 23 Mar - 7:07

    Libération

    Les torrents de mon sang sifflaient le long des berges de ma cellule,
    C'était pendant des nuits et des jours plus solitaires que la nuit.
    Sous les coups de bélier, tenaces étaient les digues et les murs d 'un poids perfide.
    J'étais là, me cognant la tête comme le désespoir d'un enfant nerveux.
    J'ai dit paix à mon âme sur un signe de l'Ange mon guide
    Mais quelle lutte sans masseur, dont j'ai tout le corps moulu !
    Avec une patience paysanne, j'ai travaillé à la lime dse dix-sept heures d'été
    Quand il faut serrer la récolte et que menace le temps grondant.
    L'autre matin - j'ai perdu la mémoire des jours et des sous-préfectures
    J'ai senti sur ma joue le lait frais de la vérité.
    Il faisait encore nuit dehors, et pas une étoile à la ferme la plus perdue.
    Me baignaient l'aube peu à peu et le vert tendre du gazon mouillé d'une douceur point menteuse.
    Levant mon regard au-delà du soleil, à l'Est
    Je vis poindre les étoiles et entendis la cantique de paix.
    Et libéré de ma prison, je regrettais déjà le pain bis et le bas-flanc des insomnies.

    Léopold Sedar Senghor
    né à Joal ( Sénégal ) en 1906
    mort en 2001 à verson ( France ).

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Jeu 24 Mar - 7:34

    Mai 1968

    On ferme !
    Cri du coeur des gardiens du musée homme usé
    Cri du coeur à greffer
    à rafistoler
    Cri d'un coeur exténué
    On ferme !
    On ferme la Cinémathèque et la Sorbonne avec
    On ferme !
    On verrouille l'espoir
    On cloître les idées
    On ferme !
    O.R.T.F. bouclée
    Vérités séquestrées
    Jeunesse bâillonnée
    On ferme !
    Et si la jeunesse ouvre la bouche
    par la force des choses
    par les forces de l'ordre
    on la lui fait fermer
    On ferme !
    Mais la jeunesse à terre
    matraquée piétinée
    gazée et aveuglée
    se relève pour forcer les grandes portes ouvertes
    les portes d'un passé mensonger
    périmé
    On ouvre !
    On ouvre sur la vie
    la solidarité
    et sur la liberté de la lucidité.

    Jacques Prévert
    né en 1900 à Neuilly sur Seine
    mort à Omonville la Petite en 1977
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    La Marine défigure la notion d'humanité

    Message par Ego autem semper le Jeu 24 Mar - 15:30

    bonjour Bye et &

    J'adore la poésie mais...! oui je ne sais pas écrire, alors je m'abstiens assez souvant de rendre publiques mes textes.

    J'ai trouvé dans un forum un(e) internaute qui semble ne pas comprendre.... (je vais citer)

    ..."je ne comprends pas pour quoi des élus UMP, osent donner des consignés de vote contre (la marine)"....

    Je viens de m'empreser à lui répondre ce-ci:

    Parce que cette idéologie préfigure
    Plus que la dite souveraineté
    Plus que la simple censure
    Une société anachorète

    Je pose une question indiscrète
    Vis-à-vis de la démographie
    Si l'on fermé donc la porte
    Oui l'on réduit l'échographie
    Avec le taux de natalité?
    Augmenterez la pornographie?
    Rien de malhonnête…!

    Par ce que leur discours caricatura
    Une réalité qui si certes inquiète
    En réalité elle dénature
    Avec beaucoup de lâcheté
    L'humanité qui perdura

    (made by Nestor Elias Ramirez Jimenez dit gramophone)
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Ven 25 Mar - 7:35

    Bonjour Grammophone,et merci pour la pertinence de ton poème.
    Tu sais que tu peux publier tes textes ici, notammnt, car ils sont toujours de qualité.

    Du nord au sud

    J'ai sur ma table la lettre d'un poète du Sud qui m'admoneste,
    Il me dit textuellement : " Gabriel, la rose est belle. Qu'importe si elle ment ?
    Ne transforme pas tes vers en arme de combat et ton chant en révolte.
    Nous autres, Andalous millénaires, avons connu bien des injustices.
    Parfois, nous sommes émus par d'âpres vapeurs de soufre et la peine s'effrite.
    Mais, quoi ? Notre tâche consiste seulement à voir que tout passe et que toute hâte est inutile.
    Voilà pourquoi nous combinons les mots avec bonheur.
    La poésie est-elle davantage ?
    La poésie est le vol pris par surprise qui frise l'ironie.
    La poésie est cela même qui ne change aps même si cela doit changer tout comme la lumière qui s'irise.
    Ce n'est pas lutter comme toi tu le fais contre l'impossible en écorchant la vie.
    Ce n'est pas crier les vérités, ni attaquer le monde dans lequel l'homme agonise."
    Cette lettre du Sud était signée par les trilles de toutes les hirondelles
    et c'est alors que j'ai compris ce qui me différencie de tous ceux qui, pieux, pépient.
    Nous les Basques, quand nous parlons, c'est pour dire quelque chose qui est, sinon un chant, un cri.
    Nous les Basques, nous parlons seulement quand quelque chose en nous exige du courage.
    Nous les Basques, nous n'aimons pas combiner des mots plus ou moins jolis.
    Nous les basques, nous méprisons tous ceux qui, par leur bavardage, ornent le mensonge.
    Nous les Basques, nous savons écouter l'homme qui, enseveli sous les siècles, se dresse.
    Nous les Basques, courageux, nous tirons la charrette du vers qui fait grincer les dents.
    Nous les Basques, nous luttons. Nous les Basques, nous frappons, construisant la vie.
    Nous les Basques, nous sommes sérieux. Sérieux est notre travail. Sérieuse est notre joie.
    Nous les Basques, nous sommes de vrais hommes et non des linottes qui font leurs singeries.
    Que chantent les oiseaux ! Que dans le sud, les Tartésiens se couchent le ventre en l'air
    se croyant revenus de tout, caressant leur mélancolie!
    Nous autres, nous sommes différents; nous autres, nous possédons férocement la vie.
    Nos chants terriens sont des chants de travail, de victoire et de joie.
    Nous pleurons la fatigue, mais ensuite, lors de la pause que notre rire est sain !
    Nosu protestons si on essaie de nous exploiter, et alors noble est notre révolte.
    Et ainsi quand je me déclare comme toujours je me suis déclaré, j'affirme mon orgueil.
    Je suis Basque dans mon travail. Je suis Basque dans mes raisonnements.Dans la paix. Dans la colère.
    Je suis Basque du plus profond de mon être. Dans la nuit sacrée, dans le frémissement du jour,
    dans tout ce que je dis et dans tout ce que je tais, plus Basque encore que je ne pensais.
    En me chantant, c'est mon vieux peuple que je chante, et la foudre me paraphe.

    Gabriel CELAYA
    né en 1911 à Hernani
    mort à Madrid en 1991

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par bye le Sam 26 Mar - 6:11

    Un mot,
    Ile,
    Rien qu’un mot !
    Le mot qui coupe du silence
    La corde serrée à ton cou.
    Le mot qui rompt les bandelettes
    Du cadavre transfiguré !

    Dans le ventre de la mère
    L’embryon sautera.
    Dans les entrailles des pierres
    Danseront les trépassés.
    Et l’Homme et la Femme,
    Et les morts et les vivants
    Et la bête et la plante,
    Tous se retrouveront, haletants,
    Dans le bosquet de la magie,
    Là-bas, au centre de la joie.
    Un mot,
    Ile,
    Rien qu’un mot !

    Le mot unique de la vie.
    Le mot premier, le mot dernier.
    Un mot comme la lance,
    Un mot comme l’éclair,
    Vieux comme la genèse,
    Jeune comme le jour !
    Un mot de pure essence
    Et de pure clarté,
    Un mot d’éternité
    Fait de rêves sans nombre !

    Le mot de l’âge d’or.
    Le mot sur le Déluge.
    Le mot qui fait tourner
    Le globe sur lui-même !
    La fureur des combats !
    Le cri de la victoire !
    L’étendard de la paix !
    Un mot, Ile,
    Et tu frémis !
    Un mot, Ile,
    Et tu bondis
    Cavalière océane !

    Le mot de nos désirs !
    Le mot de notre chaîne !
    Le mot de notre deuil !
    Il brille
    Dans les larmes des veuves,
    Dans les larmes des mères
    Et des fiers orphelins.
    Il germe
    Avec la fleur des tombes,
    Avec les insomnies
    Et l’orgueil des captifs.

    Ils de mes Ancêtres,
    Ce mot, c’est mon salut.
    Ce mot, c’est mon message.
    Le mot claquant au vent
    Sur l’extrême éminence !

    Un mot.

    Du milieu du zénith,
    Un papangue ivre fonce,
    Siffle
    Aux oreilles des quatre espaces :
    Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté !

    Jacques Rabmamanjara
    Né en 1913 à Maroantsetra ( Madagascar )
    Mort à Paris en 2005

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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Dim 27 Mar - 21:00

    j'aime mais je vais rester lecteur, car je crains apporter une note dissonante, a tant des belles idées
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    Re: Poèmes de la liberté

    Message par Ego autem semper le Lun 28 Mar - 16:42

    j'envoie sans doute avec des horreurs de grammaire et orthographe, quelques lignes:

    dédié aux amphitryons et mes amis:

    Je ne veux pas rire d'une critique sotte
    je ne sais pas écrire, ça personne le doute
    quelqu'un fait pire, en profane ajoute

    Je ne veux pas écrire, j'ai pas le moindre doute
    cela me fais rire, contre un « génie » faute ?
    Absurde une critique, de Verlaine un iota

    Je ne veux pas rire, insulter Baudelaire
    qui me compare ? Ni Delphine trône
    ni Hypolite chante, du mal ? Les fleurs

    Votre pensée se dénude, xénophobie dure
    l'électeur s'exprime, votre volonté obture
    mais allé au coude, ce n'est qu'un prélude
    mais quelle turpitude, ou manque d'aptitude
    moi en mansuétude, c'est qui que boude ?
    Détestez la négritude ! détestez la multitude !
    Votre pensée se dénude, xénophobie dure !

    Ils se disaient des majoritaires
    mais ils sont que minoritaires
    touts égaux, que des xénophobes
    tout est faux, là alors ils pleurent

    Ils abusaient de la langue
    donnant un faux nom au groupe
    aujourd'hui reste en carlingue
    un matchant qui déglingue
    et la France exsangue
    sort anoblie d'une bourlingue

    par gramophone (Nestor Elias Ramirez Jimenez)

    en réponse aux frêles volontés de m'atteindre!

    http://forums.lefigaro.fr/user/non-frames/message.asp?forumid=13&messageid=2031412&threadid=2031412&parentid=3


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    Re: Poèmes de la liberté

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